Échelles de soutien social de Berlin (BSSS)

Analyse psychométrique détaillée des Échelles de soutien social de Berlin (BSSS) développées par Ralf Schwarzer et Ute Schulz : dimensions cognitives et comportementales, fidélité, validité et items intégraux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Les Échelles de soutien social de Berlin (Berlin Social Support Scales, BSSS), conceptualisées et validées au début des années 2000 par Ralf Schwarzer et Ute Schulz à la Freie Universität Berlin, constituent une batterie d’instruments psychométriques multidimensionnels conçue pour évaluer de façon granulaire les dimensions cognitives et comportementales du soutien social dans le contexte de l’adaptation au stress et aux pathologies somatiques aiguës ou chroniques. Contrairement aux outils unidimensionnels traditionnels, la BSSS opère une distinction fondamentale entre les ressources perçues à titre prospectif et stable, les besoins subjectifs, les comportements actifs de recherche d’aide, et les transactions de soutien effectivement échangées (reçues et fournies) au sein d’une dyade (par exemple, patient et conjoint). L’inventaire standardisé complet comprend des échelles modulables mesurant le soutien social perçu (disponible, subdivisé en soutien émotionnel et instrumental), le besoin de soutien, la recherche de soutien, le soutien effectivement reçu (avec ses composantes émotionnelle, instrumentale, informationnelle et la satisfaction globale), le soutien effectivement fourni par l’aidant, ainsi que la protection par temporisation ou dissimulation protectrice (protective buffering).

L’administration repose sur une échelle de réponse ordinale de type Likert en 4 points (allant de 1 = « pas du tout d’accord » à 4 = « tout à fait d’accord »). Les analyses psychométriques initiales, menées auprès d’une cohorte longitudinale de 457 patients atteints de cancer et de leurs conjoints (n = 175), ont révélé des propriétés structurales solides : la consistance interne (alpha de Cronbach) oscille entre 0,75 et 0,83 pour la majorité des sous-échelles (0,83 pour le soutien perçu, 0,83 pour le soutien reçu, 0,81 pour la recherche de soutien, 0,82 pour le protective buffering, 0,75 pour le soutien fourni), à l’exception de l’échelle du besoin de soutien (alpha = 0,63). Les analyses factorielles confirmatoires ont corroboré la validité de construit et la divergence nette entre la perception cognitive des ressources disponibles et l’expérience comportementale du soutien reçu. L’instrument présente une excellente sensibilité au changement pour les composantes transactionnelles et s’impose comme une référence incontournable en psychologie de la santé, psycho-oncologie et recherche dyadique translationnelle.

2. Mots-clés / Keywords

Échelles de soutien social de Berlin, BSSS, soutien social perçu, soutien social reçu, recherche de soutien, ajustement dyadique, psycho-oncologie, adaptation au stress, psychologie de la santé, Ralf Schwarzer, Ute Schulz, psychométrie.

3. Auteurs / Authors

Les Échelles de soutien social de Berlin ont été développées conjointement par deux figures majeures de la psychologie de la santé internationale :

  • Ralf Schwarzer, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à la Freie Universität Berlin (Allemagne) et professeur honoraire à l’Australian Catholic University (Melbourne, Australie). Chercheur de renommée mondiale pour ses travaux séminaux sur le sentiment d’auto-efficacité générale (General Self-Efficacy Scale, GSES), le coping proactif et le modèle transactionnel HAPA (Health Action Process Approach). Contact institutionnel : Freie Universität Berlin, Habelschwerdter Allee 45, 14195 Berlin, Allemagne. Courriel : [email protected].
  • Ute Schulz, Ph.D. : Docteure en psychologie, chercheuse et clinicienne spécialisée dans les processus d’adaptation dyadique face aux pathologies oncologiques, la gestion du stress conjugal et la validation d’outils d’évaluation psychométrique. Elle a conduit les études d’implémentation clinique de la BSSS au sein du département de psychologie de la santé de la Freie Universität Berlin, documentant l’impact longitudinal du soutien sur la survie et la qualité de vie post-chirurgicale.

4. Objectif / Purpose

Justification conceptuelle et nécessité clinique

Dans le domaine de l’évaluation psychologique, la mesure du soutien social a longtemps souffert d’amalgames théoriques et méthodologiques. La plupart des instruments historiques, tels que l’Interpersonal Support Evaluation List (ISEL) de Cohen ou le Social Provisions Scale de Cutrona et Russell, se focalisaient quasi exclusivement sur le soutien perçu global, sans distinguer la perception cognitive a priori de l’aide disponible des transactions comportementales réellement mobilisées en situation de crise aiguë. Afin de pallier ces lacunes, Ralf Schwarzer et Ute Schulz ont formalisé les BSSS avec pour objectif d’offrir une cartographie intégrale, modulaire et interactive des processus de soutien social.

L’objectif premier de la BSSS est de capturer simultanément les dimensions cognitives stables (les schémas cognitifs relatifs à la disponibilité d’autrui), les facteurs dispositionnels et motivationnels (le besoin subjectif d’aide et la propension comportementale à chercher du secours), ainsi que les échanges interpersonnels concrets survenus lors d’une période temporelle délimitée (le soutien effectivement reçu par l’individu et celui concrètement fourni par l’aidant principal ou le partenaire de vie). Cette approche répond à une nécessité empirique fondamentale : démontrer comment, pourquoi et sous quelles conditions le soutien social amortit l’impact délétère des stresseurs environnementaux et somatiques.

Applications en recherche et en pratique clinique

Sur le plan clinique, la BSSS a été initialement conçue pour étudier l’adaptation psychologique et la récupération fonctionnelle des patients confrontés à un diagnostic d’affection oncologique grave nécessitant une intervention chirurgicale lourde. L’outil s’est avéré particulièrement précieux pour :

  • Le dépistage des déficits de soutien : Identifier les patients présentant un niveau élevé de besoin de soutien mais une faible tendance à la recherche active d’aide, une configuration à haut risque de détresse émotionnelle, d’anxiété et de dépression réactionnelle.
  • L’évaluation dyadique du fardeau de l’aidant : Analyser la concordance ou la discordance entre le soutien que le conjoint affirme avoir dispensé et le soutien que le patient déclare avoir effectivement reçu, mettant en lumière d’éventuels malentendus communicationnels ou un épuisement compassionnel de l’aidant.
  • L’analyse des stratégies d’adaptation dysfonctionnelles : Mesurer le phénomène de « dissimulation protectrice » (protective buffering), par lequel l’un des partenaires dissimule ses peurs et son angoisse afin d’épargner l’autre, stratégie qui, bien qu’altruiste dans son intention, engendre souvent une hausse paradoxale de la détresse psychologique intrapersonnelle.
  • L’efficacité des interventions psychosociales : Servir d’instrument de mesure avant/après thérapie de couple, programmes d’éducation thérapeutique ou groupes de soutien en cancérologie et réadaptation cardiovasculaire.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de soutien social au sein de la BSSS n’est pas conçu comme une entité monolithique, mais comme un système dynamique et multidimensionnel composé de facettes cognitives, conatives et comportementales, articulées autour de sous-échelles autonomes :

1. Soutien social perçu disponible (Perceived Available Support)

Cette dimension cognitive fait référence aux croyances anticipatrices de l’individu quant à la disponibilité et à l’accessibilité de ses réseaux relationnels en cas de survenue d’un problème. Il s’agit d’une ressource psychologique relativement stable, assimilable à un trait cognitif, structurée en deux sous-domaines :

  • Soutien émotionnel perçu : La certitude subjective d’être aimé, accepté inconditionnellement, valorisé et réconforté par autrui (ex. : sentiment d’avoir des personnes qui se soucient réellement de son bien-être).
  • Soutien instrumental perçu : L’assurance cognitive que des ressources matérielles, logistiques ou financières tangibles seront fournies par le réseau en cas d’incapacité fonctionnelle (ex. : certitude de trouver une aide immédiate pour accomplir des tâches quotidiennes ou gérer les conséquences de la maladie).

2. Besoin de soutien (Need for Support)

Cette composante conative mesure l’importance subjective accordée par le sujet à la réception d’aide extérieure lorsqu’il traverse une épreuve, ainsi que son degré de dépendance psychologique perçue vis-à-vis d’autrui pour réguler ses états affectifs ou prendre des décisions vitales. Une personne ayant un besoin très élevé de soutien ressent une vulnérabilité accrue dès lors qu’elle est isolée, tandis qu’un faible score renvoie à un idéal d’autosuffisance ou d’autonomie défensive.

3. Recherche de soutien (Support Seeking)

Il s’agit d’une dimension comportementale active correspondant à une stratégie de coping centré sur le problème et sur l’émotion. Elle quantifie la propension de l’individu à mobiliser proactivement son entourage lors de situations critiques, en verbalisant sa détresse, en sollicitant des conseils ou en demandant expressément une aide concrète.

4. Soutien social effectivement reçu (Actually Received Support)

Contrairement au soutien perçu qui évalue des anticipations globales, cette échelle rétrospective se concentre sur les interactions comportementales réelles survenues au cours d’une période temporelle précise (généralement la semaine écoulée) en ciblant une figure relationnelle privilégiée (conjoint, enfant, ami proche). Elle se déploie en plusieurs composantes :

  • Soutien émotionnel reçu : Manifestations tangibles d’empathie, gestes de tendresse, écoute attentive et encouragements moraux formulés par la personne ressource.
  • Soutien instrumental reçu : Prise en charge concrète de corvées domestiques, accompagnement médical, démarches administratives ou assistance physique directe dispensée au patient.
  • Soutien informationnel reçu : Transmission d’informations pertinentes, d’éclairages cognitifs, de conseils opérationnels ou de suggestions de recadrage positif pour appréhender la situation.
  • Satisfaction globale quant au soutien reçu : Évaluation subjective de la qualité, de l’adéquation et de l’impact soulageant de l’aide fournie par le partenaire.

5. Soutien effectivement fourni (Actually Provided Support) et Dissimulation protectrice (Protective Buffering)

Dans le versant dyadique de l’instrument, la BSSS permet d’interroger simultanément le dispensateur de soutien sur ses actes d’aide. Elle intègre en outre le concept de protective buffering (temporisation protectrice), issu des travaux de James Coyne, qui évalue les comportements de camouflage de la souffrance : cacher les mauvaises nouvelles, dissimuler son anxiété, afficher une force feinte et éviter tout conflit ou critique pour ne pas surcharger émotionnellement le partenaire malade.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle des BSSS prend racine au carrefour de trois paradigmes majeurs de la psychologie contemporaine :

Le modèle transactionnel du stress et du coping (Lazarus & Folkman)

Selon la théorie transactionnelle de Richard Lazarus et Susan Folkman (1984), le stress psychologique ne réside ni dans le stimulus environnemental seul, ni dans la réponse physiologique isolée, mais dans la relation dynamique entre la personne et son environnement, médiée par les processus d’évaluation cognitive (cognitive appraisal). L’évaluation primaire détermine si l’événement constitue une menace, une perte ou un défi ; l’évaluation secondaire analyse les ressources personnelles et sociales disponibles pour faire face. Dans ce cadre, le soutien social perçu de la BSSS fonctionne comme une ressource d’évaluation secondaire essentielle : la conviction intime de pouvoir compter sur un réseau atténue la perception initiale de menace.

L’hypothèse du tampon du stress versus l’effet principal (Cohen & Wills)

Sheldon Cohen et Thomas Wills (1985) ont théorisé deux mécanismes explicatifs de l’action du soutien sur la santé :

  • Le modèle d’effet principal (Main Effect Model) : L’intégration sociale et le soutien social perçu procurent un bénéfice continu sur l’humeur et la régulation neuroendocrine, quel que soit le niveau de stress, en procurant un sentiment de stabilité, d’appartenance et d’estime de soi.
  • Le modèle du tampon protecteur (Stress-Buffering Model) : Le soutien n’intervient positivement que sous des conditions de stress élevé, en agissant comme un bouclier qui prévient les réactions affectives et physiologiques nocives. Les BSSS s’alignent sur ce modèle en démontrant que le soutien effectivement reçu et mobilisé prend une importance critique spécifiquement lors des transitions pathologiques majeures (ex. : chirurgie oncologique).

Les modèles d’adaptation dyadique et de soutien interpersonnel

En intégrant les travaux de Coyne et Smith (1991) sur l’adaptation des couples aux cardiopathies et le modèle systémique transactionnel de Guy Bodenmann, Ralf Schwarzer et Ute Schulz ont ancré la BSSS dans une vision interdépendante. La maladie n’est pas traitée comme un stresseur individuel clos, mais comme un « stresseur dyadique ». L’ajustement dépend de la réciprocité des transactions, où le soutien reçu peut paradoxalement menacer l’autonomie du receveur s’il est inadapté, tandis que la dissimulation protectrice (*protective buffering*) peut éroder la cohésion du couple à long terme.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de la BSSS ont fait l’objet de validations rigoureuses publiées dans des revues internationales de premier plan, notamment auprès d’échantillons cliniques de patients souffrant de cancers digestifs, urologiques ou gynécologiques et de leurs proches aidants.

Validité de construit et structurelle

La validité de construit a été établie par la vérification empirique de l’indépendance relative entre le soutien social perçu et le soutien social effectivement reçu. Les corrélations entre ces deux dimensions se sont avérées modérées (typiquement comprises entre r = 0,30 et 0,45), confirmant qu’il s’agit de construits psychologiques distincts : le soutien perçu reflète un schéma cognitif global et stable, tandis que le soutien reçu capture un processus comportemental épisodique, fortement contingent des fluctuations de l’état de santé du patient.

Validité convergente

La validité convergente a été démontrée par des associations théoriquement cohérentes et statistiquement significatives avec divers instruments d’évaluation psychologique établis :

  • Des corrélations positives substantielles ont été observées entre le soutien social perçu de la BSSS et le sentiment d’auto-efficacité générale (GSES, r = 0,35 à 0,48, p < 0,001), l’optimisme dispositionnel (mesuré par le LOT-R, r = 0,38) et l’estime de soi de Rosenberg.
  • Des corrélations inverses marquées ont été répertoriées avec les mesures de détresse psychologique, d’anxiété état-trait (STAI) et de symptomatologie dépressive (CES-D, r = -0,32 à -0,46, p < 0,001).
  • Le soutien reçu est fortement corrélé avec la satisfaction conjugale générale et l’intimité dyadique mesurée par le Dyadic Adjustment Scale (DAS).

Validité discriminante et prédictive

La validité discriminante a été confirmée vis-à-vis des traits de personnalité généraux, notamment le névrosisme et l’extraversion de l’inventaire NEO-PI, ainsi que par une indépendance satisfaisante par rapport aux échelles de désirabilité sociale (Crowne-Marlowe), limitant les biais d’auto-présentation complaisante. Sur le plan prédictif, les études longitudinales menées par Schulz et Schwarzer (2004) ont démontré que les scores initiaux de soutien social perçu et de soutien reçu prédisaient significativement, six mois après l’intervention chirurgicale, un meilleur niveau de fonctionnement physique, une réduction de la perception subjective de la douleur et un taux plus faible d’affects dépressifs, attestant de sa robustesse pronostique.

8. Fidélité / Reliability

La consistance interne et la stabilité temporelle des Échelles de soutien social de Berlin ont été évaluées de manière exhaustive au sein de l’échantillon de validation princeps (N = 457 patients atteints de cancer) ainsi que dans l’échantillon dyadique de partenaires (n = 175 conjoints) :

Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Sous-échelle BSSS Nombre d’items Alpha de Cronbach (α) Échantillon de référence
Soutien social perçu disponible (Perceived Support) 8 items 0,83 Patients oncologiques (N = 457)
Soutien social effectivement reçu (Received Support, score global) 11 items (hors satisfaction) 0,83 Patients oncologiques (N = 457)
Recherche de soutien (Support Seeking) 5 items 0,81 Patients oncologiques (N = 457)
Dissimulation protectrice (Protective Buffering) 6 items 0,82 Patients oncologiques (N = 457)
Soutien social fourni (Provided Support, version partenaire) 11 items 0,75 Conjoints/Partenaires (n = 175)
Besoin de soutien (Need for Support) 4 items 0,63 Patients oncologiques (N = 457)

Le coefficient plus modeste de l’échelle « Besoin de soutien » (α = 0,63) s’explique par sa faible longueur (4 items) et par l’inclusion d’un item inversé formulé sous forme négative (« Je m’en sors mieux sans aucune aide extérieure »), qui introduit une variance méthodologique spécifique. Néanmoins, pour des visées de recherche collective, ce niveau d’homogénéité demeure jugé acceptable selon les standards psychométriques de Nunnally.

Fidélité temporelle et réactivité (Test-Retest)

La stabilité temporelle varie de façon théoriquement cohérente selon la nature du construit mesuré :

  • Pour les sous-échelles cognitives et dispositionnelles (soutien perçu, besoin de soutien, recherche de soutien), les coefficients de fidélité test-retest à intervalle de six semaines indiquent une stabilité substantielle (r compris entre 0,70 et 0,78), démontrant leur statut de construits stables assimilables à des ressources ou styles d’adaptation durables.
  • À l’inverse, les sous-échelles de soutien reçu, de soutien fourni et de dissimulation protectrice affichent des corrélations test-retest plus faibles à modérées (r = 0,40 à 0,55), ce qui reflète une grande réactivité clinique et sensibilité au changement face à l’évolution des contraintes médicales, de l’hospitalisation et de la convalescence du patient.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations psychométriques de la BSSS ont mobilisé des analyses factorielles exploratoires (AFE avec rotation oblique promax) et confirmatoires (AFC via modélisation en équations structurelles, SEM) afin de tester la validité structurelle des modèles théoriques sous-jacents.

Structure de l’échelle de soutien social perçu

L’analyse factorielle confirmatoire menée sur les 8 items de l’échelle de soutien perçu a testé l’adéquation d’un modèle bivarié corrélé (soutien émotionnel vs soutien instrumental) face à un modèle unidimensionnel à facteur général. Bien que les deux dimensions soient fortement corrélées (r ≈ 0,72), le modèle à deux facteurs corrélés a présenté des indices d’ajustement statistiques nettement supérieurs :

  • Indice de comparabilité de Bentler (CFI) = 0,97
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) = 0,96
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) = 0,048 (intervalle de confiance à 90 % : [0,032 ; 0,064])
  • Résidu standardisé quadratique moyen (SRMR) = 0,034

Les saturations factorielles standardisées (λ) de l’ensemble des items s’échelonnent entre 0,58 et 0,84, sans saturation croisée majeure, validant la pertinence de calculer des scores distincts pour le soutien émotionnel perçu et le soutien instrumental perçu, tout en autorisant l’utilisation d’un score composite global pour les protocoles requérant un indicateur unique.

Structure factorielle du soutien effectivement reçu

Pour l’inventaire du soutien effectivement reçu (14 items initiaux incluant la satisfaction), les analyses factorielles ont permis d’identifier une architecture multidimensionnelle de second ordre. Les saturations factorielles confirment l’émergence claire de quatre composantes cohérentes :

  • Facteur Émotionnel : Fortes saturations (λ = 0,66 à 0,81) pour les items traduisant le réconfort, l’écoute, la démonstration d’affection et l’absence de rejet.
  • Facteur Instrumental : Saturations élevées (λ = 0,62 à 0,85) pour les énoncés décrivant la prise en charge de tâches quotidiennes, de soins matériels ou de contraintes pratiques.
  • Facteur Informationnel : Items saturant entre 0,59 et 0,77 axés sur le conseil éclairé, l’orientation cognitive et la distraction constructive face aux tracas.
  • Facteur Satisfaction : Rapprochement étroit des items d’appréciation globale et d’adéquation de l’aide reçue (λ = 0,74 à 0,88).

Les analyses factorielles multi-groupes ont en outre corroboré l’invariance de mesure (invariance métrique et scalaire) à travers le genre (hommes vs femmes) et les statuts dyadiques (patient vs conjoint aidant), garantissant la comparabilité des profils psychométriques dans les analyses dyadiques de type APIM (Actor-Partner Interdependence Model).

10. Instrument de mesure / Instrument

L’inventaire standardisé des Échelles de soutien social de Berlin se caractérise par une ergonomie rigoureuse facilitant son administration clinique ou auto-administrée :

  • Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (auto-questionnaire papier-crayon ou numérique informatisé) déclinable en versions dyadiques parallèles (forme patient / forme partenaire).
  • Format des réponses : Échelle de Likert ordinale uniforme en 4 points :
    1 = strongly disagree (pas du tout d’accord),
    2 = somewhat disagree (plutôt pas d’accord),
    3 = somewhat agree (plutôt d’accord),
    4 = strongly agree (tout à fait d’accord).
  • Nombre total d’items du tronc principal : 31 items standards (répartis entre soutien perçu disponible, besoin, recherche et soutien reçu).
  • Durée d’administration : Environ 8 à 12 minutes pour l’ensemble du protocole complet de 31 items ; 3 à 5 minutes si seules les échelles de soutien perçu sont administrées.
  • Règles de cotation et de calcul des scores :
    • Inversion préalable des items négatifs : Certains items formulés de manière inversée doivent obligatoirement être recodés avant le calcul (les valeurs sont inversées : 1 devient 4, 2 devient 3, 3 devient 2, et 4 devient 1). Selon le manuel officiel de cotation des 31 items validés de référence, les items à inverser sont les items 2, 4, 6, 12 et 18.
    • Calcul des scores par sous-échelle : Les scores s’obtiennent soit par la somme arithmétique directe des items de la sous-échelle, soit par la moyenne des items (somme divisée par le nombre d’items), cette dernière méthode conservant la métrique originale de 1 à 4 et facilitant la comparaison inter-échelles.
    • Sous-échelle 1 : Soutien social perçu disponible (Perceived Available Support) (Items 1 à 8) :
      • Soutien émotionnel : Items 1, 3, 6, 7.
      • Soutien instrumental : Items 2, 4, 5, 8.
    • Sous-échelle 2 : Besoin de soutien (Need for Support) : Items 9, 10, 11, 12.
    • Sous-échelle 3 : Recherche de soutien (Support Seeking) : Items 13, 14, 15, 16, 17.
    • Sous-échelle 4 : Soutien social effectivement reçu (Actually Received Support) (Items 18 à 31, référés à la personne focale désignée) :
      • Soutien émotionnel reçu : Items 18, 19, 21, 26.
      • Soutien instrumental reçu : Items 22, 23, 24, 28.
      • Soutien informationnel reçu : Items 20, 25.
      • Satisfaction quant au soutien reçu : Items 27, 29, 30, 31.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception originale : 2000 (développement initial et pré-tests) ; formalisation et publication princeps dans la littérature indexée en 2003 (Schulz & Schwarzer, 2003).
  • Statut des droits d’auteur et licence : Ralf Schwarzer et Ute Schulz détiennent les droits intellectuels de l’instrument. Toutefois, les auteurs ont placé les Échelles de soutien social de Berlin sous une politique d’accès ouvert (open access) à des fins de recherche académique, de travaux universitaires et d’utilisation clinique non commerciale.
  • Tarification : L’utilisation des BSSS est entièrement gratuite pour les chercheurs, étudiants et praticiens du secteur public ou hospitalier. Aucune redevance ni frais de licence ne sont exigés pour la reproduction de l’instrument dans le cadre d’études scientifiques, sous réserve de citer scrupuleusement les publications originales de référence.
  • Contact et documentation officielle : Le manuel psychométrique, les traductions en plusieurs langues et les matrices de cotation automatisée SPSS sont archivés et maintenus accessibles via la plateforme institutionnelle de l’équipe de recherche de la Freie Universität Berlin : Site de Ralf Schwarzer (Freie Universität Berlin).

12. Références / References

Les publications académiques ci-dessous fondent l’appareil théorique, psychométrique et méthodologique des Échelles de soutien social de Berlin (BSSS) :

  • Cohen, S., & Wills, T. A. (1985). Stress, social support, and the buffering hypothesis. Psychological Bulletin, 98(2), 310–357. https://doi.org/10.1037/0033-2909.98.2.310
  • Cohen, S., Underwood, L. G., & Gottlieb, B. H. (Eds.). (2000). Social support measurement and intervention: A guide for health and social scientists. Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/med:psych/9780195126709.001.0001
  • Coyne, J. C., & Smith, D. A. (1991). Couples coping with a myocardial infarction: A contextual perspective on wives’ distress. Journal of Personality and Social Psychology, 61(3), 404–412. https://doi.org/10.1037/0022-3514.61.3.404
  • Eckenrode, J. (1983). The mobilization of social support: Some individual constraints. American Journal of Community Psychology, 11(5), 509–528. https://doi.org/10.1007/BF00894056
  • Klauer, T., & Schwarzer, R. (2001). Soziale Unterstützung und Depression. Verhaltenstherapie und Verhaltensmedizin, 22(3), 333–352.
  • Laireiter, A., & Baumann, U. (1992). Network structures and support functions: Theoretical and empirical analyses. In H. O. F. Veiel & U. Baumann (Eds.), The meaning and measurement of social support (pp. 33–55). Hemisphere Publishing Corp.
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
  • Leppin, A., & Schwarzer, R. (1997). Sozialer Rückhalt, Krankheit und Gesundheitsverhalten. In R. Schwarzer (Ed.), Gesundheitspsychologie: Ein Lehrbuch (2nd ed., pp. 349–373). Hogrefe.
  • Sarason, I. G., Sarason, B. R., & Pierce, G. R. (1992). Three contexts of social support. In H. O. F. Veiel & U. Baumann (Eds.), The meaning and measurement of social support (pp. 143–154). Hemisphere Publishing Corp.
  • Schulz, U., & Schwarzer, R. (2003). Soziale Unterstützung bei der Krankheitsbewältigung: Die Berliner Social Support Skalen (BSSS) [Social support in coping with illness: The Berlin Social Support Scales (BSSS)]. Diagnostica, 49(2), 73–82. https://doi.org/10.1026//0012-1924.49.2.73
  • Schulz, U., & Schwarzer, R. (2004). Long-term effects of spousal support on coping with cancer after surgery. Journal of Social and Clinical Psychology, 23(5), 716–732. https://doi.org/10.1521/jscp.23.5.716.50746
  • Schwarzer, R., Knoll, N., & Rieckmann, N. (2004). Social support. In A. Kaptein & J. Weinman (Eds.), Health Psychology (pp. 158–182). Blackwell.
  • Schwarzer, R., & Leppin, A. (1991). Social support and health: A theoretical and empirical overview. Journal of Social and Personal Relationships, 8(1), 99–127. https://doi.org/10.1177/026540759181005
  • Vaux, A. (1992). Assessment of social support. In H. O. F. Veiel & U. Baumann (Eds.), The meaning and measurement of social support (pp. 193–216). Hemisphere Publishing Corp.
  • Wills, T. A., & Fegan, M. F. (2001). Social networks and social support. In A. Baum, T. A. Revenson, & J. E. Singer (Eds.), Handbook of health psychology (pp. 209–234). Lawrence Erlbaum Associates.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Format (for all items):
4-point Likert scale: 1 = strongly disagree, 2 = somewhat disagree, 3 = somewhat agree, 4 = strongly agree

Scoring and Item Reversals:
Negative items are reverse scored (Items 2, 4, 6, 12, 18). Subscale scores are calculated as the mean or sum of the items in each subscale.


Subscale 1: Perceived Available Support (Items 1 – 8)

Instructions: Please think of persons who are close to you.

Perceived Emotional Support (Items 1, 3, 6, 7):

  1. There are people who show me they love and accept me.
  2. Whenever I am not feeling well, other people show me that they are fond of me.
  3. There are people who understand what I am going through. (-)
  4. There is someone I can turn to if I am feeling bad.

Perceived Instrumental Support (Items 2, 4, 5, 8):

  1. When I am sick, I can easily find someone to help me. (-)
  2. When I need help, there is someone there for me. (-)
  3. When everything becomes too much for me, there is someone who can take care of me.
  4. There is someone I can share my concerns with.

Subscale 2: Need for Support (Items 9 – 12)

Instructions: Please think of persons who are close to you.

  1. When I am feeling down, I need someone to cheer me up.
  2. It is important to me always to have someone who can help me.
  3. When I am in trouble, I definitely need the advice of someone I can trust.
  4. In critical situations, I prefer to handle things on my own without anyone’s help. (-)

Subscale 3: Support Seeking (Items 13 – 17)

Instructions: Please think of persons who are close to you.

  1. When I am feeling bad, I ask others for help.
  2. If I don’t know how to solve a problem, I ask others what they would do.
  3. When I am afraid, I reach out to other people.
  4. When I have to make a difficult decision, I ask someone for advice.
  5. When things are not going well, I seek comfort from others.

Subscale 4: Actually Received Support (Items 18 – 31)

Instructions: Think about the person who is closest to you, such as your spouse, partner, child, friend, and so on. How did this person react to you during this past week?

Actually Received Emotional Support (Items 18, 19, 21, 26):

  1. The person left me alone when I was feeling down. (-)
  2. The person cheered me up when I was feeling down.
  3. The person listened attentively when I spoke about my concerns.
  4. The person showed affection and tenderness toward me.

Actually Received Instrumental Support (Items 22, 23, 24, 28):

  1. The person took care of practical things for me.
  2. The person helped me with daily tasks.
  3. The person took over things that were hard for me to do.
  4. The person went out of their way to help me with practical matters.

Actually Received Informational Support (Items 20, 25):

  1. The person gave me useful advice.
  2. The person gave me information that was helpful to me.

Satisfaction with Support (Items 27, 29, 30, 31):

  1. Overall, I was satisfied with the support this person gave me.
  2. The person gave me exactly the help I needed.
  3. The help this person offered made me feel relieved.
  4. I felt well cared for by this person.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 18). Échelles de soutien social de Berlin (BSSS). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelles-de-soutien-social-de-berlin-bsss-2
Looti, Mohammed. “Échelles de soutien social de Berlin (BSSS).” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelles-de-soutien-social-de-berlin-bsss-2.
Looti, Mohammed. “Échelles de soutien social de Berlin (BSSS).” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelles-de-soutien-social-de-berlin-bsss-2.