Instrument de socialisation sexuelle

L’Instrument de socialisation sexuelle (SSI) d’Ilsa L. Lottes et Peter J. Kuriloff évalue les influences permissives exercées par les parents et les pairs sur la vie sexuelle des adolescents et jeunes adultes. Découvrez ses échelles, sa fidélité et ses applications de recherche.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Instrument de socialisation sexuelle (Sexual Socialization Instrument ou SSI), conçu et validé par Ilsa L. Lottes et Peter J. Kuriloff, est un outil psychométrique multidimensionnel élaboré pour évaluer l’intensité et l’orientation des influences permissives exercées par les agents de socialisation fondamentaux — en l’occurrence les parents et le groupe de pairs — sur les attitudes et conduites sexuelles des adolescents et jeunes adultes universitaires. Dans le cadre de cet instrument, la permissivité sexuelle renvoie spécifiquement à la tolérance, l’acceptation et l’encouragement des interactions sexuelles hors mariage, englobant aussi bien les relations intimes ponctuelles ou sans engagement affectif (rencontres occasionnelles, casual sex) que les liaisons durables. À l’inverse, une socialisation non permissive prône l’abstinence ou réserve strictement l’activité sexuelle aux relations monogames, stables et fondées sur l’amour romantique.

Le SSI est structuré en deux échelles distinctes mais complémentaires : l’Échelle de socialisation sexuelle parentale (Parental Sexual Socialization Scale) et l’Échelle de socialisation sexuelle des pairs (Peer Sexual Socialization Scale). L’instrument se décline sous deux formats : une forme abrégée (comprenant 4 items parentaux et 6 items de pairs, soit 10 items au total) et une forme longue (comprenant 8 items parentaux et 12 items de pairs, totalisant 20 items). Chaque énoncé est évalué à l’aide d’une échelle de type Likert en 5 points, allant de Fortement d’accord (1) à Fortement en désaccord (5), faisant l’objet d’un recodage spécifique pour les 11 items inversés afin qu’un score cumulé élevé traduise une socialisation sexuelle hautement permissive.

Sur le plan métrologique, les études longitudinales initiales menées auprès de 557 étudiants de première année puis de 303 étudiants en fin de cursus universitaire ont documenté une consistance interne satisfaisante, passant pour les formes courtes de α = 0,60 en première année à α = 0,73 (parents) et α = 0,70 (pairs) chez les étudiants seniors. La forme longue présente une excellente homogénéité avec des coefficients α de Cronbach atteignant respectivement 0,78 et 0,85. La validité de construit, démontrée par des corrélations convergentes avec la précocité des rapports sexuels, le nombre de partenaires et l’appartenance à des fraternités étudiantes, confirme la robustesse du SSI pour la recherche en psychologie sociale, en sociologie de la sexualité et en prévention des conduites sexuelles à risque.

2. Mots-clés / Keywords

Socialisation sexuelle, permissivité sexuelle, influence parentale, influence des pairs, jeunes adultes, attitudes sexuelles, psychométrie, échelle Likert, comportement sexuel, sexualité émergente.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conceptualisé et investigué empiriquement par deux chercheurs de premier plan dans l’analyse des processus de socialisation et des dynamiques relationnelles en milieu universitaire :

  • Ilsa L. Lottes, Ph.D. : Département de sociologie et d’anthropologie, University of Maryland, Baltimore County (UMBC), Baltimore, Maryland, États-Unis. Spécialiste de la sociologie de la sexualité, de l’égalité de genre et des attitudes sexuelles transculturelles. Correspondance : [email protected].
  • Peter J. Kuriloff, Ed.D. : Graduate School of Education, University of Pennsylvania, Philadelphie, Pennsylvanie, États-Unis. Psychologue et chercheur reconnu pour ses travaux longitudinaux sur le développement psychosocial, les dynamiques scolaires et l’agression sexuelle en milieu collégial.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du Sexual Socialization Instrument (SSI) est de quantifier avec précision la nature des influences normatives et comportementales transmises par les deux vecteurs primordiaux de socialisation durant la transition vers l’âge adulte (emerging adulthood) : les parents et les pairs. Historiquement, l’étude de l’entrée dans la sexualité a souvent souffert d’un cloisonnement méthodologique, opposant de façon simpliste le contrôle parental d’un côté et la pression des pairs de l’autre. Le SSI a été explicitement forgé pour surmonter cette dichotomie en offrant une métrique standardisée capable d’évaluer de manière concomitante l’ouverture et la permissivité des messages perçus émanant de ces deux sphères d’influence distinctes.

Dans la perspective de Lottes et Kuriloff, la permissivité ne se résume pas à l’absence de contraintes ; elle caractérise un continuum sociocognitif qui s’étend d’une doctrine restrictive — exigeant l’abstinence ou subordonnant la légitimité de l’acte sexuel à l’existence d’une relation amoureuse conjugale ou quasi-maritale exclusive — à une doctrine libérale acceptant, voire valorisant, l’exploration sexuelle récréative et pluraliste. Mesurer ces influences permet de répondre à plusieurs enjeux théoriques et pratiques capitaux :

  • Compréhension des trajectoires comportementales : L’outil sert à identifier la manière dont les messages implicites et explicites façonnent l’âge du premier rapport sexuel (age of first intercourse), la fréquence des relations intimes et le cumul des partenaires sexuels.
  • Recherche sur les violences et inconduites sexuelles : Déployé au sein de cohortes universitaires, le SSI a été conçu pour alimenter des modèles socioculturels explicatifs de l’insensibilité au viol (rape callousness) et des agressions sexuelles. Il permet de mesurer comment la valorisation de la conquête sexuelle au sein de micro-cultures de pairs (notamment les fraternités étudiantes nord-américaines) interagit avec une socialisation familiale permissive ou désengagée pour accroître les attitudes toxiques ou prédatrices.
  • Évaluation des programmes de santé sexuelle : En milieu clinique, éducatif ou préventif, l’instrument fournit un diagnostic précieux des croyances normatives intériorisées par les adolescents et jeunes adultes, facilitant la mise en place d’interventions ciblées sur la communication intrafamiliale, la gestion de la pression de conformité au groupe et l’établissement d’un consentement éclairé débarrassé des scripts sexuels coercitifs.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit théorique au centre de l’instrument est la socialisation sexuelle permissive. Il désigne l’ensemble des processus interactifs, communicatifs et observationnels par lesquels un individu intériorise des normes autorisant ou encourageant les rapports intimes en dehors des cadres institutionnels traditionnels (le mariage ou les fiançailles officielles). Cette socialisation ne se limite pas à des déclarations verbales explicites ; elle englobe les sanctions informelles, l’approbation sociale, les plaisanteries, les vantardises et les prescriptions comportementales. L’instrument appréhende ce macro-construit à travers deux dimensions structurales distinctes :

1. La socialisation sexuelle parentale (Parental Sexual Socialization)

Cette sous-échelle évalue les attitudes, attentes et réactions supposées ou effectives des figures parentales (père et mère) face à la vie sexuelle du jeune adulte. Loin d’être monolithique, la socialisation parentale peut transmettre des messages hautement différenciés selon le genre de l’enfant et le rôle respectif du père ou de la mère. Les items explorent :

  • L’approbation ou la désapprobation des partenaires multiples : Le degré perçu d’acceptation par la mère ou le père de rapports sexuels récréatifs ou occasionnels (ex. Item 1 : My mother would have felt okay about my having sex with many different people ; Item 3 : My father would have felt upset if he’d thought I was having sex with many different people).
  • La valorisation du passage à l’acte comme rite de passage : La croyance parentale selon laquelle l’activité sexuelle constitue une étape indispensable et valorisante de la maturation vers l’âge adulte (ex. Item 6 : According to my parents, having sexual intercourse is an important part of my becoming an adult).
  • L’exigence normative de liaison affective : L’insistance parentale sur l’indissociabilité de l’amour, de l’intimité émotionnelle et du coït (ex. Item 9 : My parents stress that sex and intimacy should always be linked).

2. La socialisation sexuelle des pairs (Peer Sexual Socialization)

Cette dimension mesure le climat normatif dominant au sein du réseau amical et relationnel de l’étudiant. Durant l’émergence de l’âge adulte, les pairs deviennent souvent le groupe de référence primaire pour la validation de l’identité de genre et du statut social. La sous-échelle sonde les facettes suivantes :

  • La valorisation statutaire de la performance sexuelle : L’attribution de prestige social et de reconnaissance aux hommes ou aux femmes possédant une vaste expérience sexuelle (ex. Item 4 : Among my friends, men who have the most sexual experience are the most highly regarded ; Item 18 : Among my friends, women who have the most sexual experience are the most highly regarded).
  • La culture discursive et la vantardise : La liberté de parole et la propension à raconter ou se vanter de ses exploits sexuels au sein du groupe (ex. Item 8 : My friends and I enjoy telling each other about our sexual experiences ; Item 14 : My friends brag about their sexual exploits).
  • La légitimation de l’instrumentalisation d’autrui : L’acceptation du recours à l’alcool comme facilitateur de séduction et la banalisation des relations purement sexuelles avec des partenaires perçus comme « faciles » (ex. Item 11 : Among my friends alcohol is used to get someone to sleep with you ; Item 13 : My friends approve of being involved with someone just for sex).
  • Les normes restrictives des pairs (items inversés) : Le malaise face aux discussions sexuelles ou la désapprobation formelle des partenaires multiples et des relations hors engagement (ex. Item 7 : Most of my friends don’t approve of having multiple sexual partners ; Item 10 : Most of my friends believe that you should only have sex in a serious relationship).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle du Sexual Socialization Instrument prend racine au confluent de trois courants théoriques majeurs de la psychologie et de la sociologie contemporaines :

1. La théorie des scripts sexuels (Gagnon & Simon)

Développée par John Gagnon et William Simon (1973), la théorie des scripts sexuels postule que la conduite sexuelle humaine n’est pas guidée par de simples pulsions biologiques brutes, mais par des scénarios cognitifs et comportementaux appris. Ces scripts opèrent à trois niveaux : les scripts culturels (modèles sociétaux globaux), les scripts interpersonnels (négociations normatives avec les partenaires et les pairs) et les scripts intrapsychiques (fantasmes et désirs intériorisés). Le SSI opérationnalise précisément la médiation par laquelle les scripts culturels généraux sont traduits en scripts interpersonnels concrets par l’entremise des attentes parentales et des prescriptions des groupes d’égaux.

2. La théorie de l’apprentissage social (Bandura)

La théorie de l’apprentissage social — ultérieurement raffinée en théorie sociocognitive par Albert Bandura — stipule que les conduites s’acquièrent largement par modélisation (observation d’autrui), renforcement vicariant et renforcements directs. Dans le SSI, le groupe de pairs fonctionne comme une chambre d’écho de renforcements : lorsque les pairs accordent du prestige aux individus sexuellement expérimentés (renforcement vicariant positif) ou qu’ils désapprouvent les partenaires réputés « faciles » (renforcement négatif), ils modèlent directement les attitudes des adolescents. De même, les sanctions anticipées des parents (« mon père serait contrarié ») constituent des régulateurs comportementaux puissants fondés sur l’anticipation d’expériences émotionnelles aversives.

3. La théorie de la socialisation différentielle selon le genre

Lottes et Kuriloff ont spécifiquement ancré leur démarche dans les théories féministes et sociologiques du double standard sexuel. Ces théories postulent que la socialisation sexuelle masculine encourage traditionnellement l’accumulation de partenaires, la dissociation entre amour et plaisir, et la prouesse érotique comme marqueurs de virilité, tandis que la socialisation féminine continue d’imposer la retenue, la monogamie affective et la vigilance réputationnelle. Les formulations distinctes du SSI (distinguant le statut accordé aux hommes vs aux femmes ayant une grande expérience, ou interrogeant séparément les réactions de la mère et du père) permettent de cartographier la persistance ou l’érosion de ce double standard dans les milieux étudiants.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de validité du SSI ont été minutieusement établies par Lottes et Kuriloff (1994) dans le cadre d’un protocole longitudinal mené au sein d’une université d’élite de la côte Est des États-Unis auprès d’une cohorte suivie de la première année (freshmen, N = 557) à la quatrième année (seniors, N = 303) :

Validité de construit et contrastes de groupes

La validité de construit a été vigoureusement confirmée par la vérification d’hypothèses théoriques a priori relatives aux différences intergroupes :

  • Différences selon le genre : Conformément aux prédictions issues des modèles de genre, les hommes ont rapporté des scores significativement plus élevés de socialisation permissive que les femmes, tant sur l’échelle parentale que sur l’échelle des pairs, et ce aussi bien sur les formes abrégées que sur les formes longues (p < 0,001).
  • Influence des affiliations sous-culturelles (système des fraternités) : L’environnement des fraternités étudiantes nord-américaines est documenté pour cultiver une idéologie masculine hyper-sexualisée. Les résultats démontrent que dès la première année universitaire, les étudiants masculins qui allaient par la suite intégrer une fraternité rapportaient déjà des scores significativement plus élevés sur l’Échelle de socialisation des pairs (forme courte) par rapport à leurs pairs demeurés indépendants. En quatrième année (seniors), cette divergence s’était accentuée : les membres des fraternités affichaient des scores de permissivité des pairs sur la forme longue nettement supérieurs à ceux des non-membres (Lottes & Kuriloff, 1994).

Validité convergente et prédictive

L’instrument a démontré d’excellentes qualités de validité convergente et de critère en lien direct avec les comportements sexuels effectifs des répondants :

  • Nombre de partenaires sexuels : Les scores obtenus aux sous-échelles de socialisation parentale et des pairs présentent des corrélations positives statistiquement très significatives avec le nombre total de partenaires sexuels déclarés au cours de la vie et durant les années universitaires.
  • Âge du premier rapport sexuel : Les scores de permissivité parentale et des pairs sont corrélés négativement de façon significative avec l’âge du premier rapport sexuel complet : plus l’environnement de socialisation perçu est permissif, plus le premier rapport a eu lieu précocement.
  • Lien avec l’insensibilité au viol et la misogynie : Dans les études connexes menées par Bell, Kuriloff et Lottes (1992, 1995), le score global de socialisation permissive des pairs s’est révélé être un prédicteur puissant de l’adhésion aux mythes du viol (rape myths) et de l’insensibilité face aux violences sexuelles subies par les femmes, corroborant la validité écologique de l’instrument pour l’investigation des climats campus toxiques.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité du SSI a fait l’objet d’analyses exhaustives d’homogénéité interne (alpha de Cronbach) et de stabilité temporelle (test-retest longitudinal) :

Consistance interne (α de Cronbach)

Les données psychométriques issues de l’étude princeps mettent en évidence une élévation très nette de la consistance interne lors du passage des formes courtes (administrées en première année) aux formes longues enrichies (administrées aux seniors) :

  • Échantillon de première année (Freshmen, N = 557) : Pour les formes abrégées initiales, les coefficients alpha de Cronbach étaient de α = 0,60 pour l’Échelle de socialisation parentale (4 items) et de α = 0,60 pour l’Échelle de socialisation des pairs (6 items). Bien que modestes, ces valeurs étaient jugées acceptables pour des échelles très brèves destinées à des enquêtes épidémiologiques multidimensionnelles lourdes.
  • Échantillon de quatrième année (Seniors, N = 303) :
    • Formes abrégées résiduelles : Les alphas de Cronbach se sont accrus pour atteindre α = 0,73 (parents) et α = 0,70 (pairs).
    • Formes allongées (Long Forms) : L’adjonction d’items spécifiques ciblant la complexité des normes a permis d’optimiser l’homogénéité de manière spectaculaire : l’Échelle parentale (8 items) atteint un α = 0,78, tandis que l’Échelle des pairs (12 items) atteint un remarquable α = 0,85.

Fidélité test-retest

Dans le sous-échantillon longitudinal de 303 étudiants réévalués après un intervalle substantiel de quatre années d’expérience universitaire, la stabilité temporelle brute (coefficients de corrélation test-retest) était de r = 0,55 pour l’échelle parentale et de r = 0,47 pour l’échelle des pairs. Ces coefficients modérés reflètent fidèlement la réalité développementale : loin d’indiquer une instabilité d’erreur de mesure, ils attestent que la socialisation sexuelle n’est pas un trait figé mais un état dynamique qui évolue au fil de l’émancipation familiale et de l’intégration dans de nouveaux cercles relationnels au cours des années d’études supérieures.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Lors de la conceptualisation et du développement du SSI par Lottes et Kuriloff (1994), les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) ont visé à clarifier la structure bidimensionnelle de l’instrument et à valider l’indépendance relative des sources d’influence :

  • Dualité parentale vs pairs : Les analyses factorielles en composantes principales avec rotation orthogonale (Varimax) et oblique (Oblimin) ont systématiquement extrait deux facteurs majeurs expliquant la majeure partie de la variance des réponses. Le premier facteur agrège l’ensemble des items relatifs aux normes véhiculées par les amis et le groupe d’égaux (valorisation de la drague, recours à l’alcool, partage d’expériences, prestige sexuel), tandis que le second facteur regroupe les énoncés renvoyant aux attitudes présumées du père et de la mère.
  • Charges factorielles : Les items de la forme longue présentent des saturations factorielles solides (généralement comprises entre 0,45 et 0,78 sur leur facteur primaire respectif), avec un niveau de trans-saturation (cross-loading) minimal entre la sphère parentale et la sphère des pairs. Les items inversés — notamment ceux portant sur l’impératif d’intimité émotionnelle préalable (Item 9) ou la réprobation des conquêtes multiples (Items 7 et 10) — saturent négativement avec vigueur sur le facteur de permissivité, attestant d’une structure bipolaire cohérente.
  • Validité du score composite global : Bien que les deux échelles soient factoriellement distinctes, elles partagent une covariance positive significative : les individus dont les parents sont très permissifs ont tendance à s’entourer d’amis partageant des normes permissives. De nombreuses études ultérieures (Bell et al., 1992 ; Kuriloff, Lottes & Bell, 1995) ont légitimé l’utilisation d’un score global combiné de socialisation sexuelle, soutenu par l’existence d’un facteur général d’ordre supérieur de « climat permissif global ».

10. Instrument de mesure / Instrument

Le Sexual Socialization Instrument (SSI) est un auto-questionnaire standardisé administrable sur support papier ou par voie informatique. Sa structure opérationnelle est détaillée ci-dessous :

  • Format d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique à passation individuelle ou collective.
  • Durée moyenne de passation : Environ 5 minutes (l’ensemble des 20 énoncés se lit et se complète très rapidement).
  • Nombre total d’items :
    • Version intégrale / Forme longue : 20 items (8 items parentaux et 12 items pairs).
    • Version courte : 10 items (4 items parentaux et 6 items pairs).
  • Échelle de réponse (Likert en 5 points) :
    • 1 = Strongly Agree (Fortement d’accord)
    • 2 = Agree (D’accord)
    • 3 = Undecided (Indécis / Sans avis)
    • 4 = Disagree (En désaccord)
    • 5 = Strongly Disagree (Fortement en désaccord)
  • Procédure de cotation et recodage :
    • Onze (11) items expriment une position permissive directe et sont présentés dans le sens inverse de l’échelle Likert originale : Items 1, 4, 6, 8, 11, 13, 14, 15, 16, 18 et 19.
    • Pour ces 11 items inversés, un recodage impératif doit être opéré avant toute sommation : transformer les scores 5 en 1, les 4 en 2, les 2 en 4, et les 1 en 5 (la valeur 3 demeurant inchangée).
    • Les 9 items restants (Items 2, 3, 5, 7, 9, 10, 12, 17, 20) décrivent des attitudes non permissives, restrictives ou de malaise face au sexe ; ils conservent leur valeur directe (ou inverse selon l’orientation adoptée, mais la règle officielle de Lottes & Kuriloff prévoit que le recodage des items 1, 4, 6, 8, 11, 13, 14, 15, 16, 18, 19 permet d’assurer qu’un score final élevé corresponde toujours à une socialisation plus permissive).
  • Étendue des scores possibles :
    • Échelle parentale – Forme longue (8 items : 1, 3, 6, 9, 12, 16, 19, 20) : de 8 à 40 points.
    • Échelle parentale – Forme courte (4 items : 1, 3, 19, 20) : de 4 à 20 points.
    • Échelle des pairs – Forme longue (12 items : 2, 4, 5, 7, 8, 10, 11, 13, 14, 15, 17, 18) : de 12 à 60 points.
    • Échelle des pairs – Forme courte (6 items : 2, 4, 5, 8, 15, 18) : de 6 à 30 points.
    • Score combiné global (20 items) : de 20 à 100 points.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de création / publication initiale : L’instrument a été conçu en 1987 lors de la phase initiale de collecte de données de la cohorte universitaire, et publié formellement dans la littérature psychométrique indexée en 1994 dans la revue de référence Psychology of Women Quarterly.
  • Statut du droit d’auteur et permissions : Le SSI est une échelle du domaine public académique. Il a été mis à disposition par ses concepteurs, Ilsa L. Lottes et Peter J. Kuriloff, à des fins de recherche fondamentale, d’enseignement universitaire et de diagnostic clinique non commercial, sans versement de redevance (royalty-free).
  • Frais d’utilisation : Gratuit pour toute utilisation scientifique, académique et pédagogique non commerciale. L’obtention formelle préalable d’une licence commerciale est requise uniquement en cas d’intégration logicielle propriétaire payante.
  • Contact et correspondances scientifiques : Les chercheurs souhaitant exploiter ou traduire l’instrument peuvent s’adresser au Dr Ilsa L. Lottes, Department of Sociology and Anthropology, University of Maryland, Baltimore County, 5401 Wilkens Avenue, Baltimore, MD 21228 (courriel de contact historique : [email protected]).

12. Références / References

  • Bell, S. T., Kuriloff, P. J., Lottes, I. L., Nathanson, J., Judge, T., & Fogelson-Turet, K. (1992). Rape and callousness in college freshmen: An empirical investigation of a sociocultural model of aggression towards women. Journal of College Student Development, 33(5), 454–461.
  • Bell, S. T., Lottes, I. L., & Kuriloff, P. J. (1995). Understanding rape callousness in college students: Results of a panel study [Manuscrit non publié]. University of Pennsylvania.
  • Gagnon, J. H., & Simon, W. (1973). Sexual conduct: The social sources of human sexuality. Aldine Publishing Company.
  • Kuriloff, P. J., Lottes, I. L., & Bell, S. T. (1995). The socialization of sexual misconduct in college students [Manuscrit non publié]. University of Pennsylvania.
  • Lottes, I. L., & Kuriloff, P. J. (1994). Sexual socialization differences by gender, Greek membership, ethnicity, and religious background. Psychology of Women Quarterly, 18(2), 203–219. https://doi.org/10.1111/j.1471-6402.1994.tb00451.x

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Sexual Socialization Instrument Directions:

Below you will see five numbers corresponding to five choices. Choose the response that best describes your degree of agreement/disagreement with each statement. Write or shade in only one response for each statement. Because all responses will remain anonymous you can respond truthfully with no concerns about anyone connecting responses with individuals.

Response Scale:
Strongly Agree (1)  |  Agree (2)  |  Undecided (3)  |  Disagree (4)  |  Strongly Disagree (5)

  1. My mother would have felt okay about my having sex with many different people.
  2. I am uncomfortable around people who spend much of their time talking about their sexual experiences.
  3. My father would have felt upset if he’d thought I was having sex with many different people.
  4. Among my friends, men who have the most sexual experience are the most highly regarded.
  5. My friends disapprove of being involved with someone who was known to be sexually easy.
  6. According to my parents, having sexual intercourse is an important part of my becoming an adult.
  7. Most of my friends don’t approve of having multiple sexual partners.
  8. My friends and I enjoy telling each other about our sexual experiences.
  9. My parents stress that sex and intimacy should always be linked.
  10. Most of my friends believe that you should only have sex in a serious relationship.
  11. Among my friends alcohol is used to get someone to sleep with you.
  12. My parents would disapprove of my being sexually active.
  13. My friends approve of being involved with someone just for sex.
  14. My friends brag about their sexual exploits.
  15. My friends suggest dates to each other who are known to be sexually easy.
  16. My parents encourage me to have sex with many people before I get married.
  17. Among my friends, people seldom discuss their sexuality.
  18. Among my friends, women who have the most sexual experience are the most highly regarded.
  19. My father would have felt okay about my having casual sexual encounters.
  20. My mother would only have approved of me having sex in a serious relationship.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 17). Instrument de socialisation sexuelle. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=instrument-de-socialisation-sexuelle
Looti, Mohammed. “Instrument de socialisation sexuelle.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=instrument-de-socialisation-sexuelle.
Looti, Mohammed. “Instrument de socialisation sexuelle.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=instrument-de-socialisation-sexuelle.