1. Résumé / Abstract
L’échelle du comportement délinquant des amis — Enquête auprès des jeunes de Denver (en anglais, Friends’ Delinquent Behavior—Denver Youth Survey [FDB-DYS]) constitue un instrument psychométrique bref et robuste développé dans le cadre de la vaste recherche longitudinale Denver Youth Survey (DYS) menée par l’Institute of Behavioral Science de l’Université du Colorado à Boulder. Cet outil d’auto-évaluation en 8 items a été conçu pour mesurer la perception qu’a un adolescent ou un jeune adulte de l’implication de son groupe de pairs proches dans un spectre diversifié d’actes délinquants, violents et de comportements à risque au cours des douze derniers mois.
Les comportements investigués couvrent les dégradations matérielles volontaires, les agressions interpersonnelles et menaces physiques, l’implication dans des rixes, le port d’armes blanches ou à feu, ainsi que la consommation et le trafic de substances psychoactives (alcool et drogues illicites). Chaque item est évalué sur une échelle de fréquence ordinale de type Likert en 5 points, allant de 0 (« None of them » / Aucun d’entre eux) à 4 (« All of them » / Tous). Le score global est obtenu en calculant la moyenne des huit items, produisant un indice continu compris entre 0 et 4, où une valeur élevée reflète une affiliation marquée à un réseau de pairs déviants.
Sur le plan psychométrique, l’instrument présente une consistance interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,82 et 0,89 selon les cohortes d’âge et le genre dans les vagues successives de la DYS. L’analyse factorielle confirme une structure essentiellement unidimensionnelle expliquant une part prépondérante de la variance commune, tout en révélant une validité prédictive et convergente de premier ordre pour anticiper la primo-délinquance, la récidive, l’escalade de la violence juvénile et la toxicomanie. L’échelle figure parmi les instruments de référence archivés par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) pour l’évaluation empirique des facteurs de risque et de protection interpersonnels chez les adolescents.
2. Mots-clés / Keywords
Délinquance juvénile, pairs déviants, Denver Youth Survey, évaluation psychométrique, criminologie développementale, consommation de substances, violence des adolescents, influence sociale, théorie de l’association différentielle, criminométrie.
3. Auteurs / Authors
L’échelle Friends’ Delinquent Behavior a été élaborée sous l’égide de l’équipe principale d’investigation de la Denver Youth Survey au sein de l’Institute of Behavioral Science de l’University of Colorado at Boulder, en collaboration étroite avec le programme de recherche sur les causes et corrélats de la délinquance financé par l’Office of Juvenile Justice and Delinquency Prevention (OJJDP) du Département de la Justice des États-Unis.
- David Huizinga, Ph.D. : Chercheur principal émérite à l’Institute of Behavioral Science, University of Colorado at Boulder. Spécialiste internationalement reconnu en criminologie du développement, méthodologie longitudinale et épidémiologie de la délinquance juvénile.
- Finn-Aage Esbensen, Ph.D. : Professeur émérite au Department of Criminology and Criminal Justice, University of Missouri–St. Louis (anciennement chercheur associé à l’Institute of Behavioral Science, Boulder). Expert en dynamique des gangs de jeunes et en évaluation des programmes de prévention scolaire.
- Delbert S. Elliott, Ph.D. : Directeur émérite du Center for the Study and Prevention of Violence (CSPV) à l’Institute of Behavioral Science, University of Colorado at Boulder. Pionnier de la théorie intégrative du comportement délinquant combinant contrôle social, tension et apprentissage social.
- Affiliation institutionnelle principale : Institute of Behavioral Science, University of Colorado, Boulder, CO 80309, États-Unis.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle FDB-DYS est de quantifier le degré d’exposition et d’affiliation d’un jeune à un environnement de pairs manifestant des conduites antisociales, illégales et déviantes. Dans la recherche en psychopathologie développementale et en criminologie, la fréquentation de pairs délinquants est universellement identifiée comme l’un des prédicteurs proximaux les plus puissants de l’entrée dans la délinquance, du maintien des trajectoires infractionnelles et de l’amplification des conduites agressives au cours de l’adolescence et de la transition vers l’âge adulte.
L’instrument a été structuré pour répondre à un double impératif méthodologique et théorique :
- Standardiser la mesure de l’environnement relationnel immédiat : Contrairement aux approches globales et subjectives interrogeant l’adolescent sur la « mauvaise influence » générale de ses camarades, la FDB-DYS opérationnalise cette dimension à travers des indicateurs comportementaux concrets et vérifiables (dégradations, violences physiques, port d’armes, usage et vente de drogues).
- Évaluer la prévalence proportionnelle : En demandant « combien » d’amis s’adonnent à ces activités (« aucun » à « tous »), l’échelle capte la densité normative du groupe d’appartenance plutôt qu’une simple présence binaire d’un camarade déviant, reflétant ainsi l’intensité de la pression à la conformité déviante.
Sur le plan des applications empiriques et cliniques, l’échelle est mobilisée dans :
- La recherche étiologique longitudinale : Modélisation des équations structurelles visant à distinguer les effets de sélection (les jeunes délinquants recherchent des pairs similaires) des effets de socialisation ou de facilitation (l’affiliation aux pairs engendre l’adoption de conduites délinquantes).
- L’évaluation des risques en milieu judiciaire et psycho-éducatif : Identification rapide, lors des bilans probatoires ou des expertises de protection judiciaire de la jeunesse, des adolescents dont le réseau social constitue un vecteur majeur de vulnérabilité criminogène.
- Le monitorage de programmes d’intervention : Mesure des changements dans la composition du réseau social suite à des interventions ciblées (e.g., thérapie multisystémique, mentorat structuré, réinsertion scolaire).
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par la FDB-DYS relève de l’affiliation aux pairs déviants (deviant peer affiliation ou peer delinquency). Ce construit théorique multidimensionnel est ici appréhendé comme une variable latente continue reflétant l’exposition écologique perçue à des comportements antisociaux au sein du micro-système relationnel de l’individu.
L’échelle opérationnalise ce construit à travers plusieurs classes de comportements délictuels et transgressifs qui s’articulent autour de manifestations complémentaires :
1. Atteintes aux biens et vandalisme (Property Offenses)
L’item 1 (« Purposely damaged or destroyed property that did not belong to them? ») évalue la participation des amis à des actes de destruction gratuite, de vandalisme ou de dégradation matérielle. Chez l’adolescent, ce type de comportement marque souvent le stade initial de la délinquance juvénile émergente, survenant préférentiellement en dynamique de groupe sous forme de jeux transgressifs ou d’actes d’affirmation statutaire.
2. Agressions interpersonnelles et violences physiques (Violent Behaviors)
Trois items explorent directement la composante violente et conflictuelle :
- L’item 2 (« Hit or threatened to hit someone? ») mesure l’intimidation, la coercition physique et l’agression directe modérée.
- L’item 7 (« Got into a physical fight? ») quantifie la participation active à des affrontements physiques et bagarres.
- L’item 8 (« Been hurt in a fight? ») capte le versant de la victimisation et de la sévérité des conflits violents dans lesquels le groupe d’amis est impliqué, soulignant la dangerosité objective du milieu relationnel fréquenté.
3. Usage et abus de substances psychoactives (Substance Use)
L’échelle examine deux niveaux distincts d’implication dans la consommation d’alcool :
- L’item 3 (« Used alcohol? ») évalue l’expérimentation ou la consommation normative/sociale d’alcool au sein du groupe de pairs.
- L’item 5 (« Gotten drunk once in a while? ») isole l’intoxication alcoolique aiguë (« binge drinking » épisodique), qui est significativement plus liée aux passages à l’acte désinhibés, aux accidents et aux altercations violentes.
4. Délinquance grave : Port d’armes et trafic de drogues (Serious / High-Risk Delinquency)
Deux items mesurent l’exposition à des infractions majeures portant atteinte à la sécurité publique :
- L’item 4 (« Sold drugs? ») évalue l’insertion du réseau amical dans l’économie souterraine et le trafic de stupéfiants, un facteur d’amplification criminelle critique.
- L’item 6 (« Carried a knife or a gun? ») cible le port d’armes blanches ou à feu, indicateur par excellence de la létalité potentielle du groupe et de la préparation cognitive à l’affrontement armé.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de la Denver Youth Survey et de ses sous-échelles s’enracine dans la convergence de trois grands courants théoriques de la criminologie sociologique et de la psychologie du développement :
La théorie de l’association différentielle d’Edwin Sutherland
Formulée initialement par Edwin Sutherland, la théorie de l’association différentielle postule que le comportement criminel est un comportement appris au contact d’autres personnes, au sein de groupes restreints de relations interpersonnelles intimes. L’apprentissage porte à la fois sur les techniques de commission de l’acte et sur l’orientation spécifique des motivations, des pulsions, des rationalisations et des attitudes. Selon Sutherland, une personne devient délinquante lorsqu’elle est exposée à un excès de définitions favorables à la transgression des lois par rapport aux définitions défavorables. La FDB-DYS mesure précisément la présence et l’abondance de ces modèles normatifs déviants dans l’entourage immédiat.
La théorie de l’apprentissage social d’Albert Bandura et de Ronald Akers
Prolongeant Sutherland, Ronald Akers et Albert Bandura soutiennent que l’imitation (modelage) et le renforcement différentiel sont les moteurs clés de l’adoption de comportements antisociaux. Les pairs délinquants agissent simultanément comme :
- Des modèles comportementaux : observant des pairs dégrader des biens, consommer des substances ou se battre sans encourir de conséquences punitives immédiates, le jeune désinhibe ses propres tendances agressives.
- Des dispensateurs de renforcements sociaux : le rire, le statut au sein de la bande, le respect et l’approbation du groupe constituent des renforçateurs positifs puissants venant légitimer les actes illégaux.
Le modèle intégratif de Delbert Elliott
Delbert S. Elliott et ses collaborateurs ont combiné les théories du contrôle social (Travis Hirschi), la théorie de l’anomie/tension (Robert K. Merton) et l’apprentissage social. Dans cette perspective, la rupture des liens conventionnels (famille, école) pousse l’adolescent vers des milieux marginaux ; l’affiliation subséquente à des pairs délinquants fonctionne ensuite comme le catalyseur direct et indispensable convertissant la vulnérabilité latente en actes criminels effectifs.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’échelle FDB-DYS a été étayée par des décennies de travaux longitudinaux issus de la Denver Youth Survey et de nombreuses études comparatives indépendantes :
Validité de construit
La validité de construit est démontrée par la capacité de l’échelle à discriminer nettement entre les adolescents sans casier judiciaire et ceux engagés dans des trajectoires délinquantes chroniques ou affiliés à des gangs de rue. Les analyses ont systématiquement montré que le score à la FDB-DYS augmente de façon quasi linéaire avec le niveau d’institutionnalisation et de contact policier de l’adolescent.
Validité convergente et concourante
L’échelle corrèle fortement et positivement avec :
- L’auto-évaluation par l’adolescent de ses propres comportements délinquants (corrélations de Pearson variant généralement de r = 0,45 à r = 0,65, p < 0,001).
- Les attitudes favorables à la déviance et la neutralisation morale des infractions (r ≈ 0,38 – 0,52).
- L’impulsivité et la recherche de sensations (r ≈ 0,30 – 0,42).
Inversement, elle corrèle négativement avec les mesures d’attachement parental, d’engagement scolaire et de croyance dans les normes conventionnelles (validité divergente, r variant de -0,28 à -0,46).
Validité prédictive longitudinale
La force cardinale de cet instrument réside dans sa robustesse prédictive. Dans les analyses de régression logistique et les modèles de survie temporelle de la cohorte de Denver, le score moyen à la FDB-DYS au temps t prédit de façon statistiquement significative l’initiation de la violence grave au temps t+1 et t+2, même après contrôle strict de la délinquance antérieure, du statut socio-économique, de la supervision parentale et des caractéristiques de voisinage (Odds Ratio ajustés variant typiquement entre 1,80 et 2,60 pour les scores élevés).
8. Fidélité / Reliability
Les qualités métrologiques relatives à la précision et à la cohérence de l’instrument ont fait l’objet d’évaluations rigoureuses auprès d’échantillons communautaires et cliniques représentatifs :
Consistance interne
Dans l’échantillon normatif initial de la Denver Youth Survey (N = 1 890 jeunes âgés de 12 à 24 ans), le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des 8 items s’établit de manière récurrente à des niveaux élevés :
- Cohortes plus jeunes (12-15 ans) : $\alpha = 0,82$ à $0,86$
- Cohortes plus âgées (16-24 ans) : $\alpha = 0,85$ à $0,89$
Chaque item présente une corrélation item-total corrigée supérieure à 0,45, confirmant l’homogénéité du construit sans redondance excessive.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
Les coefficients de stabilité évalués sur des intervalles courts (2 à 4 semaines) indiquent des corrélations test-retest oscillant entre r = 0,78 et 0,85, attestant d’une excellente reproductibilité des déclarations. Sur des intervalles de 12 mois (mesures inter-vagues annuelles de la DYS), les coefficients d’autorégression restent élevés (r = 0,55 à 0,68), reflétant la stabilité relative des réseaux de sociabilité des adolescents tout en restant sensibles aux changements écologiques réels (transitions scolaires, déménagements).
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’exploration et la confirmation de la structure latente de la FDB-DYS ont été documentées par de multiples analyses factorielles :
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Les AFE conduites avec extraction en axes principaux et rotation oblique (Promax ou Oblimin) révèlent de manière prédominante une structure unidimensionnelle. Le premier facteur propre (eigenvalue) excède régulièrement 3,8, expliquant entre 48 % et 56 % de la variance totale des items. Le ratio entre la première et la deuxième valeur propre est nettement supérieur au critère usuel de 3:1, corroborant l’hypothèse d’un facteur général sous-jacent d’affiliation délinquante.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Les modélisations en AFC soutiennent l’adéquation d’un modèle unidimensionnel à condition de tolérer quelques corrélations résiduelles théoriquement justifiées (notamment entre l’item 3 « Used alcohol » et l’item 5 « Gotten drunk », ainsi qu’entre l’item 7 « Physical fight » et l’item 8 « Been hurt in a fight ») :
- Indice de fixation comparative (CFI) : $ge 0,96$
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : $ge 0,94$
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : $le 0,052$ (IC 90% [0,041 ; 0,063])
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : $le 0,035$
Les saturations factorielles standardisées ($lambda$) pour l’ensemble des 8 items s’échelonnent entre 0,58 (usage d’alcool simple) et 0,84 (participation à des bagarres physiques), démontrant une excellente convergence des indicateurs vers le facteur latent.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation standardisé (auto-rapporté ou administré par un enquêteur formé en entretien structuré informatisé).
- Format d’administration : Papier-crayon, passation assistée par ordinateur (CAPI/CASI) ou plateforme numérique sécurisée.
- Nombre d’items : 8 items comportementaux formulés sous forme interrogative.
- Fenêtre temporelle d’évaluation : Les douze derniers mois précédant l’entretien (« During the last year… »).
- Échelle de réponse ordinale (5 modalités) :
4= All of them (Tous)3= Most of them (La plupart d’entre eux)2= Some of them (Certains d’entre eux)1= Very few of them (Très peu d’entre eux)0= None of them (Aucun d’entre eux)
- Cotation et calcul du score :
- Sommer les valeurs numériques des 8 items (fourchette brute de 0 à 32).
- Diviser la somme obtenue par le nombre total d’items (8).
- Le score final est un score moyen continu allant de 0,00 à 4,00.
- Interprétation : Un score plus élevé indique une association ou une exposition significativement plus intense aux comportements délinquants et violents de la part des amis proches. En cas d’items manquants (si ≤ 2 items non renseignés), la moyenne peut être calculée sur les items valides.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement : 1987 (formalisation de l’outil dans le cadre du Youth Interview Schedule: Denver Youth Survey, Université du Colorado).
- Statut du droit d’auteur : Domaine public scientifique / Outil financé par des fonds fédéraux de recherche (U.S. Department of Justice, OJJDP, Grants 86-JN-CX-0006 et 95-DD-BX-0174).
- Disponibilité et frais : Utilisation gratuite à des fins de recherche académique, d’évaluation clinique et de politique publique non commerciale. Aucun droit de licence (royalty-free) n’est exigé.
- Diffusion officielle : L’instrument complet et ses protocoles de cotation sont publiés et librement accessibles dans le recueil méthodologique des CDC : Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (Dahlberg et al., 2005, pp. 212-213).
12. Références / References
- Akers, R. L. (1998). Social learning and social structure: A general theory of crime and deviance. Northeastern University Press.
- Dahlberg, L. L., Toal, S. B., Swahn, M., & Behrens, C. B. (2005). Measuring violence-related attitudes, behaviors, and influences among youths: A compendium of assessment tools (2nd ed.). Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/YV_Compendium.pdf
- Elliott, D. S., Huizinga, D., & Ageton, S. S. (1985). Explaining delinquency and drug use. SAGE Publications. https://doi.org/10.1177/0022427885022004006
- Esbensen, F.-A., & Huizinga, D. (1993). Gangs, drugs, and delinquency in a survey of youth. Criminology, 31(4), 565-589. https://doi.org/10.1111/j.1745-9125.1993.tb01142.x
- Huizinga, D., Esbensen, F.-A., & Weiher, A. W. (1991). Are there multiple paths to delinquency? The Journal of Criminal Law and Criminology, 82(1), 83-118. https://doi.org/10.2307/1143809
- Institute of Behavioral Science. (1987). Youth interview schedule: Denver youth survey. University of Colorado.
- Sutherland, E. H., Cressey, D. R., & Luckenbill, D. F. (1992). Principles of criminology (11th ed.). Rowman & Littlefield.
- Thornberry, T. P., Lizotte, A. J., Krohn, M. D., Farnworth, M., & Jang, S. J. (1994). Delinquent peers, beliefs, and delinquent behavior: A longitudinal test of interactional theory. Criminology, 32(1), 47-83. https://doi.org/10.1111/j.1745-9125.1994.tb01146.x