Équivalent métabolique de la tâche

L’Équivalent métabolique de la tâche (MET) est un étalon universel quantifiant la dépense énergétique des activités physiques. Découvrez son cadre conceptuel, ses propriétés psychométriques et son application clinique.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Équivalent métabolique de la tâche (couramment désigné par l’acronyme anglophone MET pour Metabolic Equivalent of Task) constitue l’un des instruments de quantification et de standardisation les plus largement adoptés en physiologie de l’exercice, en médecine comportementale, en psychologie de la santé et en épidémiologie de l’activité physique. Introduit dans sa formulation moderne par Barbara E. Ainsworth et ses collaborateurs au début des années 1990, le concept d’équivalent métabolique exprime le coût énergétique d’une activité motrice donnée en tant que multiple de la dépense énergétique au repos (taux métabolique de repos ou resting metabolic rate [RMR]). Par convention physiologique universelle, 1 MET correspond à une consommation d’oxygène (&Vdot;O2) d’approximativement 3,5 millilitres d’oxygène par kilogramme de poids corporel par minute (3,5 mL·kg-1·min-1) chez un adulte sain de référence, ce qui équivaut grossièrement à une dépense calorique de 1 kilocalorie par kilogramme et par heure (1 kcal·kg-1·h-1).

Bien qu’initialement conçu comme une mesure physiologique objective ancrée dans la calorimétrie indirecte, le système des MET a été intégré de manière déterminante dans la psychométrie comportementale et les questionnaires d’évaluation psychologique et subjective des habitudes de vie (par exemple, le Questionnaire international sur l’activité physique [IPAQ] et le Global Physical Activity Questionnaire [GPAQ]). Dans ces cadres de mesure psychométrique et comportementale, le MET sert d’unité métrique unificatrice permettant d’assigner des valeurs de dépense énergétique perçue et auto-rapportée à une multitude de comportements discrets, répartis en sous-domaines fonctionnels (activités professionnelles, domestiques, de transport, et de loisirs ou sportives). L’instrument référentiel princeps associé est le Compendium of Physical Activities, mis à jour continuellement (1993, 2000, 2011, 2024), qui codifie plus de 800 activités physiques distinctes.

Les propriétés métrologiques du système d’équivalents métaboliques ont fait l’objet de centaines de validations croisées. La validité de critère, établie par corrélation avec la calorimétrie indirecte par masque respiratoire et l’eau doublement marquée (doubly labeled water), présente des coefficients de validité convergente élevés oscillant typiquement entre r = 0,70 et r = 0,92 pour la hiérarchisation des activités. Toutefois, l’utilisation du MET dans les auto-questionnaires rétrospectifs introduit des biais cognitifs de rappel et de désirabilité sociale, nécessitant des modélisations psychométriques rigoureuses de la fidélité test-retest (coefficients de corrélation intraclasse généralement compris entre 0,65 et 0,85) et des analyses de calibration pour corriger les surestimations d’intensité.

2. Mots-clés / Keywords

Équivalent métabolique, MET, Dépense énergétique, Activité physique, Psychologie de la santé, Psychométrie comportementale, Compendium des activités physiques, Barbara Ainsworth, IPAQ, Épidémiologie comportementale, Calorimétrie indirecte, Réhabilitation fonctionnelle, Auto-évaluation de l’effort, Comportement sédentaire, Mesure en santé publique.

3. Auteurs / Authors

Le développement fondamental de l’équivalent métabolique et son opérationnalisation systématique sous forme de classification taxinomique standardisée sont principalement attribués aux chercheurs suivants :

  • Barbara E. Ainsworth, Ph.D., MPH, FACSM — Professeure émérite au College of Health Solutions de l’Arizona State University (États-Unis). Épidémiologiste de renommée internationale, elle a dirigé les éditions successives (1993, 2000, 2011, 2024) du Compendium of Physical Activities sous l’égide de l’American College of Sports Medicine (ACSM). Courriel académique : [email protected].
  • William L. Haskell, Ph.D., FACSM — Professeur émérite de médecine (prévention cardiovasculaire) à la Stanford University School of Medicine (Stanford Prevention Research Center, États-Unis). Pionnier de l’étude de l’impact physiologique et comportemental de l’exercice physique sur la longévité et la morbidité chronique.
  • Arthur S. Leon, M.D., FACSM — Professeur émérite à l’Université du Minnesota, School of Kinesiology, spécialiste de la cardiologie préventive et de la réadaptation cardiaque.
  • Luc Vanhees, Ph.D. — Professeur au Département des Sciences de la Réhabilitation de la Katholieke Universiteit Leuven (KU Leuven, Belgique). Auteur des adaptations, validations et guides d’utilisation clinique en milieu néerlandophone et francophone européen pour la réadaptation cardiorespiratoire et la physiothérapie clinique (1999, 2005).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la méthodologie de l’Équivalent métabolique de la tâche est de fournir un étalon de mesure universel, sans dimension corporelle dépendante, permettant de quantifier, comparer, prescrire et surveiller la dépense énergétique associée à n’importe quelle forme de motricité humaine. Sur le plan conceptuel et appliqué, l’échelle poursuit plusieurs visées complémentaires en milieu clinique, épidémiologique et psychosocial.

Standardisation interdisciplinaire de la charge métabolique

Historiquement, la quantification de l’effort physique souffrait d’un cloisonnement disciplinaire majeur. Les physiologistes exprimaient le travail musculaire en litres d’oxygène consommés par minute, les diététiciens et nutritionnistes en kilojoules ou kilocalories brutes, et les psychologues du comportement ou ergonomes en échelles ordinales d’effort perçu (telles que l’échelle de Borg RPE). Le MET a été formalisé pour transcender ces disparités en établissant un ratio normalisé par le métabolisme basal au repos. Ainsi, attribuer une valeur de 4,0 METs à une marche dynamique signifie que cette action sollicite quatre fois plus de ressources énergétiques métaboliques que la posture assise au repos, quelle que soit la masse absolue de l’individu.

Applications en psychologie comportementale et de la santé

Dans les paradigmes de changement comportemental (tels que la théorie de l’autodétermination, le modèle transthéorique de Prochaska et DiClemente, ou la théorie du comportement planifié), l’évaluation précise de la conformité aux recommandations internationales de santé publique requiert une métrique continue. Les recommandations mondiales de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) préconisent l’accumulation hebdomadaire de 150 à 300 minutes d’activité d’intensité modérée, ou 75 à 150 minutes d’intensité vigoureuse, ce qui correspond à un volume cible de 500 à 1 000 MET-minutes par semaine (calculé en multipliant le score MET d’une tâche par sa durée en minutes). L’instrumentation par les MET permet aux chercheurs en psychologie de la santé de quantifier avec précision l’effet des interventions motivationnelles ou des entretiens motivationnels sur le volume global d’activité physique adoptée par les patients.

Applications cliniques en réhabilitation et physiothérapie

En médecine physique, réadaptation cardiaque et physiothérapie (notamment documenté par Luc Vanhees), la méthode des MET sert d’outil d’arbitrage diagnostic et pronostique :

  • Diagnostic de la capacité fonctionnelle maximale : Lors d’une épreuve d’effort standardisée sur cycloergomètre ou tapis roulant, la performance aérobie maximale est exprimée en METs maximaux (METmax ou METs au pic de l’effort). Un pic inférieur à 5 METs chez l’adulte est associé à une surmortalité toutes causes confondues et à une dépendance fonctionnelle sévère.
  • Évaluation de l’écart d’incapacité : L’outil permet au clinicien de confronter le profil métabolique maximal réel du patient aux exigences spécifiques des tâches quotidiennes ou professionnelles cibles (par exemple, monter deux étages avec des courses représente environ 5 à 6 METs). Si un travailleur requiert 6 METs pour son emploi et que son seuil ischémique ou symptomatique se situe à 4 METs, le thérapeute quantifie précisément le déficit capacitaire (discrepancy) et calibre le programme de réentraînement aérobie pour combler ce gap fonctionnel.
  • Sécurisation de la reprise d’activité : En phase post-infarctus ou post-opératoire, la prescription d’exercices repose sur un plafond strict d’équivalents métaboliques pour éviter l’ischémie myocardique silencieuse ou le surmenage musculosquelettique.

5. Construit psychologique / Construct

Bien que le MET repose sur un socle biologique évident, son intégration dans les instruments de recueil psychologique et comportemental en fait un construit latent comportemental opérationnalisé. Dans le champ de la psychométrie de la santé, le comportement actif ne peut être appréhendé comme une entité unitaire ; il s’articule autour d’une taxinomie multidimensionnelle où le MET constitue la variable dépendante d’intensité.

Le construit opérationnel articulé autour des MET se segmente en quatre dimensions fondamentales d’intensité comportementale, définies par des seuils consensuels dans la littérature épidémiologique :

1. Dimension des comportements sédentaires (1,0 à 1,5 MET)

Défini sur le plan psychologique et comportemental comme tout état d’éveil caractérisé par une dépense énergétique inférieure ou égale à 1,5 MET en position assise, inclinée ou allongée. Ce construit est distinct de l’inactivité physique : un individu peut être sportivement actif (atteindre les recommandations) tout en étant hautement sédentaire au travail. Exemples typiques :

  • Rester assis devant un écran d’ordinateur à taper du texte : 1,3 MET.
  • Regarder passivement la télévision dans un fauteuil : 1,0 – 1,3 MET.
  • Conduire une automobile de manière passive : 1,5 MET.

2. Dimension de l’activité physique d’intensité légère (1,6 à 2,9 METs)

Cette dimension englobe les activités de motricité spontanée, les déplacements à basse vitesse et les gestes de la vie quotidienne qui n’induisent pas d’élévation perceptible de la fréquence ventilatoire ou cardiaque. Elle joue un rôle fondamental dans la rupture de la sédentarité prolongée. Exemples :

  • Marche lente sur terrain plat à moins de 3,2 km/h : 2,0 METs.
  • Préparation d’un repas ou vaisselle en station debout : 1,8 à 2,2 METs.
  • Étirements légers et postures passives de yoga : 2,3 à 2,5 METs.

3. Dimension de l’activité physique d’intensité modérée (3,0 à 5,9 METs)

Sur le plan de l’expérience phénoménologique et perceptive, l’intensité modérée correspond au niveau d’effort où l’individu ressent une accélération sensible de son rythme cardiaque et de sa ventilation, tout en demeurant capable de tenir une conversation continue sans essoufflement invalidant (« talk test »). Ce seuil de 3 METs est le pivot à partir duquel les bénéfices cardio-métaboliques majeurs sont déclenchés. Exemples :

  • Marche rapide à allure soutenue (4,8 à 5,5 km/h) : 3,3 à 4,3 METs.
  • Tonte de la pelouse avec une tondeuse à poussée manuelle motorisée : 4,5 METs.
  • Nettoyage vigoureux des fenêtres ou déplacement de meubles légers : 3,2 à 3,8 METs.
  • Cyclisme de loisir à allure modérée (15 km/h) : 4,0 METs.

4. Dimension de l’activité physique d’intensité vigoureuse à très élevée (≥ 6,0 METs)

Cette composante exige un recrutement massif de la masse musculaire squelettique, sollicitant de manière prédominante le métabolisme aérobie de haute puissance puis les filières anaérobies lactiques. L’effort perçu est élevé à extrêmement difficile ; la parole continue devient impossible, fragmentée par des cycles respiratoires courts et profonds. Exemples :

  • Course à pied à 8 km/h (allure de jogging modéré) : 8,0 METs ; à 12 km/h : 11,5 METs.
  • Pratique compétitive de sports collectifs (football, basketball, rugby) : 7,0 à 10,0 METs.
  • Natation en crawl d’intensité soutenue : 8,0 à 10,0 METs.
  • Montée rapide d’escaliers à pas cadencés : 8,8 METs.

Dans la recherche psychométrique contemporaine, les scores MET permettent d’évaluer le volume total d’activité physique sous la forme d’un indice composite (Score total = ∑ [Durée × Fréquence × MET standard assigné]). Ce construit composite capture à la fois la charge volumétrique, l’engagement comportemental soutenu et les habitudes de vie relatives à la santé globale.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration et la modélisation du MET s’enracinent à la croisée de la bioénergétique humaine, de la théorie générale des systèmes physiologiques et de la psychophysique de l’effort.

Les fondements bioénergétiques et le concept de métabolisme basal

Le socle théorique de l’équivalent métabolique dérive des travaux fondateurs sur les échanges gazeux respiratoires et la thermodynamique animale conduits au tournant du XXe siècle par Wilbur Olin Atwater, Francis Gano Benedict et Max Rubner. La loi de conservation de l’énergie appliquée au vivant stipule que toute énergie mécanique déployée par la cellule musculaire s’accompagne d’une libération thermique proportionnelle et d’une utilisation stœchiométrique d’oxygène pour oxyder les substrats lipidiques et glucidiques.

Au milieu du XXe siècle, des chercheurs comme Rodolfo Margaria et Per-Olof Åstrand ont conceptualisé la réserve aérobie. L’idée de normaliser l’effort par rapport à l’état de repos a été introduite pour neutraliser les disparités anthropométriques brutes. Dans les années 1970 et 1980, le laboratoire de Stanford, sous l’impulsion de William Haskell et Ralph Paffenbarger, a commencé à recourir systématiquement à des multiples du métabolisme de base pour suivre de vastes cohortes longitudinales (comme la célèbre étude des anciens élèves de Harvard, Harvard Alumni Health Study). Ces travaux ont démontré une relation dose-réponse inverse et linéaire entre les volumes cumulés d’activité exprimés en multiples métaboliques et l’incidence des cardiopathies coronariennes.

La psychophysique de Borg et la perception subjective de la charge

Le cadre théorique du MET est indissociable de la psychophysique appliquée développée par Gunnar Borg à l’Université de Stockholm. Borg a postulé dans sa théorie de la perception de l’effort (Perceived Exertion Theory) que le système nerveux central agit comme un intégrateur multimodal recevant des afférences physiologiques complexes :

  • Afférences centrales : sensation de ventilation, fréquence respiratoire, tension cardiaque.
  • Afférences périphériques : accumulation de métabolites musculaires (ions H+, lactate), tension mécanique intramusculaire, échauffement corporel.

Borg a démontré que l’échelle de perception de l’effort (RPE 6-20) s’aligne de manière remarquablement robuste avec la fréquence cardiaque (RPE × 10 ≈ FC) et corrèle avec le pourcentage du &Vdot;O2max. Le système des MET offre le pendant normatif et objectif à cette échelle psychophysique : alors que le RPE mesure la réponse subjective du sujet à une intensité imposée, le MET quantifie la demande absolue standardisée de la tâche comportementale. Les modèles récents en psychologie du sport croisent ces deux axes pour étudier la discordance entre la charge objective (MET assigné) et la tolérance psychologique perçue (RPE), indice capital dans l’épuisement professionnel, le syndrome de surentraînement ou l’abandon des programmes de réadaptation.

Le modèle écologique et l’épidémiologie comportementale

D’un point de vue psycho-écologique (Sallis, Owen, Bauman), le comportement moteur est contextualisé au sein d’environnements multiples. Le développement du Compendium of Physical Activities par Ainsworth et al. a permis de formaliser ce cadre en regroupant les METs non seulement par niveau de dépense, mais par domaines de vie sociologiques : activités professionnelles, travaux ménagers, déplacements actifs, sports formels et loisirs récréatifs. Cette catégorisation a transformé la mesure de l’exercice : l’activité physique n’est plus perçue uniquement comme un entraînement physique programmé, mais comme un agrégat de micro-choix comportementaux disséminés tout au long du nycthémère.

7. Validité / Validity

L’évaluation des propriétés de validité de la méthode des MET et des inventaires qui l’opérationnalisent comporte deux dimensions : la validité physiologique intrinsèque de la constante métabolique et la validité psychométrique des auto-questionnaires assignant des scores MET.

Validité de critère et de contenu physiologique

La valeur théorique standard de 1 MET = 3,5 mL O2·kg-1·min-1 repose sur les données empiriques d’un homme caucasien de 70 kg, âgé de 40 ans, au repos strict. De nombreuses investigations métaboliques utilisant la calorimétrie indirecte en chambre respiratoire ont validé la précision relative de cette référence pour la classification ordinale des activités :

  • Validité convergente avec les mesures directes de laboratoire : Les études menées par Ainsworth et al. (2000, 2011) comparant les valeurs répertoriées dans le Compendium avec des mesures par analyseur de gaz portable (&Vdot;O2) démontrent des coefficients de corrélation de Pearson très solides, se situant généralement entre r = 0,78 et r = 0,91 pour les activités locomotrices standardisées (marche, course, bicyclette).
  • Validité prédictive en épidémiologie : Le volume hebdomadaire de MET-heures ou MET-minutes prédit de façon hautement significative la réduction de la mortalité prématurée, l’incidence du diabète de type 2 et le risque d’événements coronariens. Les méta-analyses de cohortes prospectives (incluant plus d’un million de participants) mettent en évidence une diminution de 20 % à 35 % du risque relatif de mortalité globale chez les individus maintenant un volume régulier de 600 à 1 200 MET-min/semaine comparativement aux individus inactifs (Hazard Ratio ≈ 0,70, p < 0,001).

Limites écologiques et validité différentielle

Malgré sa robustesse populationnelle, la validité de la constante universelle de 3,5 mL·kg-1·min-1 présente des biais systématiques dès lors que l’on s’écarte du sujet standard :

  • Biais lié à la masse grasse et à l’obésité : Le tissu adipeux présentant une activité métabolique au repos substantiellement plus faible que la masse maigre musculaire, le RMR réel des personnes présentant une surcharge pondérale ou une obésité se situe fréquemment entre 2,4 et 3,0 mL O2·kg-1·min-1. L’application mécanique du dénominateur 3,5 surestime la dépense énergétique nette au repos de 15 à 30 % chez ces populations, comme l’ont démontré Byrne et al. (2005).
  • Biais lié à l’âge : En raison du déclin progressif de la masse squelettique (sarcopénie), le RMR diminue avec l’avancée en âge. Chez les personnes âgées de plus de 65 ans, 1 MET correspond en moyenne à 2,7 à 2,9 mL O2·kg-1·min-1.
  • Validité discriminante des questionnaires basés sur les MET : Lorsqu’on compare les déclarations obtenues par des questionnaires de rappel (ex. IPAQ court) aux mesures objectives obtenues par accélérométrie triaxiale étalonnée (ex. ActiGraph), les corrélations de validité convergente tombent dans une fourchette modérée (r = 0,30 à 0,45). Les participants ont tendance à surestimer de manière significative la durée et l’intensité de leurs activités modérées à vigoureuses (biais de désirabilité sociale et imprécision cognitive du rappel temporel).

8. Fidélité / Reliability

La fidélité métrologique de l’approche par les MET concerne tant la constance des mesures directes que la reproductibilité temporelle des scores attribués dans le cadre d’évaluations comportementales et cliniques.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

Les protocoles d’investigation de la stabilité des estimations d’activité physique en MET-minutes/semaine indiquent une reproductibilité satisfaisante lorsque l’intervalle entre les passations est court (de quelques jours à deux semaines) :

  • Dans les études multicentriques internationales de validation des échelles exploitant les unités MET (telles que celles conduites par Craig et al., 2003, dans 12 pays), la fidélité test-retest à 7 jours d’intervalle pour le score global en MET-min/semaine présente un coefficient de corrélation intraclasse (CCI) ou un rho de Spearman d’environ 0,75 à 0,81, dénotant une excellente stabilité pour un inventaire auto-rapporté.
  • La fidélité varie cependant selon les sous-domaines : l’évaluation des activités vigoureuses présente la reproductibilité la plus élevée (CCI ≈ 0,80 – 0,86), car ces comportements sont saillants et bien mémorisés par les répondants. En revanche, les activités de faible intensité et les activités domestiques affichent une fidélité plus faible (CCI ≈ 0,45 – 0,60), en raison de leur nature diffuse, sporadique et automatique au quotidien.

Fidélité inter-évaluateurs et concordance de codage

Lorsque des cliniciens, kinésithérapeutes ou chercheurs en sciences du sport assignent des valeurs de MET à des registres d’activités (journaux de bord ou activity logs) à l’aide du Compendium d’Ainsworth :

  • Le coefficient de concordance de Kendall (W) ou le coefficient Kappa de Cohen pondéré dépasse régulièrement 0,85 entre évaluateurs formés, attestant d’une grande clarté opérationnelle des codes d’activité standardisés.
  • Les discordances résiduelles proviennent essentiellement de l’ambiguïté entourant la vitesse d’exécution d’une tâche non chronométrée (par exemple, codage d’une « marche de loisir » sans spécification d’allure, qui peut osciller entre 2,5 et 4,0 METs).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Puisque le MET est à la base une unité de mesure continue continue issue de la biophysique, la question de l’analyse factorielle s’applique spécifiquement aux instruments de mesure comportementale et psychométrique qui intègrent les METs pour construire des indices de comportement actif (notamment l’IPAQ, le GPAQ et leurs dérivés de réadaptation fonctionnelle).

Structure factorielle confirmatoire des inventaires basés sur les MET

Les modélisations par équations structurelles et analyses factorielles confirmatoires (AFC) conduites sur les matrices de variance-covariance des items quantifiés en MET-minutes mettent en évidence plusieurs caractéristiques structurelles fondamentales :

  • Modèle tridimensionnel standard d’intensité : La structure la plus fréquemment répliquée repose sur trois facteurs de premier ordre corrélés : le facteur Activité Vigoureuse, le facteur Activité Modérée et le facteur Marche (considérée comme une intensité distincte, centrée autour de 3,3 METs). Les indices d’ajustement pour cette configuration tri-factorielle confirment une adéquation acceptable aux données : Comparative Fit Index (CFI) > 0,92, Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,90, et Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) compris entre 0,045 et 0,065.
  • Saturations factorielles des indicateurs : Les items d’intensité vigoureuse (ex. séances de sport cardio, levage de charges lourdes) présentent des saturations factorielles standardisées très fortes sur leur facteur dédié (λ = 0,72 à 0,88). Les items d’intensité modérée manifestent des saturations plus modérées (λ = 0,55 à 0,68), reflétant la perméabilité de ce construit avec les activités physiques spontanées de transport ou de loisir.
  • Modèle bifactoriel ou de second ordre : De nombreuses analyses confirment l’existence d’un facteur général d’engagement moteur (General Physical Activity Factor, expliquant 60 à 70 % de la variance commune totale), sur lequel s’adjoignent des facteurs spécifiques résiduels correspondant aux contextes comportementaux (loisirs versus travail versus déplacements).

Invariance de mesure

Les tests d’invariance de mesure multigroupes (configurale, métrique et scalaire) indiquent que la structure factorielle des questionnaires basés sur les METs demeure invariante à travers le sexe (hommes vs femmes). En revanche, l’invariance scalaire est fréquemment relâchée lorsqu’on compare des cohortes de jeunes adultes sains à des populations atteintes de pathologies chroniques (insuffisance cardiaque, BPCO, réhabilitation gériatrique). Pour un même stimulus comportemental décrit (ex. monter un escalier), le coût perçu et relatif en pourcentage de la capacité aérobie maximale est radicalement différent, ce qui modifie la structure de corrélation inter-items.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le système des Équivalents métaboliques de la tâche se déploie à travers une nomenclature standardisée de codification comportementale et des règles de cotation algorithmiques.

  • Type d’évaluation : Système taxinomique de cotation énergétique continue appliqué à l’observation clinique, au monitoring par carnet de bord et aux auto-questionnaires rétrospectifs standardisés.
  • Format : Nomenclature descriptive à 5 chiffres (dans le Compendium of Physical Activities) et algorithmes de pondération continue dans les questionnaires standardisés (IPAQ, GPAQ).
  • Nombre d’items / activités répertoriées : Le recueil de référence (Compendium d’Ainsworth et al., révision 2011/2024) recense plus de 821 codes d’activités spécifiques, classés en 21 rubriques contextuelles (sports, conditionnement physique, transport, danse, travaux domestiques, jardinage, tâches professionnelles, etc.).
  • Échelle de cotation et valeurs attribuées : Chaque comportement se voit affecter une valeur numérique de MET fixe, allant de 0,9 MET (sommeil) jusqu’à 23,0 METs (course de vitesse extrême à plus de 22,5 km/h).
  • Modalités de calcul et métriques dérivées :
    • MET-minute : Produit du score MET de l’activité par la durée en minutes : MET-minutes = MET × minutes d’engagement.
    • MET-heure : MET-heures = (MET × minutes) / 60.
    • Dépense calorique absolue estimée : Énergie (kcal) = METs × Poids corporel (kg) × Durée (heures).
    • Consommation d’oxygène absolue : &Vdot;O2 (mL/min) = METs × 3,5 × Masse corporelle (kg).
  • Catégories de classification clinique et comportementale :
    • Catégorie 1 (Faible activité / Sédentarité) : Moins de 600 MET-minutes par semaine.
    • Catégorie 2 (Activité modérée) : Entre 600 et 2 999 MET-minutes par semaine (seuil d’atteinte des recommandations minimales de santé publique).
    • Catégorie 3 (Activité élevée / Très active) : 3 000 MET-minutes par semaine ou plus (associée à un conditionnement cardiorespiratoire optimal).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Années de publication princeps et révisions : La formalisation majeure sous forme de compendium standardisé a été publiée en 1993 par Barbara E. Ainsworth et William L. Haskell. Des révisions et expansions majeures ont été publiées en 2000, 2011 et 2024. Les adaptations francophones et néerlandaises pour la réadaptation clinique ont été publiées par Luc Vanhees et ses collaborateurs à partir de 1999.
  • Statut des droits d’auteur et accessibilité : La taxinomie du Compendium of Physical Activities est un outil développé dans le cadre de recherches universitaires subventionnées par des fonds publics (notamment les National Institutes of Health [NIH] des États-Unis). Elle relève du domaine public pour les utilisations cliniques, éducatives et de recherche académique sans but lucratif.
  • Tarification : Accès entièrement gratuit (Open Access). Le site ressource officiel géré par les chercheurs et l’ACSM met à disposition les bases de données, les codes sources, les descriptions d’activités et les outils de conversion sans exiger de redevance financière.
  • Conditions d’utilisation commerciale : L’intégration de la table complète des METs dans des logiciels commerciaux propriétaires, des applications mobiles à abonnement payant ou des dispositifs électroniques d’entraînement commercialisés peut nécessiter une licence ou l’autorisation explicite des gestionnaires du Compendium.

12. Références / References

Ainsworth, B. E., Haskell, W. L., Leon, A. S., Jacobs, D. R., Jr., Montoye, H. J., Sallis, J. F., & Paffenbarger, R. S., Jr. (1993). Compendium of physical activities: Classification of energy costs of human physical activities. Medicine & Science in Sports & Exercise, 25(1), 71–80. https://doi.org/10.1249/00005768-199301000-00011

Ainsworth, B. E., Haskell, W. L., Whitt, M. C., Irwin, M. L., Swartz, A. M., Strath, S. J., O’Brien, W. L., Bassett, D. R., Jr., Schmitz, K. H., Emplaincourt, P. O., Jacobs, D. R., Jr., & Leon, A. S. (2000). Compendium of physical activities: An update of activity codes and MET intensities. Medicine & Science in Sports & Exercise, 32(9 Suppl), S498–S504. https://doi.org/10.1097/00005768-200009001-00009

Ainsworth, B. E., Haskell, W. L., Herrmann, S. D., Meckes, N., Bassett, D. R., Jr., Tudor-Locke, C., Greer, J. L., Vezina, J., Whitt-Glover, M. C., & Leon, A. S. (2011). 2011 Compendium of Physical Activities: A second update of codes and MET intensities. Medicine & Science in Sports & Exercise, 43(8), 1575–1581. https://doi.org/10.1249/MSS.0b013e31821ece12

Borg, G. (1998). Borg’s perceived exertion and pain scales. Human Kinetics.

Byrne, N. M., Hills, A. P., Hunter, G. R., Weinsier, R. L., & Schutz, Y. (2005). Metabolic equivalent: One size does not fit all. Journal of Applied Physiology, 99(3), 1112–1119. https://doi.org/10.1152/japplphysiol.00023.2004

Craig, C. L., Marshall, A. L., Sjöström, M., Bauman, A. E., Booth, M. L., Ainsworth, B. E., Pratt, M., Ekelund, U., Yngve, A., Sallis, J. F., & Oja, P. (2003). International Physical Activity Questionnaire: 12-country reliability and validity. Medicine & Science in Sports & Exercise, 35(8), 1381–1395. https://doi.org/10.1249/01.MSS.0000078924.61453.FB

Herrmann, S. D., Willis, E. A., Ainsworth, B. E., Barreira, T. V., Hutto, B., Whitt-Glover, M. C., & Tudor-Locke, C. (2024). 2024 Adult Compendium of Physical Activities: A third update of activity codes and MET values. Journal of Sport and Health Science, 13(1), 6–12. https://doi.org/10.1016/j.jshs.2023.10.005

Vanhees, L., Lefevre, J., Philippaerts, R., Martens, M., Huygens, W., Troosters, T., & Beunen, G. (2005). How to assess physical activity? How to assess physical fitness? European Journal of Cardiovascular Prevention & Rehabilitation, 12(2), 102–114. https://doi.org/10.1097/01.hjr.0000161551.73095.9c

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Identify the specific motor and daily activities performed or required by the patient and assign the corresponding MET (Metabolic Equivalent of Task) intensity value according to the standardized Ainsworth Compendium of Physical Activities to evaluate metabolic load and functional capacity.
Response Scale: Activity classification code and metabolic equivalent ratio (METs; where 1 MET = 3.5 mL O2·kg⁻¹·min⁻¹ resting metabolic rate)
1

Bicycling (e.g., stationary, leisure, racing)
2

Conditioning Exercise (e.g., aerobics, weight training, calisthenics)
3

Dancing (e.g., ballroom, aerobic, square dancing)
4

Fishing and Hunting
5

Home Activities (e.g., cleaning, cooking, child care)
6

Home Repair (e.g., carpentry, painting, plumbing)
7

Inactivity / Quiet (e.g., lying quietly, sitting quietly, sleeping)
8

Lawn and Garden (e.g., mowing lawn, gardening, raking)
9

Miscellaneous (e.g., board games, standing in line)
10

Music Playing (e.g., playing guitar, drums, piano)
11

Occupation (e.g., light office work, carpentry, heavy labor)
12

Running (e.g., jogging, running at specified mph)
13

Self Care (e.g., bathing, dressing, eating)
14

Sexual Activity
15

Sports (e.g., basketball, soccer, tennis, swimming)
16

Transportation (e.g., driving car, riding bus)
17

Walking (e.g., strolling, brisk walking, climbing stairs)
18

Water Activities (e.g., canoeing, water skiing, surfing)
19

Winter Activities (e.g., skiing, ice skating, sledding)
20

Religious Activities (e.g., sitting in church, standing, kneeling)
21

Volunteer Activities
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Looti, M. (2026, octobre 18). Équivalent métabolique de la tâche. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=equivalent-metabolique-de-la-tache
Looti, Mohammed. “Équivalent métabolique de la tâche.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=equivalent-metabolique-de-la-tache.
Looti, Mohammed. “Équivalent métabolique de la tâche.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=equivalent-metabolique-de-la-tache.