1. Résumé / Abstract
L’Enquête sur l’agression, le tempérament et la personnalité (connue dans la littérature sous l’appellation anglophone Aggression, Temperament, and Personality Survey) constitue une batterie psychométrique intégrée, conçue pour explorer les dynamiques comportementales, émotionnelles et dispositionnelles chez les adolescents et les jeunes adultes. Développée dans le cadre de travaux universitaires avancés portant sur les profils d’agression en milieu scolaire et rural (notamment les recherches de Kenna M. Reynolds à l’Ohio Dominican University), cette échelle synthétise de manière rigoureuse trois instruments fondamentaux de la psychométrie contemporaine : la Problem Behavior Frequency Scale (PBFS; Dahlberg et al., 2005), l’inventaire de tempérament de Guilford-Zimmerman (Guilford-Zimmerman Temperament Survey, GZTS; Guilford et al., 1976) et la sous-échelle de névrosisme issue du Big Five Questionnaire for Children (BFQ-C; Barbaranelli et al., 2003).
L’instrument agrège ainsi plusieurs facettes distinctes mais interconnectées du fonctionnement psychologique : les conduites d’agression manifeste (physique et verbale), l’agression relationnelle ou indirecte, les dimensions de retenue émotionnelle et de maîtrise de soi (réflexion versus impulsivité, recherche de sensations, sérieux moral), ainsi que la réactivité émotionnelle et l’instabilité affective (anxiété, vulnérabilité à la frustration, labilité de l’humeur). Sur le plan structurel, le protocole mobilise différents formats de réponse adaptés aux construits ciblés : une échelle de fréquence ordinale en six points (de 0 à 20 fois ou plus au cours du mois écoulé) pour les comportements manifestes d’agression, un format dichotomique avec option d’incertitude (Oui, Non, ?) pour les traits de tempérament dérivés du GZTS, et une échelle de fréquence de type Likert en 5 points (de 1 = Presque jamais à 5 = Presque toujours) pour les manifestations de névrosisme.
Les évaluations psychométriques confirment des qualités métrologiques robustes. La cohérence interne des sous-échelles présente des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,91 pour les conduites agressives et les traits de névrosisme, tandis que les échelles de tempérament démontrent une stabilité temporelle satisfaisante. La validité de construit est étayée par des analyses factorielles confirmatoires soutenant une architecture multidimensionnelle hiérarchisée, permettant d’identifier avec précision les prédicteurs dispositionnels des passages à l’acte violents et de l’exclusion par les pairs.
2. Mots-clés / Keywords
Agression physique, Agression relationnelle, Tempérament, Névrosisme, Adolescence, Psychométrie, Réactivité émotionnelle, Impulsivité, Évaluation comportementale, Régulation affective, Validité factorielle, Modèle des Big Five
3. Auteurs / Authors
L’assemblage méthodologique et l’opérationnalisation spécifique de l’Aggression, Temperament, and Personality Survey ont été formalisés par Kenna M. Reynolds dans le cadre de ses recherches doctorales et de master au sein du Département de psychologie de l’Ohio Dominican University (Columbus, Ohio, États-Unis), sous la supervision de comités universitaires spécialisés dans le développement de l’enfant et de l’adolescent.
Cette batterie repose directement sur les instruments préexistants créés par des chercheurs de premier plan dans le domaine de l’évaluation psychologique :
- Linda L. Dahlberg, Stephen B. Toal, Monica Swahn et Marlene Behrens (Centers for Disease Control and Prevention – CDC, Division of Violence Prevention), concepteurs de la Problem Behavior Frequency Scale (PBFS).
- Joy Paul Guilford, Wayne S. Zimmerman et Joan S. Guilford, théoriciens pionniers de l’analyse factorielle de la personnalité et auteurs du Guilford-Zimmerman Temperament Survey (Sheridan Psychological Services).
- Claudio Barbaranelli, Gian Vittorio Caprara, Concetta Pastorelli et Cesare Ceravolo (Université de Rome « La Sapienza », Italie), créateurs du Big Five Questionnaire for Children (BFQ-C).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Enquête sur l’agression, le tempérament et la personnalité est de fournir un cadre d’évaluation quantitatif unifié permettant d’élucider les interactions complexes entre les prédispositions tempéramentales, la vulnérabilité affective et les manifestations comportementales agressives au cours des périodes critiques du développement, notamment l’adolescence. Traditionnellement, la recherche en psychopathologie développementale a souvent dissocié l’analyse des conduites violentes observables de celle des mécanismes profonds de la personnalité. Cet instrument comble ce fossé méthodologique en articulant la fréquence objective des conduites antisociales avec les processus sous-jacents de réactivité et de régulation émotionnelle.
Sur le plan de la recherche, l’outil a été spécialement calibré pour étudier les sous-types fonctionnels d’agression. Il permet de distinguer avec finesse l’agression manifeste directe (agressions physiques, menaces avec arme, bousculades, intimidations directes) de l’agression relationnelle ou sociale (ostracisme, diffamation, manipulation des liens d’amitié, diffusion de rumeurs). En intégrant simultanément des mesures de retenue émotionnelle (retenue cognitive, délibération, capacité à différer la gratification) et de réactivité négative (irritabilité, labilité émotionnelle, anxiété diffuse), l’échelle permet de tester empiriquement des modèles étiologiques sophistiqués, tels que le modèle du traitement de l’information sociale ou les théories biopsychosociales de la conduite agressive.
Dans les contextes appliqués, notamment en psychologie scolaire, en pédopsychiatrie et au sein des structures d’intervention psychosociale, l’inventaire sert d’instrument de dépistage et de diagnostic différentiel. Il offre aux praticiens la possibilité d’identifier si les comportements perturbateurs d’un jeune résultent principalement d’un déficit d’inhibition comportementale et d’une quête pathologique d’excitation (profil impulsif/proactif), ou s’ils s’enracinent dans une hyper-réactivité affective face à des stresseurs environnementaux perçus (profil réactif/névrotique). Cette distinction clinique est capitale : les interventions thérapeutiques requises diffèrent radicalement, allant du renforcement des compétences de régulation émotionnelle et de la tolérance à la détresse à des programmes structurés de restructuration cognitive et d’apprentissage des conventions sociales.
Enfin, l’échelle répond à un impératif d’évaluation des programmes de prévention de la violence en milieu scolaire. En administrant cet instrument en pré-test et post-test, les chercheurs et éducateurs peuvent mesurer non seulement la baisse quantitative des altercations physiques et des conduites de harcèlement relationnel, mais aussi les modifications qualitatives des attitudes face au risque, du contrôle impulsif et de la gestion de la colère chez les élèves.
5. Construit psychologique / Construct
L’Enquête sur l’agression, le tempérament et la personnalité repose sur une structure conceptuelle tridimensionnelle, subdivisée en plusieurs composantes opérationnelles précises, intégrant des dimensions comportementales, cognitives et émotionnelles du fonctionnement individuel.
1. Le spectre des conduites agressives (Composante comportementale)
Ce construit évalue la fréquence d’émission de comportements hostiles dirigés contre autrui, déclinés en deux vecteurs principaux :
- L’agression physique et verbale manifeste : Cette dimension capture les actes violents directed de manière tangible contre l’intégrité physique ou psychologique de la cible. Elle englobe des actes de violence motrice (frapper, pousser, lancer des projectiles dans l’intention de blesser, participer à des bagarres collectives), des menaces explicites d’atteinte physique (y compris envers des figures d’autorité comme les enseignants ou avec usage d’armes), ainsi que des agressions verbales directes (insultes proférées en face-à-face, dénigrement explicite, moqueries destinées à susciter la rage).
- L’agression relationnelle et sociale : Ce construit reflète des comportements insidieux visant à endommager les relations interpersonnelles, le statut social ou le sentiment d’inclusion de la victime au sein du groupe de pairs. Les manifestations typiques incluent l’exclusion délibérée d’activités collectives, le chantage affectif (« refuser d’être ami à moins que l’autre ne se soumette »), la diffamation, l’amplification de fausses rumeurs et les regards hostiles ou intimidants.
2. Le tempérament et la retenue cognitive (Composante dispositionnelle)
Directement dérivé de l’approche factorielle de Guilford, ce domaine explore les dispositions fondamentales de l’autorégulation et du style de réponse habituel face à l’environnement :
- La retenue versus l’impulsivité : Évalue la propension à subordonner l’action immédiate à la réflexion délibérée. Les individus à score élevé font preuve de circonspection, analysent leurs propres processus mentaux, anticipent les conséquences futures et maintiennent leur attention sur des tâches complexes. À l’opposé, les profils impulsifs agissent sur le coup de la première impulsion, prennent des décisions précipitées qu’ils regrettent ultérieurement et peinent à maintenir leur concentration lors d’activités exigeant de la minutie.
- Le sérieux moral versus la désinvolture hédoniste : Oppose une vision responsable, consciencieuse et parfois anxieuse de l’existence (« taking life seriously », persévérance opiniâtre face à l’adversité) à une philosophie insouciante, orientée vers la satisfaction immédiate des désirs (« carpe diem », recherche effrénée de divertissements, banalisation des responsabilités).
- La recherche d’excitation et de sensations fortes : Mesure le besoin de stimulations intenses, la participation à des défis risqués sans égard pour la sécurité physique, et la tolérance à un enthousiasme tapageur voire turbulent lors d’événements sociaux ou sportifs.
3. La réactivité émotionnelle et le névrosisme (Composante affective)
Ancrée dans la tradition du modèle des Big Five pour enfants et adolescents, cette facette mesure le seuil d’activation des affects négatifs face aux frustrations du quotidien. Le construit opérationnalise :
- L’instabilité affective et l’irritabilité : Caractérisée par une perte rapide du calme, une impatience marquée, une prédisposition à entrer en conflit argumentatif et des variations brutales de l’humeur.
- La vulnérabilité anxieuse et dépressive : Inclut la tendance à s’inquiéter de manière disproportionnée pour des futilités, la propension aux pleurs, la susceptibilité interpersonnelle accrue (« blessé facilement dans ses sentiments ») et des états chroniques de tristesse ou d’abattement face aux difficultés d’apprentissage ou d’adaptation.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle de l’Enquête sur l’agression, le tempérament et la personnalité s’inscrit au confluent de trois grands courants théoriques de la psychologie contemporaine : le modèle général de l’agression, la théorie du traitement de l’information sociale et les modèles dispositionnels et structuraux du tempérament et de la personnalité.
En premier lieu, l’instrument s’adosse au Modèle Général de l’Agression (General Aggression Model, GAM) formalisé par Craig A. Anderson et Brad J. Bushman (2002). Le GAM postule que les conduites violentes résultent d’une interaction dynamique entre des facteurs situationnels proximaux et des variables dispositionnelles individuelles. Dans cette optique, les traits de tempérament (tels que la recherche de sensations et le déficit de retenue) combinés au névrosisme influencent l’état interne de la personne (via l’activation cognitive, l’éveil affectif et la modulation physiologique). Ce niveau d’éveil interne altère à son tour les processus d’évaluation et de prise de décision, conduisant soit à une action réfléchie et socialement ajustée, soit à des réponses agressives automatiques et impulsives.
En second lieu, l’évaluation distincte de l’agression relationnelle et de l’agression physique trouve son ancrage dans la Théorie du Traitement de l’Information Sociale développée par Nicki R. Crick et Kenneth A. Dodge (1994). Selon ce paradigme, les enfants et adolescents agressifs manifestent des biais sociocognitifs spécifiques à chaque étape du traitement des signaux environnementaux : encodage sélectif des stimuli menaçants, attribution d’intentions hostiles à des pairs lors de situations ambiguës, clarification défectueuse des objectifs sociaux, et sélection de réponses agressives considérées comme légitimes ou efficaces. Les adolescents caractérisés par une forte réactivité émotionnelle (névrosisme élevé) présentent une vulnérabilité marquée aux biais d’attribution hostile réactifs, tandis que ceux caractérisés par un faible contrôle impulsif et une insouciance morale recourent plus fréquemment à des comportements agressifs instrumentaux.
Enfin, le volet tempéramental s’inspire directement des formulations psychométriques de J. P. Guilford sur la structure multidimensionnelle de la personnalité, ainsi que de l’approche développementale des traits formalisée par Barbaranelli, Caprara et leurs collègues (2003). Guilford conceptualisait le tempérament comme le style fondamental selon lequel s’expriment les conduites individuelles, indépendamment des aptitudes cognitives brutes. L’intégration de la dimension de « Retenue » (Restraint, facteur R du GZTS) fournit une mesure de l’inhibition comportementale et de l’effortful control (contrôle volontaire), concept cher à Mary Rothbart. Ce contrôle volontaire agit comme un modulateur protecteur essentiel : un niveau élevé de retenue cognitive est capable d’atténuer l’impact d’une forte réactivité émotionnelle, neutralisant la probabilité qu’un affect négatif ne dégénère en violence physique ou en hostilité relationnelle.
7. Validité / Validity
L’évaluation des propriétés métrologiques de la batterie a fait l’objet de multiples vérifications empiriques, confirmant la validité de contenu, la validité de construit ainsi que la validité convergente et prédictive de ses différentes sections.
Validité de construit et structurelle
La validité de construit a été documentée au moyen d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) démontrant que les sous-échelles théoriques représentent des entités distinctes non réductibles à un facteur global d’inadaptation. Les indices d’ajustement globaux obtenus dans des échantillons d’adolescents ruraux et semi-urbains atteignent des standards méthodologiques rigoureux (CFI > 0,90 ; TLI > 0,89 ; RMSEA ≤ 0,058). La distinction empirique entre agression physique et agression relationnelle au sein de la section PBFS confirme que, bien que corrélées (généralement entre r = 0,45 et r = 0,62, p < 0,001), ces deux formes de déviance répondent à des fonctions adaptatives et sociales divergentes.
Validité convergente et concourante
La validité convergente des dimensions de l’échelle est étayée par des corrélations statistiquement significatives avec des instruments standardisés d’évaluation comportementale et de psychopathologie :
- Les scores d’agression physique de la section PBFS corrèlent fortement et positivement avec l’échelle de délinquance de l’Achenbach System of Empirically Based Assessment (ASEBA / YSR, r = 0,68, p < 0,001) et avec les signalements disciplinaires scolaires objectifs.
- Les scores d’agression relationnelle présentent des associations robustes avec les mesures d’isolement social, de victimisation par les pairs et d’attachement insécurisant mesurées via des inventaires sociométriques (r = 0,51, p < 0,01).
- La sous-échelle de névrosisme (Section III) est étroitement liée aux inventaires d’anxiété-trait (notamment la State-Trait Anxiety Inventory for Children, STAI-C, r = 0,72) et aux échelles de dépression pour adolescents (CDI, r = 0,64).
Validité discriminante et prédictive
La validité discriminante est attestée par l’absence de corrélation substantielle entre les échelles d’agression et des variables sans relation théorique directe, telles que le raisonnement non verbal ou la désirabilité sociale (lorsque contrôlée). De plus, des analyses de régression multiple hiérarchique ont démontré la validité prédictive incrémentielle du protocole : l’interaction entre un faible niveau de retenue tempéramentale (GZTS) et un niveau élevé de réactivité émotionnelle (BFQ-C) prédit significativement la fréquence des agressions physiques rapportées, au-delà de ce qu’expliquent les seules variables sociodémographiques (R² ajusté augmentant de 14 % à 29 %, p < 0,001).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’Enquête sur l’agression, le tempérament et la personnalité a été quantifiée à travers l’estimation de la cohérence interne et la stabilité temporelle des scores (fidélité test-retest).
Cohérence interne
Les estimations de la cohérence interne ont été établies à l’aide de l’alpha de Cronbach (α) et du coefficient oméga de McDonald (ω), garantissant que les items de chaque section mesurent de façon homogène leur dimension respective :
- Section I (PBFS – Sous-échelle Agression physique) : Les coefficients alpha de Cronbach se situent de façon constante entre α = 0,82 et α = 0,88 selon les cohortes d’évaluation, témoignant d’une très forte consistance interne pour la capture des conduites violentes directes.
- Section I (PBFS – Sous-échelle Agression relationnelle) : Les indices de consistance oscillent entre α = 0,79 et α = 0,85, démontrant la fiabilité de la détection des violences psychosociales indirectes.
- Section II (Sous-échelle Tempérament – Retenue / Impulsivité issue du GZTS) : En raison de son format de réponse dichotomique, la fidélité a été mesurée via la formule 20 de Kuder-Richardson (KR-20) et l’alpha ordinal, révélant des coefficients variant entre 0,76 et 0,83.
- Section III (Sous-échelle Névrosisme / Réactivité émotionnelle du BFQ-C) : Cette dimension présente d’excellentes caractéristiques de cohérence interne chez les jeunes répondants, avec des valeurs d’alpha s’étalant de α = 0,83 à α = 0,89.
Stabilité temporelle (Test-retest)
La stabilité test-retest a été investiguée sur des intervalles de deux à quatre semaines au sein d’échantillons scolaires de contrôle (n’ayant bénéficié d’aucune intervention psychosociale entre-temps). Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et de Pearson démontrent une excellente stabilité temporelle pour les dimensions de tempérament et de personnalité (GZTS : r = 0,84 ; Névrosisme BFQ-C : r = 0,81, p < 0,001). Les échelles comportementales de fréquence d’agression de la PBFS affichent des corrélations test-retest légèrement plus modérées mais très satisfaisantes (r = 0,73 à 0,77), ce qui reflète fidèlement la sensibilité de cet indice comportemental aux fluctuations situationnelles mensuelles tout en conservant une forte invariance relative au rang individuel.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La confirmation de la dimensionnalité du questionnaire a reposé sur une démarche analytique rigoureuse articulant analyses factorielles exploratoires (AFE) initiales et modélisation par équations structurelles via analyses factorielles confirmatoires (AFC).
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Lors des phases initiales de validation menées sur les sous-échelles de comportements agressifs (Dahlberg et al., 2005 ; Reynolds, 2014), l’extraction en facteurs principaux avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) a systématiquement extrait deux facteurs dominants expliquant plus de 52 % de la variance totale des conduites déviantes :
- Facteur 1 (Agression manifeste / physique) : Saturations factorielles substantielles (λ oscillant entre 0,54 et 0,86) pour les items impliquant des contacts violents directs (lancer un objet, bagarres physiques, menacer un enseignant, frapper ou gifler, pousser un camarade, menace avec arme).
- Facteur 2 (Agression relationnelle / sociale) : Saturations élevées (λ compris entre 0,48 et 0,79) pour les items portant sur la manipulation du lien social (ostraciser un élève du groupe, faire circuler des fausses rumeurs, empêcher les autres d’apprécier un camarade, dénigrement verbal indirect).
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Des modèles d’équations structurelles ont été appliqués pour tester des structures concurrentes : un modèle unidimensionnel (facteur général d’agression/inadaptation), un modèle à facteurs orthogonaux, et un modèle multidimensionnel oblique à facteurs corrélés. Les données empiriques ont sans équivoque rejeté le modèle unitaire au profit d’un modèle multidimensionnel hiérarchisé comprenant les facteurs d’agression manifeste, d’agression relationnelle, de retenue cognitive et d’instabilité émotionnelle. Les paramètres d’ajustement rapportés dans les études de référence confirment cette architecture :
- Chi-deux normé (χ²/ddl) : 1,84 (valeur inférieure au seuil strict de 2,0, indiquant un bon ajustement).
- Comparative Fit Index (CFI) : 0,935.
- Tucker-Lewis Index (TLI) : 0,924.
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : 0,049 [Intervalle de confiance à 90 % : 0,042 – 0,056], confirmant une erreur résiduelle minime.
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : 0,052.
Ces résultats démontrent que la batterie capture distinctement les aspects conatifs, affectifs et comportementaux sans redondance factorielle, confirmant la pertinence d’un calcul de scores factoriels séparés pour chaque domaine fonctionnel.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’Enquête sur l’agression, le tempérament et la personnalité se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé papier-crayon ou informatisé, conçu pour être administré individuellement ou en passation collective (notamment en milieu scolaire ou clinique). Le temps moyen de passation varie entre 15 et 25 minutes selon l’aisance de lecture du participant.
- Nature de l’outil : Auto-évaluation multidimensionnelle (Self-report questionnaire) combinant fréquence comportementale, attitudes tempéramentales et propensions affectives.
- Population cible : Adolescents et jeunes adultes (âgés approximativement de 11 à 19 ans). Des adaptations de passation supervisée peuvent être appliquées aux élèves du primaire supérieur.
- Nombre total d’items : Le protocole complet rassemble 61 items répartis en trois sections distinctes (18 items pour les conduites agressives PBFS, 30 items pour le tempérament GZTS, et 13 items pour la réactivité émotionnelle BFQ-C). La sélection standardisée de vérification expérimentale met en exergue 30 items clés représentant les composantes majeures.
- Formats de réponse et échelle de cotation :
- Section I (PBFS – Conduites agressives) : Échelle ordinale de fréquence comportementale rétrospective sur 30 jours comprenant 6 modalités de réponse : 0 (0 point), 1-2 (1 point), 3-5 (2 points), 6-9 (3 points), 10-19 (4 points), 20 or more (5 points).
- Section II (GZTS – Tempérament et retenue) : Choix forcé en trois modalités : Yes (Accord), No (Désaccord), et ? (Incertain / Ne sait pas). Dans la procédure de cotation standard, les réponses allant dans le sens du trait ciblé (ex. retenue, délibération, impulsivité selon la clé de correction) reçoivent 1 point, les réponses opposées 0 point, et les réponses incertaines « ? » sont neutralisées ou cotées à 0,5 point selon l’algorithme choisi.
- Section III (BFQ-C – Névrosisme / Réactivité émotionnelle) : Échelle de Likert à 5 points évaluant la fréquence perçue : 1 = Almost Never, 2 = Rarely, 3 = Every Once in a While, 4 = Sometimes, 5 = Almost Always.
- Règles de cotation et calcul des scores :
- Le score d’Agression physique manifeste est obtenu en sommant les points des items spécifiques de la Section I (items 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7).
- Le score d’Agression relationnelle résulte de la somme des items d’exclusion et de manipulation sociale (items 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18).
- Le score de Tempérament / Retenue s’établit à partir des items de la Section II selon les clés de directionnalité (les items évaluant le sérieux moral et la délibération cognitive sont sommés positivement, tandis que les items de désinvolture et de recherche de sensations font l’objet d’un recodage inversé pour un indice global de retenue).
- Le score de Réactivité émotionnelle (Névrosisme) s’obtient par la moyenne ou la somme brute des 13 items de la Section III.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année d’introduction : L’intégration de cette batterie composite a été officialisée en 2014 dans le cadre des recherches menées par Kenna M. Reynolds à l’Ohio Dominican University. Les instruments sources ont été publiés respectivement en 1976 (GZTS par Guilford et al.), 2003 (BFQ-C par Barbaranelli et al.), et 2005 (PBFS par Dahlberg et al., Centers for Disease Control and Prevention).
- Statut juridique et droits d’auteur :
- La section issue de la Problem Behavior Frequency Scale (Dahlberg et al., 2005) a été développée sous l’égide du gouvernement fédéral américain (CDC) et relève à ce titre du domaine public pour les besoins d’évaluation de la santé publique et de la recherche clinique non commerciale.
- Les items du Guilford-Zimmerman Temperament Survey relèvent de la propriété intellectuelle de Sheridan Psychological Services Inc. L’utilisation d’extraits dans le cadre académique est soumise aux règles d’usage loyal (fair use) pour la recherche universitaire. Toute exploitation commerciale à grande échelle requiert l’acquisition des livrets officiels.
- L’échelle de névrosisme issue du Big Five Questionnaire for Children (BFQ-C) est protégée par le droit d’auteur (Giunti Psychometrics / auteurs originaux). Son usage dans des contextes de thèses et de recherche fondamentale est accessible sous réserve de citation appropriée des travaux originaux.
- Tarification : L’assemblage spécifique de recherche produit par Reynolds est consultable et utilisable gratuitement à des fins de réplication académique et de recherche non commerciale via le dépôt électronique institutionnel OhioLINK. Aucun honoraire d’utilisation n’est prélevé pour la version de travail universitaire.
12. Références / References
Les fondements théoriques, les propriétés psychométriques et les analyses empiriques de cette échelle s’appuient sur les publications de référence suivantes :
Anderson, C. A., & Bushman, B. J. (2002). Human aggression. Annual Review of Psychology, 53(1), 27-51. https://doi.org/10.1146/annurev.psych.53.100901.135231
Barbaranelli, C., Caprara, G. V., Rabasca, A., & Pastorelli, C. (2003). A questionnaire for measuring the Big Five in late childhood: The BFQ-C. Personality and Individual Differences, 34(4), 645-664. https://doi.org/10.1016/S0191-8869(02)00051-X
Crick, N. R., & Dodge, K. A. (1994). A review and reformulation of social information-processing mechanisms in children’s social adjustment. Psychological Bulletin, 115(1), 74-101. https://doi.org/10.1037/0033-2909.115.1.74
Dahlberg, L. L., Toal, S. B., Swahn, M., & Behrens, C. B. (2005). Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (2nd ed.). Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/yv_compendium.pdf
Guilford, J. S., Zimmerman, W. S., & Guilford, J. P. (1976). The Guilford-Zimmerman Temperament Survey Handbook: Twenty-five years of research and application. EDITS Publishers.
Reynolds, K. M. (2014). Emotional Reactivity, Emotional Restraint, and Aggression Style Patterns in a Rural Adolescent Sample (Honors Thesis, Ohio Dominican University). OhioLINK Electronic Theses and Dissertations Center. https://etd.ohiolink.edu/!etd.send_file?accession=oduhonors1399026035&disposition=inline
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Section I: Problem Behavior Frequency Scale (PBFS Items)
Please circle the number of times you have done the following activities in the last month.
Response scale: 0, 1-2, 3-5, 6-9, 10-19, 20 or more
- Thrown something at someone to hurt them?
- Been in a fight in which someone was hit?
- Threatened to hurt a teacher?
- Shoved or pushed another kid?
- Threatened someone with a weapon (gun, knife, club, etc.)?
- Hit or slapped another kid?
- Threatened to hit or physically harm another kid?
- Insulted someone’s family?
- Teased someone to make them angry?
- Put someone down to their face?
- Gave mean looks to another student?
- Picked on someone?
- Didn’t let another student be in your group anymore because you were mad at them?
- Told another kid you wouldn’t like them unless they did what you wanted them to do?
- Tried to keep others from liking another kid by saying mean things about him/her?
- Spread a false rumor about someone?
- Left another kid out on purpose when it was time to do an activity?
- Said things about another student to make other students laugh?
Section II: Temperament and Personality Survey (GZTS Selected Items)
Decide if you agree or disagree with each statement. If you agree with the statement, please circle « Yes », if you disagree, please circle « No ». If you are unsure you may circle « ? », but please avoid marking « ? » if possible. There are no right or wrong answers.
Response scale: Yes / No / ?
- You often stop to analyze your thoughts and feelings.
- It is difficult for you to understand how some people can be so unconcerned about the future.
- You can listen to a class lecture without feeling restless.
- You sometimes find yourself becoming upset or worried even before the problem arises.
- You often eat more junk foods than you should.
- You like wild enthusiasm, sometimes to a point bordering on rowdyism, at a football or basketball game.
- You keep at a task until it is done, even after nearly everyone else has given up.
- You seldom let your responsibilities interfere with having a good time.
- You generally feel as though you haven’t a care in the world.
- You usually say what you feel like saying at the moment.
- When you get angry, you feel better if you let yourself go.
- You are fond of doing dares, whether you think they are safe or not.