Inventaire des expériences sexuelles précoces

Analyse psychométrique détaillée de l’Inventaire des expériences sexuelles précoces (ESEC), conçu par Rowland S. Miller et James A. Johnson pour mesurer les expériences sexuelles non désirées de l’enfance sans biais d’étiquetage.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Inventaire des expériences sexuelles précoces (Early Sexual Experiences Checklist [ESEC]), élaboré par Rowland S. Miller, James A. Johnson et J. K. Johnson en 1991, est un outil psychométrique auto-rapporté conçu pour identifier et évaluer rétrospectivement les expériences sexuelles non désirées survenues durant l’enfance et le début de l’adolescence (avant l’âge de 16 ans). Développé pour pallier les biais méthodologiques majeurs inhérents aux recherches sur la maltraitance sexuelle des enfants — notamment l’obligation faite aux répondants de s’étiqueter eux-mêmes comme « victimes d’abus sexuels » ou de discriminer des catégories sémantiques ambiguës —, l’ESEC adopte une approche comportementale descriptive, objective et dénuée de termes évaluatifs ou péjoratifs.

L’instrument se compose d’une liste de contrôle comportementale comportant 9 items décrivant des actes sexuels explicites spécifiques, complétée par 2 items d’exclusion ou de spécification (un item ouvert et une option indiquant l’absence totale d’événements). Lorsque des expériences sont rapportées, le participant est invité à identifier l’événement le plus dérangeant et à répondre à une série de questions complémentaires contextualisant l’événement : âge de la victime, âge de l’initiateur, lien relationnel, fréquence, durée globale, degré de détresse psychologique ressentie à l’époque et au moment de la passation (évaluée sur une échelle de type Likert en 7 points), ainsi que la présence et la typologie de coercition physique ou psychologique exercée.

Sur le plan des propriétés psychométriques, l’ESEC démontre une stabilité temporelle exceptionnelle avec un coefficient kappa de Cohen (κ) test-retest à un mois de 0,92. Sa validité de construit et prédictive est attestée par sa capacité à détecter les expériences abusives chez des individus qui refusent explicitement le qualificatif d’« abusé » (56 % d’une cohorte universitaire selon Miller & Johnson, 1997), ainsi que par sa forte corrélation avec diverses séquelles psychopathologiques à l’âge adulte (dépression, névrosisme, altération de l’estime de soi, impulsivité, consommations de substances psychoactives et insécurité de l’attachement interpersonnel). L’outil s’administre en 4 à 5 minutes, offrant une alternative économique, standardisée et non invasive aux entretiens cliniques approfondis.

2. Mots-clés / Keywords

abus sexuel infantile, victimologie, expériences sexuelles non désirées, psychométrie, évaluation rétrospective, traumatologie développementale, coercition, attachement adulte, échelle comportementale, méthodologie d’enquête.

3. Auteurs / Authors

L’ESEC a été développé par une équipe de chercheurs du Département de psychologie et philosophie de la Sam Houston State University (Huntsville, Texas, États-Unis) :

  • Rowland S. Miller, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à la Sam Houston State University, spécialiste reconnu des dynamiques relationnelles, de l’embarras, des interactions sociales et des répercussions des traumatismes précoces. Adresse institutionnelle : Division of Psychology and Philosophy, Sam Houston State University, Huntsville, TX 77341-2447. Courriel : [email protected].
  • James A. Johnson, Ph.D. : Chercheur et clinicien ayant collaboré aux travaux fondateurs sur l’évaluation des traumatismes de l’enfance et l’impact des victimisations précoces sur l’adaptation psychologique adulte.
  • J. K. Johnson : Co-auteur des premières validations empiriques du protocole méthodologique de l’inventaire en 1991.

4. Objectif / Purpose

La recherche épidémiologique et clinique portant sur les abus sexuels commis contre les enfants a historiquement souffert d’hétérogénéités conceptuelles majeures et de biais méthodologiques systématiques (Wyatt & Peters, 1986). Dans de nombreux protocoles conventionnels (p. ex., Kercher & McShane, 1984), les chercheurs contraignaient les participants à s’auto-désigner expressément comme ayant été « sexuellement abusés ». Or, les études phénoménologiques démontrent qu’une proportion substantielle de victimes refuse d’endosser une telle étiquette stigmatisante ou ne conceptualise pas les actes subis durant l’enfance comme relevant juridiquement ou moralement d’un abus, bien que ces événements satisfassent pleinement aux critères cliniques de la victimisation sexuelle.

D’autres instruments souffraient d’un manque criant de précision comportementale, recourant à des formulations subjectives ou équivoques telles que « s’embrasser ou se cajoler de manière sexuelle » (Kilpatrick, 1986). De telles descriptions introduisent une variance d’erreur considérable, les répondants interprétant différemment les seuils de sensualité, d’affection parentale ou d’inconduite sexuelle. L’objectif fondamental de Miller, Johnson et Johnson (1991) lors de la conception de l’ESEC était donc de fournir une procédure rigoureuse, standardisée, brève et hautement accessible permettant d’opérationnaliser les expériences sexuelles non désirées survenues avant l’âge de 16 ans, tout en éradiquant ces entraves taxonomiques.

L’ESEC dissocie méthodologiquement l’identification objective des actes de leur interprétation morale ou cognitive. Le participant doit uniquement indiquer si des comportements physiques manifestes précis ont eu lieu à un moment où il ou elle ne le souhaitait pas. En croisant ensuite ces données avec l’âge du sujet au moment des faits, l’âge de l’initiateur et la présence de pressions psychologiques ou de coercition physique, l’instrument permet aux cliniciens et épidémiologistes de modéliser diverses définitions opérationnelles de l’agression sexuelle (concordant notamment avec la typologie de Kendall-Tackett, Williams, & Finkelhor, 1993). L’absence de vocabulaire culpabilisant, pathologisant ou péjoratif rend la passation peu invasive, ce qui en fait un outil de choix pour les enquêtes épidémiologiques de grande envergure au sein de populations hétérogènes.

5. Construit psychologique / Construct

L’ESEC mesure le construit des expériences sexuelles précoces non désirées (unwanted childhood sexual experiences). Ce macro-construit multidimensionnel n’est pas appréhendé sous la forme d’un trait psychologique latent homogène, mais plutôt comme un ensemble d’événements stresseurs traumatisants d’intensité variable s’inscrivant dans la trajectoire développementale de l’individu.

Typologie et gradient de sévérité comportementale

Les travaux de Miller et al. (1991) ont établi que les individus évaluent spontanément les actes sexuels selon une hiérarchie de gravité objective. L’ESEC permet d’opérationnaliser deux sous-catégories fondamentales :

  • Expériences de sévérité modérée (sans pénétration) : Ces comportements incluent l’exhibitionnisme imposé (exposition passive des organes génitaux de l’agresseur ou injonction faite à l’enfant d’exposer les siens), les attouchements et caresses non désirés sur les parties intimes du participant ou exercés par le participant sous la contrainte, ainsi que le voyeurisme forcé (être contraint d’avoir une activité sexuelle pour qu’un tiers regarde). Ces actes constituent des violations explicites des frontières corporelles sans coït.
  • Expériences de sévérité élevée (avec pénétration ou actes orogénitaux) : Cette dimension regroupe les rapports sexuels complets non consentis (pénétration vaginale), les contacts bucco-génitaux (fellation ou cunnilingus subis ou forcés) et les rapports anaux. Ces événements représentent une intrusion corporelle extrême corrélée aux séquelles psychologiques les plus déstructurantes.

Facteurs contextuels et relationnels de victimisation

Le construit mesuré par l’ESEC intègre indissociablement l’acte et sa matrice relationnelle. Pour l’événement qualifié de plus perturbant, l’échelle évalue :

  • Le différentiel d’âge : Ce paramètre critique permet de distinguer l’exploration sexuelle entre pairs d’âge similaire de la prédation sexuelle impliquant un individu plus âgé de 5 ans ou plus, seuil classiquement retenu dans la littérature pour définir l’abus pédo-sexuel institutionnel ou familial.
  • La nature du lien relationnel : L’outil discrimine l’agression intrafamiliale (inceste commis par un parent, cousin, frère, etc.), l’agression par une connaissance ou un ami, et celle perpétrée par un inconnu, reflétant des dynamiques de trahison relationnelle contrastées (trauma de trahison).
  • La chronicité temporelle : Mesure de la fréquence cumulative (acte unique vs répété 5 fois ou plus) et de la durée d’exposition (un mois ou moins jusqu’à plus d’un an).
  • La coercition et les leviers d’emprise : Caractérisation des mécanismes de contrainte déployés par l’agresseur (persuasion manipulatrice, intimidation par la taille/force, menaces verbales de blessure, pots-de-vin/corruption, violences physiques directes, culpabilisation affective/peur du désamour, usage d’armes, et soumission chimique par drogues ou alcool).
  • L’impact émotionnel subjectif : Double cotation dimensionnelle évaluant la détresse ressentie au moment précis des événements (impact péri-traumatique) et le retentissement affectif résiduel au moment actuel de la passation (détresse post-traumatique persistante).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement théorique de l’ESEC s’enracine dans la psychologie comportementale, la psychologie du développement et les modèles contemporains de la traumatologie développementale. Deux cadres théoriques majeurs soutiennent son architecture conceptuelle : le modèle traumatique des abus sexuels de Finkelhor (1987) et la théorie du traitement de l’information sociale liée à la victimisation.

Le modèle des quatre dynamiques traumagènes de Finkelhor

David Finkelhor, chercheur pionnier en victimologie infantile, a proposé que l’impact délétère des abus sexuels ne découle pas d’un mécanisme unique, mais de l’activation combinée de quatre dynamiques traumagènes :

  • La sexualisation traumatique : L’enfant est exposé à des comportements sexuels disproportionnés par rapport à sa maturité cognitive et affective, induisant une distorsion durable de la sexualité, des conduites impulsives ou une compulsion d’évitement.
  • La trahison (betrayal) : La transgression s’opère au sein d’une relation de confiance ou de dépendance asymétrique (parents, proches, figures d’autorité), érodant la capacité fondamentale de la victime à établir des liens sécures.
  • Le sentiment d’impuissance (powerlessness) : L’emploi de la force, de l’intimidation physique ou du chantage affectif confronte l’enfant à une désactivation complète de son autonomie comportementale.
  • La stigmatisation : Les sentiments de culpabilité, de honte et d’altérité que la société ou l’agresseur renvoient à la victime.

L’ESEC opérationnalise empiriquement ces concepts en collectant des données comportementales objectives sur les modes de coercition (impuissance), le statut relationnel de l’auteur (trahison) et la sévérité des actes imposés (sexualisation traumatique), sans imposer la stigmatisation sémantique souvent véhiculée par les échelles auto-administrées classiques.

Cognition sociale, dissonance et déni adaptatif

Sur le plan cognitif, l’ESEC prend appui sur les théories de la mémoire autobiographique et de la dissonance cognitive (Festinger, 1957). Un enfant confronté à une intrusion sexuelle de la part d’un adulte protecteur met fréquemment en place des stratégies cognitives de minimisation, de rationalisation ou de clivage afin de préserver l’attachement nécessaire à sa survie. À l’âge adulte, reconnaître que l’on a été « victime d’abus sexuel » requiert une restructuration psychologique douloureuse et menaçante pour l’image de soi. En contournant l’étiquetage explicite et en interrogeant uniquement la matérialité des actes (« Est-ce que cet incident est survenu alors que vous ne le vouliez pas ? »), l’ESEC neutralise les défenses psychologiques de déni sémantique et permet l’accès à un matériel mnésique autobiographique autrement censuré.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’ESEC a été documentée à travers plusieurs recherches empiriques démontrant son efficacité diagnostique supérieure et ses liens solides avec les indicateurs de santé mentale.

Validité de construit et détection différentielle

L’apport le plus éclatant à la validité de l’instrument réside dans sa capacité à capturer des situations d’abus qui échappent intégralement aux questionnaires traditionnels. Dans une étude fondamentale menée auprès d’un échantillon d’étudiants universitaires, Miller et Johnson (1997) ont démontré que 56 % des participants qui rapportaient sur l’ESEC des expériences sexuelles non désirées et perturbantes subies durant l’enfance avec des partenaires de 5 ans ou plus leurs aînés affirmaient explicitement dans le même temps qu’ils n’avaient jamais été « sexuellement abusés ». Ces résultats prouvent que moins de la moitié des adultes ayant vécu des agressions sexuelles durant leur jeunesse s’auto-identifient spontanément comme victimes. L’ESEC valide ainsi sa prétention théorique : mesurer le construit comportemental de la victimisation indépendamment des biais d’auto-étiquetage sociocognitif.

Validité convergente et prédictive des séquelles adultes

Les données rapportées par Anderson, Miller et Miller (1995) apportent des preuves substantielles de la validité critériée et convergente de l’ESEC. En comparant les adultes rapportant des expériences sexuelles non désirées sur l’ESEC à ceux n’en rapportant aucune, les auteurs ont observé que les premiers présentaient des scores significativement plus élevés de dépression clinique et de névrosisme, ainsi qu’une altération marquée de l’estime de soi.

De plus, l’ESEC démontre une remarquable validité discriminante interne en distinguant l’étiologie des séquelles en fonction de la sévérité des actes :

  • Les individus ayant rapporté des expériences dites « sévères » (contacts orogénitaux ou rapports vaginaux/anaux) présentaient des niveaux d’impulsivité significativement plus élevés et des prévalences accrues de consommation problématique d’alcool et de substances illicites par rapport aux individus non abusés ou exposés à des actes moins invasifs.
  • Dans le domaine des relations interpersonnelles, ces mêmes participants présentaient une sécurité d’attachement profondément dégradée, caractérisée par des niveaux élevés d’anxiété d’abandon et d’évitement de l’intimité au sein de leurs relations amoureuses adultes.

Ces profils psychopathologiques différenciés corroborent les observations issues des entretiens cliniques approfondis en face-à-face (tels que ceux préconisés par Wyatt & Peters, 1986), établissant que l’ESEC reproduit fidèlement la finesse diagnostique d’investigations cliniques hautement coûteuses.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’ESEC a été examinée principalement sous l’angle de la reproductibilité temporelle de la mesure (stabilité test-retest), compte tenu de la nature catégorielle et formative des indicateurs comportementaux.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Afin de corriger l’effet des accords dus au simple hasard sur des réponses binaires ou nominales polytomiques, Miller et Johnson (1997) ont appliqué le coefficient kappa de Cohen (κ) pour quantifier la stabilité des réponses sur un intervalle d’un mois. L’ESEC a démontré un accord moyen exceptionnel :

κ moyen test-retest à 1 mois = 0,92

Une telle valeur de kappa (très largement supérieure au seuil usuel de 0,70 ou 0,80) atteste d’une constance remarquable du rappel mnésique des participants. Les répondants ne modifient pas de façon erratique leurs déclarations d’une passation à l’autre, confirmant que le caractère non menaçant et factuel des formulations lexicales stabilise l’évocation des souvenirs intimes sans induire de déformations temporelles indésirables.

Cohérence interne et nature de la liste

Il convient de souligner que, d’un point de vue psychométrique strict, le calcul d’un alpha de Cronbach sur l’ensemble des 9 comportements de base n’est pas conceptuellement pertinent. L’ESEC constitue une échelle formative d’indices d’exposition (index d’événements de vie) et non une échelle réflective de traits latents : subir un acte d’exhibitionnisme n’implique pas obligatoirement d’avoir subi une pénétration vaginale ou un acte anal. La consistance interne repose donc sur la cohérence des patterns de réponses logiques (p. ex., cohérence entre sévérité rapportée et niveaux de coercition subis) et sur la standardisation rigoureuse de la procédure de passation.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

En raison de sa structure en liste de contrôle comportementale binaire (présence/absence d’événements discrets), l’ESEC n’a pas été conçu initialement pour subir une décomposition factorielle exploratoire linéaire classique (type décomposition en valeurs propres de Pearson), qui suppose des distributions continues normales sous-jacentes.

Structure empirique bipolaire : Sévérité modérée vs Sévérité élevée

La structure dimensionnelle de l’ESEC s’appuie sur des validations de juges experts et de juges profanes (Miller et al., 1991), confirmées ultérieurement par des analyses de classification et des modèles typologiques (Anderson et al., 1995) :

  • Facteur 1 : Atteintes corporelles invasives / Sévérité élevée : Ce groupe comportemental isole les actes impliquant une pénétration ou un coït (pénétration vaginale, rapports anaux, fellation et cunnilingus). Ces items saturent fortement sur une composante d’agression corporelle directe et sont invariablement associés à des cotes de détresse péri-traumatique maximales et à des séquelles addictives ou dissociatives adultes.
  • Facteur 2 : Violations de la pudeur et contacts superficiels / Sévérité modérée : Ce groupe rassemble l’exhibitionnisme passif/actif, les caresses et attouchements des organes génitaux sans pénétration, et l’injonction au voyeurisme. Ces actes partagent une composante d’exploitation visuelle ou tactile dénuée de coït forcé.

Données épidémiologiques sous-tendant la structure

L’application de ces deux regroupements au sein d’un échantillon universitaire représentatif (Anderson et al., 1995) met en relief une distribution factorielle différenciée selon le genre et l’âge de l’agresseur :

  • Victimisation sévère par un individu plus âgé de 5 ans ou plus : Rapportée par 9 % des femmes et 3 % des hommes.
  • Victimisation moins sévère par un individu plus âgé de 5 ans ou plus : Rapportée par 15 % des femmes et 6 % des hommes supplémentaires.
  • Prévalence globale cumulée : Lorsque l’on inclut l’ensemble des expériences sans restriction relative à l’âge du partenaire (incluant ainsi les contacts entre pairs), 48 % de l’échantillon global (près de la moitié des répondants) déclarent avoir vécu au moins un événement sexuel non désiré avant l’âge de 16 ans.

Ces données confirment la validité de segmentation de l’instrument, capable d’isoler avec une grande finesse les sous-groupes de traumatismes cliniques au sein de la population générale.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom officiel de l’instrument : Inventaire des expériences sexuelles précoces (Early Sexual Experiences Checklist [ESEC]).
  • Auteurs : Rowland S. Miller et James A. Johnson (avec J. K. Johnson pour les premiers travaux).
  • Domaine d’application : Psychologie clinique, victimologie, psychiatrie médico-légale, épidémiologie sociale, recherche sur l’attachement et le traumatisme.
  • Format d’administration : Questionnaire auto-rapporté sur format papier-crayon ou interface numérique sécurisée.
  • Durée moyenne de passation : 4 à 5 minutes (le protocole complet tient généralement sur deux pages).
  • Nombre d’items :
    • Section 1 (Liste des événements) : 9 comportements sexuels explicites spécifiques, 1 option ouverte de spécification (« Autre »), et 1 option d’exclusion (« Aucun de ces événements ne s’est jamais produit »).
    • Section 2 (Contextualisation de l’événement le plus perturbant) : 8 questions qualitatives et dimensionnelles (âge du sujet, âge de l’initiateur, statut relationnel, lien de parenté spécifique, fréquence, durée globale, et inventaire de 11 modalités de coercition incluant l’option « Aucun »).
    • Section 3 (Impact émotionnel) : 2 items d’évaluation subjective dimensionnelle sur échelle de détresse.
  • Format des échelles de réponse :
    • Comportements sexuels : Case à cocher binaire (présence / absence).
    • Âges : Réponse ouverte numérique directe.
    • Lien relationnel : Choix multiple catégoriel (parent [relative], ami/connaissance [friend or acquaintance], inconnu [stranger]) avec spécification textuelle pour les parents.
    • Fréquence : Catégories ordonnées (just once [une seule fois], twice [deux fois], 3 or 4 times [3 ou 4 fois], 5 times or more [5 fois ou plus]).
    • Durée : Catégories temporelles (just once [une seule fois], a month or less [un mois ou moins], several months [plusieurs mois], a year or more [un an ou plus]).
    • Évaluation de la détresse : Échelle de type Likert en 7 points ancrée de 1 (« pas du tout » [not at all]) à 4 (« modérément » [moderately]) jusqu’à 7 (« extrêmement » [extremely]).
    • Coercition : Liste de contrôle à choix multiples (cocher toutes les options applicables).
  • Cotation et interprétation :
    • Indice d’exposition globale : Statut dichotomique (victime vs non-victime d’expériences précoces non désirées).
    • Classification de sévérité : Catégorisation en atteintes sévères (pénétrations, contacts orogénitaux) vs modérées (exhibitionnisme, attouchements).
    • Opérationnalisation de l’abus légal/clinique : Application combinée d’un critère de différentiel d’âge (p. ex., agresseur plus âgé de 5 ans ou plus) et/ou de la présence de coercition physique/psychologique.
    • Scores de détresse : Lecture directe des cotes 1 à 7 pour le traumatisme péri-traumatique rétrospectif et la détresse post-traumatique actuelle résiduelle.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception initiale : 1991 (Miller, Johnson, & Johnson) ; révisions et approfondissements psychométriques en 1995 et 1997.
  • Statut des droits d’auteur : Propriété intellectuelle détenue par les auteurs (Rowland S. Miller et James A. Johnson).
  • Tarification et accès : L’ESEC a été développé comme un instrument de recherche accessible et économique. Il ne fait pas l’objet d’une commercialisation sous licence propriétaire payante par un éditeur de tests privés.
  • Conditions d’utilisation : L’outil peut être utilisé à des fins de recherche scientifique non commerciale ou d’évaluation clinique. Les chercheurs et praticiens sont invités à citer les publications de référence (Miller et al., 1991 ; Miller & Johnson, 1997) et, le cas échéant, à contacter l’auteur principal (Dr Rowland S. Miller, Sam Houston State University) pour toute demande relative à des adaptations transculturelles ou des utilisations institutionnelles formelles.

12. Références / References

  • Anderson, J. H., Miller, R. S., & Miller, G. A. (1995, August). Adult sequelae of unwanted childhood sexual experiences [Communication scientifique]. Meeting of the American Psychological Association, New York, NY, United States.
  • Finkelhor, D. (1987). The trauma of child sexual abuse: Two models. Journal of Interpersonal Violence, 2(4), 348–366. https://doi.org/10.1177/088626058700200402
  • Kendall-Tackett, K. A., Williams, L. M., & Finkelhor, D. (1993). Impact of sexual abuse on children: A review and synthesis of recent empirical studies. Psychological Bulletin, 113(1), 164–180. https://doi.org/10.1037/0033-2909.113.1.164
  • Kercher, G., & McShane, M. (1984). Prevalence of child sexual abuse victimization in an adult sample of Texas residents. Child Abuse & Neglect, 8(4), 495–501. https://doi.org/10.1016/0145-2134(84)90030-8
  • Kilpatrick, A. C. (1986). Some correlates of women’s childhood sexual experiences: A retrospective study. The Journal of Sex Research, 22(2), 221–242. https://doi.org/10.1080/00224498609551304
  • Miller, R. S., & Johnson, J. A. (1997). Abuse victims don’t always feel “abused”: Using checklists to detect childhood sexual abuse [Manuscrit non publié]. Department of Psychology and Philosophy, Sam Houston State University, Huntsville, TX.
  • Miller, R. S., Johnson, J. A., & Johnson, J. K. (1991). Assessing the prevalence of unwanted childhood sexual experiences. Journal of Psychology & Human Sexuality, 4(2), 43–54. https://doi.org/10.1300/J056v04n02_04
  • Wyatt, G. E., & Peters, S. D. (1986). Methodological considerations in research on the prevalence of child sexual abuse. Child Abuse & Neglect, 10(2), 241–251. https://doi.org/10.1016/0145-2134(86)90082-6

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

How old were you when it happened?         
2

Approximately how old was the other person involved?         
3

Who was the other person involved?
4

relative     friend or acquaintance     stranger
5

If the other person was a relative, how were they related to you? (i.e., cousin, father, sister, etc.)                     
6

How many times did this behavior occur?
7

just once     twice     3 or 4 times    5 times or more
8

Over how long a period did this behavior occur?
9

just once     a month or less    several months    a year or more
10

How much did the experience bother you at the time?
11

1
12

2
13

3
14

4
15

5
16

6
17

7
18

not at all
19

moderately
20

extremely
21

How much does the experience bother you now?
22

1
23

2
24

3
25

4
26

5
27

6
28

7
29

not at all
30

moderately
31

extremely
32

What kind of psychological pressure or physical force did the person use, if any? Please check all that apply:
★

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Looti, M. (2026, octobre 18). Inventaire des expériences sexuelles précoces. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-des-experiences-sexuelles-precoces-esec
Looti, Mohammed. “Inventaire des expériences sexuelles précoces.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-des-experiences-sexuelles-precoces-esec.
Looti, Mohammed. “Inventaire des expériences sexuelles précoces.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-des-experiences-sexuelles-precoces-esec.