1. Résumé
L’Instrument berlinois des réponses émotionnelles au risque (Berlin Emotional Responses to Risk Instrument, BERRI ; Petrova et al., 2023) est un instrument psychométrique ultra-bref et standardisé conçu pour mesurer les réactions affectives anticipatoires, à la fois positives et négatives, suscitées par la communication d’informations relatives aux risques, aux bénéfices et aux coûts décisionnels. Dans les contextes de prise de décision médicale, financière et environnementale, les représentations cognitives des probabilités s’articulent étroitement avec des dynamiques émotionnelles vives qui orientent les comportements et les choix des individus. Développé initialement à partir d’un ensemble de 14 items inspirés des paradigmes expérimentaux de Garcia-Retamero et Cokely (2011, 2012, 2014) ainsi que de Rothman et al. (1999), l’instrument a été affiné par le biais de modélisations factorielles et d’analyses psychométriques rigoureuses menées sur sept études indépendantes impliquant des cohortes adultes diversifiées aux États-Unis, en Espagne et en Pologne.
La version définitive de l’échelle comporte six items équitablement répartis en deux sous-échelles orthogonales composées de trois items chacune : la sous-échelle des affects positifs (BERRI-pos : Assured [Rassuré], Hopeful [Plein d’espoir], Relieved [Soulagé]) et la sous-échelle des affects négatifs (BERRI-neg : Anxious [Anxieux], Afraid [Effrayé], Worried [Inquiet]). Les participants évaluent l’intensité de leur état émotionnel sur une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout ») à 7 (« Extrêmement »), une variante en 9 points ayant également été validée en population polonaise. L’administration ne requiert qu’environ 60 secondes, ce qui confère au BERRI une faisabilité exceptionnelle pour les études en laboratoire, les sondages épidémiologiques à grande échelle et les expérimentations en ligne en temps réel.
Sur le plan métrologique, l’analyse en composantes principales et l’analyse factorielle confirmatoire démontrent l’invariance et l’adéquation optimale d’une structure bidimensionnelle expliquant 67 % de la variance totale. La cohérence interne est satisfaisante avec des coefficients alpha de Cronbach excédant systématiquement le seuil de 0,65 sur l’ensemble des échantillons. La fidélité test-retest à deux semaines révèle des corrélations modérées à stables (r = 0,40 à 0,59), reflétant la nature à la fois dispositionnelle et réactive des émotions anticipatoires. La validité discriminante est particulièrement robuste, attestée par l’indépendance statistique entre les dimensions positive et négative (r = 0,02, p = 0,593). De surcroît, le BERRI démontre une sensibilité expérimentale remarquable face aux variations de sévérité et d’occurrence probabiliste des événements, tandis que le BERRI-pos s’avère être un prédicteur substantiel de l’adhésion aux recommandations préventives et de la propension à la prise de risque (r > 0,70).
2. Mots-clés
Réactions affectives anticipatoires, prise de décision, perception du risque, communication sur les risques, émotions positives, émotions négatives, heuristique affective, psychométrie, validité discriminante, sensibilité au risque.
3. Auteurs
L’Instrument berlinois des réponses émotionnelles au risque (BERRI) a été conçu et validé par une équipe internationale de chercheurs spécialisés en psychologie cognitive, psychométrie et sciences de la décision :
- Dafina Petrova, Ph.D. — Instituto de Investigación Biosanitaria ibs.GRANADA, Grenade, Espagne. Identifiant ORCID : 0000-0002-0346-6776. Adresse de correspondance : Cuesta del Observatorio 4, 18071 Grenade, Espagne. Courriel institutionnel : [email protected].
- Edward T. Cokely, Ph.D. — Department of Psychology, University of Oklahoma, Norman, Oklahoma, États-Unis. Spécialiste de la littératie en santé, du risque et de l’intelligence heuristique.
- Agata Sobkow, Ph.D. — Center for Research on Improving Decision Making (CRIDM), Faculté de psychologie de Wrocław, SWPS University of Social Sciences and Humanities, Wrocław, Pologne. Identifiant ORCID : 0000-0002-5357-744X.
- Jakub Traczyk, Ph.D. — Center for Research on Improving Decision Making (CRIDM), Faculté de psychologie de Wrocław, SWPS University of Social Sciences and Humanities, Wrocław, Pologne. Identifiant ORCID : 0000-0001-9145-1998.
- Dunia Garrido, Ph.D. — Departamento de Psicología Evolutiva y de la Educación, Universidad de Granada, Grenade, Espagne.
- Rocio Garcia-Retamero, Ph.D. — Departamento de Psicología Experimental, Universidad de Granada, Grenade, Espagne. Courriel institutionnel : [email protected].
4. Objectif
L’objectif principal du BERRI est de fournir un instrument d’évaluation psychométrique standardisé, parcimonieux et écologique, permettant de mesurer avec une grande précision la valence et l’amplitude des réactions affectives anticipatoires éprouvées par les individus lorsqu’ils sont confrontés à des informations complexes relatives à des risques, des coûts et des bénéfices prévisionnels. Historiquement, l’évaluation des réactions émotionnelles face au risque a souvent souffert d’un double écueil méthodologique : soit l’emploi d’inventaires d’humeur généralistes et décontextualisés particulièrement longs (tels que le PANAS ou le STAI), imposant un fardeau cognitif disproportionné susceptible de dénaturer les protocoles expérimentaux, soit le recours à des mesures ad hoc composées d’un item unique non validé, dénué d’indices de fidélité et de sensibilité discriminante.
Le BERRI comble cette lacune épistémologique en capturant les réactions affectives instantanées qui émergent spontanément au cours de l’évaluation d’un scénario probabiliste. Dans le domaine de la recherche fondamentale en psychologie du jugement et de la prise de décision (Judgement and Decision Making, JDM), cet outil permet d’analyser les mécanismes sous-jacents aux arbitrages comportementaux. Il permet notamment d’isoler la part de variance explicative imputable aux réactions affectives par rapport aux capacités de calcul numérique (numératie cognitive) et à la littératie statistique dans l’interprétation des risques vitaux.
Sur le plan des applications appliquées et cliniques, le BERRI se révèle indispensable pour optimiser la communication des risques en santé publique, en oncologie et en médecine préventive. Lors de la présentation de choix thérapeutiques délicats (ex. traitements chirurgicaux invasifs, dépistage génétique prédictif, protocoles de vaccination de masse), les praticiens font face au défi de transmettre des données épidémiologiques sans déclencher des niveaux d’anxiété ou de panique contre-productifs qui favoriseraient l’évitement défensif du patient. L’utilisation du BERRI permet d’évaluer objectivement l’efficacité d’aides à la décision visuelles (telles que les pictogrammes, les iconographies en grille d’icônes ou les arbres décisionnels probabilistes) pour atténuer la détresse émotionnelle (BERRI-neg) tout en préservant un sentiment réaliste d’assurance et de réconfort (BERRI-pos).
Enfin, l’instrument s’étend aux secteurs économique, assurantiel et environnemental. Dans l’analyse des comportements financiers ou des réactions sociétales face aux catastrophes climatiques, le BERRI permet de modéliser comment la perception intuitive de la sévérité des pertes potentielles modifie immédiatement la propension à investir, à souscrire une assurance ou à modifier son mode de vie en faveur de comportements écoresponsables.
5. Construit psychologique
Le construit psychologique opérationnalisé par le BERRI repose sur la conceptualisation des réactions affectives anticipatoires en tant que réponses émotionnelles immédiates, viscérales et conscientes générées par la prospective cognitive d’un événement incertain. Contrairement aux émotions anticipées (telles que le regret attendu ou la déception projetée), qui nécessitent des délibérations contrefactuelles abstraites sur ce que l’on ressentira plus tard (« Si j’échoue, je me sentirai coupable »), les réactions affectives anticipatoires correspondent au sentiment ressenti hic et nunc (« ici et maintenant ») lors de la contemplation mentale de l’éventualité du danger ou du gain. Le modèle théorique du BERRI postule que ce vécu affectif s’organise non pas selon un continuum bipolaire unidimensionnel allant du négatif au positif, mais selon deux dimensions fondamentales, univoques et indépendantes :
5.1. La dimension affective positive (BERRI-pos)
La sous-échelle BERRI-pos capture les facettes émotionnelles d’apaisement cognitif, de confiance projective et de sérénité prospective déclenchées par l’annonce d’interventions préventives, de facteurs protecteurs ou de gains probabilistes. Elle est mesurée par trois adjectifs émotionnels clés :
- Assured (Rassuré / Confiant) : Traduit le sentiment de sécurité psychologique et de maîtrise épistémique face aux données exposées. Il reflète la diminution subjective de la vulnérabilité perçue lorsque l’information fournit des garanties crédibles ou des repères d’action clairs.
- Hopeful (Plein d’espoir) : Représente l’orientation motivationnelle proactive vers un avenir favorable. Cette composante active les représentations de survie, de guérison ou de succès financier, même en présence d’une marge d’incertitude résiduelle.
- Relieved (Soulagé) : Renvoie à la désactivation de l’état de menace préalable. C’est l’émotion ressentie lorsque l’information quantifiée dissipe un doute catastrophique antérieur (par exemple, découvrir qu’un risque absolu de récidive tumorale n’est que de 2 % au lieu des 30 % redoutés intuitivement).
De manière remarquable, les recherches menées avec le BERRI démontrent que le score à cette sous-échelle positive constitue le prédicteur le plus puissant de la compliance thérapeutique, de l’adoption de comportements favorables à la santé et de la propension globale à assumer un risque calculé.
5.2. La dimension affective négative (BERRI-neg)
La sous-échelle BERRI-neg quantifie la composante de détresse psychique, d’alerte biologique et de vigilance aversive éveillée par la saillance des menaces, des effets secondaires indésirables ou de la sévérité des coûts anticipés. Elle agrège trois manifestations affectives :
- Anxious (Anxieux) : Évoque une tension diffuse, indéterminée et cognitivement intrusive liée à l’imprévisibilité intrinsèque de l’aléa. L’anxiété reflète l’appréhension face à la variabilité des dénouements possibles.
- Afraid (Effrayé) : Marque une réaction de peur viscérale focalisée sur une menace imminente ou une conséquence funeste hautement redoutée (par exemple, la douleur, la déchéance physique ou la ruine financière).
- Worried (Inquiet) : Témoigne de la rumination mentale cognitive et du fardeau d’évaluation permanente concernant la possibilité de survenue d’un résultat négatif.
Cette distinction en deux pôles indépendants permet d’observer des états d’ambivalence émotionnelle, où un individu peut simultanément éprouver un niveau élevé d’inquiétude (BERRI-neg élevé) et un niveau substantiel d’espoir (BERRI-pos élevé) face à un traitement complexe présentant des bénéfices vitaux associés à des risques iatrogènes non négligeables.
6. Cadre théorique
Le développement du BERRI s’ancre à la croisée de plusieurs paradigmes majeurs des sciences cognitives, de la psychologie des émotions et des théories du double processus :
6.1. L’hypothèse du risque comme sentiment et l’heuristique affective
L’architecture conceptuelle du BERRI prend racine dans le modèle du Risk-as-Feelings développé par George Loewenstein et ses collaborateurs (2001), complété par les travaux pionniers de Paul Slovic et al. (2004, 2007) sur l’heuristique de l’affect (Affect Heuristic). Ces théories ont réfuté la suprématie absolue des modèles purement computationnels d’utilité espérée hérités de l’économie classique. Selon l’hypothèse du risque comme sentiment, les décisions humaines en contexte d’incertitude ne résultent pas exclusivement d’une pondération mathématique entre la probabilité ($p$) et l’utilité ($u$), mais sont fortement médiées par des impulsions émotionnelles spontanées, souvent plus rapides et impérieuses que les analyses logiques.
Lorsque des statistiques de survie ou de mortalité sont présentées, elles induisent une coloration affective immédiate. Le BERRI capture cette empreinte affective directe avant qu’elle ne soit entièrement réélaborée ou rationalisée par des processus de compensation cognitive réflexive.
6.2. La théorie des perspectives et la surpondération des affects extrêmes
Dans la lignée des travaux fondamentaux de Daniel Kahneman et Amos Tversky (Prospect Theory, 1979), la perception des gains et des pertes est asymétrique. Cependant, la recherche contemporaine a démontré que les réactions émotionnelles anticipatoires amplifient ces distorsions : face à des conséquences extrêmement effrayantes ou miraculeuses, les individus deviennent largement insensibles aux variations de probabilités réelles, réagissant de manière disproportionnée à la simple évocation d’une possibilité (phénomène d’insensibilité aux probabilités médié par l’affect). Le BERRI permet précisément d’opérationnaliser et de quantifier ces chocs affectifs en réponse aux paramètres manipulés expérimentalement.
6.3. Le modèle d’indépendance de la valence (Watson & Tellegen, Cacioppo & Berntson)
Sur le plan structural, le BERRI valide l’approche du modèle de l’espace évaluatif (Evaluative Space Model de Cacioppo et Berntson, 1994) et les théories bifactorielles des affects de Watson, Clark et Tellegen (1988). Selon ces modèles, les systèmes motivationnels d’approche (appétitif) et d’évitement (défensif) reposent sur des substrats neurobiologiques partiellement distincts. Par conséquent, l’affect positif et l’affect négatif ne constituent pas les extrémités opposées d’une droite unique, mais deux dimensions orthogonales et fonctionnellement autonomes, justifiant l’absence de corrélation empirique entre le BERRI-pos et le BERRI-neg.
7. Validité
La validité psychométrique du BERRI a fait l’objet d’une batterie d’évaluations exhaustives réparties sur sept études empiriques (Petrova et al., 2023) incluant des échantillons variés aux États-Unis, en Espagne et en Pologne :
7.1. Sensibilité expérimentale du test
Le BERRI a été soumis à des protocoles de manipulation expérimentale des paramètres de décision afin de tester sa réactivité différentielle :
- Sensibilité à la probabilité : L’instrument manifeste une réactivité spectaculaire aux variations des probabilités numériques d’occurrence. Les manipulations probabilistes rendent compte d’environ 40 % de la variance totale des scores du BERRI, avec un $\eta^2$ partiel de 0,36 pour le BERRI-neg et de 0,43 pour le BERRI-pos. Cette amplitude démontre que les deux sous-échelles réagissent avec acuité aux fluctuations du risque objectif communiqué.
- Sensibilité à la sévérité des dénouements : La gravité objective des conséquences d’un événement pathologique ou d’une perte financière explique approximativement 20 % de la variance des scores, avec un $\eta^2$ partiel de 0,18 pour la dimension négative et de 0,20 pour la dimension positive.
7.2. Validité prédictive et critériée
La sous-échelle BERRI-pos s’avère être un prédicteur extrêmement robuste des variables décisionnelles et comportementales réelles. Les analyses de régression et de corrélation révèlent des coefficients de Pearson substantiels ($r > 0,70$) entre les affects positifs et l’intention d’adhérer aux démarches de prévention ou de dépistage médical. À l’inverse, le BERRI-neg présente des corrélations statistiques bien plus faibles avec ces critères d’action concrète, ce qui prouve que la peur ou l’anxiété seule ne suffit pas à prédire le comportement et nécessite l’activation parallèle d’affects positifs (espoir, soulagement) pour mobiliser l’individu.
7.3. Validité convergente et discriminante
La validité discriminante entre les deux composantes est étayée de façon irréfutable par l’absence totale d’association linéaire entre elles : le coefficient de corrélation inter-échelles est quasi nul ($r = 0,02$, $p = 0,593$). Les participants distinguent donc parfaitement leur niveau d’anxiété de leur niveau d’espoir. Quant à la validité convergente, la sous-échelle BERRI-pos présente des corrélations hautement significatives et systématiquement plus fortes avec la propension générale à la prise de risque (évaluée à travers divers domaines de la vie quotidienne) que la sous-échelle BERRI-neg, confirmant l’alignement théorique de la dimension positive avec les mécanismes motivationnels d’engagement comportemental.
8. Fidélité
Les propriétés de fidélité métrologique du BERRI ont été rigoureusement analysées sous l’angle de la consistance interne et de la stabilité temporelle :
8.1. Cohérence interne
En dépit de la concision extrême des sous-échelles (3 items par dimension), les indices de consistance interne se maintiennent au-delà des standards méthodologiques recommandés pour les instruments d’évaluation brefs :
- Sur l’ensemble des sept études empiriques et des différentes versions linguistiques (anglaise, espagnole, polonaise), le coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) a systématiquement dépassé le seuil de 0,65 pour les deux facteurs (BERRI-pos et BERRI-neg).
- Dans la majorité des cohortes évaluées, l’alpha de Cronbach s’est établi entre 0,70 et 0,82, attestant d’une excellente homogénéité thématique des triplets d’items sans redondance sémantique excessive.
8.2. Fidélité test-retest (stabilité temporelle)
La fidélité temporelle a été mesurée auprès d’échantillons réévalués après un intervalle strict de deux semaines :
- Les coefficients de corrélation test-retest oscillent entre $r = 0,40$ et $r = 0,59$.
- Ce niveau de stabilité modérée à satisfaisante est théoriquement congruent avec la nature du construit mesuré : les réactions affectives anticipatoires mesurent un état émotionnel situationnel stimulé par une communication de risque contextuelle, tout en conservant une composante dispositionnelle liée aux traits individuels de réactivité affective face à l’incertitude.
9. Analyse factorielle
L’exploration et la confirmation de la géométrie factorielle du BERRI reposent sur une démarche d’investigation psychométrique complète menée en plusieurs phases indépendantes :
9.1. Analyse factorielle exploratoire (AFE)
À partir du vivier initial de 14 items (7 positifs et 7 négatifs) élaboré d’après les travaux de communication de Garcia-Retamero et Cokely (2011, 2012, 2014) et de Rothman et al. (1999), une analyse en composantes principales (ACP) a été effectuée. Les critères de rétention factorielle (critère de Kaiser des valeurs propres supérieures à 1 et examen du graphique d’éboulis de Cattell) ont clairement mis en évidence une solution à deux composantes orthogonales :
- Valeur propre du premier facteur : 5,6 (expliquant la part majeure des variances partagées négatives).
- Valeur propre du second facteur : 3,8 (isolant le bloc des réponses affectives positives).
- Variance totale expliquée : Ces deux composantes majeures expliquent conjointement 67 % de la variance totale des items, un rendement exceptionnel pour un instrument ne comportant que six variables manifestes.
9.2. Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Afin de valider définitivement la parcimonie et la robustesse de l’instrument à 6 items, des modélisations en équations structurelles ont comparé la structure bidimensionnelle théorique à un modèle unidimensionnel concurrent (qui regrouperait tous les items sur un axe bipolaire unique). L’AFC a confirmé de manière éclatante la supériorité du modèle bifactoriel orthogonal :
- Les indices d’ajustement global (notamment le Comparative Fit Index [CFI], le Tucker-Lewis Index [TLI] et le Root Mean Square Error of Approximation [RMSEA]) ont tous atteint des seuils d’excellence statistique conformes aux exigences psychométriques contemporaines (CFI > 0,95 ; RMSEA < 0,06).
- Chaque item s’est avéré saturer fortement et spécifiquement sur son facteur latent assigné (toutes les saturations factorielles $lambda > 0,60$), avec des saturations croisées nulles ou non significatives.
10. Instrument de mesure
- Nom complet de l’instrument : Berlin Emotional Responses to Risk Instrument (BERRI) / Instrument berlinois des réponses émotionnelles au risque.
- Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique / Inventaire standardisé d’affects anticipatoires.
- Durée de passation : Environ 1 minute (passation ultra-rapide).
- Nombre total d’items : 6 items structurés en deux sous-échelles équilibrées :
- Dimensions / Sous-échelles :
- BERRI-pos (Affects positifs, 3 items) : Assured, Hopeful, Relieved.
- BERRI-neg (Affects négatifs, 3 items) : Anxious, Afraid, Worried.
- Format des réponses : Items are rated on a 7-point Likert scale, ranging from 1 = Not at all to 7 = Extremely. For the Polish version, participants responded using a nine-point scale from 1 (not at all) to 9 (extremely). Studies 1, 2, 4, and 5 were not conducted for the sole purpose of validating the scale, and therefore contained experimental manipulations and additional measures.
- Méthode de cotation (Scoring) : Les scores de chaque sous-échelle sont obtenus indépendamment en calculant la moyenne ou la somme arithmétique des scores des items respectifs. Il n’y a aucun item inversé. Les deux dimensions étant orthogonales, il n’est pas préconisé de calculer un score global combiné.
- Modes d’administration : Administration numérique informatisée privilégiée (tablettes tactiles, ordinateurs de laboratoire, plateformes en ligne Qualtrics/Gorilla), passation papier-crayon également compatible.
- Versions linguistiques disponibles : Anglais, Espagnol, Polonais.
- Populations cibles : Adultes de tout âge (de 18 à 85 ans et plus), incluant les jeunes adultes (18-29 ans), adultes d’âge moyen (30-64 ans) et personnes âgées (65 ans et plus).
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication officielle : 2023.
- Permissions d’utilisation : L’utilisation du BERRI dans le cadre de la recherche scientifique non commerciale et académique est autorisée sous réserve de contacter l’auteure correspondante (Dafina Petrova, Ph.D. : [email protected]) et de citer la publication méthodologique source.
- Frais et coûts : Gratuit (aucun droit d’auteur ou redevance financière requis pour les usages universitaires).
- Usage commercial : Non autorisé sans un accord formel écrit préalable conclu avec les détenteurs de la propriété intellectuelle.
12. Références
- Cacioppo, J. T., & Berntson, G. G. (1994). Relationship between attitudes and evaluative space: A critical review, with emphasis on the separability of positive and negative substrates. Psychological Bulletin, 115(3), 401–423. https://doi.org/10.1037/0033-2909.115.3.401
- Garcia-Retamero, R., & Cokely, E. T. (2011). Effective communication of risks to young adults: Using message framing and visual aids to promote healthy behaviors. Patient Education and Counseling, 82(1), 119–124. https://doi.org/10.1016/j.pec.2010.03.019
- Garcia-Retamero, R., & Cokely, E. T. (2012). Communicating health risks with visual aids. Current Directions in Psychological Science, 21(5), 339–345. https://doi.org/10.1177/0963721412454833
- Garcia-Retamero, R., & Cokely, E. T. (2014). Communicating health risks to diverse populations. Policy Insights from the Behavioral and Brain Sciences, 1(1), 234–242. https://doi.org/10.1177/2372732214550407
- Kahneman, D., & Tversky, A. (1979). Prospect theory: An analysis of decision under risk. Econometrica, 47(2), 263–291. https://doi.org/10.2307/1914185
- Loewenstein, G. F., Weber, E. U., Hsee, C. K., & Welch, N. (2001). Risk as feelings. Psychological Bulletin, 127(2), 267–286. https://doi.org/10.1037/0033-2909.127.2.267
- Petrova, D., Cokely, E. T., Sobkow, A., Traczyk, J., Garrido, D., & Garcia-Retamero, R. (2023). The Berlin Emotional Responses to Risk Instrument (BERRI): Development and validation of a concise measure of anticipatory affect. Risk Analysis. https://doi.org/10.1111/risa.14151
- Rothman, A. J., Martino, S. C., Bedell, B. T., Detweiler, J. B., & Salovey, P. (1999). The systematic influence of gain- and loss-framed messages on interest in and use of different types of health-behavior recommendations. Personality and Social Psychology Bulletin, 25(11), 1355–1369. https://doi.org/10.1177/0146167299259003
- Slovic, P., Finucane, M. L., Peters, E., & MacGregor, D. G. (2004). Risk as analysis and risk as feelings: Some thoughts about affect, reason, risk, and rationality. Risk Analysis, 24(2), 311–322. https://doi.org/10.1111/j.0272-4332.2004.00433.x
- Slovic, P., Finucane, M. L., Peters, E., & MacGregor, D. G. (2007). The affect heuristic. European Journal of Operational Research, 177(3), 1333–1352. https://doi.org/10.1016/j.ejor.2005.04.006
- Watson, D., Clark, L. A., & Tellegen, A. (1988). Development and validation of brief measures of positive and negative affect: The PANAS scales. Journal of Personality and Social Psychology, 54(6), 1063–1070. https://doi.org/10.1037/0022-3514.54.6.1063
13. Questions et items du questionnaire
Response scale: Items are rated on a 7-point Likert scale, ranging from 1 = Not at all to 7 = Extremely. For the Polish version, participants responded using a nine-point scale from 1 (not at all) to 9 (extremely). Studies 1, 2, 4, and 5 were not conducted for the sole purpose of validating the scale, and therefore contained experimental manipulations and additional measures.
Subscale Positive Emotional Responses (BERRI-pos):
- Assured
- Hopeful
- Relieved
Subscale Negative Emotional Responses (BERRI-neg):
- Anxious
- Afraid
- Worried