Enquête sur les erreurs et les problèmes d’utilisation du préservatif

L’Enquête sur les erreurs et les problèmes d’utilisation du préservatif (CUES) évalue la qualité d’utilisation, les défaillances techniques et les problèmes fonctionnels liés au préservatif masculin.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Enquête sur les erreurs et les problèmes d’utilisation du préservatif (en anglais : Condom Use Errors/Problems Survey ou CUES) est un instrument psychométrique et comportemental standardisé conçu pour évaluer la précision technique, les défaillances opératoires et les complications mécaniques ou physiologiques associées à l’emploi du préservatif masculin en latex. Développé initialement par Richard A. Crosby, Cynthia A. Graham, Robin R. Milhausen, Stephanie A. Sanders et William L. Yarber, cet outil part du constat épidémiologique fondamental selon lequel l’efficacité théorique des préservatifs contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), les infections sexuellement transmissibles (IST) et les grossesses non planifiées est fréquemment compromise par des erreurs d’utilisation humaine plutôt que par des défauts inhérents de fabrication.

Le CUES se décline en deux variantes parallèles : la version masculine (M-CUES, Men), destinée aux hommes enfilant eux-mêmes le dispositif, et la version féminine (W-CUES, Women), adaptée aux partenaires féminines appliquant le préservatif sur leur partenaire masculin. L’instrument comporte 16 items comportementaux principaux subdivisés en deux dimensions clés : les Erreurs d’utilisation (9 items explorant le comportement de manipulation, tels que l’omission de vérifier l’absence de dommage, l’enfilage à l’envers suivi d’un retournement, le manque d’espace réservoir, le non-chassage de l’air, l’emploi de lubrifiants inadéquats à base d’huile, ou l’utilisation tardive/retrait prématuré) et les Problèmes d’utilisation (7 items capturant des événements indésirables fonctionnels tels que la rupture mécanique, le glissement complet ou partiel, la perte d’érection associée au préservatif, ainsi que l’inconfort tactile ou dimensionnel).

Le format de réponse évalue la survenue de chaque événement lors des trois derniers rapports sexuels protégés au cours des trois derniers mois, selon une structure conditionnelle (« Non » vs « Oui » décliné en 1 occasion, 2 occasions, ou l’ensemble des 3 occasions). D’un point de vue psychométrique, l’outil s’éloigne du modèle classique des traits latents continus pour s’inscrire dans une perspective d’indicateurs formatifs comportementaux indépendants. Il démontre une excellente validité de contenu adossée aux directives officielles des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), ainsi qu’une validité de critère robuste établie par des corrélations empiriques directes avec la rupture matérielle, l’échec contraceptif et l’incidence des IST.

2. Mots-clés / Keywords

Préservatif masculin, erreurs d’utilisation, échecs prophylactiques, comportement sexuel, psychométrie comportementale, rupture du préservatif, glissement du préservatif, dysfonction érectile liée au préservatif, prévention du VIH, infections sexuellement transmissibles (IST), santé sexuelle, santé publique.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conceptualisé et validé par un consortium de chercheurs de premier plan spécialisés en santé publique, sexologie clinique et psychologie de la santé :

  • Richard A. Crosby, Ph.D. : Department of Health Behavior, College of Public Health, University of Kentucky, Lexington, Kentucky, États-Unis.
  • Cynthia A. Graham, Ph.D. : Department of Psychiatry, Warneford Hospital, University of Oxford, Oxford, Royaume-Uni ; The Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction, Indiana University, États-Unis.
  • Robin R. Milhausen, Ph.D. : Department of Family Relations and Applied Nutrition, University of Guelph, Guelph, Ontario, Canada.
  • Stephanie A. Sanders, Ph.D. : The Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction, and Department of Gender Studies, Indiana University, Bloomington, Indiana, États-Unis.
  • William L. Yarber, H.S.D. : Department of Applied Health Science, School of Public Health, and The Kinsey Institute, Indiana University, Bloomington, Indiana, États-Unis (Correspondance : [email protected]).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Condom Use Errors/Problems Survey (CUES) est de combler une lacune méthodologique majeure dans les recherches en santé publique et en médecine comportementale : la confusion historique entre utilisation constante (fréquence globale) et utilisation correcte (qualité technique) du préservatif masculin. Pendant plusieurs décennies, les interventions préventives et les études épidémiologiques ont mesuré le comportement préventif à travers une variable dichotomique simple (le préservatif a-t-il été utilisé : oui/non ?) ou une estimation ordinale de consistance (jamais, parfois, toujours). Or, l’accumulation de données empiriques a démontré que les préservatifs masculins en latex affichent un taux d’efficacité théorique supérieur à 98 % en laboratoire, mais qu’en pratique réelle (efficacité d’usage), les taux d’échec protecteur sont nettement plus élevés, culminant en des ruptures, des glissements ou des expositions accidentelles aux fluides génitaux.

Les auteurs du CUES ont démontré que ces défaillances ne résultent presque jamais de malfaçons industrielles, les normes de fabrication internationales étant extrêmement rigoureuses, mais proviennent très majoritairement d’erreurs humaines lors du stockage, de la manipulation, de l’enfilage, de la lubrification, de l’acte sexuel ou du retrait. L’objectif clinique et épidémiologique du CUES est donc triple :

  • Diagnostic comportemental granulaire : Identifier précisément les comportements inadéquats spécifiques adoptés par les usagers (par exemple, le fait de dérouler le préservatif à l’envers puis de le retourner en déposant du liquide pré-éjaculatoire potentiellement infectieux sur la face externe ; l’absence de purge d’air au réservoir ; ou l’utilisation d’émollients lipidiques altérant l’intégrité moléculaire du latex).
  • Évaluation des difficultés fonctionnelles et sexologiques : Documenter l’interaction réciproque entre la mécanique du préservatif et la réponse sexuelle humaine, notamment la perte d’érection associée au préservatif (condom-associated erection problems ou CAEP), les sensations d’engourdissement ou les plaintes relatives à la taille et à l’ajustement.
  • Ingénierie des interventions préventives : Permettre aux professionnels de santé, aux cliniciens en centres de dépistage des IST et aux concepteurs de programmes d’éducation sexuelle d’adapter leurs protocoles d’entraînement pratique (ateliers de démonstration anatomique, conseil personnalisé) aux vulnérabilités techniques prévalentes mesurées chez les participants.

Sur le plan de la recherche, le CUES offre une standardisation indispensable pour tester les interventions comportementales visant à accroître les compétences d’auto-efficacité sexuelle, comparer des sous-populations (milieu universitaire, cliniques de santé sexuelle, populations rurales) et évaluer des dispositifs prophylactiques innovants ou des formulations de lubrifiants spécifiques.

5. Construit psychologique / Construct

Le CUES opérationnalise le construit multidimensionnel de la compétence comportementale et de l’intégrité d’usage du préservatif. Contrairement aux échelles mesurant des attitudes globales ou des traits de personnalité latents (comme l’estime de soi ou l’extraversion), le CUES appréhende un construit composite de nature comportementale et situationnelle. Ce macro-construit est structuré en deux dimensions majeures interdépendantes mais conceptuellement distinctes :

1. La dimension des Erreurs d’utilisation (User Errors)

Cette sous-échelle évalue neuf comportements moteurs et procéduraux non conformes aux recommandations officielles de santé publique (CDC, OMS). Ces erreurs constituent des facteurs étiologiques directs de bris, de déplacement ou de contamination croisée :

  • Contrôle préliminaire de l’intégrité : L’absence de vérification visuelle ou tactile du sachet et du latex avant l’usage expose l’utilisateur à employer un produit perforé, périmé ou dégradé par des facteurs environnementaux (chaleur, friction).
  • Orientation et retournement (Flipping) : Tenter d’enfiler le préservatif sur la face interne, se rendre compte de l’erreur d’orientation, puis le retourner sur le pénis. Ce comportement expose directement les muqueuses partenaires aux micro-gouttelettes de liquide séminal déposées lors de la première tentative.
  • Gestion de l’espace réservoir : Omettre de pincer l’extrémité distale (réservoir) lors du déroulement empêche la constitution d’un réceptacle pour l’éjaculat, augmentant drastiquement la pression intra-luminale au moment de l’orgasme et induisant des déchirures latérales.
  • Purge de l’air : Laisser des bulles d’air emprisonnées le long de la tige pénienne ou dans le réservoir crée des poches de surpression mécanique et de friction contre les parois vaginales ou rectales lors de la pénétration.
  • Incompatibilité physico-chimique des lubrifiants : L’application d’agents à base d’huiles minérales ou végétales (vaseline, crèmes pour le corps, huiles pour bébé) dégrade quasi instantanément les polymères de polyisoprène et de caoutchouc naturel du latex, provoquant une perte de résistance à la traction pouvant atteindre 90 % en moins de 60 secondes. À l’inverse, l’absence totale de lubrification aqueuse favorise les micro-déchirures par frottement excessif.
  • Exposition aux agents traumatiques : L’entrée en contact du préservatif avec des ongles acérés, des bijoux corporels, des piercings génitaux ou les dents lors de la manipulation préliminaire ou de la fellation.
  • Utilisation incomplète ou asynchrone : Deux variantes critiques sont isolées : (a) le retardement de la pose, c’est-à-dire débuter la pénétration sans préservatif pour ne l’enfiler que secondairement avant l’éjaculation ; et (b) le retrait précoce, consistant à ôter le préservatif en cours d’acte et à poursuivre la pénétration sans protection.

2. La dimension des Problèmes d’utilisation (User Problems)

Composée de sept items, cette dimension mesure les incidents mécaniques involontaires et les manifestations psychophysiologiques interférant avec l’acte sexuel :

  • Rupture matérielle (Breakage) : Déchirure partielle ou explosion complète de l’enveloppe de latex survenant pendant les mouvements de va-et-vient coïtaux.
  • Glissement (Slippage) : Déplacement partiel le long de la hampe ou désolidarisation totale du dispositif, soit au cours de la pénétration (souvent corrélé à une perte de turgescence ou une inadéquation dimensionnelle), soit lors du retrait du pénis de la cavité partenaire (défaut de maintien manuel à la base).
  • Instabilité érectile associée au préservatif (CAEP) : Détumescence partielle ou totale survenant soit spécifiquement au moment de l’ouverture du sachet et du déroulement (interruption du script érotique, anxiété de performance), soit après le début du coït protégé (baisse de rétroaction thermique et tactile).
  • Inadéquation biométrique et sensorielle : Problèmes liés à la taille (dispositif trop étroit générant une constriction douloureuse ou trop large favorisant le glissement) et altérations de la réceptivité hédonique (perte de sensibilité, sensation désagréable partagée par l’utilisateur ou son/sa partenaire).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement du CUES s’articule à l’intersection de la théorie cognitive sociale d’Albert Bandura, du modèle d’information, de motivation et des compétences comportementales (modèle IMB) de Fisher et Fisher, et de l’ergonomie cognitive appliquée aux dispositifs de santé.

Dans le cadre du modèle IMB (Information-Motivation-Behavioral Skills), l’acquisition de comportements préventifs requiert trois composantes interdépendantes. Pendant longtemps, les campagnes de prévention ont postulé qu’une information théorique exacte (« le préservatif prévient le VIH ») couplée à une motivation d’auto-préservation suffisait à garantir la protection. Les travaux de Crosby, Graham, Sanders et Yarber ont démontré que la troisième composante — les compétences comportementales instrumentales et motrices — constitue le véritable goulot d’étranglement de l’efficacité préventive. L’application d’un préservatif n’est pas un réflexe biologique mais une chaîne motrice complexe exécutée dans un contexte de forte activation neurovégétative et affective (excitation sexuelle, négociation relationnelle, stress de performance). Le CUES mesure précisément les ruptures au sein de cette chaîne comportementale.

Sur le plan sexologique et cognitif, l’échelle mobilise les théories du script sexuel (Simon et Gagnon). L’interruption de la séquence d’excitation par l’obligation d’introduire un dispositif barrière engendre souvent une charge cognitive interférente. Chez certains individus prédisposés à l’anxiété de performance, l’irruption de cette étape déclenche une focalisation attentionnelle sur la turgescence pénienne, activant le système nerveux sympathique et conduisant à une détumescence réflexe. Cette perte d’érection incite souvent à des manœuvres hâtives ou inadéquates (enfilage sur verge semi-molle, utilisation de lubrifiants inappropriés pour accélérer la pose, retrait clandestin), créant une boucle de rétroaction négative où l’erreur technique alimente le dysfonctionnement sexuel et vice-versa.

7. Validité / Validity

L’évaluation de la validité de la Condom Use Errors/Problems Survey a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques menées auprès d’échantillons diversifiés (étudiants universitaires, consultants de cliniques de dépistage des IST, hommes issus de milieux ruraux, cohortes communautaires en ligne).

Validité de contenu et d’apparence (Content and Face Validity)

Les items du CUES ont été rédigés et affinés à partir d’une synthèse exhaustive des directives sanitaires fédérales américaines (CDC, 1998, 2009) et des manuels d’ingénierie contraceptive de référence (Warner & Hatcher, 1999). Chaque item reflète une recommandation clinique directe. Un panel d’experts en sexologie médicale et en infectiologie a validé la pertinence, la clarté linguistique et la fidélité écologique de chaque énoncé vis-à-vis des réalités comportementales des usagers.

Validité de construit et de critère (Construct & Criterion Validity)

La validité de construit et la validité convergente/prédictive de l’instrument sont étayées par des résultats quantitatifs hautement convergents :

  • Effet protecteur de l’apprentissage formel : Dans une étude séminale menée par Crosby, Sanders, et al. (2002) auprès d’hommes universitaires, les répondants ayant reçu un enseignement formel et détaillé sur l’utilisation correcte du préservatif présentaient des scores d’erreurs globaux significativement plus faibles que les sujets non formés (p < 0,01), confirmant la sensibilité de l’instrument aux compétences acquises.
  • Corrélation prédictive erreur-incident : Les études menées par Yarber, Graham, Sanders et Crosby (2004) ont documenté des associations spécifiques hautement significatives : l’emploi d’objets tranchants ou des dents pour ouvrir le sachet était directement corrélé à l’incidence de rupture mécanique du préservatif pendant le coït (odds ratio [OR] significativement élevé).
  • Interaction entre érection et défaillances : Graham et al. (2006) ont démontré, au sein d’une cohorte clinique fréquentant un centre d’IST, que les hommes déclarant des pertes d’érection lors de l’enfilage ou durant les rapports présentaient des taux significativement accrus d’utilisation incomplète (retrait prématuré, mise en place retardée) et de glissement du préservatif (p < 0,001).
  • Validité discriminante : Le score d’erreurs au CUES s’avère empiriquement indépendant de la simple fréquence d’utilisation globale des préservatifs : un individu déclarant un recours systématique (100 % des rapports) peut présenter un score d’erreurs très élevé, attestant que le CUES mesure bien la qualité comportementale et non la fréquence d’utilisation.

8. Fidélité / Reliability

L’analyse de la fidélité du CUES requiert une mise au point méthodologique fondamentale quant à la nature des indicateurs comportementaux :

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans les modèles psychométriques réflectifs classiques (comme les échelles de dépression ou d’anxiété), les items sont supposés être des reflets interchangeables d’un même trait latent sous-jacent, justifiant le calcul d’un coefficient alpha de Cronbach élevé (généralement attendu au-dessus de 0,70 ou 0,80). En revanche, le CUES repose sur un modèle formatif d’événements comportementaux discrets. Comme le soulignent explicitement Crosby, Graham et leurs collaborateurs (2005, 2008) :

« Les items sont conçus pour mesurer des expériences comportementales distinctes. Faire une erreur particulière (par exemple, utiliser un lubrifiant inadéquat) n’implique conceptuellement aucune corrélation nécessaire avec le fait de commettre une autre erreur (par exemple, laisser de l’air dans le réservoir). »

Par conséquent, exiger une cohérence interne élevée pour l’ensemble des 16 items serait un contresens psychométrique : un utilisateur peut commettre systématiquement l’erreur de retournement sans jamais utiliser d’huile minérale. Les coefficients de cohérence interne rapportés dans la littérature sont donc modérés à substantiels selon les sous-groupes (souvent compris entre 0,55 et 0,72 pour la dimension globale des erreurs), ce qui reflète l’hétérogénéité naturelle des répertoires de dysfonctionnement technique individuel.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

L’évaluation de la fidélité test-retest classique présente des défis méthodologiques analogues : le comportement sexuel est intrinsèquement contextuel et variable d’un épisode à l’autre en fonction de la partenaire, de l’état d’intoxication alcoolique, de l’environnement physique et de l’intensité du désir. En outre, la simple passation du CUES agit fréquemment comme une micro-intervention psycho-éducative : les participants prennent conscience de leurs erreurs au moment où ils lisent les questions, ce qui modifie spontanément leurs pratiques ultérieures (réactivité de mesure). Néanmoins, pour des périodes de rappel stables et en l’absence de retour réflexif, les coefficients de concordance kappa pour le signalement d’erreurs critiques répétées (comme le non-chassage de l’air ou les pertes d’érection) oscillent entre 0,60 et 0,78 dans les évaluations longitudinales à court terme.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Bien que le CUES soit fréquemment exploité au niveau de chaque item individuel pour identifier des cibles d’intervention précises, plusieurs investigations ont exploré sa structure sous-jacente par analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC).

Structure bifactorielle théorique

L’analyse théorique initiale segmente l’instrument en deux axes corrélés mais fonctionnellement distincts :

  • Facteur 1 : Compétence procédurale et technique (Erreurs) — Items 1, 2, 3, 4, 6, 7, 9, 10 et 11. Ce facteur regroupe les actions volontaires ou les omissions techniques relevant de la maîtrise opératoire de l’utilisateur. Les saturations factorielles observées dans les analyses en composantes principales (avec rotation oblique Promax ou Oblimin) varient typiquement de 0,38 à 0,74 pour les items d’enfilage (laisser de l’espace au bout, vider l’air, vérifier les dommages).
  • Facteur 2 : Incidents fonctionnels et biomécaniques (Problèmes) — Items 5, 8, 12, 13, 14, 15 et 16. Ce facteur capture les défaillances du produit en interaction avec la physiologie (bris, glissement, difficultés érectiles, inconfort de taille et de texture). Les saturations pour la rupture mécanique et le glissement s’élèvent généralement entre 0,55 et 0,81.

Interdépendance factorielle et modèles d’équations structurelles

Les modélisations statistiques révèlent des saturations croisées substantielles qui confirment les mécanismes de causalité circulaire : l’item explorant les contacts avec des objets pointus (Item 9, classé dans les erreurs) charge significativement sur le facteur des bris mécaniques (Item 12), tandis que les difficultés d’érection lors de l’application (Item 5) et après le début du coït (Item 8) forment un sous-cluster autonome fortement corrélé aux items de retrait prématuré ou d’insertion tardive (Items 10 et 11). Ces intercorrélations justifient pleinement le calcul de deux scores composites distincts (Score Sommatif d’Erreurs et Score Sommatif de Problèmes), tout en incitant les épidémiologistes à conserver une lecture disjointe des items à haut risque infectieux.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom officiel : Condom Use Errors/Problems Survey (CUES).
  • Versions disponibles :
    • M-CUES (Men) : Version destinée aux hommes appliquant le préservatif sur leur propre pénis.
    • W-CUES (Women) : Version destinée aux femmes appliquant le préservatif sur le pénis de leur partenaire masculin.
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire standardisé sur support papier ou électronique (auto-évaluation comportementale rétrospective).
  • Nombre d’items : 16 items comportementaux principaux.
  • Adaptabilité anatomique et sexuelle : Un champ modulaire ouvert permet aux chercheurs de spécifier la modalité coïtale ciblée : soit les rapports pénis-vagin (rapports pénovaginaux), soit les rapports pénis-anus (rapports péno-anaux).
  • Période de rappel standard : Les trois derniers rapports sexuels au cours des trois derniers mois (peut être adapté par les chercheurs au dernier rapport unique ou à l’ensemble des rapports sur une période spécifique afin de maximiser la précision mémorielle).
  • Temps de passation moyen : Environ 8 à 10 minutes.
  • Format de réponse : Système séquentiel à deux degrés pour chaque item :
    • 1. Filtre dichotomique : no (non) vs yes (oui).
    • 2. Si « oui », quantification de l’occurrence : on 1 occasion (1 fois), on 2 occasions (2 fois), on all 3 occasions (les 3 fois).
    • Note pour la version féminine (W-CUES) : Les items 8, 12, 13, 14 et 15 incluent une option supplémentaire « not sure » (incertaine/pas sûre) pour tenir compte de la difficulté d’évaluation perceptive indirecte de certains événements par la partenaire.
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Identification des sous-échelles :
      • Items d’erreurs (Error Items) : 1, 2, 3, 4, 6, 7, 9, 10, 11.
      • Items de problèmes (Problem Items) : 5, 8, 12, 13, 14, 15, 16.
    • Cotation sommative cumulative (fréquence) :
      • Chaque comportement inadéquat est quantifié de 0 (non survenu) à 3 (survenu lors des 3 rapports).
      • Inversion de cotation (Items protecteurs inversés) : Les items 1 (vérification des dommages), 3 (laisser de l’espace au bout) et 4 (chasser l’air) représentent des comportements préventifs corrects. Par conséquent, l’absence de ce comportement constitue une erreur. Ils sont cotés à l’envers : une réponse « non » est cotée 3 (l’erreur a eu lieu aux 3 rapports) ; « 1 occasion » est cotée 2 ; « 2 occasions » est cotée 1 ; et « all 3 occasions » est cotée 0 (l’action protectrice a toujours été faite).
      • Étendue du score sommatif d’erreurs : De 0 à 27 (9 items × 3 occasions). Un score élevé indique un profil comportemental à haut risque d’échec protecteur.
      • Étendue du score sommatif de problèmes : De 0 à 21 (7 items × 3 occasions).
    • Cotation dichotomique binaire alternative : Attribuer un score de 1 si l’erreur ou le problème est survenu au moins une fois au cours des trois occasions (ou de la période de référence), et 0 en cas d’absence totale d’erreur/problème. Cette approche est particulièrement prisée dans les régressions logistiques épidémiologiques.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 2002 (raffinements et consolidations majeurs publiés entre 2004 et 2008).
  • Statut des droits d’auteur et accessibilité : Le questionnaire a été développé dans le cadre de recherches académiques subventionnées par des fonds publics et universitaires. Il est libre de droits pour la recherche scientifique et la pratique clinique non commerciale, sous réserve de citer scrupuleusement les publications des auteurs originaux.
  • Coût d’utilisation : Gratuit (aucun honoraire ni redevance d’utilisation pour les milieux universitaires et de santé publique).
  • Contact et autorisations institutionnelles : Les correspondances académiques, demandes de protocoles informatisés ou adaptations spécifiques doivent être adressées au Dr William L. Yarber, Department of Applied Health Science, Indiana University, Bloomington, Indiana 47405, États-Unis (E-mail : [email protected]).

12. Références / References

Les publications de référence fondant la conception, l’étalonnage et la validation du CUES sont présentées ci-dessous en conformité avec les normes APA 7e édition :

  • Centers for Disease Control and Prevention. (1998). Facts about condoms and their use in preventing HIV infection and other STDs. U.S. Department of Health and Human Services.
  • Centers for Disease Control and Prevention. (2009). Condoms and STDs: Fact sheet for public health personnel. U.S. Department of Health and Human Services. http://www.cdc.gov/condomeffectiveness/latex.htm
  • Crosby, R. A., DiClemente, R. J., Holtgrave, D. R., & Wingood, G. M. (2002). Design, measurement, and analytic considerations for testing hypotheses relative to condom effectiveness against nonviral STIs. Sexually Transmitted Infections, 32(6), 513–515. https://doi.org/10.1136/sti.32.6.513
  • Crosby, R. A., Milhausen, R. R., Sanders, S. A., Graham, C. A., & Yarber, W. L. (2008). Two heads are better than one: The association between condom decision-making and condom use errors and problems. Sexually Transmitted Infections, 84(3), 196–201. https://doi.org/10.1136/sti.2007.028977
  • Crosby, R. A., Sanders, S. A., Yarber, W. L., Graham, C. A., & Dodge, B. (2002). Condom use errors and problems among college men. Sexually Transmitted Diseases, 29(9), 552–557. https://doi.org/10.1097/00007435-200209000-00010
  • Crosby, R. A., Yarber, W. L., Sanders, S. A., Graham, C. A., & Arno, J. N. (2008). Slips, breaks and “falls”: Condom errors and problems reported by men attending an STD clinic. International Journal of STD & AIDS, 19(2), 90–93. https://doi.org/10.1258/ijsa.2007.007138
  • Graham, C. A., Crosby, R. A., Sanders, S. A., & Yarber, W. L. (2005). Assessment of condom use in men and women. Annual Review of Sex Research, 16(1), 1–33. https://doi.org/10.1080/10532528.2005.10559826
  • Graham, C. A., Crosby, R. A., Yarber, W. L., Sanders, S. A., McBride, K., Milhausen, R. R., & Arno, J. N. (2006). Erection loss in association with condom use among young men attending a public STI clinic: Potential correlates and implications for risk behavior. Sexual Health, 3(4), 255–260. https://doi.org/10.1071/sh06031
  • Holmes, K. K., Levine, R., & Weaver, M. (2004). Effectiveness of condoms in preventing sexually transmitted infections. Bulletin of the World Health Organization, 82(6), 454–461.
  • Milhausen, R. R., Wood, J., Sanders, S. A., Crosby, R. A., Yarber, W. L., & Graham, C. A. (2009). A novel, self-guided home-based intervention to promote condom use among young men: A pilot study. Manuscript soumis pour publication.
  • Sanders, S. A., Graham, C. A., Yarber, W. L., Crosby, R. A., Dodge, B., & Milhausen, R. R. (2003). Condom use errors and problems among women who put condoms on their male partners. Journal of the American Medical Women’s Association, 58(2), 95–98.
  • Sanders, S. A., Milhausen, R. R., Crosby, R. A., Graham, C. A., & Yarber, W. L. (2009). Do phosphodiesterase type 5 inhibitors protect against condom-associated erection loss and condom slippage? The Journal of Sexual Medicine, 6(5), 1451–1456. https://doi.org/10.1111/j.1743-6109.2008.01211.x
  • Steiner, M., Cates, W., & Warner, L. (1999). The real problem with male condoms is nonuse. Sexually Transmitted Diseases, 26(8), 459–462. https://doi.org/10.1097/00007435-199909000-00007
  • Warner, D. L., & Hatcher, R. A. (1999). Male condoms. Dans R. A. Hatcher, W. Cates Jr., J. Trussell, F. Stewart, F. Guest, & G. K. Stewart (Éds.), Contraceptive technology (17e éd., pp. 325–352). Ardent Media.
  • Yarber, W. L., Graham, C. A., Sanders, S. A., & Crosby, R. A. (2004). Correlates of condom breakage and slippage among university students. International Journal of STD & AIDS, 15(7), 467–472. https://doi.org/10.1258/0956462041211327
  • Yarber, W. L., Kennedy, J., Sanders, S. A., Crosby, R. A., Graham, C. A., Heckman, T. G., & Arno, J. N. (2005). Prevalence of condom use errors and problems among Indiana rural men: An exploratory telephone survey. The Health Education Monograph, 22(3), 36–38.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: The questionnaire is designed for a man who has used male condoms at least three times in the past three months for [Researchers choose penile-vaginal (penis in vagina) or penile-anal (penis in rectum/butt)] intercourse and who put the condom on his penis all of the three times. Thinking about the last three times you (not your partner) put the condom on your penis, indicate whether or not you engaged in the behavior or if the event happened and, if so, how often it occurred.
1

For the last three times you used a condom for         [Researchers choose: penile-vaginal or penile-anal] intercourse, did you check for visible damage before having         intercourse?
2

no
3

if yes, did you do it on 1 occasion, on 2 occasions, or on all 3 occasions?
4

I did it on 1 occasion
5

I did it on 2 occasions
6

I did it on all 3 occasions
7

For the last three times you used a condom for         intercourse, did you put it on the wrong side up and have to flip it over?
8

no
9

if yes, did you do it on 1 occasion, on 2 occasions, or on all 3 occasions?
10

I did it on 1 occasion
11

I did it on 2 occasions
12

I did it on 3 occasions
13

For the last three times you used a condom for         intercourse, did you leave space at the tip of the condom when putting it on?
14

no
15

if yes, did you do it on 1 occasion, on 2 occasions, or on all 3 occasions?
16

I did it on 1 occasion
17

I did it on 2 occasions
18

I did it on 3 occasions
19

For the last three times you used a condom for         intercourse, did you squeeze the air out after putting it on?
20

no
21

if yes, did you do it on 1 occasion, on 2 occasions, or on all 3 occasions?
22

I did it on 1 occasion
23

I did it on 2 occasions
24

I did it on 3 occasions
25

For the last three times you used a condom for         intercourse, did you lose or start to lose your erection while putting it on?
26

no
27

if yes, did you do it on 1 occasion, on 2 occasions, or on all 3 occasions?
28

I did it on 1 occasion
29

I did it on 2 occasions
30

I did it on 3 occasions
31

For the last three times you used a condom for         intercourse, did you use a condom without a water-based lubricant such as K-Y jelly or spermicidal cream (meaning the condom did not have lubricant on it and you or your partner did not put any on it)?
32

no
33

if yes, did you do it on 1 occasion, on 2 occasions, or on all 3 occasions?
34

I did it on 1 occasion
35

I did it on 2 occasions
36

I did it on 3 occasions
37

For the last three times you used a condom for         intercourse, did you also use an oil-based lubricant, such as Vaseline or baby oil, with the condom?
38

no
39

if yes, did you do it on 1 occasion, on 2 occasions, or on all 3 occasions?
40

I did it on 1 occasion
41

I did it on 2 occasions
42

I did it on 3 occasions
43

For the last three times you used a condom for        intercourse, did you lose or start to lose your erection after         intercourse had begun while using the condom?
44

no
45

if yes, did you do it on 1 occasion, on 2 occasions, or on all 3 occasions?
46

I did it on 1 occasion
47

I did it on 2 occasions
48

I did it on 3 occasions
49

For the last three times you used a condom for         intercourse, did you let it contact sharp jewelry, fingernails, piercings, or teeth anytime before or during         intercourse?
50

no
51

if yes, did you do it on 1 occasion, on 2 occasions, or on all 3 occasions?
52

I did it on 1 occasion
53

I did it on 2 occasions
54

I did it on 3 occasions
55

For the last 3 times you used a condom for         intercourse, did you start having         intercourse without the con- dom and then put it on later and continued                  intercourse?
56

no
57

if yes, did you do it on 1 occasion, on 2 occasions, or on all 3 occasions?
58

I did it on 1 occasion
59

I did it on 2 occasions
60

I did it on 3 occasions
61

For the last time you used a condom for         intercourse, did you start having intercourse with it on and then take it off and continue having         intercourse without it on?
62

no
63

if yes, did you do it on 1 occasion, on 2 occasions, or on all 3 occasions?
64

I did it on 1 occasion
65

I did it on 2 occasions
66

I did it on 3 occasions
67

For the last three times you used a condom for         intercourse, did it break during         intercourse?
68

no
69

if yes, did it do it on 1 occasion, on 2 occasions, or on all 3 occasions?
70

it did it on 1 occasion
71

it did it on 2 occasions
72

it did it on 3 occasions
73

For the last three times you used a condom for         intercourse, did it slip off during         intercourse?
74

no
75

if yes, did it do it on 1 occasion, on 2 occasions, or on all 3 occasions?
76

it did it on 1 occasion
77

it did it on 2 occasions
78

it did it on 3 occasions
79

For the last three times you used a condom for        intercourse, did it slip off as you were taking your penis out of the
80

[vagina or anus/rectum/butt]?
81

no
82

if yes, did it do it on 1 occasion, on 2 occasions, or on all 3 occasions?
83

it did it on 1 occasion
84

it did it on 2 occasions
85

it did it on 3 occasions
86

For the last three times you used a condom for         intercourse, did you have any problems with the way it fit?
87

no
88

if yes, did I on 1 occasion, on 2 occasions, or on all 3 occasions?
89

I did on 1 occasion
90

I did on 2 occasions
91

I did on 3 occasions
92

For the last three times you used a condom for         intercourse, did you or your partner have any problems with the way it felt?
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Looti, M. (2026, octobre 18). Enquête sur les erreurs et les problèmes d’utilisation du préservatif. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=enquete-erreurs-problemes-utilisation-preservatif
Looti, Mohammed. “Enquête sur les erreurs et les problèmes d’utilisation du préservatif.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=enquete-erreurs-problemes-utilisation-preservatif.
Looti, Mohammed. “Enquête sur les erreurs et les problèmes d’utilisation du préservatif.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=enquete-erreurs-problemes-utilisation-preservatif.