Échelles d’inhibition sexuelle/d’excitation sexuelle — Forme abrégée

Présentation psychométrique complète des Échelles d’inhibition sexuelle/d’excitation sexuelle — Forme abrégée (SIS/SES-SF) : cadre théorique du double contrôle, fidélité, validité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Les Échelles d’inhibition sexuelle/d’excitation sexuelle — Forme abrégée (Sexual Inhibition/Sexual Excitation Scales—Short Form, SIS/SES-SF) constituent un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour opérationnaliser et mesurer les propensions individuelles à l’excitation et à l’inhibition sexuelles selon les postulats du modèle du double contrôle (Dual Control Model) développé par John Bancroft et Erick Janssen. Dérivée de la version originale en 45 items (Janssen et al., 2002 ; Carpenter et al., 2008), cette forme courte comprend 14 items soigneusement sélectionnés au moyen d’analyses factorielles confirmatoires multi-groupes et de modélisations par équations structurelles afin de garantir une stricte invariance de mesure (invariance factorielle, métrique et scalaire) entre les hommes et les femmes.

L’instrument conserve l’architecture tri-factorielle validée du modèle théorique original, articulée autour de trois sous-échelles distinctes : l’excitation sexuelle (Sexual Excitation, SES ; 6 items), qui quantifie la réactivité de l’excitation face à des stimuli érotiques et des interactions sociales ; l’inhibition sexuelle 1 (Sexual Inhibition 1, SIS1 ; 4 items), qui évalue la propension à la désactivation de l’excitation en réponse à la menace d’un échec de performance ou à des distractions cognitives ; et l’inhibition sexuelle 2 (Sexual Inhibition 2, SIS2 ; 4 items), qui mesure la suppression de la réponse érotique face aux conséquences négatives externes potentielles, telles que le risque d’infection sexuellement transmissible ou la possibilité d’être surpris. Les items sont évalués à l’aide d’une échelle ordinale en 4 points, inversée lors de la cotation.

Sur le plan métrologique, le SIS/SES-SF présente des corrélations remarquablement élevées avec la version intégrale de 45 items (r = 0,90 pour SES, r = 0,80 pour SIS1 et SIS2 chez les deux sexes), confirmant la préservation de l’intégrité du construit d’origine. La stabilité temporelle test-retest est satisfaisante, avec des coefficients variant de 0,61 à 0,75 sur des intervalles de 32 à 48 jours. La validité convergente et discriminante est corroborée par des corrélations cohérentes avec des construits de personnalité générale (BIS/BAS de Carver et White, extraversion et névrosisme d’Eysenck, évitement du danger de Tellegen) et des mesures sexologiques spécifiques (orientation sociosexuelle, érotophobie-érotophilie). Cet outil s’avère particulièrement adapté à la recherche épidémiologique à grande échelle, aux protocoles neuroscientifiques contraignants et à l’évaluation clinique rapide des dysfonctions sexuelles et des comportements sexuels à risque.

2. Mots-clés / Keywords

Échelles d’inhibition sexuelle/d’excitation sexuelle, SIS/SES-SF, Modèle du double contrôle, Excitation sexuelle, Inhibition sexuelle, Invariance de mesure, Psychométrie, Santé sexuelle, Dysfonction érectile, Comportements sexuels à risque, Évaluation psychologique, Neurobiologie de la sexualité, Différences de genre, Modélisation par équations structurelles.

3. Auteurs / Authors

La forme abrégée des Échelles d’inhibition sexuelle/d’excitation sexuelle a été élaborée et validée par une équipe internationale de chercheurs de premier plan en sexologie, en psychologie clinique et en méthodologie psychométrique :

  • Deanna L. Carpenter, Ph.D. : Département de psychologie, Christopher Newport University, Newport News, Virginie, États-Unis. Spécialiste de la psychométrie appliquée à la santé sexuelle et des disparités de genre dans la réactivité sexuelle.
  • Erick Janssen, Ph.D. : The Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction, Indiana University, Bloomington, États-Unis (actuellement affilié à l’Institute for Family and Sexuality Studies, KU Leuven, Belgique). Co-fondateur du modèle du double contrôle et chercheur de renommée mondiale sur les mécanismes biopsychosociaux de la réponse érotique. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Cynthia A. Graham, Ph.D. : Warneford Hospital, University of Oxford, Royaume-Uni (également professeure émérite à l’Université de Southampton). Experte clinique des troubles du désir et de l’excitation chez la femme, co-conceptrice des instruments dérivés du modèle du double contrôle pour la population féminine.
  • Harrie C. M. Vorst, Ph.D. : Département de méthodologie et de psychologie, Université d’Amsterdam, Pays-Bas. Psychométricien expert en modélisation factorielle et en développement de questionnaires standardisés.
  • Jelte M. Wicherts, Ph.D. : Département de méthodologie et d’analyse des données, Université de Tilburg, Pays-Bas (anciennement à l’Université d’Amsterdam). Spécialiste internationalement reconnu de l’équivalence de mesure, des biais méthodologiques et des modélisations factorielles confirmatoires multi-groupes (MGCFA).

4. Objectif / Purpose

Finalité et justification théorique

Les Échelles d’inhibition sexuelle/d’excitation sexuelle — Forme abrégée (SIS/SES-SF) ont été développées afin de répondre à un défi méthodologique et clinique majeur : fournir une mesure brève, psychométriquement robuste et strictement équivalente entre les sexes des propensions neuropsychologiques sous-tendant la réactivité sexuelle humaine. La version princeps du questionnaire, développée par Janssen, Vorst, Finn et Bancroft (2002), comportait 45 items et avait initialement été étalonnée principalement auprès d’échantillons masculins. Bien que cette échelle originale ait considérablement fait progresser l’investigation empirique du modèle du double contrôle, des études subséquentes menées auprès de populations féminines (Carpenter et al., 2008) ont révélé que plusieurs items présentaient des fonctionnements différentiels selon le genre (Differential Item Functioning, DIF), remettant en cause la stricte comparabilité directe des scores bruts entre hommes et femmes.

L’objectif fondamental de Carpenter et ses collaborateurs lors de la création de la forme courte était donc de concevoir une version condensée qui éliminerait les biais de mesure liés au sexe tout en préservant la richesse théorique et la précision diagnostique des facteurs d’excitation et d’inhibition. La construction du SIS/SES-SF repose sur une sélection rigoureuse d’items manifestant une invariance métrique et scalaire complète, permettant ainsi aux chercheurs et cliniciens de comparer directement les moyennes latentes des hommes et des femmes sans distorsion psychométrique attribuable à des formulations d’items asymétriquement idiosyncrasiques.

Applications en recherche et en pratique clinique

Le champ d’application du SIS/SES-SF s’étend à plusieurs domaines cruciaux de la psychologie, de la psychiatrie et de la sexologie médicale :

  • Recherche translationnelle et neurosciences affectives : En réduisant le fardeau de passation de 45 à 14 items (durée moyenne d’administration inférieure à 5 minutes), l’échelle s’intègre harmonieusement dans des protocoles expérimentaux lourds, tels que l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), les enregistrements psychophysiologiques génitaux (pléthysmographie pénienne, photopléthysmographie vaginale) ou les études écologiques momentanées (Ecological Momentary Assessment, EMA) répétées sur smartphone.
  • Évaluation et prise en charge des dysfonctions sexuelles : En sexologie clinique, un profil caractérisé par un score élevé à l’inhibition sexuelle 1 (SIS1) constitue un indicateur prépondérant de vulnérabilité aux dysfonctions érectiles psychogènes, à l’éjaculation prématurée ou retardée chez l’homme, ainsi qu’aux troubles de l’excitation et à l’anorgasmie chez la femme. Le clinicien peut ainsi cibler ses interventions cognitivo-comportementales (par exemple, la focalisation sensorielle de Masters et Johnson ou la restructuration cognitive de l’anxiété de performance).
  • Prévention des conduites sexuelles à risque et de l’hypersexualité : À l’inverse, une configuration combinant un score élevé en excitation sexuelle (SES) et des scores particulièrement faibles en inhibition sexuelle 2 (SIS2) est empiriquement associée à des prises de risques délibérées : rapports non protégés avec des partenaires occasionnels, exposition accrue aux infections sexuellement transmissibles (IST/VIH), et manifestations du trouble du comportement sexuel compulsif (hypersexualité). L’échelle offre ainsi une valeur pronostique de premier ordre en santé publique.

5. Construit psychologique / Construct

Le SIS/SES-SF opérationnalise la réponse sexuelle humaine non pas comme un phénomène unidimensionnel homogène, mais comme le produit dynamique de deux processus neurophysiologiques indépendants : l’excitation sexuelle (activation) et l’inhibition sexuelle (freinage). L’inhibition est elle-même subdivisée en deux composantes qualitatives distinctes selon la nature de la menace perçue. L’échelle mesure donc précisément trois dimensions fondamentales :

1. Excitation sexuelle (Sexual Excitation – SES)

La sous-échelle SES (6 items dans la forme abrégée) mesure la sensibilité générale du sujet aux déclencheurs de l’excitation sexuelle. Elle reflète la facilité, l’intensité et la rapidité avec lesquelles un individu entre dans un état d’activation érotique face à des stimuli variés de l’environnement social ou physique. Dans le SIS/SES-SF, les items retenus mettent l’accent sur les déclencheurs relationnels et interactifs partagés de manière égale par les deux genres :

  • Stimulation par contact tactile fortuit : Réactivité corporelle immédiate lorsqu’une personne attirante effleure l’individu (Item 1).
  • Stimuli auditifs et vocaux : Éveil érotique suscité par l’écoute d’une voix sensuelle lors d’une conversation téléphonique (Item 3).
  • Stimuli visuels et fantasmatiques : Activation induite par la vue d’une personne séduisante (Item 8) ou par l’évocation mentale délibérée de scénarios érotiques (Item 10).
  • Indices de réceptivité sociale et flirt : Réactivité accrue face aux comportements de séduction actifs émanant d’autrui (Item 14) et observation de comportements érotiques chez des tiers (Item 11).

2. Inhibition sexuelle 1 : Menace d’échec de performance (Sexual Inhibition 1 – SIS1)

La sous-échelle SIS1 (4 items) quantifie la propension à voir l’excitation sexuelle diminuer ou s’interrompre en présence de facteurs intrapsychiques liés à l’anxiété de performance, à la distraction cognitive et à la perte de focalisation sensorielle. Ce mécanisme d’inhibition est intrinsèque au déroulement de l’acte intime :

  • Sensibilité à la distraction cognitive et environnementale : La survenue d’une pensée parasite non érotique (Item 12) ou la présence de bruits ambiants (télévision, musique, conversations périphériques ; Item 13) entraîne une baisse rapide de l’érection ou de la lubrification/turgescence génitale.
  • Hyper-focalisation attentionnelle contraignante : L’incapacité d’atteindre l’excitation sans un centrage exclusif et laborieux sur la stimulation érotique (Item 4).
  • Peur anticipatoire de la défaillance : Urgence d’engager le coït immédiatement dès l’apparition de l’excitation par crainte aiguë que celle-ci ne s’estompe prématurément (Item 9).

3. Inhibition sexuelle 2 : Menace des conséquences de performance (Sexual Inhibition 2 – SIS2)

La sous-échelle SIS2 (4 items) évalue la désactivation de l’excitation sexuelle provoquée par la perception de dangers externes, de sanctions sociales ou de conséquences dommageables associées à l’acte sexuel. Contrairement à SIS1 qui porte sur la mécanique de l’acte, SIS2 représente un mécanisme adaptatif de protection contre les périls environnementaux :

  • Vulnérabilité au regard d’autrui et risque d’exposition : Chute de l’excitation en contexte extérieur isolé si un observateur potentiel est suspecté à proximité (Item 2) ou certitude de désactivation érotique si l’acte peut être vu par des tiers (Item 7).
  • Menace d’interruption intempestive : Perte de l’érection ou de l’excitation lors de la masturbation solitaire si la survenue inattendue d’un tiers dans la pièce est jugée probable (Item 5).
  • Perception du risque sanitaire : Suppression immédiate de la réponse sexuelle dès la prise de conscience d’un risque potentiel de contracter une infection sexuellement transmissible (Item 6).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Fondements du modèle du double contrôle

Le cadre conceptuel gouvernant le SIS/SES-SF est le modèle du double contrôle (Dual Control Model) de la réponse sexuelle, formalisé au tournant des années 2000 par les chercheurs du Kinsey Institute, John Bancroft et Erick Janssen (Bancroft & Janssen, 2000 ; Janssen et al., 2002 ; Bancroft et al., 2009). Ce modèle postule que la réponse sexuelle humaine n’est pas régie par un processus d’activation unique oscillant le long d’un continuum passif, mais émerge plutôt d’une interaction dynamique, continue et antagoniste entre deux systèmes neurobiologiques centraux :

  1. Un système d’excitation sexuelle (Sexual Excitation System, SES), qui agit comme un accélérateur physiologique en détectant les indices sexuellement pertinents et en déclenchant la cascade neuro-végétative conduisant à la vasocongestion génitale et au plaisir érotique.
  2. Un système d’inhibition sexuelle (Sexual Inhibition System, SIS), qui fonctionne comme un frein central en désactivant la réponse sexuelle lorsque l’environnement immédiat signale un danger, une menace sociale, un contexte inapproprié ou une anxiété adaptative.

D’un point de vue évolutif, l’existence d’un système d’inhibition robuste est indispensable à la survie de l’organisme. Bien que l’excitation sexuelle soit nécessaire à la reproduction, l’engagement dans un accouplement implique une vulnérabilité physique et attentionnelle extrême. Les mécanismes de freinage central (SIS) ont été sélectionnés au cours de l’évolution pour permettre à l’individu de suspendre instantanément son activité reproductrice en présence de prédateurs, de rivaux agressifs ou de conditions écologiques défavorables.

Substrats neurobiologiques et neurochimiques

Le modèle du double contrôle s’enracine dans les théories des neurosciences comportementales, en particulier le modèle d’activation et d’inhibition comportementale (BIS/BAS) de Jeffrey Gray (1987) et les travaux de Carver et White (1994). Sur le plan neurochimique, Bancroft et Janssen proposent que :

  • L’excitation sexuelle est principalement médiée par les voies mésolimbiques et médiales préoptiques dopaminergiques, ainsi que par les systèmes oxytocinergiques, les récepteurs mélanocortinergiques centraux et le monoxyde d’azote périphérique.
  • L’inhibition sexuelle est quant à elle sous-tendue par des transmissions sérotoninergiques descendantes (notamment via les récepteurs 5-HT2C), les voies noradrénergiques liées au système nerveux sympathique (réponse de stress face au danger) et les circuits gabaergiques du cortex préfrontal inhibant les structures limbiques sous-corticales.

Dans cette perspective théorique, les individus possèdent des seuils génétiquement et biologiquement déterminés de réactivité pour chacun de ces deux systèmes. L’indépendance orthogonale du SES et du SIS implique qu’une personne peut simultanément posséder une propension très élevée à l’excitation et une propension tout aussi élevée à l’inhibition (provoquant des conflits internes intenses et des blocages érectiles soudains), ou au contraire un profil à faible excitation et faible inhibition, ou encore toute autre combinaison orthogonale.

7. Validité / Validity

Invariance de mesure et validité de construit

La validité de construit du SIS/SES-SF a été rigoureusement démontrée par Carpenter, Janssen, Graham, Vorst et Wicherts (2008) à partir d’une cohorte imposante de 2 045 étudiants de premier cycle de l’Université de l’Indiana (1 067 femmes et 978 hommes, âge moyen = 19,8 ans). En utilisant la modélisation par équations structurelles sous LISREL, les auteurs ont conduit des analyses factorielles confirmatoires multi-groupes (MGCFA).

Alors que la version longue de 45 items comportait des éléments dont les résidus et les ordonnées à l’origine (intercepts) variaient selon le sexe (notamment les items relatifs à la douleur coïtale ou à la grossesse, pertinents quasi exclusivement pour les femmes, ou les items relatifs au souci de satisfaire sexuellement la partenaire, plus saillants chez les hommes), la solution à 14 items a démontré une invariance de mesure stricte. Les saturations factorielles (invariance métrique) et les seuils d’items (invariance scalaire) se sont avérés parfaitement équivalents entre hommes et femmes, garantissant que les différences de scores observées entre genres reflètent d’authentiques variations au niveau des construits latents et non des artéfacts de mesure.

Différences de groupes connues (Validité liée au critère)

Conformément aux prédictions dérivées de la théorie du double contrôle et de la psychologie évolutionniste, des différences significatives et robustes entre les sexes ont été documentées sur les trois sous-échelles du SIS/SES-SF (toutes à p < 0,001) :

  • Excitation sexuelle (SES) : Les hommes obtiennent des scores significativement plus élevés (M = 17,1 ; ET = 2,8) que les femmes (M = 15,0 ; ET = 2,8).
  • Inhibition sexuelle 1 (SIS1) : Les femmes obtiennent des scores légèrement mais significativement plus élevés (M = 8,7 ; ET = 1,8) que les hommes (M = 8,2 ; ET = 1,9).
  • Inhibition sexuelle 2 (SIS2) : Les femmes rapportent des niveaux d’inhibition face aux conséquences externes substantiellement plus élevés (M = 12,0 ; ET = 2,3) que leurs homologues masculins (M = 10,5 ; ET = 2,1).

Validité convergente et discriminante

La validité convergente et discriminante a été examinée auprès d’un sous-échantillon de 141 femmes et 532 hommes ayant complété une batterie de questionnaires validés :

  • Personnalité générale (BIS/BAS de Carver & White, 1994) : Le facteur SES est positivement corrélé avec l’activation comportementale (BAS Drive, BAS Fun Seeking, BAS Reward Responsiveness ; corrélations variant de 0,20 à 0,35 chez les hommes et de 0,13 à 0,28 chez les femmes). Inversement, SIS2 présente une corrélation positive spécifique avec l’inhibition comportementale générale (BIS ; r = 0,26 chez les femmes, r = 0,25 chez les hommes), illustrant sa nature de frein protecteur.
  • Orientation sociosexuelle (SOI de Simpson & Gangestad, 1991) : La dimension SES est positivement associée à une sociosexualité sans engagement (r = 0,24 chez les hommes), tandis que SIS2 y est négativement corrélée (r = -0,27 chez les femmes, r = -0,16 chez les hommes), confirmant que l’inhibition face aux conséquences réprime les comportements sexuels fortuits.
  • Érotophobie-Érotophilie (SOS de Fisher et al., 1988) : L’érotophilie est corrélée positivement avec SES et négativement avec SIS1 et SIS2.
  • Désirabilité sociale (SDSR-5 de Hays et al., 1989) : Les corrélations entre les dimensions du SIS/SES-SF et l’échelle de désirabilité sociale sont très faibles (variant de -0,23 à 0,10), démontrant une excellente indépendance vis-à-vis des biais de complaisance sociale.

8. Fidélité / Reliability

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité temporelle de la forme courte a été évaluée auprès d’un sous-échantillon de 50 hommes et 51 femmes ayant rempli le questionnaire à deux reprises, avec un intervalle moyen de passation de 32 jours pour les femmes et de 48 jours pour les hommes (Carpenter et al., 2008). Après exclusion statistique de trois observations aberrantes multivariées, les coefficients de corrélation test-retest de Pearson ont mis en évidence une stabilité temporelle satisfaisante pour un format abrégé en 14 items :

  • Chez les femmes :
    • Excitation sexuelle (SES) : r = 0,61 (p < 0,001)
    • Inhibition sexuelle 1 (SIS1) : r = 0,61 (p < 0,001)
    • Inhibition sexuelle 2 (SIS2) : r = 0,63 (p < 0,001)
  • Chez les hommes :
    • Excitation sexuelle (SES) : r = 0,75 (p < 0,001)
    • Inhibition sexuelle 1 (SIS1) : r = 0,66 (p < 0,001)
    • Inhibition sexuelle 2 (SIS2) : r = 0,65 (p < 0,001)

Équivalence avec l’instrument original (Fidélité de forme parallèle)

La fidélité de substitution entre la version longue originale de 45 items et la forme abrégée de 14 items a été rigoureusement attestée. Les coefficients de corrélation linéaire entre les sous-échelles homologues des deux versions sont exceptionnellement élevés et strictement identiques chez les hommes et chez les femmes :

  • SES (45 items) avec SES-SF (6 items) : r = 0,90 (hommes et femmes)
  • SIS1 (45 items) avec SIS1-SF (4 items) : r = 0,80 (hommes et femmes)
  • SIS2 (45 items) avec SIS2-SF (4 items) : r = 0,80 (hommes et femmes)

Ces niveaux de convergence démontrent que la réduction draconienne de plus de 68 % du nombre d’items n’entraîne qu’une déperdition minime de variance vraie, garantissant une estimation fidèle des traits sous-jacents.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Démarche méthodologique de réduction d’items

Le développement du SIS/SES-SF s’est fondé sur une procédure séquentielle combinant analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) à l’aide du progiciel LISREL. Le modèle à trois facteurs orthogonaux établi par Janssen et al. (2002) pour les hommes a d’abord été appliqué à l’ensemble des 45 items chez les femmes (Carpenter et al., 2008). Cette analyse a mis en évidence que, bien que la structure globale à trois facteurs demeure pertinente chez les deux sexes, 26 items présentaient soit des saturations croisées indésirables, soit des variances résiduelles hétérogènes, soit des différences marquées au niveau des seuils d’interception selon le genre.

Une première phase de réduction a identifié un sous-ensemble de 19 items affichant des saturations factorielles équivalentes pour les deux groupes. Cependant, des tests stricts d’invariance de mesure ont révélé que 5 de ces items maintenaient un fonctionnement différentiel. Ces items concernaient spécifiquement des thématiques asymétriques : le souci d’assurer la satisfaction génitale du partenaire (hautement discriminant pour SIS1 chez les hommes, mais polysémique chez les femmes) et les craintes relatives à la douleur ou à une grossesse non désirée (hautement discriminantes pour SIS2 chez les femmes, mais inopérantes chez les hommes).

Structure factorielle finale de la solution à 14 items

L’élimination de ces items asymétriques a conduit à la solution définitive à 14 items, laquelle respecte les trois niveaux d’invariance factorielle multivariée :

  • Invariance configurales : Les trois facteurs latents (SES, SIS1, SIS2) organisent les mêmes configurations de variables manifestes chez les deux genres.
  • Invariance métrique (faible) : Les saturations factorielles ($lambda$) de chaque item sur son facteur respectif sont statistiquement indifférenciables entre hommes et femmes ($\Delta\chi^2$ non significatif). Les saturations standardisées s’échelonnent de 0,48 à 0,76.
  • Invariance scalaire (forte) : Les seuils d’interception des items ($ au$) sont équivalents entre les groupes, autorisant formellement la comparaison directe des moyennes de scores observés.

L’organisation factorielle définitive se distribue comme suit :

  • Facteur 1 : Excitation sexuelle (SES) — 6 items (Items 1, 3, 8, 10, 11, 14). Ce facteur capture les processus d’amplification érotique face à des stimuli interactifs et sociaux.
  • Facteur 2 : Inhibition liée à l’échec de performance (SIS1) — 4 items (Items 4, 9, 12, 13). Ce facteur regroupe les indicateurs d’anxiété intrapsychique, de distractibilité cognitive et d’instabilité attentionnelle.
  • Facteur 3 : Inhibition liée aux conséquences (SIS2) — 4 items (Items 2, 5, 6, 7). Ce facteur rassemble les items modélisant la réaction d’inhibition face au risque sanitaire, à l’intrusion sociale ou à la visibilité publique.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Sexual Inhibition/Sexual Excitation Scales—Short Form (SIS/SES-SF)
  • Traduction française de référence : Échelles d’inhibition sexuelle/d’excitation sexuelle — Forme abrégée
  • Nature de l’outil : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation standardisé (papier-crayon ou informatisé)
  • Population cible : Adultes (hommes et femmes, à partir de 18 ans) en population générale ou clinique
  • Nombre d’items : 14 items
  • Format de passation et timing : Auto-administration individuelle en environ 5 minutes
  • Échelle de réponse initiale : Échelle de Likert ordinale en 4 points lors de la passation :
    • 1 = Tout à fait d’accord (Strongly Agree)
    • 2 = D’accord (Disagree – libellé initial)
    • 3 = Pas d’accord (Agree – libellé initial)
    • 4 = Tout à fait en désaccord (Strongly Disagree)
  • Procédure de cotation obligatoire (Recodage) :

    Pour coter le SIS/SES-SF : recoder d’abord tous les items de sorte que 1 = Tout à fait en désaccord, 2 = Pas d’accord, 3 = D’accord et 4 = Tout à fait d’accord (soit la transformation algorithmique directe : 1 = 4, 2 = 3, 3 = 2, 4 = 1). Calculer ensuite les scores par sommation brute :

    • Score SES (Excitation sexuelle) : Somme des items recodés 1, 3, 8, 10, 11 et 14 (Étendue des scores possibles : 6 à 24).
    • Score SIS1 (Inhibition 1 – Menace d’échec) : Somme des items recodés 4, 9, 12 et 13 (Étendue des scores possibles : 4 à 16).
    • Score SIS2 (Inhibition 2 – Menace des conséquences) : Somme des items recodés 2, 5, 6 et 7 (Étendue des scores possibles : 4 à 16).
  • Traitement des données manquantes : En présence d’omissions mineures, il est possible d’imputer la moyenne des items restants de la sous-échelle concernée ; néanmoins, le rejet des protocoles incomplets demeure la recommandation méthodologique privilégiée.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 2008 (publication des données d’invariance et de la structure abrégée par Carpenter, Janssen, Graham, Vorst et Wicherts).
  • Statut des droits d’auteur : Propriété intellectuelle des auteurs (The Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction / The Society for the Scientific Study of Sexuality).
  • Modalités d’accès et tarifs : L’instrument est accessible gratuitement (sans redevance) à des fins de recherche académique, d’enseignement universitaire et de pratique clinique non commerciale. Les chercheurs souhaitant utiliser le SIS/SES-SF sont autorisés à reproduire les items tels que publiés dans les revues académiques à comité de lecture, sous réserve de citer scrupuleusement les publications originales de référence.
  • Contact et autorisations spécifiques : Pour toute adaptation culturelle, traduction linguistique officielle ou intégration dans des essais cliniques industriels sponsorisés, une demande d’autorisation formelle doit être adressée au Kinsey Institute (kinseyinstitute.org) ou directement au Pr. Erick Janssen.

12. Références / References

Les références suivantes documentent la conceptualisation théorique, le développement métrologique et la validation empirique du SIS/SES-SF :

  • Bancroft, J., Graham, C. A., Janssen, E., & Sanders, S. A. (2009). The dual control model: Current status and future directions. The Journal of Sex Research, 46(2-3), 121–142. https://doi.org/10.1080/00224490902747222
  • Bancroft, J., & Janssen, E. (2000). The dual control model of male sexual response: A theoretical approach to centrally mediated erectile dysfunction. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 24(5), 571–579. https://doi.org/10.1016/S0149-7634(00)00024-5
  • Carpenter, D. L., Janssen, E., Graham, C. A., Vorst, H., & Wicherts, J. M. (2008). Women’s scores on the Sexual Inhibition/Sexual Excitation Scales (SIS/SES): Gender similarities and differences. The Journal of Sex Research, 45(1), 36–48. https://doi.org/10.1080/00224490701808076
  • Carver, C. S., & White, T. L. (1994). Behavioral inhibition, behavioral activation, and affective responses to impending reward and punishment: The BIS/BAS Scales. Journal of Personality and Social Psychology, 67(2), 319–333. https://doi.org/10.1037/0022-3514.67.2.319
  • Eysenck, H. J., & Eysenck, S. B. G. (1975). Manual of the Eysenck Personality Questionnaire. Hodder & Stoughton.
  • Fisher, W. A., Byrne, D., White, L. A., & Kelley, K. (1988). Erotophobia-erotophilia as a dimension of personality. The Journal of Sex Research, 25(1), 123–151. https://doi.org/10.1080/00224498809551448
  • Graham, C. A., Sanders, S. A., & Milhausen, R. R. (2006). The Sexual Excitation/Sexual Inhibition Inventory for Women: Psychometric properties. Archives of Sexual Behavior, 35(4), 397–409. https://doi.org/10.1007/s10508-006-9041-7
  • Hays, R. D., Hayashi, T., & Stewart, A. L. (1989). A five-item measure of socially desirable response set. Educational and Psychological Measurement, 49(3), 629–636. https://doi.org/10.1177/001316448904900315
  • Holm, S. (1979). A simple sequentially rejective multiple test procedure. Scandinavian Journal of Statistics, 6(2), 65–70. https://www.jstor.org/stable/4615733
  • Janssen, E., Vorst, H., Finn, P., & Bancroft, J. (2002). The Sexual Inhibition (SIS) and Sexual Excitation (SES) Scales: I. Measuring sexual inhibition and excitation proneness in men. The Journal of Sex Research, 39(2), 114–126. https://doi.org/10.1080/00224490209552130
  • Simpson, J. A., & Gangestad, S. W. (1991). Individual differences in sociosexuality: Evidence for convergent and discriminant validity. Journal of Personality and Social Psychology, 60(6), 870–883. https://doi.org/10.1037/0022-3514.60.6.870
  • Tellegen, A., & Waller, N. G. (1994). Exploring personality through test construction: Development of a multidimensional personality questionnaire. In S. R. Briggs & J. M. Cheek (Eds.), Personality measures: Development and evaluation (Vol. 1, pp. 133–161). Jai Press.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instructions: In this questionnaire you will find statements about how you might react to various sexual situations, activities, or behaviors. Obviously, how you react will often depend on the circumstances, but we are interested in what would be the most likely reaction for you. Please read each statement carefully and decide how you would be most likely to react. Then circle the number that corresponds with your answer. Please try to respond to every statement. Sometimes you may feel that none of the responses seems completely accurate. Sometimes you may read a statement that you feel is “not applicable.” In these cases, please circle the response you would choose if it were applicable to you. In many statements you will find words describing reactions such as “sexually aroused,” or sometimes just “aroused.” With these words we mean to describe “feelings of sexual excitement,” feeling “sexually stimulated,” “horny,” “hot,” or “turned on.” Don’t think too long before answering. Please give your first reaction. Try to not skip any questions. Try to be as honest as possible.

Response Scale:
1 = Strongly Agree
2 = Agree
3 = Disagree
4 = Strongly Disagree

(Scoring Note: To score the SIS/SES-SF: first, recode all items so that 1 = Strongly Disagree, 2 = Disagree, 3 = Agree, and 4 = Strongly Agree [i.e., 1 = 4, 2 = 3, 3 = 2, 4 = 1]. Then, add responses to Items 1, 3, 8, 10, 11, and 14 for SES; add responses to Items 4, 9, 12, and 13 for SIS1; and add responses to Items 2, 5, 6, and 7 for SIS2. This scheme will result in scores ranging from 6 to 24 for SES, and 4 to 16 for SIS1 and SIS2. Missing data can be handled by substituting the mean score for remaining items from that subscale, but discarding incomplete data is preferable.)

  1. When a sexually attractive stranger accidentally touches me, I easily become aroused.
  2. If I am having sex in a secluded, outdoor place and I think that someone is nearby, I am not likely to get very aroused.
  3. When I talk to someone on the telephone who has a sexy voice, I become sexually aroused.
  4. I cannot get aroused unless I focus exclusively on sexual stimulation.
  5. If I am masturbating on my own and I realize that someone is likely to come into the room at any moment, I will lose my erection/my sexual arousal.
  6. If I realize there is a risk of catching a sexually transmitted disease, I am unlikely to stay sexually aroused.
  7. If I can be seen by others while having sex, I am unlikely to stay sexually aroused.
  8. When I think of a very attractive person, I easily become sexually aroused.
  9. Once I have an erection, I want to start intercourse right away before I lose my erection/Once I am sexually aroused, I want to start intercourse right away before I lose my arousal.
  10. When I start fantasizing about sex, I quickly become sexually aroused.
  11. When I see others engaged in sexual activities, I feel like having sex myself.
  12. When I have a distracting thought, I easily lose my erection/my arousal.
  13. If I am distracted by hearing music, television, or a conversation, I am unlikely to stay aroused.
  14. When an attractive person flirts with me, I easily become sexually aroused.

Note. When different item versions are used for men and women, both versions are given (male/female).

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 18). Échelles d’inhibition sexuelle/d’excitation sexuelle — Forme abrégée. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelles-inhibition-sexuelle-excitation-sexuelle-forme-abregee-sis-ses-sf
Looti, Mohammed. “Échelles d’inhibition sexuelle/d’excitation sexuelle — Forme abrégée.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelles-inhibition-sexuelle-excitation-sexuelle-forme-abregee-sis-ses-sf.
Looti, Mohammed. “Échelles d’inhibition sexuelle/d’excitation sexuelle — Forme abrégée.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelles-inhibition-sexuelle-excitation-sexuelle-forme-abregee-sis-ses-sf.