1. Résumé
L’Évaluation de Bochum de la régulation émotionnelle basée sur l’évitement chez les enfants (Bochum Assessment of Avoidance-based Emotion Regulation for Children, ou BAER-C ; Lippert et al., 2023) constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer de façon spécifique et différentielle les stratégies de régulation émotionnelle axées sur l’évitement déployées par les enfants et adolescents confrontés à des situations anxiogènes anticipatoires. Développé initialement à partir d’un ensemble de 25 items et d’une question ouverte destinée à identifier d’éventuelles stratégies non répertoriées, le questionnaire a été affiné par des analyses psychométriques rigoureuses portant sur le pouvoir discriminant et la difficulté des items, aboutissant à une version définitive de 21 items formulés pour la quasi-totalité sans négation syntaxique. L’outil a été validé auprès d’échantillons scolaires âgés de 8 à 14 ans et d’échantillons cliniques d’enfants souffrant de troubles anxieux âgés de 8 à 16 ans, conjointement à des évaluations parentales en Allemagne.
La structure factorielle de l’échelle, confirmée par analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC), s’articule autour d’un modèle à cinq facteurs : l’évitement comportemental (Behavioral Avoidance), la réassurance verbale (Verbal Reassurance), la réassurance sociale (Social Reassurance), la suppression expressive/cognitive (Suppression) et la réévaluation cognitive (Reappraisal). Les items sont évalués au moyen d’une échelle de type Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 5 (« Tout à fait d’accord »). Les propriétés psychométriques démontrent une excellente cohérence interne globale mesurée par l’oméga de McDonald (ω = 0,94) et un alpha de Cronbach de α = 0,86 pour le score global d’évitement, tandis que les sous-échelles affichent des coefficients compris entre 0,78 et 0,85. La validité convergente est confirmée par des corrélations significatives avec les symptômes anxieux mesurés par la Spence Children’s Anxiety Scale (SCAS-C), tandis que la validité discriminante révèle des relations différenciées avec les problèmes externalisés du Strengths and Difficulties Questionnaire (SDQ).
2. Mots-clés
Régulation émotionnelle, évitement comportemental, réassurance verbale, réassurance sociale, suppression cognitive, réévaluation cognitive, anxiété infantile, psychométrie développementale, anxiété anticipatoire, auto-évaluation, BAER-C.
3. Auteurs
L’échelle BAER-C a été développée et validée par une équipe pluridisciplinaire de chercheurs rattachés à plusieurs centres d’excellence allemands en psychologie clinique de l’enfant et de l’adolescent :
- Michael W. Lippert (ORCID : 0000-0002-5223-0137) — Centre de recherche et de traitement en santé mentale (Mental Health Research and Treatment Centre), Ruhr-Universität Bochum, Allemagne. Courriel : [email protected] (Auteur correspondant).
- Katharina Sommer (ORCID : 0000-0002-3856-6697) — Centre de recherche et de traitement en santé mentale, Ruhr-Universität Bochum, Allemagne.
- Tabea Flasinski — Centre de recherche et de traitement en santé mentale, Ruhr-Universität Bochum, Allemagne.
- Jan Schomberg — Centre de recherche et de traitement en santé mentale, Ruhr-Universität Bochum, Allemagne.
- Verena Pflug (ORCID : 0000-0002-6313-7296) — Centre de recherche et de traitement en santé mentale, Ruhr-Universität Bochum, Allemagne.
- Hanna Christiansen — Département de psychologie clinique de l’enfant et de l’adolescent, Philipps-Universität Marburg, Allemagne.
- Tina In-Albon — Département de psychologie clinique de l’enfant et de l’adolescent et psychothérapie, Universität Koblenz-Landau, Allemagne.
- Susanne Knappe — Institut de psychologie clinique et de psychothérapie, Technische Universität Dresden, Allemagne.
- Marcel Romanos — Département de psychiatrie, psychosomatique et psychothérapie de l’enfant et de l’adolescent, Centre hospitalier universitaire de Würzburg, Allemagne.
- Brunna Tuschen-Caffier — Département de psychologie clinique et de psychothérapie, Universität Freiburg, Allemagne.
- Silvia Schneider (ORCID : 0000-0003-0698-8411) — Centre de recherche et de traitement en santé mentale, Ruhr-Universität Bochum, Allemagne.
4. Objectif
L’objectif fondamental du BAER-C est d’opérationnaliser et de quantifier de manière empirique la diversité des stratégies de régulation émotionnelle basées sur l’évitement mises en œuvre par les enfants et adolescents lorsqu’ils sont confrontés à des situations anxiogènes anticipatoires. Les modèles contemporains de la psychopathologie développementale soulignent que l’anxiété n’est pas uniquement définie par une hyperréactivité physiologique ou cognitive face à une menace présente, mais qu’elle est largement façonnée, maintenue et aggravée par des réponses d’anticipation inadaptées. Jusqu’à la publication du BAER-C, la majorité des inventaires de régulation des émotions pédiatriques évaluaient des construits généraux de régulation adaptative versus dysfonctionnelle sans distinguer les nuances fines des conduites d’évitement.
Sur le plan clinique, l’évitement constitue l’un des principaux facteurs de maintien des troubles anxieux selon les modèles comportementaux et cognitifs (notamment le conditionnement opérant et le renforcement négatif). Lorsqu’un enfant anticipe un événement générateur de détresse (par exemple, une prise de parole en classe, une séparation parentale, un examen médical ou une interaction sociale non familière), la réduction immédiate de la tension émotionnelle consécutive à l’évitement renforce la croyance erronée selon laquelle la situation était intrinsèquement catastrophique et insurmontable. Le BAER-C a été conçu pour désenchevêtrer ces mécanismes en capturant non seulement l’évitement physique ou comportemental direct, mais aussi les stratégies plus subtiles comme la recherche compulsive de sécurité auprès de tiers ou la fuite cognitive.
En contexte d’évaluation psychologique et de recherche translationnelle, l’instrument remplit trois fonctions majeures :
- Le diagnostic fonctionnel individualisé : Il permet au clinicien de cartographier avec précision le profil de régulation de l’enfant afin de personnaliser les interventions thérapeutiques, notamment en orientant les protocoles d’exposition de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) vers l’abandon ciblé des comportements de sécurité verbaux ou sociaux.
- La mesure sensible du changement thérapeutique : L’outil sert d’indicateur d’efficacité pré/post-traitement pour objectiver si la diminution des symptômes d’anxiété s’accompagne d’une véritable modification des répertoires de régulation émotionnelle, plutôt que d’un simple transfert vers d’autres formes masquées d’évitement.
- La recherche fondamentale en psychopathologie développementale : L’échelle permet de disséquer comment les différentes stratégies d’évitement émergent au cours du développement cognitif de l’enfant et comment elles interagissent avec les dimensions internalisées et externalisées de la symptomatologie infantile.
5. Construit psychologique
Le BAER-C opérationnalise la régulation émotionnelle face à l’anxiété anticipatoire à travers cinq dimensions corrélées mais conceptuellement distinctes. Ce modèle multidimensionnel reflète la complexité des conduites de neutralisation de l’anxiété chez l’enfant :
1. Évitement comportemental (Behavioral Avoidance)
Cette dimension évalue les comportements moteurs et physiques explicites visant à fuir ou à contourner la situation anxiogène anticipée. L’enfant tente d’empêcher tout contact direct avec le stimulus menaçant ou de quitter les lieux dès l’apparition des premiers signaux d’alerte. Par exemple, l’item 2 (« J’essaie d’éviter ce qui me fait peur ») et l’item 9 (« J’essaie de me détourner de ce qui m’effraie ») illustrent cette tentative active de non-confrontation écologique.
2. Réassurance verbale (Verbal Reassurance)
Cette sous-échelle mesure les comportements itératifs de vérification linguistique et d’interrogation de l’entourage destinés à neutraliser le doute et à apaiser temporairement l’état interne de panique. Contrairement à une simple demande d’information, la réassurance verbale se caractérise par sa nature répétitive et anxiolytique compulsive. L’item 5 (« J’essaie de demander encore et encore si tout va bien se passer ») capture précisément cette dimension de comportement de sécurité verbalisé.
3. Réassurance sociale (Social Reassurance)
La réassurance sociale reflète le besoin impérieux de proximité physique ou interpersonnelle pour faire face à la menace redoutée. L’enfant cherche activement la présence d’une figure d’attachement ou d’un pair, incapable de tolérer la solitude face à l’événement anxiogène. L’item 12 (« J’essaie de ne pas être seul ») et l’item 18 (« J’essaie d’avoir quelqu’un avec moi ») exemplifient cette stratégie de co-régulation dépendante.
4. Suppression (Suppression)
Classée au sein du modèle comme une stratégie d’évitement cognitif interne, la suppression fait référence aux tentatives délibérées de bloquer, d’effacer ou de chasser de la conscience les pensées, images et ressentis liés à la peur. L’enfant tente d’inhiber activement l’expérience subjective de l’anxiété. L’item 7 (« J’essaie de chasser de ma tête ce qui me fait peur ») et l’item 8 (« J’essaie d’oublier ce qui me fait peur ») mesurent cet effort d’inhibition psychique souvent contre-productif.
5. Réévaluation cognitive (Reappraisal)
Contrairement aux quatre dimensions précédentes qui constituent le score d’évitement proprement dit, la réévaluation cognitive mesure la capacité de l’enfant à transformer positivement la signification attribuée à la situation menaçante ou à mobiliser des pensées d’auto-efficacité. L’item 4 (« J’essaie de penser plus positivement à la situation ») et l’item 19 (« J’essaie de me dire que j’en suis capable ») témoignent de cette stratégie classiquement considérée comme adaptative dans la littérature psychologique.
6. Cadre théorique
Le BAER-C s’ancre à la croisée de deux cadres conceptuels majeurs de la psychologie contemporaine : le modèle du processus de régulation des émotions de James Gross (Gross, 1998, 2015) et la théorie cognitive-comportementale des troubles anxieux chez l’enfant formulée notamment par David Barlow, Aaron T. Beck et Philip C. Kendall.
Dans le modèle modal des émotions de Gross, la régulation s’articule le long d’une trajectoire temporelle continue comprenant la sélection de la situation, la modification de la situation, le déploiement attentionnel, le changement cognitif et la modulation de la réponse. Le BAER-C examine plus précisément les phases précoces d’anticipation où interviennent la sélection de situation (évitement comportemental), le déploiement attentionnel/inhibition (suppression cognitive) et le changement cognitif (réévaluation). En distinguant la suppression de la réévaluation, le questionnaire s’aligne fidèlement sur les postulats expérimentaux démontrant que la réévaluation atténue durablement la détresse émotionnelle sans coût physiologique élevé, alors que la suppression requiert un effort cognitif constant qui génère un effet rebond paradoxal des intrusions anxiogènes.
Parallèlement, le cadre psychopathologique des thérapies cognitives et comportementales éclaire la place spécifique de la réassurance verbale et sociale. Comme l’ont modélisé Salkovskis et Clark dans leurs travaux sur l’anxiété et les comportements de sécurité (safety behaviors), ces conduites sont fonctionnellement équivalentes à un évitement passif ou délégué. Lorsqu’un enfant demande répétitivement à ses parents si « tout va bien se passer », il empêche la désinhibition de l’anxiété et empêche le processus d’habituation émotionnelle et cognitive de s’opérer. Le BAER-C apporte une avancée théorique déterminante en intégrant formellement ces comportements interpersonnels de neutralisation au sein de la nosologie des stratégies d’évitement émotionnel.
7. Validité
Les propriétés de validité du BAER-C ont été investiguées lors de son étude de validation princeps menée par Lippert et al. (2023), incluant des analyses de validité de construit, de validité convergente et de validité discriminante.
Validité convergente
La validité convergente a été établie en examinant les corrélations entre les sous-échelles du BAER-C et les scores de symptomatologie anxieuse issus de la Spence Children’s Anxiety Scale (SCAS-C ; Spence, 1998). Les résultats empiriques révèlent que :
- Toutes les sous-échelles d’évitement (évitement comportemental, réassurance verbale, réassurance sociale), à l’exception notable de la suppression, présentent des corrélations positives statistiquement significatives avec le score global de symptômes anxieux de la SCAS-C (tous les r > 0,17, p < 0,05).
- Le score global d’évitement du BAER-C corrèle de manière hautement significative avec l’échelle totale d’anxiété de la SCAS-C (r = 0,23, p < 0,001), corroborant le postulat théorique selon lequel une tendance accrue à réguler l’anxiété par l’évitement s’associe à une sévérité symptomatique plus prononcée.
Validité discriminante et divergente
La validité divergente a été évaluée par rapport aux échelles de difficultés comportementales et émotionnelles du Strengths and Difficulties Questionnaire (SDQ ; Goodman et al., 2000). Les analyses révèlent des patrons d’associations complexes et contrastés :
- De manière inattendue, seule la sous-échelle de réassurance sociale présente une corrélation significative avec la dimension des symptômes internalisés du SDQ.
- Contrairement aux hypothèses initiales des concepteurs, les sous-échelles de suppression et de réévaluation cognitive ont démontré des corrélations significatives avec l’échelle de troubles externalisés du SDQ.
- À l’inverse, les dimensions d’évitement comportemental, de réassurance sociale et de réassurance verbale n’ont affiché aucune corrélation significative avec les symptômes externalisés (r = 0,01, p = 0,85), confirmant une excellente validité discriminante vis-à-vis des troubles de conduite et de l’hyperactivité pour ces sous-échelles spécifiques.
Les auteurs soulignent que ces résultats ambigus concernant la validité de construit de certaines sous-échelles (notamment l’absence de lien direct entre suppression et anxiété autodéclarée au SCAS-C) justifient la poursuite des recherches comparatives en confrontant le BAER-C à d’autres instruments reconnus de régulation émotionnelle pédiatrique (tels que le FEEL-KJ ou le DERS).
8. Fidélité
L’évaluation de la fidélité psychométrique du BAER-C s’est concentrée sur la consistance interne de l’instrument, calculée à la fois au moyen de l’alpha de Cronbach traditionnel et de l’oméga de McDonald (ω), ce dernier offrant une estimation plus robuste et non biaisée en présence de saturations factorielles hétérogènes.
Les indicateurs de consistance interne rapportés dans l’étude princeps sont remarquablement solides :
- Consistance interne globale : L’indice oméga de McDonald pour l’ensemble du BAER-C atteint une valeur exceptionnelle de ω = 0,94, dénotant une variance commune substantielle partagée par l’ensemble des items retenus.
- Score global d’évitement : Pour le macro-score combinant les stratégies d’évitement, l’alpha de Cronbach s’élève à α = 0,86, ce qui dépasse largement les critères usuels recommandés pour les applications de recherche (α ≥ 0,70) et d’évaluation clinique individuelle (α ≥ 0,80).
- Sous-échelles individuelles : Les coefficients de cohérence interne pour chacune des cinq sous-échelles oscillent dans une plage restreinte et satisfaisante comprise entre 0,78 et 0,85, attestant d’une excellente homogénéité thématique des items composant chaque dimension factorielle.
Ces données confirment que la réduction de l’échelle originelle de 25 à 21 items n’a aucunement altéré la précision de mesure de l’instrument, garantissant une estimation fiable des construits cibles auprès d’enfants issus de la population générale comme auprès de populations cliniques.
9. Analyse factorielle
Le développement psychométrique du BAER-C a reposé sur une démarche combinant analyse d’items préliminaire, analyse factorielle exploratoire (AFE) et modélisation en analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Sélection des items et réduction préliminaire
Le pool initial de 25 items a été soumis à un examen méticuleux des indices de difficulté et du pouvoir discriminant (corrélation item-total corrigée). Trois items ont été éliminés en raison d’un coefficient de discrimination insuffisant, inférieur au seuil conventionnel de 0,30 (rit < 0,30). Ces items exclus présentaient une nature situationnelle trop spécifique ou anecdotique (par exemple, l’énoncé « tenter de se cacher dans la pièce »), ce qui limitait leur applicabilité générale face à des scénarios anxiogènes variés.
Structure factorielle et extraction
Une analyse parallèle de Horn a été réalisée pour déterminer le nombre optimal de dimensions à extraire. Les critères empiriques ont convergé vers l’adoption d’une solution à cinq facteurs pour les 21 items résiduels. Ce modèle en 5 facteurs explique à lui seul 54 % de la variance totale des scores, représentant un pouvoir explicatif élevé pour un instrument mesurant des processus affectifs et cognitifs chez l’enfant.
Adéquation du modèle (Fit Indices)
Les indices d’ajustement structurel obtenus lors des modélisations en équations structurelles témoignent d’une adéquation tout à fait acceptable pour un nouvel outil pédiatrique :
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : 0,873 lors de l’estimation initiale, atteignant 0,89 dans l’échantillon scolaire.
- Indice de comparaison (CFI) : 0,91 dans l’échantillon scolaire. Bien que le CFI et le TLI se situent légèrement en deçà du seuil conservateur idéal de 0,95, ils demeurent dans des marges acceptables pour des données développementales complexes.
- Erreur d’approximation quadratique moyenne (RMSEA) : 0,072 (puis 0,07 dans l’échantillon scolaire), ce qui se situe en dessous de la limite supérieure admissible de 0,08.
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : 0,08, confirmant un résidu global maîtrisé.
- Rapport Khi-deux sur degrés de liberté (χ²/df) : Malgré un test de khi-deux significatif attendu en raison de la taille de l’échantillon (χ²(184, 119) = 288,81, p < 0,001), le ratio s’établit à χ²/df = 1,54, valeur nettement inférieure au critère d’acceptabilité fixé à 2,00.
10. Instrument de mesure
L’instrument se présente sous un format structuré et standardisé garantissant une passation rapide et accessible aux enfants d’âge scolaire :
- Nom complet de l’outil : Bochum Assessment of Avoidance-based Emotion Regulation for Children (BAER-C).
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation / Inventaire psychométrique original (avec versions parallèles adaptées pour les parents).
- Nombre d’items : 21 items définitifs (répartis en 5 sous-échelles) + 1 question ouverte optionnelle visant à explorer d’autres stratégies subjectives non répertoriées.
- Format d’échelle de réponse : Items are rated on a five-point Likert scale, allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / totally disagree) à 5 (« Tout à fait d’accord » / totally agree).
- Formulation des items : L’ensemble des énoncés est rédigé de façon affirmative directe, à l’exception d’un unique item inversé, afin de réduire la charge cognitive et de prévenir les erreurs de réponse chez les jeunes participants.
- Structure des sous-échelles :
- Évitement comportemental : 6 items (Items 2, 3, 9, 13, 20, 26).
- Réassurance verbale : 2 items (Items 5, 17).
- Réassurance sociale : 3 items (Items 12, 18, 22).
- Suppression : 3 items (Items 7, 8, 28).
- Réévaluation cognitive : 7 items (Items 4, 15, 16, 19, 21, 23, 27).
- Calcul des scores : Les scores de chaque sous-échelle s’obtiennent par la moyenne ou la somme des items correspondants. Un score global d’évitement peut être calculé en combinant les sous-échelles d’évitement comportemental, de réassurance verbale, de réassurance sociale et de suppression.
- Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
Le questionnaire BAER-C a été officiellement développé, évalué et publié en 2023 par l’équipe de recherche de la Ruhr-Universität Bochum. Conformément à la volonté de ses auteurs et à la politique de diffusion scientifique ouverte, l’outil est mis à la disposition de la communauté académique internationale sous licence Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0).
- Frais d’utilisation : Aucun frais n’est requis. L’échelle est totalement gratuite et accessible sans redevance pour un usage non commercial.
- Permissions d’utilisation : L’utilisation est libre pour la recherche fondamentale, la recherche clinique et l’enseignement universitaire. Les praticiens et chercheurs sont autorisés à reproduire, traduire et adapter l’outil sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de référence (Lippert et al., 2023).
- Informations de licence : Pour consulter les termes juridiques de la licence CC BY 4.0, se référer à creativecommons.org/licenses/by/4.0/.
12. Références
Goodman, R., Ford, T., Simmons, H., Gatward, R., & Meltzer, H. (2000). Using the Strengths and Difficulties Questionnaire (SDQ) to screen for child psychiatric disorders in a community sample. The British Journal of Psychiatry, 177(6), 534–539. https://doi.org/10.1192/bjp.177.6.534
Gross, J. J. (1998). The emerging field of emotion regulation: An integrative review. Review of General Psychology, 2(3), 271–299. https://doi.org/10.1037/1089-2680.2.3.271
Gross, J. J. (2015). Emotion regulation: Current status and future prospects. Psychological Inquiry, 26(1), 1–26. https://doi.org/10.1080/1047840X.2014.940781
Lippert, M. W., Sommer, K., Flasinski, T., Schomberg, J., Pflug, V., Christiansen, H., In-Albon, T., Knappe, S., Romanos, M., Tuschen-Caffier, B., & Schneider, S. (2023). Bochum Assessment of Avoidance-based Emotion Regulation for Children (BAER-C): Development and evaluation of a new instrument measuring anticipatory avoidance-based emotion regulation in anxiety eliciting situations. PLOS ONE, 18(1), e0279658. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0279658
Spence, S. H. (1998). A measure of anxiety symptoms among children. Behaviour Research and Therapy, 36(5), 545–566. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(98)00034-5
13. Questions et items du questionnaire
Response scale: Items are rated on a five-point Likert scale.
Note: Children answer on a five-point Likert scale ranging from 1 (totally disagree) to 5 (totally agree).
When I am anxious…
Behavioural Avoidance
Item 2: I try to avoid what makes me anxious.
Item 3: I try to withdraw from the situation.
Item 9: I try to get out of the way of what makes me afraid.
Item 13: I try to avoid the situation in the future.
Item 20: I try not to get in the situation in the future.
Item 26: I try everything I can so that I do not encounter what makes me afraid.
Verbal Reassurance
Item 5: I try to ask again and again if everything is going to be okay.
Item 17: I try to ask someone if everything is okay.
Social Reassurance
Item 12: I try not to be alone.
Item 18: I try to have someone with me.
Item 22: I try to have another person with me.
Suppression
Item 7: I try to push what makes me afraid out of my head.
Item 8: I try to forget what makes me afraid.
Item 28: I try not to think about what makes me afraid.
Reappraisal
Item 4: I try to think more positive about the situation.
Item 15: I try to make the best out of the situation.
Item 16: I try to tell myself that it is not that bad.
Item 19: I try to tell myself that I can do it.
Item 21: I try to find something good in the situation.
Item 23: I try to ignore what makes me afraid.
Item 27: I try to find explanations for the situation that reduce my fear.