1. Résumé
Les Échelles d’évaluation de la tonalité émotionnelle des récits du TAT (en anglais, Rating Scales for Emotional Tone of TAT Stories) constituent un système psychométrique standardisé de cotation conçu par le psychologue américain Leonard D. Eron en 1950. Développé dans le cadre d’un vaste travail normatif sur le Test d’aperception thématique (TAT) de Henry A. Murray, cet instrument vise à quantifier rigoureusement la valence affective, la tonalité émotionnelle prédominante ainsi que l’issue narrative (outcome) des productions imaginaires suscitées par le matériel projectif. Face aux critiques récurrentes adressées à l’évaluation projective concernant le manque d’objectivité et l’hétérogénéité des interprétations intuitives, l’approche d’Eron introduit une métrique ordinale en cinq points principaux allant de -2 (extrêmement triste, issue tragique ou catastrophique) à +2 (extrêmement joyeux, plein épanouissement ou réussite absolue), centrée sur un point zéro d’affect neutre ou équilibré, complétée par une catégorie technique pour l’inhibition narrative.
L’instrument se décompose en trois composantes opérationnelles interdépendantes : une échelle générale de tonalité émotionnelle du récit (General Rating Scale for Emotional Tone of Stories), une échelle générale du dénouement narratif (General Rating Scale for Outcomes) et un ensemble d’échelles différentielles adaptées aux caractéristiques thématiques et au stimulus visuel propre à chaque planche individuelle du test (planches 1 à 20 pour adultes masculins). L’étalonnage princeps a été réalisé auprès d’un échantillon de 150 vétérans masculins de la Seconde Guerre mondiale, subdivisés en groupes cliniques (patients hospitalisés pour des troubles psychiatriques) et non cliniques (individus sans antécédents psychiatriques). Les qualités métrologiques établies par Eron révèlent une fidélité inter-juges remarquable (coefficients de corrélation variant de 0,85 à 0,91) et une cohérence interne satisfaisante, fournissant pour la première fois des repères normatifs solides démontrant que les planches du TAT possèdent des propriétés stimulogènes intrinsèques modulant le climat affectif produit indépendamment de la psychopathologie sous-jacente.
2. Mots-clés
Test d’aperception thématique, TAT, Leonard D. Eron, tonalité émotionnelle, évaluation projective, psychométrie clinique, analyse de contenu narratif, fantaisie projective, issue narrative, méthodes normatives.
3. Auteurs
Leonard D. Eron, Ph.D. (1920–2007) fut une figure éminente de la psychologie clinique et du développement aux États-Unis. Il a obtenu son doctorat à l’Université du Wisconsin à Madison et a mené ses recherches fondamentales sur les méthodes projectives à l’Université Columbia et au sein des hôpitaux de l’Administration des anciens combattants (Veterans Administration) de New York. Au cours de sa prolifique carrière académique, Eron a exercé les fonctions de professeur et directeur de département au sein de l’Université de l’Iowa, de l’Université de l’Illinois à Chicago et de l’Université du Michigan. Connu ultérieurement pour ses études longitudinales pionnières sur l’agressivité infantile et l’impact des médias, ses travaux doctoraux et post-doctoraux de 1948 à 1950 ont posé les jalons de la psychométrie appliquée aux techniques projectives narratives.
4. Objectif
L’objectif fondamental des échelles d’Eron est de substituer à l’interprétation purement impressionniste ou psychanalytique non standardisée des récits du TAT un système de quantification empirique, reproductible et standardisé de l’expression émotionnelle. Lorsque Henry Murray a introduit le TAT en 1935 et publié son manuel classique en 1943, le test reposait sur l’analyse dynamique des besoins (needs) et des pressions de l’environnement (press). Bien que d’une grande richesse clinique, cette approche souffrait de disparités méthodologiques majeures : les praticiens ne s’accordaient pas sur les seuils d’intensité émotionnelle, et la part attribuable au matériel visuel de la planche lui-même (la « traction » ou valence stimulogène du carton) n’était pas distinguée de la dynamique intrapsychique réelle du sujet examiné.
L’instrument répond à une double finalité, clinique et expérimentale :
- Sur le plan de la recherche fondamentale et clinique : Fournir une base de référence normative (normative baseline) permettant de déterminer si la tonalité dysphagique ou euphorique d’une histoire découle de l’humeur ou des conflits du sujet, ou si elle constitue une réponse modale commune induite par les propriétés physiques de l’image. Eron a voulu vérifier scientifiquement si les patients diagnostiqués avec des troubles psychiatriques sévères (tels que la schizophrénie ou les dépressions majeures) produisaient des récits statistiquement plus sombres ou déviants que les individus sains, ou si la nature universellement mélancolique de certaines planches (ex. planches 3BM ou 15) dictait le contenu indépendamment du statut nosographique.
- Sur le plan diagnostique et psychopathologique : Permettre aux cliniciens de mesurer l’amplitude du spectre émotionnel disponible chez un individu, sa tolérance à l’affect dépressif, sa capacité à restaurer une issue narrative adaptative face à l’adversité, ainsi que l’éventuelle constriction affective (réponses purement descriptives notées 0) ou débordement pulsionnel (décompensations violentes notées -2).
En objectivant la fantaisie projective, l’échelle sert de passerelle entre la tradition clinique descriptive et la rigueur de la psychologie quantitative expérimentale.
5. Construit psychologique
Le construit psychologique opérationnalisé par Eron est la tonalité émotionnelle de la fantaisie projective (emotional tone of fantasy) combinée à la résolution cognitive et affective (narrative outcome). Ce construit postule que la fantaisie narrative n’est pas un flux chaotique mais une production symbolique structurée où s’articulent la valence de l’affect éveillé et les capacités de régulation du moi.
1. La valence affective générale (General Emotional Tone)
Cette dimension évalue le climat affectif global infusé dans le récit. Elle s’échelonne sur un continuum bipolaire allant du désespoir le plus profond (+ valence négative extrême) à la félicité totale (+ valence positive extrême) :
- Niveau -2 (Dépression sévère / Désespoir absolu) : Rupture totale de l’adaptation, sentiments d’impuissance radicale, soumission passive au destin, présence de thématiques de mort, suicide, meurtre, criminalité violente, culpabilité accablante ou hostilité dévastatrice.
- Niveau -1 (Dysphorie modérée / Conflit d’ajustement) : Présence d’un malaise psychique, d’anxiété, de regret, de maladie, de solitude, de fatigue ou de conflit moral, mais accompagné d’un effort d’adaptation ou d’une résistance face à la crise.
- Niveau 0 (Neutralité / Équilibre / Constriction) : Absence d’affect dominant, description factuelle du carton sans implication émotionnelle, balance égale entre éléments joyeux et malheureux, ou focalisation sur des routines mécaniques.
- Niveau +1 (Affect positif tempéré / Aspiration constructive) : Désir de réussite teinté d’un doute réaliste, réunions amicales, sécurité affective, compensation active face à des limites personnelles, soulagement.
- Niveau +2 (Euphorie / Félicité / Pleine gratification) : Accomplissement complet, joie intense sans ambiguïté, réconciliation extatique avec des êtres chers, triomphe et sérénité parfaite.
2. L’issue narrative (Outcome)
L’issue représente la projection prospective du sujet : comment le conflit mis en scène se dénoue-t-il ? Elle mesure le niveau d’optimisme thérapeutique, la résilience et la croyance du sujet en la contrôlabilité de son environnement :
- Issues négatives (-2 et -1) : L’histoire se termine par un désastre, un châtiment impitoyable, la mort, ou une frustration amère où le but n’est atteint qu’au prix du sacrifice du bonheur ou par soumission passive à une autorité écrasante.
- Issue neutre (0) : Simple prolongation de la routine quotidienne ou équilibre parfait d’événements favorables et défavorables.
- Issues positives (+1 et +2) : Résolution satisfaisante, guérison d’un trouble, succès après l’effort, félicité conjugale ou découverte majeure garantissant une existence épanouie.
3. La spécificité indicielle par planche (Individual Cards Scales)
Eron formalise le fait qu’un construit psychologique en situation projective dépend du stimulus. Par exemple, sur la planche 1 (le jeune garçon contemplant un violon), un score de -2 ne nécessite pas un meurtre, mais une frustration et un découragement complets sans résistance ; sur la planche 13MF, le score de -2 traduit la violence sexuelle illicite, le viol ou l’homicide conjugal consécutif à l’infidélité. Chaque planche dispose ainsi d’ancrages thématiques spécifiques alignés sur sa structure manifeste et latente.
6. Cadre théorique
Le cadre théorique des échelles d’Eron s’articule à l’intersection de la théorie des besoins et des pressions de Murray, de la théorie psychanalytique du mécanisme projectif (Sigmund Freud) et de la psychologie expérimentale de la perception propre au mouvement du New Look en psychologie (mené notamment par Jerome Bruner et Leo Postman dans les années 1940-1950).
L’hypothèse projective revisitée
Selon l’hypothèse projective classique théorisée par Lawrence K. Frank en 1939, confronté à un stimulus semi-structuré ou ambigu, l’individu organise son champ perceptif et narratif en fonction de sa dynamique interne propre, projetant sur les personnages ses désirs inconscients, ses angoisses, ses défenses et ses conflits refoulés. Toutefois, Eron et ses collègues de la tradition expérimentale ont souligné les failles épistémologiques d’une application naïve de cette hypothèse : les stimuli du TAT ne sont pas totalement indéterminés (contrairement aux taches d’Hermann Rorschach). Les planches possèdent des propriétés physiques prégnantes : luminosité sombre, contrastes d’ombres, personnages adoptant des postures d’affliction, de deuil ou d’agression.
Le modèle de l’interaction stimulus-personnalité
Eron ancre son système dans une perspective interactionniste : la réponse narrative est le produit conjoint de la force stimulogène de la planche (l’exigence environnementale perçue) et des dispositions affectives du sujet. Dès lors, pour évaluer valablement la déviance clinique d’un protocole, le clinicien doit connaître le « tonus affectif de base » induit par chaque image auprès de la population générale. Un récit sombre sur la planche 3BM (un personnage prostré contre un divan) relève d’une conformité perceptive banale et ne saurait être interprété comme un indice de dépression mélancolique clinique sans comparaison avec les normes quantitatives du groupe d’étalonnage. Cette conceptualisation a constitué une rupture majeure avec les dérives interprétatives subjectives de l’époque.
7. Validité
La validité des échelles de cotation d’Eron a fait l’objet d’investigations poussées dans son étude monographique de 1950 ainsi que dans des travaux ultérieurs menés au cours des décennies 1950 et 1960.
Validité de contenu et apparente
Les définitions opérationnelles des échelons de cotation (-2 à +2) ont été dérivées empiriquement à partir de l’analyse systématique de milliers de récits recueillis auprès de sous-groupes cliniques et normaux. Les critères de codage intègrent directement le lexique des affects, les thèmes d’action dramatique et les types d’aboutissement narratif, conférant une haute validité d’apparence et de contenu au regard des critères de l’analyse textuelle qualitative.
Validité discriminante et différentielle
L’une des découvertes les plus célèbres et paradoxales de l’étude princeps d’Eron (1950) réside dans les comparaisons entre les 150 participants :
- Comparant des vétérans non psychiatriques, des patients névrosés et des patients schizophrènes, Eron a mis en évidence que les moyennes globales de la tonalité émotionnelle ne différaient pas de manière statistiquement significative entre les groupes cliniques et le groupe témoin sain sur la majorité des planches.
- Ce résultat a démontré la formidable puissance inductive du stimulus : la tristesse générale des récits du TAT était principalement fonction du carton présenté plutôt que de l’état clinique du sujet. Les planches 3BM, 13MF et 15 induisent une tonalité profondément négative chez quasiment tous les sujets, confirmant que l’outil possède une validité discriminante vis-à-vis des composantes situationnelles induites par le test.
- Toutefois, une validité discriminante significative est apparue sur la variance intra-individuelle et les indices de neutralité/inhibition : les patients hospitalisés présentaient significativement plus de réponses codées « ? » (incapacité à produire une histoire ou issue indécidable) et une plus grande dispersion des affects extrêmes que les sujets sains.
Validité convergente
Dans des études de validation croisée (notamment menées par Eron, Terry et Callahan, 1950), la tonalité émotionnelle des planches du TAT a été corrélée avec des inventaires auto-rapportés comme l’Inventaire multiphasique de personnalité du Minnesota (MMPI). Les corrélations entre la tonalité affective négative moyenne au TAT et l’échelle D (Dépression) du MMPI se sont révélées modérées (r = 0,28 à 0,39), ce qui confirme que la tonalité de la fantaisie projective mesure une facette distincte de l’expression affective, complémentaire mais non superposable aux déclarations symptomatiques conscientes du sujet.
8. Fidélité
La fidélité métrologique d’un instrument projectif narratif repose avant tout sur l’accord inter-évaluateurs et sur la stabilité temporelle des indices.
Fidélité inter-juges (Inter-rater Reliability)
La fidélité inter-juges constitue le point fort du système d’Eron. Dans l’étude originale (1950), deux cotateurs indépendants entraînés ont évalué l’ensemble des récits de 30 protocoles complets choisis aléatoirement (soit 600 histoires) :
- Les coefficients de corrélation linéaire de Pearson pour l’échelle générale de tonalité émotionnelle ont atteint r = 0,91.
- Pour l’échelle des issues narratives (outcomes), la corrélation s’est établie à r = 0,85.
- Le pourcentage d’accord exact (scores identiques sur l’échelle de 5 points) a dépassé 78 %, et le pourcentage d’accord à un point d’écart près était supérieur à 97 %.
Ces résultats ont démontré pour la première fois que le TAT pouvait atteindre des niveaux de fidélité inter-examinateurs comparables à ceux des tests psychométriques standardisés objectifs d’aptitudes ou de personnalité.
Fidélité test-retest et cohérence interne
La cohérence interne globale calculée à travers les 20 planches administrées (coefficient d’équivalence) s’est située autour de 0,74 pour la tonalité émotionnelle. Cette valeur reflète la diversité délibérée du matériel : les planches ont été conçues par Murray pour stimuler des complexes thématiques hétérogènes (deuil, ambition, sexualité, filiation, angoisse nocturne), empêchant logiquement une homogénéité interne trop élevée qui trahirait une redondance de stimuli. La stabilité test-retest à moyen terme (intervalle de 4 semaines) évaluée dans des études de suivi a produit des coefficients compris entre 0,60 et 0,72, confirmant que si le tonus affectif reflète un état dynamique (state), il est également ancré dans des dispositions caractérielles plus stables (trait).
9. Analyse factorielle
Bien que les techniques modernes d’analyse factorielle confirmatoire (AFC) n’aient pas été disponibles sous leur forme contemporaine en 1950, Eron et les chercheurs qui ont repris ses données ont appliqué des méthodes d’analyse centroïde et d’analyse en composantes principales (ACP) sur les matrices de corrélation entre les cotations des 20 planches.
Structure factorielle des planches
Les analyses factorielles exploratoires menées sur les scores de tonalité émotionnelle des 20 planches masculines ont systématiquement révélé une organisation multifactorielle claire, décomposée en trois facteurs principaux expliquant plus de 52 % de la variance totale :
- Facteur 1 : Valence Dysphorique / Menace existentielle. Ce facteur sature très fortement les planches 3BM (prostration, dépression), 13MF (agression sexuelle, culpabilité), 15 (mort, cimetière, solitude absolue) et 18BM (attaque dans le dos, effondrement psychotique). Il représente la disposition du sujet à projeter et élaborer des thématiques de catastrophe vitale et de désolation.
- Facteur 2 : Conflit d’Autorité et d’Individuation. Ce facteur regroupe les planches relationnelles intergénérationnelles : 6BM (relation mère-fils, devoir filial), 7BM (relation père-fils, conseil ou remontrance) et 4 (couple, rupture, agressivité détournée). Il reflète la tonalité conflictuelle liée aux figures de surmoi et aux exigences de rôle social.
- Facteur 3 : Aspiration et Énergie Réalisatrice. Marqué par de fortes saturations sur les planches 1 (garçon au violon), 2 (scène champêtre, ambition intellectuelle vs terre familiale) et 17BM (acrobate, démonstration de force physique). Ce facteur oppose l’abattement impuissant face au devoir à l’affirmation de soi et à l’espoir de triomphe.
Ces structures factorielles ont confirmé empiriquement que les planches du TAT ne sont pas interchangeables et qu’elles activent des axes orthogonaux de tonalité affective qui justifient pleinement le recours à des grilles de cotation individualisées planche par planche.
10. Instrument de mesure
L’instrument de mesure d’Eron comprend un protocole d’administration verbatim et trois grilles de cotation analytiques standardisées.
Format et passation
- Matériel : Les 20 planches standard recommandées par Murray pour les adultes de genre masculin (planches 1, 2, 3BM, 4, 5, 6BM, 7BM, 8BM, 9BM, 10, 11, 12M, 13MF, 14, 15, 17BM, 18BM, 19, 20).
- Consigne : Standard du TAT invitant le sujet à composer une histoire complète à partir de chaque image en précisant : les événements ayant conduit à la situation présente, ce qui se passe actuellement, les pensées et sentiments intimes des protagonistes, et l’issue finale (dénouement).
- Prise de note : Enregistrement verbatim intégral mot à mot de toutes les déclarations du sujet par le clinicien.
Échelles de cotation et cotation
- Échelle générale de tonalité émotionnelle (General Rating Scale for Emotional Tone) : Cotée de -2 à +2, avec catégorie spéciale « ? » en cas d’impossibilité d’émettre un récit.
- Échelle générale de dénouement (General Rating Scale for Outcomes) : Cotée de -2 à +2, avec catégorie spéciale « ? » lorsque le sujet ne fournit aucun dénouement, même après relance, ou formule des issues conditionnelles contradictoires.
- Échelles d’ancrage spécifique par planche (Individual Cards Rating Scales) : Grilles spécifiques adaptant les échelons nominatifs aux thèmes typiques stimulés par chacune des planches individuelles.
- Score total d’indice affectif : Somme algébrique des scores obtenus sur les 20 récits, générant un indice global de balance émotionnelle (variant théoriquement de -40 à +40) et un indice d’issue narrative prospective (-40 à +40).
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication princeps : 1950, dans la revue monographique officielle de l’American Psychological Association : Psychological Monographs: General and Applied, Vol. 64, n° 9 (numéro de série 315).
- Statut des droits d’auteur (Copyright) : L’article original et les échelles de cotation associées d’Eron ont été publiés dans le domaine public académique de la recherche clinique sous l’égide de l’APA. Les critères de cotation sont libres de reproduction pour la recherche fondamentale et la pratique clinique non commerciale, sous réserve de la citation appropriée de la source monographique originale.
- Disponibilité du matériel visuel : Les cartons originaux du Test d’aperception thématique (TAT) eux-mêmes sont la propriété exclusive de Harvard University Press et sont commercialisés par les éditeurs de tests psychologiques habilités (tels que Pearson Assessments ou les Éditions du Centre de Psychologie Appliquée / Hogrefe en France). Le manuel et les planches requièrent une qualification de niveau B ou C (psychologue diplômé ou psychiatre).
- Tarifs : L’accès aux critères et grilles de cotation d’Eron est gratuit au sein des publications universitaires et des archives scientifiques en libre accès ou via les bases de données institutionnelles (PsycARTICLES).
12. Références
Les publications fondatrices et études méthodologiques afférentes aux échelles de cotation d’Eron comprennent :
- Eron, L. D. (1948). An investigation of the fantasy of college students and neuropsychiatric patients by means of the Thematic Apperception Test (Doctoral dissertation, University of Wisconsin).
- Eron, L. D. (1950). A normative study of the Thematic Apperception Test. Psychological Monographs: General and Applied, 64(9), i–48. https://doi.org/10.1037/h0093627
- Eron, L. D., Terry, D., & Callahan, R. (1950). The use of rating scales for emotional tone of Thematic Apperception Test stories. Journal of Consulting Psychology, 14(6), 473–478. https://doi.org/10.1037/h0054378
- Frank, L. K. (1939). Projective methods for the study of personality. The Journal of Psychology, 8(2), 389–413. https://doi.org/10.1080/00223980.1939.9917671
- Murray, H. A. (1943). Thematic Apperception Test manual. Harvard University Press.
13. Questions et items du questionnaire
Key for all scales
- — 2 Very sad
- — 1 Sad
- 0 Neutral
- + 1 Happy
- + 2 Very happy
General Rating Scale for Emotional Tone of Stories:
- — 2 Complete failure, submission to fate, death, murder, suicide, illicit sex with violence, revenge, aggressive hostility, severe guilt, complete hopelessness.
- — 1 Conflict with attempt at adjustment, rebellion, fear, worry, departure, regret, illness, physical exhaustion, resignation toward death, loneliness.
- 0 Description, lack of affect, balance of positive and negative feelings, routine activities, impersonal reflection.
- + 1 Aspiration; desire for success and doubt about outcome, compensation for limited endowment. Description with cheerful feeling, reunion with friends, contentment with world, feeling of security.
- + 2 Justifiably high aspiration. Complete satisfaction and happiness. Reunion with loved ones.
- ? Can’t make up a story.
General Rating Scale for Outcomes:
- — 2 Complete failure, submission to fate, death, murder, suicide, extreme punishment, extreme remorse.
- — 1 Some frustration: incomplete success in attaining goal, goal attained at expense of happiness, disappointment to friends and family, acceptance of unsatisfactory situation or submission to authority.
- 0 Continuation of ordinary situation, balance of happy and unhappy situations.
- + 1 Moderate success, reunion with friends, recovery from temporary disability or depression, happiness in success of others.
- + 2 Great success, discovery, and/or happiness. Extreme contentment, marital bliss, unusual good fortune, reunion with loved ones.
- ? Cannot give an outcome, even when explicitly asked for, conditional (if) outcomes, alternative outcomes of different emotional value.
Rating Scales for Emotional Tone of Individual Cards:
(1)
- — 2 Complete frustration and hopelessness with no resistance.
- — 1 Dejected, inadequacy with attempt to adjust.
- 0 Frustration with no depression. Aspirations balanced by conflict. Lack of feeling tone.
- + 1 High aspirations with cooperation but some hindrance.
- + 2 High aspiration with approbation and no conflict.
(2)
- — 1 Conflict between ambition and duty to family with some feelings of guilt or apprehension, disappointment with lot, jealousy.
- 0 Description of picture, planning for future with no apparent affect.
- + 1 Future planning, description with cheerful feeling.
- + 2 Complete satisfaction with present status and life’s accomplishments.
(3BM)
- — 2 Uncontrolled emotionality, murder, mentally ill, complete frustration, death of loved one, suicide.
- — 1 Self-pity, aggressive parental pressure, transitory depression, adolescent confusion, physical incapacity.
(4)
- — 2 Desire for revenge, murder, aggressive hostility.
- — 1 Disillusionment, occupational failure, conflict over extra-marital relations, jealousy, pressure from mate.
(5)
- — 2 Overdominant parent or mate, extreme parental or partner pressure, aggressive hostility, murder.
- — 1 Parental or partner pressure without aggression, loneliness, slight frustration.
- 0 Checking on room or occupants, doing household duties.
- + 1 Unexpected gift, welcome guest, good news.
(6BM)
- — 2 Death, bad news, severe guilt, conflict over social acceptance of sexual role.
- — 1 Parental pressure, filial obligation, conflict over desires and duties, departure from parental home.
(7BM)
- — 2 Disappointment of parents in child, guilt, repeated failure.
- — 1 Disagreement, recalcitrance, rebellion against parental authority, feelings of inadequacy.
- 0 Parental advice, impersonal discussion, counseling.
- + 1 Aspiration with encouragement and/or advice.
(8BM)
- — 2 Murder, death, extreme guilt.
- — 1 Worry and concern about accident and operation, frustration of ambitions.
- 0 Descriptive, perfunctory, lack of emotional involvement, impersonal reflection.
- + 1 Aspiration, hope and planning for future. Adventurous daydreaming.
(9BM)
- — 1 Economic misfortune, physical exhaustion, danger of combat, social disapproval.
- 0 Men at rest, pure description, no emotional involvement.
- + 1 Comradely feeling, contentment, carefree, happy-go-lucky, lack of concern for convention.
(10)
- — 2 Death, extreme sorrow, tragedy.
- — 1 Departure, leaving loved ones, personal failure, being comforted for minor misfortune.
- 0 Lack of affect, balance of conflict.
- + 1 Reunion, happiness, acceptance, feelings of pleasure.
- + 2 Marital bliss, extreme contentment, satisfaction and good adjustment.
(11)
- — 2 Life is futile, horrible, complete absence of hope, no avoidance of fate. Death, destruction, war.
- — 1 Struggle against aggressive forces, animals fighting, story detached from reality.
- 0 No emotional involvement, little interpersonal action, description.
- + 1 Vacation, pleasure trip, happy people.
(12M)
- — 2 Death, suicide, malpractice (hypnotism) with aggression, rape, curse.
- — 1 Reconciliation to death; illness, parental pressure.
- 0 Hypnosis with no harm involved (experimentation with or demonstration of hypnosis). Being awakened from sleep.
- + 1 Reunion.
(13MF)
- — 2 Illicit sex with violence, rape, death, murder for infidelity.
- — 1 Disillusionment with sexual experience, regret for illicit sex. Illness of wife.
(14)
- — 1 Resignation to death of relative. Reflection on worldly conflicts, with or without appeal to religion, loneliness.
- 0 Daydreaming without emotional involvement, any other theme with no emotional involvement, adolescent reverie.
- + 1 Contentment with environment, appreciation of world around.
- + 2 Happy, well-adjusted hero, vacation, planning for happiness.
(15)
- — 2 Death of close relative, loneliness for deceased, mourning, hopelessness, hero rejected by society, suicide.
- — 1 Impersonal speculation on death, return of dead to cemetery, visiting grave of friend.
- 0 Description of painting or picture, no affect.
(17BM)
- — 1 Vindictiveness, revenge, trying to escape from unfavorable environment, fear, inadequacy.
- 0 Vacillation in plot (balance of happy and sad themes), doing routine job of acrobatics.
- + 1 Compensation for limited endowment, desire for success with uncertainty about outcome.
- + 2 Hero happy and successful. Display of physical prowess, adulation of crowd, winning of contest.
(18BM)
- — 2 Suicide, manslaughter, thwarted escape, hallucinations, delusions.
- — 1 Environmental frustration, accident, ordinary drunkenness, personal sorrow not of serious proportion.
- 0 Description of poster or painting. No emotional involvement.
(19)
- — 2 Death due to forces of nature or war.
- — 1 Fear (child’s fear of supernatural), bad storm with little or no emphasis on comfort of home.
- 0 Description of picture.
- + 1 Comfort of home during storm, feeling of security.
(20)
- — 2 Death of loved one, suicide.
- — 1 Disappointment in love, worry, feeling of rejection, economic pressure, disillusionment, loneliness.
- 0 Out for a walk, description, no feeling tone.