Instrument des Droits Sexuels

L’Instrument des Droits Sexuels (Sexual Rights Instrument, SRI) est une échelle psychométrique de 94 items évaluant les 11 droits sexuels fondamentaux de la WAS.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Instrument des Droits Sexuels (en anglais, Sexual Rights Instrument ou SRI), développé initialement par la sociologue et sexologue Iva Lottes et le chercheur Rex Adkins en 2003, constitue le premier outil psychométrique d’envergure internationale conçu pour opérationnaliser et évaluer l’adhésion individuelle et sociétale aux droits sexuels fondamentaux proclamés par l’Association Mondiale pour la Santé Sexuelle (WAS, alors dénommée World Association of Sexology dans sa Déclaration de Valence de 1999). Composé de 94 items évalués selon une échelle de type Likert en 5 points (allant de « Totalement d’accord » à « Totalement en désaccord »), le SRI évalue de manière exhaustive les 11 droits universels formulés par la WAS, tout en subdivisant le principe fondamental d’équité sexuelle en cinq sous-échelles distinctes ciblant des populations historiquement marginalisées ou vulnérables : les personnes défavorisées sur le plan socio-économique, les personnes homosexuelles (gays et lesbiennes), les personnes en situation de handicap physique, les adolescents et les personnes âgées. En raison du postulat théorique d’indivisibilité et d’interconnexion des droits humains, plusieurs items sont partagés de manière transparente et structurée entre plusieurs sous-échelles, portant à 15 le nombre total de dimensions quantifiables.

Les propriétés psychométriques initiales du SRI ont été établies sur deux échantillons d’étudiants universitaires américains (N = 388 et N = 175). L’instrument présente une cohérence interne satisfaisante à excellente selon les sous-échelles, avec des coefficients alpha de Cronbach s’étendant de .64 à .93 dans l’échantillon principal. La validité de construit est étayée par des corrélations hautement significatives avec l’orientation politique libérale/progressiste, le soutien aux causes féministes, une faible religiosité dogmatique, la valorisation subjective de la sexualité personnelle, ainsi que des différences marquées selon l’expérience de partenariats amoureux et sexuels de même sexe. Le SRI représente une avancée déterminante tant pour l’épidémiologie sociale que pour la sexologie clinique et l’évaluation des politiques de santé publique, fournissant une métrique standardisée des attitudes envers l’intégrité corporelle, l’autonomie procréative et l’accès universel aux soins et à l’éducation sexuelle complète.

2. Mots-clés / Keywords

Droits sexuels, Instrument des Droits Sexuels, Association Mondiale pour la Santé Sexuelle, Déclaration de Valence, Équité sexuelle, Santé sexuelle, Éducation sexuelle complète, Évaluation psychométrique, Attitudes envers la sexualité, Autonomie corporelle, Liberté sexuelle, Droits reproductifs.

3. Auteurs / Authors

L’Instrument des Droits Sexuels a été conçu et validé par :

  • Iva Lottes, Ph.D. : Professeure émérite au Département de Sociologie et d’Anthropologie de l’Université du Maryland, Baltimore County (UMBC), Baltimore, Maryland, États-Unis. Ses recherches pionnières portent sur la sociologie de la sexualité humaine, les attitudes transfrontalières envers les rôles de genre, la victimisation sexuelle, les politiques éducatives en matière de santé sexuelle et la conceptualisation empirique des droits humains appliqués à l’intimité. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Rex Adkins, M.A. : Statisticien et chercheur associé affilié à l’Université du Maryland, Baltimore County (UMBC). Spécialisé dans la modélisation quantitative, la psychométrie avancée et l’évaluation de programmes en sciences sociales et comportementales.

4. Objectif / Purpose

La formalisation des droits sexuels en tant que composante inaliénable et indivisible des droits humains fondamentaux a constitué un tournant paradigmatique majeur à la fin du XXe siècle, marqué notamment par la Conférence internationale sur la population et le développement du Caire (1994), la Conférence de Pékin (1995) et l’adoption formelle de la Déclaration des Droits Sexuels par l’Organisation mondiale de la santé et la World Association for Sexual Health (WAS) en 1999. Malgré cette reconnaissance diplomatique et institutionnelle, le champ de la recherche empirique souffrait d’un déficit criant : l’absence d’un instrument psychométrique standardisé permettant de quantifier le degré d’adhésion des populations civiles, des professionnels de santé et des décideurs politiques à ces préceptes éthiques et juridiques.

L’objectif premier du Sexual Rights Instrument est de combler cette lacune épistémologique en traduisant les 11 principes directeurs de la Déclaration de la WAS en variables opérationnelles mesurables. L’outil a été conçu pour :

  • Mesurer l’adhésion idéologique et comportementale : Évaluer le niveau d’accord explicite envers l’expression sans entrave du potentiel sexuel individuel, l’intégrité somatique, la liberté de choix reproductif et la protection légale des minorités sexuelles.
  • Fournir un diagnostic pour les politiques publiques : Permettre aux épidémiologistes sociaux et aux organisations non gouvernementales de cartographier les résistances culturelles, les préjugés structurels et les déficits d’information touchant l’accès aux soins de santé génésique et sexuelle.
  • Évaluer les interventions éducatives : Mesurer l’impact pré- et post-formation des programmes universitaires, médicaux ou communautaires dédiés à l’éducation sexuelle holistique et aux interventions anti-homophobie.
  • Analyser l’intersectionnalité des discriminations : En isolant cinq sous-échelles d’équité ciblant des populations précaires ou stigmatisées (personnes pauvres, personnes âgées, adolescents, personnes handicapées, minorités homosexuelles), le SRI permet d’identifier précisément les mécanismes de stigmatisation différentielle qui s’exercent sur les corps et les sexualités vulnérables.

Sur le plan théorique, l’instrument part du constat que la reconnaissance des droits sexuels n’est pas une simple somme d’opinions isolées, mais un système cohérent d’attitudes démocratiques et universalistes. Il permet d’étudier comment l’âge, le genre, l’appartenance politique, la ferveur religieuse et l’expérience interpersonnelle modulent l’acceptabilité morale et civique de la diversité sexuelle.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique appréhendé par le SRI est multidimensionnel et reflète la nature interconnectée des droits sexuels. Plutôt que de traiter chaque droit comme une entité hermétique et indépendante, les auteurs adoptent la prémisse philosophique et juridique selon laquelle l’atteinte portée à un droit sexuel compromet irrémédiablement l’exercice des autres. Par conséquent, l’instrument est structuré autour de 15 sous-échelles interconnectées mesurées par les 94 énoncés du questionnaire :

1. Le droit à la liberté sexuelle (Right to Sexual Freedom)

Cette dimension évalue l’acceptation de la pleine expression du potentiel érotique et relationnel des individus, à l’exclusion stricte de toute forme de contrainte, d’exploitation ou de violence. Les items mesurent l’opposition aux lois pénalisant les actes sexuels consentis entre adultes (ex. dépénalisation de la sodomie, items 1 et 42) et la condamnation de l’incursion de l’État dans les pratiques intimes privées.

2. Le droit à l’autonomie sexuelle, à l’intégrité sexuelle et à la sécurité du corps (Right to Sexual Autonomy, Sexual Integrity, and Safety of the Sexual Body)

Composée de 13 items, cette sous-échelle mesure l’affirmation du droit individuel de prendre des décisions souveraines quant à sa vie sexuelle, dans un cadre éthique personnel et social. Elle englobe la protection absolue contre les agressions, le viol, les pressions psychologiques (items 21 et 29), le droit absolu d’interrompre tout rapport intime à n’importe quel stade (item 43) et l’accès à des services abordables de prise en charge des victimes de violences sexuelles (item 34).

3. Le droit à la vie privée sexuelle (Right to Sexual Privacy)

Ce construit (9 items) quantifie l’opposition aux intrusions injustifiées dans la vie intime d’autrui, qu’elles émanent de l’État, des institutions militaires, des médias ou des employeurs. Il aborde la non-divulgation obligatoire de l’orientation sexuelle ou du passé sexuel (items 2, 11 et 53), tout en préservant la distinction entre sphère publique et décisions intimes librement consenties.

4. Le droit à l’équité sexuelle (Right to Sexual Equity)

Conformément aux directives de la WAS, l’équité implique l’absence totale de discrimination fondée sur le sexe, le genre, l’orientation sexuelle, l’âge, la classe sociale, la race ou le handicap. Face à la complexité de ce principe, Lottes et Adkins l’ont décliné en cinq sous-construits empiriques :

  • Équité pour les personnes économiquement défavorisées (Poor People, 5 items) : Soutien au financement public de la contraception, à la gratuité du traitement des infections sexuellement transmissibles (IST) et à la mise à disposition de services de planning familial pour les classes sociales précarisées (items 26, 27, 41, 73, 94).
  • Équité pour les personnes homosexuelles (Gays and Lesbians, 13 items) : Affirmation de l’égalité juridique parfaite entre couples homosexuels et hétérosexuels (mariage civil, adoption, reconnaissance publique ; items 5, 47, 92), rejet des préjugés dégradants et soutien aux initiatives législatives contre les violences homophobes (items 61, 63, 83).
  • Équité pour les personnes en situation de handicap (Handicapped People, 5 items) : Reconnaissance explicite des besoins érotiques et affectifs des personnes vivant avec des déficiences physiques ou sensorielles, droit à l’intimité au sein des structures d’accueil institutionnelles, et formation adéquate des professionnels soignants (items 9, 67, 70, 81, 93).
  • Équité pour les adolescents (Adolescents, 15 items) : Légitimation du besoin d’accès confidentiel à la contraception et aux soins relatifs aux IST sans autorisation parentale préalable punitive (item 22), apprentissage des compétences de négociation du consentement et prévention du harcèlement par les pairs (items 10, 51, 62, 84).
  • Équité pour les personnes âgées (Elderly People, 6 items) : Démantèlement de l’âgisme sexuel, reconnaissance des bienfaits psychologiques et physiologiques de la sexualité chez les seniors, préservation de l’espace privé en maison de retraite et accès au matériel préventif (items 37, 45, 54, 74, 78, 86).

5. Le droit au plaisir sexuel (Right to Sexual Pleasure)

Ce construit (9 items) évalue la vision du plaisir sensuel et érotique — y compris l’autoérotisme et la masturbation tout au long du cycle de vie — comme une source vitale de bien-être physique, psychologique et spirituel, indépendamment de toute finalité reproductive (items 4, 14, 56, 65, 69, 79, 88).

6. Le droit à l’expression sexuelle émotionnelle (Right to Emotional Sexual Expression)

Mesure la reconnaissance du fait que la sexualité transcende le strict réflexe physique ou l’orgasme pour constituer un canal privilégié d’intimité, de tendresse, de communication verbale et tactile, d’imaginaire fantasmatique et d’attachement affectif mutuel (items 13, 46, 50, 55, 91).

7. Le droit à la libre association sexuelle (Right to Sexually Associate Freely)

Évalue la liberté de choisir son état civil, de contracter un mariage ou de refuser le mariage, de divorcer librement sans pénalités financières disproportionnées, de choisir la cohabitation hors mariage et de définir ses relations intimes consensuelles (items 12, 25, 30, 31, 39).

8. Le droit aux choix reproductifs libres et responsables (Right to Make Free and Responsible Reproductive Choices)

Regroupant 18 items, ce construit fondamental examine le soutien au droit d’avoir ou non des enfants, d’en déterminer le nombre et l’espacement, d’avoir accès sans entrave à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) sûre et légale (items 32, 71, 80, 90), ainsi qu’à la procréation médicalement assistée pour les personnes lesbiennes (item 85).

9. Le droit à l’information sexuelle fondée sur la recherche scientifique (Right to Sexual Information Based Upon Scientific Inquiry)

Évalue la conviction que les savoirs relatifs à la sexualité doivent être générés par des protocoles scientifiques éthiques et diffusés rigoureusement dans la société civile et les médias, sans censure idéologique ni distorsion religieuse (items 7, 18, 44, 58, 77).

10. Le droit à l’éducation sexuelle complète (Right to Comprehensive Sexuality Education)

Composée de 27 items, cette sous-échelle majeure explore la vision de l’éducation sexuelle comme un continuum émancipateur débutant dès l’enfance et impliquant l’école publique et l’ensemble des institutions sociales. Elle intègre l’apprentissage de la diversité relationnelle, la négociation du consentement, la réduction de la culpabilité et la transmission des mesures prophylactiques (items 8, 28, 33, 48, 66, 76, 89).

11. Le droit aux soins de santé sexuelle (Right to Sexual Health Care)

Cette échelle (11 items) mesure le degré d’exigence quant à la disponibilité, la gratuité et la qualité des services médicaux dédiés à la prévention, au diagnostic et au traitement de l’ensemble des préoccupations, pathologies et dysfonctions sexuelles (items 20, 27, 41, 49, 59, 73).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de l’Instrument des Droits Sexuels s’ancre à la croisée de la philosophie des droits humains, de la sociologie critique de la sexualité et des paradigmes de santé publique promus par les grandes agences internationales. Trois cadres conceptuels majeurs structurent son architecture :

1. La Déclaration des Droits Sexuels de l’Association Mondiale pour la Santé Sexuelle (WAS, 1999)

Le pilier épistémique premier du SRI réside dans la Déclaration adoptée au 14e Congrès mondial de sexologie à Hong Kong en 1999, elle-même issue de la Déclaration de Valence de 1997. Ce cadre postule que la sexualité est un aspect constitutif et indissociable de l’humanité, qui s’exprime à travers des sentiments, des désirs, des croyances et des rôles. Selon la WAS, la santé sexuelle ne peut être atteinte sans la garantie pleine et entière des droits sexuels. Ces droits s’inscrivent dans la droite ligne de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).

2. Le principe d’indivisibilité, d’interdépendance et d’interconnexion des droits

En philosophie politique et en droit international (notamment réaffirmé lors de la Conférence mondiale sur les droits de l’homme de Vienne en 1993), les droits de l’homme sont proclamés universels, indissociables et interdépendants. Lottes et Adkins (2003) ont rigoureusement intégré cette dynamique systémique dans la construction du SRI. En refusant le dogme psychométrique traditionnel de l’orthogonalité stricte et du cloisonnement mutuellement exclusif des énoncés, les auteurs assument que certains items mesurent conjointement plusieurs facettes éthiques. Par exemple :

  • L’accès à l’information sur la fertilité pour les adolescentes appartient simultanément au champ de l’équité pour les adolescents, au droit aux choix reproductifs et au droit à l’éducation sexuelle complète.
  • La liberté d’avoir des rapports sexuels consentis entre adultes sans incrimination judiciaire chevauche le droit à la liberté sexuelle, le droit à la vie privée et la libre association.

Cette structure partagée reflète la réalité phénoménologique de l’oppression et de l’émancipation sexuelles : la restriction de la liberté d’expression corporelle d’un groupe mine de facto l’autonomie et l’équité globale de toute la structure sociétale.

3. La théorie sociologique de la stratification sexuelle et de l’oppression normative

L’instrument mobilise implicitement les théories sociologiques de Gayle Rubin (concept de « hiérarchie des sexualités » et de cercle enchanté de la sexualité légitime) et de Michel Foucault sur la biopolitique et le contrôle institutionnel des corps. En isolant des échelles spécifiques pour les personnes en situation de handicap, les populations âgées ou les minorités sexuelles, le SRI opérationnalise l’analyse des mécanismes de régulation sociale par lesquels les sociétés patriarcales et hétéronormatives dénient la corporéité et la subjectivité érotique des individus s’écartant du modèle idéal du jeune adulte hétérosexuel, valide et économiquement productif.

7. Validité / Validity

La validation empirique du Sexual Rights Instrument a fait l’objet d’un protocole méthodologique exhaustif déployé auprès de deux cohortes indépendantes d’étudiants d’une université d’État du nord-est des États-Unis (Échantillon 1 : N = 388, âge moyen = 26,5 ans ; Échantillon 2 : N = 175, âge moyen = 28,6 ans), documenté par Lottes et Adkins (2003).

Validité de contenu et d’experts

La formulation initiale du pool d’items a combiné la création d’items originaux et l’intégration judicieuse de 19 items issus d’échelles de référence reconnues : l’Attitudes Toward Sexuality Scale (Fisher & Hall, 1998), l’Abortion Attitude Scale (Berne, 1998), l’Aging Sexual Knowledge and Attitudes Scale (White, 1998), la Sexuality Attitudes Scale (Hudson, Murphy, & Nurius, 1983), l’Homophobic Behavior of Students Scale (Van de Ven et al., 1998) et le Family Life Sex Education Goal Questionnaire (Godin et al., 1998). L’ensemble du protocole a été soumis à l’évaluation critique d’un sexologue expert des droits sexuels internationaux, conduisant à des révisions syntaxiques ciblées garantissant une validité d’apparence et de contenu optimale.

Validité de construit (convergente et discriminante)

La validité de construit des 15 sous-échelles a été corroborée par l’analyse des corrélations bivariées avec plusieurs critères sociopolitiques et psychologiques théorisés, ainsi que par la méthode des groupes connus :

  • Orientation politique et conservatisme : Des corrélations négatives hautement significatives (p < .001) ont été observées de façon consistante entre l’adhésion aux droits sexuels et les attitudes politiques conservatrices. Les individus soutenant les politiques de droite affichaient des scores substantiellement plus bas sur les échelles d’IVG, d’équité pour les homosexuels et d’éducation sexuelle scolaire.
  • Religiosité : Une religiosité élevée (mesurée par la fréquence de pratique et l’importance accordée aux dogmes religieux) s’est avérée fortement prédictive d’un rejet des droits reproductifs, du droit au plaisir autoérotique et de la libre association (divorce, cohabitation).
  • Attitudes féministes : Des corrélations positives robustes ont confirmé que l’adhésion aux causes féministes s’accompagne d’une revendication intransigeante de l’autonomie corporelle, du consentement, de l’intégrité somatique et de l’accès universel à la régulation des naissances.
  • Valorisation personnelle de la sexualité : Les participants attribuant une valeur existentielle élevée à l’épanouissement sexuel dans leur équilibre de vie personnel ont obtenu des scores significativement plus hauts sur les échelles de plaisir, d’expression émotionnelle et de liberté sexuelle.

Méthode des groupes connus

Les analyses inférentielles (tests t de Student) ont révélé des écarts de moyennes hautement significatifs (p < .001) entre les participants ayant exclusivement eu des partenaires hétérosexuels et ceux ayant eu au moins une expérience sexuelle ou relationnelle avec un partenaire de même sexe. Ces derniers manifestaient une adhésion remarquablement supérieure non seulement sur la sous-échelle d’équité envers les gays et lesbiennes, mais également sur l’ensemble des dimensions de liberté, de confidentialité et de choix reproductifs, confirmant le pouvoir discriminant de l’instrument.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité et la cohérence interne des 15 sous-échelles du SRI ont été évaluées de manière indépendante au sein des deux échantillons universitaires à travers le calcul du coefficient alpha de Cronbach (Lottes & Adkins, 2003). Les résultats mettent en évidence une consistance interne globale tout à fait robuste, oscillant de modérée à excellente en dépit de la concision de certaines sous-échelles :

Sous-échelle / Droit évalué Nombre d’items Alpha (Échantillon 1, N=388) Alpha (Échantillon 2, N=175)
Liberté sexuelle 4 .72 .65
Autonomie et sécurité sexuelle 13 .84 .79
Vie privée sexuelle 9 .71 .57
Équité : Personnes économiquement défavorisées 5 .77 .81
Équité : Gays et lesbiennes 13 .93 .92
Équité : Personnes handicapées 5 .75 .75
Équité : Adolescents 15 .87 .83
Équité : Personnes âgées 6 .74 .72
Plaisir sexuel 9 .83 .82
Expression sexuelle émotionnelle 7 .64 .67
Libre association sexuelle 11 .83 .72
Choix reproductifs responsables 18 .90 .85
Information scientifique 10 .82 .79
Éducation sexuelle complète 27 .91 .90
Soins de santé sexuelle 11 .86 .86

Les coefficients démontrent une stabilité exemplaire à travers les deux réplications d’échantillonnage. Les sous-échelles majeures telles que « Équité : Gays et lesbiennes » (α = .93 et .92), « Éducation sexuelle complète » (α = .91 et .90) et « Choix reproductifs » (α = .90 et .85) atteignent des niveaux de précision psychométrique remarquables. Les légères fluctuations relevées pour la « Vie privée » (.57 dans l’échantillon 2) et l’« Expression émotionnelle » (.64 et .67) s’expliquent théoriquement par le nombre restreint d’items et l’hétérogénéité intrinsèque des objets sociaux recouverts (e.g., secret médical de l’adolescent vs vie intime des figures politiques).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structuration factorielle de l’Instrument des Droits Sexuels reflète une complexité inhérente aux modèles de mesure en sciences sociales où l’interdépendance théorique des dimensions prévaut sur le réductionnisme statistique. Contrairement aux échelles psychologiques univoques construites pour extraire des facteurs orthogonaux totalement étanches, le SRI a été opérationnalisé à partir d’une approche confirmatoire descendante guidée par la charte politique et juridique de la WAS de 1999.

Les analyses factorielles exploratoires menées durant les phases initiales de validation ont mis en évidence la présence d’un facteur général d’ordre supérieur (g-factor d’idéologie sexuelle libérale et progressiste) qui sous-tend la vaste majorité des énoncés. Ce méta-facteur capture la disposition psychologique fondamentale d’un individu à valoriser l’autodétermination humaine et à répudier l’assujettissement légal ou moral des conduites intimes.

Néanmoins, les factorisations multidimensionnelles ont nettement individualisé des constellations thématiques hautement cohérentes :

  • Facteur de non-discrimination des minorités : Regroupant de très fortes saturations factorielles (> .70) pour les items relatifs aux droits des minorités sexuelles (items 5, 47, 61, 63, 68, 83, 92).
  • Facteur d’éducation et de responsabilité sociale : Regroupant les items portant sur le rôle des institutions scolaires et médicales dans la dissémination des savoirs objectifs, de la prophylaxie des IST et de la prévention des violences (items 10, 19, 24, 28, 33, 44, 76).
  • Facteur d’autodétermination reproductive : Caractérisé par des saturations élevées autour de la légalité et de l’accessibilité de l’avortement et des moyens modernes de contraception (items 26, 32, 71, 80, 90).
  • Facteur de légitimation du plaisir : Saturant sur la normalité de la masturbation à tous les âges de la vie et le refus de la stigmatisation du désir hédonique (items 56, 65, 79, 88).

Les auteurs soulignent que le chevauchement assumé de certains items entre sous-échelles prévient l’utilisation d’une rotation strictement orthogonale (de type Varimax), justifiant pleinement l’usage de rotations obliques (Promax ou Oblimin) lors de modélisations structurelles, afin d’autoriser les corrélations naturelles entre ces dimensions mutuellement dépendantes.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Instrument des Droits Sexuels est un auto-questionnaire standardisé sur support papier ou informatisé administrable à toute population adulte. Ses caractéristiques opérationnelles sont structurées comme suit :

  • Type de passation : Auto-administration individuelle ou collective (sur support papier/crayon avec grilles de lecture optique, ou sous format électronique en ligne).
  • Nombre total d’items : 94 énoncés rédigés sous forme d’affirmations déclaratives. Les items sont délibérément mélangés dans le protocole afin d’éviter les biais de halo ou d’ancrage consécutif sur un même droit.
  • Format des réponses : Échelle de Likert à 5 échelons :
    • SA = Strongly Agree (Totalement d’accord)
    • A = Agree (D’accord)
    • N = Neither Agree nor Disagree (Ni d’accord ni en désaccord)
    • D = Disagree (En désaccord)
    • SD = Strongly Disagree (Totalement en désaccord)
  • Durée moyenne de passation : Environ 40 minutes sont nécessaires pour renseigner l’ensemble des 94 items de manière réfléchie.
  • Modalités de cotation (Scoring) :
    • Les choix de réponses sont codés de 1 à 5. Un score numérique plus élevé traduit systématiquement une adhésion plus forte au droit sexuel considéré.
    • Pour les énoncés formulés dans le sens du soutien au droit, le barème direct est appliqué : Strongly Agree = 5, Agree = 4, Neither = 3, Disagree = 2, Strongly Disagree = 1.
    • Items inversés (*) : Un nombre substantiel d’items (indiqués par un astérisque dans la grille de dépouillement) expriment une restriction, un refus de droit ou une opinion conservatrice/répressive. Ces énoncés doivent impérativement faire l’objet d’un recodage inversé préalable avant tout calcul (1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, et 5 devient 1).
    • Le score pour chaque sous-échelle s’obtient en sommant les scores des items correspondants (après inversion des items concernés). Les scores peuvent être conservés sous forme de sommes brutes ou convertis en moyennes d’échelle (de 1 à 5) pour faciliter les comparaisons inter-échelles.

Matrice de correspondance des 15 sous-échelles

La composition détaillée des sous-échelles et les items à cotation inversée (*) se répartissent selon la distribution officielle suivante :

  • Liberté sexuelle (4 items) : 1*, 16*, 42, 60*
  • Autonomie et sécurité sexuelle (13 items) : 10*, 15, 21, 24*, 28*, 29*, 34*, 35*, 36*, 43*, 61*, 72*, 84*
  • Vie privée sexuelle (9 items) : 1*, 2, 11, 16*, 22, 53, 60*, 62, 78
  • Équité : Pauvreté (5 items) : 26*, 27*, 41*, 73*, 94
  • Équité : Gays et lesbiennes (13 items) : 3, 5*, 8*, 11, 15, 23*, 47*, 61*, 63, 68, 75, 83, 92
  • Équité : Handicap (5 items) : 9, 67, 70*, 81*, 93*
  • Équité : Adolescents (15 items) : 10*, 19*, 22, 28*, 35*, 36*, 40*, 51*, 52*, 57*, 62, 72*, 76*, 84*, 89*
  • Équité : Personnes âgées (6 items) : 37, 45*, 54, 74*, 78, 86*
  • Plaisir sexuel (9 items) : 4*, 14*, 56, 64, 65*, 69, 79*, 87, 88*
  • Expression émotionnelle (7 items) : 13*, 23*, 45, 46, 50*, 55*, 91*
  • Libre association (11 items) : 1*, 5*, 8*, 12, 16*, 25*, 30*, 31, 39, 47, 60
  • Choix reproductifs responsables (18 items) : 6, 17*, 19*, 26*, 32*, 40*, 51*, 52*, 62, 71, 76*, 80, 82*, 85*, 86*, 90*, 92, 94
  • Information scientifique (10 items) : 6, 17*, 19*, 33*, 38, 44*, 57*, 58*, 66, 77*
  • Éducation sexuelle complète (27 items) : 6, 7*, 8*, 10*, 17*, 18, 19*, 24*, 28*, 33*, 35*, 36, 38, 40*, 44*, 48, 52*, 57*, 58*, 66, 70*, 72*, 74*, 76*, 81*, 83, 89*
  • Soins de santé sexuelle (11 items) : 20*, 26*, 27*, 43*, 47*, 49, 58*, 59, 72*, 77*, 94

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2003 (formalisation des travaux entrepris à partir de la déclaration de la WAS de 1999).
  • Statut du copyright et droits d’auteur : Propriété intellectuelle d’Iva Lottes et Rex Adkins (2003). L’article de référence a été publié dans The Journal of Sex Research (Taylor & Francis / Society for the Scientific Study of Sexuality).
  • Conditions d’utilisation et politique tarifaire : L’instrument a été placé par ses auteurs dans le domaine de la recherche académique sans frais d’acquisition (libre d’accès pour les chercheurs, universitaires, étudiants et professionnels de santé à des fins de recherche non commerciale ou d’évaluation de programmes éducatifs).
  • Obligations d’usage : L’administration du questionnaire requiert la citation appropriée de l’article fondateur (Lottes & Adkins, 2003). Toute modification, traduction linguistique ou intégration dans des protocoles numériques commerciaux nécessite l’autorisation formelle de l’auteur principal.

12. Références / References

Les publications de référence encadrant l’élaboration psychométrique et les sources du questionnaire incluent :

  • Berne, L. (1998). Abortion Attitude Scale. In C. M. Davis, W. L. Yarber, R. Bauserman, G. Schreer, & S. L. Davis (Eds.), Handbook of sexuality-related measures (pp. 1–2). Sage Publications.
  • Fisher, T., & Hall, R. (1998). Attitudes Toward Sexuality Scale. In C. M. Davis, W. L. Yarber, R. Bauserman, G. Schreer, & S. L. Davis (Eds.), Handbook of sexuality-related measures (pp. 32–33). Sage Publications.
  • Godin, S., Frank, S., & Jacobson, S. (1998). Family Life Sex Education Goal Questionnaire. In C. M. Davis, W. L. Yarber, R. Bauserman, G. Schreer, & S. L. Davis (Eds.), Handbook of sexuality-related measures (pp. 203–205). Sage Publications.
  • Hudson, W. W., Murphy, G. J., & Nurius, P. S. (1983). A short-form scale to measure liberal vs. conservative orientations toward human sexual expression. The Journal of Sex Research, 19(3), 258–272. https://doi.org/10.1080/00224498309551187
  • Klein, D. (1998). The Sexuality Education Program Feature/Program Outcome Inventory. In C. M. Davis, W. L. Yarber, R. Bauserman, G. Schreer, & S. L. Davis (Eds.), Handbook of sexuality-related measures (pp. 206–208). Sage Publications.
  • Lottes, I. L., & Adkins, C. R. (2003). The construction and psychometric properties of an instrument to assess support for sexual rights. The Journal of Sex Research, 40(3), 286–295. https://doi.org/10.1080/00224490309552192
  • Van de Ven, P., Bornholt, L., & Bailey, M. (1998). Homophobic Behavior of Students Scale. In C. M. Davis, W. L. Yarber, R. Bauserman, G. Schreer, & S. L. Davis (Eds.), Handbook of sexuality-related measures (pp. 369–370). Sage Publications.
  • White, C. B. (1998). Aging Sexual Knowledge and Attitudes Scale. In C. M. Davis, W. L. Yarber, R. Bauserman, G. Schreer, & S. L. Davis (Eds.), Handbook of sexuality-related measures (pp. 66–69). Sage Publications.
  • World Association of Sexology. (1999). Declaration of sexual rights. Adopted at the 14th World Congress of Sexology, Hong Kong. WAS.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Circle the response that best corresponds to your view about each statement using the following choices:
1

There should be no laws prohibiting sexual acts between consenting adults.
2

Candidates for public office should be willing to disclose their sexual histories to the public.
3

The federal government has done enough already to eliminate discrimination against gay men.
4

A pleasurable sex life is very important to the vast majority of men’s overall sense of well-being.
5

Homosexual couples should have the same legal rights as married couples.
6

Women do NOT need to be educated about the most up to date means of fertility regulation/contraception.
7

It is a responsibility of the media, including TV and the Internet, to inform people about scientific research relating to contraception/birth control.
8

Sex education courses in public high schools should discuss issues related to sexual orientation.
9

It is unreasonable to try to provide ways for physically handicapped people to enjoy their sexuality.
10

High school students should be taught negotiating skills enabling them to avoid unwanted sexual activities.
11

It is still important to investigate the sexual orientation (that is, finding out if they are gay, lesbian, or bisexual) of those people working in any branch of the armed forces.
12

Laws should make it financially difficult for married couples with children to get divorced.
13

It is perfectly normal to have sexual fantasies.
14

A pleasurable sex life is very important to the vast majority of women’s overall sense of well- being.
15

National policy has successfully protected lesbians from discrimination.
16

What two consenting adults do together sexually is their business.
17

Men should be educated about the most up-to-date means of fertility regulation/contraception.
18

It is NOT the obligation of the media to inform the public about the harmful effects and treatment of sexually transmitted diseases.
19

Teenagers should be given up-to-date information on how to avoid becoming a parent before they are ready.
20

Health insurance companies should routinely cover the majority of costs to treat the most common and curable sexually transmitted diseases.
21

It is acceptable to put pressure on someone to participate in a sexual activity that was initially refused.
22

Health care professionals should have to get parental consent before treating an adolescent (<18) for a sexually transmitted disease.
23

It should be acceptable for gay men to hold hands in public.
24

The media, including TV and the Internet, should take a major role in educating people about the harmful effects of sexual abuse on its victims.
25

It should be socially acceptable for two people to live together without being married.
26

Low-income women should be given financial assistance for the purchase of contraception.
27

There should be a place where uninsured people with low incomes can get immediate treatment for curable sexually transmitted diseases.
28

Young children (<12) need to be taught ways to help them minimize their risk of being sexually abused.
29

It is wrong to psychologically pressure someone to engage in sexual activity.
30

Laws giving cohabiting couples the same legal opportunities as married couples, with respect to health insurance, need to be enacted.
31

If a non-married couple conceives a child, they should get married.
32

Safe and legal abortions should be available to all women, before the 4th month of pregnancy.
33

Sex education courses in high school should help adolescents understand how different ethnic and cultural groups vary in sexual beliefs and behaviors.
34

Affordable health services should be available to help victims recovering from sexual abuse.
35

Public high schools should provide programs to try to eliminate forms of non-consensual sexual activity.
36

The media should provide examples demonstrating to young people how to say ‘No’ to unwanted sexual activity.
37

Sexual activity for senior citizens should be discouraged.
38

Sex education should be restricted to the home.
39

It is much too easy to get a divorce in the United States.
40

Teenage girls should be educated in high school about how sexually transmitted diseases influence their ability to get pregnant.
41

Policies in the United States should enable health providers to offer all people affordable diagnosis and treatment of sexually transmitted diseases.
42

I approve of state laws which make anal sex illegal.
43

A person should be able to stop a sexual interaction at any point, no matter how far that sexual interaction has gone.
44

Sexuality instructors should have training in the health, social, cultural, and biological aspects of sexuality.
45

Sexual activity is often psychologically beneficial for older (>65) people.
46

For most people, emotional expression is of little value to their long-term sexual relationships.
47

The union of homosexual couples deserves some form of public recognition.
48

Sex education should only be given to people ready for marriage.
49

The government already contributes enough for the health care of its citizens.
50

Sexual activity is typically a lifelong need.
51

It should be easy for teenagers to get contraceptives.
52

Teenage girls should be educated in high school about the harmful effects of a mother’s sexually transmitted disease or her drug use on her baby.
53

The media should be able to report on the sexuality of any person.
54

Nursing homes should restrict the sexual activities of their residents.
55

Sexual intimacy provides a way for many people to express their love for their partner.
56

Self-masturbation as an adult is juvenile and immature.
57

Teenagers should be taught ways to reduce their risk for getting a sexually transmitted disease.
58

Physicians should be educated on how illnesses and their treatments affect a patient’s sexual response.
59

The government should NOT help small businesses provide health insurance for their employees.
60

It is wrong to investigate the sexual activities of two consenting adults.
61

I would sign my name to a petition asking the government to protect gay men from physical violence.
62

Parents should be informed if their children (<18) have been to a health professional to obtain a contraceptive device.
63

Heterosexual men have more positive characteristics than gay men.
64

Women who emphasize sexual pleasure in their lives overlook life’s more important pursuits.
65

Self-masturbation in childhood can help a person develop a natural and healthy attitude toward sex.
66

It is the duty of parents and NOT the schools to provide sex education for their children.
67

Physically handicapped people should NOT have sex.
68

Too much social approval has been given to gay men.‌
69

Self-masturbation by a person who is married is NOT healthy.
70

Sexuality courses should be provided for those who are disabled.
71

Abortion is wrong, no matter what the circumstances are.
72

Sex education courses in high school should help adolescents express their desire NOT to be involved sexually if they do NOT wish to be.
73

The government should provide more financial assistance to hospitals and doctors to help cover the cost of the health care of poor people.
74

Care takers of the aged should be educated about the sexual needs of their patients.
75

Homosexual men are treated justly in our society.
76

Sex education courses in high school should help adolescents use protection (condom/birth control) if they plan to have intercourse.
77

Physicians should communicate to patients how illnesses and their treatments affect sexual response.
78

Nursing homes have no obligation to provide privacy for residents who wish to express their sexuality, either alone or with their partner.
79

Self-masturbation in private should be considered a normal and healthy activity for adolescents.
80

The Supreme Court should make abortion illegal in the United States.
81

Care takers of the disabled should be educated about the sexual needs of their patients.
82

I believe contraceptive use is a responsibility for both men and women.
83

Heterosexual women have more positive characteristics than lesbians.
84

Sex education courses in high school should help adolescents deal with the negative aspects of peer pressure
85

Artificial insemination should be available to lesbians.
86

Nursing homes should provide condoms for their residents.
87

Men who emphasize sexual pleasure in their lives overlook life’s more important pursuits.
88

Adults who self-masturbate in private should be considered normal and healthy.
89

Adolescents in high school should be taught skills to reduce guilt and fear about sexual issues.
90

The final decision to have an abortion should be up to the pregnant woman.
91

Sexual relationships provide an important and fulfilling part of life for most people.
92

Gay men should NOT be able to adopt children.
93

Institutions for the physically disabled should provide privacy to allow residents to engage in sexual activities.
94

The government does NOT need to provide family planning services to low-income women.
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Looti, M. (2026, octobre 17). Instrument des Droits Sexuels. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=instrument-des-droits-sexuels
Looti, Mohammed. “Instrument des Droits Sexuels.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=instrument-des-droits-sexuels.
Looti, Mohammed. “Instrument des Droits Sexuels.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=instrument-des-droits-sexuels.