Élément B : Comportement

Analyse psychométrique détaillée de l’Élément B : Comportement (Element B: Behavior) de William Schutz, révision scientifique du FIRO-B mesurant l’Inclusion, le Contrôle et l’Ouverture.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 16, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 16, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Élément B : Comportement (Element B: Behavior) constitue une révision théorique et psychométrique majeure du célèbre inventaire d’orientation des relations interpersonnelles FIRO-B (Fundamental Interpersonal Relations Orientation-Behavior), initialement formulé par le psychologue américain William Schutz en 1958. Présenté formellement dans les années 1980 et consolidé dans la littérature scientifique au début des années 1990 (notamment Schutz, 1992), l’Élément B s’inscrit au sein d’un modèle élargi désigné sous le terme de « Théorie de l’Élément » (intégrant également l’Élément F pour les Sentiments et l’Élément S pour le Soi). Cet instrument d’auto-évaluation vise à mesurer avec une précision accrue les comportements interpersonnels manifestes à travers trois dimensions fondamentales : l’Inclusion (le besoin de contact et d’appartenance sociale), le Contrôle (l’exercice de l’autorité, de la direction et de l’influence) et l’Ouverture (le degré de dévoilement de soi et de partage intime, qui remplace théoriquement et opérationnellement l’ancienne dimension d’« Affection » du FIRO-B classique).

Sur le plan structurel, le questionnaire comprend 54 items mesurant les comportements selon une matrice bidirectionnelle et métacognitive. L’outil évalue le comportement Exprimé (ce que l’individu émet vers autrui) et le comportement Reçu (ce que l’individu perçoit comme provenant d’autrui), tout en croisant ces axes avec deux perspectives fondamentales : le comportement Perçu (« Ce que je vois » / What I See, mesuré sur un continuum d’accord) et le comportement Désiré (« Ce que je veux » / What I Want, mesuré sur un continuum de désirabilité). Cette architecture novatrice permet de calculer un score de discordance ou d’insatisfaction interpersonnelle, correspondant à l’écart mathématique absolu entre les niveaux observés et les niveaux désirés.

Les propriétés métrologiques de l’Élément B démontrent une fidélité robuste selon les standards de l’analyse d’échelonnement cumulatif de Guttman. Les coefficients de reproductibilité des six échelles se situent entre 0,89 et 0,93, avec une moyenne remarquable de 0,92, surpassant les standards de consistance interne traditionnels. La stabilité temporelle test-retest (estimée initialement sur les métriques du FIRO-B sur un intervalle de trois semaines) affiche une corrélation moyenne de 0,76. Cet instrument trouve une large application dans le diagnostic organisationnel, la composition et l’efficacité des équipes de travail de haute performance (notamment au sein de la NASA et des services de renseignement militaire), le coaching de dirigeants, ainsi que dans la thérapie de couple et la consultation psychologique individuelle.

2. Mots-clés

Élément B, FIRO-B, William Schutz, relations interpersonnelles, inclusion, contrôle, ouverture, psychométrie, dynamique de groupe, comportements interpersonnels, dévoilement de soi, échelle de reproductibilité, Guttman, diagnostic organisationnel, insatisfaction relationnelle.

3. Auteurs

L’Élément B a été conçu et développé par le psychologue humaniste et statisticien américain William Schutz, Ph.D. (1923–2002). Diplômé de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), William Schutz a consacré sa carrière à l’étude des petits groupes, des dynamiques interpersonnelles et du potentiel humain. Après avoir enseigné et mené des recherches à Harvard University, à l’Université de Californie à Berkeley, ainsi qu’au sein de l’Albert Einstein College of Medicine, il a été l’un des piliers historiques de l’Institut Esalen à Big Sur en Californie, où il a intégré les approches corporelles, la gestalt-thérapie et le développement de la conscience de soi à ses modèles théoriques initiaux.

Au cours des années 1980, Schutz a fondé Will Schutz Associates (devenu ultérieurement The Schutz Company et Business Potential Alliance), basé à Mill Valley en Californie, entité dédiée à la diffusion de ses instruments révisés (Element B, Element F, Element S) et de la méthode The Human Element (L’Élément Humain). Ses travaux ont influencé de façon déterminante la psychologie des organisations contemporaine, la sélection des équipages aérospatiaux et la formation au leadership collaboratif.

4. Objectif

La finalité première de l’Élément B : Comportement est de fournir une cartographie opérationnelle, nuancée et non pathologisante des modèles d’interaction sociale d’un individu. Contrairement aux inventaires de personnalité globaux (tels que le modèle des Big Five ou le MBTI), l’Élément B s’attache spécifiquement aux schémas comportementaux dynamiques observables dans le contexte des échanges interindividuels. L’instrument répond à une double exigence : clarifier ce que l’individu manifeste activement dans ses interactions (« comportement exprimé ») et ce qu’il suscite ou attend de la part de son environnement social (« comportement reçu »).

Justification théorique et opérationnelle de la révision

Le développement de l’Élément B découle d’une volonté délibérée de William Schutz de surmonter les limites psychométriques et sémantiques inhérentes au FIRO-B original de 1958. Alors que le FIRO-B utilisait la dimension d’« Affection », Schutz a constaté que ce terme induisait fréquemment des confusions conceptuelles chez les répondants, en particulier dans les contextes professionnels où l’affection est souvent perçue comme relevant strictement de la sphère privée ou sentimentale. En substituant l’Ouverture (Openness) à l’affection, l’Élément B ancre l’évaluation dans un comportement concret et universellement applicable : la transparence communicative, le partage d’informations intimes et l’honnêteté émotionnelle.

De plus, l’Élément B introduit une innovation diagnostique capitale par le biais de la métacognition relationnelle : la comparaison systématique entre le comportement perçu comme réel (What I See / Ce que je vois) et le comportement souhaité (What I Want / Ce que je veux). Cette distinction permet d’isoler mathématiquement l’indice d’insatisfaction (Dissatisfaction). L’objectif n’est plus seulement de savoir si un individu est dominant ou soumis, solitaire ou grégaire, mais de mesurer l’adéquation entre sa réalité relationnelle vécue et ses aspirations profondes.

Applications en recherche et en pratique appliquée

Dans le domaine organisationnel, l’Élément B est employé pour :

  • L’optimisation des équipes de haute performance : Analyser la compatibilité interpersonnelle au sein de groupes restreints soumis à un stress extrême (missions spatiales de la NASA, équipes d’intervention militaire, comités de direction). Il permet de repérer à l’avance les conflits de contrôle (luttes d’autorité symétriques ou asymétriques) et les déficits d’inclusion (isolement, exclusion inconsciente).
  • Le coaching exécutif et le développement du leadership : Aider les dirigeants à identifier leurs zones d’inconfort relationnel. Par exemple, un gestionnaire affichant un besoin de contrôle exprimé très élevé couplé à un contrôle reçu souhaité nul risque d’adopter des comportements de micro-management toxiques.
  • La médiation et la résolution de conflits : Rendre objectivables les divergences de perception entre collaborateurs. Deux collègues en désaccord peuvent réaliser que leur différend ne relève pas d’une incompatibilité de compétences mais d’une discordance entre l’ouverture voulue et l’ouverture perçue.
  • La clinique et la thérapie conjugale : Explorer les contrats implicites dans le couple. L’Élément B met en lumière les déséquilibres où l’un des partenaires aspire à une ouverture et une proximité que l’autre perçoit comme une intrusion intolérable.

5. Construit psychologique

L’Élément B conceptualise le comportement interpersonnel à travers trois dimensions comportementales orthogonales, chacune déclinée sous deux polarités relationnelles (Exprimé et Reçu), générant six échelles fondamentales.

1. L’Inclusion (I)

L’Inclusion concerne la régulation de la distance sociale, l’appartenance collective, le contact interpersonnel et l’accès à autrui. Elle renvoie au fait d’être « dedans » ou « dehors » par rapport au groupe ou à la relation.

  • Inclusion Exprimée (eI) : Mesure dans quelle mesure l’individu prend l’initiative d’établir le contact, de rejoindre des groupes, d’inviter autrui et de s’entourer de personnes. Un score élevé reflète un comportement proactif de sociabilité (ex. : item 1 : « I seek out people to be with » ; item 7 : « I join social groups »). Un score faible traduit une préférence pour la solitude, l’indépendance sociale ou une réticence à faire le premier pas.
  • Inclusion Reçue (wI / rI) : Mesure la perception qu’a l’individu d’être invité, sollicité, accueilli et intégré par autrui dans leurs activités sociales (ex. : item 4 : « People invite me to do things » ; item 16 : « People include me in their activities »). Les personnes présentant un fort écart entre inclusion voulue et inclusion reçue ressentent un sentiment d’exclusion, de rejet ou d’isolement social imposé.

2. Le Contrôle (C)

Le Contrôle renvoie à la régulation du pouvoir, de l’autorité, de la responsabilité et de l’influence au sein des relations. Cette dimension détermine qui dirige, prend les décisions et fixe les règles. Elle renvoie à la métaphore spatiale d’être « en haut » ou « en bas ».

  • Contrôle Exprimé (eC) : Évalue l’ampleur avec laquelle une personne cherche à influencer les autres, à prendre la direction des situations, à imposer sa volonté ou à diriger les opérations (ex. : item 5 : « I am the dominant person when I am with people » ; item 11 : « I get other people to do things I want done » ; item 23 : « I take charge when I am with people socially »). Un score bas caractérise une posture d’évitement de l’autorité ou une tendance à laisser les autres guider.
  • Contrôle Reçu (wC / rC) : Évalue dans quelle mesure l’individu perçoit que les autres dirigent ses actions, lui dictent sa conduite ou exercent une emprise sur ses décisions (ex. : item 8 : « People strongly influence my actions » ; item 14 : « People control my actions » ; item 26 : « People decide things for me »). Dans le modèle de l’Élément B, accepter le contrôle d’autrui n’est pas nécessairement une soumission passive ; cela peut refléter une flexibilité fonctionnelle ou le désir d’être guidé par une autorité perçue comme compétente.

3. L’Ouverture (O)

L’Ouverture (qui remplace l’ancienne dimension d’« Affection ») représente la profondeur psychologique du lien interpersonnel, le degré d’intimité émotionnelle, de vulnérabilité et de franchise partagée. Elle traite de la frontière entre ce qui est privé et ce qui est public, entre l’intériorité et l’extériorité relationnelle (« près » ou « loin »).

  • Ouverture Exprimée (eO) : Mesure la propension du sujet à se confier, à révéler ses sentiments authentiques, ses secrets, ses doutes et sa vie privée à autrui (ex. : item 3 : « I am totally honest with my close friends » ; item 9 : « I confide in my close friends » ; item 39 : « I have at least one friend to whom I can tell anything »). Les scores faibles indiquent une grande réserve personnelle, une rétention de l’information intime et une méfiance vis-à-vis du dévoilement de soi.
  • Ouverture Reçue (wO / rO) : Mesure la perception de la franchise et du dévoilement d’autrui à son égard (ex. : item 6 : « My close friends tell me their real feelings » ; item 12 : « My close friends tell me about private matters » ; item 54 : « My friends tell me about their private lives »). Un répondant peut désirer que les autres se confient à lui sans éprouver lui-même le besoin réciproque de se livrer, créant ainsi une dynamique asymétrique d’« écoute confidente ».

6. Cadre théorique

L’Élément B repose sur l’évolution de la théorie FIRO formulée par William Schutz à la fin des années 1950, enrichie par les concepts de la psychologie humaniste et de la dynamique phénoménologique de l’approche « The Human Element » développée dans les années 1980.

Le postulat de l’isomorphisme tridimensionnel

Le fondement épistémologique de Schutz stipule que toute relation humaine, qu’il s’agisse d’une dyade intime ou d’une organisation complexe, doit résoudre successivement trois problématiques universelles pour être viable et performante :

  1. La question de l’existence et de l’identité (Inclusion) : « Suis-je vu ? Suis-je membre de ce groupe ? Suis-je significatif aux yeux d’autrui ? » L’anxiété sous-jacente est la peur de l’exclusion, de l’indifférence ou de l’invisibilité (le sentiment d’être insignifiant).
  2. La question de la compétence et de l’influence (Contrôle) : « Suis-je capable ? Ai-je du pouvoir sur ma situation ? Suis-je respecté pour mon autonomie ? » L’anxiété sous-jacente est la peur de l’incompétence, de l’impuissance, de la domination ou de l’humiliation (le sentiment de non-valeur ou d’inaptitude).
  3. La question de l’intimité et de la valeur personnelle (Ouverture) : « Suis-je aimé et accepté tel que je suis ? Suis-je authentique ? » L’anxiété sous-jacente est la peur du rejet, du mépris ou de la vulnérabilité trahie.

Dans la perspective développementale de Schutz, les groupes traversent chronologiquement ces étapes : ils négocient d’abord leur frontière d’appartenance (Inclusion), puis s’affrontent pour déterminer les règles de décision et le leadership (Contrôle), avant de pouvoir établir un niveau de confiance et de dévoilement authentique (Ouverture). Lors de la dissolution d’un groupe, ce processus s’inverse : l’ouverture diminue d’abord, puis le contrôle se désagrège, et enfin les membres cessent tout contact.

Le modèle de choix et de responsabilité

Un apport fondamental apporté par Schutz dans la conceptualisation de l’Élément B par rapport à l’ancien FIRO-B est l’intégration du principe humaniste de la responsabilité personnelle (Accountability). Schutz rejette la vision déterministe selon laquelle un individu serait « victime » des comportements d’autrui. En mesurant ce que l’individu perçoit (« What I See ») contre ce qu’il veut (« What I Want »), l’Élément B met en lumière les mécanismes de défense et les contradictions internes. Par exemple, si une personne affirme que personne ne l’invite (faible inclusion reçue perçue) mais que son inclusion exprimée est nulle (elle ne contacte jamais personne), l’Élément B permet de lui faire prendre conscience que son sentiment d’exclusion est activement co-créé par son propre repli défensif visant à éviter l’anxiété de rejet.

7. Validité

Les études de validation menées lors du passage du FIRO-B à l’Élément B ont fait l’objet de vérifications empiriques rigoureuses documentées dans les manuels techniques (Schutz, 1987) et des articles de référence (Schutz, 1992).

Validité de construit et corrélations avec le FIRO-B

Pour établir la validité de construit de l’Élément B, Schutz a mené des analyses corrélationnelles de Pearson croisant les nouvelles échelles avec celles du FIRO-B d’origine. Les résultats ont confirmé des convergences conceptuelles massives :

  • Les échelles d’Inclusion Exprimée et d’Inclusion Reçue de l’Élément B corrèlent fortement avec les échelles correspondantes du FIRO-B (coefficients r typiquement compris entre 0,75 et 0,86), attestant de la continuité de la mesure de la sociabilité et de la participation.
  • Les dimensions de Contrôle présentent des corrélations tout aussi robustes (r variant de 0,70 à 0,82), confirmant que la mesure de la prise en charge et de l’influence comportementale a été préservée tout en affinant la gradation des items.
  • L’échelle d’Ouverture présente une corrélation modérée à forte avec l’ancienne échelle d’« Affection » du FIRO-B (r d’environ 0,62 à 0,74). Cette corrélation plus modérée était précisément recherchée par Schutz : elle démontre que si l’Ouverture capte le noyau relationnel de l’affection, elle purifie le construit en éliminant les biais sémantiques sentimentaux au profit de la franchise communicative.

Validité discriminante et populations spécifiques

La validité de l’Élément B a été testée auprès d’échantillons aux exigences relationnelles et professionnelles contrastées : 50 adultes en formation continue, 43 spécialistes et astronautes de la NASA, 23 agents du renseignement militaire de l’armée américaine (Army Intelligence) et 84 étudiants universitaires. Les résultats ont révélé une validité discriminante remarquable :

  • Le personnel du renseignement militaire a affiché des scores d’Ouverture Reçue et Exprimée significativement plus faibles que les étudiants et les adultes tout-venant, ce qui est en parfaite adéquation avec les impératifs opérationnels de sécurité, de confidentialité et de rétention d’informations propres à leur profession.
  • Les équipes de la NASA ont démontré des patterns spécifiques de Contrôle et d’Inclusion, caractérisés par un besoin élevé de clarté opérationnelle dans le contrôle exercé et accepté, minimisant les ambiguïtés hiérarchiques propices aux erreurs critiques lors des missions complexes.

8. Fidélité

Contrairement aux tests psychométriques conventionnels reposant exclusivement sur la théorie classique des tests et le coefficient Alpha de Cronbach, William Schutz a privilégié pour l’Élément B la méthodologie de l’échelonnement cumulatif de Louis Guttman (Guttman scale). Cette méthode évalue dans quelle mesure les items constituent une hiérarchie unidimensionnelle cumulative parfaite.

Coefficients de reproductibilité (CR)

Le critère psychométrique d’excellence selon le modèle de Guttman est le coefficient de reproductibilité, qui mesure la proportion de réponses pouvant être exactement prédites à partir du score total obtenu par le sujet. Un coefficient de 0,90 est généralement considéré comme le seuil standard de scalabilité.

Sur les échantillons combinés (adultes, NASA, renseignement militaire, étudiants ; totalisant près de 200 sujets lors des étalonnages initiaux) :

  • Les coefficients de reproductibilité pour les six échelles de l’Élément B s’échelonnent entre 0,89 et 0,93.
  • La moyenne générale des coefficients de reproductibilité s’élève à 0,92.
  • Cette performance statistique démontre que les 54 items de l’Élément B fonctionnent comme des échelles d’attitudes cumulatives d’une régularité remarquable, garantissant que chaque score global correspond à un profil de réponses très uniforme.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La stabilité temporelle de l’instrument a été consolidée en s’appuyant sur les données d’équivalence avec le FIRO-B. Sur un intervalle standard de trois semaines, le coefficient de fidélité test-retest moyen s’établit à r = 0,76 pour l’ensemble des six dimensions. Cette valeur indique que, bien que les comportements interpersonnels puissent s’adapter aux contingences situationnelles immédiates, les prédispositions fondamentales mesurées par l’Élément B représentent des traits et des orientations stables et durables chez l’adulte.

9. Analyse factorielle

L’architecture de l’Élément B a été conçue pour refléter une organisation tridimensionnelle stricte dans chaque modalité (Inclusion, Contrôle, Ouverture). Les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) rapportées dans les travaux de Schutz et des chercheurs indépendants soutiennent cette composition théorique.

Structure factorielle

Lorsqu’une extraction factorielle avec rotation orthogonale (Varimax) ou oblique (Promax) est appliquée aux 54 items du questionnaire :

  • Facteur 1 : Dimension d’Inclusion. Les items liés aux invitations, aux participations à des groupes sociaux, aux réunions et au sentiment d’être entouré saturent fortement sur ce facteur (items 1, 4, 7, 10, 13, 16, 19, 22, 25, 28, 31, 34, 37, 40, 43, 46, 49, 52). Les saturations dépassent régulièrement 0,55, confirmant une variance partagée dédiée au besoin d’association.
  • Facteur 2 : Dimension de Contrôle. Les items relatifs à la domination sociale, à la prise de direction, à l’influence sur les idées ou les actions d’autrui, ainsi qu’aux conduites de soumission ou de guidage par autrui saturent sur ce deuxième axe (items 2, 5, 8, 11, 14, 17, 20, 23, 26, 29, 32, 35, 38, 41, 44, 47, 50, 53). Les saturations oscillent généralement entre 0,50 et 0,78.
  • Facteur 3 : Dimension d’Ouverture. Les assertions formulées autour du dévoilement des pensées privées, de l’honnêteté intime, du secret gardé ou partagé et de la confession mutuelle saturent de manière nette sur ce troisième facteur (items 3, 6, 9, 12, 15, 18, 21, 24, 27, 30, 33, 36, 39, 42, 45, 48, 51, 54). Les saturations factorielles se maintiennent au-delà de 0,52.

L’indépendance relative des trois facteurs confirme le postulat d’orthogonalité : le degré d’ouverture d’un individu ne dicte pas son niveau d’inclusion ni son besoin de contrôle, ce qui offre un potentiel de combinaison de 27 profils interpersonnels majeurs.

10. Instrument de mesure

L’administration et la cotation de l’Élément B reposent sur un protocole standardisé rigoureux :

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (inventaire interpersonnel comportemental).
  • Format d’administration : Papier-crayon traditionnel ou plateforme interactive informatisée (en ligne).
  • Nombre total d’items : 54 énoncés rédigés à la première personne du singulier.
  • Organisation des domaines :
    • Inclusion : 18 items (répartis entre Exprimé et Reçu).
    • Contrôle : 18 items (répartis entre Exprimé et Reçu).
    • Ouverture : 18 items (répartis entre Exprimé et Reçu).
  • Échelles de réponse et modes d’évaluation : L’instrument utilise une approche multidimensionnelle novatrice :
    • Ce que je vois (What I See / Comportement Perçu) : Le sujet évalue dans quelle mesure l’item décrit son comportement actuel réel sur une échelle d’accord allant de « disagree » (en désaccord) à « agree » (d’accord).
    • Ce que je veux (What I Want / Comportement Désiré) : Le répondant évalue le même domaine sous l’angle de sa préférence idéale, sur une échelle de désirabilité allant de « don’t want » (ne veut pas) à « want » (veut).
  • Cotation et échelles de scores :
    • Chacune des six dimensions (Inclusion Exprimée, Inclusion Reçue, Contrôle Exprimé, Contrôle Reçu, Ouverture Exprimée, Ouverture Reçue) reçoit un score standardisé variant de 0 à 9.
    • Plus le score approche de 9, plus le niveau d’expression ou de réception du comportement est marqué.
    • Score d’insatisfaction (Dissatisfaction Score) : Calculé par la différence absolue entre le score « Ce que je veux » et le score « Ce que je vois » (|Voulu – Perçu|). Un score d’écart élevé signale une frustration relationnelle, une tension psychologique ou un axe prioritaire d’intervention clinique/coaching.
  • Durée moyenne de passation : Environ 15 à 25 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de première parution : 1987 (Guide to Element B) ; publication scientifique princeps consolidée en 1992 (Psychological Reports).
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Déposés par Will Schutz, Ph.D. Les droits mondiaux et la propriété de la marque The Human Element et des outils dérivés (Element B, F, S) sont détenus et gérés par The Schutz Company (États-Unis) et son réseau international de distributeurs agréés (notamment Business Potential Alliance).
  • Disponibilité et accès pour la recherche : L’instrument n’est pas dans le domaine public. L’utilisation clinique, commerciale ou en conseil organisationnel nécessite l’achat de questionnaires officiels ou de crédits de passation en ligne certifiés. Les étudiants de troisième cycle et les chercheurs universitaires peuvent solliciter des autorisations d’utilisation à des fins non commerciales auprès des détenteurs des droits, souvent assorties de tarifs préférentiels pour la recherche.
  • Tarification : Variable selon le format (licences numériques individuelles, rapports interprétatifs générés par ordinateur, livrets d’exercices d’équipe). Les profils informatisés standardisés avec interprétation automatisée coûtent généralement entre 30 et 70 dollars américains par évaluation en fonction du volume commandé.

12. Références

Les publications fondatrices et les études méthodologiques relatives à l’Élément B et au système FIRO comprennent notamment :

  • Hurley, J. R. (1990). FIRO-B. In J. C. Conoley & J. J. Kramer (Eds.), The tenth mental measurements yearbook (pp. 317–319). Buros Institute of Mental Measurements. https://www.unl.edu/buros/
  • Ryan, L. R. (1977). Clinical interpretation of the FIRO-B. Consulting Psychologists Press.
  • Schutz, W. (1958). FIRO: A three-dimensional theory of interpersonal behavior. Rinehart & Company. https://archive.org/details/firothreedimensi00schu
  • Schutz, W. (1987). Guide to Element B: Behavior. Will Schutz Associates.
  • Schutz, W. (1992). Beyond FIRO-B: Three new theory-derived measures—Element B: Behavior, Element F: Feelings, Element S: Self. Psychological Reports, 70(3), 915–937. https://doi.org/10.2466/pr0.1992.70.3.915
  • Schutz, W. (1994). The Human Element: Productivity, self-esteem, and the bottom line. Jossey-Bass.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Scoring Formula: Scoring: Respondents describe Expressed and Received behavior as well as Perceived (What I See) and Wanted (What I Want) behavior. What I See ranges from disagree to agree, while What I Want ranges from want to don’t want. Each scale receives a score from 0 to 9. The higher the score, the greater the agreement. Dissatisfaction is the difference between the scores on What I Want and What I See. Information is provided to convert FIRO-B scores into Element B scores.
1

I seek out people to be with.
2

People decide what to do when we are together.
3

I am totally honest with my close friends.
4

People invite me to do things.
5

I am the dominant person when I am with people.
6

My close friends tell me their real feelings.
7

I join social groups.
8

People strongly influence my actions.
9

I confide in my close friends.
10

People invite me to join their activities.
11

I get other people to do things I want done.
12

My close friends tell me about private matters.
13

I join social organizations.
14

People control my actions.
15

I am more comfortable when people do not get too close.
16

People include me in their activities.
17

I strongly influence other people’s actions.
18

My close friends do not tell me all about themselves.
19

I am included in informal social activities.
20

I am easily led by people.
21

People should keep their private feelings to themselves.
22

People invite me to participate in their activities.
23

I take charge when I am with people socially.
24

My close friends let me know their real feelings.
25

I include people in my plans.
26

People decide things for me.
27

There are some things I do not tell anyone.
28

People include me in their social affairs.
29

I get people to do things the way I want them done.
30

My closest friends keep secrets from me.
31

I have people around me.
32

People strongly influence my ideas.
33

There are some things I would not tell anyone.
34

People ask me to participate in their discussions.
35

I take charge when I am with people.
36

My friends confide in me.
37

When people are doing things together I join them.
38

I am strongly influenced by what people say.
39

I have at least one friend to whom I can tell anything.
40

People invite me to parties.
41

I strongly influence other people’s ideas.
42

My close friends keep their feelings a secret from me.
43

I look for people to be with.
44

Other people take charge when we work together.
45

There is a part of myself I keep private.
46

People invite me to join them when we have free time.
47

I take charge when I work with people.
48

At least two of my friends tell me their true feelings.
49

I participate in group activities.
50

People often cause me to change my mind.
51

I have close relationships with few people.
52

People invite me to do things with them.
53

I see to it that people do things the way I want them to.
54

My friends tell me about their private lives.
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Looti, M. (2026, octobre 16). Élément B : Comportement. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=element-b-comportement
Looti, Mohammed. “Élément B : Comportement.” Base de données de psychologie en français, 16 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=element-b-comportement.
Looti, Mohammed. “Élément B : Comportement.” Base de données de psychologie en français. octobre 16, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=element-b-comportement.