Évaluation des résultats cliniques en pratique courante (CORE-OM)

Le Clinical Outcomes in Routine Evaluation – Outcome Measure (CORE-OM) est un instrument psychométrique de référence de 34 items mesurant la détresse psychologique globale, le bien-être, le fonctionnement et le risque en psychothérapie.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 16, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 16, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Clinical Outcomes in Routine Evaluation – Outcome Measure (CORE-OM), désigné en français sous le terme d’Évaluation des résultats cliniques en pratique courante, constitue un instrument d’auto-évaluation standardisé de référence internationale, conçu spécifiquement pour quantifier la détresse psychologique globale et mesurer l’efficacité des interventions psychothérapeutiques en situation écologique. Développé à la fin des années 1990 au Royaume-Uni par une équipe multidisciplinaire de chercheurs et cliniciens (Barkham et al., 1998, 2001 ; Evans et al., 2002), le questionnaire comporte 34 items évaluant l’état du patient au cours des sept derniers jours.

L’architecture multidimensionnelle du CORE-OM explore quatre domaines cliniques fondamentaux :

  • Le bien-être subjectif (Subjective Well-being, 4 items), capturant l’état affectif général et l’optimisme ;
  • Les problèmes et symptômes (Problems/Symptoms, 12 items), évaluant l’anxiété, la dépression, les manifestations somatiques et les conséquences des traumatismes ;
  • Le fonctionnement global dans la vie quotidienne (Life Functioning, 12 items), mesurant la gestion des relations interpersonnelles, les interactions intimes et l’autonomie opérationnelle ;
  • Le risque et la dangerosité (Risk/Harm, 6 items), identifiant les comportements et idéations suicidaires, les automutilations ainsi que l’agressivité dirigée vers autrui.

Les réponses sont colligées au moyen d’une échelle de Likert en 5 points allant de 0 (« Pas du tout ») à 4 (« La plupart ou tout le temps »), avec inversion préalable des items formulés positivement. Le score total (variant de 0 à 136, ou exprimé en score moyen de 0 à 4) offre un indice robuste de détresse psychologique générale, complété par la possibilité d’analyser séparément le score hors-risque (Non-Risk score).

Les propriétés psychométriques du CORE-OM ont été validées auprès de vastes cohortes cliniques (notamment au sein du National Health Service britannique) et non cliniques. L’instrument présente une consistance interne exceptionnelle, avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,92 et 0,94 pour l’échelle globale, une excellente stabilité test-retest (coefficients de corrélation intraclasse de 0,87 à 0,91) et une sensibilité démontrée au changement thérapeutique. Sa validité convergente avec des mesures traditionnelles telles que le BDI-II, le SCL-90-R ou le GHQ-28 est solidement établie, positionnant le CORE-OM comme la clé de voûte de la surveillance systématique des résultats (Routine Outcome Monitoring, ROM).

2. Mots-clés / Keywords

CORE-OM, psychométrie, évaluation des résultats, psychothérapie, détresse psychologique, bien-être subjectif, fonctionnement interpersonnel, évaluation du risque suicidaire, surveillance systématique des résultats, validité de construit, fidélité test-retest, changement clinique significatif.

3. Auteurs / Authors

Le CORE-OM a été conçu et validé par un consortium de chercheurs cliniciens britanniques réunis au sein du CORE System Group, sous l’égide du CORE System Trust :

  • Chris Evans : Psychiatre psychothérapeute, professeur honoraire de recherche en psychothérapie, Nottinghamshire Healthcare NHS Foundation Trust & Université de Sheffield, Royaume-Uni.
  • Janice Connell : Psychologue chercheuse, School of Health and Related Research (ScHARR), Université de Sheffield, Royaume-Uni.
  • Michael Barkham : Professeur de psychologie clinique, Department of Psychology, Université de Sheffield, Royaume-Uni (chercheur principal dans le domaine des Practice-Based Evidence et du suivi systématique des thérapies).
  • Frank Margison : Psychiatre consultant et psychothérapeute, Manchester Mental Health and Social Care NHS Trust, Royaume-Uni.
  • Graeme McGrath : Psychiatre consultant et psychothérapeute, Manchester, Royaume-Uni.
  • John Mellor-Clark : Directeur de recherche, CORE Information Management Systems (CORE IMS), Rugby, Royaume-Uni.
  • Karin Audin : Chercheuse en psychologie clinique, Université de Leeds, Royaume-Uni.

L’administration et la gouvernance intellectuelle de l’outil sont assurées par l’organisme sans but lucratif CORE System Trust (www.coresystemtrust.org.uk).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental du CORE-OM est de fournir aux praticiens, aux équipes de soins et aux chercheurs une mesure standardisée, brève, pan-théorique et psychométriquement rigoureuse pour évaluer la sévérité initiale de la détresse psychologique et quantifier l’ampleur du changement thérapeutique intervenu au cours ou à la fin d’une intervention psychologique. Contrairement aux outils diagnostiques axés exclusivement sur une nosographie spécifique (comme les échelles réservées exclusivement au trouble dépressif majeur ou aux troubles anxieux généralisés), le CORE-OM a été délibérément élaboré pour saisir la nature composite et transdiagnostique des difficultés pour lesquelles les patients consultent dans les services de santé mentale, de médecine de premier recours ou de centres d’écoute universitaire.

Applications cliniques

Dans la pratique clinique courante, le CORE-OM remplit plusieurs fonctions majeures :

  • Évaluation initiale et triage : Le questionnaire permet de déterminer l’intensité globale de la souffrance psychique dès la prise de contact, de repérer les déficits fonctionnels et d’identifier immédiatement, via le domaine du risque, les conduites auto-agressives, les projets suicidaires ou les menaces hétéro-agressives nécessitant une intervention urgente de sécurité.
  • Mesure de l’efficacité thérapeutique (Pre/Post Outcome) : Administré lors de la première séance (ou de l’évaluation initiale) puis à la dernière séance du traitement, le CORE-OM permet de calculer le score de changement brut, de déterminer si le patient a bénéficié d’une amélioration statistiquement fiable (via l’indice de changement fiable de Jacobson et Truax) et de vérifier s’il a franchi le seuil de significativité clinique pour réintégrer la distribution de la population non clinique.
  • Surveillance systématique continue (Routine Outcome Monitoring – ROM) : L’utilisation répétée de versions raccourcies ou du CORE-OM lui-même permet d’alimenter un système de rétroaction clinique (Measurement Feedback System). Cette démarche alerte le praticien en cas de stagnation ou de détérioration de l’alliance thérapeutique et de l’état clinique du patient (patients « à risque d’échec »), réduisant substantiellement les taux d’abandon prématuré et d’aggravation iatrogène.

Applications en recherche et en gouvernance des soins

Sur le plan organisationnel et scientifique, le CORE-OM répond au paradigme des données probantes issues de la pratique (Practice-Based Evidence, PBE), venant compléter les essais contrôlés randomisés (Evidence-Based Practice). Il permet de constituer de vastes banques de données multicentriques pour comparer l’efficacité relative de différentes modalités thérapeutiques (thérapies cognitivo-comportementales, approches psychodynamiques, thérapies systémiques, approches humanistes) en vie réelle. Il sert également d’indicateur de performance clinique et d’assurance qualité pour les services hospitaliers et médico-sociaux, tout en autorisant l’évaluation médico-économique de l’impact des soins psychologiques.

5. Construit psychologique / Construct

Le CORE-OM conceptualise la détresse psychologique non comme un symptôme isolé, mais comme une expérience phénoménologique complexe et multidimensionnelle. L’instrument est articulé autour de quatre domaines interdépendants, formulés pour refléter la globalité du vécu d’un individu en demande d’aide :

1. Le bien-être subjectif (Subjective Well-being) — 4 items

Ce domaine évalue l’évaluation subjective globale que le sujet porte sur sa propre existence, son niveau d’énergie existentielle et sa perspective d’avenir. Il repose sur l’hypothèse clinique selon laquelle le sentiment d’optimisme et l’auto-évaluation positive constituent les premiers leviers restaurés lors du processus thérapeutique (phase de remoralisation). Les items sondent par exemple la capacité à se sentir bien dans sa peau (Item 4 : « I have felt O.K. about myself »), l’optimisme face à l’avenir (Item 31 : « I have felt optimistic about my future ») ou l’envie de pleurer traduisant un effondrement affectif (Item 14 : « I have felt like crying »).

2. Les problèmes et symptômes (Problems/Symptoms) — 12 items

Cette composante couvre un spectre large de manifestations psychopathologiques communes qui motivent la consultation en ambulatoire ou en psychiatrie générale. Elle englobe :

  • Les affects dépressifs et le désespoir : Le sentiment d’être sans issue, l’inutilité personnelle (Item 23 : « I have felt despairing or hopeless » ; Item 30 : « I have thought I am a worthless person »).
  • L’anxiété et les attaques de panique : La nervosité diffuse, la panique ou la terreur (Item 2 : « I have felt tense, anxious or nervous » ; Item 15 : « I have felt panic or terror »).
  • Les manifestations physiques et somatisations : Les tensions corporelles, algies diverses ou perturbations du sommeil (Item 8 : « I have been troubled by aches, pains or other physical problems » ; Item 18 : « I have had difficulty getting to sleep or staying asleep »).
  • La détresse cognitive et les intrusions traumatiques : L’invasion par des pensées négatives intrusives ou des souvenirs traumatisants (Item 13 : « I have disturbed by unwanted thoughts and feelings » ; Item 28 : « Unwanted images or memories have been distressing me »).

3. Le fonctionnement global dans la vie quotidienne (Life Functioning) — 12 items

Ce domaine cible l’impact des perturbations psychologiques sur les capacités adaptatives et psychosociales du patient. Le fonctionnement est investigué à travers trois sous-composantes écologiques :

  • Le fonctionnement intime et relationnel : Le sentiment d’avoir un soutien affectif solide ou au contraire de ressentir un isolement affectif profond (Item 1 : « I have felt terribly alone and isolated » ; Item 19 : « I have felt warmth or affection for someone »).
  • Les relations sociales élargies : La difficulté à entrer en contact avec les autres, l’irritabilité sociale ou la peur du jugement d’autrui (Item 10 : « Talking to people has felt too much for me » ; Item 29 : « I have been irritable when with other people » ; Item 25 : « I have felt criticized by other people »).
  • Le fonctionnement opérationnel et l’autonomie quotidienne : La capacité à faire face aux exigences de base, à gérer les imprévus et à accomplir les tâches nécessaires (Item 7 : « I have felt able to cope when things go wrong » ; Item 21 : « I have been able to do most things I needed to »).

4. Le risque et la dangerosité (Risk/Harm) — 6 items

Ce domaine crucial évalue les comportements et cognitions mettant en péril l’intégrité physique du patient ou de son entourage. Contrairement aux trois domaines précédents qui présentent une forte colinéarité, le domaine du risque possède une variance propre très marquée et une distribution asymétrique dans la population :

  • Risque dirigé contre soi-même (Risk to Self) : Les pensées autodestructrices, l’idéation suicidaire passive, les plans suicidaires actifs et les conduites de mise en danger ou d’automutilation (Item 9 : « I have thought of hurting myself » ; Item 16 : « I made plans to end my life » ; Item 24 : « I have thought it would be better if I were dead » ; Item 34 : « I have hurt myself physically or taken dangerous risks with my health »).
  • Risque dirigé vers autrui (Risk to Others) : Les comportements agressifs, menaces ou violences physiques à l’encontre de tiers (Item 6 : « I have been physically violent to others » ; Item 22 : « I have threatened or intimidated another person »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le CORE-OM s’enracine principalement dans le modèle des phases du changement psychothérapeutique formulé par Kenneth I. Howard et ses collaborateurs (Howard et al., 1993), désigné sous le nom de Phase Model of Psychotherapy Outcome. Ce modèle postule que la guérison au cours d’une psychothérapie se déroule séquentiellement selon trois stades distincts :

  1. La remoralisation (Remoralization) : Le premier effet observable d’une intervention est la réduction du sentiment de détresse subjective, la restauration de l’espoir et l’amélioration du bien-être général. Ce stade correspond précisément au domaine Subjective Well-being du CORE-OM.
  2. La remédiation (Remediation) : Au fil des séances, le traitement permet une atténuation ciblée des symptômes psychopathologiques focaux (dépression, crises de panique, compulsions, anxiété). Ce stade correspond au domaine Problems/Symptoms.
  3. La réhabilitation (Rehabilitation) : La dernière phase, plus longue et progressive, concerne la modification des schémas relationnels dysfonctionnels, le rétablissement de l’efficacité interpersonnelle et l’amélioration globale du fonctionnement psychosocial. Ce stade est capturé par le domaine Life Functioning.

Parallèlement, le CORE-OM intègre les travaux de Michael Lambert et David Orlinsky sur les facteurs communs en psychothérapie (Common Factors), issus de l’héritage de Jerome Frank. Les créateurs du CORE-OM ont cherché à contourner l’écueil des échelles strictement théorico-centrées (ex. axées uniquement sur les cognitions dysfonctionnelles beckiennes ou sur les mécanismes de défense psychodynamiques) pour créer un métalangage clinique commun, partagé par l’ensemble des professionnels de santé mentale quelle que soit leur affiliation épistémologique.

Enfin, l’outil s’appuie sur la théorie de la mesure de la détresse psychologique globale en tant que facteur général (le facteur « g » de psychopathologie ou détresse générale, documenté par Caspi et al.). La plupart des manifestations cliniques partagent une source commune de variance de souffrance, tandis que les items de risque représentent un domaine qualitatif à part, justifiant que les directives d’interprétation proposent à la fois un score global et un score non-risque distinct.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité du CORE-OM ont été confirmées dans de multiples études empiriques menées auprès de milliers de participants en contextes ambulatoires, hospitaliers, universitaires et communautaires.

Validité de construit et différenciation clinique

Dans l’étude princeps de validation (Evans et al., 2002), administrée à un échantillon clinique (n = 890) et un échantillon non clinique représentatif (n = 1 106), le CORE-OM a démontré une capacité de discrimination exceptionnelle entre les deux populations. Les scores moyens des patients consultants étaient systématiquement et significativement plus élevés que ceux des individus non cliniques sur l’ensemble des domaines (p < 0,001), avec des tailles d’effet massives : d de Cohen de 1,77 pour le score global, 1,75 pour le bien-être subjectif, 1,72 pour les problèmes/symptômes, 1,44 pour le fonctionnement quotidien, et 0,79 pour le domaine du risque (ce dernier reflétant le fait que les comportements de risque sévères demeurent à faible prévalence de base mais hautement spécifiques).

Validité convergente

Le CORE-OM présente de fortes corrélations positives avec les instruments de mesure psychopathologique les plus rigoureusement validés :

  • Inventaire de dépression de Beck (BDI-II) : Les corrélations entre le score total du CORE-OM et le BDI-II oscillent entre r = 0,73 et r = 0,80 dans les cohortes cliniques. Le domaine Problems/Symptoms corrèle à r = 0,81 avec le BDI-II.
  • Symptom Checklist-90-Revised (SCL-90-R) : Le score global du CORE-OM corrèle très fortement avec l’indice de sévérité globale (GSI) du SCL-90-R (r = 0,88), attestant que l’instrument capture fidèlement le noyau central de la détresse psychiatrique.
  • General Health Questionnaire (GHQ-28) : Des corrélations de r = 0,70 à 0,77 sont observées avec le score total du GHQ-28.
  • Inventaire d’anxiété de Beck (BAI) : Les sous-échelles de tension et d’anxiété du CORE-OM corrèlent à hauteur de r = 0,68 avec le BAI.
  • Inventory of Interpersonal Problems (IIP-32) : Le domaine Life Functioning du CORE-OM corrèle modérément à fortement (r = 0,62) avec l’IIP-32, confirmant sa spécificité dans l’appréciation des perturbations relationnelles.

Validité discriminante

La validité discriminante est étayée par la distinction nette entre les trois domaines de détresse générale (bien-être, problèmes, fonctionnement) et le domaine du risque. Les études factorielles confirment que les items de risque auto-agressif et hétéro-agressif ne s’agrègent pas simplement avec la détresse thymique classique, ce qui évite de fausser l’appréciation du risque chez des patients déprimés mais non suicidaires, ou inversement de sous-estimer des conduites impulsives dangereuses chez des sujets peu expressifs sur le plan anxio-dépressif.

Sensibilité au changement et seuils cliniques

Le CORE-OM montre une sensibilité remarquable au changement induit par la psychothérapie. Dans les études d’efficacité en vie réelle, les tailles d’effet intra-groupe (avant-après thérapie) atteignent régulièrement des valeurs comprises entre d = 1,10 et 1,40 pour les traitements menés à terme. Le seuil de coupure clinique (clinical cut-off) le plus couramment admis dans la littérature internationale pour différencier les populations cliniques et non cliniques se situe à 1,00 en score moyen (soit un score total brut de 34) pour l’échelle globale, ou à 1,19 pour les femmes et 1,00 pour les hommes sur le score non-risque. L’indice de changement fiable (Reliable Change Index, RCI) nécessite une variation minimale de 0,50 point sur le score moyen (environ 17 points de score brut) pour attester qu’un changement ne relève pas d’une simple erreur de mesure au seuil p < 0,05.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité du CORE-OM a fait l’objet d’investigations exhaustives quant à sa cohérence interne et sa stabilité temporelle.

Consistance interne

La consistance interne de l’instrument est remarquablement robuste au sein des différents sous-groupes de répondants (échantillons généraux, patients de soins primaires, patients hospitaliers) :

  • Score total (34 items) : L’alpha de Cronbach est de 0,94 dans la population générale et de 0,94 dans les échantillons cliniques (Evans et al., 2002).
  • Score hors-risque (Non-Risk, 28 items) : Alpha de Cronbach de 0,93 à 0,94.
  • Bien-être subjectif (4 items) : Alpha de Cronbach de 0,75 à 0,77 (valeur tout à fait satisfaisante pour une échelle brève de 4 items).
  • Problèmes / Symptômes (12 items) : Alpha de Cronbach de 0,88 à 0,90.
  • Fonctionnement quotidien (12 items) : Alpha de Cronbach de 0,84 à 0,87.
  • Risque / Dangerosité (6 items) : Alpha de Cronbach de 0,75 à 0,79 (cette valeur plus modérée s’explique par la nature hétérogène des items qui sondent à la fois le risque envers soi et envers autrui, deux phénomènes cliniques qui ne coïncident pas nécessairement).

Stabilité test-retest

Dans l’évaluation de la stabilité temporelle sans traitement chez des sujets non cliniques testés à une semaine d’intervalle, le coefficient de corrélation de Pearson pour le score total a atteint r = 0,90 (Evans et al., 2002). Les corrélations test-retest des sous-domaines se sont établies comme suit :

  • Bien-être subjectif : r = 0,84
  • Problèmes / Symptômes : r = 0,88
  • Fonctionnement : r = 0,87
  • Risque : r = 0,77

Ces données démontrent que les scores du CORE-OM sont stables dans le temps en l’absence d’événement de vie majeur ou d’intervention thérapeutique, garantissant que les modifications observées en cours de thérapie reflètent un réel progrès clinique.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’exploration de la structure factorielle du CORE-OM a suscité de nombreux travaux en analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), conduisant à des consensus psychométriques précis.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Lors des phases initiales d’analyse sur grands échantillons (Barkham et al., 2001 ; Evans et al., 2002), l’extraction en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) a systématiquement mis en évidence un premier facteur dominant expliquant à lui seul une très large part de la variance totale (plus de 35 % à 42 % de la variance brute). Ce facteur correspond indubitablement à la détresse psychologique générale.

Une analyse factorielle à quatre composantes reproduit fidèlement les domaines théoriques prédéfinis :

  1. Facteur 1 : Symptômes anxieux et dépressifs (forte saturation des items 2, 5, 13, 15, 23, 27).
  2. Facteur 2 : Fonctionnement interpersonnel et social (saturations élevées sur les items 1, 10, 25, 26, 29).
  3. Facteur 3 : Risque et passage à l’acte autodestructeur (saturations très pures sur les items 9, 16, 24, 34).
  4. Facteur 4 : Bien-être subjectif et vitalité (saturations des items formulés positivement 4, 12, 21, 31).

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) et Modélisation Bi-factorielle

Les modélisations en équations structurelles (AFC) conduites sur des échantillons de plus de 10 000 patients (Bedford et al., 2010 ; Lyne et al., 2006 ; O’Shea et al., 2016) ont comparé plusieurs topologies :

  • Modèle unidimensionnel (un seul facteur global de détresse) : ajustement médiocre (RMSEA > 0,08, CFI < 0,85).
  • Modèle corrélé à 4 facteurs (les quatre domaines originaux) : bon ajustement théorique, mais présence de très fortes intercorrélations entre le bien-être, les symptômes et le fonctionnement (r > 0,80), révélant une redondance conceptuelle partielle.
  • Modèle bi-factoriel (Bifactor Model) : C’est le modèle qui recueille le soutien empirique le plus robuste (CFI > 0,94, TLI > 0,93, RMSEA < 0,05). Dans cette configuration, chaque item sature à la fois sur un facteur général de détresse psychologique générale (« g-factor ») et sur son facteur de domaine spécifique. Les études démontrent que le facteur général capte la quasi-totalité de la variance des items de Bien-être, Problèmes et Fonctionnement. En revanche, le facteur de Risque conserve une variance spécifique substantielle indépendante du facteur général, ce qui valide scientifiquement la recommandation clinique consistant à analyser le Risque comme un indicateur clinique distinct et prioritaire.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation standardisé (self-report questionnaire).
  • Population cible : Adolescents à partir de 16-17 ans et adultes consultants en services de santé mentale, médecine générale, psychothérapie libérale ou centres universitaires. (Une version spécifique pour adolescents, le YP-CORE, existe pour les 11-16 ans).
  • Durée d’administration : Environ 5 à 10 minutes.
  • Nombre d’items : 34 items évaluant le vécu sur la période des 7 derniers jours.
  • Format des réponses : Échelle de Likert à 5 points cotée de 0 à 4 :
    • 0 = Not at all (Pas du tout)
    • 1 = Only occasionally (Seulement occasionnellement)
    • 2 = Sometimes (Parfois)
    • 3 = Often (Souvent)
    • 4 = Most or all the time (La plupart ou tout le temps)
  • Cotation inversée (Reverse Scoring) : Les items rédigés sous forme positive sont inversés avant le calcul des scores (4 = Pas du tout, 3 = Seulement occasionnellement, 2 = Parfois, 1 = Souvent, 0 = La plupart ou tout le temps). Ces items inversés sont les items : 2, 3, 4, 7, 12, 19, 21, et 31.
  • Calcul des scores :
    • Score total brut (Total Raw Score) : Somme de l’ensemble des 34 items (plage de 0 à 136). Un score plus élevé traduit une détresse psychologique plus sévère et un niveau de fonctionnement plus dégradé.
    • Score moyen global (Mean Score) : Score brut total divisé par 34 (plage de 0 à 4,00). Cette métrique est privilégiée car elle ramène le résultat à l’échelle de réponse originale de 0 à 4.
    • Score hors-risque (Non-Risk Score) : Moyenne calculée sur les 28 items non liés au risque.
    • Scores de domaines : Moyenne des items composant chaque domaine respectif : Bien-être (4 items), Problèmes (12 items), Fonctionnement (12 items), Risque (6 items).
  • Gestion des données manquantes : Si 3 items ou moins sont omis sur les 34 (soit ≤ 10 %), la moyenne des items répondus dans le domaine concerné peut être substituée. Au-delà de 3 omissions globales ou de plus d’une omission dans le domaine du risque, le protocole complet ne peut être interprété de façon standardisée.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception et publication : Première formalisation en 1998 ; publication princeps des normes psychométriques en 2002 dans le British Journal of Psychiatry.
  • Propriété intellectuelle : Déposée par le CORE System Trust, une organisation caritative britannique à but non lucratif garantissant l’intégrité de la mesure.
  • Licence et politique d’accès : Le CORE-OM est distribué sous un modèle Copyleft / Creative Commons (CC BY-NC-ND 4.0). Il est totalement gratuit pour un usage clinique et de recherche sur support papier.
  • Conditions impératives d’utilisation : Le contenu textuel des 34 items ne doit être ni modifié, ni abrégé, ni reformaté de manière à altérer les propriétés psychométriques. Aucune exploitation commerciale de l’instrument ne peut être entreprise sans l’autorisation écrite expresse du CORE System Trust. L’intégration dans des systèmes logiciels propriétaires (Dossiers Patients Informatisés) requiert l’enregistrement officiel auprès des représentants du Trust (CORE IMS).

12. Références / References

Barkham, M., Evans, C., Margison, F., McGrath, G., Mellor-Clark, J., Milne, D., & Connell, J. (1998). The outcome measures project: The development of the Clinical Outcomes in Routine Evaluation (CORE) system. Journal of Mental Health, 7(5), 439–447. https://doi.org/10.1080/09638239817822

Barkham, M., Margison, F., Leach, C., Lucock, M., Mellor-Clark, J., Evans, C., Benson, L., Connell, J., Audin, K., & McGrath, G. (2001). Service profiling and outcomes benchmarking using the CORE-OM: Toward practice-based evidence in the psychological therapies. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 69(2), 184–196. https://doi.org/10.1037/0022-006X.69.2.184

Bedford, A., Watson, R., Lyne, J., & Davies, F. (2010). The Clinical Outcomes in Routine Evaluation-Outcome Measure (CORE-OM): A psychometric investigation in an outpatient psychiatric population. Clinical Psychology & Psychotherapy, 17(6), 519–524. https://doi.org/10.1002/cpp.679

Evans, C., Connell, J., Barkham, M., Margison, F., McGrath, G., Mellor-Clark, J., & Audin, K. (2002). Towards a standardised brief outcome measure: Psychometric properties and utility of the CORE-OM. The British Journal of Psychiatry, 180(1), 51–60. https://doi.org/10.1192/bjp.180.1.51

Howard, K. I., Lueger, R. J., Maling, M. S., & Martinovich, Z. (1993). A phase model of psychotherapy outcome: Empirical and clinical applications. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 61(4), 678–685. https://doi.org/10.1037/0022-006X.61.4.678

Jacobson, N. S., & Truax, P. (1991). Clinical significance: A statistical approach to defining meaningful change in psychotherapy research. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 59(1), 12–19. https://doi.org/10.1037/0022-006X.59.1.12

Lyne, K. J., Barrett, P., Evans, C., & Barkham, M. (2006). Dimensions of variation on the CORE-OM. British Journal of Clinical Psychology, 45(2), 185–203. https://doi.org/10.1348/014466505X39023

O’Shea, G., Dickens, C., & Evans, C. (2016). The structure of the Clinical Outcomes in Routine Evaluation: Outcome Measure (CORE-OM) in a psychiatric sample. Psychological Assessment, 28(10), 1251–1261. https://doi.org/10.1037/pas0000257

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: This form has 34 statements about how you have been OVER THE LAST WEEK. Please read each statement and think how often you felt that way last week. Then tick the box which is closest to how you felt.
Response Scale: 5-point Likert scale: 0 = Not at all, 1 = Only occasionally, 2 = Sometimes, 3 = Often, 4 = Most or all the time
Scoring / Reverse Items: Items are scored from 0 to 4. Positively worded items (items 2, 3, 4, 7, 12, 19, 21, and 31) are reversed scored: 4 = Not at all, 3 = Only occasionally, 2 = Sometimes, 1 = Often, 0 = Most or all the time. Domains measured include: Subjective Well-being (items 4, 14, 19, 31), Problems/Symptoms (items 1, 2, 5, 8, 10, 12, 13, 15, 23, 25, 27, 30), Life Functioning (items 3, 7, 11, 17, 18, 20, 24, 26, 28, 29, 32, 33), and Risk (items 6, 9, 16, 22, 34).
1

I have felt terribly alone and isolated
2

I have felt tense, anxious or nervous
3

I have felt I have someone to turn to for support when needed
4

I have felt O.K. about myself
5

I have felt totally lacking in energy and enthusiasm
6

I have been physically violent to others
7

I have felt able to cope when things go wrong
8

I have been troubled by aches, pains or other physical problems
9

I have thought of hurting myself
10

Talking to people has felt too much for me
11

Tension and anxiety have prevented me doing important things
12

I have been happy with the things I have done
13

I have been disturbed by unwanted thoughts and feelings
14

I have felt like crying
15

I have felt panic or terror
16

I made plans to end my life
17

I have felt overwhelmed by my problems
18

I have had difficulty getting to sleep or staying asleep
19

I have felt warmth or affection for someone
20

My problems have been impossible to put to one side
21

I have been able to do most things I needed to
22

I have threatened or intimidated another person
23

I have felt despairing or hopeless
24

I have thought it would be better if I were dead
25

I have felt criticized by other people
26

I have thought I have no friends
27

I have felt unhappy
28

Unwanted images or memories have been distressing me
29

I have been irritable when with other people
30

I have thought I am a worthless person
31

I have felt optimistic about my future
32

I have achieved the things I wanted to
33

I have felt humiliated or shamed by other people
34

I have hurt myself physically or taken dangerous risks with my health
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 16). Évaluation des résultats cliniques en pratique courante (CORE-OM). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=evaluation-des-resultats-cliniques-en-pratique-courante-core-om
Looti, Mohammed. “Évaluation des résultats cliniques en pratique courante (CORE-OM).” Base de données de psychologie en français, 16 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=evaluation-des-resultats-cliniques-en-pratique-courante-core-om.
Looti, Mohammed. “Évaluation des résultats cliniques en pratique courante (CORE-OM).” Base de données de psychologie en français. octobre 16, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=evaluation-des-resultats-cliniques-en-pratique-courante-core-om.