1. Résumé / Abstract
Les Échelles d’inhibition sexuelle et d’excitation sexuelle (Sexual Inhibition/Sexual Excitation Scales, SIS/SES) constituent un instrument psychométrique auto-rapporté de référence conçu pour opérationnaliser et évaluer empiriquement les postulats du modèle du double contrôle de la réponse sexuelle (Dual Control Model), théorisé par John Bancroft et Erick Janssen au sein du Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction. Ce modèle neurophysiologique et comportemental postule que la réactivité sexuelle humaine découle d’un équilibre dynamique entre des mécanismes neurobiologiques d’excitation centrale (facilitation) et d’inhibition centrale (freinage). Le questionnaire se compose de 45 items cotés sur une échelle de Likert en 4 points (allant de 1 = « Fortement d’accord » à 4 = « Fortement en désaccord »), requérant une inversion systématique de cotation pour 43 des items, à l’exception notable des items 17 et 45.
L’instrument s’articule autour d’une structure factorielle de second ordre intégrant trois échelles maîtresses dérivées de dix facteurs primaires : l’Excitation Sexuelle (SES, 20 items répartis en 4 sous-échelles), l’Inhibition Sexuelle liée à la menace de panne sexuelle (SIS1, 14 items répartis en 3 sous-échelles) et l’Inhibition Sexuelle liée à la menace des conséquences de la performance (SIS2, 11 items répartis en 3 sous-échelles). Conçu initialement pour des populations masculines, l’outil a fait l’objet d’une validation rigoureuse auprès d’échantillons féminins, confirmant son invariance structurelle et sa pertinence transculturelle. Les analyses psychométriques attestent d’une cohérence interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,87 et 0,89 pour la SES, entre 0,76 et 0,83 pour la SIS1, et entre 0,69 et 0,75 pour la SIS2 selon les cohortes. La fidélité test-retest sur des intervalles de 5 à 7 semaines confirme une grande stabilité temporelle (r = 0,60 à 0,76). De surcroît, la SES, la SIS1 et la SIS2 démontrent une validité de construit, divergente et prédictive exemplaire, éclairant de manière différentielle les dysfonctions sexuelles (trouble érectile, anorgasmie, baisse du désir), les conduites sexuelles à risque, la compulsivité sexuelle et la victimisation ou l’agression sexuelle.
2. Mots-clés / Keywords
Échelles SIS/SES, modèle du double contrôle, excitation sexuelle, inhibition sexuelle, psychométrie, dysfonction érectile, comportements sexuels à risque, Kinsey Institute, neurobiologie sexuelle, évaluation sexologique, désir sexuel, réactivité comportementale.
3. Auteurs / Authors
L’élaboration, le raffinement psychométrique et la validation empirique des Échelles SIS/SES sont le fruit d’une collaboration scientifique internationale de premier plan réunissant plusieurs figures majeures de la recherche sexologique :
- Erick Janssen, Ph.D. : Institut Kinsey pour la recherche sur le sexe, le genre et la reproduction, Indiana University, Bloomington, États-Unis ; actuellement affilié à l’Institut des sciences familiales et sexologiques de la KU Leuven, Belgique. Courriel institutionnel :
[email protected]. - John Bancroft, M.D., FRCP, FRCPsych : Ancien directeur du Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction, Indiana University, Bloomington, États-Unis, et chercheur émérite à l’Université d’Oxford, Royaume-Uni.
- Cynthia A. Graham, Ph.D. : Département de psychiatrie de l’Université d’Oxford, Warneford Hospital, Oxford, Angleterre, et chercheuse associée au Kinsey Institute.
- Deanna L. Carpenter, Ph.D. : Département de psychologie, Christopher Newport University, Newport News, Virginie, États-Unis.
- Harrie Vorst, Ph.D. & Jelte M. Wicherts, Ph.D. : Département de méthodologie psychologique, Université d’Amsterdam (UvA), Pays-Bas (collaborateurs méthodologiques sur les analyses factorielles confirmatoires et l’approche par facettes).
4. Objectif / Purpose
Les Échelles SIS/SES ont été créées pour combler un vide méthodologique et conceptuel majeur dans la sexologie clinique et translationnelle. Jusqu’à l’avènement du modèle du double contrôle, la plupart des approches théoriques de la réponse sexuelle – de Masters et Johnson aux classifications du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) – concevaient l’excitation sexuelle comme un continuum linéaire univarié allant de l’absence de réponse à une réponse maximale, ou considéraient l’inhibition simplement comme l’extrémité basse ou le déficit de l’excitation. Cette simplification ne permettait pas d’expliquer pourquoi des individus dotés d’une forte pulsion sexuelle ou d’un désir spontané intense pouvaient paradoxalement manifester des pannes érectiles aiguës sous stress, ni pourquoi certains sujets continuaient à adopter des conduites érotiques à haut risque infectieux ou légal en dépit d’une conscience aiguë des dangers encourus.
L’objectif premier des SIS/SES est donc d’opérationnaliser la propension individuelle à deux forces neurophysiologiques indépendantes : la capacité à être excité sexuellement par divers stimuli environnementaux ou mentaux (SES), et la propension à voir cette excitation réprimée, bloquée ou atténuée par des mécanismes d’inhibition centrale (SIS). La subdivision de l’inhibition en deux dimensions distinctes (SIS1 et SIS2) répond à un impératif clinique et écologique crucial :
- Différencier l’inhibition liée à l’anxiété de performance intra-situationnelle (SIS1) : Cette composante mesure la vulnérabilité de la réponse génitale face aux distractions cognitives, à la pression de performance, aux exigences relationnelles et au doute de soi. En milieu clinique, des scores élevés sur SIS1 permettent de diagnostiquer et d’expliquer l’étiologie psychogène des troubles de l’érection, de l’éjaculation prématurée ou retardée chez l’homme, ainsi que des troubles de l’excitation génitale et de la lubrification chez la femme.
- Différencier l’inhibition liée à la menace des conséquences néfastes (SIS2) : Cette dimension capture la capacité du système d’inhibition à interrompre l’excitation lorsque l’acte sexuel fait courir un risque externe objectif, qu’il soit d’ordre biologique (grossesse non désirée, infections sexuellement transmissibles), social (être découvert, transgression des normes éthiques ou religieuses, atteinte à la réputation) ou physique (douleur, partenaire non consentant ou inapproprié). Les scores bas sur SIS2 sont hautement prédictifs des conduites sexuelles à risque (absence de préservatif, partenaires multiples et anonymes), des infidélités compulsives et de l’incapacité à freiner ses impulsions sexuelles dans des contextes dangereux.
En recherche fondamentale et épidémiologique, les SIS/SES servent d’étalon-or pour modéliser les trajectoires de santé sexuelle, comprendre l’influence différentielle des affects négatifs (dépression, anxiété généralisée) sur la libido – certains individus utilisant le sexe comme un mécanisme d’autorégulation émotionnelle lorsque l’inhibition est faible, tandis que d’autres voient leur désir annihilé par le stress –, et évaluer l’impact des thérapeutiques pharmacologiques ou psychothérapeutiques (thérapies cognitivo-comportementales, sexothérapies sexo-fonctionnelles).
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par les Échelles SIS/SES repose sur la théorie des facettes de Shye et Elizur (1994). Cette méthodologie a permis d’articuler la réactivité sexuelle le long de coordonnées systématiques : le type de déclencheur (stimuli sociaux, imaginaires, visuels, tactiles, contextuels) et le type de réponse (excitation subjective, réponse génitale objective). L’architecture globale comporte trois échelles principales de second ordre, elles-mêmes subdivisées en dix facteurs de premier ordre :
1. Excitation Sexuelle (SES — Sexual Excitation, 20 items)
L’échelle SES évalue la sensibilité globale du système d’activation sexuelle face à une panoplie hétérogène de sollicitations internes et externes. Les individus présentant un score élevé sur cette échelle manifestent une réactivité sexuelle rapide, fréquente et intense, souvent déclenchée par des indices subtils de l’environnement. Elle regroupe quatre facettes de premier ordre :
- SES_1 : Interactions sociales et stimuli interpersonnels (Social/Interpersonal Interactions) : Mesure l’excitation suscitée par la présence, les regards, les conversations suggestives ou le flirt d’un partenaire potentiel attirant (ex. item 14 : « When I think someone sexually attractive wants to have sex with me, I quickly become sexually aroused » ; item 44 : « When an attractive person flirts with me, I easily become sexually aroused »).
- SES_2 : Stimuli visuels et proximité de scènes sexuelles (Visual/Explicit Stimuli) : Évalue l’impact érotogène de la pornographie, des images érotiques ou du visionnage d’activités sexuelles (ex. item 1 : « When I look at erotic pictures, I easily become sexually aroused » ; item 38 : « When I see others engaged in sexual activities, I feel like having sex myself »).
- SES_3 : Fantasmes, réminiscences et réponses génitales automatiques (Fantasy/Memory & Genital Response) : Capture la facilité avec laquelle l’imagerie mentale érotique et les souvenirs éveillent une activation sexuelle et physiologique (ex. item 25 : « Just thinking about a sexual encounter I have had is enough to turn me on sexually » ; item 37 : « When I start fantasizing about sex, I quickly become sexually aroused »).
- SES_4 : Stimuli sensoriels et contextuels non spécifiques (Sensory/Non-Specific Contexts) : Évalue la perméabilité à des déclencheurs diffus tels que la chaleur du soleil, la détente sous la douche ou le port de vêtements valorisants (ex. item 4 : « Sometimes I become sexually aroused just by lying in the sun » ; item 32 : « When I wear something I feel attractive in, I am likely to become sexually aroused »).
2. Inhibition Sexuelle 1 : Menace de panne sexuelle (SIS1 — Threat of Performance Failure, 14 items)
L’échelle SIS1 mesure la vulnérabilité de la réponse sexuelle lorsque l’attention est détournée de l’expérience sensorielle ou lorsqu’une exigence de performance génère de l’appréhension. Il s’agit d’une inhibition intrapsychique et physiologique involontaire où le système nerveux parasympathique est inhibé par l’émergence d’un tonus sympathique d’anxiété. Elle englobe trois sous-facteurs :
- SIS1_1 : Vulnérabilité érectile/d’excitation face aux distractions et besoin d’attention focalisée : Mesure la nécessité d’une concentration continue et de stimuli tactiles ou fantasmatiques constants pour maintenir l’excitation, sous peine de perdre l’érection ou la lubrification (ex. item 10 : « When I am having sex, I have to focus on my own sexual feelings in order to keep my erection/stay aroused » ; item 40 : « When I have a distracting thought, I easily lose my erection/my arousal »).
- SIS1_2 : Dépendance envers l’excitation et la satisfaction du partenaire : Évalue la manière dont les réactions du partenaire modulent l’excitation, incluant des items formulés positivement qui s’avèrent des protecteurs majeurs de la fonction sexuelle (ex. item 17 : « When I notice that my partner is sexually aroused, my own arousal becomes stronger » ; item 45 : « During sex, pleasing my partner sexually makes me more aroused »).
- SIS1_3 : Anxiété de performance anticipatoire et interférences environnementales : Capture l’effet dévastateur des doutes quant à sa propre capacité érectile ou lubrificatrice et l’impact des bruits extérieurs (ex. item 20 : « If I feel that I’m expected to respond sexually, I have difficulty getting aroused » ; item 33 : « If I think that I might not get an erection, then I am less likely to get one/If I am worried about being too dry, I am less likely to get lubricated »).
3. Inhibition Sexuelle 2 : Menace des conséquences de la performance (SIS2 — Threat of Performance Consequences, 11 items)
L’échelle SIS2 évalue le freinage protecteur adaptatif activé lorsque la situation sexuelle comporte des risques psychosociaux, moraux, physiques ou sanitaires. L’inhibition agit ici comme un signal d’arrêt face au danger potentiel. Elle est subdivisée en trois composantes :
- SIS2_1 : Risque d’être vu ou entendu (Threat of Being Discovered) : Mesure la perte d’excitation déclenchée par le manque d’intimité ou la peur d’être surpris par autrui (ex. item 12 : « If I am having sex in a secluded, outdoor place and I think that someone is nearby, I am not likely to get very aroused » ; item 24 : « If I can be heard by others while having sex, I am unlikely to stay sexually aroused »).
- SIS2_2 : Risque de contamination ou de procréation non désirée (Health/Contraceptive Threats) : Évalue l’inhibition déclenchée par l’absence de protection ou la peur des infections et de la grossesse (ex. item 8 : « If there is a risk of unwanted pregnancy, I am unlikely to get sexually aroused » ; item 27 : « If I realize there is a risk of catching a sexually transmitted disease, I am unlikely to stay sexually aroused »).
- SIS2_3 : Risque de douleur, d’inadéquation éthique ou de pression temporelle (Pain/Moral/Normative Threats) : Mesure l’arrêt de la réponse sexuelle face à la douleur physique, au sentiment d’urgence ou à l’incongruité éthique du partenaire (ex. item 15 : « If I discovered that someone I find sexually attractive is too young, I would have difficulty getting sexually aroused with him/her » ; item 31 : « If I think that having sex will cause me pain, I will lose my erection/my arousal »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le socle conceptuel des SIS/SES s’enracine directement dans le modèle du double contrôle développé par John Bancroft et Erick Janssen (Bancroft & Janssen, 2000 ; Janssen & Bancroft, 2007). Ce modèle s’inspire lui-même des théories générales de la personnalité et de la motivation neurobiologique, notamment la théorie de la sensibilité au renforcement de Jeffrey Alan Gray (systèmes BIS/BAS — Behavioral Inhibition System et Behavioral Activation System), tout en postulant que la sexualité requiert des mécanismes d’inhibition et d’excitation qui lui sont largement spécifiques.
D’un point de vue évolutif et darwinien, la reproduction sexuée constitue une fonction vitale à haute valeur adaptative. Néanmoins, l’accouplement expose l’organisme à des périls immédiats majeurs : vulnérabilité accrue aux prédateurs en raison de la diminution de la vigilance sensorielle, risque de blessures physiques infligées par des rivaux ou des partenaires agressifs, transmission d’agents pathogènes létaux et coûts énergétiques considérables liés à l’investissement parental. Par conséquent, l’évolution ne pouvait pas sélectionner un système sexuel fonctionnant uniquement sous le mode de l’excitation sans frein. La survie des individus a nécessité la co-évolution d’un système d’inhibition centrale puissant, capable de désactiver instantanément l’engagement érotique dès que des signaux d’alerte environnementaux ou intrapersonnels sont détectés.
Sur le plan neurophysiologique et neuroendocrinien, le modèle postule l’existence d’équilibres subtils au niveau des structures cérébrales sous-corticales et corticales :
- Le versant excitateur : Il dépend de circuits dopaminergiques mésolimbiques et mésocortiques (notamment l’aire tegmentale ventrale, le noyau accumbens et l’hypothalamus médian, en particulier l’aire préoptique médiane), potentialisés par les stéroïdes sexuels (testostérone, œstradiol), l’ocytocine et la noradrénaline. Ce réseau sous-tend l’attribution de saillance incitative aux stimuli sexuels et déclenche la cascade autonome parasympathique médiée par l’oxyde nitrique (NO), induisant la vasodilatation des tissus érectiles (corps caverneux et tissu érectile clitoridien/vestibulaire).
- Le versant inhibiteur : Il implique des circuits sérotoninergiques descendants, des projections noradrénergiques centrales associées au stress aigu (locus coeruleus, axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien) et un contrôle cognitif régulateur exercé par le cortex préfrontal ventromédian et le cortex cingulaire antérieur. L’inhibition centrale stimule le système nerveux sympathique via les récepteurs alpha-1 adrénergiques périphériques, provoquant la vasoconstriction artérielle et la contraction des muscles lisses trabéculaires génitaux, ce qui bloque ou annule la tumescence érectile et la lubrification.
L’originalité fondamentale du modèle réside dans l’indépendance orthogonale postulée entre l’excitation et l’inhibition. Contrairement à une vision scalaire où l’excitation s’opposerait diamétralement à l’inhibition sur une droite unidimensionnelle, le modèle du double contrôle démontre que l’on peut présenter simultanément une excitation très forte et une inhibition très forte, ou à l’inverse une excitation faible conjuguée à une inhibition faible. Cette vision bidimensionnelle génère quatre profils comportementaux distincts :
- Excitation élevée / Inhibition faible : Profil hautement prédisposé aux comportements sexuels compulsifs, aux prises de risques inconsidérées, aux rapports non protégés et à l’infidélité.
- Excitation faible / Inhibition élevée : Profil caractérisé par une vulnérabilité extrême aux dysfonctions sexuelles psychogènes (baisse du désir, anérection, anorgasmie) et à l’évitement sexuel phobique.
- Excitation élevée / Inhibition élevée : Profil paradoxal caractérisé par des conflits intrapsychiques intenses, une forte recherche de sensations sexuelles contrariée par des pannes récurrentes, pouvant favoriser des pratiques paraphiliques ou marginales nécessaires pour surmonter le seuil inhibiteur.
- Excitation faible / Inhibition faible : Profil de faible réactivité sexuelle globale mais sans détresse associée face au risque ou à l’échec de performance.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique des Échelles SIS/SES a été explorée en profondeur à travers de vastes études empiriques conduites par Erick Janssen, John Bancroft, Cynthia Graham, Deanna Carpenter et leurs collaborateurs (Carpenter et al., 2008 ; Janssen et al., 2002a, 2002b).
Validité convergente et discriminante
Pour démontrer que les SIS/SES évaluent des construits spécifiquement sexuels et ne constituent pas de simples redondances d’échelles de personnalité générale, des analyses corrélationnelles rigoureuses ont été conduites en les confrontant aux instruments majeurs de la psychologie différentielle : les échelles BIS/BAS de Carver et White, l’Inventaire de personnalité d’Eysenck (EPQ), l’échelle d’évitement du danger du MPQ (Multidimensional Personality Questionnaire), le Sexual Opinion Survey (SOS) et le Sociosexual Orientation Inventory (SOI).
Les données rapportées par Carpenter et al. (2008) auprès de cohortes mixtes (1 040 femmes et 971 hommes) révèlent des corrélations faibles à modérées qui confirment à la fois la parenté théorique et l’autonomie empirique des dimensions sexuelles :
- Échelle SES : Corrèle positivement et significativement avec l’échelle de recherche de sensations ludiques du BAS (BAS-Fun Seeking : r = 0,27 chez les femmes, r = 0,25 chez les hommes, p ≤ 0,01) et avec la réactivité aux récompenses (BAS-Reward Responsiveness : r = 0,37 chez les hommes, p ≤ 0,01). La SES démontre une convergence robuste avec l’érotophilie mesurée par le SOS (r = 0,58 chez les femmes, r = 0,42 chez les hommes, p ≤ 0,01) et avec l’orientation sociosexuelle sans engagement mesurée par le SOI (r = 0,38 chez les femmes, r = 0,20 chez les hommes, p ≤ 0,01). En revanche, ses corrélations avec le névrosisme (EPQ) sont minimes (r = 0,16 chez les femmes, r = 0,22 chez les hommes) et quasi nulles avec l’extraversion (r = 0,03 chez les femmes, r = -0,01 chez les hommes).
- Échelle SIS1 : Corrèle modérément avec le névrosisme (EPQ : r = 0,18 chez les femmes, r = 0,20 chez les hommes, p ≤ 0,01) et négativement avec l’extraversion chez les hommes (r = -0,14, p ≤ 0,01). Elle présente une relation faible avec le système général d’inhibition comportementale (BIS : r = 0,02 chez les femmes, r = 0,23 chez les hommes, p ≤ 0,01), démontrant que la vulnérabilité à la panne érectile ou lubrificatrice ne se confond pas avec une anxiété trait générale.
- Échelle SIS2 : Corrèle positivement avec l’évitement du danger (MPQ Harm Avoidance : r = 0,23 chez les femmes, r = 0,26 chez les hommes, p ≤ 0,01) et avec le BIS général (r = 0,17 chez les femmes, r = 0,21 chez les hommes, p ≤ 0,01). Elle est inversement corrélée à l’érotophilie (SOS : r = -0,33 chez les femmes, r = -0,28 chez les hommes, p ≤ 0,01) et à l’ouverture sociosexuelle (SOI : r = -0,47 chez les femmes, r = -0,33 chez les hommes, p ≤ 0,01). Ces patterns confirment que la SIS2 capture une prudence sexuelle adaptative et protectrice.
- Désirabilité sociale (SDSR-5) : Les corrélations avec l’échelle de désirabilité sociale sont négligeables à très faibles (r = -0,23 à 0,16 pour SES ; r = -0,18 à -0,01 pour SIS1 ; r = -0,01 à 0,16 pour SIS2), attestant que les réponses des sujets ne sont pas biaisées de manière critique par le conformisme social.
Validité prédictive et écologique
Les études de laboratoire en psychophysiologie sexuelle (Janssen et al., 2002b) démontrent que les scores à la SES prédisent l’amplitude et la rapidité de la tumescence pénienne (mesurée par pléthysmographie pénienne) lors du visionnage de stimuli érotiques explicites. Les scores à la SIS1 prédisent l’effondrement de la réponse érectile lorsque les participants sont soumis à des tâches d’interférence cognitive concurrente (calcul mental, soustraction sérielle sous contrainte temporelle). En milieu clinique, des scores SIS1 élevés discriminent avec une grande précision les hommes souffrant de dysfonction érectile psychogène des sujets contrôles sexuellement fonctionnels. Réciproquement, des scores faibles à la SIS2 combinés à des scores élevés à la SES permettent de prédire l’incidence des rapports sexuels non protégés, le multipartenariat occasionnel sous l’influence de l’alcool ou de substances psychoactives, et les comportements d’agression ou d’infidélité sexuelle (Bancroft et al., 2009).
8. Fidélité / Reliability
Les qualités métrologiques des Échelles SIS/SES ont été testées de manière extensive sur le plan de la cohérence interne et de la stabilité temporelle auprès d’échantillons diversifiés en âge et en orientation sexuelle.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Dans les trois cohortes initiales masculines décrites par Janssen et al. (2002a) :
- Échantillon 1 (N = 408 hommes hétérosexuels fonctionnels, âge moyen = 23 ans) : SES = 0,89 ; SIS1 = 0,81 ; SIS2 = 0,73.
- Échantillon 2 (N = 459 hommes, âge moyen = 21 ans) : SES = 0,89 ; SIS1 = 0,78 ; SIS2 = 0,69.
- Échantillon 3 (N = 313 hommes plus âgés, âge moyen = 46 ans) : SES = 0,88 ; SIS1 = 0,83 ; SIS2 = 0,75.
Chez les femmes, l’étude comparative de grande envergure menée par Carpenter et al. (2008) auprès de 1 067 femmes hétérosexuelles (âge moyen = 19 ans) a démontré des indices de consistance interne tout à fait comparables et satisfaisants :
- SES féminine : α = 0,87
- SIS1 féminine : α = 0,76
- SIS2 féminine : α = 0,70
Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)
La stabilité temporelle a été mesurée dans des sous-échantillons réévalués à plusieurs semaines d’intervalle sans intervention thérapeutique :
- Hommes (N = 50, intervalle moyen de 7 semaines) : r = 0,76 pour la SES ; r = 0,67 pour la SIS1 ; r = 0,74 pour la SIS2.
- Femmes (N = 51, intervalle moyen d’un peu moins de 5 semaines) : r = 0,70 pour la SES ; r = 0,68 pour la SIS1 ; r = 0,60 pour la SIS2 (après élimination de deux valeurs aberrantes extrêmes).
Ces coefficients confirment que les échelles capturent des dispositions psychologiques durables (« traits-like ») plutôt que de simples fluctuations d’humeur transitoires (« state-like »).
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le développement initial des SIS/SES a suivi une approche rigoureuse d’analyse factorielle exploratoire (AFE) complétée par des analyses factorielles confirmatoires multi-groupes (AFC).
Analyses exploratoires initiales et modèle hiérarchique
L’application initiale de l’AFE sur les données du premier échantillon masculin (N = 408) a d’abord mis en évidence 10 facteurs de premier ordre reflétant les facettes conceptuelles introduites lors de la rédaction des items. Une analyse factorielle de second ordre menée sur les scores de ces sous-échelles a permis de dégager une structure hiérarchique élégante en trois facteurs supérieurs expliquant ensemble 60 % de la variance totale :
- Un facteur unique d’excitation (SES) saturé par 4 sous-facteurs de premier ordre (20 items au total).
- Un premier facteur d’inhibition (SIS1 — Menace de panne sexuelle) saturé par 3 sous-facteurs (14 items au total).
- Un second facteur d’inhibition (SIS2 — Menace des conséquences de la performance) saturé par 3 sous-facteurs (11 items au total).
Les saturations factorielles des sous-échelles sur leurs dimensions supérieures respectives oscillent entre 0,60 et 0,90, témoignant d’une très forte homogénéité des construits de second ordre.
Indépendance et corrélations inter-facteurs
Les corrélations entre les trois échelles maîtresses corroborent de façon remarquable l’hypothèse théorique d’indépendance du modèle du double contrôle :
- SES et SIS1 : r = -0,07 (Échantillon 1), attestant que la propension à l’excitation et la peur de la panne n’ont pratiquement aucune variance partagée.
- SES et SIS2 : r = -0,11 (Échantillon 1), confirmant que l’inhibition face au danger n’est pas un simple reflet inversé de la capacité excitatrice.
- SIS1 et SIS2 : r = 0,28 (Échantillon 1), indiquant que bien que relevant toutes deux du concept générique d’inhibition, la peur de l’échec personnel et l’évitement des conséquences externes constituent deux processus fonctionnels nettement distincts.
Invariance structurelle et validation confirmatoire chez les femmes
Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) multi-groupes réalisées sur le deuxième échantillon d’hommes jeunes (N = 459) et le troisième échantillon d’hommes matures (N = 313) ont confirmé l’adéquation empirique de ce modèle hiérarchique à trois composantes. Dans l’étude de Carpenter et al. (2008), l’application de l’AFC sur les données recueillies auprès de 1 067 femmes a démontré un ajustement satisfaisant aux données, validant l’universalité de la structure en trois facteurs (SES, SIS1, SIS2) indépendamment du sexe biologique.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique auto-rapporté mesurant les traits de propension à la réactivité sexuelle.
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée/en ligne (auto-administration individuelle).
- Nombre total d’items : 45 items rédigés majoritairement sous une formulation conditionnelle hypothétique (« si… alors… » ou « quand… je… »).
- Durée de passation : Environ 10 minutes.
- Format de réponse : Échelle de Likert ordinale à 4 points (1 = Strongly Agree / Fortement d’accord, 2 = Agree / D’accord, 3 = Disagree / En désaccord, 4 = Strongly Disagree / Fortement en désaccord).
- Protocole officiel de cotation et inversion : To compute scores, all but two (Items 17 and 45; see Exhibit) of the items first need to be reversed (1 = 4, 2 = 3, 3 = 2, 4 = 1). Missing values can be replaced with the mean of the other items making up the lower-level factor to which the missing item belongs (see Exhibit). It is recommended that no scores are computed if more than 10 out of the 45 items are missing, and that missing values are assigned to SES if more than 5 SES items are missing, to SIS1 if more than 4 SIS1 items are missing, and to SIS2 if more than 3 SIS2 items are missing. SES consists of the sum of Items 1, 3, 4, 6, 7, 11, 13, 14, 16, 25, 26, 29, 30, 32, 35, 37, 38, 39, 43, and 44. SIS1 consists of the sum of Items 5, 9, 10, 17 (not recoded), 19, 20, 21, 23, 33, 36, 40, 41, 42, and 45 (not recoded). SIS2 consists of the sum of Items 2, 8, 12, 15, 18, 22, 24, 27, 28, 31, and 34.
- Gamme des scores composites :
- Score SES (20 items) : Échelle de 20 à 80 points (un score plus élevé reflète une excitation sexuelle plus facile et fréquente).
- Score SIS1 (14 items) : Échelle de 14 à 56 points (un score plus élevé reflète une forte propension à l’inhibition liée à l’anxiété de performance et à la distraction).
- Score SIS2 (11 items) : Échelle de 11 à 44 points (un score plus élevé reflète une forte propension à l’inhibition face aux menaces externes et aux conséquences négatives).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 2002 pour la validation masculine chez l’adulte (Janssen, Vorst, Finn, & Bancroft, 2002a, 2002b) ; 2008 pour la validation comparative élargie aux femmes (Carpenter, Janssen, Graham, Vorst, & Wicherts, 2008).
- Propriété intellectuelle : Développé sous l’égide du Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction (Indiana University Bloomington).
- Tarifs et conditions d’accès : L’instrument est dans le domaine public à des fins de recherche académique et d’évaluation clinique non commerciale (There are no fees attached to its use). Aucun frais d’utilisation n’est exigé.
- Ressources et syntaxe d’analyse : Les formulaires de test, les manuels d’instructions ainsi qu’une syntaxe officielle SPSS pour l’inversion et la cotation automatisée des scores ont été mis à disposition des chercheurs via les plateformes en ligne du laboratoire de recherche sexologique du Kinsey Institute. Pour toute demande d’utilisation dans le cadre de protocoles d’essais cliniques ou d’adaptations linguistiques formelles, il convient d’adresser sa correspondance au Dr Erick Janssen (
[email protected]).
12. Références / References
Les sources académiques fondatrices et les publications princeps régissant l’utilisation des Échelles SIS/SES sont répertoriées ci-dessous selon les normes APA (7e édition) :
- Bancroft, J., Graham, C. A., Janssen, E., & Sanders, S. A. (2009). The dual control model: Current status and future directions. The Journal of Sex Research, 46(2-3), 121–142. https://doi.org/10.1080/00224490902747222
- Bancroft, J., & Janssen, E. (2000). The dual control model of male sexual response: A theoretical approach to centrally mediated erectile dysfunction. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 24(5), 571–579. https://doi.org/10.1016/S0149-7634(00)00024-5
- Carpenter, D. L., Janssen, E., Graham, C. A., Vorst, H., & Wicherts, J. M. (2008). Women’s scores on the Sexual Inhibition/Sexual Excitation Scales (SIS/SES): Gender similarities and differences. The Journal of Sex Research, 45(1), 36–48. https://doi.org/10.1080/00224490701808076
- Holm, S. (1979). A simple sequentially rejective multiple test procedure. Scandinavian Journal of Statistics, 6(2), 65–70. https://www.jstor.org/stable/4615733
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- Janssen, E., Vorst, H., Finn, P., & Bancroft, J. (2002b). The Sexual Inhibition (SIS) and Sexual Excitation (SES) Scales: II. Predicting psychophysiological response patterns. The Journal of Sex Research, 39(2), 127–132. https://doi.org/10.1080/00224490209552131
- Shye, S., & Elizur, D. (1994). Introduction to facet theory: Content design and intrinsic data analysis in behavioral research. Sage Publications. https://doi.org/10.4135/9781412984652
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions: In this questionnaire you will find statements about how you might react to various sexual situations, activities, or behaviors. Obviously, how you react will often depend on the circumstances, but we are interested in what would be the most likely reaction for you. Please read each statement carefully and decide how you would be most likely to react. Then circle the number that corresponds with your answer. Please try to respond to every statement. Sometimes you may feel that none of the responses seems completely accurate. Sometimes you may read a statement which you feel is “not applicable.” In these cases, please circle a response which you would choose if it were applicable to you. In many statements you will find words describing reactions such as “sexually aroused,” or sometimes just “aroused.” With these words we mean to describe “feelings of sexual excitement,” feeling “sexually stimulated,” “horny,” “hot,” or “turned on.” Don’t think too long before answering; please give your first reaction. Try not to skip any questions. Try to be as honest as possible.
Response scale: 1 = Strongly Agree, 2 = Agree, 3 = Disagree, 4 = Strongly Disagree.
Scoring Protocol: To compute scores, all but two (Items 17 and 45; see Exhibit) of the items first need to be reversed (1 = 4, 2 = 3, 3 = 2, 4 = 1). Missing values can be replaced with the mean of the other items making up the lower-level factor to which the missing item belongs (see Exhibit). It is recommended that no scores are computed if more than 10 out of the 45 items are missing, and that missing values are assigned to SES if more than 5 SES items are missing, to SIS1 if more than 4 SIS1 items are missing, and to SIS2 if more than 3 SIS2 items are missing. SES consists of the sum of Items 1, 3, 4, 6, 7, 11, 13, 14, 16, 25, 26, 29, 30, 32, 35, 37, 38, 39, 43, and 44. SIS1 consists of the sum of Items 5, 9, 10, 17 (not recoded), 19, 20, 21, 23, 33, 36, 40, 41, 42, and 45 (not recoded). SIS2 consists of the sum of Items 2, 8, 12, 15, 18, 22, 24, 27, 28, 31, and 34.
- When I look at erotic pictures, I easily become sexually aroused. SES_2
- If I feel that I am being rushed, I am unlikely to get very aroused. SIS2_3
- If I am on my own watching a sexual scene in a film, I quickly become sexually aroused. SES_2
- Sometimes I become sexually aroused just by lying in the sun/Sometimes just lying in the sun sexually SES_4 arouses me.
- Putting on a condom can cause me to lose my erection/Using condoms or other safe-sex products SIS1_1 can cause me to lose my arousal.
- When a sexually attractive stranger accidentally touches me, I easily become aroused. SES_1
- When I have a quiet candlelight dinner with someone I find sexually attractive, I get aroused. SES_1
- If there is a risk of unwanted pregnancy, I am unlikely to get sexually aroused. SIS2_2
- I need my penis to be touched to maintain an erection/I need my clitoris to be stimulated to SIS1_1 continue feeling aroused.
- When I am having sex, I have to focus on my own sexual feelings in order to keep my erection/stay SIS1_1 aroused.
- When I feel sexually aroused, I usually have an erection/I usually have a genital response (e.g., vaginal SES_3 lubrication, being wet).
- If I am having sex in a secluded, outdoor place and I think that someone is nearby, I am not likely to SIS2_1 get very aroused.
- When I see someone I find attractive dressed in a sexy way, I easily become sexually aroused. SES_1
- When I think someone sexually attractive wants to have sex with me, I quickly become sexually SES_1 aroused.
- If I discovered that someone I find sexually attractive is too young, I would have difficulty getting SIS2_3 sexually aroused with him/her.
- When I talk to someone on the telephone who has a sexy voice, I become sexually aroused. SES_1
- When I notice that my partner is sexually aroused, my own arousal becomes stronger. [This item should not be recoded] SIS1_2
- If my new sexual partner does not want to use a condom, I am unlikely to stay aroused/If my new sexual partner does not want to use a condom/safe-sex product, I am unlikely to stay aroused. SIS2_2
- I cannot get aroused unless I focus exclusively on sexual stimulation. SIS1_1
- If I feel that I’m expected to respond sexually, I have difficulty getting aroused. SIS1_3
- If I am concerned about pleasing my partner sexually, I easily lose my erection/If I am concerned about pleasing my partner sexually, it interferes with my arousal. SIS1_2
- If I am masturbating on my own and I realize that someone is likely to come into the room at any moment, I will lose my erection/my sexual arousal. SIS2_1
- It is difficult to become sexually aroused unless I fantasize about a very arousing situation. SIS1_1
- If I can be heard by others while having sex, I am unlikely to stay sexually aroused. SIS2_1
- Just thinking about a sexual encounter I have had is enough to turn me on sexually. SES_3
- When I am taking a shower or a bath, I easily become sexually aroused. SES_4
- If I realize there is a risk of catching a sexually transmitted disease, I am unlikely to stay sexually aroused SIS2_2
- If I can be seen by others while having sex, I am unlikely to stay sexually aroused. SIS2_1
- If I am with a group of people watching an X-rated film, I quickly become sexually aroused. SES_2
- When a sexually attractive stranger looks me straight in the eye, I become aroused/When a sexually attractive stranger makes eye-contact with me, I become aroused. SES_1
- If I think that having sex will cause me pain, I will lose my erection/my arousal. SIS2_3
- When I wear something I feel attractive in, I am likely to become sexually aroused. SES_4
- If I think that I might not get an erection, then I am less likely to get one/If I am worried about being too dry, I am less likely to get lubricated. SIS1_3
- If having sex will cause my partner pain, I am unlikely to stay sexually aroused. SIS2_3
- When I think of a very attractive person, I easily become sexually aroused. SES_1
- Once I have an erection, I want to start intercourse right away before I lose my erection/Once I am sexually aroused, I want to start intercourse right away before I lose my arousal. SIS1_1
- When I start fantasizing about sex, I quickly become sexually aroused. SES_3
- When I see others engaged in sexual activities, I feel like having sex myself. SES_2
- When I see an attractive person, I start fantasizing about having sex with him/her. SES_1
- When I have a distracting thought, I easily lose my erection/my arousal. SIS1_1
- I often rely on fantasies to help me maintain an erection/my sexual arousal. SIS1_1
- If I am distracted by hearing music, television, or a conversation, I am unlikely to stay aroused. SIS1_3
- When I feel interested in sex, I usually get an erection/I usually have a genital response (e.g., vaginal lubrication, being wet). SES_3
- When an attractive person flirts with me, I easily become sexually aroused. SES_1
- During sex, pleasing my partner sexually makes me more aroused. [This item should not be recoded] SIS1_2
Note. When different item versions are used for men and women, both versions are given (male/female). Answer categories are 1 = Strongly Agree, 2 = Agree, 3 = Disagree, 4 = Strongly Disagree.