Instrument de mesure de la perception des exigences d’études (MWS)

L’Instrument de mesure de la perception des exigences d’études (MWS) est un questionnaire psychométrique validé mesurant les défis académiques, organisationnels et relationnels rencontrés par les étudiants de l’enseignement supérieur.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 16, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 16, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Instrument de mesure de la perception des exigences d’études (connu sous l’acronyme allemand MWS pour Messinstrument für die Wahrnehmung von Studienanforderungen) est une échelle psychométrique standardisée multidimensionnelle conçue pour évaluer la manière dont les étudiants de l’enseignement supérieur appréhendent et gèrent les défis académiques, personnels, organisationnels et relationnels inhérents à leur cursus. Initialement développé dans le cadre du projet de recherche fédéral allemand StuFHe (Studierfähigkeit – institutionelle Förderung und studienrelevante Heterogenität) sous la direction d’chercheurs spécialistes de l’enseignement supérieur tels qu’Elke Bosse et Caroline Trautwein, cet outil répond à la nécessité d’objectiver l’interface dynamique entre l’étudiant et l’institution universitaire.

L’instrument se compose de 21 items formulés sur une échelle de réponse ordinale en 5 points allant de 1 (« très difficile » / sehr schwer) à 5 (« très facile » / sehr leicht), complétée par une modalité d’échappement (« ne s’applique pas à ma situation / ma filière »). La structure sous-jacente s’articule autour de six sous-échelles validées empiriquement : la surcharge académique ou mode scientifique de travail (Wissenschaftsmodus / surcharge sur les contenus théoriques), les attentes d’études et l’application pratique (ou gestion du socle de connaissances préalables), l’activité d’apprentissage et l’autorégulation, la pression de performance et la gestion de l’échec, l’organisation des études et les contraintes logistiques, ainsi que les contacts sociaux et la coopération par les pairs.

Sur le plan psychométrique, le MWS a fait l’objet d’une validation rigoureuse auprès d’un échantillon cumulé de plus de 1 900 étudiants inscrits dans des programmes de Licence/Bachelor au sein de quatre établissements d’enseignement supérieur (universités et universités de sciences appliquées). Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires confirment l’adéquation d’un modèle à six dimensions corrélées (χ² = 634.62, df = 174, p < .001 ; CFI = .93 ; RMSEA = .05). La cohérence interne des sous-échelles se révèle satisfaisante à robuste, avec des coefficients d’α de Cronbach et de ρ de Raykov s’échelonnant entre .66 et .82. La validité critérielle prédictive est attestée par des corrélations et régressions longitudinales significatives prédisant la performance académique subjective (β = .35 pour l’activité d’apprentissage) et la satisfaction envers les études (β = .26 pour l’adéquation attentes-application pratique).

2. Mots-clés / Keywords

Enseignement supérieur, exigences d’études, perception des exigences, transition universitaire, abandon universitaire, intégration académique, autorégulation de l’apprentissage, psychométrie, analyse factorielle confirmatoire, échelle MWS.

3. Auteurs / Authors

L’instrument MWS a été conçu, développé et validé par une équipe de recherche en pédagogie de l’enseignement supérieur et en psychométrie au sein du consortium de recherche StuFHe (financé par le Ministère fédéral allemand de l’Éducation et de la Recherche, BMBF, sous le numéro de subvention 01PB14005) :

  • Dr. Elke Bosse : Spécialiste des sciences de l’éducation et du développement de l’enseignement supérieur, affiliée au Centre de recherche sur l’enseignement supérieur et le développement des compétences (ZHW / Universität Hamburg, Allemagne).
  • Dr. Caroline Trautwein : Enseignante-chercheuse en pédagogie universitaire et psychologie de l’éducation, affiliée à l’Université de Hambourg (Universität Hamburg, Allemagne).
  • Équipe méthodologique du projet StuFHe : En partenariat scientifique avec l’Université de Kassel (Universität Kassel), la Technische Hochschule Mittelhessen (THM) et la Hochschule für Angewandte Wissenschaften Hamburg (HAW Hamburg).

4. Objectif / Purpose

Le MWS a été élaboré pour pallier une lacune conceptuelle et méthodologique majeure dans la recherche sur l’enseignement supérieur : la dissociation récurrente entre les caractéristiques individuelles des apprenants et les structures institutionnelles des universités. Face aux taux préoccupants de décrochage précoce durant la phase d’intégration universitaire (Studieneingangsphase), la plupart des enquêtes quantitatives mesurent isolément les compétences d’entrée des étudiants (telles que les aptitudes cognitives générales, la motivation ou l’origine socioculturelle) ou, à l’inverse, évaluent la qualité perçue de l’infrastructure académique par des questionnaires de satisfaction génériques.

L’objectif fondamental du MWS est de se positionner précisément à l’interface transactionnelle entre l’individu et l’institution. Il mesure la perception subjective qu’ont les étudiants de la difficulté ou de la facilité à satisfaire aux exigences académiques transversales. Contrairement aux batteries de tests mesurant des aptitudes cognitives pures ou des exigences strictement disciplinaires (comme les outils spécifiques aux filières économiques ou au professorat), le MWS propose une évaluation standardisée transdisciplinaire des contraintes réelles auxquelles sont confrontés les primo-entrants et les étudiants plus avancés.

Sur le plan pratique et appliqué, l’instrument remplit une triple fonction :

  • Diagnostic institutionnel et amélioration de la qualité : Identifier les points de friction systémiques au sein des cursus (par exemple, un décalage entre les prérequis scolaires attendus et les exigences réelles du premier semestre, ou des goulots d’étranglement administratifs dans l’ordonnancement des examens).
  • Évaluation de programmes d’accompagnement : Mesurer l’efficacité longitudinale de dispositifs de transition tels que les cours préparatoires (Brückenkurse), les programmes de tutorat par les pairs, les ateliers de gestion du stress ou les modules d’initiation au travail scientifique.
  • Recherche fondamentale sur la persévérance académique : Fournir des variables intermédiaires robustes pour alimenter les modèles structurels expliquant l’abandon, la réorientation ou le succès académique, en mettant en évidence les médiateurs psychologiques de l’engagement étudiant.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par le MWS est la perception subjective des exigences d’études (Wahrnehmung von Studienanforderungen). Il est défini comme l’évaluation cognitive et affective qu’un étudiant formule quant aux efforts et ressources nécessaires pour faire face avec succès aux sollicitations intellectuelles, procédurales et interpersonnelles de son environnement universitaire. L’architecture factorielle du test conceptualise ce construit sous la forme de six dimensions distinctes mais corrélées, réparties au sein de quatre grands domaines de transition (intellectuel, personnel, organisationnel et social) :

1. Surcharge intellectuelle et mode scientifique (Inhaltliche Anforderungen / Wissenschaftsmodus)

Cette dimension évalue l’ampleur perçue des défis cognitifs liés à l’assimilation des corpus théoriques complexes, à l’appropriation du langage épistémologique et à la vitesse d’exposition aux contenus scientifiques. Elle reflète le fossé didactique entre la transmission des savoirs dans le secondaire et la posture d’investigation critique requise dans l’enseignement supérieur. Des scores faibles (indiquant une perception de grande difficulté) témoignent d’une sensation de submersion conceptuelle face à l’abstraction des théories et à l’accélération du rythme d’enseignement.

2. Gestion des attentes, socle de connaissances et application pratique (Fehlendes Vorwissen & Studienerwartungen)

Cette composante sonde l’adéquation perçue entre le bagage initial de l’étudiant (compétences acquises dans l’enseignement secondaire) et les prérequis implicites attendus par les enseignants universitaires, ainsi que la capacité à relier les contenus conceptuels à des finalités professionnelles concrètes. Elle cible le sentiment de lacune, la nécessité perçue de rattrapages autonomes chronophages et la déception éventuelle face à un enseignement trop abstrait éloigné des représentations initiales de l’étudiant.

3. Activités d’apprentissage et autorégulation (Lernaktivität & Selbstregulation)

Centrée sur les compétences d’apprentissage autonome, cette échelle mesure la difficulté ressentie par l’étudiant à organiser son temps, à planifier ses phases de révision sur le semestre, à sélectionner des stratégies cognitives efficaces et à maintenir sa motivation intrinsèque lors du travail personnel. L’accent est mis sur la bascule entre l’encadrement scolaire direct et l’autonomie requise à l’université, où l’absence de contrôles continus réguliers exige un haut degré de métacognition et d’autodiscipline.

4. Exigences du travail scientifique (Wissenschaftliches Arbeiten)

Cette sous-échelle mesure les habiletés méthodologiques associées à la production textuelle et conceptuelle propre au monde universitaire : recherche documentaire, formulation d’une problématique de recherche, respect des normes de citation, esprit critique face aux sources et rédaction de dissertations ou rapports académiques. L’étudiant est interrogé sur sa maîtrise des règles formelles et discursives qui régissent la recherche.

5. Organisation des études et contraintes logistiques (Studienorganisation & Organisationale Hürden)

Cette dimension quantifie le défi perçu face aux aspects structurels et bureaucratiques de l’université. Elle regroupe la navigation dans les règlements d’examens (Prüfungsordnungen), l’élaboration d’un emploi du temps compatible avec les contraintes personnelles, l’utilisation des plateformes numériques de cours, et la gestion des créneaux de cours encombrés ou des restrictions d’accès.

6. Contacts sociaux et coopération par les pairs (Kontakt, Kooperation & Soziale Integration)

Cette sous-échelle évalue l’intégration au sein de la communauté étudiante, la création de liens amicaux, la constitution spontanée de groupes de travail et la capacité à collaborer au sein d’équipes de projet. Elle capture la prévention de l’isolement social et la capacité à mobiliser le soutien des pairs comme ressource adaptative face aux tensions du cursus.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’instrument MWS s’enracine principalement dans le modèle d’intégration de Vincent Tinto (Tinto, 1975, 1993), complété par les théorisations modernes de l’attrition étudiante développées par Ulrich Heublein et ses collaborateurs (2014, 2017). Selon l’approche interactionniste de Tinto, la persévérance étudiante ne découle ni exclusivement des traits de personnalité de l’individu, ni uniquement des caractéristiques physiques ou budgétaires de l’institution. Elle est le produit continu d’ajustements mutuels au sein de deux sphères interdépendantes : le système académique (performances formelles, assimilation des valeurs intellectuelles) et le système social (interactions informelles avec les pairs et le corps professoral).

Le MWS intègre également la théorie transactionnelle du stress et de l’adaptation (coping) de Richard Lazarus et Susan Folkman (1984). Dans ce cadre, une exigence universitaire objective (par exemple, une charge de lecture de cent pages par semaine ou un examen terminal à fort coefficient) ne constitue pas en soi un facteur de détresse ; elle ne devient une contrainte problématique que lorsque l’étudiant, par un processus d’évaluation primaire (primary appraisal), la juge menaçante pour son sentiment d’efficacité personnelle, et constate lors de l’évaluation secondaire (secondary appraisal) une inadéquation entre les ressources cognitives/organisationnelles disponibles et les exigences de la tâche.

Sur le plan didactique, le développement de l’échelle s’est appuyé sur la méthode des incidents critiques de John C. Flanagan (Flanagan, 1954) mise en œuvre lors d’études qualitatives préliminaires (Bosse & Trautwein, 2014 ; Trautwein & Bosse, 2017). Ces investigations ont révélé que la réussite universitaire repose sur la capacité de l’étudiant à négocier quatre transitions simultanées :

  • La transition épistémique : passer d’un savoir reçu et mémorisé à une posture de co-construction critique et d’incertitude scientifique.
  • La transition d’autonomie : assumer la responsabilité intégrale de la temporalité de son travail sans cadre coercitif externe.
  • La transition procédurale : décoder la bureaucratie institutionnelle et les logiques modulaires du système de Bologne.
  • La transition communautaire : surmonter l’anomie des grands amphithéâtres pour bâtir un capital social protecteur.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du MWS a été établie au moyen d’un protocole méthodologique combinant approches qualitatives initiales et analyses statistiques multivariées longitudinales :

Validité de contenu (Content Validity)

La formulation initiale du pool d’items a émergé directement de 50 entretiens semi-directifs approfondis conduits selon la technique des incidents critiques auprès d’étudiants (n = 25) et de personnels académiques et administratifs (n = 25) issus de toutes les facultés d’une grande université allemande, selon un échantillonnage théorique par saturation (Glaser & Strauss, 1967). Ces 32 exigences fondamentales identifiées ont été ensuite confrontées à 19 entretiens supplémentaires menés dans deux universités traditionnelles et deux universités de sciences appliquées situées dans deux Länder différents (Hambourg et Hesse). Ce processus garantit une représentativité écologique et une fidélité contextuelle élevée des formulations d’items face à la réalité vécue des étudiants.

Validité factorielle et structurelle (Construct Validity)

La structure factorielle a été éprouvée sur deux échantillons indépendants de grande envergure. L’échantillon 1 (n = 1 260) a permis, via l’analyse en composantes principales, de retenir 21 items saturant de manière claire sur six composantes principales avec une variance totale expliquée de 64 %. L’échantillon 2 (n = 1 165), testé à l’aide d’une analyse factorielle confirmatoire (modélisation par équations structurelles avec estimateur robuste MLR sous Mplus 7.31), a confirmé l’adéquation du modèle factoriel théorique (χ² = 634.62, df = 174, p < .001 ; CFI = .93 ; RMSEA = .05 [IC 90 % : .04 – .05]).

Validité critérielle prédictive et concourante (Criterion Validity)

La validité prédictive a été évaluée longitudinalement auprès d’une cohorte suivie du 3e au 5e semestre universitaire (Échantillon 3, n = 320). Deux critères clés de réussite universitaire ont été modélisés :

  • La performance académique subjective : Évaluée à l’aide de l’échelle standardisée de Becker (2000a, 2000b) mesurée sur une échelle de 1 à 7. Les corrélations bivariées montrent des liens significatifs avec toutes les sous-échelles du MWS, la corrélation la plus puissante concernant l’activité d’apprentissage (r = .44, p < .001) et la gestion de la pression de performance (r = .36, p < .001). Dans un modèle de régression linéaire multiple (R² = .19), l’activité d’apprentissage (β = .35, p < .001) et la gestion du stress/échec (β = .15, p < .05) demeurent des prédicteurs longitudinaux majeurs.
  • La satisfaction envers les études : Mesurée par l’échelle validée de Westermann et al. (1996, α = .82). La régression multiple (R² = .17) met en évidence que la perception aisée des attentes et de l’utilité pratique (β = .26, p < .001), l’activité d’apprentissage (β = .15, p < .05) et l’organisation des études (β = .14, p < .05) prédisent de manière autonome le bien-être académique au cinquième semestre.

8. Fidélité / Reliability

Compte tenu de la nature multifactorielle du MWS et de l’hétérogénéité des saturations factorielles entre les items d’une même sous-échelle (modèles τ-congénériques), la fidélité a été évaluée non seulement via le coefficient standard d’alpha de Cronbach, mais également au moyen du rhô de Raykov (Raykov, 1997), qui fournit une estimation non biaisée de la cohérence interne composite lorsque l’hypothèse de tau-équivalence stricte est violée.

Les indices de fidélité observés sur les deux grands échantillons d’étudiants (Échantillon 1 : n = 791 à 1 161 selon les sous-échelles ; Échantillon 2 : n = 830 à 1 120) témoignent d’une précision de mesure modérée à très satisfaisante pour des échelles concises de 3 à 4 items :

  • Surcharge académique / Mode scientifique (3 items) : Échantillon 1 (α = .80 ; ρ = .79) ; Échantillon 2 (α = .82 ; ρ = .82).
  • Attentes d’études & utilité pratique / Socle initial (3 items) : Échantillon 1 (α = .69 ; ρ = .70) ; Échantillon 2 (α = .70 ; ρ = .71).
  • Activités d’apprentissage & autorégulation (4 items) : Échantillon 1 (α = .76 ; ρ = .76) ; Échantillon 2 (α = .77 ; ρ = .77).
  • Pression de performance & gestion de l’échec (3 items) : Échantillon 1 (α = .73 ; ρ = .73) ; Échantillon 2 (α = .70 ; ρ = .71).
  • Organisation des études & bureaucratie (4 items) : Échantillon 1 (α = .66 ; ρ = .66) ; Échantillon 2 (α = .67 ; ρ = .66).
  • Contacts sociaux & intégration par les pairs (4 items) : Échantillon 1 (α = .78 ; ρ = .79) ; Échantillon 2 (α = .78 ; ρ = .79).

La consistance temporelle des scores est corroborée par la stabilité des saturations factorielles et des corrélations inter-échelles entre les cohortes successives. Cependant, en raison de valeurs de fidélité parfois proches de .66 pour la dimension organisationnelle, les auteurs préconisent d’utiliser le MWS prioritairement à l’échelle de groupes (cohortes, facultés, programmes) et déconseillent son utilisation isolée en diagnostic individuel à fort enjeu décisionnel.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le développement factoriel de l’échelle a débuté par un bassin initial de 40 items générés d’après les entretiens qualitatifs. Une analyse en composantes principales (ACP) avec rotation orthogonale Varimax réalisée sur l’échantillon 1 a mis en lumière six facteurs distincts avec des valeurs propres initiales supérieures à l’unité (ou proches du coude d’éboulis de Cattell) : 6.92, 2.00, 1.42, 1.14, 1.02 et 0.87. Les items présentant des saturations primaires inférieures à .40 ou des saturations croisées substantielles ont été progressivement éliminés, aboutissant à la structure finale épurée de 21 items expliquant 64 % de la variance totale.

Afin de valider rigoureusement cette configuration, une analyse factorielle confirmatoire (AFC) a été implémentée sur l’échantillon 2 à l’aide de l’estimateur robuste MLR (Maximum Likelihood Robust) du logiciel Mplus. Cet estimateur permet de corriger les biais potentiels dus aux légères déviations de la normalité univariée et multivariée observées dans les distributions académiques (légère asymétrie négative traduisant une perception globale plutôt orientée vers la facilité). Les indices d’ajustement globaux obtenus sont :

  • Chi-deux du modèle : χ² = 634.62 (df = 174, p < .001).
  • Comparative Fit Index (CFI) : .93 (démontrant un bon ajustement aux données empiriques).
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : .05 (intervalle de confiance à 90 % : [.04 ; .05]), signalant une erreur d’approximation minimale dans la population.

Toutes les saturations factorielles standardisées (λ) des items sur leurs facteurs latents respectifs se sont révélées hautement significatives (p < .001), fluctuant entre .44 et .71. Les coefficients de discrimination des items (corrélations item-total corrigées) s’échelonnent de .37 à .71, illustrant une bonne capacité des items à discriminer les étudiants éprouvant des difficultés de ceux qui s’adaptent sans heurts.

Les facteurs latents présentent des corrélations inter-factorielles positives modérées à fortes, toutes significatives à p < .001 : la corrélation la plus élevée est observée entre l’activité d’apprentissage et la pression de performance (r = .92), soulignant l’intrication étroite entre autorégulation temporelle et anxiété d’évaluation. Les corrélations entre la dimension sociale et les autres facteurs oscillent entre .26 et .46, confirmant que l’intégration relationnelle constitue un pan distinct mais soutenant de la vie académique.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique standardisé (auto-rapporté / self-report instrument).
  • Format d’administration : Disponible en passation numérique en ligne (recommandé pour les enquêtes institutionnelles) ou sur support papier-crayon.
  • Nombre d’items : 21 items formulés sous la forme d’énoncés positifs ou d’actions d’adaptation académique.
  • Variantes d’instructions :
    • Version A (post-première année) : « Évaluez à quel point il vous a été facile ou difficile, au cours de votre première année d’études, de faire face aux exigences suivantes de votre cursus. » (Schätzen Sie ein, wie leicht bzw. schwer es Ihnen im ersten Studienjahr gefallen ist…)
    • Version B (cours de cursus) : « Évaluez à quel point il vous a été facile ou difficile, au cours de l’année d’études écoulée, de faire face aux exigences suivantes de votre cursus. » (Schätzen Sie ein, wie leicht bzw. schwer es Ihnen im vergangenen Studienjahr gefallen ist…)
  • Échelle de réponse (Format obligatoire à 5 points) :
    • 1 = très difficile (sehr schwer)
    • 2 = plutôt difficile (eher schwer)
    • 3 = moyennement / mi-figue mi-raisin (teils-teils)
    • 4 = plutôt facile (eher leicht)
    • 5 = très facile (sehr leicht)
    • Modalité complémentaire : « ne s’applique pas à ma situation / à ma filière » (trifft auf mich/meinen Studiengang nicht zu)
  • Durée d’administration : Environ 5 à 8 minutes de passation ; temps de dépouillement estimé à 1 minute par voie automatisée.
  • Cotation et calcul des scores :
    • Le calcul s’effectue par sous-échelle en calculant la moyenne non pondérée des items assignés. Les auteurs déconseillent l’utilisation d’un score total composite indifférencié en raison de la nature multidimensionnelle de l’instrument.
    • Tous les items étant orientés de façon homogène, aucune inversion mathématique n’est requise. Un score élevé (tendant vers 5) reflète une perception d’aisance et une bonne adaptation face à l’exigence, tandis qu’un score faible (tendant vers 1) signale une vulnérabilité et une charge d’adaptation élevée.
    • Les réponses « ne s’applique pas » ainsi que les omissions sont traitées comme données manquantes. En cas de valeurs manquantes aléatoires (MCAR), des procédures d’imputation multiple peuvent être mises en œuvre conformément aux recommandations méthodologiques (Lüdtke et al., 2007).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception et validation : Validé et publié entre 2014 et 2017 (projet d’enquête par panel 2015-2018 ; officialisation méthodologique 2017-2019).
  • Statut des droits d’auteur : Propriété intellectuelle des auteurs originaux (Elke Bosse & Caroline Trautwein / Consortium StuFHe). L’instrument est documenté dans le cadre de la recherche publique financée par le BMBF.
  • Tarification : Libre d’accès et gratuit (Open Access à usage scientifique et d’amélioration pédagogique). Aucune redevance commerciale n’est prélevée pour l’utilisation dans le cadre de la recherche académique et des évaluations universitaires internes.
  • Conditions d’utilisation : Utilisation soumise à la citation formelle des publications scientifiques de référence des auteurs. Les modifications du libellé des items ou la suppression de sous-échelles sans justification théorique sont prohibées afin de préserver les propriétés psychométriques de l’instrument.

12. Références / References

  • Becker, M. (2000a). Prüfungsangst und Leistung in der universitären Ausbildung. Roderer Verlag.
  • Becker, M. (2000b). Subjektive Studienleistung und Studienzufriedenheit als Kriterien des Studienerfolgs. Zeitschrift für Pädagogische Psychologie, 14(3), 156–167.
  • Bortz, J., & Döring, N. (2002). Forschungsmethoden und Evaluation für Human- und Sozialwissenschaftler (3e éd.). Springer. https://doi.org/10.1007/978-3-662-07299-8
  • Bosse, E., & Trautwein, C. (2014). Individuelle und institutionelle Herausforderungen der Studieneingangsphase. Zeitschrift für Hochschulentwicklung, 9(5), 41–62. https://doi.org/10.3217/zfhe-9-05/04
  • Bühner, M. (2011). Einführung in die Test- und Fragebogenkonstruktion (3e éd.). Pearson Studium.
  • Cortina, J. M. (1993). What is coefficient alpha? An examination of theory and applications. Journal of Applied Psychology, 78(1), 98–104. https://doi.org/10.1037/0021-9010.78.1.98
  • Flanagan, J. C. (1954). The critical incident technique. Psychological Bulletin, 51(4), 327–358. https://doi.org/10.1037/h0061470
  • Glaser, B. G., & Strauss, A. L. (1967). The discovery of grounded theory: Strategies for qualitative research. Aldine.
  • Heublein, U. (2014). Student drop-out from German higher education institutions. European Journal of Higher Education, 4(3), 247–262. https://doi.org/10.1080/21568235.2014.893524
  • Heublein, U., Ebert, J., Hutzsch, C., Isleib, S., König, R., Richter, J., & Woisch, A. (2017). Zwischen Studienerwartungen und Studienwirklichkeit: Ursachen des Studienabbruchs (Forum Hochschule 1/2017). Deutsches Zentrum für Hochschul- und Wissenschaftsforschung (DZHW).
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer.
  • Lüdtke, O., Robitzsch, A., Trautwein, U., & Köller, O. (2007). Umgang mit fehlenden Werten in der psychologischen und pädagogischen Forschung. Psychologische Rundschau, 58(2), 103–117. https://doi.org/10.1026/0033-3042.58.2.103
  • Muthén, L. K., & Muthén, B. O. (2012). Mplus user’s guide (7e éd.). Muthén & Muthén.
  • Raykov, T. (1997). Estimation of composite reliability for congeneric measures. Applied Psychological Measurement, 21(2), 173–184. https://doi.org/10.1177/01466216970212006
  • Tinto, V. (1975). Dropout from higher education: A theoretical synthesis of recent research. Review of Educational Research, 45(1), 89–125. https://doi.org/10.3102/00346543045001089
  • Trautwein, C., & Bosse, E. (2017). Für die Lehre begeistern? Lehrbezogene Überzeugungen und Zielorientierungen von Lehrenden in der Hochschulbildung. Zeitschrift für Erziehungswissenschaft, 20(3), 481–504. https://doi.org/10.1007/s11618-017-0761-4
  • Westermann, R., Heise, E., Spies, K., & Trautwein, U. (1996). Studienzufriedenheit: Entwicklung und Überprüfung eines Fragebogens. Georg-August-Universität Göttingen.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Inwieweit treffen die folgenden Aussagen auf Ihre persönliche Wahrnehmung Ihres Studiums zu? [To what extent do the following statements apply to your personal perception of your studies?]
Response Scale: Fünfstufiges Antwortformat mit den Optionen 1 = sehr schwer, 2 = eher schwer, 3 = teils-teils, 4 = eher leicht, 5 = sehr leicht. Zusätzlich wurde die Antwortmöglichkeit „trifft auf mich/meinen Studiengang nicht zu“ angeboten.
Scoring / Reverse Items: The instrument comprises 6 subscales: 1. Inhaltliche Überforderung / Academic overload (Items 1-4), 2. Fehlendes Vorwissen / Lack of prior knowledge (Items 5-8), 3. Selbstregulation / Self-regulation demands (Items 9-11), 4. Wissenschaftliches Arbeiten / Academic/scientific working demands (Items 12-14), 5. Organisationale Hürden / Organizational hurdles (Items 15-18), 6. Soziale Integration / Social integration challenges (Items 19-21).
1

Die theoretischen Inhalte im Studium fallen mir schwer.
2

Ich habe Schwierigkeiten, den fachlichen Ausführungen der Lehrenden zu folgen.
3

Das geforderte fachliche Niveau übersteigt meine Fähigkeiten.
4

Die Menge des zu lernenden Stoffs überfordert mich.
5

Mir fehlen wichtige fachliche Grundlagen aus der Schule.
6

Meine schulischen Vorkenntnisse reichen für das Studium nicht aus.
7

Ich muss viele Grundlagen nacharbeiten, die bei anderen vorausgesetzt werden.
8

Wegen Lücken im Vorwissen fällt mir der Einstieg in die Fachinhalte schwer.
9

Es fällt mir schwer, mein Lernen selbstständig zu strukturieren und zu planen.
10

Ich habe Probleme damit, mir meine Zeit für das Studium sinnvoll einzuteilen.
11

Es bereitet mir Schwierigkeiten, mich regelmäßig zum Selbststudium zu motivieren.
12

Das Verfassen wissenschaftlicher Texte stellt mich vor große Probleme.
13

Ich weiß oft nicht genau, wie ich beim wissenschaftlichen Arbeiten vorgehen soll.
14

Das methodische Vorgehen beim wissenschaftlichen Arbeiten fällt mir schwer.
15

Die bürokratischen und organisatorischen Abläufe an der Hochschule verwirren mich.
16

Es fällt mir schwer, die relevanten Formalia und Prüfungsordnungen zu durchschauen.
17

Ich finde mich in den organisatorischen Strukturen der Hochschule nur schlecht zurecht.
18

Die Organisation meines Studienverlaufs empfinde ich als unübersichtlich und kompliziert.
19

Es fällt mir schwer, Anschluss an andere Studierende zu finden.
20

Ich fühle mich an der Hochschule und in meinem Studiengang isoliert.
21

Der Austausch mit Kommilitoninnen und Kommilitonen gelingt mir nur selten.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 16). Instrument de mesure de la perception des exigences d’études (MWS). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=instrument-mesure-perception-exigences-etudes-mws
Looti, Mohammed. “Instrument de mesure de la perception des exigences d’études (MWS).” Base de données de psychologie en français, 16 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=instrument-mesure-perception-exigences-etudes-mws.
Looti, Mohammed. “Instrument de mesure de la perception des exigences d’études (MWS).” Base de données de psychologie en français. octobre 16, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=instrument-mesure-perception-exigences-etudes-mws.