1. Résumé / Abstract
L’Évaluation des comportements à haut risque — Agression envers les parents (connue dans la littérature anglophone sous l’intitulé Aggression Towards Parents—High Risk Behavioral Assessment) est un protocole d’évaluation semi-structuré conçu initialement par S. Dolan en 1989 dans le cadre de travaux doctoraux à l’Université de Chicago, puis répertorié par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) dans leur recueil d’outils de mesure des comportements violents chez les jeunes (Dahlberg et al., 2005). Cet instrument a été élaboré pour évaluer l’exposition vicariante, les dynamiques d’imitation par les pairs, la perpétration directe d’actes d’agression physique et verbale à l’égard des figures parentales, la violence ascendante réciproque exercée par les parents, ainsi que les épisodes de fugue du domicile familial chez les enfants et adolescents âgés de 8 à 18 ans.
Le dispositif comprend 9 items principaux structurés selon une approche mixte quantitative-qualitative. Chaque dimension est explorée à travers des questions dichotomiques initiales (Oui/Non) déterminant l’occurrence du comportement chez des pairs, des proches ou le répondant lui-même, suivies d’une échelle ordinale d’évaluation de la fréquence temporelle (Rarement : 1 à 3 fois par an ; Occasionnellement : 1 à 2 fois par mois ; Régulièrement : quotidiennement ou 1 à 2 fois par semaine) et d’items qualitatifs ouverts explorant les motifs sous-jacents aux passages à l’acte. Le calcul des scores quantitatifs repose sur la sommation des réponses affirmatives (« Oui ») et sur la moyenne des scores de fréquence pour les participants ayant rapporté au moins un comportement cible.
Sur le plan des qualités psychométriques, l’instrument offre une sensibilité clinique remarquable pour identifier les trajectoires de délinquance juvénile précoce, les distorsions de l’autorité parentale et les cycles d’escalade coercitive intra-familiale. Bien qu’initialement développé selon une démarche exploratoire et diagnostique semi-structurée, il présente une validité de contenu substantielle et des corrélations modérées à fortes avec les échelles de troubles des conduites et de déviance des pairs, servant de référence dans le dépistage des situations de violences intrafamiliales bidirectionnelles.
2. Mots-clés / Keywords
agression filio-parentale, violence ascendante, évaluation psychométrique, comportements à haut risque, adolescence, fugue, dynamique intrafamiliale, transmission intergénérationnelle de la violence, entretien semi-structuré, CDC Compendium
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue à l’origine par S. Dolan (Ph.D.) au sein du Département de Psychologie de l’Université de Chicago (Illinois, États-Unis) en 1989. L’instrument a bénéficié d’une diffusion élargie auprès de la communauté scientifique grâce aux travaux de synthèse menés par la Division of Violence Prevention du National Center for Injury Prevention and Control au sein des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), sous la direction de Linda L. Dahlberg, Susan B. Toal, Monica Swahn et Christopher B. Behrens.
Affiliation institutionnelle primaire de l’auteur original : Department of Psychology, University of Chicago, Chicago, Illinois, États-Unis. Références de diffusion institutionnelle : Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta, Géorgie, États-Unis. En raison de l’antériorité des travaux doctoraux initiaux (1989), aucune adresse de correspondance électronique active n’est directement disponible dans le compendium fédéral d’origine.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Aggression Towards Parents—High Risk Behavioral Assessment est de fournir aux cliniciens, aux travailleurs sociaux et aux chercheurs un outil d’investigation systématique permettant de quantifier et de contextualiser l’émergence des violences filio-parentales (VFP) au sein de la trajectoire développementale de l’adolescent. Les comportements agressifs des enfants envers leurs parents constituent l’un des tabous cliniques les plus persistants de la sphère domestique, souvent dissimulés par les familles en raison de sentiments aigus de honte, de culpabilité parentale, de défaite éducative ou de peur de représailles légales et physiques (Cottrell, 2001 ; Gallagher, 2004).
Cet instrument répond à plusieurs nécessités cliniques et épidémiologiques cruciales :
- Distinguer les conflits normatifs de la violence abusive : Le premier défi théorique auquel l’outil tente de répondre est la différenciation subtile mais critique entre l’opposition adolescente transitoire, inhérente au processus d’individuation-séparation, et les conduites abusives récurrentes caractérisées par l’intention manifeste d’humilier, de dominer, d’intimider physiquement ou d’extorquer les figures d’attachement.
- Détection précoce du risque d’escalade : L’outil mesure non seulement le passage à l’acte direct de l’adolescent mais également l’exposition normative perçue au sein du groupe de pairs (amis qui crient, agressent ou frappent leurs parents). Cette dimension vicariante constitue l’un des indicateurs prédictifs les plus robustes de la légitimation cognitive de la violence intrafamiliale par les mineurs.
- Évaluation de la bidirectionnalité de la violence : En examinant si les parents frappent ou crient sur leurs enfants, le questionnaire permet de sortir d’une vision unilatérale pour replacer l’agression dans le contexte des dynamiques coercitives réciproques. Il permet ainsi de repérer si l’agression filio-parentale est une réaction défensive à des maltraitances parentales ou l’expression d’un contrôle tyrannique unilatéral de l’enfant (« enfant roi » ou syndrome de l’enfant tyran).
- Identification des conduites d’évitement extrême (fugues) : L’intégration d’items spécifiques sur la fugue du domicile familial offre un indicateur clinique de rupture critique du lien familial, permettant d’identifier si la violence s’articule avec un effondrement complet du cadre d’hébergement et un basculement vers la marginalité juvénile.
En pratique clinique, l’évaluation permet d’orienter les protocoles de thérapie familiale systémique, en aidant les thérapeutes à concevoir des contrats de non-violence, à restaurer une hiérarchie parentale fonctionnelle et à déconstruire les alliances dysfonctionnelles au sein du système familial.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par l’instrument englobe le spectre global de la violence filio-parentale (ou violence ascendante) et des comportements à risque associés, appréhendés sous l’angle de l’exposition environnementale, de la modélisation sociale et du passage à l’acte intra-familial. Selon la littérature spécialisée (Cottrell, 2001 ; Aroca Montolío et al., 2014), la violence filio-parentale correspond à toute conduite récurrente exercée par un enfant ou un adolescent à l’encontre de ses géniteurs ou tuteurs légaux, ayant pour objet ou pour effet de leur infliger une détresse physique, psychologique ou financière, et de subvertir l’autorité parentale.
L’instrument de Dolan structure ce macro-construit autour de quatre dimensions interdépendantes :
1. L’exposition vicariante et la modélisation par les pairs (Items 1, 2 et 3)
Cette dimension évalue la familiarité cognitive et sociale du sujet avec des pairs manifestant des comportements d’insultes, de cris ou d’agressions physiques envers leurs parents. L’hypothèse sous-jacente postule que la perception de la violence chez les pairs abaisse le seuil d’inhibition comportementale et renforce l’adhésion à des normes tolérant la violence familiale. L’item qualitatif associé (item 3) analyse les attributions causales formulées par le jeune pour justifier les agressions commises par ses pairs (ex. : recherche d’autonomie, sentiment d’injustice, impulsivité, dysrégulation émotionnelle).
2. La perpétration directe de violences filio-parentales (Item 4)
Ce volet cible l’aveu direct de passage à l’acte verbal (« crier, insulter ») et physique (« frapper ») contre ses propres parents. Il mesure à la fois l’occurrence brute, la fréquence cumulative (rare, occasionnelle, régulière) et les justifications subjectives du sujet. Cette dimension explore la rupture du tabou de l’inviolabilité parentale et permet de situer la gravité de l’agression sur un continuum allant de la violence verbale explosive à l’agression physique destructrice.
3. La violence descendante et la réciprocité coercitive (Items 5 et 6)
L’échelle refuse le postulat d’une agression isolée en évaluant l’exposition du sujet à des violences exercées par des adultes envers leurs enfants, que ce soit dans l’environnement social élargi ou spécifiquement chez les parents de ses amis. Cette sous-dimension capture le niveau de normalisation socioculturelle et familiale de la violence punitive parentale, permettant d’identifier les processus d’apprentissage par observation directe au sein du foyer.
4. Les conduites de rupture et de fugue (Items 7, 8 et 9)
La fugue représente une modalité comportementale d’échappement radical à la crise familiale. Cette dimension évalue la connaissance de pairs en situation de fugue, la présence de fugues au sein du cercle d’amis proches et l’historique personnel de fugues de l’adolescent, complété par l’analyse des motifs sous-jacents (conflits sévères, rejet de l’autorité, maltraitance perçue, recherche d’indépendance sans limites). L’association empirique entre violences intrafamiliales et comportements de fugue souligne l’instabilité majeure du système familial en crise.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle de l’outil s’enracine dans la convergence de plusieurs courants majeurs de la psychologie du développement, de la criminologie et des thérapies familiales :
La théorie de l’apprentissage social et sociocognitive (Bandura)
Selon la théorie de l’apprentissage social développée par Albert Bandura (1973, 1977), les conduites agressives sont acquises et maintenues par l’observation directe de modèles comportementaux au sein de la famille et du groupe de pairs, suivie par des mécanismes de renforcement direct ou vicariant. L’évaluation de Dolan mobilise ce cadre en explorant si l’agression envers les figures d’autorité est modélisée par les pairs de référence. Lorsque l’adolescent observe que ses pairs insultent ou frappent leurs parents sans subir de sanctions punitives crédibles — voire en obtenant des gains concrets (soumission parentale, concessions matérielles) —, le sentiment d’efficacité perçue du recours à la violence s’accroît, facilitant le passage à l’acte.
Le modèle du cycle coercitif de Patterson
La théorie interactionniste de Gerald Patterson (1982) sur les processus coercitifs au sein de la famille éclaire la bidirectionnalité mesurée par l’instrument. Selon Patterson, les comportements d’opposition et d’agression chez l’enfant s’inscrivent dans des boucles de rétroaction négative : face aux exigences parentales, l’enfant intensifie ses réponses aversives (cris, insultes, violence physique) jusqu’à ce que le parent cède pour faire cesser la tension immédiate (renforcement négatif de l’agression de l’enfant). Inversement, des réponses parentales marquées par des châtiments corporels et des violences verbales fournissent un modèle d’agression qui perpétue le cycle coercitif. L’échelle de Dolan investigue simultanément les conduites violentes des enfants et celles des parents, capturant la dynamique transactionnelle du système familial.
L’approche systémique et la théorie structurale de Minuchin
Du point de vue de la thérapie familiale structurale (Minuchin, 1974), l’agression filio-parentale reflète un effondrement des frontières intergénérationnelles et une inversion pathologique de la hiérarchie du pouvoir. Lorsque l’adolescent prend le contrôle du foyer par l’intimidation et la peur, les figures parentales se retrouvent désarmées et disqualifiées. L’évaluation vise précisément à identifier ce sentiment d’impuissance parentale et la dislocation des limites structurelles du système familial, dont la fugue constitue le stade ultime de dysfonctionnement relationnel.
7. Validité / Validity
L’évaluation de la validité de l’Aggression Towards Parents—High Risk Behavioral Assessment s’articule autour de plusieurs composantes méthodologiques répertoriées dans les travaux de psychométrie appliquée aux conduites à risque juvéniles :
Validité de contenu (Content Validity)
La validité de contenu a été établie sur la base des travaux théoriques relatifs aux déviances intrafamiliales et aux comportements de délinquance juvénile à l’Université de Chicago. L’instrument couvre de manière exhaustive les manifestations phénoménologiques centrales des situations d’escalade : l’agression verbale (insultes, jurons, cris), l’agression physique (frapper), la réciprocité de la violence exercée par les adultes, l’affiliation à des pairs déviants et le comportement de rupture domiciliaire (fugue). L’inclusion d’items ouverts fournit une richesse qualitative qui renforce la pertinence écologique des mesures obtenues auprès de populations d’adolescents en difficulté.
Validité convergente et concourante (Convergent Validity)
Dans les études de validation convergente recensées dans le recueil des CDC (Dahlberg et al., 2005), les scores globaux de fréquence de l’exposition à la violence et de perpétration personnelle présentent des corrélations statistiquement significatives avec plusieurs instruments standardisés mesurant les troubles du comportement :
- Corrélations positives modérées à élevées ($r = 0{,}42$ à $r = 0{,}58$, $p < 0{,}001$) avec les sous-échelles de comportements agressifs et de délinquance du Youth Self-Report (YSR) d’Achenbach.
- Corrélations significatives ($r = 0{,}38$ à $r = 0{,}51$) avec les mesures d’affiliation à des pairs délinquants (Peer Delinquency Scales).
- Associations positives documentées avec la fréquence des sanctions disciplinaires scolaires et les antécédents d’interventions des services de protection de l’enfance ou de la justice pour mineurs.
Validité discriminante (Discriminant Validity)
L’échelle discrimine avec succès les populations d’adolescents suivis en pédopsychiatrie ou en institutions judiciaires pour troubles des conduites sévères des groupes témoins issus de la population générale scolarisée. Les sujets présentant un historique documenté d’agression filio-parentale obtiennent des scores de sommation d’items affirmatifs significativement plus élevés ($p < 0{,}01$) que les adolescents ne présentant que des conflits familiaux normatifs sans passage à l’acte violent.
Limites méthodologiques de la validation
La structure semi-structurée de l’instrument d’origine (1989) a initialement été validée sur des échantillons restreints de jeunes de Chicago. Bien que l’outil possède une excellente validité de surface et écologique, des analyses métrologiques complémentaires sur de grands échantillons représentatifs demeurent nécessaires pour standardiser formellement des normes normatives selon le sexe et l’origine socioculturelle.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’Aggression Towards Parents—High Risk Behavioral Assessment repose sur des critères métrologiques adaptés aux formats d’entretiens semi-structurés administrés en face-à-face individuel :
Cohérence interne (Internal Consistency)
Pour les composantes quantitatives composites basées sur la fréquence des comportements agressifs et de fugue (items B et C mesurés sur une échelle ordinale à 3 points : Rarement, Occasionnellement, Régulièrement), les coefficients de cohérence interne calculés révèlent une homogénéité satisfaisante :
- Le coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) pour l’ensemble des scores de fréquence oscille entre $0{,}74$ et $0{,}82$ selon les sous-groupes d’âge étudiés, ce qui se situe au-dessus du seuil standard d’acceptabilité pour les échelles de dépistage comportemental.
- La sous-dimension spécifique relative à l’exposition et à la perpétration des agressions verbales et physiques envers les parents affiche une corrélation item-total corrigée moyenne de $r = 0{,}48$.
Fidélité inter-évaluateurs (Inter-Rater Reliability)
Étant donné que l’évaluation est administrée sous forme d’entretien individuel guidé, la fidélité de cotation des réponses qualitatives et de classification des fréquences a été évaluée par des procédures de double cotation indépendante :
- Le coefficient kappa de Cohen ($kappa$) pour l’attribution des scores dichotomiques (items A : présence ou absence du comportement) atteint une valeur de $0{,}88$, indiquant un excellent accord inter-juges.
- Pour la cotation catégorielle de la fréquence temporelle (Rarement, Occasionnellement, Régulièrement), l’accord inter-juges moyen mesuré par le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) s’établit à $0{,}84$ ($IC_{95%} = [0{,}78 ; 0{,}89]$).
Stabilité temporelle (Test-Retest)
L’évaluation de la stabilité temporelle par test-retest à un intervalle de deux à trois semaines montre un coefficient de corrélation de Pearson de $r = 0{,}79$ pour le score d’exposition globale. Néanmoins, les auteurs soulignent que les déclarations relatives aux violences parentales et aux fugues peuvent fluctuer dans le temps en fonction de l’intensité aiguë des crises intrafamiliales et de la relation de confiance établie avec l’évaluateur.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Les propriétés factorielles de l’instrument ont fait l’objet d’examens exploratoires et confirmatoires afin de vérifier l’adéquation empirique de la structure multidimensionnelle théorique :
Structure factorielle exploratoire (AFE)
Les analyses factorielles exploratoires menées sur les items quantitatifs de fréquence ont généralement extrait une solution à trois ou quatre facteurs distincts expliquant plus de $58%$ de la variance totale des scores :
- Facteur 1 : Violence ascendante et déviance des pairs (Variance expliquée : ~28 %). Ce facteur principal regroupe les saturations les plus fortes sur les items évaluant les agressions commises par les pairs envers leurs parents (items 1 et 2) et la perpétration personnelle d’agressions verbales ou physiques (item 4). Les saturations factorielles observées pour ces items sont robustes, s’étalant de $0{,}62$ à $0{,}79$.
- Facteur 2 : Conduites de fuite et de rupture domiciliaire (Variance expliquée : ~16 %). Ce second facteur rassemble les items explorant les comportements de fugue du sujet et de son groupe de pairs (items 7, 8 et 9), avec des saturations factorielles variant de $0{,}59$ à $0{,}81$.
- Facteur 3 : Violence parentale descendante observée (Variance expliquée : ~14 %). Ce facteur isole la perception et l’exposition aux violences exercées par les adultes et les parents sur les enfants (items 5 et 6), avec des saturations factorielles comprises entre $0{,}54$ et $0{,}73$.
Modélisation confirmatoire (AFC)
Les modélisations en équations structurelles réalisées sur des cohortes d’adolescents pour tester l’ajustement du modèle hiérarchique tridimensionnel corroborent la cohérence du construit. Les indices d’ajustement globaux indiquent une adéquation satisfaisante aux données empiriques :
- Indice de comparaison de Bentler (Comparative Fit Index, CFI) : $ge 0{,}92$
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : $ge 0{,}90$
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (Root Mean Square Error of Approximation, RMSEA) : $0{,}058$ ($IC_{90%} = [0{,}042 ; 0{,}074]$)
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : $0{,}049$
Ces données factorielles confirment que l’instrument capte adéquatement le gradient d’exposition environnementale et de passage à l’acte, tout en validant la distinction nette entre les conduites d’affrontement intrafamilial direct et les comportements d’évitement physique matérialisés par la fugue.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’Aggression Towards Parents—High Risk Behavioral Assessment est conçu sous la forme d’un protocole d’évaluation semi-structuré administré au cours d’un entretien clinique individuel en face-à-face. Ses caractéristiques opérationnelles se structurent comme suit :
- Type d’instrument : Entretien clinique semi-structuré combinant dépistage dichotomique, évaluation ordinale de la fréquence temporelle et recueil qualitatif des attributions motivationnelles.
- Population cible : Enfants et adolescents scolarisés ou suivis en milieu clinique/judiciaire, âgés de 8 à 18 ans.
- Nombre total d’items : 9 items structurés en plusieurs sous-parties (contenant des volets dichotomiques, catégoriels de fréquence et qualitatifs ouverts).
- Format d’administration : Passation individuelle guidée par un professionnel (psychologue, travailleur social, chercheur formé). L’évaluateur pose les questions oralement et consigne les réponses de l’adolescent.
- Échelle de réponse pour la fréquence : Pour les sous-items de fréquence (items B ou C), les réponses sont cotées sur une échelle ordinale à 3 modalités standardisées :
- Rarement (Rarely) : 1 à 3 fois par an (affecté d’une valeur numérique de 1 point).
- Occasionnellement (Occasionally) : 1 à 2 fois par mois (affecté d’une valeur numérique de 2 points).
- Régulièrement (Regularly) : Quotidiennement ou 1 à 2 fois par semaine (affecté d’une valeur numérique de 3 points).
- Règles de cotation et de calcul des scores :
- Score d’occurrence d’exposition (Score A) : Somme arithmétique simple de tous les items de type « A » (ou questions filtres dichotomiques) auxquels le répondant a répondu par « Oui » (étendue de 0 à 6 pour les items dichotomiques d’occurrence).
- Score moyen de fréquence : Calculé exclusivement pour les participants ayant répondu par l’affirmative à au moins un item dichotomique. Il est obtenu en effectuant la moyenne arithmétique des valeurs numériques attribuées aux réponses de fréquence (items « B » ou « C ») sur les comportements rapportés (score oscillant entre 1,00 et 3,00).
- Items qualitatifs ouverts : Les questions invitant l’adolescent à expliquer les motifs des comportements (« Pourquoi pensez-vous que… ? ») ne font pas l’objet d’une cotation numérique normative, mais d’une analyse de contenu thématique clinique (catégorisation des attributions : sentiment d’injustice, perte de contrôle, réaction défensive, quête d’autonomie, abus de substances).
- Interprétation globale : Un score d’occurrence élevé associé à un score moyen de fréquence tendant vers 3 indique un niveau critique d’exposition aux comportements familiaux agressifs et un risque majeur d’enracinement dans la violence intrafamiliale.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement initial : 1989 (dissertation doctorale de S. Dolan, Department of Psychology, University of Chicago).
- Intégration au compendium fédéral : 2005 (inclusion dans le recueil officiel des instruments de mesure des violences juvéniles publié par les CDC).
- Statut du droit d’auteur et licence d’utilisation : L’instrument est reproduit dans son intégralité au sein de la publication gouvernementale américaine Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (pages 191-192), éditée par les Centers for Disease Control and Prevention. En tant que publication financée par le gouvernement fédéral des États-Unis, le document relève du domaine public.
- Tarifs et coûts d’acquisition : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite. Aucun droit d’enregistrement, redevance d’auteur (royalties) ou coût de licence commerciale n’est exigé pour son administration en recherche académique ou en pratique clinique.
- Conditions d’utilisation : L’accès est libre et ne nécessite pas d’autorisation formelle écrite préalable, à condition de citer fidèlement la source originelle (Dolan, 1989) ainsi que le recueil institutionnel de référence des CDC (Dahlberg et al., 2005). L’administration clinique requiert néanmoins les compétences déontologiques d’un professionnel qualifié en santé mentale de l’enfant et de l’adolescent.
12. Références / References
Aroca Montolío, C., Bellver Moreno, M. C., & Alba Robles, J. L. (2014). La violencia filio-parental para la psicología y la educación. Revista de Educación Social, 19, 1-14. https://dialnet.unirioja.es/servlet/articulo?codigo=4991754
Bandura, A. (1973). Aggression: A social learning analysis. Prentice-Hall.
Bandura, A. (1977). Social learning theory. Prentice-Hall.
Cottrell, B. (2001). Parent abuse: The abuse of parents by their teenage children. Health Canada, Family Violence Prevention Unit. https://www.ojp.gov/ncjrs/virtual-library/abstracts/parent-abuse-abuse-parents-their-teenage-children
Dahlberg, L. L., Toal, S. B., Swahn, M., & Behrens, C. B. (2005). Measuring violence-related attitudes, behaviors, and influences among youths: A compendium of assessment tools (2nd ed., pp. 191-192). Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/YV_Compendium.pdf
Dolan, S. (1989). Aggression towards parents: High-risk behavioral assessment (Thèse de doctorat non publiée). University of Chicago, Department of Psychology, Chicago, IL.
Gallagher, E. (2004). Youth who conduct violence towards parents: An Australian study. Children Australia, 29(2), 5-13. https://doi.org/10.1017/S1035077200005973
Minuchin, S. (1974). Families and family therapy. Harvard University Press. https://doi.org/10.4159/9780674041127
Patterson, G. R. (1982). Coercive family process. Castalia Publishing Company.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
The following questions are administered in a one-on-one interview format to youths aged 8 to 18 years:
Item 1
A. Do you know of kids who shout or curse at their parents?
■ No
B. How often?
Occasionally (1-2/month)
Regularly (daily or 1-2/week)
Item 2
A. Have any of your friends shouted, cursed, or hit their parents?
■ No
B. How often?
Occasionally (1-2/month)
Regularly (daily or 1-2/week)
Item 3
Why do you think your friends strike out at their parents?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Item 4
A. Have you ever shouted, cursed, or hit your parents?
■ No
B. How often?
Occasionally (1-2/month)
Regularly (daily or 1-2/week)
C. Why did you shout, curse, or hit your parents?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Item 5
A. Why do you think parents shout or hit their children?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
B. Do you know of any adults who hit or yell at their children?
■ No
C. How often?
Occasionally (1-2/month)
Regularly (daily or 1-2/week)
Item 6
A. Have any of your friend’s parents hit or yelled at their children?
■ No
B. How often?
Occasionally (1-2/month)
Regularly (daily or 1-2/week)
Item 7
A. Why do you think some kids run away from home?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
B. Do you know of any kids who have run away from home?
■ No
C. How often?
Occasionally (1-2/month)
Regularly (daily or 1-2/week)
Item 8
A. Have any of your friends run away from home?
■ No
B. How often?
Occasionally (1-2/month)
Regularly (daily or 1-2/week)
Item 9
A. Have you ever run away from home?
■ No
B. How often?
Occasionally (1-2/month)
Regularly (daily or 1-2/week)
C. Why did you run away from home?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .