Échelles de sévérité perçue de l’herpès génital

Découvrez les Échelles de sévérité perçue de l’herpès génital (GHPSS) développées par Jerrold Mirotznik : fondements théoriques dans le modèle de croyance en santé, structure factorielle, fidélité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Les Échelles de sévérité perçue de l’herpès génital (en anglais, Genital Herpes Perceived Severity Scales ou GHPSS), développées initialement par le sociologue et chercheur en santé publique Jerrold Mirotznik en 1991, constituent un instrument psychométrique multidimensionnel conçu pour évaluer les attitudes, les croyances stigmatisantes et la détresse anticipée associées à la contraction de l’herpès génital (virus herpès simplex de type 2 ou HSV-2). Ancrées dans le paradigme conceptuel du Health Belief Model (HBM ; modèle des croyances relatives à la santé formulé notamment par Janz et Becker), les GHPSS opérationnalisent la sévérité perçue non pas sous le prisme restreint des manifestations cliniques ou biomédicales aiguës, mais à travers ses répercussions psychosociales, relationnelles, conjugales et affectives majeures.

L’instrument se compose de trois sous-échelles distinctes totalisant dix-neuf items : (1) l’Échelle de Peur (Fear Scale, 7 items), qui évalue la peur de l’infection et l’adhésion à des représentations hautement stigmatisantes de la maladie et des personnes infectées, mesurée sur une échelle de type Likert en 6 points allant de 1 (« fortement en désaccord ») à 6 (« fortement d’accord ») ; (2) l’Échelle d’Entrave Familiale (Family Impediment Scale, 5 items), explorant la perception des difficultés insurmontables à franchir les étapes du cycle de vie conjugal et familial (rencontre, révélation du diagnostic, sexualité, mariage, procréation), également notée sur une échelle en 6 points allant de 1 (« pas difficile du tout ») à 6 (« très difficile ») ; et (3) l’Échelle de Réaction Émotionnelle (Emotional Response Scale, 7 items), évaluant l’intensité des affects négatifs projetés en cas de séropositivité herpétique (colère, culpabilité, sentiment de punition, altération de l’intégrité de soi), notée sur une échelle en 4 points allant de 1 (« aucune réaction émotionnelle ») à 4 (« ressenti très intense »).

Les analyses psychométriques initiales menées sur divers échantillons (incluant 998 étudiants universitaires de premier et deuxième cycles, 178 résidents d’une communauté thérapeutique de réadaptation pour toxicomanies, puis un échantillon de réplication de 439 étudiants) ont démontré une cohérence interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach moyens oscillant entre 0,77 et 0,80 selon les dimensions. Les analyses factorielles en composantes principales ont confirmé une structure unidimensionnelle de second ordre robuste, démontrant que la sévérité perçue psychosociale forme un méta-construit cohérent capable de prédire les comportements préventifs et les modifications des conduites amoureuses chez les jeunes adultes sexuellement actifs.

2. Mots-clés / Keywords

Échelles de sévérité perçue de l’herpès génital, GHPSS, Jerrold Mirotznik, Health Belief Model, sévérité perçue, herpès génital, stigmatisation sociale, comportements sexuels préventifs, psychométrie, attitudes envers les IST, anxiété de contamination, relations de couple.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu et validé par :

  • Jerrold Mirotznik, Ph.D. : Professeur émérite et chercheur en sociologie médicale et santé publique au Brooklyn College de la City University of New York (CUNY), New York, États-Unis. Il a également occupé des fonctions de direction institutionnelle au sein de l’Office of the Associate Provost du Brooklyn College.
    Courriel institutionnel de correspondance historique : [email protected].

La construction des items et l’examen de la validité de contenu ont été réalisés en étroite collaboration avec deux cliniciens spécialistes du domaine : un thérapeute sexuel certifié et un psychologue clinicien, tous deux cumulant une vaste expertise clinique dans la prise en charge thérapeutique, médicale et psychosociale de patients vivant avec le virus de l’herpès génital.

4. Objectif / Purpose

Le développement des Échelles de sévérité perçue de l’herpès génital (GHPSS) répond à une double nécessité théorique et empirique au tournant des années 1980 et 1990. Durant cette période, marquée par l’émergence épidémique du VIH/SIDA et la résurgence des infections sexuellement transmissibles (IST), les médias de masse diffusaient de manière récurrente des spéculations alarmistes affirmant que :

  1. Les jeunes adultes célibataires, sexuellement actifs et par conséquent exposés au risque de transmission, étaient submergés par une anxiété débilitante à l’idée de contracter le virus herpès simplex ;
  2. Cette préoccupation aiguë avait radicalement bouleversé leurs habitudes relationnelles, provoquant une restriction sévère des rencontres amoureuses et une modification drastique des scénarios sexuels.

Bien que des travaux de recherche pionniers aient tenté d’explorer ces dynamiques (notamment Aral, Cates & Jenkins, 1985 ; Simkins & Eberhage, 1984 ; Simkins & Kushner, 1986), les instruments de mesure employés souffraient de limitations méthodologiques rédhibitoires. Dans la plupart de ces enquêtes, la sévérité et l’anxiété étaient mesurées par un item unique (single-item measure) ou par des variables dichotomiques de type « oui/non ». Or, en psychométrie fondamentale, les mesures à item unique sont notoirement sujettes à une variance d’erreur élevée, présentent une fidélité sous-optimale et entraînent mécaniquement un phénomène d’atténuation statistique des corrélations avec d’autres construits comportementaux. De plus, les formats dichotomiques écrasent la variabilité interindividuelle et masquent la complexité des attitudes psychologiques face à une maladie chronique récurrente.

L’objectif fondamental de Mirotznik (1991) était donc de bâtir un instrument psychométrique robuste, standardisé et multidimensionnel, permettant de quantifier objectivement les attitudes des individus face à la menace de l’herpès génital. L’échelle a été spécifiquement conçue pour tester si la perception de la sévérité d’une IST non létale mais incurable et socialement discréditante influence directement l’adoption de comportements préventifs (par exemple, la négociation du port du préservatif, la communication préalable sur les antécédents sexuels ou la réduction du nombre de partenaires).

Sur le plan des applications pratiques, le GHPSS offre une valeur considérable :

  • En épidémiologie comportementale et santé publique : Il permet de cartographier avec précision les freins psychologiques et les fausses croyances au sein de populations à risque (étudiants, populations en réinsertion, consultants des centres de dépistage), guidant ainsi l’élaboration de campagnes d’éducation à la santé sexuelle qui évitent les écueils de la stigmatisation moralisatrice tout en promouvant une évaluation réaliste des risques.
  • En psychologie clinique et sexologie : L’outil sert de grille d’évaluation diagnostique pour évaluer l’ampleur des distorsions cognitives chez des patients souffrant de nosophobie sexuelle, d’anxiété de performance induite par la peur des IST, ou chez des individus nouvellement diagnostiqués qui anticipent une « mort sociale » ou affective catastrophique.
  • En recherche psychosociale : L’instrument fournit un étalon de mesure fiable pour tester des modèles théoriques prédictifs du changement comportemental dans le domaine de la santé préventive.

5. Construit psychologique / Construct

Le méta-construit mesuré par le GHPSS est la sévérité psychosociale perçue de l’herpès génital. Dans la perspective des sciences comportementales, la sévérité perçue ne renvoie pas à la symptomatologie somatique brute (telle que l’apparition de vésicules douloureuses, d’adénopathies ou de prurit), mais aux conséquences subjectives globales que l’individu associe à l’infection sur son identité, son statut social, sa désirabilité interpersonnelle et son avenir reproductif. Mirotznik postule que l’impact d’une infection chronique à transmission sexuelle est principalement médiatisé par la honte, le tabou et l’anticipation du rejet relationnel. Ce méta-construit s’articule autour de trois dimensions psychologiques distinctes :

1. L’Échelle de Peur (Fear Scale)

Cette dimension évalue l’ampleur de la peur viscérale suscitée par la maladie et l’intériorisation de croyances sociales dévalorisantes et stigmatisantes. Elle capture le niveau d’adhésion du sujet à des stéréotypes hostiles et à des analogies traumatiques. Par exemple, l’échelle examine l’assimilation cognitive de l’herpès à une maladie fatale (« Avoir l’herpès génital est aussi grave que d’avoir un cancer »), la conviction d’une rupture irrémédiable de la satisfaction intime (« L’herpès génital détruira votre vie sexuelle ») et la perte de valeur personnelle sur le marché amoureux (« Personne ne voudra de moi si j’avais l’herpès génital »). Elle mesure également les composantes d’évitement interpersonnel et de défiance sociale (« Je ne ferais confiance à personne ayant l’herpès génital », « Même si j’étais très compréhensif…, je serais tenté de m’éloigner d’eux »). Cette sous-échelle conceptualise donc la sévérité perçue comme une menace directe pour l’intégrité du soi et le statut moral de l’individu au sein du groupe de pairs.

2. L’Échelle d’Entrave Familiale (Family Impediment Scale)

Cette sous-échelle quantifie l’anticipation des obstacles insurmontables que la séropositivité herpétique poserait au déroulement normatif des étapes de la vie affective et familiale. L’herpès génital étant une infection virale incurable caractérisée par des réactivations périodiques et un risque de transmission verticale mère-enfant (herpès néonatal), il génère des craintes profondes concernant la conjugalité à long terme. L’instrument évalue le degré de difficulté anticipé par un célibataire infecté à travers cinq événements critiques du cycle de vie :

  • Rencontrer un partenaire amoureux ;
  • Dévoiler son statut sérologique au partenaire intime ;
  • Avoir des relations sexuelles ;
  • Accéder au mariage ;
  • Concevoir et élever des enfants.

Cette dimension traduit l’angoisse d’une trajectoire de vie brisée, où l’infection constitue une barrière indépassable à l’affiliation sociale et à la filiation biologique.

3. L’Échelle de Réaction Émotionnelle (Emotional Response Scale)

Cette dimension mesure l’intensité affective des réponses d’affliction psychologique anticipées en cas d’annonce du diagnostic. Plutôt que d’évaluer des croyances cognitives distanciées, cette sous-échelle plonge le participant dans une projection émotionnelle introspective. Les sept émotions répertoriées reflètent les différentes facettes du deuil de l’identité saine et de l’atteinte narcissique :

  • La colère (Angry) : Réaction d’hostilité face à l’injustice perçue ou envers le vecteur de transmission ;
  • Le sentiment de punition (Punished) : Croyance téléologique ou culpabilité morale assimilant la maladie à une rétribution punitive de conduites sexuelles réprouvées ;
  • La peur (Fearful) : Angoisse diffuse face à la chronicité et à l’imprévisibilité des poussées ;
  • La sidération ou l’engourdissement affectif (Numbed) : Réaction dissociative ou état de choc post-annonce ;
  • Le sentiment de dégradation ou d’altération physique et morale (Damaged) : Perception d’être « souillé », irrémédiablement abîmé ou défectueux ;
  • La fatalité prévisible (That it was expected) : Sentiment résigné de vulnérabilité acquise ;
  • La culpabilité (Guilty) : Autodépréciation morale liée à l’échec de la prévention personnelle.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le socle conceptuel principal ayant guidé l’élaboration des GHPSS est le Health Belief Model (HBM), initialement conçu par des psychologues sociaux des services de santé publique américains dans les années 1950 (notamment Godfrey Hochbaum, Irwin Rosenstock et Stephen Kegeles), puis synthétisé et étendu par Janz et Becker (1984).

Selon le HBM, la probabilité qu’un individu adopte un comportement de santé préventif (tel que l’utilisation systématique de préservatifs, la communication sexuelle préventive ou la limitation du vagabondage sexuel) est déterminée par deux axes cognitifs majeurs :

  1. La menace perçue de la maladie (perceived threat) ;
  2. Le calcul bénéfices-obstacles de l’action préventive (perceived benefits minus perceived barriers).

À son tour, la menace perçue est le produit multiplicatif de deux composantes subjectives : la vulnérabilité ou susceptibilité perçue (le risque estimé d’être personnellement contaminé) et la sévérité perçue (le jugement porté sur la gravité des conséquences de l’infection). L’apport théorique fondamental de Janz et Becker (1984), sur lequel s’appuie Mirotznik, a consisté à redéfinir la sévérité perçue au-delà de son acceptation médicale traditionnelle. Pour les affections chroniques non létales mais génératrices de stigmates profonds, la gravité n’est pas corrélée au taux de mortalité somatique, mais à l’amplitude des bouleversements biographiques, sociaux et psychologiques.

Ce cadre théorique postule que la perception de la sévérité active une pulsion d’évitement cognitivo-comportemental : plus un individu perçoit l’herpès comme une affection destructrice pour ses liens intimes et son intégrité identitaire, plus il sera motivé à mettre en œuvre des conduites d’autoprotection pour préserver son statut séronégatif. Parallèlement, le GHPSS s’inscrit au carrefour de la théorie de la stigmatisation sociale d’Erving Goffman (1963). L’herpès génital incarne la figure paradigmatique du stigmate « dissimulable » (discreditable stigma). Contrairement aux handicaps physiques visibles, l’infection herpétique impose une tension perpétuelle entre le secret, le risque de contamination involontaire et la nécessité morale et pratique du dévoilement au partenaire. L’appréhension de ce dilemme psychosocial est précisément ce que capturent les dimensions du GHPSS.

7. Validité / Validity

La validité des Échelles de sévérité perçue de l’herpès génital a fait l’objet d’évaluations rigoureuses par Mirotznik (1991), fondées sur les standards méthodologiques de la théorie psychométrique classique (Nunnally, 1978).

Validité de contenu et d’apparence (Content and Face Validity)

Afin de garantir que les items échantillonnent de manière exhaustive l’univers du construit psychosocial de la sévérité de l’herpès, les items n’ont pas été formulés de façon abstraite, mais développés de novo en consultation étroite avec deux experts de terrain : un thérapeute conjugal et sexologue et un psychologue clinicien recevant quotidiennement des patients confrontés à l’infection. Ce processus a assuré que les énoncés reflètent fidèlement les détresses réelles observées en pratique clinique (stigmatisation, appréhension du dévoilement, phobie de la stérilité ou de la contamination infantile).

Validité de construit (Construct Validity)

Conformément aux préceptes de Nunnally (1978), la validité de construit a été vérifiée par deux démarches complémentaires :

  • Cohésion interne du construit : Dès lors que les trois échelles sont théorisées comme les facettes d’un construit commun de sévérité perçue, elles doivent manifester des intercorrélations modérées à fortes entre elles, tout en se démarquant de construits distincts. Dans l’échantillon initial d’étudiants à risque, les trois échelles ont saturé massivement sur un facteur commun unique lors d’une analyse factorielle en composantes principales avec rotation varimax (saturations factorielles de 0,76 pour l’Échelle de Peur, 0,75 pour l’Échelle d’Entrave Familiale et 0,68 pour l’Échelle de Réaction Émotionnelle), alors que les variables mesurant les connaissances factuelles sur la maladie et les comportements préventifs se regroupaient sur des facteurs entièrement séparés. Cette même configuration s’est répliquée avec succès dans les cinq autres sous-échantillons étudiés.

Validité de critère et validité prédictive liée à la théorie (Predictive & Criterion-related Validity)

Pour examiner la validité prédictive en conformité avec le Health Belief Model, Mirotznik a testé l’hypothèse selon laquelle un score élevé de sévérité perçue devait être positivement corrélé avec l’adoption de comportements préventifs concrets (mesurés par la modification effective des pratiques relationnelles et amoureuses consécutivement à l’information sur l’herpès). Les analyses corrélationnelles conduites auprès des sous-groupes d’étudiants célibataires et sexuellement actifs ont confirmé des associations statistiquement significatives et orientées dans le sens prédit par la théorie :

  • Échelle de Peur : corrélation moyenne de r = 0,25 ;
  • Échelle d’Entrave Familiale : corrélation moyenne de r = 0,17 ;
  • Échelle de Réaction Émotionnelle : corrélation moyenne de r = 0,18.

Bien que ces corrélations soient d’amplitude modeste, Mirotznik souligne que ce résultat est typique des modèles d’attitudes-comportements en psychologie de la santé, et qu’il est en grande partie imputable à l’atténuation causée par l’utilisation d’une mesure comportementale rétrospective à item unique pour le comportement préventif.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’instrument a été évaluée sous l’angle de la cohérence interne via le calcul systématique des coefficients d’alpha de Cronbach (α). Les propriétés psychométriques ont été éprouvées à travers trois vagues d’échantillonnage totalisant six sous-groupes d’analyse :

  • Échantillon 1 : 998 étudiants universitaires (college and graduate students) ;
  • Échantillon 2 : 178 résidents adultes d’une communauté thérapeutique spécialisée dans la réadaptation et le sevrage des dépendances à l’alcool et aux stupéfiants ;
  • Échantillon 3 : 439 étudiants universitaires additionnels recrutés lors d’une étude de réplication ultérieure.

Chacun de ces trois groupes a été scindé entre sujets « à risque » (célibataires et sexuellement actifs au moment de l’enquête) et sujets « non à risque », créant ainsi six sous-échantillons distincts.

Les indices de cohérence interne obtenus témoignent d’une excellente stabilité métrique de l’instrument :

  • Échelle de Peur (Fear Scale, 7 items) : L’alpha moyen à travers les six sous-groupes s’élève à α = 0,80, avec une étendue remarquable comprise entre 0,73 et 0,83 selon les strates d’échantillons.
  • Échelle d’Entrave Familiale (Family Impediment Scale, 5 items) : L’alpha moyen s’établit à α = 0,77, variant dans un intervalle resserré de 0,73 à 0,81.
  • Échelle de Réaction Émotionnelle (Emotional Response Scale, 7 items) : L’alpha moyen est de α = 0,77, s’étalant de 0,75 à 0,82.

D’un point de vue comparatif, Mirotznik a observé que la fidélité de l’instrument était légèrement supérieure au sein des populations étudiantes universitaires par rapport aux résidents de la communauté thérapeutique pour toxicodépendances. Cette fluctuation marginale est attribuée aux disparités de niveaux d’alphabétisation fonctionnelle, d’habileté cognitive verbale et de concentration au sein des cohortes de réhabilitation clinique.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle du GHPSS a été examinée au moyen d’analyses en composantes principales (ACP) suivies de rotations orthogonales Varimax (Mirotznik, 1991). L’ambition analytique était de clarifier le positionnement structural des trois échelles au sein de la matrice globale des attitudes et des conduites sexuelles liées à l’herpès génital.

Dans l’analyse princeps menée sur le sous-groupe des étudiants à risque (n = 998 initialement subdivisé), la matrice des corrélations factorielles a confirmé une partition dimensionnelle remarquablement nette :

  • Facteur 1 — Sévérité psychosociale perçue (Construit GHPSS) : Les trois échelles ont présenté de fortes saturations factorielles convergentes sur ce premier facteur majeur : 0,76 pour l’Échelle de Peur, 0,75 pour l’Échelle d’Entrave Familiale, et 0,68 pour l’Échelle de Réaction Émotionnelle. Ce facteur absorbait la majeure partie de la variance commune relative aux représentations affectives et identitaires négatives de la maladie.
  • Facteur 2 — Connaissances épidémiologiques et biomédicales : Les indicateurs mesurant le savoir factuel objectif (modes de transmission, virémie, asymptomatologie) ont saturé exclusivement sur une seconde dimension distincte, démontrant l’indépendance orthogonale entre la détention d’informations factuelles et l’angoisse de sévérité perçue.
  • Facteur 3 — Comportements préventifs autodéclarés : Les items capturant les modifications concrètes de l’activité relationnelle se sont regroupés sur un troisième axe.

L’itération de cette même analyse factorielle exploratoire sur l’ensemble des cinq autres sous-échantillons (y compris chez les participants de communautés thérapeutiques et les sous-groupes non à risque) a démontré une invariance de configuration substantielle, reproduisant systématiquement la même structure factorielle tripartite. Ces observations soutiennent la légitimité conceptuelle de traiter les trois échelles soit comme trois composantes analytiques autonomes, soit de les combiner au sein d’une note composite de sévérité globale.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report paper-and-pencil or computerized questionnaire).
  • Format d’administration : Papier-crayon individuel ou collectif, ou administration informatisée. Les sujets peuvent entourer directement leur choix ou remplir des grilles de lecture optique standardisées mécanisables.
  • Temps de passation : Rapide et économique, estimé à environ 5 minutes pour la passation complète des trois échelles.
  • Nombre total d’items : 19 items répartis en trois sous-échelles :
    • Échelle de Peur (Fear Scale) : 7 items.
    • Échelle d’Entrave Familiale (Family Impediment Scale) : 5 items.
    • Échelle de Réaction Émotionnelle (Emotional Response Scale) : 7 items.
  • Échelles de réponse :
    • Échelle de Peur : Échelle ordinale de type Likert en 6 points, allant de 1 = Fortement en désaccord (Strongly disagree) à 6 = Fortement d’accord (Strongly agree).
    • Échelle d’Entrave Familiale : Échelle ordinale de type Likert en 6 points, allant de 1 = Pas difficile du tout (Not difficult at all) à 6 = Très difficile (Very difficult).
    • Échelle de Réaction Émotionnelle : Échelle ordinale de type Likert en 4 points : 1 = Ne réagirait pas avec cette émotion (Not react with the emotion), 2 = Ressentirait légèrement l’émotion (Mildly feel the emotion), 3 = Ressentirait modérément l’émotion (Moderately feel the emotion), 4 = Ressentirait fortement l’émotion (Strongly experience the emotion).
  • Procédure de cotation et de calcul des scores (Scoring) :
    • Tous les items au sein de chaque échelle et entre les échelles sont formulés dans la même direction (polarité positive directe) : un score numérique élevé reflète une sévérité perçue accrue, une anxiété stigmatisante plus forte et une détresse affective supérieure.
    • Pour chaque sous-échelle, le score total est calculé en effectuant la somme des valeurs attribuées aux items complétés, divisée par le nombre effectif d’items répondus (calcul d’un score moyen par échelle).
    • Ce mode de calcul présente l’avantage psychométrique de maintenir le score final dans la même amplitude d’échelle que les items initiaux (de 1 à 6 pour les deux premières échelles, de 1 à 4 pour la troisième), tout en neutralisant automatiquement le biais des données manquantes (missing items adjustment).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception originale : 1991 (publication princeps dans le Journal of Psychology and Human Sexuality).
  • Statut du droit d’auteur et permissions : Les échelles ont été publiées à des fins de recherche fondamentale et appliquée dans le domaine académique. L’utilisation du questionnaire dans le cadre de recherches universitaires non commerciales, de thèses doctorales ou d’évaluations épidémiologiques en santé publique est généralement autorisée à condition de citer formellement les publications de référence de Jerrold Mirotznik (1991).
  • Tarifs d’utilisation : Aucun coût de licence ni redevance commerciale n’est requis pour l’accès aux items dans le contexte de la recherche académique standard.
  • Contact institutionnel historique :
    Jerrold Mirotznik, Ph.D.
    Office of the Associate Provost, Brooklyn College
    2900 Bedford Avenue, Brooklyn, NY 11210, USA
    Courriel : [email protected]

12. Références / References

Les références bibliographiques suivantes sont présentées selon les normes de l’American Psychological Association (APA 7e édition) :

  • Aral, S. O., Cates, W., & Jenkins, W. C. (1985). Genital herpes: Does knowledge lead to action? American Journal of Public Health, 75(1), 69–71. https://doi.org/10.2105/ajph.75.1.69
  • Goffman, E. (1963). Stigma: Notes on the management of spoiled identity. Prentice-Hall.
  • Janz, N. K., & Becker, M. H. (1984). The Health Belief Model: A decade later. Health Education Quarterly, 11(1), 1–47. https://doi.org/10.1177/109019818401100101
  • Mirotznik, J. (1991). Genital herpes: A survey of the attitudes, knowledge, and reported behaviors of college students at-risk for infection. Journal of Psychology and Human Sexuality, 4(3), 73–99. https://doi.org/10.1300/J056v04n03_06
  • Nunnally, J. C. (1978). Psychometric theory (2nd ed.). McGraw-Hill.
  • Simkins, L., & Eberhage, M. G. (1984). Attitudes toward AIDS, herpes II, and toxic shock syndrome. Psychological Reports, 55(3), 779–786. https://doi.org/10.2466/pr0.1984.55.3.779
  • Simkins, L., & Kushner, A. (1986). Attitudes toward AIDS, herpes II, and toxic shock syndrome: Two years later. Psychological Reports, 59(2), 883–891. https://doi.org/10.2466/pr0.1986.59.2.883

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: The following items measure your beliefs about genital herpes. Some of the questions concern your views about others who have contracted the virus and the general consequences of infection. Other questions concern how you would personally react if you contracted the virus. For each item, please circle the response option that best corresponds to your feelings.
1

Genital herpes will ruin your sex life.
2

Having genital herpes is as bad as having cancer.
3

No one will want me if I had genital herpes.
4

Genital herpes is a dirty disease.
5

I would not trust anybody who has genital herpes.
6

My opinion of a person would change if I found out he/she had genital herpes.
★

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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelles de sévérité perçue de l’herpès génital. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelles-severite-percue-herpes-genital-ghpss
Looti, Mohammed. “Échelles de sévérité perçue de l’herpès génital.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelles-severite-percue-herpes-genital-ghpss.
Looti, Mohammed. “Échelles de sévérité perçue de l’herpès génital.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelles-severite-percue-herpes-genital-ghpss.