Indice de la Fonction Sexuelle Féminine (FSFI)

Découvrez l’Indice de la Fonction Sexuelle Féminine (FSFI) : cadre théorique, 6 domaines psychologiques, propriétés psychométriques et calcul du score.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 16, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 16, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Indice de la Fonction Sexuelle Féminine (en anglais, Female Sexual Function Index ou FSFI) constitue l’étalon-or psychométrique international destiné à l’évaluation multidimensionnelle de la santé et du fonctionnement sexuels chez la femme. Élaboré initialement par le Pr Raymond C. Rosen et une équipe multidisciplinaire d’experts en 2000, cet instrument d’auto-évaluation en 19 items a été rigoureusement conçu pour pallier l’absence criante d’outils standardisés, fiables et validés dans les essais cliniques et la recherche fondamentale en sexologie gynécologique et comportementale.

Le FSFI investigue les manifestations et difficultés sexuelles éprouvées au cours des quatre dernières semaines à travers six dimensions physiologiques et psychologiques majeures : le désir sexuel (2 items), l’excitation sexuelle (4 items), la lubrification vaginale (4 items), l’orgasme (3 items), la satisfaction relationnelle et sexuelle (3 items) et la douleur / inconfort lié à la pénétration (3 items). Chaque domaine fait l’objet d’une pondération mathématique spécifique afin d’aboutir à un score factoriel compris entre 0 (ou 0,8/1,2) et 6, dont la sommation globale génère un score total s’étendant de 2,0 à 36,0 points. Un score composite seuil validé cliniquement de 26,55 permet de discriminer avec une sensibilité et une spécificité remarquables les femmes présentant un dysfonctionnement sexuel significatif au sens des nosologies psychiatriques et médicales contemporaines (DSM-IV-TR et DSM-5).

Les propriétés psychométriques du FSFI révèlent une consistance interne exceptionnelle (coefficients alpha de Cronbach systématiquement supérieurs à 0,82 pour l’ensemble des sous-échelles et dépassant 0,95 pour l’échelle globale), une fidélité test-retest élevée (coefficients de corrélation variant de 0,79 à 0,88) et une excellente validité de construit, tant convergente que discriminante. Utilisé dans des centaines d’essais pharmacologiques et d’enquêtes épidémiologiques à travers le monde, le FSFI est reconnu pour sa capacité à quantifier précisément les réponses thérapeutiques et à disséquer la complexité biopsychosociale de la réponse sexuelle féminine.

2. Mots-clés / Keywords

Indice de la Fonction Sexuelle Féminine, FSFI, sexualité féminine, dysfonction sexuelle féminine, désir sexuel hypoactif, lubrification vaginale, orgasme, dyspareunie, psychométrie, évaluation clinique, santé sexuelle, échelle d’auto-évaluation.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée par un consortium de chercheurs cliniciens de premier plan en médecine sexuelle, psychiatrie et psychométrie, coordonné par :

  • Raymond C. Rosen, Ph.D. — Département de Psychiatrie, Robert Wood Johnson Medical School, University of Medicine and Dentistry of New Jersey (UMDNJ), Piscataway, New Jersey, États-Unis. Spécialiste mondial de la pharmacothérapie des troubles sexuels et de la psychométrie appliquée à la santé sexuelle.
  • Julia R. Heiman, Ph.D. — Département de Psychiatrie et des Sciences Comportementales, University of Washington School of Medicine, Seattle, Washington, et directrice honoraire du Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction, Indiana University, États-Unis.
  • Sandra R. Leiblum, Ph.D. — Département de Psychiatrie, Robert Wood Johnson Medical School, UMDNJ, pionnière dans l’investigation clinique des troubles du désir et de l’excitation sexuelle chez la femme.
  • Cindy M. Meston, Ph.D. — Département de Psychologie, University of Texas at Austin, Austin, Texas, États-Unis. Directrice du Sexual Psychophysiology Laboratory et experte en marqueurs autonomes et psychophysiologiques de l’excitation féminine.
  • Ridwan Shabsigh, M.D. — Département d’Urologie, Columbia University College of Physicians and Surgeons, New York, New York, États-Unis.
  • David Ferguson, M.S. — Biostatisticien, Data Analysis Group, New Jersey, États-Unis.
  • Ralph B. D’Agostino, Ph.D. — Département de Mathématiques et Statistiques, Boston University, Boston, Massachusetts, États-Unis. Expert de réputation internationale en modélisation biostatistique et épidémiologique.

Les correspondances académiques historiques relatives à l’échelle ont été centralisées auprès du Dr Raymond C. Rosen (New England Research Institutes, Watertown, MA).

4. Objectif / Purpose

L’Indice de la Fonction Sexuelle Féminine (FSFI) a été mis au point afin de répondre à un besoin méthodologique urgent : doter la communauté scientifique et médicale d’un instrument psychométrique bref, standardisé, multidimensionnel et cliniquement sensible pour évaluer l’état fonctionnel sexuel des femmes adultes. Jusqu’à la fin des années 1990, alors que les recherches sur la dysfonction érectile masculine bénéficiaient d’échelles de pointe comme l’International Index of Erectile Function (IIEF), l’évaluation de la sexualité féminine demeurait fragmentée, dépendante d’entretiens non standardisés ou de questionnaires unidimensionnels manquant de validation factorielle solide.

Sur le plan fondamental, le FSFI vise à cartographier les différentes composantes de l’expérience sexuelle féminine en intégrant simultanément des dimensions subjectives (affects, désir, satisfaction perçue) et des marqueurs physiologiques périphériques (vasocongestion pelvienne, lubrification, contractions orgasmiques, nociception). L’objectif est de mesurer non seulement la présence ou l’absence de certains comportements, mais également leur intensité, leur fréquence, le degré de satisfaction associé et le niveau d’inconfort ou de détresse psychologique qu’ils engendrent.

Dans la pratique clinique, le questionnaire est employé pour :

  • Le dépistage systématique et le diagnostic différentiel : Identifier de manière précise les manifestations cliniques compatibles avec les critères des dysfonctions sexuelles féminines tels que définis par le DSM-IV-TR, le DSM-5 ou la CIM-11 (trouble du désir sexuel hypoactif, trouble de l’intérêt/de l’excitation sexuelle féminine, trouble de l’orgasme chez la femme, syndrome de douleur génito-pelvienne/trouble de la pénétration).
  • Le suivi thérapeutique longitudinal : Quantifier avec finesse les gains cliniques obtenus lors d’interventions pharmacologiques (e.g., hormonothérapie substitutive, flibansérine, dérivés androgéniques), psychothérapeutiques (thérapies cognitivo-comportementales, sexothérapies intégratives, pleine conscience) ou rééducatives (physiothérapie périnéale).
  • L’évaluation des effets secondaires iatrogènes : Documenter de façon prospective l’impact négatif des antidépresseurs (particulièrement les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine ou ISRS), des traitements oncologiques (tamoxifène, chimiothérapie, curiethérapie pelvienne) ou des contraceptions hormonales sur la santé sexuelle.

En recherche translationnelle et épidémiologique, le FSFI constitue un critère de jugement principal (primary endpoint) exigé par des agences réglementaires internationales telles que la Food and Drug Administration (FDA) et l’Agence Européenne des Médicaments (EMA) pour l’approbation de nouvelles molécules ciblant la fonction sexuelle féminine.

5. Construit psychologique / Construct

Le FSFI opérationnalise la fonction sexuelle féminine à travers une structure hiérarchique comprenant six construits spécifiques corrélés, subordonnés à un méta-construit général de santé sexuelle. Chacun de ces domaines fait l’objet d’une définition opérationnelle distincte :

1. Le Désir sexuel (Desire — items 1 et 2)

Le désir évalue la fréquence et l’intensité des pulsions sexuelles, des pensées érotiques, des fantasmes et de l’intérêt spontané ou réactif pour l’intimité sexuelle au cours des 4 semaines précédentes. Ce domaine permet d’investiguer le déficit motivationnel caractérisant le trouble du désir sexuel hypoactif (HSDD). Par exemple, une femme rapportant n’avoir quasiment jamais ressenti d’intérêt érotique et qualifiant son niveau de désir de « très faible ou nul » obtiendra le score minimal de 1,2 après pondération.

2. L’Excitation subjective et mentale (Arousal — items 3 à 6)

Cette dimension capture l’expérience cognitive et émotionnelle de l’éveil sexuel (le sentiment d’être « allumée » ou sexuellement stimulée), la fréquence de ces sensations lors des rapports ou activités sexuelles, le degré de confiance de la participante en sa propre capacité à s’exciter, ainsi que la satisfaction générale vis-à-vis de cet état d’excitation. Le construit différencie l’état mental d’activation érotique des composantes strictement vasculaires et sécrétoires.

3. La Lubrification vaginale (Lubrication — items 7 à 10)

Ce domaine mesure la composante vasocongestive périphérique involontaire de la réponse sexuelle, marquée par l’exsudation transépithéliale vaginale. Il quantifie la fréquence à laquelle la lubrification se manifeste au cours de l’activité sexuelle, la difficulté à l’obtenir, la capacité à la maintenir jusqu’au terme de l’interaction, ainsi que la difficulté ressentie pour maintenir cette humidité. Cette sous-échelle est particulièrement sensible aux carences œstrogéniques post-ménopausiques, au syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) ou aux neuropathies autonomes.

4. L’Orgasme (Orgasm — items 11 à 13)

Le construit orgasmique interroge le point culminant du cycle de réponse sexuelle : la fréquence de survenue de l’acmé érotique lors des stimulations génitales ou coïtales, la difficulté subjective éprouvée pour parvenir au déclenchement de l’orgasme, et le degré de satisfaction associé à cette capacité. Ce domaine ne préjuge pas de la modalité de déclenchement (clitoridienne, vaginale ou combinée), offrant ainsi une flexibilité clinique optimale pour dépister l’anorgasmie primaire ou secondaire.

5. La Satisfaction globale et relationnelle (Satisfaction — items 14 à 16)

Ce domaine évalue l’impact affectif et interpersonnel de la vie érotique. Il mesure le niveau de contentement quant à la proximité émotionnelle partagée avec le partenaire pendant l’acte sexuel, la satisfaction quant à la relation sexuelle avec le partenaire de manière générale, et enfin le degré de satisfaction envers sa vie sexuelle globale. Cette distinction est cruciale : une femme peut présenter une réponse physiologique préservée mais éprouver une détresse marquée en raison d’une insatisfaction relationnelle profonde.

6. La Douleur génito-pelvienne (Pain — items 17 à 19)

Ce domaine appréhende la nociception vulvovaginale et pelvienne associée au coït. Il quantifie la fréquence de l’inconfort ou de la douleur ressentie pendant la pénétration vaginale, la persistance de cette douleur après le rapport, ainsi que l’intensité perçue de cette souffrance. Il est capital de noter que dans le FSFI, la cotation de la douleur est inversée lors du calcul : un score plus élevé reflète une absence de douleur (meilleure santé), tandis qu’un score très bas signale une dyspareunie sévère ou un vaginisme rendant la pénétration insoutenable voire impossible.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle du FSFI s’enracine initialement dans le modèle classique linéaire du cycle de la réponse sexuelle humaine développé par William Masters et Virginia Johnson (1966), puis révisé par la psychiatre et psychanalyste Helen Singer Kaplan (1974, 1979). Le modèle tripartite de Kaplan postulait une séquence ordonnée en trois phases dépendantes : Désir → Excitation → Orgasme. Ce cadre a historiquement déterminé la classification nosographique des troubles sexuels dans le DSM-III, le DSM-IV et les premières versions du DSM-IV-TR.

Néanmoins, les concepteurs du FSFI (notamment Julia Heiman, Sandra Leiblum et Cindy Meston) étaient vivement conscients des limites inhérentes à cette conception linéaire lorsqu’elle est appliquée à l’expérience sexuelle féminine. S’appuyant sur les travaux de la conférence de consensus internationale sur les dysfonctions sexuelles féminines de l’American Foundation for Urologic Disease (Basson et al., 2000), le FSFI intègre des ajustements théoriques substantiels qui préfigurent le modèle circulaire non linéaire de Rosemary Basson :

  • Découplage de la lubrification et de l’excitation subjective : Contrairement à l’érection masculine où réponse vasculaire et perception de l’excitation sont hautement congruentes, la sexualité féminine présente fréquemment une discordance psycho-physiologique (Meston & Frohlich, 2000). Le FSFI isole explicitement l’excitation mentale (items 3-6) de la lubrification physique (items 7-10), permettant de cartographier les cas fréquents où une vasocongestion pelvienne existe sans excitation mentale consciente, et vice versa.
  • Intégration centrale de la proximité affective : La reconnaissance du fait que le désir féminin n’est pas uniquement une pulsion biologique spontanée, mais souvent un désir « réactif » motivé par le besoin de réciprocité et de complicité affective avec le partenaire (intégré dans le domaine Satisfaction).
  • Inclusion de la dimension nociceptive : La douleur pelvienne est reconnue comme une entité clinique autonome capable d’inhiber par boucle rétroactive l’ensemble des phases d’excitation et de désir, justifiant son inclusion à part entière comme sixième dimension du fonctionnement sexuel.

Sur le plan épistémologique, le FSFI s’inscrit résolument dans le modèle biopsychosocial de la santé sexuelle, où les variables physiologiques (neurovasculaires, endocriniennes, musculaires) interagissent de manière dynamique avec les cognitions sexuelles, les affects dépressifs ou anxieux, et la dynamique conjugale.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité du FSFI ont fait l’objet d’évaluations exhaustives lors de l’étude princeps de Rosen et al. (2000) et dans de multiples travaux multicentriques ultérieurs (notamment Meston, 2003 ; Wiegel, Meston, & Rosen, 2005).

Validité discriminante et de contraste clinique

L’instrument démontre une aptitude remarquable à différencier les populations cliniques des cohortes asymptomatiques. Dans l’échantillon de validation princeps, comparant des femmes souffrant d’un trouble de l’excitation sexuelle féminine (FSAD, n = 131) à des témoins sans antécédents de dysfonction (n = 131), les scores moyens de chaque domaine et le score total présentaient des écarts statistiquement hautement significatifs (p < 0,001) :

  • Score total : 19,2 ± 6,63 chez les patientes FSAD contre 30,5 ± 5,29 chez les témoins asymptomatiques.
  • Différenciation nette observée sur les sous-échelles d’excitation (2,43 vs 4,77), de lubrification (2,77 vs 5,14) et de satisfaction (3,47 vs 4,96).

Des travaux subséquents (Meston, 2003) ont étendu cette capacité discriminante à des cohortes diagnostiquées avec précision selon les critères psychiatriques pour le trouble du désir sexuel hypoactif (HSDD), le trouble orgasmique féminin (FOD) et la dyspareunie/vaginisme. Chaque groupe pathologique présentait une chute préférentielle et significative sur son domaine cible respectif.

Sensibilité diagnostique et spécificité du seuil clinique

L’étude méthodologique fondamentale de Wiegel, Meston et Rosen (2005) a établi la courbe ROC (Receiver Operating Characteristic) du FSFI auprès d’une cohorte de 568 femmes. Un score composite seuil de 26,55 a été identifié comme la valeur optimale d’orientation clinique :

  • Sensibilité diagnostique : 88 % pour repérer un trouble sexuel cliniquement avéré.
  • Spécificité diagnostique : 89 % pour classifier correctement les femmes sans dysfonctionnement sexuel.
  • Aire sous la courbe (AUC) : 0,948, témoignant d’une précision de classification diagnostique quasi parfaite.

Validité convergente et divergente

La validité convergente est étayée par des corrélations positives substantielles entre les sous-échelles de satisfaction et de désir du FSFI et le Locke-Wallace Marital Adjustment Test (r = 0,53 à 0,68). La validité divergente a été prouvée par de faibles corrélations avec des mesures d’anxiété non liée à la sexualité ou des indices d’adhésion aux normes de désirabilité sociale (r < 0,20), prouvant que l’échelle ne mesure pas un simple biais d’acquiescement ou un trait de névrosisme global.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité psychométrique du FSFI démontre une robustesse statistique exceptionnelle dans les diverses populations étudiées.

Consistance interne

Lors de l’étalonnage original (Rosen et al., 2000), le coefficient alpha de Cronbach (α) a été calculé séparément pour l’échantillon clinique et l’échantillon témoin. Les valeurs observées reflètent une homogénéité interne remarquable, largement au-dessus du seuil standard d’acceptabilité académique (0,70) :

  • Désir : α = 0,82 (témoins) ; α = 0,89 (patientes avec trouble)
  • Excitation : α = 0,90 (témoins) ; α = 0,95 (patientes)
  • Lubrification : α = 0,91 (témoins) ; α = 0,96 (patientes)
  • Orgasme : α = 0,89 (témoins) ; α = 0,92 (patientes)
  • Satisfaction : α = 0,84 (témoins) ; α = 0,88 (patientes)
  • Douleur : α = 0,92 (témoins) ; α = 0,94 (patientes)
  • Échelle Globale (Score Total) : α = 0,97

Stabilité temporelle (Fidélité Test-Retest)

La fidélité test-retest a été mesurée par l’administration répétée du FSFI à un intervalle de 2 à 4 semaines chez des patientes cliniquement stables sans intervention thérapeutique active. Les coefficients de corrélation de Pearson (r) indiquent une stabilité temporelle substantielle :

  • Désir : r = 0,79 (p < 0,001)
  • Excitation : r = 0,82 (p < 0,001)
  • Lubrification : r = 0,85 (p < 0,001)
  • Orgasme : r = 0,79 (p < 0,001)
  • Satisfaction : r = 0,86 (p < 0,001)
  • Douleur : r = 0,88 (p < 0,001)
  • Score composite global : r = 0,86 (p < 0,001)

Ces indices garantissent que les fluctuations de scores observées lors des protocoles d’essais thérapeutiques reflètent d’authentiques changements cliniques et non une variance d’erreur de mesure aléatoire.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La confirmation de la dimensionnalité du FSFI repose sur des analyses factorielles exploratoires (AFE) complétées par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) multicentriques de grande envergure.

Structure factorielle exploratoire (AFE)

Lors de la phase initiale de conception (Rosen et al., 2000), un ensemble initial de 30 items issus de la revue de la littérature et d’entretiens cliniques a été administré à une cohorte de développement. L’analyse en composantes principales (ACP) avec rotation orthogonale Varimax et rotation oblique Promax a clairement révélé une solution à six facteurs distincts ayant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0, expliquant 76,8 % de la variance totale des scores :

  • Facteur 1 (Lubrification) : Items 7, 8, 9, 10 — saturations factorielles très élevées (de 0,82 à 0,91).
  • Facteur 2 (Excitation) : Items 3, 4, 5, 6 — saturations comprises entre 0,71 et 0,86.
  • Facteur 3 (Douleur) : Items 17, 18, 19 — saturations comprises entre 0,85 et 0,92.
  • Facteur 4 (Orgasme) : Items 11, 12, 13 — saturations comprises entre 0,78 et 0,88.
  • Facteur 5 (Satisfaction) : Items 14, 15, 16 — saturations comprises entre 0,73 et 0,85.
  • Facteur 6 (Désir) : Items 1, 2 — saturations de 0,81 et 0,87.

Aucun item n’a présenté de saturation croisée problématique supérieure à 0,35 sur un facteur secondaire, autorisant la rétention de ces 19 items avec une grande parcimonie statistique.

Modélisation confirmatoire (AFC)

L’analyse factorielle confirmatoire menée par Meston (2003) et Wiegel et al. (2005) a mis en compétition le modèle théorique à six facteurs corrélés avec des modèles alternatifs (modèle unidimensionnel, modèle bi-factoriel désir/excitation combinés). Les indices d’ajustement du modèle à 6 dimensions ont attesté d’une adéquation supérieure aux données empiriques :

  • Comparative Fit Index (CFI) = 0,96
  • Goodness-of-Fit Index (GFI) = 0,94
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = 0,048 (IC 90 % [0,039 ; 0,057])
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) = 0,037

Ces données confirment sans équivoque que la sexualité féminine ne peut être réduite à un facteur général g unique, mais requiert cette dissection en six compartiments phénoménologiques autonomes.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un questionnaire auto-administré sur papier ou support informatique. Les modalités pratiques d’administration et de cotation sont les suivantes :

  • Type de mesure : Échelle multidimensionnelle d’auto-évaluation psychologique et somatosensorielle.
  • Période de référence évaluée : Les 4 dernières semaines précédant la passation.
  • Durée moyenne de passation : Environ 5 à 10 minutes.
  • Nombre total d’items : 19 items.
  • Format des réponses : Échelles de type Likert en 5 ou 6 points selon la nature de la question :
    • Items 1 et 2 (Désir) : Échelle de 1 à 5 (ex. : 1 = Presque jamais ou jamais ; 5 = Presque toujours ou toujours).
    • Items 3 à 13 (Excitation, Lubrification, Orgasme) : Échelle de 0 à 5, où le score 0 correspond à l’absence totale d’activité sexuelle au cours des 4 dernières semaines (option « Pas d’activité sexuelle »).
    • Items 14 à 16 (Satisfaction) : Échelle de 0 à 5 pour l’item 14 (l’option 0 correspondant à « Pas d’activité sexuelle ») et de 1 à 5 pour les items 15 et 16.
    • Items 17 à 19 (Douleur) : Échelle de 0 à 5, où le score 0 correspond à l’absence de tentative de pénétration vaginale (« Pas de tentative de rapport »). Le score 1 indique une douleur constante/extrême, et le score 5 une absence totale de douleur.
  • Algorithme de calcul et pondération factorielle : Pour chaque domaine, on calcule le score brut en additionnant les réponses aux items correspondants, puis on applique un coefficient multiplicateur (poids factoriel) afin d’équilibrer l’apport relatif de chaque dimension :
    • Désir : Items 1 + 2 → Poids factoriel 0,6 (Étendue du score : 1,2 à 6,0).
    • Excitation : Items 3 + 4 + 5 + 6 → Poids factoriel 0,3 (Étendue du score : 0 à 6,0).
    • Lubrification : Items 7 + 8 + 9 + 10 → Poids factoriel 0,3 (Étendue du score : 0 à 6,0).
    • Orgasme : Items 11 + 12 + 13 → Poids factoriel 0,4 (Étendue du score : 0 à 6,0).
    • Satisfaction : Items 14 + 15 + 16 → Poids factoriel 0,4 (Étendue du score : 0,8 à 6,0).
    • Douleur : Items 17 + 18 + 19 → Poids factoriel 0,4 (Étendue du score : 0 à 6,0 ; un score plus élevé reflète une absence de douleur).
  • Score Total Composite : Obtenu par la somme directe des 6 scores de domaines pondérés. L’échelle totale s’étend de 2,0 à 36,0.
  • Interprétation clinique :
    • Score total ≤ 26,55 : Présence d’un risque élevé de dysfonction sexuelle cliniquement significative nécessitant une exploration médicale ou sexologique approfondie.
    • Score total > 26,55 : Fonctionnement sexuel global dans les limites de la norme asymptomatique.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Le FSFI a été formellement publié pour la première fois en 2000 dans le Journal of Sex & Marital Therapy.

Concernant les conditions d’utilisation, de droits d’auteur et d’accès :

  • Recherche académique et pratique clinique individuelle : L’instrument est généralement mis à disposition gratuitement pour les cliniciens indépendants, les chercheurs universitaires et les étudiants dans le cadre de projets non commerciaux, sous réserve de citer scrupuleusement la publication princeps de Rosen et al. (2000).
  • Essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique et applications commerciales : L’utilisation du FSFI dans le cadre de protocoles d’enregistrement de molécules, d’études commanditées par l’industrie biomédicale ou d’intégrations logicielles commerciales nécessite l’obtention formelle d’une licence d’utilisation payante. Les droits de propriété intellectuelle et les licences linguistiques certifiées sont gérés par les ayants droit des auteurs et des organismes de gestion des résultats rapportés par les patients (PRO).
  • Adaptations linguistiques transculturelles : Le FSFI a été validé et traduit dans plus de 30 langues (notamment en français, espagnol, italien, chinois, arabe, etc.) selon des processus stricts de traduction-rétrotraduction (forward-back translation). Les investigateurs doivent veiller à utiliser les versions officiellement validées d’un point de vue psychométrique.

12. Références / References

Les publications fondatrices et validations de référence du FSFI sont répertoriées ci-dessous en style APA (7e édition) :

  • Basson, R., Berman, J., Burnett, A., Derogatis, L., Ferguson, D., Fourcroy, J., Goldstein, I., Graziottin, A., Heiman, J., Huynh, F., Incrocci, L., Jaspers, V., Leiblum, S., McKenna, K., Meston, C., Phillips, N., Pudney, J., Sadovsky, R., Segraves, R., & Whipple, B. (2000). Report of the international consensus development conference on female sexual dysfunction: Definitions and classifications. The Journal of Urology, 163(3), 888–893. https://doi.org/10.1016/S0022-5347(05)67828-7
  • Kaplan, H. S. (1979). Disorders of Sexual Desire and Other New Concepts and Techniques in Sex Therapy. Brunner/Mazel.
  • Masters, W. H., & Johnson, V. E. (1966). Human Sexual Response. Little, Brown and Company.
  • Meston, C. M. (2003). Validation of the Female Sexual Function Index (FSFI) in women with female orgasmic disorder and female sexual arousal disorder. Journal of Sex & Marital Therapy, 29(1), 39–46. https://doi.org/10.1080/713847100
  • Meston, C. M., & Frohlich, P. F. (2000). The neurobiology of sexual function. Archives of General Psychiatry, 57(11), 1012–1030. https://doi.org/10.1001/archpsyc.57.11.1012
  • Rosen, R., Brown, C., Heiman, J., Leiblum, S., Meston, C., Shabsigh, R., Ferguson, D., & D’Agostino, R., Jr. (2000). The Female Sexual Function Index (FSFI): A multidimensional self-report instrument for the assessment of female sexual function. Journal of Sex & Marital Therapy, 26(2), 191–208. https://doi.org/10.1080/009262300278597
  • Wiegel, M., Meston, C., & Rosen, R. (2005). The Female Sexual Function Index (FSFI): Cross-validation and development of clinical cutoff scores. Journal of Sex & Marital Therapy, 31(1), 1–20. https://doi.org/10.1080/00926230590478006

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Please answer the following questions as honestly and clearly as possible. Your responses will be kept completely confidential. In answering these questions the following definitions apply: Sexual activity can include caressing, foreplay, masturbation and vaginal intercourse. Sexual intercourse is defined as penile penetration (entry) of the vagina. Sexual stimulation includes situations like foreplay with a partner, self-stimulation (masturbation), or sexual fantasy.
Response Scale: Items 1-2: 1 to 5; Items 3-13, 17-19: 0 (No sexual activity) to 5; Items 14-16: 1 to 5 (Satisfaction domain)
Scoring / Reverse Items: The FSFI comprises 6 domains: Desire (Items 1, 2; factor weight 0.6; score range 1.2-6.0), Arousal (Items 3, 4, 5, 6; factor weight 0.3; score range 0-6.0), Lubrication (Items 7, 8, 9, 10; factor weight 0.3; score range 0-6.0), Orgasm (Items 11, 12, 13; factor weight 0.4; score range 0-6.0), Satisfaction (Items 14, 15, 16; factor weight 0.4; score range 0.8/1.2-6.0), Pain (Items 17, 18, 19; factor weight 0.4; score range 0-6.0; scored such that higher scores indicate lower pain/discomfort). Total score is the sum of the six weighted domain scores (range 2.0 to 36.0). A score ≤ 26.55 indicates risk of sexual dysfunction.
1

Over the past 4 weeks, how often did you feel sexual desire or interest?
2

Over the past 4 weeks, how would you rate your level (degree) of sexual desire or interest?
3

Over the past 4 weeks, how often did you feel sexually aroused ("turned on") during sexual activity or intercourse?
4

Over the past 4 weeks, how would you rate your level of sexual arousal ("turn on") during sexual activity or intercourse?
5

Over the past 4 weeks, how confident were you about becoming sexually aroused during sexual activity or intercourse?
6

Over the past 4 weeks, how often have you been satisfied with your arousal (excitement) during sexual activity or intercourse?
7

Over the past 4 weeks, how often did you become lubricated ("wet") during sexual activity or intercourse?
8

Over the past 4 weeks, how difficult was it to become lubricated ("wet") during sexual activity or intercourse?
9

Over the past 4 weeks, how often did you maintain your lubrication ("wetness") until completion of sexual activity or intercourse?
10

Over the past 4 weeks, how difficult was it to maintain your lubrication ("wetness") until completion of sexual activity or intercourse?
11

Over the past 4 weeks, when you had sexual stimulation or intercourse, how often did you reach orgasm (climax)?
12

Over the past 4 weeks, when you had sexual stimulation or intercourse, how difficult was it for you to reach orgasm (climax)?
13

Over the past 4 weeks, how satisfied were you with your ability to reach orgasm (climax) during sexual activity or intercourse?
14

Over the past 4 weeks, how satisfied have you been with the amount of emotional closeness during sexual activity between you and your partner?
15

Over the past 4 weeks, how satisfied have you been with your sexual relationship with your partner?
16

Over the past 4 weeks, how satisfied have you been with your overall sexual life?
17

Over the past 4 weeks, how often did you experience discomfort or pain during vaginal penetration?
18

Over the past 4 weeks, how often did you experience discomfort or pain following vaginal penetration?
19

Over the past 4 weeks, how would you rate your level (degree) of discomfort or pain during or following vaginal penetration?
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 16). Indice de la Fonction Sexuelle Féminine (FSFI). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=female-sexual-function-index-fsfi-2
Looti, Mohammed. “Indice de la Fonction Sexuelle Féminine (FSFI).” Base de données de psychologie en français, 16 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=female-sexual-function-index-fsfi-2.
Looti, Mohammed. “Indice de la Fonction Sexuelle Féminine (FSFI).” Base de données de psychologie en français. octobre 16, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=female-sexual-function-index-fsfi-2.