Entretien de Derogatis pour le fonctionnement sexuel

L’Entretien de Derogatis pour le fonctionnement sexuel (DISF/DISF-SR) est un instrument psychométrique multidimensionnel de 26 items évaluant le désir, l’excitation, l’orgasme et la satisfaction relationnelle.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Entretien de Derogatis pour le fonctionnement sexuel (en anglais, Derogatis Interview for Sexual Functioning ou DISF), ainsi que sa variante auto-administrée (DISF-SR), constituent une batterie d’évaluation psychométrique semi-structurée conçue pour mesurer de manière quantitative, standardisée et multidimensionnelle la qualité du fonctionnement sexuel actuel chez l’adulte. Élaboré par le psychopathologue et psychométricien américain Leonard R. Derogatis, l’instrument prend appui sur les postulats fondamentaux du modèle du cycle de la réponse sexuelle humaine introduit par William H. Masters et Virginia E. Johnson, tout en intégrant les dimensions cognitives, relationnelles et affectives de la sexualité contemporaine.

Le questionnaire comporte 26 items organisés selon cinq domaines fonctionnels majeurs : I. Cognition et fantasmes sexuels, II. Excitation sexuelle, III. Comportement et expérience sexuels, IV. Orgasme, et V. Désir sexuel et dynamique relationnelle. Chaque item est évalué sur une échelle de type Likert en 4 points ancrée sur une période temporelle récente. Deux versions distinctes et adaptées selon le genre existent pour les hommes et pour les femmes, reflétant les spécificités physiologiques et anatomiques de la réponse sexuelle tout en maintenant une métrique sous-jacente parfaitement équivalente.

Sur le plan métrologique, le DISF et le DISF-SR présentent des qualités psychométriques éprouvées dans de multiples contextes cliniques et épidémiologiques. La cohérence interne des sous-échelles est satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,74 et 0,80. La fidélité test-retest à un intervalle d’une semaine dépasse 0,80, tandis que l’accord inter-évaluateurs atteint des corrélations de 0,84 à 0,92. L’étalonnage repose sur des échantillons normatifs communautaires comprenant plusieurs centaines de participants des deux sexes, avec une standardisation novatrice sous forme de scores T de surface (area T-scores) garantissant une correspondance exacte avec les rangs percentiles. L’outil s’est révélé particulièrement sensible aux dysfonctions sexuelles induites par des pathologies médicales lourdes (telles que le cancer de la prostate traité par radiothérapie) et aux effets thérapeutiques pharmacologiques dans les essais cliniques randomisés.

2. Mots-clés / Keywords

Fonctionnement sexuel, DISF, DISF-SR, Leonard R. Derogatis, psychométrie, dysfonction sexuelle, cycle de la réponse sexuelle, échelle d’évaluation, entretien semi-structuré, scores T de surface, oncologie urologique, validité de construit.

3. Auteurs / Authors

L’inventaire a été conçu et validé par le Dr Leonard R. Derogatis, chercheur émérite et figure pionnière de la psychométrie clinique et de la médecine sexuelle comportementale.

  • Leonard R. Derogatis, Ph.D. : Président de Clinical Psychometric Research, Inc. ; Directeur du Centre de médecine sexuelle au sein du Sheppard Pratt Health System ; Professeur associé au Département de psychiatrie et des sciences comportementales de l’Université Johns Hopkins (Johns Hopkins University School of Medicine), Baltimore, Maryland, États-Unis.
  • Adresse institutionnelle de correspondance : Johns Hopkins Department of Psychiatry and Behavioral Sciences – Center for Sexual Medicine at Sheppard Pratt, Baltimore, MD 21285, États-Unis.
  • Courriel académique : [email protected]

4. Objectif / Purpose

Le développement de l’Entretien de Derogatis pour le fonctionnement sexuel (DISF) et de sa version auto-rapportée (DISF-SR) a été motivé par un constat clinique récurrent : l’absence, au sein de la littérature psychiatrique et sexologique, d’instruments de mesure brefs, sensibles, standardisés selon le genre et reposant sur des fondements psychométriques rigoureux pour évaluer l’intégrité de la fonction sexuelle. Historiquement, l’évaluation de la sexualité humaine oscillait entre des entretiens cliniques ouverts, riches sur le plan qualitatif mais dénués de fidélité métrologique, et des questionnaires unidimensionnels ciblant exclusivement un symptôme mécanique isolé, comme la dysfonction érectile masculine ou la dyspareunie féminine.

L’objectif premier du DISF est de fournir une estimation quantitative précise, fiable et valide de la qualité actuelle du fonctionnement sexuel individuel à travers plusieurs niveaux d’abstraction sémiotique et diagnostique :

  • Le niveau de l’item discret : Ce premier niveau permet au clinicien d’examiner des comportements ou des manifestations physiologiques très précises (par exemple, la présence d’une érection matinale au réveil, la lubrification vaginale lors des préliminaires, ou la capacité subjective à atteindre l’orgasme).
  • Le niveau du domaine fonctionnel : Les 26 items se regroupent en cinq dimensions spécifiques correspondant aux différentes étapes biopsychologiques de la sexualité (fantasmatique, excitation, expérience motrice, climax et composante motivationnelle/relationnelle). Ce niveau permet de dresser un profil des forces et des déficits spécifiques du patient.
  • Le niveau du score global de synthèse : Le score total DISF résume l’ensemble de la performance sexuelle de l’individu sur une échelle unique, utile pour quantifier la sévérité globale d’une dysfonction ou l’efficacité thérapeutique nette lors d’essais cliniques comparatifs.

Sur le plan des applications pratiques, le DISF/DISF-SR s’est imposé dans deux sphères majeures. En recherche clinique et pharmacologique, il sert d’indicateur principal ou secondaire d’efficacité (clinical outcome assessment) dans les protocoles évaluant les agents thérapeutiques pour les troubles de l’érection, l’éjaculation prématurée, les troubles de l’excitation féminine ou les effets secondaires sexuels des antidépresseurs (notamment les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, ISRS). En pratique clinique hospitalière et sexologique, l’outil facilite le dépistage systématique des dégradations de la fonction sexuelle consécutives à des interventions oncologiques lourdes (prostatectomie, radiothérapie pelvienne, hystérectomie) ou à des pathologies métaboliques et cardiovasculaires chroniques (diabète de type 2, athérosclérose).

De surcroît, la parallélisation rigoureuse entre la version administrée par le clinicien (DISF) et l’auto-questionnaire patient (DISF-SR) offre une flexibilité méthodologique incomparable, permettant d’effectuer des passations répétées sans biais d’apprentissage significatif et d’obtenir, le cas échéant, une évaluation hétéro-rapportée par le partenaire ou conjoint.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par le DISF repose sur la prémisse que la santé sexuelle ne se résume pas à l’absence de pathologie génitale, mais constitue un état dynamique multidimensionnel intégrant des dimensions cognitives, affectives, physiologiques et interpersonnelles. Le DISF structure ce méta-construit en cinq domaines primaires articulés autour de 26 items :

Domaine I : Cognition et fantasmes sexuels (Sexual Cognition/Fantasy)

Cette sous-échelle évalue la propension du sujet à générer et à entretenir une activité mentale érotique spontanée ou délibérée. Elle quantifie la fréquence, l’intensité et le caractère gratifiant des rêveries diurnes à caractère sexuel, des pensées érotiques anticipatrices et de la curiosité sexuelle. Sur le plan psychométrique, ce domaine explore le rôle de la programmation mentale interne en tant qu’initiateur psychologique du désir, distinguant les individus présentant une apathie sexuelle primaire de ceux dont le blocage s’exprime uniquement lors de la mise en acte physique.

Domaine II : Excitation sexuelle (Sexual Arousal)

Ce domaine mesure la réactivité somatosensorielle et neurovasculaire face à des stimuli érotiques externes ou internes. En raison des divergences anatomiques entre les sexes, les items sont calibrés selon le genre (gender-keyed) :

  • Chez l’homme : L’évaluation porte sur la rigidité érectile, la rapidité d’obtention de l’érection, la survenue d’érections nocturnes ou matinales spontanées, et la capacité à maintenir l’érection tout au long de l’interaction érotique.
  • Chez la femme : L’accent est mis sur la réactivité vasocongestive, notamment l’engorgement clitoridien et labial, l’abondance et la promptitude de la lubrification vaginale, ainsi que la sensation physique d’ouverture et de détente génitale facilitant le coït.

Domaine III : Comportement et expérience sexuels (Sexual Behavior/Experience)

Cette dimension s’attache à quantifier la fréquence des activités érotiques effectives, qu’elles soient solitaires (masturbation) ou dyadiques (rapports sexuels avec pénétration, préliminaires non coïtaux, sexe oral). Elle ne se limite pas à un simple inventaire comportemental : elle intègre également le degré de variété, le sentiment d’aisance corporelle et l’éventuelle survenue de sensations aversives, de douleurs ou d’évitement comportemental lors des rapports.

Domaine IV : Orgasme (Orgasm)

La sous-échelle de l’orgasme quantifie le point culminant du cycle de réponse sexuelle. Elle explore l’accessibilité de la décharge orgasmique, sa latence (rapidité d’atteinte du réflexe orgasmique, permettant d’objectiver l’éjaculation prématurée ou l’anorgasmie), la puissance subjective de la sensation de libération neuromusculaire et la satisfaction ressentie lors de la phase résolutive consécutive.

Domaine V : Désir sexuel et dynamique relationnelle (Sexual Drive/Relationship)

Ce domaine capture l’impulsion motivationnelle globale orientée vers la sexualité (l’appétence érotique fondamentale) en conjonction étroite avec le contexte affectif et relationnel dans lequel elle s’inscrit. Les items évaluent l’intensité du désir d’intimité, l’attirance éprouvée envers le partenaire, l’harmonie émotionnelle globale du couple et l’adéquation entre les attentes sexuelles individuelles et la réalité conjugale vécue.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle du DISF est directement ancrée dans l’évolution historique des modèles de la sexologie contemporaine. Son socle initial découle des travaux pionniers de William H. Masters et Virginia E. Johnson (1966), qui ont formalisé la physiologie de la sexualité humaine à travers le modèle classique du Cycle de la Réponse Sexuelle Humaine décomposé en quatre phases linéaires : l’Excitation (Excitement), le Plateau (Plateau), l’Orgasme (Orgasm) et la Résolution (Resolution).

Toutefois, Derogatis a reconnu les limitations de l’approche strictement biologique de Masters et Johnson, laquelle omettait le rôle moteur de la psyché et du contexte relationnel. Il a ainsi intégré les apports théoriques capitaux de la psychiatre et psychanalyste Helen Singer Kaplan (1974, 1979). Kaplan a introduit le modèle triphasique (Désir – Excitation – Orgasme), insistant sur le fait que le désir sexuel constitue une fonction autonome régulée par les centres limbiques cérébraux, totalement distincte des mécanismes vasomoteurs périphériques régissant l’excitation génitale. Le DISF s’aligne sur cette perspective en distinguant rigoureusement la sphère cognitive et fantasmatique (Domaine I), le moteur instinctuel et dyadique (Domaine V) et les réponses physiologiques d’excitation (Domaine II) et de décharge orgasmique (Domaine IV).

Sur le plan de la théorie de la mesure, Derogatis a développé le DISF sous l’égide du cadre unifié de la validité de construit théorisé par le psychométricien Samuel Messick (1995). Selon Messick, la validité d’une échelle ne repose pas sur une collection isolée de corrélations empiriques, mais sur la cohérence structurale globale entre les définitions opérationnelles des sous-échelles et le méta-construit psychologique supérieur qu’elles prétendent incarner. Derogatis a conçu le DISF pour satisfaire l’optimum théorique formulé par Messick : un système dans lequel les corrélations inter-domaines sont modérément basses (garantissant l’absence de redondance conceptuelle et la capture de variance propre par chaque sous-échelle), tandis que les corrélations entre chaque domaine et le score total sont élevées (confirmant que chaque facette contribue de façon substantielle au méta-construit de la qualité globale du fonctionnement sexuel).

7. Validité / Validity

Les études empiriques consacrées au DISF et au DISF-SR démontrent des propriétés de validité robustes, qu’il s’agisse de la validité de construit, de la validité discriminante ou de la validité prédictive en milieu médical spécialisé.

Validité structurale et inter-corrélations

Conformément aux recommandations de Messick (1995), Derogatis a analysé la matrice d’inter-corrélations des sous-tests et le vecteur de corrélation domaine-score total sur trois cohortes distinctes : deux échantillons d’individus asymptomatiques issus de la population générale (« normaux ») et un échantillon clinique de patients souffrant de dysfonctions sexuelles avérées. Les résultats mettent en évidence :

  • Des coefficients de corrélation inter-domaines moyens faibles à modérés, s’échelonnant entre r = 0,23 et r = 0,39, prouvant que les domaines ne constituent pas des doublons sémantiques et capturent une part substantielle de variance vraie indépendante.
  • Des corrélations moyennes entre chaque score de domaine et le score total du DISF particulièrement robustes, comprises entre r = 0,60 et r = 0,71 à travers les trois échantillons. Cette configuration corrobore l’hypothèse d’une mesure hiérarchique multidimensionnelle cohérente.

Validité discriminante et sensibilité clinique en oncologie

La validité clinique et la sensibilité diagnostique du DISF ont été validées de façon magistrale dans les travaux longitudinaux de Zinreich et ses collaborateurs (1990a, 1990b) auprès de patients masculins atteints d’un adénocarcinome prostatique devant subir une radiothérapie externe :

  • Capacité de dépistage pré-thérapeutique : Utilisé au moment du diagnostic initial dans un modèle de régression logistique prédisant la dysfonction érectile (avec une évaluation urologique et sexologique approfondie comme critère de référence ou gold standard), le DISF a affiché une sensibilité de 86 %, une spécificité de 80 % et une valeur prédictive positive (VPP) de 86 %.
  • Sensibilité aux changements post-thérapeutiques : Après radiothérapie, les patients ont été classés cliniquement en trois groupes fonctionnels : (a) pleinement fonctionnels, (b) marginalement fonctionnels, et (c) impuissants. Les scores moyens totaux au DISF ont démontré une différenciation statistique hautement significative entre les trois groupes, s’établissant respectivement à 48,2 pour le groupe totalement fonctionnel, 21,5 pour le groupe marginalement fonctionnel, et 14,0 pour le groupe présentant une impuissance complète (p < 0,001).

Ces données confirment l’exceptionnelle sensibilité de l’instrument aux dégradations iatrogènes de la fonction érectile et sa capacité à capturer fidèlement l’hétérogénéité des tableaux cliniques post-traitement.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la reproductibilité des mesures obtenues par le DISF et le DISF-SR indique un niveau de fidélité élevé, tant du point de vue de l’homogénéité interne que de la stabilité temporelle et de l’accord inter-juges.

  • Cohérence interne : Les coefficients alpha de Cronbach calculés pour les cinq sous-échelles du DISF et du DISF-SR se situent dans un intervalle compris entre 0,74 et 0,80. Ces valeurs témoignent d’une excellente cohésion entre les items composant chaque domaine, sans redondance excessive, ce qui est idéal pour des sous-échelles concises comptant entre 4 et 6 items chacune.
  • Stabilité temporelle (Fidélité test-retest) : Lors d’administrations répétées auprès de sujets stables à un intervalle d’une semaine (7 jours), les coefficients de corrélation test-retest ont tous dépassé le seuil de r = 0,80 pour l’ensemble des cinq domaines et pour le score total, attestant de la constance métrologique de l’instrument en l’absence de changement clinique.
  • Fidélité inter-évaluateurs : Dans le cadre de la passation de l’entretien semi-structuré (DISF) par des cliniciens indépendants évaluant les mêmes patients, les coefficients de corrélation inter-juges oscillent entre r = 0,84 et r = 0,92, démontrant que la standardisation du guide d’entretien limite de façon remarquable la subjectivité diagnostique de l’observateur.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La confirmation de la structure factorielle du DISF et du DISF-SR a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) initiales, suivies de modélisations en analyses factorielles confirmatoires (AFC) pour attester de l’invariance de mesure à travers les genres.

Les solutions factorielles dégagées corroborent l’existence de cinq facteurs de premier ordre correspondant rigoureusement aux cinq domaines théorisés par Derogatis :

  • Facteur 1 (Cognition/Fantasmes) : Regroupe les items liés à la vie imaginaire, aux représentations érotiques et à la fréquence des pulsions idéatoires, avec des saturations factorielles primaires variant généralement de 0,62 à 0,79.
  • Facteur 2 (Excitation) : Sature fortement sur les manifestations vasocongestives génitales (tumescence, rigidité érectile, lubrification vaginale), affichant des saturations situées entre 0,65 et 0,84.
  • Facteur 3 (Comportement/Expérience) : Isole la fréquence des rapports partagés, de la masturbation et le répertoire des pratiques sexuelles effectives (saturations de 0,58 à 0,74).
  • Facteur 4 (Orgasme) : Présente des saturations factorielles nettes et très élevées (0,71 à 0,88) sur les items relatifs à la survenue de l’acmé sexuelle, à la satisfaction post-orgasmique et au contrôle de l’éjaculation ou de la détente résolutive.
  • Facteur 5 (Désir/Relation) : Regroupe les items ciblant la libido de base, l’attirance pour le partenaire et la résonance conjugale affective (saturations de 0,55 à 0,76).

Les modèles d’équations structurelles confirmatoires confirment qu’un modèle hiérarchique comprenant ces cinq facteurs primaires chapeautés par un facteur général de second ordre (« Qualité globale du fonctionnement sexuel ») offre un ajustement statistique remarquable (RMSEA < 0,06 ; CFI > 0,93 ; TLI > 0,91), justifiant mathématiquement le calcul du score global DISF.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se caractérise par une méthodologie d’administration standardisée et un système de cotation normalisé particulièrement sophistiqué :

  • Type de test : Batterie psychométrique composée d’un entretien semi-structuré administré par un clinicien (DISF) et d’un inventaire auto-rapporté rigoureusement parallèle (DISF-SR). Une variante pour l’évaluation par le conjoint existe également.
  • Nombre d’items : 26 items pour chaque version. Les versions masculine et féminine comportent le même nombre d’items mais adaptent les formulations aux réalités anatomiques respectives (gender-keyed).
  • Format des réponses : Échelles de type Likert en 4 points (codées de 0 à 3 ou de 1 à 4 selon les normes de cotation), évaluant la fréquence, l’intensité ou la qualité perçue du fonctionnement sexuel au cours d’une période de référence récente définie (généralement les 30 derniers jours).
  • Temps de passation : Environ 15 à 20 minutes pour l’entretien clinique initial (DISF) ; 10 à 15 minutes pour l’auto-questionnaire (DISF-SR). La durée tend à diminuer lors des administrations de suivi séquentiel.
  • Système de cotation et étalonnage :
    • Calcul des scores bruts pour chacun des cinq domaines par sommation simple des items correspondants.
    • Calcul du score brut total DISF par sommation des cinq scores de domaine.
    • Transformation des scores bruts en scores T de surface (area T-scores) standardisés (moyenne = 50, écart-type = 10), établis séparément pour les hommes et les femmes à partir de plusieurs centaines de sujets tout-venant de la communauté.
    • Avantage fondamental des scores T de surface : Contrairement aux transformations linéaires classiques en scores T qui ne reflètent les percentiles que sous une hypothèse d’extrême normalité de distribution, les scores T de surface garantissent une correspondance stricte et invariante avec les centiles réels (un score T de 30 équivaut au 2e percentile, 40 au 16e, 50 au 50e, 60 au 84e, et 70 au 98e percentile).
  • Profils d’interprétation : Permet d’identifier immédiatement si le patient présente une altération homogène globale de la sexualité ou un déficit sélectif et focalisé sur un seul domaine (ex. excitation isolée préservant le désir et l’orgasme).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’inventaire DISF/DISF-SR et son manuel officiel de cotation ont été formalisés et publiés en 1996 par Leonard R. Derogatis.

  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : L’ensemble des versions du DISF et du DISF-SR (items, manuels, grilles de conversion en scores T de surface) sont protégées par le droit d’auteur international (copyright) et demeurent la propriété exclusive de Leonard R. Derogatis et de son organisme d’édition.
  • Distribution commerciale et licences : Les instruments sont distribués en exclusivité par Clinical Psychometric Research, Inc. (www.derogatis-tests.com).
  • Tarification : L’utilisation du DISF/DISF-SR requiert l’acquisition préalable d’une licence d’utilisation payante auprès de l’éditeur. Les tarifs varient selon l’usage envisagé : recherche académique subventionnée, pratique clinique libérale individuelle, ou essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique (avec tarification par sujet/passation).
  • Disponibilité linguistique : L’outil a fait l’objet de traductions et d’adaptations transculturelles officielles en anglais, français, espagnol, italien, néerlandais, danois et norvégien.

12. Références / References

Les sources académiques fondatrices et les publications validant le DISF et le DISF-SR sont répertoriées ci-dessous :

  • Derogatis, L. R. (1996). Derogatis Interview For Sexual Functioning (DISF/DISF-SR): Preliminary scoring, procedures & administration manual. Clinical Psychometric Research Inc.
  • Kaplan, H. S. (1974). The new sex therapy: Active treatment of sexual dysfunctions. Brunner/Mazel. https://doi.org/10.4324/9780203727409
  • Kaplan, H. S. (1979). Disorders of sexual desire and other new concepts and techniques in sex therapy. Brunner/Mazel.
  • Masters, W. H., & Johnson, V. E. (1966). Human sexual response. Little, Brown and Company.
  • Messick, S. (1995). Validity of psychological assessment: Validation of inferences from persons’ responses and performances as scientific inquiry into score meaning. American Psychologist, 50(9), 741–749. https://doi.org/10.1037/0003-066X.50.9.741
  • Zinreich, E., Derogatis, L. R., Herpst, J., Auvil, G., Piantodosi, S., & Order, S. E. (1990a). Pre- and posttreatment evaluation of sexual function in patients with adenocarcinoma of the prostate. International Journal of Radiation Oncology & Biological Physics, 19(3), 729–732. https://doi.org/10.1016/0360-3016(90)90497-6
  • Zinreich, E., Derogatis, L. R., Herpst, J., Auvil, G., Piantodosi, S., & Order, S. E. (1990b). Pretreatment evaluation of sexual function in patients with adenocarcinoma of the prostate. International Journal of Radiation Oncology & Biological Physics, 19(4), 1001–1004. https://doi.org/10.1016/0360-3016(90)90025-b

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Les items officiels composant l’Entretien de Derogatis pour le fonctionnement sexuel (DISF) et sa déclinaison auto-évaluée (DISF-SR) sont protégés par le droit d’auteur (copyright © Leonard R. Derogatis / Clinical Psychometric Research, Inc.) et ne peuvent faire l’objet d’une reproduction intégrale ou d’une diffusion publique sans l’accord explicite du titulaire des droits.

Avertissement : Ces items constituent un projet indicatif/brouillon basé sur la théorie de l’échelle et non la version officielle protégée par le droit d’auteur. Nous ne garantissons pas leur exactitude ni leur conformité totale avec la version originale.

Architecture of the 26 Assessment Items Across the 5 Functional Domains:

The scale consists of 26 items scored on 4-point Likert-type scales (ratings typically ranging from 0 to 3 or 1 to 4 reflecting frequency, degree of difficulty, or perceived quality). Gender-keyed versions adapt physiological descriptions for men and women.

Domain I: Sexual Cognition / Fantasy (Items 1 to 5)

  • Assessment of the frequency and nature of sexual daydreams, erotic thoughts, and anticipatory sexual imagery.
  • Measurement of spontaneous erotic interest and cognitive curiosity regarding sexual experiences.
  • Evaluation of the subjective pleasure derived from internal sexual fantasies.

Domain II: Sexual Arousal (Items 6 to 10)

  • Male version: Erection quality, promptness of erectile response to stimulation, spontaneous morning/nocturnal erections (e.g., « A full erection upon awakening »), and maintenance of erection during intimacy.
  • Female version: Vaginal lubrication, genital vasocongestion, clitoral/labial responsiveness, and physiological readiness for sexual intercourse.
  • Perception of emotional and somatic arousal congruence.

Domain III: Sexual Behavior / Experience (Items 11 to 16)

  • Frequency of dyadic sexual intercourse and consensual foreplay.
  • Frequency and comfort regarding solitary sexual behaviors (masturbation).
  • Breadth of sexual behaviors practiced, physical comfort, and freedom from pain or performance anxiety.

Domain IV: Orgasm (Items 17 to 21)

  • Capacity to achieve an orgasm during solitary and partnered sexual activities (e.g., « Your ability to have an orgasm »).
  • Subjective intensity, depth, and duration of orgasmic release.
  • Latency to climax, control over orgasmic timing, and post-orgasmic psychological contentment.

Domain V: Sexual Drive / Relationship (Items 22 to 26)

  • Baseline biological/psychological sexual drive (libido) and frequency of perceived desire.
  • Degree of emotional bonding, partner attraction, and affective intimacy.
  • Congruence between personal sexual expectations and current partner relationship dynamics.

To acquire the official, fully articulated 26 test questions, interview administration script, gender-specific forms, and standardized area T-score conversion tables, please contact Clinical Psychometric Research, Inc. directly.

★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 17). Entretien de Derogatis pour le fonctionnement sexuel. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=entretien-de-derogatis-pour-le-fonctionnement-sexuel
Looti, Mohammed. “Entretien de Derogatis pour le fonctionnement sexuel.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=entretien-de-derogatis-pour-le-fonctionnement-sexuel.
Looti, Mohammed. “Entretien de Derogatis pour le fonctionnement sexuel.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=entretien-de-derogatis-pour-le-fonctionnement-sexuel.