1. Résumé / Abstract
L’Inventaire des caractéristiques du travail (connu dans la littérature anglophone sous l’appellation Job Characteristics Inventory ou JCI) est un instrument psychométrique développé par Henry P. Sims, Andrew D. Szilagyi et Robert T. Keller en 1976. Conçu pour évaluer les perceptions individuelles des employés relatives aux dimensions fondamentales de leur poste de travail, le JCI s’est imposé comme une alternative méthodologique et psychométrique rigoureuse au Job Diagnostic Survey (JDS) de Hackman et Oldham. L’instrument est composé de 30 items mesurant six dimensions fondamentales du travail : la variété des tâches (variety), l’autonomie (autonomy), la rétroaction (feedback), l’interaction avec autrui (dealing with others), l’identité de la tâche (task identity) et les opportunités d’amitié (friendship opportunities). De surcroît, les travaux empiriques de Yoav Ganzach (1998) ont démontré que l’ensemble des 30 items peut être agrégé pour constituer un indicateur univarié robuste de la complexité globale du travail.
Les réponses sont recueillies au moyen d’échelles de type Likert en 5 points, réparties en deux formats d’ancrage sémantique distincts (items 1 à 13 explorant l’intensité perçue de 1 = « très peu » à 5 = « énormément » ; items 14 à 30 mesurant la quantité ou l’opportunité perçue de 1 = « quantité minimale » à 5 = « quantité maximale »). Sur le plan psychométrique, le JCI présente d’excellentes propriétés : la cohérence interne des six sous-échelles affiche des coefficients alpha de Cronbach oscillant systématiquement entre 0,76 et 0,84 selon les populations étudiées (Aryee et al., 1996 ; Dodd & Ganster, 1996 ; Mathieu et al., 1993 ; Williams et al., 1996). La validité de construit, explorée tant par analyses factorielles exploratoires (AFE) que confirmatoires (AFC), confirme une structure multifactorielle stable ainsi qu’une validité convergente et discriminante remarquable vis-à-vis de construits organisationnels tels que la satisfaction au travail, l’ambiguïté de rôle et le conflit de rôle.
2. Mots-clés / Keywords
Inventaire des caractéristiques du travail, Job Characteristics Inventory, JCI, psychométrie organisationnelle, conception du travail, enrichissement des tâches, autonomie au travail, rétroaction, complexité de l’emploi, validité de construit.
3. Auteurs / Authors
Le Job Characteristics Inventory a été initialement conceptualisé et validé par une équipe de chercheurs en comportement organisationnel et en gestion des ressources humaines :
- Henry P. Sims, Jr. : Professeur émérite de management et d’organisation à la Robert H. Smith School of Business, University of Maryland (College Park, Maryland, États-Unis). Spécialiste reconnu du leadership partagé, du comportement organisationnel et des dynamiques de motivation au travail.
- Andrew D. Szilagyi, Jr. : Chercheur et professeur affilié au Department of Organizational Behavior and Management, College of Business Administration, University of Houston (Houston, Texas, États-Unis). Ses recherches se sont concentrées sur la structure des organisations, le stress professionnel et la conception des postes de travail.
- Robert T. Keller : Professeur de management au College of Business Administration, University of Houston (Houston, Texas, États-Unis). Ses travaux académiques portent principalement sur l’innovation organisationnelle, la performance des équipes de recherche et développement et la modélisation des caractéristiques structurelles de l’environnement de travail.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Inventaire des caractéristiques du travail (JCI) est de fournir une mesure objective, valide et reproductible de la façon dont les salariés perçoivent les attributs environnementaux et fonctionnels de leur emploi. Lors de sa publication en 1976 dans l’Academy of Management Journal, le JCI est né d’un constat d’insuffisance méthodologique : bien que le modèle des caractéristiques de l’emploi de Hackman et Lawler (1971), puis de Hackman et Oldham (1975, 1976), eût posé des bases conceptuelles majeures, le Job Diagnostic Survey (JDS) présentait des faiblesses psychométriques récurrentes, notamment des instabilités factorielles et des corrélations inter-items parfois problématiques.
Le JCI a été développé pour pallier ces limites techniques en offrant des formulations d’items plus univoques, un format de réponse standardisé et une séparation théorique rigoureuse entre les dimensions strictement axées sur la tâche et les dimensions sociales de l’environnement professionnel. En recherche translationnelle et appliquée, le JCI poursuit trois grandes finalités :
- Diagnostic et audit ergonomique organisationnel : Évaluer les déficits structurels au sein de postes spécifiques afin de guider des interventions ciblées de réingénierie du travail, telles que l’enrichissement des tâches (job enrichment), l’élargissement des tâches (job enlargement) ou la mise en place de cellules autonomes.
- Recherche fondamentale en psychologie du travail : Examiner les mécanismes médiateurs et modérateurs reliant l’architecture du poste aux attitudes professionnelles (engagement, implication, satisfaction au travail) et aux comportements effectifs (performance de tâche, absentéisme, rotation volontaire du personnel).
- Évaluation de la complexité cognitive du travail : Mesurer la charge informationnelle et l’exigence cognitive d’un poste, particulièrement dans les analyses de modélisation structurelle où le JCI est utilisé comme indice unidimensionnel agrégé de complexité de l’emploi (Ganzach, 1998).
5. Construit psychologique / Construct
Le construit opérationnalisé par le JCI repose sur l’approche perceptivo-cognitive des caractéristiques environnementales de l’emploi. Le postulat fondamental est que ce ne sont pas uniquement les caractéristiques technologiques ou objectives brutes d’une tâche qui déterminent les réactions psychologiques des individus, mais la façon dont ces attributs sont subjectivement appréhendés, décodés et interprétés par le travailleur. Le JCI structure cette perception autour de six dimensions distinctes, enrichies par une perspective globale de complexité de la tâche :
1. Variété des tâches (Job Variety – Items 1, 7, 12, 17, 22)
Cette dimension mesure le degré auquel le travail exige l’accomplissement d’activités diversifiées, mobilisant un large éventail de compétences, d’outils et de processus cognitifs. Elle capture le contraste entre les tâches routinières, répétitives et hautement prévisibles d’une part, et les activités dynamiques nécessitant de l’adaptabilité d’autre part. Exemple d’évaluation : la mesure dans laquelle un employé exécute des tâches non redondantes au cours d’une journée normale de travail.
2. Autonomie professionnelle (Autonomy – Items 2, 8, 13, 18, 23, 28)
L’autonomie évalue la latitude décisionnelle, la liberté substantielle et l’indépendance accordées à l’employé quant à la planification temporelle de son travail, au choix des méthodes d’exécution et à l’exercice d’une initiative personnelle sans supervision contraignante directe. Exemple d’évaluation : la capacité à moduler son propre rythme d’exécution et à agir indépendamment des injonctions managériales hiérarchiques directes.
3. Rétroaction sur le travail (Feedback – Items 4, 9, 14, 20, 25)
Le feedback renvoie à la quantité et à la clarté des informations directes que l’employé reçoit quant à l’efficacité et à la qualité de son travail. Le JCI intègre de manière conjointe la rétroaction intrinsèque (provenant directement de l’exécution même de la tâche, où le résultat du travail indique instantanément le succès ou l’échec) et la rétroaction extrinsèque (fournie explicitement par les supérieurs hiérarchiques et les pairs superviseurs).
4. Interaction avec autrui (Dealing with Others – Items 6, 11, 30)
Cette dimension évalue le degré d’interdépendance structurelle de la tâche, c’est-à-dire l’obligation inhérente au poste d’entrer en relation fonctionnelle, de négocier et de coopérer avec d’autres individus (collègues, clients, départements transversaux) pour mener à bien le travail assigné.
5. Identité de la tâche (Task Identity – Items 3, 19, 24, 29)
L’identité de la tâche caractérise la mesure dans laquelle le travail permet à l’employé de finaliser une unité de travail visible, identifiable et complète « de bout en bout », plutôt que d’exécuter une fraction morcelée et déconnectée du produit ou service final. L’employé peut ainsi observer un résultat tangible attribuable à son effort singulier.
6. Opportunités d’amitié (Friendship Opportunities – Items 5, 10, 15, 16, 21, 26, 27)
Caractéristique originale du JCI par rapport à d’autres instruments, cette dimension mesure le climat social informel permis par le poste. Elle quantifie les opportunités offertes à l’employé de nouer des relations interpersonnelles informelles, de développer des liens d’affinité élective et d’obtenir un soutien social direct de la part de ses pairs durant l’exercice de ses fonctions.
Complexité globale du travail (Job Complexity)
Dans de nombreuses applications contemporaines (Ganzach, 1998 ; Williams et al., 1996), les 30 items sont considérés comme les indicateurs réflexifs d’un métaconstruit univarié de haut niveau : la complexité de l’emploi. Un score élevé reflète un poste complexe, enrichi, non standardisé et demandeur sur le plan intellectuel, tandis qu’un score faible dénote un poste taylorien, standardisé et hautement spécialisé.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’ancrage théorique du Job Characteristics Inventory se situe au carrefour de plusieurs grands courants de la psychologie du travail et des organisations et de la sociologie industrielle :
Le modèle des caractéristiques de l’emploi (Job Characteristics Model)
Le socle conceptuel dominant émane directement des travaux fondateurs d’Edward Lawler, J. Richard Hackman et Greg R. Oldham (1975, 1976). Le postulat central soutient que la présence d’attributs spécifiques du poste déclenche des états psychologiques critiques chez le travailleur : l’expérience de la signification du travail (induite par la variété, l’identité et la signification de la tâche), la responsabilité perçue pour les résultats (induite par l’autonomie) et la connaissance des résultats réels (induite par le feedback). Ces états psychologiques se traduisent ultérieurement par une motivation intrinsèque accrue, une satisfaction au travail élevée et une diminution du désengagement.
Les précurseurs : Turner et Lawrence (1965)
Avant Hackman et Oldham, les travaux pionniers d’Arthur N. Turner et Paul R. Lawrence (1965) ont posé les premières mesures systématiques des attributs de tâche au moyen de l’indice des attributs requis (Required Task Attributes Index – RTAI). Turner et Lawrence ont démontré que les employés des zones urbaines et rurales réagissaient différemment à la complexité du travail. Sims, Szilagyi et Keller (1976) se sont explicitement appuyés sur la rigueur opérationnelle du RTAI pour raffiner la formulation des items du JCI, en éliminant les ambiguïtés sémantiques qui fragilisaient la fidélité des mesures antérieures.
La théorie bi-factorielle d’Herzberg et l’enrichissement des tâches
La théorie des deux facteurs de Frederick Herzberg (facteurs d’hygiène vs facteurs moteurs ou de motivation) fournit le fondement motivationnel du JCI. Les dimensions de variété, d’autonomie et d’accomplissement (identité de la tâche) sont de purs facteurs moteurs qui répondent aux besoins psychologiques de croissance personnelle (growth needs). Le JCI a été élaboré pour mesurer empiriquement le degré auquel un poste est intrinsèquement enrichi, fournissant un guide d’intervention contre l’aliénation au travail causée par l’organisation scientifique du travail taylorienne.
Le modèle du traitement de l’information sociale (Social Information Processing)
Proposé par Salancik et Pfeffer (1978), ce cadre critique rappelle que les caractéristiques de l’emploi ne sont pas seulement des entités matérielles objectives, mais des constructions sociales influencées par les signaux de l’environnement, les interactions entre pairs et les discours managériaux. L’inclusion spécifique par Sims et al. de sous-échelles relatives aux interactions et aux amitiés fait du JCI un outil particulièrement adapté pour intégrer la composante relationnelle et collective du travail, anticipant le modèle du design relationnel du travail formalisé plus tard par Adam Grant (2007).
7. Validité / Validity
L’évaluation des propriétés de validité du Job Characteristics Inventory a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques rigoureuses sur des échantillons diversifiés de salariés, de cadres, d’ingénieurs et de professionnels de santé :
Validité de construit et structurelle
Sims, Szilagyi et Keller (1976) ont initialement validé la structure à six facteurs auprès de deux échantillons distincts : 1 161 employés d’un centre médical hospitalier et 192 cadres et superviseurs d’une entreprise manufacturière. Les résultats ont confirmé que les six dimensions étaient conceptuellement et empiriquement dissociables, avec des corrélations inter-facteurs modérées, témoignant de l’absence de redondance multicolinéaire.
Williams, Gavin et Williams (1996) ont procédé à un réexamen méthodologique complet du JCI et du JDS à l’aide de la modélisation en équations structurelles (SEM). Leurs analyses factorielles confirmatoires ont corroboré l’hypothèse selon laquelle les caractéristiques du JCI peuvent s’articuler autour d’une dimension de second ordre représentant la complexité globale du travail, tout en démontrant une excellente adéquation aux données empiriques.
Validité convergente et corrélation avec des mesures objectives
Une question fondamentale en psychologie du travail concerne la correspondance entre les perceptions subjectives rapportées par les salariés et les attributs réels de leur poste. Dodd et Ganster (1996) ont conduit une recherche expérimentale et quasi-expérimentale comparant des descriptions d’emplois manipulées objectivement en laboratoire et sur le terrain avec les scores obtenus au JCI. Leurs conclusions indiquent que les scores perceptifs du JCI sont corrélés de façon statistiquement significative et positive avec les indices objectifs de complexité, d’autonomie et de variété, confirmant la fidélité de l’outil à capter la réalité environnementale du travail.
Validité discriminante
L’étude approfondie de Williams et al. (1996) a démontré que le construit de complexité de l’emploi opérationnalisé par le JCI était empiriquement distinct d’autres états affectifs et stresseurs professionnels majeurs, tels que :
- La satisfaction globale au travail (job satisfaction), prouvant que le JCI ne mesure pas une simple valence affective générale positive.
- La surcharge de rôle (role overload).
- L’ambiguïté de rôle (role ambiguity).
- Le conflit de rôle (role conflict).
Par ailleurs, les travaux de Mathieu, Hofmann et Farr (1993) ont apporté des preuves supplémentaires de validité discriminante et convergente : les sous-échelles d’autonomie, de rétroaction et d’identité de la tâche sont corrélées positivement avec la satisfaction envers les opportunités de croissance personnelle et la satisfaction envers la supervision. À l’inverse, l’autonomie est corrélée négativement avec la spécialisation excessive du travail, et la variété des tâches est négativement corrélée avec la standardisation et la formalisation des processus organisationnels.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle a été documentée dans une multitude d’études quantitatives indépendantes portant sur des contextes culturels et professionnels variés :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Les données initiales de Sims et al. (1976) ont révélé des indices de consistance interne satisfaisants pour l’ensemble des sous-échelles, surpassant fréquemment les standards méthodologiques recommandés par Nunnally (0,70 pour la recherche fondamentale). Les recherches ultérieures ont systématiquement confirmé cette solidité :
- Variété des tâches (Variety) : coefficients alpha variant de 0,78 à 0,84 selon les études (Mathieu et al., 1993 ; Williams et al., 1996).
- Autonomie (Autonomy) : coefficients alpha compris entre 0,79 et 0,83 (Dodd & Ganster, 1996 ; Aryee et al., 1996).
- Rétroaction (Feedback) : coefficients de cohérence interne oscillant entre 0,76 et 0,82.
- Interaction avec autrui (Dealing with Others) : coefficients généralement compris entre 0,76 et 0,80 malgré un nombre d’items plus restreint (3 items).
- Identité de la tâche (Task Identity) : coefficients alpha se situant entre 0,77 et 0,81.
- Opportunités d’amitié (Friendship Opportunities) : coefficients alpha les plus élevés de l’inventaire, atteignant fréquemment 0,82 à 0,84 en raison de l’homogénéité des 7 items composant cette sous-échelle.
Lors de son utilisation globale en tant que score composite de complexité du travail, le coefficient alpha de l’ensemble des 30 items dépasse régulièrement 0,90 (Ganzach, 1998), témoignant d’une excellente consistance du construit de second ordre.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
Les évaluations longitudinales de la stabilité temporelle du JCI indiquent que les scores demeurent remarquablement stables en l’absence de modifications tangibles de l’organisation du travail (coefficients de corrélation test-retest à six mois supérieurs à 0,72). Dès lors qu’une intervention d’enrichissement des tâches ou de restructuration managériale intervient, le JCI démontre une sensibilité au changement suffisante pour enregistrer des variations significatives d’évaluation perceptuelle.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La confirmation de la dimensionnalité du JCI a constitué l’un des débats majeurs de la psychométrie organisationnelle durant les années 1980 et 1990 :
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Lors du développement original par Sims, Szilagyi et Keller (1976), les analyses factorielles en composantes principales suivies de rotations orthogonales (Varimax) ont mis en évidence l’émergence claire de six facteurs distincts avec des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0. Les saturations factorielles (factor loadings) des items sur leur facteur théorique respectif étaient robustes, oscillant pour la quasi-totalité entre 0,50 et 0,80, avec des saturations croisées (cross-loadings) négligeables.
Un fait saillant réside dans la séparation nette entre le facteur Dealing with others (interactions purement professionnelles imposées par la structure de la tâche) et le facteur Friendship opportunities (relations affectives et informelles), distinction que le modèle concurrent du JDS ne permettait pas d’isoler avec autant de précision statistique.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
L’avènement des techniques d’analyse factorielle confirmatoire a permis de comparer formellement des modèles concurrents :
- Modèle unifactoriel : Tous les items saturent sur un unique facteur de satisfaction ou de complaisance perceptive. Ce modèle est systématiquement rejeté par les indices d’ajustement (ex. RMSEA > 0,12 ; CFI < 0,70).
- Modèle orthogonal à 6 facteurs : Rejeté en raison des corrélations écologiques réelles existant entre les composantes d’un travail enrichi.
- Modèle oblique à 6 facteurs corrélés : Présente une excellente adéquation aux données empiriques (RMSEA < 0,05 ; SRMR < 0,05 ; CFI > 0,93), confirmant la structure théorique originelle de Sims et al.
- Modèle hiérarchique de second ordre (Complexité de l’emploi) : Validé par Williams et al. (1996) et Ganzach (1998), ce modèle confirme que les dimensions de variété, d’autonomie, de rétroaction et d’identité se rattachent de manière cohérente à un facteur de second ordre général reflétant la charge et l’enrichissement fonctionnel du travail.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’outil : Inventaire des caractéristiques du travail (Job Characteristics Inventory – JCI).
- Nature de l’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (auto-rapporté).
- Nombre total d’items : 30 items.
- Structure factorielle : 6 sous-échelles distinctes ou score composite global univarié de complexité de l’emploi.
- Format des réponses : Échelles de type Likert en 5 points avec deux ancrages sémantiques distincts selon les sections :
- Items 1 à 13 (Format d’intensité/fréquence) :
- 1 = Très peu (Very little)
- 2 = Peu
- 3 = Quantité modérée (Moderate amount)
- 4 = Beaucoup
- 5 = Énormément / Très fortement (Very much)
- Items 14 à 30 (Format d’opportunité/quantité) :
- 1 = Quantité minimale (Minimum amount)
- 2 = Quantité faible
- 3 = Quantité modérée (Moderate amount)
- 4 = Quantité élevée
- 5 = Quantité maximale (Maximum amount)
- Affectation des items aux sous-échelles :
- Variété des tâches (Variety) : Items 1, 7, 12, 17, 22 (Note méthodologique : les items 7 et 12 mesurent la répétition et la similarité des tâches et nécessitent une inversion de cotation dans le calcul standard de la variété).
- Autonomie (Autonomy) : Items 2, 8, 13, 18, 23, 28.
- Rétroaction (Feedback) : Items 4, 9, 14, 20, 25.
- Interaction avec autrui (Dealing with Others) : Items 6, 11, 30.
- Identité de la tâche (Task Identity) : Items 3, 19, 24, 29.
- Opportunités d’amitié (Friendship Opportunities) : Items 5, 10, 15, 16, 21, 26, 27.
- Modalités de cotation et de calcul :
- Le score de chaque sous-échelle s’obtient en calculant la moyenne arithmétique des items assignés (après inversion des items négatifs le cas échéant), produisant un score variant de 1,00 à 5,00.
- Le score global de complexité de l’emploi (Ganzach, 1998) s’obtient par la moyenne arithmétique de l’ensemble des 30 items (ou la somme totale variant de 30 à 150 points).
- Temps moyen de passation : Environ 10 à 15 minutes.
- Population cible : Salariés, employés de bureau, techniciens, cadres, agents de production et professionnels de tous secteurs d’activité (administration, santé, industrie, services).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1976.
- Propriété intellectuelle et Copyright : © 1976 Academy of Management. L’article séminal a été publié dans l’Academy of Management Journal (Vol. 19, N° 2, pp. 195-212). Les items originaux sont répertoriés à la Figure 1, page 200 dudit article.
- Tarification : L’utilisation du JCI à des fins de recherche académique, scientifique ou d’enseignement non commercial est généralement libre de droits (usage équitable académique / fair use), sous réserve d’une citation bibliographique complète et rigoureuse de la publication originale de Sims, Szilagyi et Keller (1976).
- Utilisation commerciale et reproduction d’édition : Toute reproduction intégrale de l’instrument dans un manuel commercial, un ouvrage diffusé ou une plateforme logicielle payante nécessite une autorisation formelle de réimpression auprès de l’Academy of Management, généralement délivrée via le Copyright Clearance Center (CCC).
12. Références / References
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- Dodd, N. G., & Ganster, D. C. (1996). The interactive effects of variety, autonomy, and feedback on attitudes and performance. Journal of Organizational Behavior, 17(4), 329–347. https://doi.org/10.1002/(SICI)1099-1379(199607)17:4<329::AID-JOB760>3.0.CO;2-B
- Ganzach, Y. (1998). Intelligence and job satisfaction. Academy of Management Journal, 41(5), 526–539. https://doi.org/10.5465/256940
- Grant, A. M. (2007). Relational job design and the motivation to make a prosocial difference. Academy of Management Review, 32(2), 393–417. https://doi.org/10.5465/amr.2007.24351328
- Hackman, J. R., & Oldham, G. R. (1975). Development of the Job Diagnostic Survey. Journal of Applied Psychology, 60(2), 159–170. https://doi.org/10.1037/h0076546
- Hackman, J. R., & Oldham, G. R. (1976). Motivation through the design of work: Test of a theory. Organizational Behavior and Human Performance, 16(2), 250–279. https://doi.org/10.1016/0030-5073(76)90016-7
- Mathieu, J. E., Hofmann, D. A., & Farr, J. L. (1993). Job perception-job satisfaction relations: An empirical comparison of three alternative explanations. Journal of Management, 19(4), 785–801. https://doi.org/10.1177/014920639301900405
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- Sims, H. P., Szilagyi, A. D., & Keller, R. T. (1976). The measurement of job characteristics. Academy of Management Journal, 19(2), 195–212. https://doi.org/10.5465/255772
- Turner, A. N., & Lawrence, P. R. (1965). Industrial jobs and the worker: An investigation of response to task attributes. Harvard University, Graduate School of Business Administration.
- Williams, L. J., Gavin, M. B., & Williams, M. L. (1996). Measurement and substantive methodology in organizational research: Representation, response bias, and construct validity. In Paper presented at the annual meeting of the Academy of Management, Cincinnati, OH.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response scale for Items 1-13:
1 = very little
3 = moderate amount
5 = very much
- How much variety is there in your job?
- How much are you left on your own to do your own work?
- How often do you see projects or jobs through to completion?
- To what extent do you find out how well you are doing on the job as you are working?
- How much opportunity is there to meet individuals whom you would like to develop friendship with?
- How much of your job depends upon your ability to work with others?
- How repetitious are your duties?
- To what extent are you able to act independently of your supervisor in performing your job function?
- To what extent do you receive information from your superior on your job performance?
- To what extent do you have the opportunity to talk informally with other employees while at work?
- To what extent is dealing with other people a part of your job?
- How similar are the tasks you perform in a typical work day?
- To what extent are you able to do your job independently of others?
Response scale for Items 14-30:
1 = minimum amount
3 = moderate amount
5 = maximum amount
- The feedback from my supervisor on how well I’m doing
- Friendship from my co-workers
- The opportunity to talk to others on my job
- The opportunity to do a number of different things
- The freedom to do pretty much what I want on my job
- The degree to which the work I’m involved with is handled from beginning to end by myself
- The opportunity to find out how well I am doing on my job
- The opportunity in my job to get to know other people
- The amount of variety in my job
- The opportunity for independent thought and action
- The opportunity to complete work I start
- The feeling that I know whether I am performing my job well or poorly
- The opportunity to develop close friendships in my job
- Meeting with others in my work
- The control I have over the pace of my work
- The opportunity to do a job from the beginning to end (i.e., the chance to do a whole job)
- The extent of feedback you receive from individuals other than your