Indice de tension liée au travail

Découvrez l’Indice de tension liée au travail (Job-Related Tension Index – JRTI), développé par Kahn et al. (1964). Une analyse psychométrique complète de cet outil mesurant le stress, la surcharge et l’ambiguïté de rôle.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Indice de tension liée au travail (connu sous l’acronyme anglophone Job-Related Tension Index ou JRTI) est un instrument psychométrique pionnier conçu pour évaluer la fréquence perçue des stresseurs professionnels et le degré de tension psychologique éprouvé par les employés au sein de leur environnement organisationnel. Initialement développé par Robert L. Kahn, Donald M. Wolfe, Robert P. Quinn et J. Diedrick Snoek en 1964 au sein de l’Institute for Social Research de l’Université du Michigan, cet outil quantifie les manifestations symptomatiques et affectives du stress professionnel résultant des dysfonctionnements de rôle. Le questionnaire comprend 15 items auto-rapportés formulés sous forme d’interrogations relatives à des situations de travail sources de perturbations psychologiques, telles que l’insuffisance perçue d’autorité, la surcharge quantitative de travail, l’incompatibilité des attentes hiérarchiques et le manque de ressources matérielles ou informationnelles.

Les réponses sont recueillies au moyen d’une échelle ordinale de fréquence en 5 points (allant de 1 = « jamais » à 5 = « presque tout le temps »), assortie d’une option facultative codée 0 pour les situations non applicables. Bien que conceptualisé initialement comme un indicateur unidimensionnel global de tension au travail, de nombreux travaux ultérieurs (notamment Jamal, 1990 ; Shirom & Mayer, 1993) ont validé une structure multifactorielle distinguant trois dimensions clés : l’ambiguïté de rôle, la surcharge de rôle et l’inadéquation des ressources. Les propriétés psychométriques de l’instrument démontrent une excellente consistance interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,80 et 0,89 pour l’échelle globale à travers divers secteurs d’activité, et des coefficients compris entre 0,65 et 0,82 pour les différentes sous-échelles. Sur le plan de la validité nomologique, les scores au JRTI présentent des corrélations positives robustes avec les plaintes psychosomatiques, les conflits travail-famille et le désengagement organisationnel, ainsi que des corrélations négatives marquées avec la satisfaction au travail, le bien-être psychologique et l’engagement envers l’organisation.

2. Mots-clés

Tension professionnelle, stress au travail, ambiguïté de rôle, surcharge de rôle, conflit de rôle, psychométrie organisationnelle, santé au travail, évaluation du stress, échelle de Kahn, épuisement professionnel, inadéquation des ressources, psychologie du travail.

3. Auteurs

L’Indice de tension liée au travail a été élaboré par une équipe de chercheurs de premier plan affiliés au Survey Research Center de l’Institute for Social Research (ISR), rattaché à l’Université du Michigan (Ann Arbor, États-Unis) :

  • Robert L. Kahn (1918–2019) : Professeur émérite de psychologie et de santé publique à l’Université du Michigan, figure pionnière de la psychologie organisationnelle moderne, co-fondateur de l’approche systémique des organisations.
  • Donald M. Wolfe : Chercheur associé au Survey Research Center de l’Université du Michigan, spécialisé dans les dynamiques de groupe et les conflits interpersonnels en milieu organisationnel.
  • Robert P. Quinn : Chercheur en psychologie sociale à l’Institute for Social Research, reconnu pour ses travaux à grande échelle sur la qualité de vie au travail et les conditions d’emploi aux États-Unis.
  • J. Diedrick Snoek : Psychologue social, chercheur associé à l’Institute for Social Research et professeur émérite au Smith College.
  • Avec la collaboration de Robert A. Rosenthal, chercheur associé ayant contribué à l’analyse quantitative et qualitative des épisodes de rôle.

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Indice de tension liée au travail est de fournir une mesure standardisée, fiable et empiriquement fondée de l’état de perturbation psychologique vécue par un travailleur face aux contraintes structurelles et sociales de son poste. Conçu à une époque où la recherche sur le stress manquait d’outils opérationnels précis reliant la structure organisationnelle à la santé mentale individuelle, le JRTI a été créé pour combler le fossé entre la sociologie des organisations et la psychologie clinique du travail. L’outil ne se limite pas à recenser les exigences objectives du milieu de travail, mais capte la manière dont ces exigences sont internalisées sous la forme de tensions subjectives chroniques.

Dans le domaine de la recherche académique, le JRTI est employé pour analyser les mécanismes d’intermédiation par lesquels les caractéristiques du poste et les pressions interpersonnelles altèrent la santé physique et mentale des travailleurs. Il permet de mesurer l’impact direct et indirect des dysfonctionnements de rôle sur des variables clés telles que le roulement du personnel (turnover), l’absentéisme, la performance contextuelle et l’épuisement émotionnel. De plus, il sert fréquemment de variable dépendante dans l’évaluation des interventions organisationnelles visant la clarification des rôles, la restructuration des tâches ou l’optimisation des canaux de communication managériale.

Dans la pratique clinique, ergonomique et organisationnelle, l’instrument offre aux psychologues du travail, aux ergonomes et aux médecins du travail un outil diagnostique rapide et structuré. L’analyse des réponses permet d’identifier précisément les sources prédominantes de détresse : un travailleur souffre-t-il d’un manque de clarté quant aux critères d’évaluation de sa hiérarchie, d’une charge temporelle irréaliste, ou d’un déficit chronique d’autorité pour accomplir les missions qui lui sont déléguées ? Cette granularité diagnostique facilite la conception d’actions préventives primaires ciblées, évitant ainsi l’aggravation des symptômes vers des pathologies invalidantes telles que la dépression réactionnelle ou le syndrome d’épuisement professionnel (burnout).

5. Construit psychologique

Le construit théorique au cœur du JRTI est la tension liée au travail (job-related tension), définie par Kahn et ses collaborateurs (1964) comme un état affectif négatif et persistant caractérisé par l’anxiété, la frustration, le sentiment d’impuissance et la préoccupation mentale, généré par des pressions contradictoires, excessives ou opaques émanant de l’environnement professionnel. Loin d’être un trait de personnalité ou une disposition névrotique générale, la tension est appréhendée comme une réponse psychologique directe aux stress générés par le système de rôles dans lequel l’individu est inséré.

Bien que l’échelle fournisse un score composite global de détresse au travail, la littérature psychométrique contemporaine a démontré qu’elle recouvre trois dimensions distinctes mais fortement corrélées :

1. L’ambiguïté de rôle (Role Ambiguity)

Cette dimension renvoie à l’incertitude quant aux attentes, aux responsabilités, aux limites du poste et aux critères sur lesquels la performance de l’employé est jugée. Le travailleur ne dispose pas des informations nécessaires pour comprendre ce que l’on attend de lui ni pour anticiper les conséquences de ses actions. Les items illustrant cette dimension portent notamment sur le flou entourant le champ d’action du poste (item 2), l’inconnaissance des opportunités d’avancement professionnel (item 3) ou l’impossibilité de savoir comment la hiérarchie immédiate évalue le travail fourni (item 7).

2. La surcharge de rôle (Role Overload)

La surcharge de rôle décrit la perception d’un décalage insoutenable entre le volume d’exigences professionnelles à accomplir et le temps ou l’énergie disponibles pour y parvenir au cours d’une journée normale de travail. Elle se manifeste par une pression temporelle aiguë et le sentiment anxiogène que la quantité de travail requise dégrade inévitablement sa qualité. Les items 4 (« sentiment d’avoir une charge de travail trop lourde impossible à achever lors d’une journée ordinaire ») et 13 (« penser que la quantité de travail à accomplir peut nuire à la qualité de son exécution ») en constituent les exemples les plus emblématiques.

3. L’inadéquation des ressources et autorité (Resource Inadequacy & Authority Deficit)

Cette dimension capture l’écart douloureux entre la responsabilité formelle déléguée à un individu et les leviers réels dont il dispose pour s’en acquitter. Elle regroupe le sentiment d’exercer un pouvoir décisionnel insuffisant par rapport aux résultats exigés (item 1), l’impossibilité d’obtenir les informations stratégiques nécessaires aux opérations (item 8), ainsi que l’incapacité d’influencer les décisions de son supérieur immédiat ayant un impact direct sur son activité (item 11).

En sus de ces dimensions structurales, plusieurs items du JRTI explorent les conflits interpersonnels et éthiques (item 14 : devoir agir contre son propre jugement ; item 5 : incapacité à satisfaire les demandes divergentes de plusieurs supérieurs) et le débordement travail-famille (item 15 : interférence du travail sur la vie familiale), faisant de cette échelle un indicateur holistique des tensions d’interface individu-organisation.

6. Cadre théorique

Le cadre théorique sous-jacent au JRTI repose intégralement sur la théorie du rôle social appliquée aux organisations et plus particulièrement sur le modèle de l’épisode de rôle développé par Kahn, Wolfe, Quinn et Snoek (1964) dans leur ouvrage séminal Organizational Stress: Studies in Role Conflict and Ambiguity. Selon cette perspective fonctionnaliste et socio-psychologique, les organisations humaines sont conçues comme des systèmes dynamiques et ouverts de rôles interdépendants (« role sets »).

Dans ce modèle, tout individu occupant une position donnée au sein de la structure organisationnelle interagit avec un ensemble d’émetteurs de rôles (collègues, supérieurs hiérarchiques, subordonnés, clients). Ces émetteurs nourrissent des attentes précises quant aux comportements que l’employé devrait adopter. Ces attentes sont communiquées par le biais de pressions de rôle verbales, comportementales ou symboliques. Le cycle de l’épisode de rôle comprend quatre étapes fondamentales :

  • Les attentes de rôle formulées par les émetteurs ;
  • La transmission des pressions de rôle vers la personne focale ;
  • La perception et l’interprétation psychologique de ces pressions par l’employé focal ;
  • La réponse adaptative ou comportementale de l’employé (observance, retrait, négociation, confrontation symptomatique).

La tension professionnelle survient lorsque le processus de transmission est altéré par des anomalies structurelles :

  • Le conflit de rôle émerge lorsque l’employé est soumis à des injonctions simultanées, contradictoires et mutuellement exclusives, où la satisfaction de l’une entraîne la transgression de l’autre (par exemple, concilier des exigences de vitesse de production et des impératifs stricts de contrôle qualité, ou obéir à deux managers ayant des priorités opposées).
  • L’ambiguïté de rôle se produit lorsque l’information requise pour performer est lacunaire, floue, fluctuante ou rétablie de manière opaque par l’environnement managérial.
  • La surcharge de rôle représente une modalité particulière de conflit où l’ensemble des tâches exigées est individuellement légitime, mais dont la réalisation conjointe excède les capacités temporelles et physiologiques de la personne.

Ce cadre théorique a posé les bases des modèles contemporains du stress au travail, tels que le modèle d’ajustement personne-environnement (Person-Environment Fit Theory développé ultérieurement par les mêmes équipes de l’Université du Michigan), le modèle Exigences-Contrôle de Karasek (1979) qui conceptualise la tension comme le produit d’exigences élevées combinées à une faible latitude décisionnelle, et la théorie de la conservation des ressources de Hobfoll (1989).

7. Validité

La validité psychométrique du JRTI a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques rigoureuses au cours des six dernières décennies, confirmant son adéquation nomologique, convergente, prédictive et discriminante à travers des échantillons variés issus du secteur industriel, de la santé, de l’éducation et des services.

Validité convergente et corrélations cliniques

La validité convergente de l’échelle est étayée par des relations statistiques étroites et reproductibles avec des indicateurs de morbidité psychologique et somatique. Dans l’étude de Jamal (1990) menée auprès de professionnels de santé, les trois sous-échelles du JRTI (ambiguïté de rôle, surcharge de rôle et inadéquation des ressources) ont affiché des corrélations positives statistiquement significatives avec les plaintes psychosomatiques (troubles gastro-intestinaux, insomnies, céphalées de tension et anxiété diffuse). De surcroît, les travaux d’Abraham et Hansson (1996), ainsi que ceux de Seibert (1999), ont documenté des corrélations directes et significatives entre le score global de tension au travail et les difficultés perçues de contrôle sur les événements professionnels, l’implication excessive dans les exigences de travail et le manque perçu de soutien psychosocial ou de mentorat.

Validité discriminante et critérielle

La validité discriminante et liée à des critères organisationnels est particulièrement bien établie. Les recherches ont mis en évidence des corrélations négatives robustes entre la tension mesurée par le JRTI et les attitudes positives au travail :

  • Satisfaction au travail : Des corrélations négatives systématiques sont observées avec la satisfaction globale (Abraham & Hansson, 1996 ; Duxbury & Higgins, 1991 ; Seibert, 1999). Dans l’analyse factorielle menée par Jamal (1990), l’ambiguïté de rôle et l’inadéquation des ressources étaient négativement corrélées à la satisfaction professionnelle.
  • Engagement organisationnel et estime de soi : Le niveau de tension au travail est inversement proportionnel à l’engagement affectif envers l’entreprise, au sentiment d’auto-efficacité et à l’estime de soi professionnelle (Seibert, 1999).
  • Qualité de vie globale et sphère familiale : Confirmant la portée écologique de l’instrument, Duxbury et Higgins (1991) ont rapporté des corrélations négatives significatives entre l’indice de tension et la qualité de vie perçue, la satisfaction familiale et le bien-être général. En milieu scolaire, Shirom et Mayer (1993) ont montré que la sous-échelle de surcharge de rôle prédisait significativement les conflits parents-enseignants, les tensions entre enseignants et directeurs d’établissement, ainsi que les interférences négatives entre travail et foyer familial.

8. Fidélité

La consistance interne de l’Indice de tension liée au travail s’avère hautement satisfaisante et stable à travers le temps et les contextes organisationnels diversifiés. Les nombreuses réplications menées depuis sa publication princeps confirment des indices de fiabilité conformes aux normes psychométriques les plus exigeantes.

Consistance interne de l’échelle globale

Le coefficient alpha de Cronbach (α) pour l’ensemble des 15 items oscille de manière constante entre 0,80 et 0,89 selon les cohortes d’employés évaluées :

  • Abraham & Hansson (1996) ont observé un coefficient α de 0,83 au sein d’une cohorte d’employés administratifs et techniques.
  • Bennett, Lehman et Forst (1999) ont rapporté un alpha de 0,84 dans une vaste étude organisationnelle multisite.
  • Duxbury et Higgins (1991) ont rapporté des valeurs de consistance interne atteignant 0,86 dans leur modélisation des interfaces travail-famille.
  • Iverson (1997) et Rush et al. (1985) ont identifié des valeurs situées entre 0,81 et 0,85.
  • Seibert (1999) a obtenu un coefficient α de 0,88 lors d’une étude longitudinale sur la trajectoire des cadres et professionnels qualifiés.

Fiabilité des sous-échelles

Lorsque les items sont segmentés en facteurs spécifiques conformément aux recommandations méthodologiques de Jamal (1990) et de Shirom et Mayer (1993), les coefficients alpha demeurent modérés à élevés :

  • Ambiguïté de rôle : α = 0,76.
  • Inadéquation des ressources : α = 0,74.
  • Surcharge de rôle : α compris entre 0,65 et 0,82, reflétant de légères variations selon la nature des professions (charges de travail fluctuantes versus rythmes standardisés).

Bien que les données relatives à la fidélité test-retest à court terme soient plus restreintes en raison de la sensibilité intrinsèque de l’instrument aux variations conjoncturelles des conditions d’emploi, les évaluations répétées sur des intervalles de plusieurs mois confirment une stabilité temporelle satisfaisante (r > 0,60), validant le caractère structurel des tensions évaluées.

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle du JRTI a suscité d’importants débats méthodologiques au sein de la psychométrie appliquée au travail. Lors des travaux fondateurs de Kahn et al. (1964), l’instrument avait été conçu de manière pragmatique comme un score indiciaire univarié résumant la charge globale de perturbation psychologique vécue par le travailleur. Toutefois, l’application ultérieure de techniques modernes d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et d’analyse factorielle confirmatoire (AFC) a clarifié sa nature factorielle.

Modèle unidimensionnel vs multidimensionnel

Une analyse en composantes principales classique révèle généralement un premier facteur dominant expliquant entre 30 % et 42 % de la variance totale, ce qui justifie l’utilisation continue du score total dans les études épidémiologiques requérant un index sommaire de détresse au travail. Cependant, l’examen des résidus et l’application de rotations orthogonales (Varimax) et obliques (Promax) conduisent de manière reproductible à une solution à trois ou quatre facteurs sous-jacents distincts :

  • Facteur 1 : Surcharge de rôle et conflits d’exigences (items 4, 5, 13, 15), caractérisé par de fortes saturations (> 0,60) pour les questions mesurant l’excès quantitatif de tâches et l’empiétement professionnel.
  • Facteur 2 : Ambiguïté de rôle et clarté des objectifs (items 2, 3, 7, 12), regroupant les items portant sur le manque d’information, les limites floues des prérogatives et l’incertitude quant à l’évaluation managériale.
  • Facteur 3 : Déficit d’autorité et inadéquation des ressources (items 1, 8, 11), isolant le décalage perçu entre responsabilités allouées et leviers d’action effectifs.

Dans les modélisations en équations structurelles menées par Shirom et Mayer (1993), le modèle trifactoriel ajusté a affiché des indices d’adéquation nettement supérieurs à ceux d’un modèle strictement unidimensionnel, avec des indices de conformité acceptables (RMSEA < 0,06 ; CFI > 0,92 ; TLI > 0,90). Ces résultats confirment que si le concept de tension constitue un méta-construit cohérent, l’analyse détaillée par composantes factorielles offre un pouvoir explicatif supérieur pour élucider les antécédents spécifiques de chaque type de stress organisationnel.

10. Instrument de mesure

  • Nom complet de l’outil : Indice de tension liée au travail (Job-Related Tension Index – JRTI).
  • Auteurs d’origine : Robert L. Kahn, Donald M. Wolfe, Robert P. Quinn et J. Diedrick Snoek (1964).
  • Format d’administration : Questionnaire auto-administré (sur support papier-crayon ou plateforme numérique sécurisée).
  • Nombre total d’items : 15 items interrogatifs standardisés.
  • Échelle de réponse : Échelle de fréquence ordinale en 5 points :
    • 1 = Jamais (never)
    • 2 = Rarement (rarely)
    • 3 = Parfois (sometimes)
    • 4 = Assez souvent (rather often)
    • 5 = Presque tout le temps (nearly all the time)
    • Option complémentaire : « Ne s’applique pas » (doesn’t apply), cotée 0.
  • Durée de passation : Environ 5 à 8 minutes.
  • Modalités de cotation :
    • Score global : Calculé en effectuant la somme ou la moyenne arithmétique des items applicables (items cotés de 1 à 5). Un score moyen proche de 1 indique une absence quasi totale de tension ressentie, tandis qu’un score moyen supérieur à 3,5 signale un niveau élevé de stresseurs chroniques.
    • Scores sous-dimensionnels : Possibilité de ventiler les items en sous-échelles d’ambiguïté de rôle, de surcharge de rôle et d’inadéquation des ressources en moyennant les items affiliés.
  • Population cible : Salariés, cadres, fonctionnaires, enseignants, soignants et tout professionnel inséré dans une organisation de travail structurée.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’Indice de tension liée au travail a été initialement publié en 1964 au sein de l’ouvrage monographique Organizational Stress: Studies in Role Conflict and Ambiguity par les éditions John Wiley & Sons (pages 424-425). L’instrument est tombé dans le domaine de l’usage public académique pour la recherche scientifique et l’enseignement universitaire, conformément aux accords initiaux des auteurs et de l’éditeur lors de la diffusion des résultats des programmes de recherche de l’Université du Michigan.

Aucun coût de licence, redevance d’utilisation ou frais d’inscription n’est exigé pour l’exploitation de l’échelle à des fins de recherche non commerciale ou d’évaluation clinique standard. Toutefois, toute intégration dans des outils logiciels commerciaux propriétaires ou dans des publications à vocation commerciale nécessite une citation académique rigoureuse de l’ouvrage original de Kahn et al. (1964) ainsi que, le cas échéant, la consultation préalable des ayant-droits de la succession de John Wiley & Sons.

12. Références

Les publications ci-dessous constituent le corpus théorique et empirique de référence établissant les fondements et la validité psychométrique de l’échelle :

  • Abraham, J. D., & Hansson, R. O. (1996). Instrumental competence in the middle and later years: Successful aging at work. Journal of Applied Psychology, 81(6), 663–673. https://doi.org/10.1037/0021-9010.81.6.663
  • Bennett, J. B., Lehman, W. E. K., & Forst, J. K. (1999). Change, transfer, climate, and customer orientation: A multiple-level study. Journal of Business and Psychology, 13(4), 485–505. https://doi.org/10.1023/A:1022989417855
  • Duxbury, L. E., & Higgins, C. A. (1991). Gender differences in work-family conflict. Journal of Applied Psychology, 76(1), 60–74. https://doi.org/10.1037/0021-9010.76.1.60
  • Hobfoll, S. E. (1989). Conservation of resources: A new attempt at conceptualizing stress. American Psychologist, 44(3), 513–524. https://doi.org/10.1037/0003-066X.44.3.513
  • Iverson, R. D. (1997). The role of social support in the relationship between stress, job satisfaction, and organizational commitment. Human Relations, 50(8), 929–953. https://doi.org/10.1177/001872679705000803
  • Jamal, M. (1990). Relationship of job stress and Type-A behavior to employees’ job satisfaction, organizational commitment, psychosomatic health problems, and turnover motivation. Human Relations, 43(8), 727–738. https://doi.org/10.1177/001872679004300802
  • Kahn, R. L., Wolfe, D. M., Quinn, R. P., & Snoek, J. D. (with Rosenthal, R. A.). (1964). Organizational stress: Studies in role conflict and ambiguity. John Wiley & Sons.
  • Karasek, R. A. (1979). Job demands, job decision latitude, and mental strain: Implications for job redesign. Administrative Science Quarterly, 24(2), 285–308. https://doi.org/10.2307/2392498
  • Rush, M. C., Schoel, W. A., & Barnard, S. M. (1985). Psychological resiliency in the public sector: ‘Hardiness’ and social support for accountability. Journal of Vocational Behavior, 27(1), 32–45. https://doi.org/10.1016/0001-8791(85)90050-4
  • Seibert, S. E. (1999). The effectiveness of proactive personality: A study of leaders and followers. Journal of Applied Psychology, 84(3), 416–427. https://doi.org/10.1037/0021-9010.84.3.416
  • Shirom, A., & Mayer, A. (1993). Stress and strain among school teachers: Evaluative reactions to job characteristics. Journal of Educational Administration, 31(2), 48–60. https://doi.org/10.1108/09578239310034458

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instructions:

All of us occasionally feel bothered by certain kinds of things in our work. How frequently do you feel bothered by each of these?

Response format:

are 1 = never, 2 = rarely, 3 = sometimes, 4 = rather often, and 5 = nearly all the time. It is optional to use "doesn’t apply" and this response is coded with score of 0.

  1. Feeling that you have too little authority to carry out the responsibilities assigned to you
  2. Being unclear on just what the scope and responsibilities of your job are
  3. Not knowing what opportunities for advancement or promotion exist for you
  4. Feeling that you have too heavy a work load, one that you can’t possibly finish during an ordinary workday
  5. Thinking that you’ll not be able to satisfy the conflicting demands of various people over you
  6. Feeling that you’re not fully qualified to handle your job
  7. Not knowing what your supervisor thinks of you, how he [she] evaluates your performance
  8. The fact that you can’t get information needed to carry out your job
  9. Having to decide things that affect the lives of individuals, people that you know
  10. Feeling that you may not be liked and accepted by the people you work with
  11. Feeling unable to influence your immediate supervisor’s decisions and actions that affect you
  12. Not knowing just what the people you work with expect of you
  13. Thinking that the amount of work you have to do may interfere with how well it gets done
  14. Feeling that you have to do things on the job that are against your better judgment
  15. Feeling that your job tends to interfere with your family life
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Looti, M. (2026, octobre 17). Indice de tension liée au travail. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=indice-de-tension-liee-au-travail-jrti-2
Looti, Mohammed. “Indice de tension liée au travail.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=indice-de-tension-liee-au-travail-jrti-2.
Looti, Mohammed. “Indice de tension liée au travail.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=indice-de-tension-liee-au-travail-jrti-2.