1. Résumé / Abstract
L’Enquête sur la régulation émotionnelle contextualisée pour adolescents (Contextualized Emotion Regulation Survey for Adolescents [CERSA] ; Fombouchet, Lannegrand, & Lucenet, 2023) constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer de manière fine et écologique les stratégies et les capacités de régulation émotionnelle chez les adolescents âgés de 12 à 19 ans. Contrairement aux outils traditionnels évaluant la régulation comme une disposition générale et indépendante du contexte, le CERSA saisit l’ajustement émotionnel au sein de trois contextes émotionnels négatifs distincts : la tristesse, la peur et la colère. L’échelle évalue à la fois les processus extrinsèques et intrinsèques intervenant dans la surveillance, l’évaluation et la modification des réactions émotionnelles, en s’inspirant des modélisations processuelles contemporaines et d’outils contextualisés tels que le Negative Emotion Regulation Inventory (NERI ; Zimmermann & Iwanski, 2014).
Dans sa version intégrale de 81 items, le CERSA appréhende sept dimensions fondamentales : la distraction, la réévaluation cognitive, la suppression expressive, la recherche de soutien social, la rumination, le contrôle de l’expérience et la dérégulation. Chaque situation émotionnelle est introduite par l’évaluation de son occurrence préalable (échelle de Likert en 3 points) et de l’intensité ressentie (échelle de Likert en 7 points). Les items portant sur les stratégies et les compétences sont quant à eux évalués via des échelles de Likert respectives en 7 points (« Pas du tout comme ça » à « Totalement comme ça » ; « Pas du tout comme moi » à « Totalement comme moi »). Les analyses factorielles confirmatoires menées auprès d’un échantillon représentatif de collégiens et lycéens français démontrent un ajustement satisfaisant du modèle heptafactoriel pour chacune des émotions (CFI > .95 ; RMSEA < .05), une consistance interne robuste (coefficients oméga de McDonald oscillant entre .827 et .916) ainsi qu’une stricte invariance de mesure selon le genre.
2. Mots-clés / Keywords
Régulation émotionnelle, Stratégies de régulation, Capacités émotionnelles, Adolescence, Contexte émotionnel, Distraction, Réévaluation cognitive, Rumination, Suppression expressive, Recherche de soutien, Dérégulation, Psychométrie, Invariance de mesure
3. Auteurs / Authors
Le CERSA a été développé et validé par une équipe de chercheurs en psychologie du développement et psychométrie de l’Université de Bordeaux :
- Yoann Fombouchet : Laboratoire de Psychologie (LabPsy, UR 4139), Université de Bordeaux, France. Identifiant ORCID : 0000-0002-3018-6331. Adresse de correspondance : Université de Bordeaux, Laboratoire de Psychologie, 3 ter place de la Victoire, 33076 Bordeaux Cedex, France. Courriel académique : [email protected].
- Lyda Lannegrand : Professeure des Universités en psychologie du développement, Laboratoire de Psychologie (LabPsy, UR 4139), Université de Bordeaux, France. Identifiant ORCID : 0000-0002-6388-4806.
- Joanna Lucenet : Maîtresse de conférences en psychologie du développement, Laboratoire de Psychologie (LabPsy, UR 4139), Université de Bordeaux, France.
4. Objectif / Purpose
Le Contextualized Emotion Regulation Survey for Adolescents (CERSA) a été élaboré pour pallier une limite majeure des instruments d’évaluation de la régulation émotionnelle chez les adolescents : la sous-estimation de la variabilité contextuelle. Historiquement, la majorité des inventaires psychométriques évaluent les stratégies de régulation sous forme de traits dispositionnels statiques (par exemple, la tendance générale à réévaluer ou à réprimer l’expression émotionnelle). Or, les avancées théoriques en psychologie du développement et en psychopathologie développementale ont mis en lumière le fait que l’efficacité, la sélection et l’exécution d’une stratégie régulatrice dépendent intrinsèquement de la nature de l’émotion déclenchée, de sa valence, de sa fonction adaptative et du niveau d’activation physiologique induit.
L’objectif premier du CERSA est donc de fournir une mesure standardisée, sensible et discriminante des mécanismes régulateurs spécifiquement mis en œuvre lors de situations induisant trois grandes émotions discrètes négatives : la tristesse, la peur et la colère. En distinguant ces trois registres affectifs, l’outil permet d’observer la flexibilité régulatrice d’un individu, c’est-à-dire sa capacité à moduler son répertoire stratégique en fonction des contraintes et des caractéristiques de l’état émotionnel vécu. La tristesse implique classiquement un ralentissement comportemental et un besoin de consolation ou de retrait ; la peur déclenche un besoin impérieux de sécurité et d’évitement de la menace ; la colère appelle une mobilisation d’énergie orientée vers l’action ou la confrontation. L’universalisation d’un profil régulateur unique occulte ces spécificités fonctionnelles.
Sur le plan des applications cliniques et de recherche, le CERSA répond à plusieurs impératifs majeurs :
- Évaluation psychopathologique développementale : L’adolescence est une période de vulnérabilité accrue caractérisée par une réactivité émotionnelle amplifiée sous l’effet des remaniements neurodéveloppementaux limbiques et d’un contrôle préfrontal en cours de maturation. Le CERSA permet d’identifier si les déficits de régulation sont généralisés à l’ensemble du système affectif ou restreints à des registres particuliers (par exemple, une prédominance de la rumination en contexte de tristesse prédisposant aux troubles dépressifs, ou une dérégulation explosive face à la colère associée aux troubles du comportement extériorisé).
- Guidage des interventions psychothérapeutiques : En clinique infanto-juvénile, l’utilisation du CERSA affine le ciblage thérapeutique au sein des approches cognitivo-comportementales (TCC), dialectiques (DBT-A) ou émotionnelles. Les praticiens peuvent déterminer précisément si le travail doit porter sur l’acquisition de compétences de réévaluation, la diversification des stratégies alternatives à la suppression expressive, ou l’atténuation des réponses de dérégulation.
- Recherche translationnelle : L’outil autorise une modélisation fine de la dynamique temporelle et fonctionnelle de la régulation chez les jeunes scolarisés, en offrant un profil multidimensionnel intégrant fréquence d’exposition, intensité ressentie, répertoire de stratégies concrètes et sentiment d’auto-efficacité quant aux capacités déployées.
5. Construit psychologique / Construct
Le CERSA repose sur une conceptualisation multidimensionnelle de la régulation émotionnelle, intégrant à la fois les stratégies de régulation (les opérations cognitives et comportementales délibérées ou automatiques mobilisées pour modifier la trajectoire émotionnelle) et les capacités perçues (le sentiment de compétence et d’efficacité régulatrice). Ces dimensions sont articulées à travers les trois contextes émotionnels que sont la tristesse, la peur et la colère. L’architecture du CERSA comporte sept sous-échelles distinctes :
1. La distraction (Distraction)
Cette dimension renvoie au détournement actif de l’attention hors du stimulus générateur d’affect ou de l’état émotionnel interne vers des stimuli neutres ou positifs (ex. s’engager dans une activité ludique, écouter de la musique, se focaliser sur une autre tâche). En contexte de détresse aiguë, la distraction constitue une stratégie de désengagement attentionnel précoce hautement fonctionnelle pour tempérer l’hyperactivation neurovégétative.
2. La réévaluation cognitive (Reappraisal)
Ancrée dans la tradition des modèles cognitifs de l’émotion, la réévaluation correspond à la reformulation de la signification attribuée à un événement afin d’en atténuer l’impact émotionnel aversif ou d’en dégager des aspects formateurs et constructifs. Par exemple, face à une situation anxiogène ou triste, l’adolescent relativise la gravité des conséquences ou réinterprète les intentions perçues d’autrui.
3. La suppression expressive (Expressive Suppression)
Cette stratégie comportementale vise à masquer, inhiber ou étouffer l’extériorisation corporelle, faciale ou verbale de l’état émotionnel ressenti. Si elle permet temporairement de préserver l’image sociale ou d’éviter un conflit immédiat, sa mobilisation chronique et rigide est reconnue pour être énergivore sur le plan cognitif et délétère pour le bien-être psychologique.
4. La recherche de soutien social (Support Seeking)
Il s’agit d’une composante essentielle de la régulation interpersonnelle et extrinsèque, par laquelle l’adolescent sollicite la proximité, les conseils, l’écoute empathique ou l’aide concrète de tiers significatifs (pairs, parents, éducateurs). Cette recherche permet de co-réguler l’affect négatif et d’accéder à des perspectives externes d’apaisement.
5. La rumination (Rumination)
Considérée comme une stratégie cognitive généralement inadaptée, la rumination implique une focalisation passive, répétitive et circulaire de l’attention sur les causes, les symptômes et les implications négatives de l’état émotionnel, sans engagement actif dans la résolution de problèmes. En contexte de tristesse ou de colère, elle entretient la détresse et prolonge l’épisode affectif.
6. Le contrôle de l’expérience (Controlling Experience)
Cette dimension mesure les tentatives directes d’exercer une emprise volontaire sur le vécu affectif subjectif, afin de maîtriser l’invasion psychique de l’émotion. Elle capture l’effort consenti par le sujet pour ne pas se laisser submerger de l’intérieur par le flot affectif généré par la peur, la tristesse ou l’irritation.
7. La dérégulation (Dysregulation)
La dérégulation traduit la faillite ou la rupture des mécanismes d’autorégulation, aboutissant à des débordements émotionnels incontrôlés, à des décharges impulsives ou à un sentiment d’impuissance totale face à l’intensité de l’affect. Cette échelle opérationnalise l’échec fonctionnel de l’adaptation émotionnelle dans la situation vécue.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement du CERSA s’inscrit au carrefour de deux cadres paradigmatiques majeurs : le modèle processuel de la régulation émotionnelle développé par James J. Gross (1998, 2015) et l’approche contextualiste et fonctionnelle du développement affectif défendue par des auteurs tels que Zimmermann et Iwanski (2014) dans le cadre du Negative Emotion Regulation Inventory (NERI).
Le modèle processuel étendu de Gross
Selon la conceptualisation de Gross, l’émotion émerge d’une séquence itérative continue comprenant la situation, l’attention portée à cette situation, l’évaluation de sa signification par rapport aux buts personnels de l’individu, et la génération de réponses émotionnelles coordonnées (aux niveaux expérientiel, physiologique et comportemental). La régulation intervient à différents stades de cette dynamique :
- Les stratégies antécédentes interviennent en amont de la pleine activation de la réponse émotionnelle (déploiement attentionnel via la distraction ; modification cognitive via la réévaluation).
- Les stratégies conséquentes ou centrées sur la réponse s’activent lorsque l’émotion est déjà installée (modulation de la réponse motrice ou physiologique via la suppression expressive ou le contrôle de l’expérience).
Le CERSA intègre ces distinctions fondamentales tout en dépassant leur opérationnalisation classique sous forme de traits généraux, considérant que le statut « adaptatif » d’une stratégie n’est pas fixe mais relatif aux contraintes de la situation.
L’approche fonctionnelle et contextuelle
Les théories fonctionnalistes des émotions (Frijda, Campos, Izard) postulent que chaque émotion discrète possède une signature phylogénétique et ontogénétique propre, orientée vers des fonctions de survie et d’adaptation sociale spécifiques. La tristesse signale la perte d’un but ou d’un lien d’attachement, facilitant le repli sur soi et l’appel à la bienveillance d’autrui ; la peur alerte face à un danger imminent et prépare à la fuite ou à l’évitement ; la colère dénonce la violation d’un droit ou un obstacle à l’accomplissement d’un objectif, mobilisant l’agressivité défensive ou l’affirmation de soi.
En conséquence, réguler la tristesse n’implique ni les mêmes besoins cognitifs ni les mêmes leviers relationnels que réguler une fureur naissante ou une panique aiguë. Zimmermann et Iwanski (2014) ont démontré que les adolescents modifient substantiellement la fréquence et l’efficacité de leurs stratégies selon l’émotion mise en jeu. Le CERSA s’appuie sur ces fondements pour opérationnaliser la mesure au niveau granulaire des émotions discrètes, enrichissant le champ francophone d’un outil adapté à la complexité des parcours de socialisation émotionnelle durant l’adolescence.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique du CERSA a fait l’objet d’évaluations rigoureuses auprès d’un échantillon normatif composé de collégiens et de lycéens français scolarisés, âgés de 12 à 19 ans.
Validité de construit et validité convergente
La validité de construit du CERSA a été documentée par l’examen de ses relations empiriques avec le Cognitive Emotion Regulation Questionnaire (CERQ ; Garnefski et al., 2001), l’une des mesures de référence dans le champ des stratégies cognitives d’adaptation. Les analyses corrélationnelles rapportées par Fombouchet et al. (2023) confirment que :
- Les échelles de stratégies cognitives du CERSA (telles que la réévaluation et la rumination) présentent des corrélations modérées à fortes, congruentes avec les attendus théoriques, avec les sous-échelles correspondantes du CERQ dans l’ensemble des contextes émotionnels évalués (tristesse, peur et colère).
- Des variations systématiques de la taille d’effet ont été constatées selon les contextes émotionnels, démontrant que l’association entre les stratégies cognitives dispositionnelles (mesurées par le CERQ) et les stratégies contextualisées (capturées par le CERSA) n’est pas univoque. Cette divergence partielle fournit une preuve éclatante de la valeur ajoutée du CERSA, qui ne se réduit pas à une redite des traits cognitifs globaux mais saisit la variabilité situationnelle propre à chaque affect négatif.
Validité de contenu et d’adaptation développementale
La formulation des items et la sélection des scénarios d’induction rétrospective ont été soigneusement étalonnées afin de correspondre aux réalités quotidiennes vécues par les adolescents en milieu scolaire et familial. Les indices d’intensité émotionnelle collectés en amont confirment que les situations sélectionnées mobilisent un niveau d’affect négatif cliniquement et statistiquement représentatif chez les jeunes participants.
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la consistance interne du CERSA a été menée au moyen du coefficient oméga de McDonald (ω), reconnu pour sa robustesse supérieure au coefficient alpha de Cronbach face aux écarts de tau-équivalence.
Les indices de fiabilité mesurés pour les sept dimensions à travers chacune des situations émotionnelles révèlent des qualités métrologiques allant de bonnes à excellentes :
- Situations de tristesse : Le coefficient oméga (ω) oscille entre .827 et .916 selon les sous-échelles.
- Situations de peur : Le coefficient oméga (ω) oscille entre .830 et .892.
- Situations de colère : Le coefficient oméga (ω) s’étend de .830 à .908.
Ces coefficients élevés attestent que les 81 items originaux (et la version optimisée issue de l’analyse factorielle) offrent une précision de mesure remarquable et une homogénéité interne exemplaire au sein de chaque pôle factoriel, minimisant considérablement la variance d’erreur de mesure lors de l’administration collective ou individuelle.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle du CERSA a été testée par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) indépendantes conduites pour chacune des trois situations émotionnelles (tristesse, peur, colère), en prenant pour hypothèse un modèle théorique à sept facteurs corrélés (Distraction, Réévaluation cognitive, Suppression expressive, Recherche de soutien, Rumination, Contrôle de l’expérience, Dérégulation).
Ajustement structurel par contexte émotionnel
Après l’élimination d’un item peu discriminant au sein du facteur de distraction (réduisant le nombre d’items analysés), le modèle heptafactoriel a démontré une adéquation statistique remarquable aux données empiriques dans les trois conditions d’évaluation :
- Situation de Tristesse :
- Chi-carré : $\chi^2(303) = 764.865$, $p < .001$
- Rapport Chi-carré/degrés de liberté : $\chi^2/df = 2.524$
- Comparative Fit Index (CFI) : .955
- Tucker-Lewis Index (TLI) : .950
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : .047 [IC à 90% : .042 – .051]
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : .049
- Situation de Peur :
- Chi-carré : $\chi^2(303) = 778.494$, $p < .001$
- Rapport Chi-carré/degrés de liberté : $\chi^2/df = 2.569$
- Comparative Fit Index (CFI) : .952
- Tucker-Lewis Index (TLI) : .947
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : .048 [IC à 90% : .044 – .052]
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : .049
- Situation de Colère :
- Chi-carré : $\chi^2(303) = 684.902$, $p < .001$
- Rapport Chi-carré/degrés de liberté : $\chi^2/df = 2.260$
- Comparative Fit Index (CFI) : .962
- Tucker-Lewis Index (TLI) : .957
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : .044 [IC à 90% : .040 – .048]
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : .046
Tous les indices d’ajustement surpassent largement les seuils conventionnels préconisés par Hu et Bentler (CFI et TLI $ge .95$, RMSEA et SRMR $le .05$), validant la robustesse du modèle à 7 dimensions dans chaque contexte affectif.
Invariance de mesure à travers le genre
Les auteurs ont soumis le modèle heptafactoriel à des tests d’invariance de mesure multigroupe pour comparer les participants masculins et féminins. Les résultats confirment l’établissement successif :
- De l’invariance métrique (poids factoriels équivalents entre garçons et filles),
- De l’invariance scalaire (constantes/seuils des items équivalents entre les genres),
- De l’invariance stricte (variances résiduelles équivalentes).
Ces éléments méthodologiques cruciaux garantissent que les différences observées entre genres sur les scores moyens du CERSA reflètent de réelles variations psychologiques et non des biais de mesure inhérents à l’instrumentation.
10. Instrument de mesure / Instrument
Le CERSA se présente sous une forme standardisée optimisée pour l’évaluation collective ou individuelle :
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation / Inventaire psychométrique contextualisé.
- Support d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée équivalente.
- Population ciblée : Adolescents et jeunes scolarisés, de la classe de 6e aux études supérieures (tranche d’âge principale : 12-19 ans ; validité applicable à l’adolescence et l’entrée dans l’âge adulte).
- Nombre total d’items : 81 items dans la version de validation initiale complète, répartis sur les 3 situations inductrices.
- Structure des contextes émotionnels : Trois blocs thématiques distincts : (1) Tristesse, (2) Peur, (3) Colère.
- Échelles de réponse intégrées :
- Évaluation de l’occurrence de la situation : Échelle ordinale en 3 points (jamais, une fois, plusieurs fois).
- Intensité de l’émotion vécue : Échelle de type Likert en 7 points allant de 1 (« pas du tout ») à 7 (« vraiment intense »).
- Items relatifs aux stratégies : Échelle de type Likert en 7 points allant de 1 (« Not at all like that » / « Pas du tout comme ça ») à 7 (« Totally like that » / « Totalement comme ça »).
- Items relatifs aux capacités perçues : Échelle de type Likert en 7 points allant de 1 (« Not like me at all » / « Pas du tout comme moi ») à 7 (« Totally like me » / « Totalement comme moi »).
- Cotation : Calcul de moyennes dimensionnelles ou de scores sommés pour chaque sous-échelle (Distraction, Réévaluation, Suppression expressive, Recherche de soutien, Rumination, Contrôle de l’expérience, Dérégulation), calculés séparément pour chaque émotion déclenchante afin d’obtenir un profil contextuel exhaustif.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication : 2023.
- Frais d’utilisation (Fee) : Gratuit pour les contextes de recherche académique et d’enseignement (aucun coût financier).
- Permissions et droits d’auteur : L’instrument complet est soumis aux règles de protection du droit d’auteur. Les chercheurs et cliniciens souhaitant obtenir le protocole complet, les grilles de cotation détaillées ou l’autorisation de reproduire l’outil à des fins d’investigation scientifique doivent adresser une demande formelle à l’auteur correspondant : Yoann Fombouchet ([email protected]), Université de Bordeaux, UR 4139 LabPsy.
12. Références / References
- Fombouchet, Y., Lannegrand, L., & Lucenet, J. (2023). The Contextualized Emotion Regulation Survey for Adolescents (CERSA): How does emotion regulation vary according to context? British Journal of Developmental Psychology, 41(3), 306–323. https://doi.org/10.1111/bjdp.12450
- Garnefski, N., Kraaij, V., & Spinhoven, P. (2001). Negative life events, cognitive emotion regulation and emotional problems. Personality and Individual Differences, 30(8), 1311–1327. https://doi.org/10.1016/S0191-8869(00)00113-6
- Gross, J. J. (1998). The emerging field of emotion regulation: An integrative review. Review of General Psychology, 2(3), 271–299. https://doi.org/10.1037/1089-2680.2.3.271
- Gross, J. J. (2015). Emotion regulation: Current status and future prospects. Psychological Inquiry, 26(1), 1–26. https://doi.org/10.1080/1047840X.2014.940781
- Zimmermann, P., & Iwanski, A. (2014). Emotion regulation from early adolescence to emerging adulthood and its relationship to depressive symptoms: Studies using the Negative Emotion Regulation Inventory (NERI). European Journal of Developmental Psychology, 11(2), 226–244. https://doi.org/10.1080/17405629.2013.804368
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items officiels du Contextualized Emotion Regulation Survey for Adolescents (CERSA) constituent un ensemble standardisé protégé par le droit d’auteur. Conformément aux dispositions déontologiques et éditoriales, l’intégralité du texte des 81 items originaux n’est pas reproduite publiquement dans le domaine ouvert sans autorisation des détenteurs des droits.
Administration and Contexts:
The CERSA is administered via paper. After each of the three presented situations (sadness, fear, and anger), adolescents are asked to indicate if they have experienced it on a 3-point Likert-type scale (never, once, multiple times). The intensity of the experienced emotion for each situation is measured on a 7-point Likert-type scale (from 1 ‘not at all’ to 7 ‘really intense’). Each strategy item is rated on a 7-point Likert-type scale (from 1 ‘Not at all like that’ to 7 ‘Totally like that’), and each ability item is measured on a separate 7-point Likert-type scale (from 1 ‘Not like me at all’ to 7 ‘Totally like me’).
Response Formats by Section:
- Situation Experience:
- 1 = Never
- 2 = Once
- 3 = Multiple times
- Emotional Intensity:
- 1 = Not at all
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- 7 = Really intense
- Strategy Items:
- 1 = Not at all like that
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- 7 = Totally like that
- Ability Items:
- 1 = Not like me at all
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- 7 = Totally like me
Structural Dimensions Evaluated in Each Context (Sadness, Fear, Anger):
- Distraction: Items assessing behaviors and attentional redirection away from the emotional trigger towards alternative activities.
- Reappraisal: Items measuring cognitive reinterpretation and reframing of the stressful or distressing circumstance.
- Expressive suppression: Items targeting conscious inhibition and concealing of emotional display (facial expressions, verbal cues).
- Support seeking: Items capturing social and interpersonal outreach toward parents, peers, or trusted adults for solace or practical assistance.
- Rumination: Items reflecting persistent, repetitive, and circular focus on negative thoughts, symptoms, and perceived causes.
- Controlling experience: Items measuring personal efforts and strategies aimed directly at regulating the inner subjective emotional experience.
- Dysregulation: Items tapping into perceived failure of regulation, emotional outbursts, and uncontrollable affective flooding.
Note: The full 81-item battery must be obtained directly from the corresponding author (Univ. Bordeaux, LabPsy) for research and institutional use.