Inventaire de l’anxiété liée à l’apparence (AAI)

L’Inventaire de l’anxiété liée à l’apparence (AAI ; Veale et al., 2014) est un instrument psychométrique de 10 items mesurant les processus d’évitement et de surveillance de la menace dans le trouble dysmorphique corporel.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 16, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 16, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Inventaire de l’anxiété liée à l’apparence (Appearance Anxiety Inventory [AAI]), développé et validé scientifiquement par David Veale et ses collaborateurs en 2014, constitue un instrument psychométrique auto-rapporté conçu pour quantifier les processus cognitifs et comportementaux dysfonctionnels qui sous-tendent et perpétuent la dysmorphophobie (ou trouble dysmorphique corporel, Body Dysmorphic Disorder [TDC/BDD]). Composé de 10 items évalués sur une échelle de Likert en 5 points allant de 0 (« Pas du tout ») à 4 (« Tout le temps »), l’AAI génère un score total continu (compris entre 0 et 40) ainsi que deux sous-échelles factoriellement distinctes : l’Évitement (Avoidance) et la Surveillance de la menace (Threat Monitoring).

Sur le plan métrologique, l’outil se distingue par une consistance interne élevée (coefficient alpha de Cronbach global de 0,86 dans la cohorte clinique princeps) et une excellente validité convergente, attestée par de fortes corrélations positives avec des instruments de référence tels que la Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale modifiée pour le TDC (YBOCS-BDD, r = 0,55) et le Patient Health Questionnaire-9 (PHQ-9, r = 0,58). L’analyse factorielle confirmatoire démontre une structure bidimensionnelle robuste expliquant une proportion substantielle de la variance totale. Une caractéristique centrale de l’AAI réside dans sa sensibilité thérapeutique remarquable : chez les patients bénéficiant d’une thérapie cognitivo-comportementale (TCC), la médiane des scores s’effondre de 26 à l’inclusion diagnostique à 10,50 à l’issue de l’intervention. L’AAI s’impose ainsi comme une mesure de processus indispensable en recherche translationnelle, en psychopathologie expérimentale et dans le monitorage clinique régulier des interventions empiriquement fondées ciblant l’anxiété corporelle.

2. Mots-clés / Keywords

Inventaire de l’anxiété liée à l’apparence, AAI, dysmorphophobie, trouble dysmorphique corporel, comportements de sécurité, évitement expérientiel, surveillance de la menace, image corporelle, thérapie cognitivo-comportementale, psychométrie, attention focalisée sur soi, David Veale.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et standardisée par une équipe de chercheurs et de cliniciens britanniques spécialistes des troubles obsessionnels compulsifs et du spectre dysmorphophobique :

  • David Veale, MD, FRCPsych — Professeur honoraire de psychiatrie comportementale et cognitive au King’s College London (Institute of Psychiatry, Psychology & Neuroscience), psychiatre consultant au South London and Maudsley NHS Foundation Trust et au Nightingale Hospital, Londres, Royaume-Uni. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Ephrahem Eshkevari, DClinPsy — Chercheur en psychologie clinique, Institute of Psychiatry, Psychology and Neuroscience, King’s College London, Londres, Royaume-Uni.
  • Nandini Kanakam, PhD — Biostatisticienne et épidémiologiste, Department of Biostatistics and Health Informatics, King’s College London, Londres, Royaume-Uni.
  • Naomi Ellison, MSc — Psychologue clinicienne et chercheuse associée, Cadogan Clinic et South London and Maudsley NHS Foundation Trust, Londres, Royaume-Uni.
  • Ana Costa, MSc — Assistante de recherche clinique en psychopathologie, South London and Maudsley NHS Foundation Trust, Londres, Royaume-Uni.
  • Tanya Werner, DClinPsy — Psychologue clinicienne spécialisée dans les troubles de l’image corporelle et les troubles anxieux, Londres, Royaume-Uni.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Appearance Anxiety Inventory (AAI) est de fournir une mesure standardisée, brève et théoriquement ancrée des processus de maintien cognitifs et comportementaux à l’œuvre dans l’anxiété liée à l’apparence physique, et plus spécifiquement dans le trouble dysmorphique corporel (TDC). Contrairement aux échelles psychométriques traditionnelles d’image corporelle qui ciblent prioritairement la satisfaction esthétique globale, le degré perçu de difformité ou les croyances socioculturelles relatives à la beauté (telles que le Multidimensional Body-Self Relations Questionnaire [MBSRQ] ou le Body Image Disturbance Questionnaire [BIDQ]), l’AAI a été spécifiquement opérationnalisé comme une mesure de processus (process measure).

Cette distinction conceptuelle est capitale tant pour la recherche fondamentale que pour la pratique clinique :

  • Évaluation des mécanismes proximaux de maintien : Selon les modèles comportementaux et cognitifs contemporains, la souffrance psychologique dans le TDC n’est pas simplement fonction de l’évaluation négative de l’apparence, mais résulte de l’activation systématique de boucles de rétroaction néfastes comprenant l’hyperfocalisation attentionnelle sur les imperfections perçues, la rumination d’arrière-plan, la vérification compulsive et les stratégies d’évitement situationnel ou sensoriel. L’AAI isole précisément ces conduites.
  • Sensibilité longitudinale et monitorage session par session : Du fait de sa concision (10 items) et d’un cadre temporel d’évaluation circonscrit (« au cours de la semaine écoulée, y compris aujourd’hui »), l’AAI est optimal pour le suivi hebdomadaire de l’efficacité thérapeutique en TCC. Il permet d’objectiver en temps réel l’abandon progressif des comportements de sécurité (safety-seeking behaviours) et des évitements expérientiels lors des protocoles d’exposition avec prévention de la réponse (EPR).
  • Dépistage et stratification du risque clinique : Bien que conçu initialement comme outil d’évaluation dimensionnelle des processus, l’AAI présente une excellente capacité discriminante entre les populations cliniques souffrant de TDC avéré et les cohortes non cliniques issues de la communauté générale. Des travaux complémentaires (notamment Mastro et al., 2016) ont mis en évidence l’intérêt diagnostique d’un seuil seuil pour orienter les patients vers des explorations spécialisées.
  • Recherche translationnelle et expérimentale : L’AAI permet d’évaluer l’impact immédiat de manipulations expérimentales en laboratoire (telles que l’exposition prolongée au miroir, l’induction de biais attentionnels ou la comparaison sociale forcée sur les réseaux sociaux) sur l’état d’anxiété et le déclenchement des manœuvres de neutralisation corporelle.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’AAI est l’anxiété liée à l’apparence physique sous l’angle de ses processus d’autorégulation dysfonctionnels. Dans le cadre de la psychopathologie cognitive, ce construit ne reflète pas une caractéristique esthétique objective, mais un réseau syndromique interactif où se combinent une menace perçue envers le soi social et des réponses d’adaptation inadaptées visant à atténuer ladite menace. L’AAI capture ce phénomène à travers deux composantes factorielles principales :

1. L’Évitement (Avoidance)

Cette dimension regroupe les items 3, 5, 6, 8 et 9. Elle reflète les stratégies comportementales et cognitives explicites déployées par l’individu pour échapper aux stimuli déclencheurs de détresse, minimiser la probabilité d’évaluation négative par autrui ou masquer les prétendus défauts corporels :

  • Évitement social et situationnel (Item 3) : Refus ou réticence à fréquenter des environnements sociaux, des rassemblements festifs, des réunions professionnelles ou des espaces publics par crainte que son apparence ne soit scrutée, ridiculisée ou rejetée.
  • Planification cognitive du camouflage (Item 5) : Élaboration mentale compulsive de stratégies de dissimulation (penser à la disposition de ses vêtements, calculer la coupe de cheveux permettant de masquer une asymétrie faciale ou anticiper les techniques d’application de maquillage).
  • Comportements actifs de camouflage et de modification (Item 6) : Mise en œuvre effective de ruses de dissimulation physique, incluant l’usage répété de cosmétiques correcteurs, le port d’habits amples ou inadaptés à la météo, la manipulation de la posture corporelle pour dissimuler certaines zones anatomiques, ou encore le fait de cacher son visage avec ses mains.
  • Inhibition interpersonnelle et déviation du regard d’autrui (Item 8) : Conduites visant à empêcher activement les autres de regarder l’individu, par exemple en fuyant le contact visuel direct, en baissant la tête ou en tournant le corps lors des échanges conversationnels.
  • Évitement optique et photographique (Item 9) : Répugnance phobique à se laisser prendre en photo, à visionner des clichés ou vidéos de soi-même, ou à croiser son propre reflet dans les miroirs, ce dernier comportement alternant fréquemment chez les patients avec des épisodes de vérification compulsive.

2. La Surveillance de la menace (Threat Monitoring)

Cette dimension comprend les items 1, 2, 4, 7 et 10. Elle formalise les processus de vigilance attentionnelle, d’auto-observation corporelle et de rumination cognitive axés sur la vulnérabilité esthétique perçue :

  • Comparaison sociale ascendante descendante (Item 1) : Tendance compulsive à évaluer méticuleusement des caractéristiques spécifiques de son apparence par rapport à celles des individus rencontrés dans l’environnement immédiat ou visualisés sur des plateformes numériques.
  • Comportements de vérification et d’inspection (Item 2) : Rituels d’examen répétés de son anatomie au moyen de miroirs, de palpations tactiles digitales insistantes ou de prises multiples d’autoportraits photographiques (selfies) destinés à inspecter sous tous les angles le prétendu défaut.
  • Rumination étiologique et rétrospective (Item 4) : Rumination mentale obsessionnelle centrée sur les événements passés, les causes génétiques, les traumatismes relationnels ou les choix antérieurs susceptibles d’expliquer pourquoi l’individu possède cette apparence particulière (« brooding »).
  • Attention focalisée sur les sensations intérieures (Item 7) : Déplacement massif du focus attentionnel des indices environnementaux externes vers la représentation somatosensorielle interne et le ressenti subjectif de « laideur » ou de difformité.
  • Hypervigilance aux réflecteurs ambiants (Item 10) : Conscience aiguë et permanente de la présence de miroirs, vitrines commerciales, écrans de smartphone ou surfaces métalliques réfléchissantes dans l’environnement spatial immédiat, facilitant le basculement réflexe vers les rituels de vérification.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle de l’AAI s’ancre directement dans le modèle cognitivo-comportemental de la dysmorphophobie formalisé par David Veale (2004), lui-même tributaire des modèles cognitifs de l’anxiété sociale développés par David M. Clark et Adrian Wells (1995), ainsi que des formulations de Thomas Cash sur l’image corporelle.

Dans cette perspective théorique, l’étiologie et la pérennisation du trouble reposent sur plusieurs anomalies cognitives interdépendantes :

  • Représentation mentale du soi en tant qu’objet observable : Lorsqu’un stimulus déclencheur (externe, comme la vision d’un miroir, ou interne, comme une émotion négative) survient, le patient génère instantanément une image mentale déformée de son apparence, adoptant une perspective à la troisième personne (observer perspective). L’individu « voit » son visage ou son corps à travers le prisme d’une caricature mentale négative, construite à partir de souvenirs d’humiliation ou de distorsions perceptives.
  • Biais d’attention sélective et focalisation égocentrée : Au lieu d’allouer ses ressources cognitives au traitement objectif de l’environnement social ou à la tâche en cours, le sujet opère un repli massif sur le soi (self-focused attention). Ce traitement sélectif amplifie la conscience des sensations corporelles locales et renforce paradoxalement la conviction que le prétendu défaut est béant et exposé aux yeux de tous.
  • Raisonnement émotionnel (Emotional Reasoning) : Le sujet utilise son propre état affectif interne comme preuve de sa laideur objective : « Si je me sens hideux et honteux, c’est obligatoirement parce que mon apparence est répugnante et insupportable pour les autres. »
  • Comportements de sécurité (Safety-Seeking Behaviours) : Pour neutraliser l’angoisse d’un rejet imminent, l’individu met en œuvre des comportements d’évitement, de camouflage et de réassurance. Bien que procurant un soulagement anxiolytique transitoire, ces comportements exercent un effet délétère à moyen et long terme : ils empêchent la désconfirmation empirique des croyances catastrophistes (ex. : « Si je ne portais pas ce maquillage lourd, tout le monde me dévisagerait avec dégoût ») et intensifient la focalisation obsessionnelle sur les zones corporelles ciblées.

L’AAI traduit précisément ces composantes théoriques en indicateurs mesurables. Les items ne questionnent pas des critères de jugement esthétique statiques, mais ciblent directement l’activation des comportements de sécurité (items 3, 5, 6, 8, 9) et des processus de surveillance attentionnelle vigilante (items 1, 2, 4, 7, 10).

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’AAI a fait l’objet d’investigations rigoureuses tant au sein de cohortes cliniques spécialisées qu’auprès d’échantillons communautaires tout-venant.

Validité convergente

Dans l’étude princeps menée par Veale et ses collaborateurs (2014) auprès de 139 patients répondant aux critères diagnostiques du DSM-IV/DSM-5 pour le trouble dysmorphique corporel, l’AAI a démontré une convergence statistiquement significative et cliniquement cohérente avec plusieurs construits associés :

  • Symptomatologie dysmorphophobique évaluée par le clinicien : L’AAI corrèle positivement à r = 0,55 (p < 0,001) avec l’échelle hétéro-évaluée de référence YBOCS-BDD (Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale modified for Body Dysmorphic Disorder). Cette corrélation modérée à forte confirme que l’inventaire capture bien le cœur psychopathologique du trouble sans être redondant avec l’hétéro-évaluation.
  • Dépression comorbide : Une corrélation positive de r = 0,58 (p < 0,001) a été établie avec le PHQ-9 (Patient Health Questionnaire-9), reflétant la charge dépressive majeure fréquemment intriquée à l’anxiété corporelle sévère.
  • Incapacité fonctionnelle : Des associations étroites sont rapportées avec les indices d’altération de la qualité de vie et de handicap socio-professionnel.

Validité discriminante et différentielle

L’instrument discrimine avec une grande précision les cohortes cliniques des populations non cliniques :

  • Dans l’échantillon TDC de Veale et al. (2014) (n = 139 ; âge médian = 28 ans ; 51,8 % de femmes), le score moyen se situait à des niveaux très élevés avant traitement (médiane = 26).
  • Dans l’échantillon communautaire non clinique (n = 108 ; âge médian = 28,5 ans ; 75,9 % de femmes), le score moyen mesuré s’élevait à 15,45 (SD = 8,68). La différence intergroupe s’avère hautement significative (p < 0,001, taille d’effet de Cohen d supérieure à 1,30).

Concernant les seuils d’alerte clinique, bien que Veale et al. (2014) n’aient pas formalisé de seuil couperet dichotomique strict pour poser un diagnostic formel, l’étude ultérieure de Mastro et al. (2016) a suggéré qu’un score seuil de 20 présentait une sensibilité et une spécificité optimales pour identifier les individus à haut risque de dysmorphophobie clinique nécessitant une évaluation spécialisée approfondie.

Sensibilité au changement thérapeutique (Validité prédictive et de processus)

L’un des atouts psychométriques les plus remarquables de l’AAI est sa sensibilité au changement induit par la psychothérapie. Au sein d’un sous-groupe clinique de 12 participants suivis longitudinalement durant un protocole complet de TCC spécifique du TDC, le score médian à l’AAI est passé de 26,00 au pré-traitement à 10,50 au post-traitement (p < 0,01). Cette diminution spectaculaire reflète directement l’extinction des conduites de vérification/camouflage et l’abandon des stratégies d’évitement au fil de la restructuration cognitive et des exercices d’exposition.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’inventaire a été établie selon les standards méthodologiques les plus stricts de la psychométrie contemporaine :

Consistance interne

  • Échelle globale : L’analyse de cohérence interne menée sur l’échantillon clinique de référence (Veale et al., 2014) révèle un coefficient alpha de Cronbach de 0,86, témoignant d’une excellente homogénéité de l’ensemble des 10 items sans redondance excessive. Dans l’échantillon communautaire, les coefficients demeurent robustes (> 0,80).
  • Sous-échelles : Les analyses factorielles rapportent une consistance interne satisfaisante pour la sous-échelle Évitement (alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,84 selon les études) et pour la sous-échelle Surveillance de la menace (alpha de Cronbach variant entre 0,76 et 0,82).
  • Corrélations item-total : L’ensemble des coefficients de corrélation item-total corrigés excède largement le seuil standard de 0,40, attestant que chaque item contribue significativement à la mesure du construit d’anxiété de l’apparence.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été évaluée auprès d’échantillons stables (sans intervention thérapeutique concomitante) sur des intervalles temporels de 1 à 2 semaines, révélant des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) supérieurs à 0,80. Cette stabilité démontre que l’AAI capture un trait dysfonctionnel stable dans le temps en l’absence de thérapie active, tout en demeurant perméable aux modifications cliniques dès lors qu’un traitement actif est engagé.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle sous-jacente à l’AAI a été explorée et validée par des procédures d’analyse factorielle exploratoire (AFE) complétées par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) :

Modèle bidimensionnel princeps (Veale et al., 2014)

L’analyse en composantes principales avec rotation oblique (oblimin directe) menée lors de la phase de développement a permis d’isoler une solution à deux facteurs principaux répondant au critère de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,0) et à l’examen du diagramme d’éboulis de Cattell (scree plot) :

  • Facteur 1 : Évitement (Avoidance) — Ce facteur rend compte de la part la plus importante de la variance expliquée. Il est composé des items 3, 5, 6, 8 et 9. Les saturations factorielles (factor loadings) pour ces items sont particulièrement nettes, variant entre 0,55 et 0,82, sans saturation croisée problématique sur le second facteur.
  • Facteur 2 : Surveillance de la menace (Threat Monitoring) — Ce facteur regroupe les items 1, 2, 4, 7 et 10. Les saturations factorielles s’étendent de 0,51 à 0,79.

La corrélation inter-factorielle entre l’Évitement et la Surveillance de la menace est modérée à élevée (généralement aux alentours de r = 0,50 à 0,60), ce qui justifie théoriquement et statistiquement le calcul d’un score global total par sommation de l’ensemble des 10 items, parallèlement à l’utilisation analytique distincte des deux sous-échelles.

Ajustement du modèle confirmatoire

Les modélisations par équations structurelles (AFC) conduites dans les travaux de réplication confirment la supériorité statistique du modèle à deux facteurs corrélés par rapport à un modèle unifactoriel strict. Les indices d’ajustement respectent les seuils conventionnels d’adéquation (Comparative Fit Index [CFI] > 0,93 ; Tucker-Lewis Index [TLI] > 0,91 ; Root Mean Square Error of Approximation [RMSEA] < 0,07 ; Standardized Root Mean Square Residual [SRMR] < 0,06).

10. Instrument de mesure / Instrument

L’inventaire de l’anxiété liée à l’apparence se caractérise par une administration simple et standardisée :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report measure).
  • Public cible : Adolescents et adultes (dès 16 ans) suspects ou diagnostiqués de dysmorphophobie, d’anxiété sociale ou de détresse sévère de l’image corporelle.
  • Cadre temporel de référence : La semaine écoulée, y compris la journée en cours (« over the past week, including today »).
  • Nombre d’items : 10 énoncés formulés à la première personne du singulier.
  • Format des réponses : Échelle de Likert à 5 échelons :
    0 = Not at all (Pas du tout)
    1 = A little (Un peu)
    2 = Often (Souvent)
    3 = A lot (Beaucoup)
    4 = All the time (Tout le temps)
  • Règles de cotation et calcul des scores :
    • Inversion d’items : Aucun item n’est inversé. Chaque énoncé est coté directement de 0 à 4.
    • Score total : Somme arithmétique simple des 10 items (Étendue : de 0 à 40). Un score plus élevé indique une anxiété de l’apparence plus sévère et un recours plus massif aux comportements de maintien dysfonctionnels.
    • Sous-échelle Évitement (Avoidance) : Somme des items 3, 5, 6, 8 et 9 (Étendue : de 0 à 20).
    • Sous-échelle Surveillance de la menace (Threat Monitoring) : Somme des items 1, 2, 4, 7 et 10 (Étendue : de 0 à 20).
  • Interprétation clinique et repères normatifs :
    • Moyenne de l’échantillon communautaire non clinique : 15,45 (SD = 8,68).
    • Médiane de l’échantillon clinique TDC pré-traitement : 26,00 (un rang percentile de 50 par rapport à ce groupe dénote une sévérité typique d’un TDC avant prise en charge).
    • Médiane TDC post-traitement TCC réussie : 10,50.
    • Seuil de risque clinique suggéré (Mastro et al., 2016) : Score total ≥ 20, justifiant une exploration clinique approfondie du TDC.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’Appearance Anxiety Inventory (AAI) a été formalisé et publié dans sa version définitive en 2014 dans la revue internationale à comité de lecture Behavioural and Cognitive Psychotherapy.

  • Droits de propriété intellectuelle : Le copyright scientifique initial appartient aux auteurs (David Veale et al.) et à la British Association for Behavioural and Cognitive Psychotherapies (publié par Cambridge University Press).
  • Conditions d’utilisation clinique et de recherche : L’inventaire est considéré comme un outil en accès ouvert pour la recherche académique, l’enseignement universitaire et la pratique clinique non commerciale. Les cliniciens et chercheurs indépendants sont autorisés à reproduire et utiliser l’outil sans redevance financière, sous réserve de citer scrupuleusement l’article princeps de Veale et al. (2014).
  • Tarification : Gratuit pour l’usage clinique et universitaire. Toute intégration dans une application logicielle commerciale propriétaire, un système de télémédecine payant ou une étude commanditée par l’industrie pharmaceutique nécessite l’accord explicite préalable des auteurs et/ou de l’éditeur.

12. Références / References

Les publications fondatrices et validations psychométriques de l’inventaire sont répertoriées ci-dessous selon les normes APA (7e édition) :

  • American Psychiatric Association. (2013). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (5th ed.). American Psychiatric Publishing. https://doi.org/10.1176/appi.books.9780890425596
  • Clark, D. M., & Wells, A. (1995). A cognitive model of social phobia. In R. G. Heimberg, M. R. Liebowitz, D. A. Hope, & F. R. Schneier (Eds.), Social phobia: Diagnosis, assessment, and treatment (pp. 69–93). Guilford Press.
  • Mastro, S., Zimmer-Gembeck, M. J., Webb, H. J., Farrell, L., & Waters, A. (2016). A young adolescent version of the Appearance Anxiety Inventory: Factor structure, validity, and cut-off score for high-risk appearance anxiety. Journal of Psychopathology and Behavioral Assessment, 38(4), 609–620. https://doi.org/10.1007/s10862-016-9549-3
  • Phillips, K. A., Hollander, E., Rasmussen, S. A., Aronowitz, B. R., DeCaria, C., & Goodman, W. K. (1997). The Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale modified for Body Dysmorphic Disorder (BDD-YBOCS). Development and Psychometric Properties.
  • Veale, D. (2004). Advances in a cognitive behavioural model of body dysmorphic disorder. Body Image, 1(1), 113–125. https://doi.org/10.1016/S1740-1445(03)00009-3
  • Veale, D., Eshkevari, E., Kanakam, N., Ellison, N., Costa, A., & Werner, T. (2014). The Appearance Anxiety Inventory: Validation of a process measure in the treatment of body dysmorphic disorder. Behavioural and Cognitive Psychotherapy, 42(5), 605–616. https://doi.org/10.1017/S135246581300055X
  • Veale, D., & Neziroglu, F. (2010). Body dysmorphic disorder: A treatment manual. John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1002/9780470683415

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instructions: Please check the box that best describes the way you have felt about your appearance or a specific feature OVER THE PAST WEEK, INCLUDING TODAY.

Response scale: 5-point Likert scale: 0 = Not at all, 1 = A little, 2 = Often, 3 = A lot, 4 = All the time

  1. I compare aspects of my appearance to others
  2. I check my appearance (e.g. in mirrors, by touching with my fingers, or by taking photos of myself)
  3. I avoid situations or people because of my appearance
  4. I brood about past events or reasons to explain why I look the way I do
  5. I THINK about how to camouflage or alter my appearance
  6. I TRY to camouflage or alter my appearance (e.g. with make-up, clothing, hands, or by posture)
  7. I focus on how I feel rather than on my surroundings or what I am doing
  8. I try to prevent people from looking at me (e.g. by avoiding eye contact, looking down or away)
  9. I avoid having my photograph taken, seeing photographs of myself, or looking at mirrors
  10. I am aware of the presence of mirrors or reflective surfaces
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Looti, M. (2026, octobre 16). Inventaire de l’anxiété liée à l’apparence (AAI). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-de-lanxiete-liee-a-lapparence-aai
Looti, Mohammed. “Inventaire de l’anxiété liée à l’apparence (AAI).” Base de données de psychologie en français, 16 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-de-lanxiete-liee-a-lapparence-aai.
Looti, Mohammed. “Inventaire de l’anxiété liée à l’apparence (AAI).” Base de données de psychologie en français. octobre 16, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-de-lanxiete-liee-a-lapparence-aai.