Inventaire d’hostilité de Buss-Durkee (BDHI)

Analyse psychométrique détaillée de l’Inventaire d’hostilité de Buss-Durkee (BDHI) : cadre conceptuel, validité empirique, fidélité, analyse factorielle et échelle complète de 75 items.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Inventaire d’hostilité de Buss-Durkee (Buss-Durkee Hostility Inventory, ou BDHI) représente l’un des instruments psychométriques pionniers et les plus influents conçus pour quantifier et opérationnaliser les différentes manifestations de l’hostilité et des comportements agressifs chez l’être humain. Développé en 1957 par les psychologues américains Arnold H. Buss et Ann Durkee, cet auto-questionnaire standardisé comprend 75 items explorant l’éventail multidimensionnel de l’agressivité à travers huit sous-échelles distinctes : l’agression physique (Assault), l’hostilité indirecte (Indirect Hostility), l’irritabilité (Irritability), le négativisme (Negativism), le ressentiment (Resentment), la suspicion ou méfiance (Suspicion), l’hostilité verbale (Verbal Hostility) et les sentiments de culpabilité (Guilt).

Le format de passation repose originellement sur une échelle de réponse dichotomique (Vrai / Faux), bien que des déclinaisons adaptées sous forme d’échelles de Likert en plusieurs points aient été explorées dans certains contextes d’évaluation clinique et expérimentale. Psychométriquement, le BDHI a démontré à travers des décennies de travaux empiriques des indices de consistance interne acceptables à robustes (les coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,60 et 0,85 selon les sous-échelles) ainsi qu’une fidélité test-retest substantielle dans des intervalles variant de deux semaines à plusieurs mois. Sa validité de construit, sa validité convergente et sa valeur prédictive ont été validées de façon répétée dans des champs variés, incluant la psychiatrie médico-légale, la criminologie, l’étude des troubles de la personnalité (notamment antisociale et limite) et la médecine comportementale, particulièrement dans l’exploration du lien entre hostilité colérique et maladies cardiovasculaires. Cet article propose une analyse approfondie des fondements théoriques, des propriétés psychométriques, des applications cliniques et des limites méthodologiques du BDHI.

2. Mots-clés / Keywords

Inventaire d’hostilité de Buss-Durkee, BDHI, agressivité, hostilité multidimensionnelle, psychométrie, évaluation de la personnalité, colère, agression verbale, agression physique, ressentiment, suspicion, médecine comportementale, fidélité test-retest, validité factorielle.

3. Auteurs / Authors

Le BDHI a été conçu et validé par :

  • Arnold H. Buss, Ph.D. : Éminent psychologue américain, professeur de psychologie à l’Université du Texas à Austin, pionnier dans le domaine des théories du tempérament, de l’agressivité et de l’anxiété sociale. Auteur d’ouvrages fondateurs sur la psychopathologie et le développement comportemental.
  • Marion Durkee (Ann Durkee), M.A. : Chercheuse et collaboratrice clinique en psychologie expérimentale et clinique, co-auteure des travaux princeps ayant formalisé la classification empirique des conduites hostiles au sein des cliniques universitaires américaines dans les années 1950.

Affiliation institutionnelle historique lors de la création : Service de recherche en psychiatrie et de psychologie clinique, Université de l’Iowa et consultations psychologiques de Palo Alto (Consulting Psychologists Press).

4. Objectif / Purpose

L’objectif central de l’élaboration de l’Inventaire d’hostilité de Buss-Durkee (BDHI) était de combler une lacune conceptuelle et méthodologique majeure dans l’évaluation psychologique des années 1950. Jusqu’alors, la littérature clinique et psychiatrique considérait couramment l’hostilité et l’agression comme des entités globales, monolithiques et indifférenciées, fréquemment évaluées via des techniques projectives telles que le test de Rorschach ou le Thematic Apperception Test (TAT), dont la fidélité inter-juges et la standardisation psychométrique soulevaient de vifs débats. Buss et Durkee ont postulé que les manifestations de l’hostilité sont hétérogènes, englobant des actes moteurs manifestes, des réponses verbales explicites, des manœuvres clandestines indirectes, ainsi que des orientations cognitives et émotionnelles intériorisées.

L’instrument a été intentionnellement conçu pour segmenter ce spectre en composantes comportementales, affectives et cognitives distinctes. Dans les contextes de recherche, le BDHI sert à disséquer les mécanismes par lesquels les traits de personnalité prédisposent certains individus à des interactions interpersonnelles conflictuelles, à l’adoption de comportements à risque ou à la détérioration de la santé physique. Dans le domaine de la médecine comportementale et de la cardiologie, l’échelle a joué un rôle déterminant dans l’identification des composantes toxiques du complexe comportemental du profil de personnalité de Type A, démontrant que ce ne sont pas tant l’urgence temporelle ou l’ambition professionnelle qui prédisent l’athérosclérose coronarienne et l’infarctus du myocarde, mais bien l’hostilité cynique, la méfiance et la propension à l’agression physique ou verbale.

Sur le plan clinique et médico-légal, le BDHI permet d’évaluer la sévérité des perturbations de la régulation émotionnelle, d’orienter les diagnostics différentiels au sein des troubles du contrôle des impulsions (comme le trouble explosif intermittent) et de calibrer le risque de passage à l’acte violent en milieu carcéral ou psychiatrique. En psychothérapie cognitive et comportementale (TCC), l’inventaire offre une cartographie granulaire des déficits spécifiques du patient, permettant aux cliniciens de cibler préférentiellement la restructuration cognitive face aux pensées paranoïdes et rancunières, l’entraînement aux habiletés d’affirmation de soi non-agressives, ou encore les techniques de désescalade émotionnelle face à l’irritabilité chronique.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par le BDHI repose sur une distinction cardinale entre deux grandes classes de manifestations : les composantes d’agression motrice ou comportementale (ce que l’individu fait de manière observable) et les composantes d’hostilité émotionnelle et cognitive (ce que l’individu ressent et pense à propos d’autrui). L’architecture du test compte huit sous-échelles complémentaires :

1. Agression physique (Assault)

Cette dimension mesure la propension active à recourir à la force physique directe contre autrui lors de conflits interpersonnels. Les items capturent la violence corporelle, les bagarres volontaires et la justification perçue de la violence en réaction à une provocation ou pour faire valoir ses droits (ex. : « If somebody hits me first, I let him have it », « Whoever insults me or my family is asking for a punch in the nose »). Un score élevé signale un seuil très bas pour le passage à l’acte moteur violent.

2. Hostilité indirecte (Indirect Hostility)

L’hostilité indirecte correspond à des comportements agressifs détournés ou déguisés ne ciblant pas directement la victime en face à face, ainsi qu’à des décharges émotionnelles non dirigées. Cela inclut le colportage de ragots malveillants, les plaisanteries désobligeantes, mais aussi l’agressivité passive ou les explosions tempétueuses dirigées contre des objets inanimés (ex. : claquer des portes, taper du poing sur la table, briser des objets, bouder longuement).

3. Irritabilité (Irritability)

Cette sous-échelle évalue la réactivité affective et la vulnérabilité à une excitation colérique rapide au moindre stimulus aversif. L’individu irritable présente une perte de contrôle précoce, des sautes d’humeur soudaines, une exaspération constante face aux sollicitations d’autrui et une sensation d’être continuellement prêt à exploser (ex. : « I often feel like a powder keg ready to explode », « Lately, I have been kind of grouchy »).

4. Négativisme (Negativism)

Le négativisme reflète un schéma de comportement oppositionnel dirigé préférentiellement contre l’autorité, les règles formelles ou les conventions institutionnelles. Il s’exprime par le refus de coopérer, la transgression intentionnelle de consignes perçues comme arbitraires et l’accomplissement délibérément lent ou inversé d’une tâche ordonnée par une autorité perçue comme directive ou dominante.

5. Ressentiment (Resentment)

Dimension éminemment cognitive et affective, le ressentiment traduit une jalousie intense, un sentiment persistant d’injustice existentielle et une amertume profonde face aux réussites d’autrui. L’individu est habité par la conviction inaltérable que le sort a été partial à son désavantage et que les autres bénéficient d’avantages immérités (ex. : « At times I feel I get a raw deal out of life », « Other people always seem to get the breaks »).

6. Suspicion ou Méfiance (Suspicion)

La suspicion renvoie à une tendance projective et paranoïde consistant à attribuer à autrui des intentions malveillantes, trompeuses ou persécutrices. La personne méfiante projette un scepticisme systématique quant à la sincérité et à la bienveillance de ses pairs, postulant que les démonstrations d’amitié dissimulent inévitablement des motifs calculateurs (ex. : « I commonly wonder what hidden reason another person may have for doing something nice for me »).

7. Hostilité verbale (Verbal Hostility)

Cette échelle saisit l’expression explicite d’affects négatifs par le canal de la parole. Elle englobe les insultes, les menaces verbales proférées sans retenue, l’élévation systématique de la voix lors des désaccords, l’argumentation querelleuse compulsive et l’emploi d’un vocabulaire corrosif ou sarcastique pour déstabiliser l’interlocuteur.

8. Culpabilité (Guilt)

Bien que conceptuellement distincte de l’agression agie, la sous-échelle de culpabilité a été intégrée par Buss et Durkee pour évaluer l’intensité des remords, du blâme moral rétrospectif et de la punition interne générés par des transgressions comportementales réelles ou imaginées. Elle apporte un éclairage indispensable sur le conflit intrapsychique consécutif aux pulsions agressives refoulées ou exprimées.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement du BDHI s’inscrit au carrefour de plusieurs traditions paradigmatiques majeures de la psychologie du XXe siècle : les théories béhavioristes de l’apprentissage social, la théorie néo-associationniste de la frustration-agression et les approches dispositionnelles du tempérament.

Le substrat théorique direct découle des propositions d’Arnold Buss (1961) formulées dans son ouvrage fondamental The Psychology of Aggression. Buss a contesté les visions purement psychanalytiques de son époque qui réduisaient l’agressivité à une poussée pulsionnelle d’énergie interne (comme le concept d’énergie libidinale ou de pulsion de mort Thanatos devant impérativement être purgée par catharsis). À l’inverse, Buss s’est appuyé sur les prémisses de l’hypothèse de frustration-agression initialement formulée par John Dollard, Neal Miller et leurs collègues de l’Université Yale en 1939, tout en la réformulant profondément.

Pour Buss, l’agression est une réponse motrice acquise et instrumentale, renforcée par l’atteinte de certains objectifs externes ou par l’évitement de stimuli menaçants. Cependant, il distingue formellement l’agression (l’acte instrumental délivrant un stimulus aversif à un autre organisme) de l’hostilité. L’hostilité est définie comme une attitude négative de dévaluation durable d’autrui, structurée autour d’un système de croyances cyniques et d’affects dysphoriques. Cette conceptualisation a ultérieurement trouvé un écho direct dans les travaux de Leonard Berkowitz sur le néo-associationnisme cognitif, qui postule que les événements aversifs activent automatiquement un réseau associatif reliant des pensées négatives, des sensations corporelles de colère et des tendances à l’action agressive.

Par ailleurs, la modélisation sous-jacente au BDHI anticipe les modèles contemporains de la cognition sociale, tels que le General Aggression Model (GAM) développé par Craig A. Anderson et Brad J. Bushman. Selon ce prisme théorique, les traits mesurés par le BDHI représentent des schémas mnésiques, des scripts comportementaux automatisés et des biais d’attribution hostiles stables logés en mémoire à long terme. Lorsqu’un individu présentant des scores élevés en Ressentiment et Suspicion est confronté à un stimulus ambigu, ses filtres sociocognitifs attribuent quasi instantanément une intention hostile à l’autre acteur, amorçant par conséquent une chaîne de réactions motrices caractérisées par l’irritabilité ou l’agression physique et verbale.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du BDHI a fait l’objet de centaines d’investigations empiriques indépendantes depuis sa formalisation en 1957, corroborant la pertinence de ses échelles dans des échantillons normatifs, cliniques et criminologiques.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente du BDHI a été établie par des corrélations statistiquement significatives avec des mesures connexes de la personnalité et de la psychopathologie. Dans des études canoniques, les échelles d’agression physique, verbale et d’irritabilité corrèlent positivement et fortement (coefficients $r$ compris entre 0,45 et 0,72, $p < 0,001$) avec les sous-échelles de Colère et d'Hostilité du State-Trait Anger Expression Inventory (STAXI) de Charles Spielberger, ainsi qu’avec l’échelle d’Hostilité de Cook-Medley (Ho) dérivée du MMPI.

Parallèlement, les dimensions de Ressentiment et de Suspicion présentent une forte convergence avec l’échelle de Paranoïa ($Pa$) et de Déviation Psychopathique ($Pd$) du MMPI. Dans le cadre du modèle en cinq facteurs (Big Five), le BDHI s’associe de manière robuste et inverse à l’Agréabilité ($r = -0,40$ à $-0,65$) et positivement au Névrosisme, attestant que l’hostilité capture un déséquilibre tempéramental alliant vulnérabilité affective et antagonisme interpersonnel.

Validité discriminante

L’instrument discrimine efficacement les tendances agressives manifestes de l’anxiété générale et de la détresse somatique non spécifique. De surcroît, les sous-échelles se distinguent nettement entre elles : la sous-échelle d’Agression physique ne partage qu’une variance modérée avec celle de Culpabilité ($r$ fréquemment inférieur à 0,20 ou non significatif), ce qui démontre la capacité du BDHI à isoler les mécanismes d’inhibition interne des schémas d’acting-out moteur externe.

Validité critériée et prédictive

Dans le domaine médicolégal et pénitentiaire, des recherches longitudinales et transversales ont révélé que les détenus incarcérés pour des crimes avec violence affichent des scores en Agression physique et en Hostilité verbale significativement plus élevés ($d ext{ de Cohen} > 0,80$) que les détenus condamnés pour des infractions non-violentes (ex. fraudes financières ou vols sans violence). Dans les études de médecine comportementale, les scores élevés au BDHI prédisent une hyperréactivité cardiovasculaire (élévation accrue de la pression artérielle systolique et de la fréquence cardiaque lors de tâches de stress social en laboratoire) ainsi qu’une incidence accrue d’événements coronariens ischémiques sur des suivis prospectifs de 10 à 25 ans.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité du BDHI a été documentée à travers l’évaluation de sa cohérence interne et de sa stabilité temporelle test-retest dans diverses populations d’adultes, d’adolescents et de patients psychiatriques :

  • Consistance interne (Alpha de Cronbach) : Les coefficients de consistance interne pour l’ensemble des 75 items se situent de façon constante entre 0,78 et 0,88 pour le score global d’hostilité. Au niveau des sous-échelles individuelles, les alphas varient selon le nombre d’items et la composition de la sous-dimension : les sous-échelles Assault (Agression physique) et Verbal Hostility (Hostilité verbale) rapportent des alphas robustes oscillant entre 0,72 et 0,83. En revanche, les sous-échelles plus courtes, telles que le Negativism (5 items) et le Resentment (8 items), affichent des alphas plus modestes, se situant typiquement entre 0,58 et 0,68, une fluctuation inhérente à la brièveté de ces indices et à l’usage originel d’un format de réponse binaire.
  • Fidélité test-retest : Les études évaluant la stabilité temporelle indiquent des corrélations de Pearson élevées sur des intervalles courts et moyens. Sur une période de deux à trois semaines, les coefficients test-retest s’établissent entre 0,75 et 0,85 pour les différentes échelles. Sur des intervalles prolongés (de six mois à un an), les indices de stabilité demeurent statistiquement significatifs ($r = 0,60 ext{ à } 0,72$), confirmant que le BDHI mesure des dispositions de personnalité durables plutôt que de simples fluctuations d’états d’humeur transitoires.
  • Corrélations inter-items et split-half : Dans l’étude originale de Buss et Durkee (1957), la fidélité calculée par la méthode du partage par moitié (split-half reliability) corrigée par la formule de Spearman-Brown atteignait des valeurs comprises entre 0,65 et 0,82 pour les différentes composantes chez des étudiants universitaires.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle interne du BDHI a été l’objet de minutieuses investigations psychométriques, tant par analyse factorielle exploratoire (AFE) que confirmatoire (AFC), marquant un tournant décisif dans la théorisation de l’agressivité.

Dans leurs travaux originels de 1957, Buss et Durkee ont soumis la matrice de corrélations de leurs huit sous-échelles à une analyse factorielle par composantes principales avec rotation centroïde, puis orthogonale. Cette modélisation initiale a mis en évidence deux macro-facteurs fondamentaux sous-tendant l’ensemble des items :

  1. Facteur I : L’Agression manifeste ou motrice (Overt Hostility / Aggression). Ce facteur regroupe avec des saturations factorielles massives (> 0,60) les sous-échelles d’Agression physique (Assault), d’Hostilité verbale (Verbal Hostility), d’Hostilité indirecte (Indirect Hostility) et d’Irritabilité (Irritability). Il représente le pôle expressif et comportemental direct de l’antagonisme.
  2. Facteur II : L’Hostilité attitudinale ou couverte (Covert / Neurotic Hostility). Ce second facteur capture principalement les sous-échelles de Ressentiment (Resentment) et de Suspicion (Suspicion), saturant fréquemment à plus de 0,70 sur cette composante, accompagnées de manière secondaire par la Culpabilité (Guilt) et le Négativisme (Negativism). Il traduit la dimension cognitive interne de rumination méfiante, d’aliénation sociale et de dévaluation d’autrui.

Des réanalyses factorielles indépendantes de grande envergure — notamment celles menées par Peter Bentler en 1973, puis par Bushman, Anderson et al. dans les années 1980 et 1990 — ont confirmé la robustesse de cette solution bifactorielle à l’échelle des sous-dimensions, tout en pointant certaines instabilités au niveau des items individuels. Certains items d’hostilité indirecte et de négativisme présentaient des saturations croisées sur les deux axes, reflétant la complexité intrinsèque de comportements combinant passivité cognitive et décharge motrice clandestine. C’est précisément l’identification de ces saturations factorielles qui a incité Arnold Buss et Mark Perry à réviser cet instrument en 1992 pour créer le célèbre Aggression Questionnaire (BPAQ), lequel a épuré et stabilisé une structure à quatre facteurs (agression physique, verbale, colère et hostilité).

10. Instrument de mesure / Instrument

L’administration, le format et la cotation de l’Inventaire d’hostilité de Buss-Durkee reposent sur des directives psychométriques standardisées :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire de personnalité (auto-évaluation standardisée).
  • Nombre total d’items : 75 énoncés affirmatifs à la première personne du singulier.
  • Modalités et format de réponse : Échelle dichotomique standard : True / False (Vrai / Faux). Dans certaines versions de recherche expérimentale, une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout moi » / Not at all) à 5 (« Tout à fait moi » / Very much) a été appliquée pour accroître la variance inter-individuelle.
  • Composition des 8 sous-échelles :
    • Assault (Agression physique) : 10 items (items 1, 9, 17, 25, 33, 41, 49, 57, 65, 70).
    • Indirect Hostility (Hostilité indirecte) : 9 items (items 2, 10, 18, 26, 34, 42, 50, 58, 75).
    • Irritability (Irritabilité) : 11 items (items 4, 11, 20, 27, 35, 44, 52, 60, 66, 71, 73).
    • Negativism (Négativisme) : 5 items (items 3, 12, 19, 28, 36).
    • Resentment (Ressentiment) : 8 items (items 5, 13, 21, 29, 37, 45, 53, 61).
    • Suspicion (Méfiance / Suspicion) : 10 items (items 6, 14, 22, 30, 38, 46, 54, 62, 67, 72).
    • Verbal Hostility (Hostilité verbale) : 13 items (items 7, 15, 23, 31, 39, 43, 47, 51, 55, 59, 63, 68, 74).
    • Guilt (Culpabilité) : 9 items (items 8, 16, 24, 32, 40, 48, 56, 64, 69).
  • Règles de cotation et d’inversion : Chaque réponse alignée avec la direction de l’hostilité reçoit 1 point, et 0 point dans le cas contraire. Plusieurs items sont rédigés sous forme inversée (direction non-hostile, ex. items 1, 10, 17, 21, 27, 34, 39, 50, 55, 63, 66, 67, 71, 72, 74) et requièrent une inversion du codage (la réponse « False » équivaut à 1 point d’hostilité). Le score total composite d’hostilité s’obtient généralement en additionnant les scores des sept premières sous-échelles (l’échelle de culpabilité étant souvent interprétée de façon distincte en tant que modérateur clinique).
  • Temps de passation estimé : 15 à 20 minutes en administration individuelle ou collective.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’Inventaire d’hostilité de Buss-Durkee a été initialement publié en 1957 dans le Journal of Consulting Psychology. Sur le plan des droits et de la propriété intellectuelle :

  • Année de publication princeps : 1957.
  • Statut des droits d’auteur : L’article fondateur et les items ont été publiés sous les auspices de l’American Psychological Association (APA). Par la suite, le BDHI a été édité et diffusé à des fins cliniques par la maison d’édition Consulting Psychologists Press (CPP, devenue aujourd’hui The Myers-Briggs Company).
  • Accès pour la recherche universitaire : Conformément aux principes généraux d’utilisation équitable (fair use) en psychométrie académique, l’échelle a été largement reproduite et utilisée librement par la communauté des chercheurs et étudiants à des fins d’investigation scientifique non lucrative.
  • Tarifs d’utilisation commerciale : Toute intégration de l’instrument dans une batterie commerciale propriétaire ou un logiciel diagnostique tarifé nécessite une autorisation formelle ou l’acquittement de redevances auprès des détenteurs légaux des droits d’édition. L’accès aux items dans le cadre de thèses de doctorat et de mémoires académiques est traditionnellement gratuit via les archives universitaires publiques.

12. Références / References

  • Bentler, P. M. (1973). Assessment of hostility: Alternative factor analytic solutions. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 40(2), 273–277. https://doi.org/10.1037/h0034524
  • Berkowitz, L. (1993). Aggression: Its causes, consequences, and sanctions. New York, NY: McGraw-Hill.
  • Bushman, B. J., & Anderson, C. A. (2002). Does the media make people more violent? Science, 291(5512), 2377–2379. https://doi.org/10.1126/science.1058254
  • Buss, A. H. (1961). The psychology of aggression. Hoboken, NJ: John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1037/11160-000
  • Buss, A. H., & Durkee, A. (1957). An inventory for assessing different kinds of hostility. Journal of Consulting Psychology, 21(4), 343–349. https://doi.org/10.1037/h0046900
  • Buss, A. H., & Perry, M. (1992). The Aggression Questionnaire. Journal of Personality and Social Psychology, 63(3), 452–459. https://doi.org/10.1037/0022-3514.63.3.452
  • Dollard, J., Miller, N. E., Doob, L. W., Mowrer, O. H., & Sears, R. R. (1939). Frustration and aggression. New Haven, CT: Yale University Press. https://doi.org/10.1037/10022-000
  • Lemerise, E. A., & Dodge, K. A. (2008). The development of anger and aggression. In M. W. Vasey & M. R. Brendgen (Eds.), Handbook of developmental psychology: Social, emotional, and personality development (pp. 395–420). New York, NY: Guilford Press.
  • Spielberger, C. D. (1988). State-Trait Anger Expression Inventory (STAXI) professional manual. Odessa, FL: Psychological Assessment Resources.
  • Swang, J. I. (1974). The « AAA Syndrome »: Relationships between alienation, anxiety and aggression (Thèse de doctorat, University of Oklahoma Health Sciences Center). University Microfilms International, Ann Arbor, MI.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: True / False

  1. I seldom strike back‚ even if someone hits me first.
  2. I sometimes spread gossip about people I don’t like.
  3. Unless somebody asks me in a polite way‚ I won’t do what they want.
  4. I lose my temper easily but get over it quickly.
  5. I don’t seem to get what’s coming to me.
  6. I know that people tend to talk about me behind my back.
  7. When I disapprove of my friend’s behavior‚ I let them know it.
  8. The few times I have cheated‚ I have feelings of remorse.
  9. Once in a while I cannot control my urge to harm others.
  10. I never get mad enough to throw things.
  11. Sometimes people bother me just by being around.
  12. When someone makes a rule I don’t like‚ I am tempted to break it.
  13. Other people always seem to get the breaks.
  14. I tend to be on guard with people who are somewhat more friendly than I expected.
  15. I often find myself disagreeing with people.
  16. I sometimes have bad thoughts which make me feel ashamed of myself.
  17. I can think of no good reason for ever hitting someone.
  18. When I am angry‚ I sometimes sulk.
  19. When someone is bossy‚ I do the opposite of what he asks.
  20. I am irritated a great deal more than other people are aware of.
  21. I don’t know any people that I downright hate.
  22. There are a number of people who seem to dislike me very much.
  23. I can’t help getting into arguments when people disagree with me.
  24. People who shuck on the job must feel very guilty.
  25. If somebody hits me first‚ I let him have it.
  26. When I am mad‚ I sometimes slam doors.
  27. I am always patient with others.
  28. Occasionally when I am mad at someone‚ I will give him the « silent treatment. »
  29. When I look back on what’s happened to me‚ I can’t help feeling mildly resentful.
  30. There a number of people who seem to be jealous of me.
  31. I demand that people respect my rights.
  32. It depresses me that I did not do more for my parents.
  33. Whoever insults me or my family is asking for a punch in the nose.
  34. I never play practical jokes.
  35. It makes my blood boil to have somebody make fun of me.
  36. When people are bossy‚ I take my time just to show them.
  37. Almost every week‚ I see somebody I dislike.
  38. I sometimes have the feeling that others are laughing at me.
  39. Even when my anger is aroused‚ I don’t use strong language.
  40. I am concerned about being forgiven for my sins.
  41. People who continually pester you are asking for a « punch in the nose. »
  42. I sometimes pout when I don’t get my way.
  43. If someone annoys me‚ I am apt to tell him what I think of him.
  44. I often feel like a powder keg ready to explode.
  45. Although I don’t show it‚ I am sometimes eaten up with jealously.
  46. My motto is « Never trust strangers. »
  47. When people yell at me‚ I yell back.
  48. I do many things that make roe feel remorseful later.
  49. When I really lose my temper‚ I am capable of slapping.
  50. Since the age of ten‚ I have never had a temper tantrum.
  51. When I get mad‚ I say nasty things.
  52. I sometimes carry a chip on my shoulder.
  53. If I let people see the way I feel. I’d be considered a hard person to get along with.
  54. I commonly wonder what hidden reason another person may have for doing something nice for me.
  55. I could not put someone in his place‚ even if he needed it.
  56. Failure gives me a feeling of remorse.
  57. I get into fights about as often as the next person.
  58. I can remember being so angry that I picked up the nearest thing and broke it.
  59. I often make threats I don’t really mean to carry out.
  60. I can’t help being a little rude to people I don’t like.
  61. At times I feel I get a raw deal out of life.
  62. I use to think that most people told the truth‚ but now I know otherwise.
  63. I generally cover up my poor opinion of others.
  64. When I do wrong‚ my conscience punishes me.
  65. If I have to resort to physical violence to defend my rights‚ I will.
  66. If someone doesn’t treat me right‚ I don’t let it annoy me.
  67. I have no enemies who really wish to harm me.
  68. When arguing‚ I tend to raise my voice.
  69. I often feel that I have not lived the right kind of life.
  70. I have known people who pushed me so far that we came to blows.
  71. I don’t let a lot of unimportant things irritate me.
  72. I seldom feel that people are trying to anger or insult me.
  73. Lately‚ I have been kind of grouchy.
  74. I would rather concede a point than get into an argument.
  75. I sometimes show my anger by banging on the table.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 14). Inventaire d’hostilité de Buss-Durkee (BDHI). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-d-hostilite-de-buss-durkee-bdhi
Looti, Mohammed. “Inventaire d’hostilité de Buss-Durkee (BDHI).” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-d-hostilite-de-buss-durkee-bdhi.
Looti, Mohammed. “Inventaire d’hostilité de Buss-Durkee (BDHI).” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=inventaire-d-hostilite-de-buss-durkee-bdhi.