Inventaire de Personnalité d’Eysenck

L’Inventaire de Personnalité d’Eysenck (EPI, 1963) est un instrument psychométrique de référence évaluant l’Extraversion, le Névrosisme et la désirabilité sociale via 57 items.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Inventaire de Personnalité d’Eysenck (Eysenck Personality Inventory, ou EPI), développé par le psychologue britannique Hans J. Eysenck et Sybil B. G. Eysenck en 1963, constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents dans l’histoire de la psychologie différentielle et de l’évaluation de la personnalité. Conçu pour pallier les limites psychométriques de son prédécesseur, le Maudsley Personality Inventory (MPI), l’EPI évalue deux dimensions majeures, bipolaires et orthogonales de la personnalité humaine : l’Extraversion-Introversion (E) et le Névrosisme-Stabilité émotionnelle (N). L’instrument intègre également une échelle de validité spécifique, l’Échelle de Mensonge (Lie Scale, L), destinée à détecter la désirabilité sociale et la dissimulation volontaire ou involontaire.

Le questionnaire se présente sous deux formes parallèles équivalentes de 57 items chacune (Forme A et Forme B), administrables en passation papier-crayon ou numérique, nécessitant une dizaine de minutes. Le format de réponse est strictement dichotomique (Oui / Non). Les analyses psychométriques démontrent une excellente consistance interne (coefficients de Kuder-Richardson et alpha de Cronbach généralement situés entre 0,75 et 0,91 selon les échantillons normatifs et cliniques), une fidélité test-retest élevée (coefficients oscillant entre 0,80 et 0,92 à un an d’intervalle) et une indépendance quasi parfaite entre les échelles d’Extraversion et de Névrosisme (corrélations inter-échelles inférieures à r = 0,10). L’EPI a posé les jalons de l’approche biologique et causale de la personnalité en reliant les traits phénotypiques à des soubassements neurophysiologiques, notamment le système réticulé activateur ascendant et le système limbique, ouvrant la voie au modèle tridimensionnel PEN (Psychotisme, Extraversion, Névrosisme).

2. Mots-clés

Inventaire de Personnalité d’Eysenck, Extraversion, Introversion, Névrosisme, Stabilité émotionnelle, Échelle de Mensonge, Psychométrie, Analyse factorielle, Typologie biologique de la personnalité, Désirabilité sociale, Système réticulé activateur ascendant, Évaluation de la personnalité.

3. Auteurs

L’inventaire a été conçu et validé par un binôme de chercheurs de renommée mondiale affiliés à l’Institut de Psychiatrie de l’Université de Londres (aujourd’hui intégré au King’s College London) et rattachés au prestigieux Maudsley Hospital :

  • Hans Jürgen Eysenck, Ph.D., D.Sc. (1916–1997) : Professeur titulaire et directeur du département de psychologie à l’Institut de Psychiatrie de Londres. Figure majeure de la psychologie du XXe siècle, Eysenck a été l’un des auteurs les plus prolifiques de sa discipline. Ses travaux pionniers ont visé à ancrer l’étude de la personnalité dans la psychologie expérimentale, la génétique comportementale et la physiologie neuro-viscérale.
  • Sybil Bianca Giuletta Eysenck, Ph.D. (1927–2020) : Psychologue clinicienne et chercheuse en psychométrie à l’Institut de Psychiatrie de Londres. Épouse et collaboratrice intellectuelle de Hans Eysenck, elle a joué un rôle central dans la construction d’échelles, l’analyse factorielle transculturelle, le calibrage empirique des versions pour adultes et enfants (Junior EPI) et l’élaboration ultérieure de l’EPQ (Eysenck Personality Questionnaire).

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Inventaire de Personnalité d’Eysenck est de fournir une mesure objective, rapide, standardisée et rigoureusement validée des deux méta-traits qui structurent la variance de la personnalité humaine normale et pathologique. Contrairement aux approches idiographiques, projectives (comme le test de Rorschach) ou psychanalytiques en vogue au milieu du XXe siècle — qu’Eysenck critiquait pour leur manque de reproductibilité et de fondement empirique —, l’EPI s’inscrit dans une démarche nomothétique et quantitativiste.

Applications en recherche fondamentale et différentielle

Dans le domaine expérimental, l’EPI a été développé pour tester des hypothèses neurophysiologiques et comportementales précises. En mesurant avec exactitude le degré d’extraversion et de névrosisme d’un sujet, les chercheurs ont pu examiner expérimentalement :

  • La vitesse de conditionnement classique (eyeblink conditioning) et opérant ;
  • Les seuils de vigilance sensorielle, la tolérance à la privation sensorielle et à la douleur ;
  • Les rythmes circadiens de vigilance, la sensibilité à la caféine, aux anxiolytiques et aux stimulants ;
  • La performance cognitive sous stress aigu ou en situation de double tâche.

Applications cliniques et psychiatriques

En psychopathologie et psychiatrie clinique, l’EPI permet d’établir une cartographie dimensionnelle des vulnérabilités individuelles plutôt qu’une catégorisation nosologique binaire rigide. Eysenck a démontré que des scores élevés en Névrosisme associés à une forte Introversion prédisposent aux troubles internalisés (dépression réactionnelle, dysthymie, phobies, névrose obsessionnelle-compulsive), tandis qu’un score élevé en Névrosisme combiné à une forte Extraversion caractérise davantage les troubles externalisés, les conduites impulsives, les personnalités histrioniques ou psychopathiques. L’EPI sert d’outil de dépistage rapide, d’aide au diagnostic différentiel et d’indicateur pronostique pour orienter les thérapies comportementales et cognitives naissantes.

Applications en psychologie du travail et de l’éducation

L’instrument a été massivement déployé en orientation professionnelle, en sélection de personnel et dans le milieu scolaire. Il permet d’anticiper l’adéquation d’un profil individuel à des environnements professionnels spécifiques exigeant soit une tolérance élevée à la solitude et une attention soutenue aux détails (profils introvertis stables), soit des compétences d’animation sociale dynamique, de négociation et de réactivité en environnement changeant (profils extravertis stables).

5. Construit psychologique

Le modèle sous-jacent à l’EPI repose sur une organisation hiérarchique de la personnalité à quatre niveaux : les réponses spécifiques (actions quotidiennes singulières), les réponses habituelles (habitudes répétées), les traits (constellations d’habitudes corrélées, comme la sociabilité ou la vivacité) et les types ou méta-dimensions d’ordre supérieur (Extraversion et Névrosisme). Ces deux dimensions constituent les axes orthogonaux d’un repère bidimensionnel continu.

L’Extraversion-Introversion (Échelle E)

Cette dimension mesure l’orientation de l’énergie psychique d’un individu vers le monde extérieur et autrui par opposition à son repli vers la vie intérieure et la modération des stimulations. L’échelle est bipolaire :

  • L’Extraverti typique : Présente un besoin marqué de contact social, recherche activement l’excitation, le changement, l’aventure et les sensations fortes. Il aime les fêtes animées, possède un large cercle d’amis, agit souvent sous le coup de l’impulsion sans délibération prolongée et s’adapte rapidement aux contextes imprévus. Sur le plan affectif, il extériorise volontiers ses émotions, est prompt à la riposte verbale et tolère mal la monotonie ou le travail solitaire prolongé.
  • L’Introverti typique : Se caractérise par une attitude réservée, introspective et réfléchie. Il privilégie la lecture, les loisirs solitaires ou les échanges intimes en petit comité d’amis proches. Il anticipe méticuleusement ses actions, évite les situations imprévisibles ou risquées, garde ses sentiments sous contrôle et accorde une importance primordiale aux normes éthiques et à la fiabilité des engagements pris.

Le Névrosisme-Stabilité émotionnelle (Échelle N)

Le Névrosisme reflète le degré global de labilité émotionnelle, de réactivité autonome et de vulnérabilité au stress psychologique. Cette dimension est indépendante de l’Extraversion :

  • Le score élevé en Névrosisme : Désigne un individu hyperréactif sur le plan émotionnel, sujet à des sautes d’humeur soudaines, à l’anxiété chronique, à l’irritabilité et à des sentiments persistants d’infériorité ou de culpabilité. Il s’inquiète outre mesure d’événements négatifs hypothétiques, rumine ses échecs et somatise fréquemment (palpitations cardiaques, insomnies, tremblements, céphalées, douleurs diffuses). En situation de pression, ses mécanismes d’adaptation sont rapidement submergés.
  • Le score bas en Névrosisme (Stabilité émotionnelle) : Caractérise une personne calme, flegmatique, constante dans ses affects et lente à s’émouvoir. Face aux frustrations quotidiennes ou aux crises imprévues, l’individu stable conserve son sang-froid, récupère rapidement après un choc émotionnel et présente un sommeil régulier exempt de ruminations obsédantes.

L’Échelle de Mensonge (Échelle L)

Composée de 9 items intercalés, l’échelle L (Lie Scale) a été conçue pour détecter la tendance des répondants à « simuler la bonne santé mentale » (faking good) ou à se conformer aveuglément à des idéaux de désirabilité sociale. Les items décrivent des comportements socialement impeccables mais humainement invraisemblables (ex. : déclarer ne jamais bavarder sur le dos d’autrui ou ne s’être jamais mis en colère de toute sa vie). Un score élevé sur l’échelle L (généralement ≥ 4 ou 5 sur 9 selon les normes de normalisation) invalide le profil en signalant une falsification défensive ou une naïveté psychologique extrême.

6. Cadre théorique

Le cadre conceptuel de l’EPI s’ancre dans une synthèse théorique intégrant la médecine hippocratique, la psychologie différentielle britannique (Francis Galton, Charles Spearman) et la neurobiologie expérimentale du XXe siècle.

Le croisement historique avec les quatre tempéraments d’Hippocrate et Galien

Hans Eysenck a démontré avec brio que les deux axes orthogonaux Extraversion et Névrosisme permettent de reprojeter avec une fidélité mathématique les quatre tempéraments fondamentaux de l’Antiquité gréco-romaine :

  • Mélancolique : Névrosisme élevé + Introversion (pessimiste, anxieux, rigide, réservé, triste) ;
  • Colérique : Névrosisme élevé + Extraversion (irritable, impulsif, agité, agressif, excitable) ;
  • Flegmatique : Stabilité émotionnelle + Introversion (passif, circonspect, paisible, contrôlé, calme) ;
  • Sanguin : Stabilité émotionnelle + Extraversion (sociable, ouvert, communicatif, optimiste, insouciant).

La théorie biologique de l’activation corticale et du système réticulé (ARAS)

Pour expliquer la variance de l’Extraversion, Eysenck a formulé l’hypothèse d’une différence individuelle constitutive du niveau d’arousal (activation) du néocortex, régulé par le système réticulé activateur ascendant (SRAA ou ARAS en anglais) :

Les introvertis possèdent un niveau d’activation corticale basale chroniquement élevé. De ce fait, ils atteignent rapidement leur niveau optimal de stimulation (selon la loi de Yerkes-Dodson). Une stimulation environnementale modérée suffit à les placer en état de sur-activation inconfortable, les incitant à adopter des conduites d’évitement, de calme et de retrait social pour préserver leur homéostasie cognitive.

À l’inverse, les extravertis présentent une sous-activation corticale basale chronique (hypo-arousal). Pour atteindre leur seuil d’éveil optimal, ils sont contraints de rechercher activement des stimuli externes intenses, bruyants, compétitifs et sensoriellement riches. Cette théorie fournit une base neurophysiologique explicative directe aux comportements de prise de risque et de sociabilité.

La théorie de l’activation viscérale (Système limbique) pour le Névrosisme

Concernant le Névrosisme, Eysenck a postulé une variabilité dans la sensibilité et la réactivité du « cerveau viscéral » (composé du système limbique, de l’amygdale, de l’hippocampe, du septum et de l’hypothalamus), qui commande les réponses du système nerveux autonome sympathique. Chez les sujets à haut Névrosisme, ce système s’active pour des stimuli aversifs de faible intensité et met un temps anormalement long à revenir à son niveau de base, expliquant l’hyperréactivité somatique, les phobies et la vulnérabilité au stress chronique.

7. Validité

La validité de l’EPI a fait l’objet de centaines de publications empiriques à travers le monde, consolidant ses qualités métrologiques par des méthodologies variées.

Validité de construit et orthogonalité

La critique majeure adressée à l’ancien Maudsley Personality Inventory (MPI) résidait dans une corrélation résiduelle négative non négligeable entre l’échelle d’Extraversion et l’échelle de Névrosisme (variant de r = -0,15 à r = -0,40 selon les sous-groupes cliniques). Lors de la création de l’EPI, Eysenck et Eysenck (1963, 1964) ont sélectionné et affiné les items de manière à garantir une parfaite indépendance statistique : dans les grands échantillons normatifs britanniques (N > 2000), la corrélation inter-échelles tombe à r = -0,04 chez les hommes et r = -0,07 chez les femmes, prouvant l’orthogonalité rigoureuse des construits.

Validité convergente et discriminante

Les corrélations observées entre l’EPI et d’autres batteries psychométriques contemporaines attestent d’une excellente validité convergente :

  • L’échelle E de l’EPI présente des corrélations allant de r = 0,65 à r = 0,80 avec les facteurs de sociabilité et d’expressivité du 16PF de Cattell (facteurs A, F, H) et avec l’échelle d’Extraversion du NEO-PI-R de Costa et McCrae ;
  • L’échelle N corrèle fortement (r = 0,72 à 0,85) avec l’échelle d’anxiété de Taylor (MAS) et les échelles 2 (Dépression) et 7 (Psychasthénie) du MMPI ;
  • La validité discriminante est attestée par des corrélations proches de zéro avec les échelles d’intelligence générale (QI mesuré par les Matrices Progressives de Raven ou les échelles de Wechsler), confirmant que l’EPI mesure des dimensions de style cognitif et affectif indépendantes de l’aptitude intellectuelle.

Validité de critère et prédictive

Les études comportementales en laboratoire ont confirmé la validité prédictive de l’EPI : les individus identifiés comme introvertis par l’EPI conditionnent leurs réflexes pupillaires et palpébraux plus rapidement que les extravertis sous stimulation faible ; ils commettent moins d’erreurs lors de tâches de vigilance prolongée sur écran radar (tâche de Mackworth). En milieu clinique, des groupes diagnostiqués avec des troubles anxieux ou dépressifs présentent de façon invariable des scores d’échelle N situés à plus de deux écarts-types au-dessus de la moyenne populationnelle.

8. Fidélité

La fidélité de l’EPI a été établie sur de vastes cohortes d’adultes, de militaires, d’étudiants universitaires et de patients psychiatriques au Royaume-Uni, aux États-Unis et dans plusieurs pays européens.

Consistance interne

En utilisant la formule 20 de Kuder-Richardson (KR-20) appropriée aux items dichotomiques, ainsi que les coefficients alpha de Cronbach :

  • Échelle E (24 items) : Les coefficients s’échelonnent entre 0,75 et 0,85 selon les échantillons normatifs ;
  • Échelle N (24 items) : Les coefficients se situent régulièrement entre 0,84 et 0,91, dénotant une homogénéité remarquable des manifestations somatiques et psychiques du névrosisme ;
  • Échelle L (9 items) : Présente des indices de consistance interne plus modérés (0,60 à 0,74), ce qui est attendu pour une échelle courte évaluant divers registres de conformisme social mineur.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

Les corrélations test-retest confirment que l’EPI saisit des traits stables et persistants au cours de l’existence adulte :

  • À un intervalle de 6 mois, les coefficients oscillent entre r = 0,84 et r = 0,92 pour l’Extraversion et entre r = 0,81 et r = 0,89 pour le Névrosisme ;
  • À un an d’intervalle, la stabilité demeure très élevée (r > 0,80 pour les deux dimensions majeures), attestant de la solidité structurelle de la mesure.

Équivalence des formes parallèles (Forme A et Forme B)

L’administration conjointe ou croisée des formes A et B à des groupes de sujets a révélé des corrélations de formes parallèles comprises entre r = 0,75 et r = 0,88 pour E et N, autorisant leur usage interchangeable dans les protocoles pré-test / post-test sans effet d’apprentissage mémoriel des items.

9. Analyse factorielle

Le développement de l’EPI repose intégralement sur des techniques d’analyse factorielle exploratoire (AFE), suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) dans les validations modernes.

Génération et sélection initiale des items

Le pool de départ comportait 140 items originaux, comprenant les items du MPI remaniés et des formulations inédites créées pour scinder plus nettement l’impulsivité de la sociabilité au sein de l’Extraversion. Après administration à un échantillon normatif de plus de 1 000 adultes normaux et hospitalisés, une analyse factorielle par composantes principales avec rotation orthogonale Varimax a été conduite.

Structure factorielle invariante

Les analyses factorielles ont systématiquement extrait deux facteurs majeurs expliquant la majorité de la variance commune de la personnalité :

  • Facteur I (Névrosisme) : Réunit les items décrivant les instabilités d’humeur, les angoisses sans cause objective, les ruminations, les insomnies et les décharges végétatives (palpitations, tremblements). Les saturations factorielles de ces 24 items sont généralement comprises entre 0,38 et 0,68 sur ce facteur, avec des saturations quasi nulles (< 0,10) sur le facteur d'Extraversion.
  • Facteur II (Extraversion) : Regroupe les items de recherche de contact, de goût pour la fête, d’assurance sociale et de promptitude à l’action. Leurs saturations oscillent entre 0,35 et 0,65 sur ce facteur, sans projection significative sur l’axe du Névrosisme.
  • Facteur III (Désirabilité / Échelle L) : Se détache nettement comme un facteur distinct et orthogonal aux deux premiers, regroupant les 9 items de mensonge.

Lors de certaines analyses factorielles exploratoires non contraintes portant sur des populations psychiatriques, l’émergence d’un résidu factoriel distinct a historiquement orienté Eysenck vers la conceptualisation de son troisième grand axe fondamental : le Psychotisme (recherche de sensations fortes dures, insensibilité, non-conformisme radical), formalisé plus tard dans le questionnaire EPQ de 1975.

10. Instrument de mesure

  • Dénomination officielle : Eysenck Personality Inventory (EPI) / Inventaire de Personnalité d’Eysenck.
  • Type d’épreuve : Questionnaire auto-rapporté papier-crayon ou informatisé.
  • Nombre total d’items : 57 items par forme (Forme A et Forme B).
  • Format de réponse : Dichotomique exclusif : Oui / Non (Yes / No).
  • Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes sans contrainte de temps stricte.
  • Composition des sous-échelles :
    • Extraversion (E) : 24 items (score théorique de 0 à 24) ;
    • Névrosisme (N) : 24 items (score théorique de 0 à 24) ;
    • Échelle de Mensonge (L) : 9 items (score théorique de 0 à 9).
  • Règles de cotation (Scoring) :
    Chaque réponse concordant avec la clé de cotation reçoit 1 point ; une réponse non concordante reçoit 0 point.

    • Échelle E (Extraversion) : Réponse Oui aux items 1, 3, 8, 10, 13, 17, 22, 25, 27, 39, 44, 46, 49, 53, 56 ; Réponse Non aux items 5, 15, 20, 29, 32, 34, 37, 41, 51.
    • Échelle N (Névrosisme) : Réponse Oui aux items 2, 4, 7, 9, 11, 14, 16, 19, 21, 23, 26, 28, 31, 33, 35, 38, 40, 43, 45, 47, 50, 52, 55, 57. (Aucun item coté à Non).
    • Échelle L (Mensonge) : Réponse Oui aux items 18, 24, 30 ; Réponse Non aux items 6, 12, 36, 42, 48, 54.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de parution : 1963 (manuel original et premières publications chez University of London Press / Educational and Industrial Testing Service).
  • Éditeurs historiques et détenteurs de droits : Initialement édité par Hodder & Stoughton (Royaume-Uni) et distribué aux États-Unis par EdITS (Educational and Industrial Testing Service, San Diego, Californie).
  • Statut d’utilisation pour la recherche académique : L’utilisation des items de l’EPI à des fins de recherche non commerciale est largement autorisée dans la communauté académique, sous réserve de citer scrupuleusement le travail original de H. J. Eysenck et S. B. G. Eysenck (1963, 1964).
  • Usage commercial et pratique clinique : L’acquisition des livrets officiels de passation, des grilles de cotation perforées et des manuels avec étalonnages normatifs récents nécessite l’achat auprès des éditeurs de tests agréés (ex. : EdITS).

12. Références

Eysenck, H. J. (1952). The scientific study of personality. Routledge & Kegan Paul.

Eysenck, H. J. (1967). The biological basis of personality. Charles C. Thomas. https://doi.org/10.1037/10041-000

Eysenck, H. J., & Eysenck, S. B. G. (1963). Eysenck Personality Inventory. University of London Institute of Psychiatry.

Eysenck, H. J., & Eysenck, S. B. G. (1964). Manual of the Eysenck Personality Inventory. University of London Press.

Eysenck, H. J., & Eysenck, S. B. G. (1968). The manual of the Eysenck Personality Inventory. Educational and Industrial Testing Service.

Eysenck, H. J., & Eysenck, S. B. G. (1975). Manual of the Eysenck Personality Questionnaire (Junior and Adult). Hodder & Stoughton. https://doi.org/10.1037/t05461-000

Eysenck, S. B. G., & Eysenck, H. J. (1971). Crime and personality: An empirical study of the three-factor theory. The British Journal of Criminology, 11(1), 49–62. https://doi.org/10.1093/oxfordjournals.bjc.a046200

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale: Dichotomous: Yes / No

  1. Do you often long for excitement?
  2. Do you often need understanding friends to cheer you up?
  3. Are you usually carefree?
  4. Do you find it very hard to take no for an answer?
  5. Do you stop and think things over before doing anything?
  6. If you say you will do something, do you always keep your promise no matter how inconvenient it might be?
  7. Do your moods go up and down?
  8. Do you generally do and say things quickly without stopping to think?
  9. Do you ever feel ‘just miserable’ for no good reason?
  10. Would you do almost anything for a dare?
  11. Do you suddenly feel shy when you want to talk to an attractive stranger?
  12. Once in a while do you lose your temper and get angry?
  13. Do you often do things on the spur of the moment?
  14. Do you often worry about things you should not have done or said?
  15. Generally do you prefer reading to meeting people?
  16. Are your feelings rather easily hurt?
  17. Do you like going out a lot?
  18. Do you occasionally have thoughts and ideas that you would not like other people to know about?
  19. Are you sometimes bubbling over with energy and sometimes very sluggish?
  20. Do you prefer to have few but special friends?
  21. Do you daydream a lot?
  22. When people shout at you, do you shout back?
  23. Are you often troubled about feelings of guilt?
  24. Are all your habits good and desirable ones?
  25. Can you usually let yourself go and enjoy yourself a lot at a lively party?
  26. Would you call yourself a nervous person?
  27. Do other people think of you as being very lively?
  28. After you have done something important, do you often come away feeling you could have done better?
  29. Are you mostly quiet when you are with other people?
  30. Do you sometimes gossip?
  31. Do ideas run through your head so that you cannot sleep?
  32. If there is something you want to know about, would you rather look it up in a book than talk to someone about it?
  33. Do you get palpitations or a thumping in your heart?
  34. Do you like the kind of work where you have to pay close attention?
  35. Do you get the shakes or trembles?
  36. Would you always declare everything at the customs, even if you knew that you could never be found out?
  37. Do you hate being with a crowd who play jokes on one another?
  38. Are you an irritable person?
  39. Do you like doing things in which you have to act quickly?
  40. Do you worry about awful things that might happen?
  41. Are you slow and unhurried in the way you move?
  42. Have you ever been late for an appointment or work?
  43. Do you have many nightmares?
  44. Do you like talking to people so much that you would never miss a chance of talking to a stranger?
  45. Are you troubled by aches and pains?
  46. Would you be very unhappy if you could not see lots of people most of the time?
  47. Would you call yourself a worrying person?
  48. Of all the people you know, are there some whom you definitely do not like?
  49. Would you say you were fairly self-confident?
  50. Are you easily hurt when people find fault with you or the work you do?
  51. Do you find it hard to really enjoy yourself at a lively party?
  52. Are you troubled by feelings of inferiority?
  53. Can you easily get some life into a rather dull party?
  54. Do you sometimes talk about things you know nothing about?
  55. Do you worry about your health?
  56. Do you like playing pranks on others?
  57. Do you suffer from sleeplessness?

Scoring Key

Extraversion (E) [24 items]: Score 1 point for Yes on items 1, 3, 8, 10, 13, 17, 22, 25, 27, 39, 44, 46, 49, 53, 56; Score 1 point for No on items 5, 15, 20, 29, 32, 34, 37, 41, 51.

Neuroticism (N) [24 items]: Score 1 point for Yes on items 2, 4, 7, 9, 11, 14, 16, 19, 21, 23, 26, 28, 31, 33, 35, 38, 40, 43, 45, 47, 50, 52, 55, 57.

Lie Scale (L) [9 items]: Score 1 point for Yes on items 18, 24, 30; Score 1 point for No on items 6, 12, 36, 42, 48, 54.

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Looti, M. (2026, octobre 15). Inventaire de Personnalité d’Eysenck. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-de-personnalite-deysenck
Looti, Mohammed. “Inventaire de Personnalité d’Eysenck.” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-de-personnalite-deysenck.
Looti, Mohammed. “Inventaire de Personnalité d’Eysenck.” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-de-personnalite-deysenck.