1. Résumé / Abstract
L’Inventaire complet des écarts de conduite (Comprehensive Misconduct Inventory, ou CMI-50, étendu dans ses protocoles de cotation standardisés sous la forme du CMI-58) est un instrument psychométrique auto-rapporté conçu pour quantifier une gamme étendue de transgressions comportementales, allant d’incivilités mineures et de déviances adolescentes jusqu’à des infractions pénales graves et des conduites criminelles avérées. Développé initialement par le laboratoire de Delroy L. Paulhus à l’Université de Colombie-Britannique (UBC) en collaboration avec Kevin M. Williams et Robert D. Hare, le CMI comble une lacune méthodologique majeure dans l’évaluation empirique des manifestations comportementales associées à la psychopathie et aux traits de la Personnalité Noire (Dark Triad) en population non carcérale.
L’inventaire comprend une architecture chronologique bicéphale : une première section rétrospective (items 1 à 43) évalue la fréquence absolue des infractions commises au cours des années d’études secondaires (lycée), tandis qu’une seconde section contemporaine (items 44 à 57) évalue la fréquence des conduites déviantes au cours d’un mois moyen récent, complétée par un item de contrôle méthodologique (item 58) relatif au volume de conduite automobile. L’analyse factorielle oblique isole cinq à sept sous-dimensions robustes : l’abus de drogues douces (Soft Drug Abuse), l’abus de drogues dures (Hard Drug Abuse), la délinquance mineure (Minor Criminality), la délinquance grave (Serious Criminality), les infractions routières (Driving Misbehavior), l’intimidation et le harcèlement (Bullying/Harassing), ainsi que la rébellion envers l’autorité (Anti-Authority Misbehavior). En raison de la distribution asymétrique inhérente aux comportements hautement répréhensibles, les items requièrent une standardisation préalable (z-scores) avant agrégation. Présentant une consistance interne globale élevée (α ≥ .85) et une validité de critère remarquable vis-à-vis de l’échelle d’auto-évaluation de la psychopathie (Self-Report Psychopathy Scale – SRP), le CMI constitue une mesure comportementale de référence en psychologie légale, sociale et de la personnalité.
2. Mots-clés / Keywords
délinquance auto-rapportée, psychopathie subclinique, écarts de conduite, délinquance juvénile, comportements antisociaux, personnalité noire, évaluation psychométrique, infractions routières, toxicomanie, intimidation scolaire, rébellion contre l’autorité, validation psychométrique
3. Auteurs / Authors
L’instrument a été conceptualisé et formalisé principalement par :
- Delroy L. Paulhus, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université de Colombie-Britannique (Vancouver, Canada). Spécialiste mondialement reconnu de la structure de la personnalité, de l’évaluation des biais de réponse (désirabilité sociale) et des personnalités sombres (narcissisme, machiavélisme, psychopathie). Courriel institutionnel : [email protected].
- Kevin M. Williams, Ph.D. : Chercheur en psychométrie et psychologie différentielle, affilié lors des travaux initiaux au Département de Psychologie de l’Université de Colombie-Britannique.
- Robert D. Hare, Ph.D. : Professeur émérite à l’Université de Colombie-Britannique, créateur de l’échelle clinique de référence Psychopathy Checklist-Revised (PCL-R) et autorité tutélaire sur l’évaluation de la psychopathie criminelle et subclinique.
4. Objectif / Purpose
Le Comprehensive Misconduct Inventory a été conçu pour répondre à une nécessité théorique et psychométrique fondamentale : disposer d’un instrument unifié, sensible et multidimensionnel capable de quantifier le spectre complet des comportements antisociaux, antisportifs, déviants et illégaux au sein d’échantillons communautaires et universitaires (populations dites non carcérales ou non médico-légales). Dans la recherche en psychopathologie différentielle, l’étude de la psychopathie a longtemps été tributaire de populations judiciarisées ou institutionnalisées, ce qui introduisait un biais d’échantillonnage substantiel en confondant la psychopathie sous-jacente avec l’échec d’évitement de l’incarcération.
Dans ce contexte, le CMI s’assigne pour objectif prioritaire de cartographier les conduites problématiques à travers deux fenêtres développementales distinctes : l’adolescence rétrospective et le fonctionnement adulte actuel. Cette stratification permet d’examiner la continuité des trajectoires délinquantes au sens de la théorie développementale de la déviance, tout en offrant un critère comportemental objectif pour valider les modèles dimensionnels de la personnalité, tels que la Triade Noire (Paulhus & Williams, 2002) et le modèle à quatre facettes de la psychopathie non clinique mesuré par la Self-Report Psychopathy Scale (SRP-II / SRP-4).
Sur le plan des applications concrètes, l’outil est mobilisé dans plusieurs domaines :
- Recherche fondamentale en psychologie de la personnalité : Servir de critère externe de validation comportementale pour mesurer comment les traits interpersonnels (manipulation, absence d’empathie) et affectifs (insensibilité) se traduisent en actes antisociaux tangibles.
- Criminologie et sociologie de la déviance : Analyser la co-occurrence et la dynamique séquentielle entre délits routiers, consommation de substances psychoactives et agressions interpersonnelles au sein de la population générale.
- Psychologie légale et clinique d’orientation diagnostique : Identifier les profils de risque chez de jeunes adultes non incarcérés présentant des conduites d’opposition récurrentes ou des comportements d’agression envers l’autorité.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par le CMI est l’inconduite comportementale globale (overall misconduct), opérationnalisée comme l’ensemble des transgressions de normes juridiques, institutionnelles, scolaires ou sociétales. Ce construit n’est pas unidimensionnel ; il se structure en constellations comportementales spécifiques qui capturent des niveaux de gravité, des cibles et des contextes d’action distincts :
1. Abus de substances douces (Soft Drug Abuse – SDA)
Cette dimension regroupe l’expérimentation et l’usage récurrent de substances psychoactives considérées socialement comme moins létales ou plus banalisées, incluant l’alcool et le cannabis, ainsi que les comportements associés comme l’état d’ivresse publique ou l’achat illégal en minorité. Exemples d’items : consommer du cannabis/haschich, acheter de l’alcool avant l’âge légal, être manifestement ivre sur la voie publique.
2. Abus de substances dures (Hard Drug Abuse – HDA)
Cette échelle évalue la consommation et le trafic de stupéfiants lourds associés à des risques sanitaires, toxicologiques et pénaux élevés. Elle cible les conduites addictives sévères impliquant des drogues de synthèse, des stimulants majeurs ou des opiacés. Exemples d’items : consommer de la cocaïne, de l’héroïne, de l’ecstasy, des hallucinogènes (LSD, mescaline) ou commercialiser des drogues dures.
3. Délinquance mineure (Minor Criminality – MC)
Ce pôle comprend des actes illégaux à faible gravité criminelle relative, n’impliquant pas d’agression physique létale directe contre autrui, mais transgressant les règles économiques ou scolaires. Exemples d’items : tricher à un examen, resquiller dans les transports en commun, commettre des vols à l’étalage, acheter ou vendre des objets volés, plagier un travail scolaire.
4. Délinquance grave (Serious Criminality – SC)
Cette sous-échelle mesure les comportements criminels majeurs impliquant des actes prédateurs, des atteintes physiques violentes avec ou sans armes, l’effraction et la criminalité organisée. Exemples d’items : cambrioler un bâtiment pour voler, attaquer quelqu’un avec une arme, agresser physiquement un individu jusqu’à lui infliger des blessures, intégrer un gang criminel notoire, utiliser la force physique pour des extorsions financières ou sexuelles.
5. Inconduite routière et infractions au volant (Driving Misbehavior – DM)
Cette facette isole la prise de risque délibérée et l’hostilité manifestée dans la conduite automobile, un domaine particulièrement corrélé au versant impulsif de la psychopathie. Exemples d’items : conduire en état d’ébriété, participer à des courses de rue sauvages, rouler à plus de 20 milles/heure au-dessus de la limitation de vitesse, suivre de trop près (tailgating), klaxonner avec colère ou crier contre d’autres usagers de la route.
6. Intimidation et harcèlement interpersonnel (Bullying/Harassing – BH)
Ce construit quantifie les manifestations d’agression relationnelle, verbale et psychologique directe ou indirecte, qu’elle soit interpersonnelle ou technologique. Exemples d’items : harceler intentionnellement quelqu’un par téléphone ou courrier électronique, frapper ou gifler autrui, insulter publiquement ou ridiculiser une personne vulnérable.
7. Rébellion contre l’autorité (Anti-Authority Misbehavior – AA)
Cette dimension appréhende les postures de défi, d’insubordination et d’opposition délibérée dirigées contre les figures parentales, scolaires ou administratives légitimes. Exemples d’items : insulter des adultes (professeurs, parents, commerçants), faire des actes dans le seul but de provoquer l’exaspération des figures d’autorité, fuguer du domicile familial, se faire suspendre de l’établissement scolaire.
Ces facettes peuvent être regroupées de manière synthétique en scores de second ordre : Toxicomanie globale (SDA + HDA), Criminalité globale (MC + SC), Écarts de conduite au lycée (items 1 à 43) et Écarts de conduite contemporains (items 44 à 57).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement du CMI s’enracine dans la convergence de deux cadres théoriques majeurs : la taxonomie développementale du comportement antisocial formulée par Terrie E. Moffitt (1993) et le modèle factoriel de la psychopathie issu des travaux de Robert Hare et Delroy Paulhus.
D’une part, la théorie de Moffitt postule l’existence de deux trajectoires distinctes de déviance :
- Les conduites limitées à l’adolescence (adolescence-limited), caractérisées par une rébellion transitoire liée au « fossé de maturité » biologique et social, souvent circonscrites à des incivilités mineures, à la contestation parentale et à la consommation expérimentale de substances douces.
- Les conduites persistantes tout au long de la vie (life-course-persistent), trouvant leur origine dans des vulnérabilités neurodéveloppementales conjuguées à un environnement adverse, se manifestant précocement et perdurant à l’âge adulte sous forme de criminalité polymorphe, d’agressions instrumentales et d’infractions graves.
En segmentant temporellement son évaluation entre les années de lycée et la période adulte actuelle, le CMI opérationnalise fidèlement cette distinction théorique, permettant aux chercheurs d’identifier si les transgressions rapportées relèvent d’une déviance développementale banale ou de l’expression pérenne d’une trajectoire persistante.
D’autre part, sur le plan de la personnalité, le CMI s’articule directement avec le modèle à quatre facettes de la psychopathie (Williams, Paulhus & Hare, 2007). Ce modèle décompose la psychopathie en : (1) Manipulation interpersonnelle (IPM), (2) Affect insensible ou froid (CA), (3) Mode de vie erratique (ELS), et (4) Comportement antisocial franc (ASB). Le CMI sert de concrétisation comportementale à ces dimensions. Si les facettes ELS (impulsivité, recherche de sensations, irresponsabilité) prédisent principalement les délits routiers et la toxicomanie récréative, la combinaison d’une insensibilité affective (CA) et de tendances manipulatrices (IPM) constitue le prédicteur étiologique le plus puissant des sous-échelles de criminalité grave et d’intimidation instrumentale.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique du CMI a fait l’objet de plusieurs investigations empiriques rigoureuses, principalement conduites au sein d’échantillons universitaires et de jeunes adultes nord-américains :
Validité de construit et validité convergente
Les études de Williams, Paulhus et Hare (2007) ont démontré une convergence empirique substantielle entre les scores du CMI et les instruments de mesure de la psychopathie auto-rapportée, notamment la Self-Report Psychopathy Scale (SRP-II). Les corrélations entre le score composite de psychopathie de la SRP et le score d’inconduite globale du CMI s’élèvent typiquement entre r = .50 et r = .68 (p < .001), confirmant que la psychopathie est le déterminant psychologique le plus robuste des conduites répertoriées dans l’inventaire.
Plus précisément, lorsqu’on examine la décomposition par sous-échelles :
- La facette Mode de vie erratique de la SRP corrèle fortement avec l’abus de substances (r ≈ .45 à .55) et les infractions routières (r ≈ .48).
- La facette Comportement antisocial de la SRP présente ses saturations les plus massives avec la criminalité grave (r > .60) et les arrestations/nuits passées en cellule.
- Les traits de la Triade Noire (Paulhus & Williams, 2002) montrent également des profils convergents attendus : le machiavélisme prédit la tricherie académique et les infractions sans confrontation directe, tandis que le narcissisme prédit l’agressivité au volant et les conflits avec l’autorité.
Validité discriminante
Le CMI démontre une nette différenciation vis-à-vis des mesures d’anxiété, de névrosisme ou de détresse psychologique générale (corrélations faibles ou nulles, généralement comprises entre r = -.08 et r = .12). De surcroît, les recherches intégrant des échelles de gestion des impressions (telles que le Balanced Inventory of Desirable Responding – BIDR de Paulhus) attestent que, sous des conditions d’anonymat garanti, les scores du CMI conservent leur validité prédictive sans être substantiellement masqués par le biais d’auto-duperie ou d’hétéro-duperie.
Validité prédictive et écologique
Dans l’étude présentée par Williams, McAndrew, Learn, Harms et Paulhus (2001), le CMI s’est révélé prédictif des préférences de divertissement violent, des altercations réelles signalées sur les campus et des sanctions disciplinaires universitaires. En outre, le sous-score d’inconduite routière (DM) s’est avéré prédictif des amendes pour excès de vitesse et des accidents responsables déclarés aux assurances.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité du CMI reflètent une robustesse psychométrique remarquable malgré la nature hétérogène et asymétrique des comportements inventoriés :
Consistance interne (α de Cronbach)
Les coefficients de cohérence interne varient selon la nature plus ou moins restrictive des sous-échelles :
- Score global d’inconduite (Overall Misbehavior) : Les estimations du coefficient alpha de Cronbach oscillent régulièrement entre .86 et .92, attestant d’une excellente cohésion d’ensemble de l’inventaire.
- Criminalité grave (SC) et Criminalité mineure (MC) : Valeurs d’alpha se situant respectivement dans les fourchettes de .78 à .84 et de .74 à .81.
- Abus de substances : L’échelle d’abus de drogues douces (SDA) présente une consistance élevée (α = .80 à .85), tandis que l’échelle de drogues dures (HDA), en raison de la rareté relative de certains comportements (héroïne, PCP), présente un alpha oscillant entre .72 et .80 mais une fidélité composite oméga de McDonald satisfaisante (ω > .82).
- Inconduite routière (DM) : Alpha généralement mesuré entre .75 et .82.
- Intimidation et Harcèlement (BH) : Alpha compris entre .76 et .83.
- Rébellion contre l’autorité (AA) : Alpha compris entre .73 et .79.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Pour la section rétrospective (items 1 à 43 relatifs aux années de lycée), la stabilité temporelle évaluée à intervalle de plusieurs semaines à plusieurs mois s’avère particulièrement élevée (coefficients de corrélation intraclasse ICC > .85), ce qui est congruent avec le statut de mémoire autobiographique consolidée. Concernant la section contemporaine (items 44 à 57), les coefficients test-retest à 4 semaines se maintiennent autour de r = .72 à .78, reflétant une stabilité comportementale substantielle tempérée par les variations contextuelles mensuelles normales.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle du CMI a été rigoureusement établie à l’Université de Colombie-Britannique à partir d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) sur de larges cohortes d’étudiants :
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Les analyses factorielles initiales reposant sur une extraction en composantes principales suivie de rotations obliques (Promax ou Oblimin direct, justifiées par le postulat théorique selon lequel les comportements délinquants sont positivement intercorrélés) ont initialement isolé cinq macro-facteurs :
- Comportements criminels (Criminal Behavior)
- Inconduites de conduite automobile (Driving Misconduct)
- Intimidation et harcèlement (Bullying)
- Abus d’alcool et de drogues (Drug & Alcohol Abuse)
- Agression envers l’autorité (Anti-Authority Aggression)
L’affinement psychométrique ultérieur ayant abouti à la clé de cotation en 7 sous-échelles du CMI-58 a mis en évidence le dédoublement fonctionnel de deux domaines majeurs :
- La séparation empirique de l’abus de substances en deux facteurs distincts : drogues douces (SDA) et drogues dures (HDA), avec des saturations factorielles croisées minimes (< .20).
- La scission du pôle criminel entre délinquance mineure / infractions aux biens (MC) et délinquance grave avec violence ou pénétration illégale de domicile (SC).
Modèles Confirmatoires et Saturations
Les saturations des items sur leurs facteurs respectifs sont globalement robustes, la quasi-totalité des items affichant des poids factoriels supérieurs à .40. Par exemple, les items mesurant l’usage de cocaïne ou d’ecstasy saturent à plus de .70 sur le facteur HDA ; les items relatifs aux excès de vitesse et au non-respect des distances de sécurité saturent à plus de .60 sur le facteur DM. Des modélisations bifactorielles confirment l’existence d’un facteur général d’inconduite (facteur « g » de transgression) sous-jacent à l’ensemble des facettes spécifiques.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (papier-crayon ou administration informatisée).
- Nombre total d’items : 50 items dans la version princeps (CMI-50), étendue à 58 items dans le protocole complet de cotation factorielle (CMI-58 incluant l’item de contrôle d’exposition au volant).
- Découpage temporel :
- Items 1 à 43 : Évaluation rétrospective des comportements durant les années d’études secondaires (lycée / high school years).
- Items 44 à 57 : Évaluation de la fréquence des comportements au cours d’un « mois moyen récent » (average month).
- Item 58 : Item méthodologique de contrôle évaluant la fréquence de conduite d’un véhicule motorisé.
- Format de réponse : Inscription d’une valeur numérique représentant la fréquence absolue des occurrences (format ouvert ou échelles de fréquences graduées).
- Procédure de cotation impérative :
- En raison de la distribution asymétrique (skewness) prononcée des actes criminels et de la disparité des échelles de mesure, tous les items doivent être standardisés (conversion en scores z) avant d’être agrégés.
- Le score de chaque sous-échelle s’obtient en calculant la moyenne arithmétique des scores standardisés des items correspondants.
- Composition des sous-échelles de cotation (CMI-58) :
- Abus de drogues douces (SDA) : 8 items (12, 15, 18, 35, 37, 44, 45, 49)
- Abus de drogues dures (HDA) : 6 items (16, 36, 38, 39, 40, 41)
- Délinquance mineure (MC) : 10 items (3, 5, 8, 11, 21, 22, 27, 32, 34, 42)
- Délinquance grave (SC) : 10 items (1, 2, 4, 6, 9, 10, 14, 19, 24, 33)
- Inconduite routière (DM) : 7 items (17, 23, 25, 31, 46, 53, 55) — ajustable par l’item de contrôle 58
- Intimidation / Harcèlement (BH) : 8 items (7, 20, 28, 30, 47, 48, 50, 51)
- Rébellion contre l’autorité (AA) : 8 items (13, 26, 29, 43, 52, 54, 56, 57)
- Indices composites calculables :
- Inconduite globale (Overall Misbehavior) : Ensemble des items combinés
- Abus général de substances (Substance Abuse) : Fusion SDA + HDA
- Criminalité générale (General Criminality) : Fusion MC + SC
- Inconduite au lycée (High School Misbehavior) : Moyenne des items 1 à 43
- Inconduite actuelle (Current Misbehavior) : Moyenne des items 44 à 57
- Temps de passation estimé : 10 à 15 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement initial : 2001 (présentation princeps aux congrès de l’APA par Williams et al.).
- Formalisation psychométrique de référence : 2007 (dans l’article de Williams, Paulhus & Hare publié dans le Journal of Personality Assessment).
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Détenus par Delroy L. Paulhus, Kevin M. Williams et Robert D. Hare.
- Statut d’utilisation et tarification : L’outil est mis à disposition à titre gratuit pour la recherche académique non commerciale et les travaux universitaires. Les chercheurs souhaitant utiliser l’échelle dans des protocoles expérimentaux sont invités à contacter le laboratoire de l’auteur principal à l’Université de Colombie-Britannique afin d’obtenir les protocoles de normalisation actualisés. Toute exploitation commerciale, corporative ou médicolégale rémunérée nécessite une autorisation contractuelle explicite.
12. Références / References
- Hare, R. D. (2003). Manual for the Hare Psychopathy Checklist-Revised (PCL-R) (2nd ed.). Multi-Health Systems.
- Moffitt, T. E. (1993). Adolescence-limited and life-course-persistent antisocial behavior: A developmental taxonomy. Psychological Review, 100(4), 674–701.
- Paulhus, D. L., & Williams, K. M. (2002). The Dark Triad of personality: Narcissism, Machiavellianism, and psychopathy. Journal of Research in Personality, 36(6), 556–563.
- Williams, K., McAndrew, A., Learn, T., Harms, P., & Paulhus, D. L. (2001, August). Dark Personalities: Anti-social behavior and entertainment preferences [Paper presentation]. Annual Meeting of the American Psychological Association, San Francisco, CA, United States.
- Williams, K. M., Paulhus, D. L., & Hare, R. D. (2007). The four facet structure of psychopathy in non-forensic samples. Journal of Personality Assessment, 88(2), 118–129.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions to participants:
« Although everyone misbehaves as a teenager, we all do it in different ways. Write a number in each space provided. Your answers will not be stored with your name, so please be totally honest. »
Part I: High School Years
During your high school years, how many times did you:
- purposely damage or destroy property that did not belong to you
- break into a building or home
- steal something from a store
- attack someone with a weapon
- throw objects (such as rocks, snowballs, or bottles) at cars or people
- carry a hidden weapon
- assault someone and injure him/her (including a sports setting)
- pay for sex with someone (including phone sex)
- join a gang that was known to commit crimes
- sell marijuana or hashish (« pot », « grass », « hash »)
- copy answers from someone else’s test at school
- get totally drunk
- steal money from your parents/family
- hit someone with your hand or an object
- drive while impaired by alcohol or drugs
- sell hard drugs, such as heroin, cocaine, and LSD
- take a vehicle for a ride without the owner’s permission
- buy alcohol while underage
- use physical force in order to get someone to have sex with you
- use physical force to get money or things from people
- sneak into a movie, bus, or subway without paying
- steal something at school, such as someone’s jacket or books
- participate in a street race as a driver
- break into a building to steal something or mess it up
- receive a speeding ticket
- sneak out at night without your parents’ permission
- get suspended from school
- kick someone in anger
- swear at adults (e.g. parents, salesclerks, telephone solicitors, teachers)
- purposely harass someone on the telephone or on email
- yell at other drivers so they could hear you
- buy or sell goods you knew to be stolen
- spend a night (or more) in jail
- plagiarize (copy) a school paper
- use prescription drugs (e.g. valium, codeine) to the level of intoxication
- use hallucinogens (« LSD », « Mescaline », « Peyote », « Acid »)
- use marijuana-hashish (« pot », « grass », « hash »)
- use heroin (« Horse », « Smack »)
- use cocaine (« coke »)
- use ecstasy (« X »)
- use other illegal drugs (Uppers or Downers)
- lie about your age, e.g., to buy alcohol or get into a club
- run away from home
Part II: Current Frequency (Recent Average Month)
These days, in an AVERAGE MONTH, how often do you do the following:
- have more than one alcoholic drink at a sitting
- use soft drugs
- honk in anger at other drivers
- say cruel things to people
- shove or slap someone
- appear obviously drunk in public places
- ridicule someone who is different or vulnerable
- play violent video games
- park in an illegal parking space
- drive 20 miles over the speed limit
- argue with your supervisors/teachers
- tail-gate someone on the road
- do things just to bother authority figures (e.g., teachers, parents, other adults)
- download illegally copied programs from the Internet
- drive a motor vehicle (Control item for Driving Misconduct)