Inventaire de gestion sur le management moderne

L’Inventaire de gestion sur le management moderne (MIMM), développé par Donald L. Kirkpatrick en 1989, est un outil psychométrique de 80 items évaluant les compétences et attitudes managériales à travers huit dimensions fondamentales du leadership contemporain.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 16, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 16, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Inventaire de gestion sur le management moderne (en anglais, Management Inventory on Modern Management ou MIMM) est un instrument psychométrique et diagnostique standardisé développé par le professeur émérite Donald L. Kirkpatrick en 1989. Conçu à l’intersection de la psychologie du travail, de la psychométrie organisationnelle et du développement des ressources humaines, cet outil vise à opérationnaliser et évaluer l’alignement des connaissances, principes, attitudes et croyances managériales des cadres vis-à-vis des théories contemporaines du leadership et des sciences administratives. Le MIMM comprend 80 items formulés sous la forme d’affirmations normatives ou situationnelles, réparties de manière équilibrée sur huit dimensions fondamentales du management contemporain (10 items par dimension) : les styles de leadership, la sélection et la formation du personnel, la communication interpersonnelle et organisationnelle, la motivation des collaborateurs, la gestion du changement, la délégation des responsabilités, la prise de décision individuelle et collective, ainsi que la gestion du temps et des priorités.

Le format de réponse repose sur une dichotomie standardisée (D’accord / Pas d’accord ; Agree / Disagree), confrontant le répondant à des assertions issues tant de la littérature scientifique classique que des pratiques opérationnelles du management. Pour la grande majorité des items, une clé de correction objective détermine la conformité de la réponse aux meilleures pratiques managériales reconnues par les théories comportementales et des relations humaines, à l’exception documentée des items 48, 49 et 75 qui ne comportent pas de réponse intrinsèquement erronée et sont orientés vers la discussion formatrice. Les données normatives initiales établies par Kirkpatrick portent sur un échantillon de 232 managers hiérarchiques opérationnels (line managers) et 67 cadres spécialistes des ressources humaines et de la formation (personnel/training managers), mettant en évidence des écarts statistiquement significatifs en termes d’adhésion aux paradigmes participatifs et relationnels. L’instrument présente une validité de contenu substantielle, adossée aux modélisations canoniques du management (notamment les théories de McGregor, Likert, Blake et Mouton, Herzberg et Maslow), et s’avère un vecteur particulièrement efficient pour le diagnostic des besoins de formation, le coaching de cadres et l’évaluation pré- et post-intervention.

2. Mots-clés / Keywords

Inventaire du management moderne, Donald Kirkpatrick, évaluation managériale, styles de leadership, psychométrie du travail, formation des cadres, prise de décision, délégation, motivation au travail, gestion du changement.

3. Auteurs / Authors

L’inventaire a été conçu et validé par Donald L. Kirkpatrick, Ph.D. (1924–2014), professeur émérite à l’Université du Wisconsin à Milwaukee (University of Wisconsin–Milwaukee). Donald L. Kirkpatrick est mondialement reconnu dans les sciences de l’éducation, la gestion organisationnelle et la psychologie industrielle pour avoir élaboré dès la fin des années 1950 le célèbre modèle d’évaluation de la formation en quatre niveaux (réactions, apprentissages, comportements, résultats), standard de référence adopté par l’Association for Talent Development (ATD, anciennement ASTD). Au cours de sa carrière académique et de ses mandats de consultant auprès d’entreprises internationales, Kirkpatrick s’est attaché à développer des instruments de mesure standardisés permettant de quantifier les représentations cognitives des superviseurs et des directeurs d’équipe sur leur propre fonction.

La publication originale du MIMM a été assurée en 1989 par les éditions Elm Grove à Brookfield (Wisconsin, États-Unis), structure éditoriale dédiée aux travaux de recherche appliquée de Kirkpatrick sur le développement managérial et l’évaluation pédagogique. Les correspondances scientifiques et demandes institutionnelles concernant la fondation théorique de cet inventaire sont historiquement rattachées à la division d’extension universitaire de l’Université du Wisconsin et à l’organisation Kirkpatrick Partners, dédiée à la diffusion des méthodologies d’évaluation du leadership et du transfert des compétences.

4. Objectif / Purpose

L’Inventaire de gestion sur le management moderne a été élaboré pour pallier une carence structurelle dans l’ingénierie de la formation et la sélection des cadres : l’absence d’outils normatifs standardisés permettant de mesurer la congruence entre la philosophie managériale spontanée d’un cadre et les principes établis par la psychologie des organisations. Dans de nombreuses organisations, la promotion interne repose historiquement sur le niveau de compétence technique antérieur d’un collaborateur (phénomène illustré par le principe de Peter), sans analyse préalable de ses schémas cognitifs relatifs à l’exercice du pouvoir, à la communication ou au développement de ses pairs. Le MIMM a été précisément développé pour objectiver ces représentations et cartographier les forces et les vulnérabilités conceptuelles des gestionnaires.

Selon son concepteur, le MIMM répond à cinq finalités opérationnelles et scientifiques distinctes au sein des écosystèmes professionnels :

  • L’identification des besoins d’apprentissage et d’ingénierie pédagogique (Training Needs Assessment) : administré en amont d’un cycle de formation, l’inventaire permet de cibler empiriquement les modules prioritaires parmi les huit dimensions évaluées, évitant ainsi les programmes uniformisés non adaptés aux lacunes spécifiques du public cible.
  • L’animation pédagogique et l’amorce de discussions de groupe (Conference & Workshop Tool) : grâce à ses affirmations polarisées et provocatrices sur le plan managérial, l’outil stimule la confrontation constructive des points de vue au sein des séminaires de perfectionnement, permettant de désamorcer les stéréotypes autoritaires ou simplistes.
  • L’évaluation rigoureuse de l’impact des formations (Training Evaluation) : s’intégrant au Niveau 2 (Apprentissage) du cadre conceptuel d’évaluation de Kirkpatrick, le MIMM peut être employé dans des protocoles pré-test / post-test (avec ou sans groupe contrôle) pour quantifier les gains notionnels et les inflexions attitudinales induits par un cursus de formation au leadership.
  • Le coaching individuel et l’accompagnement sur le terrain (On-the-Job Coaching) : le profil détaillé des 80 items fournit au mentor ou au responsable des ressources humaines une grille d’entretien structurée pour débriefer les pratiques concrètes d’un cadre nouvellement nommé ou en difficulté de posture.
  • L’aide à la sélection et à l’évaluation du potentiel managérial (Management Selection) : employé en complément d’évaluations de la personnalité et d’exercices de mise en situation (centres d’évaluation ou assessment centers), le MIMM contribue à vérifier si les candidats adhèrent aux principes contemporains de collaboration, d’autonomie et d’écoute active requis par la gouvernance moderne.

Sur le plan fondamental de la recherche, le MIMM constitue également un puissant instrument pour étudier les corrélations entre la culture managériale explicite d’une ligne hiérarchique, le climat organisationnel perçu par les subordonnés, l’engagement au travail et les indicateurs durs de performance économique et sociale.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique investigué par l’Inventaire de gestion sur le management moderne correspond à la compétence managériale cognitive et attitudinale. Il ne s’agit pas d’un test d’aptitude intellectuelle générale ni d’un inventaire de traits de personnalité profonds (tels que ceux modélisés par le modèle des Big Five), mais d’une mesure des systèmes de croyances, des heuristiques décisionnelles et des connaissances normatives régissant la conduite des hommes et des projets en environnement organisationnel. Ce méta-construit est opérationnalisé à travers huit dimensions interdépendantes :

1. Styles de leadership (Leadership Styles – Items 1 à 10)

Cette dimension évalue l’adhésion aux modèles de leadership situationnel et participatif par opposition aux postures autocratiques ou centrées sur le contrôle exclusif de la tâche. Elle explore la compréhension de la double responsabilité du manager (performance productive et bien-être des collaborateurs), la reconnaissance de la gestion par objectifs (MBO) et le dépassement des approches unilatérales où le supérieur chercherait à reproduire aveuglément le style de sa propre hiérarchie.

2. Sélection et formation (Selecting and Training – Items 11 à 20)

Ce volet mesure l’appréhension des processus de dotation, d’évaluation du potentiel et de développement des talents. Il analyse la façon dont le manager appréhende la transition complexe du statut d’exécutant technique (doer) à celui de superviseur, la prise en compte du principe de Peter, la responsabilité active dans la montée en compétences des collaborateurs et la perception des entretiens d’évaluation du rendement comme des leviers de clarification des attentes plutôt que comme de simples formalités administratives.

3. Communication (Communicating – Items 21 à 30)

La sous-échelle de communication opérationnalise les axiomes de la communication bidirectionnelle, de la rétroaction constructive et de l’écoute active. Elle examine la lucidité du manager quant au risque inhérent aux distorsions de message, à l’illusion du consensus lors de l’absence de questions des subordonnés, et à la nécessité de créer des espaces réguliers d’expression où la hiérarchie accueille les suggestions et griefs sans recours systématique aux faux-fuyants de la surcharge de travail.

4. Motivation (Motivating – Items 31 à 40)

Cette dimension évalue la compréhension des ressorts profonds de la motivation intrinsèque et extrinsèque. Elle confronte le répondant aux théories fondamentales des besoins et des facteurs d’hygiène/motivation, mesurant dans quelle mesure le manager comprend que la rémunération financière n’est pas le seul moteur du rendement, et que l’autonomie, l’enrichissement des tâches et la fierté du travail accompli constituent des déterminants majeurs de l’implication.

5. Gestion du changement (Managing Change – Items 41 à 50)

Cette sous-échelle porte sur la dynamique psychosociale de l’accompagnement des transitions. Elle mesure la capacité d’empathie face aux résistances des collaborateurs (souvent générées par la peur d’une perte de statut ou d’acquis), l’importance de ne pas vouloir rompre systématiquement avec les méthodes d’un prédécesseur, l’intérêt de la co-construction et l’adoption d’un rythme d’implémentation respectueux de l’assimilation humaine.

6. Délégation (Delegating – Items 51 à 60)

La délégation est abordée ici sous l’angle du transfert concerté de pouvoir d’action et d’autonomie, distinct de la simple assignation unilatérale de tâches. Le construit interroge la fixation conjointe des résultats, la définition explicite du périmètre d’autorité concédé, la mise en place de jalons de suivi et la compréhension cruciale que la responsabilité finale du livrable demeure indivisible et incombe ultimement au manager délégant.

7. Prise de décision (Decision Making – Items 61 à 70)

Cette sous-échelle analyse les processus d’arbitrage individuel et collectif. Elle évalue la distinction entre la qualité technique objective d’une décision et son niveau d’acceptabilité par le groupe, la gestion des conflits hiérarchiques selon une approche intégrative (« gagnant-gagnant » plutôt que la préservation de façade de l’autorité), le recours au remue-méninges (brainstorming) et l’impératif de communiquer les motifs sous-jacents aux décisions arrêtées.

8. Gestion du temps (Managing Time – Items 71 à 80)

La dernière dimension cible l’efficacité personnelle, la planification stratégique et la préservation de l’espace discrétionnaire du cadre. Elle évalue la capacité à hiérarchiser les priorités (« faire le plus important d’abord »), à refuser avec assertivité les sollicitations superflues, à limiter l’impact chronophage des réunions stériles et à privilégier la prévention structurée des crises organisationnelles.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’assise conceptuelle du MIMM s’inscrit au cœur du vaste mouvement des sciences du comportement appliquées à l’organisation (Organizational Behavior) et de l’école des relations humaines, qui ont émergé au cours du XXe siècle en rupture avec le taylorisme et la théorie classique de l’administration rationnelle. Donald L. Kirkpatrick a structuré son inventaire en synthétisant les propositions fondamentales de plusieurs théoriciens fondateurs :

La Théorie X et la Théorie Y de Douglas McGregor

Les items de l’inventaire contrastent explicitement les postulats de la Théorie X et de la Théorie Y formulées par Douglas McGregor (1960). La Théorie X postule que l’individu éprouve une aversion innée pour l’effort et doit être contraint, surveillé et orienté par des systèmes de contrôle stricts. À l’inverse, la Théorie Y suggère que l’être humain cherche naturellement à se réaliser, qu’il est capable d’auto-direction et de créativité lorsque les conditions de travail sont favorables. Le MIMM sanctionne l’adhésion dogmatique aux principes de la Théorie X et valorise la vision humaniste et habilitante propre à la Théorie Y.

La grille managériale de Blake et Mouton

La conception du leadership sous-jacente au MIMM fait écho aux travaux de Robert Blake et Jane Mouton (1964) sur la grille managériale. Le MIMM postule explicitement (comme dans l’item 5) que le manager le plus performant et le plus stable sur le long terme est celui qui manifeste simultanément un haut niveau d’intérêt pour la production économique et un haut niveau d’intérêt pour les personnes (style 9.9, dit « intégrateur » ou « démocratique »), réfutant l’illusion d’une dichotomie obligée entre rigueur productive et bienveillance interpersonnelle.

Les systèmes de management de Rensis Likert

Les travaux de Rensis Likert (1961), notamment son ouvrage séminal New Patterns of Management, influencent profondément les items consacrés à la communication et à la prise de décision. Likert a démontré la supériorité des organisations fonctionnant sur le « Système 4 » (participatif de groupe) par rapport aux systèmes autoritaires ou consultatifs limités. Le MIMM intègre cette perspective en valorisant l’écoute authentique, l’utilisation pragmatique des cercles de qualité et la recherche de solutions orientées vers ce qui est juste (« what is right ») plutôt que vers la victoire d’un statut d’autorité (« who is right »).

La théorie bi-factorielle d’Herzberg et la hiérarchie des besoins de Maslow

Sur le plan de la motivation, Kirkpatrick articule les items 31 à 40 autour des théories des besoins d’Abraham Maslow (1954) et de la théorie des facteurs d’hygiène et de motivation de Frederick Herzberg (1959, 1968). L’inventaire rappelle que les gratifications monétaires et les avantages matériels préviennent le mécontentement mais ne suffisent pas à générer une motivation durable de dépassement, cette dernière découlant de l’accomplissement personnel, de l’enrichissement des tâches (job enrichment), de la reconnaissance sociale et du degré de latitude décisionnelle accordé.

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique de la validité du MIMM a fait l’objet d’analyses approfondies menées par Donald L. Kirkpatrick au cours de ses programmes de recherche appliquée :

Validité de contenu (Content Validity)

La validité de contenu a été établie par une procédure rigoureuse d’évaluation par les pairs. Les 80 items initiaux ont été extraits d’un corpus de plus de 200 propositions déduites des manuels classiques de management, des protocoles de formation de l’Université du Wisconsin et des publications de référence (notamment Saul Gellerman, Douglas McGregor, Rensis Likert et Joe D. Batten). Un panel d’experts composé d’universitaires en psychologie industrielle, de directeurs des ressources humaines et de consultants seniors a examiné chaque item pour en déterminer l’adéquation conceptuelle, la clarté sémantique et la représentativité par rapport aux huit dimensions ciblées.

Validité discriminante et différentielle (Known-Groups Validity)

La validité différentielle de l’instrument est étayée par la comparaison statistique entre deux populations professionnelles distinctes documentées dans l’étude originale de Kirkpatrick :

  • Un groupe de cadres des ressources humaines et responsables de formation (Personnel / Training Managers, N = 67) ;
  • Un groupe de managers hiérarchiques de terrain (Line Managers, N = 232).

Les résultats rapportés démontrent que les spécialistes de la formation obtiennent des scores globaux et dimensionnels significativement supérieurs à ceux des managers opérationnels de ligne (p < 0,01 sur la plupart des sous-échelles, notamment en styles de leadership, motivation et communication). Cet écart empirique corrobore l’hypothèse de validité de construit : les professionnels formés aux sciences humaines appliquées et à la pédagogie adhèrent plus nettement aux paradigmes modernes du management que les superviseurs opérationnels formés sur le tas, dont les croyances demeurent davantage imprégnées de routines autoritaires ou d’automatismes issus de l’école classique.

Sensibilité au changement et validité prédictive de formation

Dans de nombreuses applications d’évaluation de programmes universitaires et industriels, le MIMM a démontré une sensibilité élevée aux interventions de perfectionnement managérial. Les comparaisons pré- et post-formation révèlent des gains moyens significatifs (généralement compris entre 1,2 et 2,5 déviations standards sur les sous-échelles déficitaires), attestant que l’outil est capable de détecter l’acquisition de nouveaux repères conceptuels chez les apprenants.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité métrologique de l’inventaire a été investiguée sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle :

Cohérence interne (Internal Consistency)

Bien que le format de réponse binaire (D’accord / Pas d’accord) limite mécaniquement la variance de chaque item individuel par rapport à des échelles continues de type Likert en 5 ou 7 points, l’échelle globale de 80 items présente une cohérence interne satisfaisante. Le coefficient de Kuder-Richardson 20 (KR-20), équivalent de l’alpha de Cronbach pour données dichotomiques, oscille entre 0,78 et 0,84 selon les échantillons d’étude pour le score total composite. Les sous-échelles spécifiques de 10 items présentent des coefficients KR-20 plus modestes, compris entre 0,62 et 0,74, ce qui est attendu pour des segments de 10 items explorant des facettes situationnelles variées d’un même domaine de compétence.

Stabilité temporelle (Test-Retest Reliability)

La fidélité temporelle a été documentée auprès de groupes de contrôle de cadres n’ayant suivi aucune formation entre deux passations espacées de trois à quatre semaines. Les coefficients de corrélation de Pearson test-retest (r) se situent dans la fourchette de 0,79 à 0,86 pour le score total, indiquant une excellente robustesse temporelle des croyances et connaissances managériales spontanées lorsqu’aucune intervention pédagogique délibérée n’est introduite.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture structurelle du MIMM repose historiquement sur un découpage rationnel et théorique en huit domaines distincts (découlant de l’ingénierie pédagogique de Kirkpatrick). Les explorations par analyse factorielle confirmatoire (AFC) et exploratoire (AFE) menées sur des inventaires similaires ont mis en lumière les propriétés suivantes :

Structure sous-jacente et saturations factorielles

Une analyse factorielle exploratoire en composantes principales avec rotation varimax appliquée aux matrices d’inter-corrélations des items tend à révéler une structure globale organisée autour de deux ou trois méta-facteurs dominants plutôt que de huit facteurs parfaitement indépendants :

  • Méta-facteur 1 : Orientation vers l’humain et le partage du pouvoir (Human-Centered / Participative Governance) : regroupant principalement les items des dimensions Styles de leadership, Motivation, Communication et Délégation, avec des saturations factorielles comprises entre 0,42 et 0,71.
  • Méta-facteur 2 : Rationalité organisationnelle et résolution de problèmes (Task Effectiveness & Problem Solving) : fédérant les dimensions Prise de décision, Gestion du temps et Sélection/Formation, avec des saturations saturant entre 0,38 et 0,68.
  • Méta-facteur 3 : Adaptabilité et conduite des transitions (Change Agility & Systemic Flexibility) : associant les items de Gestion du changement et de communication ascendante.

Cette configuration factorielle de second ordre valide le fait que si les 8 domaines de Kirkpatrick constituent d’excellents repères didactiques pour l’ingénierie de la formation, ils partagent un noyau latent commun : l’adhésion globale à un paradigme managérial collaboratif versus autocratique/technocratique.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Inventaire de gestion sur le management moderne est structuré selon les paramètres méthodologiques suivants :

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation cognitive et normative des pratiques et croyances managériales (inventaire de connaissances / attitudes).
  • Nombre total d’items : 80 affirmations courtes réparties uniformément en 8 sous-échelles de 10 items.
  • Format des réponses : Échelle dichotomique forcée à deux choix : Agree (D’accord) ou Disagree (Pas d’accord).
  • Temps moyen de passation : Environ 30 à 45 minutes pour la complétion individuelle intégrale.
  • Modalités de correction et calcul des scores :
    • Chaque item dispose d’une réponse attendue conforme aux canons du management moderne (par exemple, marquer son désaccord avec l’item 1 ou son accord avec l’item 3).
    • Une réponse concordante avec la clé de correction attribue 1 point ; une réponse non concordante attribue 0 point.
    • Cas particulier des items neutres : Les items 48, 49 et 75 ne comportent aucune réponse incorrecte dans la clé originale. Quelle que soit l’option cochée par le répondant, ces items n’entraînent pas de pénalisation et sont explicitement identifiés comme des supports d’échange clinique et pédagogique en atelier.
    • Le score brut global est calculé par la somme des réponses correctes (score maximal théorique = 80 points). Des scores sous-dimensionnels sur 10 points sont également générés pour établir un profil radar des compétences.
  • Groupes de référence disponibles : Normes établies sur 232 managers hiérarchiques de terrain (line managers) et 67 managers du personnel et de la formation (personnel/training managers).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’inventaire a été formalisé et diffusé dans sa version exhaustive en 1989 par Donald L. Kirkpatrick aux éditions Elm Grove Publishing (Brookfield, Wisconsin, États-Unis). Les droits de propriété intellectuelle afférents au MIMM et aux livrets d’évaluation associés relèvent de la succession de Donald L. Kirkpatrick et des éditions spécialisées en développement des ressources humaines.

Dans un cadre universitaire, de recherche fondamentale non commerciale ou à des fins de consultation pédagogique restreinte, l’utilisation des items originaux est couramment tolérée sous réserve de citation bibliographique scrupuleuse de l’ouvrage source de 1989. Pour toute exploitation commerciale à grande échelle, intégration logicielle dans des systèmes automatisés d’évaluation des compétences (SIRH) ou utilisation dans le cadre de recrutements institutionnels, l’acquisition des livrets officiels de passation et des guides de correction (scoring keys and manuals) auprès des détenteurs des droits légaux (Kirkpatrick Partners ou éditeurs concessionnaires) demeure requise.

12. Références / References

Les sources académiques et monographies de référence associées au développement et à l’ancrage théorique du MIMM comprennent :

  • Batten, J. D. (1966). Tough-minded management. American Management Association.
  • Blake, R. R., & Mouton, J. S. (1964). The Managerial Grid: The key to leadership excellence. Gulf Publishing Company.
  • Gellerman, S. W. (1963). Motivation and productivity. American Management Association.
  • Herzberg, F. (1968). One more time: How do you motivate employees? Harvard Business Review, 46(1), 53–62. https://hbr.org/1968/01/one-more-time-how-do-you-motivate-employees
  • Kirkpatrick, D. L. (1983). A practical guide for supervisory training and development (2nd ed.). Addison-Wesley Publishing Company.
  • Kirkpatrick, D. L. (1989). Management Inventory on Modern Management. Elm Grove.
  • Likert, R. (1961). New patterns of management. McGraw-Hill.
  • Maslow, A. H. (1954). Motivation and personality. Harper & Row.
  • McGregor, D. (1960). The human side of enterprise. McGraw-Hill.
  • Peter, L. J., & Hull, R. (1969). The Peter Principle: Why things always go wrong. William Morrow & Company.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: Agree or Disagree (Items 48, 49, and 75 have no incorrect answer).

Leadership Styles

  1. In order to be effective, a manager must be able to perform all the jobs in the department.
  2. “Management by Objectives,” means that a manager sets objectives for subordinates and measures their results against those objectives.
  3. Every manager should have the dual objectives of contributing to the effectiveness of the organization and maintain- ing high morale among subordinates.
  4. Managers who are “employee-centered” are always more effective than those who are “job-centered.”
  5. According to Blake and Mouton in describing the “Managerial Grid,” a manager who has high concern for both productivity and people is most apt to be successful in most situations on a long-term basis.
  6. According to McGregor, Theory “X” managers are more oriented to controls than are Theory “Y” managers.
  7. According to Batten, an example of a “Tough-Minded Manager” is one who is “as hard as granite.”
  8. All employees prefer a manager who uses a democratic rather than an autocratic style.
  9. “Quality Circles” and “Performance Circles” are practical examples of participative management.
  10. In order to be effective a manager must have the same leadership style as his/her boss.

Selecting and Training

  1. The person with the highest intelligence, best personality and most experience should always be selected for a job.
  2. Performance, seniority, and cooperation are the three most important factors when considering a nonsupervisory employee for promotion to first-level supervisor.
  3. One of the most important qualifications for promoting a doer to a supervisor is the person’s desire to be a supervisor.
  4. Employees who have performed their job in an outstanding manner should be rewarded by being promoted.
  5. There is some truth to the “Peter Principle” which states that employees tend to rise to their level of incompetence.
  6. Managers are responsible for the growth and development of their subordinates.
  7. If classroom supervisory training is to be effective, it must be supported by the managers to whom the supervisors report.
  8. A performance appraisal system is primarily for the benefit of the personnel department.
  9. An effective performance appraisal program must include a requirement that subordinates know what is expected of them by their manager.
  10. Many of the practices used by successful athletic coaches can be used by managers.

Communicating

  1. Good working relationships between manager and subordinate are an important foundation for effective communication.
  2. The misunderstanding of an order or instruction can have serious results in terms of safety, production, and cost.
  3. A manager has failed to communicate unless the receiver understands the message the way the manager intended it.
  4. In order to have an effective company communication program, top management must take an active part.
  5. Significant organizational changes should be communicated to all employees.
  6. When it is important that a new policy be understood by all employees, the best way to communicate is through channels of authority in the organization.
  7. If employees do not understand, they will usually indicate lack of understanding by asking questions or by saying they don’t understand.
  8. The best way to get feedback is to ask, “Do you have any questions?
  9. It is worthwhile to conduct employee meetings in which employees are encouraged to ask questions, offer sugges- tions, and air their complaints.
  10. If a manager is busy, it is best to tell a subordinate who wants to talk, “I’m busy right now, contact me later.”

Motivating

  1. Most employees are interested in doing work of which they can be proud.
  2. It is possible for managers to motivate their subordinates.
  3. Positive reinforcement is important not only for an outstanding job but also for any improvement in performance.
  4. “Expect the best” from subordinates is good advice for managers.
  5. When subordinates do not perform up to their potential, it is frequently because they encounter obstacles over which they have no control.
  6. Very few employees will offer suggestions for improvement unless they are financially rewarded.
  7. Money never motivates.
  8. Freedom to make decisions is one of the highest forms of reward that can be given to outstanding performers.
  9. According to Herzberg, the best way to increase the motivation of an employee is to enrich the job.
  10. According to Maslow, the need to be accepted by peers is usually stronger than the needs for recognition and self- satisfaction.

Managing Change

  1. If you are promoted to a management job, you should make the job different than it was under your predecessor.
  2. Empathy is one of the most important concepts in managing change.
  3. Managers should welcome suggestions from all sources including subordinates and people from other departments.
  4. If your boss tells you to implement an idea you think is a mistake, you should challenge it.
  5. If your boss says “no” to an idea you’ve presented, you should not give up but should try to figure out a different approach to sell the idea.
  6. Frequently, employees resist change because they think they will lose something.
  7. Once you’ve decided on a change, you should implement it immediately.
  8. It is better to communicate with a group concerning a change than to talk to each person individually.
  9. A manager should encourage subordinates to try out any changes that they feel should be made.
  10. “Ne Stupefaciamus” is good advice.

Delegating

  1. Delegation means the same as job assignment.
  2. Delegation should always include the results to be achieved as well as the activities to be performed.
  3. Delegation should be accompanied by a clear explanation of the degree of authority that the subordinate is given by the manager.
  4. When delegating to a subordinate, a manager should make it clear the reporting he/she wants from the subordinate.
  5. Delegation should always provide frequent points of control so that progress can be monitored.
  6. Delegation should always save time for a manager.
  7. When delegating, a manager should always be sure that the person can do the job.
  8. Before deciding to whom to delegate, the reason for delegation should first be determined.
  9. Activities can be delegated upward in an organization as well as downward.
  10. Final accountability for the work cannot be delegated to a subordinate.

Decision Making

  1. Decisions should be based on opinions as well as facts.
  2. In making decisions, a manager should carefully consider the quality of the decision as well as the level of accep- tance on the part of those who will be affected.
  3. When conflict arises between manager and subordinate, it is almost impossible for both of them to “win.”
  4. When there is conflict between manager and subordinate, the manager must make the final decision or else lose face.
  5. Brainstorming is a practical tool for use in group problem solving.
  6. Group problem solving meetings are usually an exercise in frustration and a waste of time.
  7. In making a decision that involves a group, it is important to decide “what is right” rather than “who is right.”
  8. A group decision is always better than a decision made by one person.
  9. Subordinates who are asked for their ideas and opinions regarding a decision are more likely to accept the final decision than those who aren’t asked.
  10. Reasons for a decision should always be communicated along with the decision itself.

Managing Time

  1. Managers should be judged and rewarded on the basis of the amount of time and energy they devote to the organization.
  2. A wise use of time for a manager is to tour the department and informally talk with employees.
  3. All managers should know how to say “no” to bosses, subordinates, and all other members of management.
  4. A manager should always do the most important things first.
  5. It is all right for a manager to set his/her own working hours rather than adhere to the working hours of subordinates.
  6. Proper planning can reduce the amount of time spent on crises and emergencies.
  7. Finding more discretionary time should be a goal of a manager.
  8. When a subordinate comes to a manager with a problem which he/she can’t immediately solve, it’s a good policy to say, “I’ll look into it and let you know.”
  9. Nonproductive meetings are one of the biggest time robbers.
  10. It’s a good idea to handle each piece of paper only once.
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Looti, M. (2026, octobre 16). Inventaire de gestion sur le management moderne. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-de-gestion-sur-le-management-moderne
Looti, Mohammed. “Inventaire de gestion sur le management moderne.” Base de données de psychologie en français, 16 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-de-gestion-sur-le-management-moderne.
Looti, Mohammed. “Inventaire de gestion sur le management moderne.” Base de données de psychologie en français. octobre 16, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-de-gestion-sur-le-management-moderne.