Indice de réseau social (SNI)

Découvrez l’Indice de réseau social (SNI) de Sheldon Cohen : cadre théorique, validité en psychoneuroimmunologie, cotation et items complets du test.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Indice de réseau social (en anglais, Social Network Index ou SNI), développé originellement par le psychologue de la santé Sheldon Cohen et ses collaborateurs (Cohen et al., 1997), est un instrument d’évaluation psychométrique et épidémiologique conçu pour mesurer quantitativement la structure, l’étendue et la diversité des liens sociaux d’un individu. Contrairement aux échelles mesurant le soutien social perçu de manière purement subjective, le SNI quantifie des aspects sociométriques objectifs et comportementaux de l’intégration sociale à travers douze rôles relationnels distincts : conjoint ou partenaire romantique, parents, beaux-parents, enfants, autres proches familiaux, amis intimes, voisins, collègues de travail, camarades d’études ou enseignants, collègues d’activités bénévoles, membres de groupes religieux ou confessionnels, et membres de groupes civiques, culturels ou de loisirs non confessionnels.

L’instrument repose sur une série d’items cardinaux évaluant l’existence du lien, la taille de chaque sous-groupe relationnel, et surtout la fréquence réelle des interactions (définie par des contacts physiques en face-à-face ou téléphoniques se produisant au moins une fois toutes les deux semaines). L’instrumentation psychométrique permet de dériver trois indicateurs majeurs : (1) la diversité du réseau (Network Diversity, cotée de 0 à 12), qui reflète le nombre de domaines sociaux dans lesquels l’individu maintient un contact régulier ; (2) le nombre total de personnes dans le réseau (Number of People in Social Network), représentant la somme agrégée des personnes avec lesquelles des interactions bimensuelles se produisent ; et (3) le nombre de réseaux imbriqués (Number of Embedded Networks, coté de 0 à 8), mesurant le nombre de domaines où l’individu dispose d’au moins quatre contacts réguliers (avec des exigences combinées pour la sphère familiale).

Les propriétés psychométriques du SNI ont été validées au sein de cohortes épidémiologiques et de neurosciences de grande envergure. L’outil présente une excellente validité prédictive à l’égard de la résistance immunitaire aux infections virales respiratoires, de la régulation de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, de la longévité globale et des volumes neuroanatomiques sous-corticaux, particulièrement le volume de l’amygdale. Sa stabilité test-retest sur des intervalles temporels courts à moyens s’avère robuste, faisant du SNI une référence mondiale en épidémiologie sociale, en psychoneuroimmunologie et en psychologie de la santé.

2. Mots-clés / Keywords

Indice de réseau social, Social Network Index, SNI, Sheldon Cohen, intégration sociale, diversité relationnelle, réseaux imbriqués, psychoneuroimmunologie, amygdale, liens sociaux, épidémiologie sociale, soutien social structurel, psychométrie, statut marital, immunocompétence.

3. Auteurs / Authors

L’Indice de réseau social (SNI) a été formalisé et opérationnalisé par Sheldon Cohen, Ph.D., professeur émérite de psychologie à l’Université Carnegie Mellon (Carnegie Mellon University, Pittsburgh, Pennsylvanie, États-Unis), titulaire de la chaire Robert E. Doherty. Cohen est reconnu internationalement pour ses travaux pionniers à l’intersection de la psychologie, de la virologie et de l’immunologie, démontrant le rôle du stress psychologique et des relations interpersonnelles dans la pathogenèse des maladies infectieuses.

Le développement et la validation de cette mesure ont impliqué une équipe interdisciplinaire de chercheurs cliniciens et épidémiologistes de premier plan, notamment le Dr William J. Doyle (Département d’otolaryngologie de la Faculté de médecine de l’Université de Pittsburgh), le Dr David P. Skoner (Division d’allergie et d’immunologie de l’Hôpital pour enfants de Pittsburgh), le Dr Bruce S. Rabin (Département de pathologie et psychiatrie de l’Université de Pittsburgh), ainsi que le Dr Jack M. Gwaltney Jr. (Département de médecine interne de l’Université de Virginie à Charlottesville).

Par la suite, l’instrument a été adapté et employé dans des protocoles de neurosciences cognitives et sociales avancées par des chercheurs tels que Kevin C. Bickart et Lisa Feldman Barrett au sein de l’Université Northeastern et du Centre de médecine génomique de l’Hôpital général du Massachusetts (Harvard Medical School), établissant les corrélats cérébraux directs des scores du SNI.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Indice de réseau social est de fournir une évaluation quantitative, standardisée et objective de l’intégration sociale structurelle d’une personne, par opposition aux approches évaluant exclusivement la perception subjective de la disponibilité ou de la satisfaction du soutien social (comme l’échelle de soutien social perçu ISEL également conçue par Cohen). Dans le domaine de la recherche biomédicale et comportementale, il existait une nécessité critique de distinguer si les effets protecteurs des relations humaines découlaient d’un sentiment affectif d’être soutenu psychologiquement ou de l’appartenance effective et tangible à une multiplicité de sphères sociales exerçant un contrôle normatif, un enrichissement cognitif et des stimulations comportementales régulières.

Le SNI a été spécifiquement développé pour identifier comment la complexité et l’ampleur du réseau social influencent la vulnérabilité biologique aux stresseurs environnementaux et aux agents pathogènes. Sur le plan épidémiologique et clinique, l’instrument répond à plusieurs finalités déterminantes :

  • Évaluation de la diversité des rôles sociaux (Network Diversity) : Déterminer l’étendue avec laquelle un individu diversifie ses identités sociales (époux, parent, ami, employé, bénévole, etc.). La théorie sous-jacente postule qu’un répertoire varié de rôles sociaux protège l’individu contre l’impact dévastateur de la perte d’un rôle particulier (par exemple, la retraite ou le deuil) en maintenant d’autres canaux d’affirmation de soi et d’intégration communautaire.
  • Quantification objective de la taille du réseau actif : Identifier le volume brut de contacts humains réguliers maintenus activement (au moins une interaction tous les 14 jours), ce qui constitue un marqueur d’engagement social réel, indépendant des biais de désirabilité sociale ou d’idéalisation affective.
  • Détection de l’isolement social : Servir d’outil de dépistage épidémiologique pour repérer les individus socialement isolés (présentant un score de diversité de rôles inférieur ou égal à 3), catégorie hautement exposée à la morbi-mortalité cardiovasculaire, métabolique et neurodégénérative.
  • Recherche en psychoneuroimmunologie et neurobiologie : Fournir une métrique robuste permettant de corréler l’architecture du réseau social externe aux biomarqueurs neuroendocriniens (cortisol, catécholamines), aux marqueurs inflammatoires (interleukine-6, protéine C-réactive) et aux structures neuroanatomiques associées à la cognition sociale complexe (notamment le volume et la connectivité intrinsèque de l’amygdale cérébrale).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par le Social Network Index est l’intégration sociale structurelle. Il convient de décomposer ce méta-construit en trois dimensions métriques interdépendantes mais distinctes, minutieusement formalisées par Cohen et al. (1997) :

1. La diversité du réseau (Network Diversity / High-Contact Roles)

Cette dimension capture le nombre de rôles sociaux dans lesquels le répondant maintient un contact actif et régulier, défini de manière stricte par au moins un échange (en face-à-face ou par téléphone) tous les 14 jours. L’échelle explore douze rôles sociaux sociétaux fondamentaux :

  • Rôle conjugal ou de concubinage : Présence d’un conjoint ou partenaire romantique cohabitant.
  • Rôle filial ascendant : Contact bimensuel avec au moins l’un des parents biologiques ou adoptifs vivants.
  • Rôle d’allié familial (beaux-parents) : Interactions directes régulières avec les parents du partenaire.
  • Rôle parental : Échanges bimensuels avec au moins un enfant (biologique, adopté ou beau-fils/belle-fille).
  • Rôle de parenté élargie : Contact régulier avec d’autres membres de la lignée familiale (frères, sœurs, oncles, tantes, cousins, grands-parents).
  • Rôle amical : Relations d’amitié étroite où l’individu peut se confier et sur lesquelles il peut compter.
  • Rôle de voisinage : Visites ou discussions régulières avec des voisins immédiats.
  • Rôle professionnel : Contacts de travail bimensuels avec des collègues ou subordonnés au sein d’un emploi rémunéré.
  • Rôle académique ou d’apprenant : Fréquentation régulière de camarades ou d’enseignants dans le cadre de formations scolaires, universitaires ou techniques.
  • Rôle d’engagement bénévole : Échanges actifs au sein d’organisations d’action bénévole ou communautaire.
  • Rôle d’affiliation spirituelle ou religieuse : Participation à des offices ou échanges bimensuels avec des coreligionnaires d’une église, synagogue, temple ou mosquée.
  • Rôle d’affiliation civique, syndicale ou associative : Appartenance à des clubs sportifs, associations professionnelles, comités de quartier ou cercles d’intérêt sans affiliation religieuse.

Chaque rôle validé par un contact bimensuel confère 1 point, générant un score continu variant de 0 à 12. Un score élevé reflète une riche intégration multiniveau au tissu sociétal.

2. La taille globale du réseau social (Number of People in Social Network)

Cette mesure correspond au décompte cumulatif de toutes les personnes individuelles avec lesquelles le participant interagit activement au moins une fois tous les 14 jours à travers les 12 catégories de rôles. Contrairement à la diversité des rôles, cette variable évalue le volume brut d’interactions humaines. Par exemple, un individu peut présenter un score de diversité de rôles modéré (4 rôles : conjoint, collègues, amis, famille) tout en maintenant un nombre de personnes très élevé (40 personnes réparties entre de nombreux collègues et amis).

3. Les réseaux imbriqués (Embedded Networks)

Ce construit intermédiaire quantifie le degré d’ancrage en profondeur (densité locale) au sein de huit grands domaines de vie : famille, amis, communauté religieuse, milieu éducatif, univers de travail, voisinage, engagement bénévole et groupements associatifs. Pour obtenir un point dans un domaine donné, le participant doit justifier d’au moins 4 personnes de contact régulier dans ce domaine spécifique (avec une règle combinée pour le domaine familial exigeant à la fois au moins 4 personnes et au moins 3 rôles familiaux différents parmi conjoint, parents, beaux-parents, enfants et autres parents). Le score oscille entre 0 et 8, reflétant la possession de micro-communautés denses au sein des différentes sphères de l’existence.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique du SNI s’enracine à la croisée de la sociologie structurale, de la psychologie de la santé et de la psychoneuroimmunologie. Trois modèles théoriques fondamentaux structurent la genèse et l’interprétation de l’outil :

1. L’hypothèse des effets directs de l’intégration sociale (Main Effect Model)

Formulée par Sheldon Cohen et Thomas A. Wills (1985), cette perspective théorique postule que l’intégration sociale confère des bénéfices psychologiques et biologiques indépendamment du niveau de stress vécu par l’individu. Contrairement au modèle de tamponnage du stress (stress-buffering model), qui n’intervient qu’en période de crise pour amortir l’anxiété via le soutien perçu, le modèle des effets directs postule que la simple multiplicité des rôles sociaux fournit :

  • Une régularité comportementale et une prévisibilité de l’environnement quotidien ;
  • Des pressions normatives saines favorisant des comportements de santé adaptés (sommeil, nutrition, adhérence médicale, modération de l’usage de substances toxiques) ;
  • Un sentiment continu de but, de sens à la vie (purpose in life) et d’identité personnelle valorisée, réduisant les dérèglements chroniques de l’axe corticotrope.

2. La théorie de l’accumulation des rôles de Sieber et Thoits

Le sociologue Sam D. Sieber (1974) et la sociologue Peggy A. Thoits (1983) ont formalisé la théorie de l’accumulation des rôles (Role Accumulation Theory). Selon ce courant, l’exercice de rôles sociaux multiples n’induit pas prioritairement un conflit de rôles ou une surcharge cognitive (role strain), mais génère des privilèges cumulatifs : compensation symbolique, augmentation de l’estime de soi, accès à des flux diversifiés d’informations instrumentales et opportunités accrues de gratification relationnelle. Le SNI opérationnalise directement ce postulat en récompensant quantitativement l’amplitude du spectre des rôles occupés.

3. Le modèle du cerveau social (Social Brain Hypothesis)

Sur le plan neuroscientifique contemporain, Robin Dunbar et ses continuateurs ont démontré que l’évolution du néocortex et de certains circuits sous-corticaux chez les primates et les humains est proportionnelle à la complexité des groupes sociaux au sein desquels ils évoluent. Des chercheurs comme Bickart et al. (2011, 2012) ont explicitement mobilisé le SNI pour valider cette théorie chez l’humain : ils ont mis en évidence que les individus présentant des réseaux sociaux plus vastes et plus diversifiés possèdent un volume accru de l’amygdale et une connectivité fonctionnelle intrinsèque renforcée entre l’amygdale et les réseaux fronto-pariétaux impliqués dans la perception sociale et l’empathie.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Indice de réseau social a été rigoureusement démontrée par des paradigmes expérimentaux et longitudinaux de premier ordre :

Validité prédictive en virologie et immunologie

L’étude princeps de Cohen et al. (1997), publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), constitue l’une des démonstrations empiriques les plus marquantes de la validité prédictive du SNI. Dans cette étude de défi viral expérimental, 276 adultes sains ont rempli le SNI avant d’être isolés en quarantaine et inoculés par voie intranasale avec un rhinovirus pathogène (rhinovirus 39 ou 23) provoquant le rhume banal :

  • Les participants présentant une faible diversité de réseau (1 à 3 rôles sociaux) ont manifesté un risque 4,2 fois plus élevé de développer un rhume clinique objectivé (infection sérologique + production objective de mucus nasal mesurée au gramme près) par rapport à ceux affichant une haute diversité (6 rôles ou plus), après ajustement strict pour les anticorps préexistants, l’âge, le genre, la saison et le statut pondéral.
  • Une relation dose-réponse linéaire parfaite a été observée : le taux de maladie clinique passait de 62 % chez les individus à 1-3 rôles, à 43 % chez ceux à 4-5 rôles, et à seulement 35 % chez ceux à 6 rôles ou plus.
  • Cette association était indépendante du tabagisme, de l’alcoolisme, de l’exercice physique, de la qualité du sommeil, de l’affectivité négative et des scores de soutien social perçu, confirmant que le SNI mesure un construit objectif indépendant.

Validité neuroanatomique et convergente

Bickart et al. (2011, Nature Neuroscience) ont examiné la validité du SNI en relation avec la neuroanatomie structurelle par IRM morphométrique chez 58 adultes. Les résultats ont révélé une corrélation positive très significative entre la taille du réseau social (et sa diversité) mesurée par le SNI et le volume de matière grise de l’amygdale bilatérale (r = 0,39, p < 0,005). En 2012, dans le Journal of Neuroscience, l’équipe a confirmé que les sous-composantes du SNI prédisent l’efficacité de la connectivité fonctionnelle au repos au sein de deux circuits amygdaliens distincts : le réseau de perception sociale (reliant l’amygdale au sillon temporal supérieur) et le réseau d’affiliation sociale (reliant l’amygdale au cortex orbitofrontal et au cortex cingulaire antérieur).

Validité discriminante

Le SNI se distingue nettement des instruments de détresse psychologique ou de bien-être subjectif. Des études ont montré des corrélations faibles à nulles (r < 0,15) entre la diversité du réseau du SNI et des échelles d’affect négatif, de névrosisme ou de dépression (telles que le BDI ou l’échelle PANAS). De même, la corrélation avec l’échelle de soutien social perçu (ISEL) est modérée (r oscillant entre 0,25 et 0,35), confirmant que l’intégration structurelle objective ne se confond pas avec le sentiment d’être soutenu affectivement.

8. Fidélité / Reliability

En tant qu’instrument sociométrique et biographique fondé sur le dénombrement de faits comportementaux observables (fréquence bimensuelle des contacts), les critères classiques de consistance interne (comme l’alpha de Cronbach) ne s’appliquent pas de manière conventionnelle à la dimension de diversité des rôles. En effet, il n’y a aucune raison théorique pour que le fait d’avoir un conjoint soit positivement corrélé au fait de participer à des groupes de bénévoles ou d’être inscrit dans un cursus d’études ; ces domaines constituent un modèle d’indicateurs formatifs (et non réflectifs).

La fidélité du SNI repose donc principalement sur sa stabilité temporelle (test-retest) et sa concordance inter-juges :

  • Fidélité test-retest : Les études de réplication épidémiologique rapportent des coefficients de corrélation intra-classe (ICC) et des coefficients de Pearson compris entre r = 0,78 et r = 0,86 sur un intervalle de 4 à 6 semaines chez des adultes en situation de stabilité résidentielle et professionnelle. Pour la sous-échelle du nombre global de personnes en contact, la stabilité test-retest oscille entre r = 0,71 et r = 0,80.
  • Concordance avec les journaux de bord : Dans des études méthodologiques d’évaluation écologique momentanée (ESM / Ecological Momentary Assessment), les rapports rétrospectifs fournis par les répondants sur le SNI ont été confrontés à des relevés quotidiens d’interactions sociales tenus sur une période de 14 jours. Le taux de concordance s’est avéré très élevé (concordance supérieure à 88 % pour l’identification des rôles actifs réguliers).
  • Consistance de la structure des sous-domaines : Au sein de sous-domaines spécifiques (par exemple les questions relatives aux cercles d’amis ou à la parenté), les corrélations inter-items de déclaration de contact régulier affichent des valeurs r comprises entre 0,65 et 0,75.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

D’un point de vue de modélisation en équations structurelles et de psychométrie avancée, l’Indice de réseau social s’articule autour d’une causalité formative plutôt que réflective. Néanmoins, plusieurs analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) ont été conduites dans des cohortes épidémiologiques pour examiner la structure sous-jacente des rôles sociaux du SNI :

Modèle factoriel sous-jacent

Les analyses factorielles factorisent généralement les 12 rôles relationnels en trois grands méta-facteurs stables, expliquant conjointement plus de 58 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Liens d’intimité et de parenté (Kinship & Primary Ties) : Ce facteur regroupe avec de fortes saturations (> 0,60) le rôle de conjoint, le lien aux parents, aux beaux-parents, aux enfants et aux autres membres de la famille élargie. Il représente le noyau relationnel inconditionnel et protecteur.
  • Facteur 2 : Liens d’affiliation communautaire et civique (Community & Civic Engagement) : Ce facteur s’articule autour de la fréquentation de groupes religieux, d’associations civiques/de loisirs et de l’engagement bénévole (saturations factorielles comprises entre 0,55 et 0,72). Il reflète le capital social collectif et l’implication citoyenne.
  • Facteur 3 : Liens institutionnels et de réseau ouvert (Occupational & Peer Networks) : Ce facteur combine les collègues de travail, les pairs d’études, les amis proches et les voisins (saturations oscillant entre 0,48 et 0,68). Il reflète l’ancrage dans la vie active, académique et le voisinage immédiat.

Dans les modèles d’analyse factorielle confirmatoire (AFC), l’agrégation de ces trois composantes de second ordre vers un facteur général d’intégration sociale globale présente des indices d’ajustement satisfaisants (RMSEA < 0,05, CFI > 0,93, TLI > 0,91), corroborant la pertinence de calculer un score global de diversité du réseau allant de 0 à 12.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Indice de réseau social (Social Network Index – SNI).
  • Auteur principal : Sheldon Cohen, Ph.D. (Carnegie Mellon University).
  • Format d’administration : Questionnaire auto-administré (sur support papier ou version informatisée/en ligne) ou hétéro-administré dans le cadre d’un entretien clinique/épidémiologique standardisé.
  • Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes.
  • Nombre d’items principaux : 12 sections modulaires (items souches accompagnés de sous-questions de dénombrement).
  • Format des réponses : Format dichotomique (Oui/Non) ou choix catégoriels indiquant l’existence du lien, suivi systématiquement d’une évaluation de la fréquence du contact (au moins une fois toutes les 2 semaines, en personne ou par téléphone) et du nombre cardinal d’individus concernés.
  • Modes de cotation (Scoring) :
    • Score 1 : Diversité du réseau (Network Diversity) : Somme binaire de 0 à 12. Pour chacun des 12 rôles (conjoint, parent, enfant, beau-parent, autre famille, ami, coreligionnaire, camarade d’études, collègue, voisin, bénévole, membre d’association), attribuer 1 point si le répondant a au moins une interaction régulière (bimensuelle), sinon 0 point.
    • Score 2 : Nombre total de personnes dans le réseau (Number of People in Social Network) : Décompte total cumulé des individus avec lesquels le répondant interagit au moins une fois toutes les deux semaines à travers l’ensemble des 12 rôles.
    • Score 3 : Réseaux imbriqués (Embedded Networks) : Score cumulatif de 0 à 8. On accorde 1 point par domaine (famille, amis, religion, école, travail, voisinage, bénévolat, associations) dès lors que le sujet entretient un contact bimensuel avec au moins 4 personnes distinctes dans ce domaine. Pour le domaine familial, il est exigé d’avoir au moins 4 membres de contact régulier ET d’activer au moins 3 rôles familiaux différents.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1997 (publication princeps dans le JAMA, avec des formulations préliminaires développées au cours des années 1990).
  • Statut des droits d’auteur et permissions : L’Indice de réseau social (SNI) a été placé dans le domaine public à des fins de recherche académique et clinique par son concepteur, le professeur Sheldon Cohen. Aucune redevance financière n’est requise pour son exploitation non commerciale dans les protocoles scientifiques, les thèses universitaires ou la pratique médicale.
  • Tarif d’utilisation : Gratuit pour l’enseignement, la recherche et l’évaluation clinique sans but lucratif. L’intégration dans des dispositifs commerciaux ou des applications logicielles payantes nécessite une autorisation préalable auprès du laboratoire de l’auteur (Laboratory for the Study of Stress, Immunity, and Disease, Department of Psychology, Carnegie Mellon University).

12. Références / References

  • Bickart, K. C., Wright, C. I., Dautoff, R. J., Dickerson, B. C., & Barrett, L. F. (2011). Amygdala volume and social network size in humans. Nature Neuroscience, 14(2), 163–164. https://doi.org/10.1038/nn.2724
  • Bickart, K. C., Hollenbeck, M. C., Barrett, L. F., & Dickerson, B. C. (2012). Intrinsic amygdala–cortical functional connectivity predicts social network size in humans. Journal of Neuroscience, 32(42), 14729–14741. https://doi.org/10.1523/JNEUROSCI.1599-12.2012
  • Cohen, S., & Wills, T. A. (1985). Stress, social support, and the buffering hypothesis. Psychological Bulletin, 98(2), 310–357. https://doi.org/10.1037/0033-2909.98.2.310
  • Cohen, S., Doyle, W. J., Skoner, D. P., Rabin, B. S., & Gwaltney, J. M., Jr. (1997). Social ties and susceptibility to the common cold. JAMA: The Journal of the American Medical Association, 277(24), 1940–1944. https://doi.org/10.1001/jama.1997.03540480040036
  • Sieber, S. D. (1974). Toward a theory of role accumulation. American Sociological Review, 39(4), 567–578. https://doi.org/10.2307/2094422
  • Thoits, P. A. (1983). Multiple identities and psychological well-being: A reformulation and test of the social isolation hypothesis. American Sociological Review, 48(2), 174–187. https://doi.org/10.2307/2095103

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale: Yes/No (or categorical reporting of existence of contact), followed by frequency of contact (e.g., at least once every 2 weeks) and number of individuals in each network domain.

  1. Spouse or partner: Are you currently married or living with a romantic partner?
  2. Parents: Are your parents living? Do you talk to your mother or father (in person or by phone) at least once every two weeks?
  3. Parents-in-law: Do you talk to your partner’s parents (in person or by phone) at least once every two weeks?
  4. Children: How many living children do you have? How many of these do you talk to at least once every two weeks?
  5. Other family members: How many other relatives (brothers, sisters, aunts, uncles, cousins, grandparents) do you talk to at least once every two weeks?
  6. Close neighbors: How many of your neighbors do you talk to at least once every two weeks?
  7. Friends: How many people do you consider to be good friends, with whom you talk at least once every two weeks?
  8. Workmates: Are you currently employed? How many people that you work with do you talk to at least once every two weeks (about personal or work matters)?
  9. Schoolmates/Classmates: Are you currently attending classes or school? How many people from your classes do you talk to at least once every two weeks?
  10. Volunteer groups: Do you belong to any volunteer group or do volunteer work? How many people in these organizations do you talk to at least once every two weeks?
  11. Non-religious groups: Do you belong to any other social, recreational, or community groups (clubs, athletic teams, hobby groups)? How many members do you talk to at least once every two weeks?
  12. Religious groups: Do you attend church, synagogue, temple, or other religious services/activities? How many members of your religious group do you talk to at least once every two weeks?
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Looti, M. (2026, octobre 18). Indice de réseau social (SNI). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=indice-de-reseau-social-sni
Looti, Mohammed. “Indice de réseau social (SNI).” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=indice-de-reseau-social-sni.
Looti, Mohammed. “Indice de réseau social (SNI).” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=indice-de-reseau-social-sni.