Échelles de religion non doctrinale

Analyse psychométrique détaillée des Échelles de religion non doctrinale développées par J. Milton Yinger (1969, 1977), mesurant la quête de sens, la souffrance et l’injustice indépendamment des dogmes religieux institutionnels.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

Les Échelles de religion non doctrinale (Nondoctrinal Religion Scales), conceptualisées initialement par le sociologue américain J. Milton Yinger en 1969 puis révisées et étendues en 1977 (NDRS-77), constituent l’un des premiers instruments psychométriques visant à opérationnaliser une définition fonctionnelle et non substantielle de la religiosité. Partant du postulat que l’engagement face aux préoccupations ultimes de l’existence humaine — notamment la finitude, l’injustice systémique, la souffrance et l’absence apparente de sens — forme l’infrastructure fondamentale de toute expression religieuse, Yinger a cherché à mesurer ces dynamiques indépendamment de l’adhésion à des dogmes institutionnels, des théologies formelles ou des rituels ecclésiaux traditionnels.

La version originale de 1969 comporte 7 énoncés évalués selon une échelle de type Likert en 5 points (de 1 = fully agree à 5 = fully disagree), complétée par des questions ouvertes exploratoires. En 1977, Yinger a développé une extension multiculturelle comprenant 20 items répartis conceptuellement en cinq pôles : le non-sens (meaninglessness), la souffrance humaine (suffering), l’injustice (injustice), l’attitude générale envers la religion (religion generally) et le recours aux solutions politiques (politics). Contrairement aux échelles psychométriques conventionnelles, Yinger n’a pas préconisé d’agréger les items en un score composite unique, privilégiant une analyse item par item.

Les investigations psychométriques indépendantes subséquentes, conduites notamment par Nelsen et al. (1976) ainsi que par Roof et al. (1977), ont mis en évidence des limites structurelles notables pour la version à 7 items, incluant une cohérence interne très faible (alpha de Cronbach de .34 à .45) et une multidimensionnalité instable variant de deux à trois facteurs. De surcroît, les corrélations significatives observées entre ces mesures et la religiosité doctrinale conventionnelle ont suscité d’importants débats épistémologiques quant à la validité discriminante du construit de « religion invisible » ou non doctrinale.

2. Mots-clés / Keywords

Religion non doctrinale, J. Milton Yinger, préoccupations ultimes, sociologie de la religion, religion invisible, quête de sens, souffrance humaine, injustice, psychométrie religieuse, validité de construit.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu et développé par le sociologue américain John Milton Yinger (1916–2011). Professeur émérite de sociologie et d’anthropologie au Oberlin College (Ohio, États-Unis), J. Milton Yinger a présidé l’American Sociological Association (ASA) en 1976–1977. Figure majeure de la sociologie des relations interethniques et de la sociologie des religions, il a développé une théorie fonctionnelle influente explorant la persistance des systèmes de croyance séculiers et alternatifs dans les sociétés modernes.

Les études critiques et les réplications psychométriques majeures ont été ultérieurement menées par :

  • Hart M. Nelsen, Robert F. Everett, Paul Douglas Mader et Warren C. Hamby (1976), rattachés au Département de sociologie de la Catholic University of America.
  • Wade Clark Roof, C. Kirk Hadaway, D. Hewitt, R. McGaw et R. Morse (1977), rattachés à l’University of Massachusetts Amherst.
  • L. B. Brown (1981), chercheur à la School of Psychology de l’University of New South Wales (Australie).
  • Caro Courtenay et Lee A. Kirkpatrick (College of William & Mary), ayant documenté et synthétisé les propriétés psychométriques de l’instrument.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental des Échelles de religion non doctrinale est de fournir une mesure standardisée de la religiosité qui ne soit pas tributaire des symboles théistes, des appartenances confessionnelles traditionnelles ou des orthodoxies ecclésiastiques occidentales. Historiquement, la psychologie et la sociologie de la religion évaluaient la piété à travers des indicateurs institutionnels tels que la fréquence de fréquentation des lieux de culte, la régularité de la prière, la croyance en un Dieu personnel ou l’adhésion littérale aux textes sacrés. Yinger postulait que cette approche excluait indûment les individus sécularisés ou désaffiliés qui continuent néanmoins d’affronter des dilemmes existentiels fondamentaux avec une attitude quasi religieuse.

L’instrument vise à mesurer la manière dont les êtres humains réagissent face à ce que les sociologues appellent les « ruptures de sens » (breakdowns of meaning). Selon Yinger, l’essence du phénomène religieux réside dans l’effort structuré déployé par l’individu pour préserver l’espoir, l’ordre et la cohérence en dépit de la souffrance universelle, de l’inévitabilité de la mort et du triomphe apparent de l’injustice. L’échelle est conçue pour être transculturelle et s’appliquer aussi bien à des populations bouddhistes, chrétiennes, agnostiques que laïques.

Dans le domaine de la recherche fondamentale, cet instrument avait vocation à opérationnaliser le concept de « religion invisible » théorisé par Thomas Luckmann, ainsi que les théories de l’anthropologue Clifford Geertz relatives aux systèmes culturels régulateurs de l’angoisse existentielle. Sur le plan pratique et sociologique, l’échelle permettait d’évaluer si les mouvements séculiers, l’engagement politique ou les idéologies humanistes remplissent des fonctions palliatives et intégratives équivalentes à celles des religions traditionnelles face au tragique de l’existence.

En contexte clinique ou de conseil en santé mentale, bien que l’outil n’ait pas été conçu à l’origine comme une batterie diagnostique, ses items ouvrent une perspective féconde pour explorer la détresse existentielle, les stratégies d’adaptation (coping existentiel) et les visions du monde des patients confrontés à des maladies chroniques, des pertes endeuillées ou des crises d’absence de sens, sans imposer un prisme théologique ou ecclésial.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit théorique opérationnalisé par Yinger repose sur une définition fonctionnelle de la religion, définie comme un système de croyances et de pratiques par lequel un groupe d’êtres humains se débat avec les problèmes ultimes de la vie humaine. Contrairement aux approches substantielles, le construit n’exige pas la postulation d’une entité surnaturelle. Il s’articule autour de plusieurs dimensions phénoménologiques interconnectées :

1. L’engagement face aux préoccupations ultimes et la quête de sens (Meaninglessness)

Cette dimension évalue le refus du nihilisme face au chaos apparent de l’existence. L’individu « religieux » au sens yingérien ne se résigne pas à l’absurdité du monde. Il postule l’existence sous-jacente d’un ordre, d’une trame ou d’une signification intelligible que l’humanité finira par appréhender. À l’inverse, l’indifférence déclarée envers la condition humaine fondamentale ou la conviction absolue que la vie est intrinsèquement dépourvue de sens caractérisent une réponse non religieuse.

2. La transformation positive de la souffrance (Suffering)

Ce pôle mesure la propension cognitive et émotionnelle à attribuer une valeur formatrice ou rédemptrice aux épreuves destructrices et douloureuses. Dans la vision de Yinger, la religion fournit un appareil symbolique permettant de transmuter la douleur brute en endurance psychologique, en sagesse accrue et en profondeur spirituelle. Les items explorent également le pronostic porté sur la souffrance globale de l’humanité et la nécessité existentielle d’y faire face.

3. L’acceptation et la transcendance de l’injustice (Injustice)

Face à l’injustice sociale et existentielle — où les personnes indignes tirent souvent les plus grands profits et où les innocents pâtissent —, l’individu doit mobiliser des ressources cognitives pour ne pas céder au désespoir ou à la misanthropie cynique. Le construit examine si l’injustice est conçue comme une fatalité destructrice ou si elle s’insère dans une dialectique humaine susceptible d’être surmontée ou signifiée par des systèmes de valeurs partagés.

4. La valorisation fonctionnelle des efforts religieux (Religion generally)

Indépendamment de l’adhésion doctrinale à un culte particulier, cette dimension mesure la reconnaissance de la valeur intrinsèque des tentatives religieuses de l’humanité. L’individu peut rejeter l’ensemble des dogmes théologiques tout en reconnaissant que les religions historiques représentent des efforts nobles et nécessaires pour aborder la condition humaine.

5. L’efficacité comparative des solutions politiques (Politics)

Introduite dans la version de 1977, cette sous-dimension examine dans quelle mesure l’action politique collective est investie d’une fonction quasi sotériologique pour réduire l’injustice et la souffrance mondiales, ou si elle est jugée insuffisante pour résoudre les énigmes existentielles ultimes de la destinée humaine.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration des Échelles de religion non doctrinale s’inscrit au carrefour de la sociologie fonctionnelle, de la théologie existentielle et de l’anthropologie interprétative. Trois influences intellectuelles majeures sous-tendent l’armature conceptuelle de Yinger :

Le fonctionnalisme sociologique et l’école durkheimienne

Dans la lignée d’Émile Durkheim, Yinger soutient que la religion doit être définie par ce qu’elle accomplit au sein de la collectivité et du psychisme individuel plutôt que par la nature de ses objets de vénération. Pour Durkheim, la religion est un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées unissant en une même communauté morale ceux qui y adhèrent. Yinger pousse cette prémisse à son terme : si la fonction intégrative et explicative face au chaos est conservée, les objets sacrés peuvent consister en des idéaux séculiers de justice, de fraternité ou d’endurance stoïque face au destin.

La théologie des préoccupations ultimes de Paul Tillich

Le théologien et philosophe Paul Tillich a profondément influencé Yinger à travers son concept de « préoccupation ultime » (ultimate concern). Selon Tillich, la foi véritable ne réside pas dans l’assentiment intellectuel à des propositions dogmatiques abstraites, mais dans l’état de celui qui est saisi par une interrogation qui décide de son être ou de son non-être. Les thèmes retenus par Yinger — le non-sens, la culpabilité/injustice, la souffrance et la mort — correspondent exactement aux trois angoisses existentielles catégorisées par Tillich dans The Courage to Be (1952) : l’angoisse du destin et de la mort, l’angoisse du vide et du non-sens, et l’angoisse de la condamnation morale.

L’anthropologie symbolique de Clifford Geertz

Yinger s’appuie explicitement sur la théorisation de la religion comme système culturel proposée par Clifford Geertz. Geertz soulignait que le rôle central des symboles religieux est de rendre supportable l’angoisse générée par l’incapacité humaine à expliquer les anomalies cognitives, la douleur intolérable et l’iniquité morale. Sans cadre religieux ou symbolique équivalent, l’être humain éprouve un sentiment de désorientation paralysant. L’échelle de Yinger opérationnalise directement cette hypothèse géertzienne en vérifiant si les individus mobilisent des visions intégratives du monde pour amortir les chocs existentiels.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques et la validité des Échelles de religion non doctrinale ont fait l’objet d’examens méthodologiques approfondis, aboutissant à des conclusions mitigées qui soulignent la complexité de l’opérationnalisation du fonctionnalisme religieux :

Validité de contenu et validité d’apparence

Dès la publication de l’instrument, la sélection initiale des énoncés a essuyé des critiques épistémologiques. Bien que Yinger ait mentionné s’appuyer sur des « années de recherche », il n’a jamais fourni de description formalisée des protocoles qualitatifs ou d’analyses de juges experts ayant présidé au choix des énoncés finaux. La validité d’apparence de certains items a été jugée ambiguë : plusieurs énoncés mêlent des constats empiriques (ex. : la diminution séculaire de la souffrance) à des jugements de valeur ontologiques, rendant l’interprétation de l’assentiment équivoque.

Validité convergente

Les études empiriques indépendantes menées pour valider l’instrument ont révélé un paradoxe méthodologique majeur. Nelsen, Everett, Mader et Hamby (1976) ont administré l’échelle de 1969 à un échantillon de 217 étudiants. Leurs analyses ont mis en évidence des corrélations statistiquement significatives et positives entre les items dits « non doctrinaux » et des mesures de religiosité hautement traditionnelles, telles que l’orthodoxie doctrinale chrétienne, l’auto-évaluation de la piété et la pratique régulière de la prière privée. Ces observations ont été répliquées par Roof, Hadaway, Hewitt, McGaw et Morse (1977) sur un échantillon de 113 participants du Nord-Est des États-Unis.

Validité discriminante

Cette convergence marquée avec la religiosité doctrinale pose un défi quant à la validité discriminante de l’instrument : au lieu d’identifier une forme alternative, souterraine ou séculière de religion (« religion invisible »), l’échelle tendait en réalité à mesurer des sous-produits ou des attitudes corollaires de la foi conventionnelle. Les individus sécularisés ou agnostiques n’obtenaient pas des scores attestant d’une « religion non doctrinale » vigoureuse, mais rejetaient globalement ces énoncés au même titre que les dogmes ecclésiastiques formels.

Validité transculturelle et révision de 1977

La tentative de validation transculturelle de la version NDRS-77 entreprise par Yinger auprès de 751 étudiants originaires de Corée du Sud, du Japon, de Thaïlande, d’Australie et de Nouvelle-Zélande a révélé des variations notables dans les fréquences de réponse selon la nationalité et la tradition confessionnelle. Toutefois, l’évaluation psychométrique menée par L. B. Brown (1981) sur un échantillon restreint ($N = 80$) a remis en cause la robustesse de l’instrument en montrant que l’adjonction d’items fondamentalistes déstabilisait la structure latente présumée, concluant à un manque de clarté conceptuelle des dimensions transculturelles.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité psychométrique des Échelles de religion non doctrinale représente l’un des points les plus controversés de l’histoire de la mesure religieuse. Yinger n’ayant pas envisagé la sommation des scores dans ses publications de 1969 et 1977, il n’avait fourni aucun indice de consistance interne ou de stabilité temporelle.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

L’évaluation rigoureuse de la consistance interne de la version à 7 items par Nelsen et al. (1976) a mis au jour des indices psychométriques extrêmement bas :

  • Échelle globale (7 items) : $\alpha = 0{,}34$. Ce niveau de cohérence interne est largement inférieur aux seuils minimaux acceptables en psychométrie ($ge 0{,}70$).
  • Corrélations inter-items : Les coefficients variaient dans une fourchette modeste comprise entre $r = 0{,}19$ et $r = 0{,}28$, indiquant une faible communalité de variance entre les énoncés.
  • Sous-dimension « Acceptation de la croyance et de l’ordre » : $\alpha = 0{,}45$.
  • Sous-dimension « Acceptation de la valeur de la souffrance » : $\alpha = 0{,}37$.

L’étude indépendante de Roof et al. (1977) est parvenue à des résultats similaires, corroborant l’impossibilité d’agréger ces 7 items en un score total psychométriquement fiable sans enfreindre les règles fondamentales de la théorie classique des tests.

Fidélité test-retest et données pour l’échelle de 1977

Aucune étude empirique n’a documenté la stabilité temporelle (test-retest) de la version de 1969 ou de la révision de 1977. De surcroît, aucun coefficient de fidélité global ou par sous-échelle n’a jamais été publié pour les 20 items de l’échelle NDRS-77, que ce soit par Yinger ou par des chercheurs indépendants, ce qui constitue une lacune psychométrique majeure.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les tentatives de vérification factorielle des échelles de Yinger ont démontré que les items ne s’organisent pas selon un facteur général unidimensionnel, mais reflètent des composantes disparates dont la composition fluctue d’un échantillon à l’autre.

Structure factorielle de la version de 1969

L’analyse factorielle exploratoire (AFE) menée par Nelsen et al. (1976) ($N = 217$, rotation orthogonale Varimax) a extrait deux facteurs principaux :

  • Facteur 1 — « Acceptation de la croyance et de l’ordre » (Acceptance of Belief and Order) : Ce facteur regroupait les énoncés affirmant la légitimité des voies religieuses et l’existence d’un ordre cosmique sous-jacent (notamment les items 1, 4 et 7).
  • Facteur 2 — « Acceptation de la valeur de la souffrance » (Acceptance of the Value of Suffering) : Ce facteur rassemblait les items postulant que la souffrance et les expériences destructrices fortifient l’endurance et enrichissent la compréhension humaine (items 2 et 6).

À l’inverse, l’analyse factorielle conduite par Roof et al. (1977) ($N = 113$) a extrait une structure divergente en trois facteurs :

  • Facteur I — « Valeur des efforts religieux » (Value of Religious Efforts) : Saturations élevées sur la reconnaissance des religions mondiales et le rejet de l’idée que la religion est une perte de temps.
  • Facteur II — « Valeur de l’expérience difficile » (Value of Difficult Experience) : Centré sur la signification de la douleur et de la mort.
  • Facteur III — « Condition humaine fondamentale » (The Basic Human Condition) : Centré sur l’intérêt pour les questions ultimes et l’angoisse face aux conflits incessants.

Le manque de congruence factorielle entre les solutions de Nelsen et de Roof illustre l’instabilité de la matrice de covariance de ces énoncés, imputable en partie à la taille modeste des échantillons initiaux et à l’hétérogénéité des contenus sémantiques.

Structure factorielle de la version de 1977 (NDRS-77)

Pour la version à 20 énoncés, Yinger a proposé a priori un découpage théorique en cinq grappes (clusters) :

  • Meaninglessness cluster : items 1 à 4
  • Suffering cluster : items 5 à 8
  • Injustice cluster : items 9 à 12
  • Religion cluster : items 13 à 18
  • Politics cluster : items 19 et 20

Cependant, Brown (1981) a soumis ces 20 items à une analyse factorielle conjointe avec 9 items de fondamentalisme doctrinal. Les résultats n’ont pas permis de répliquer proprement les cinq grappes conceptuelles de Yinger, démontrant d’importantes saturations croisées et suggérant que les construits d’injustice et de souffrance s’amalgament fréquemment avec des attitudes politiques laïques ou de désenchantement social plutôt qu’avec une dimension unifiée de religiosité non doctrinale.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous deux versions historiques : la version princeps de 1969 (7 items) et l’extension transculturelle de 1977 (20 items). Les caractéristiques opérationnelles de passation sont les suivantes :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire papier-crayon ou numérique (self-report inventory).
  • Durée d’administration : Environ 3 à 5 minutes pour la version à 7 items ; 8 à 12 minutes pour la version à 20 items.
  • Consignes de passation : Yinger (1969) a expressément souligné que les répondants devaient recevoir un « minimum d’instructions ». Le vocable « religion » ou toute référence explicite à une enquête religieuse était rigoureusement banni de l’introduction du questionnaire afin de prévenir les biais de désirabilité sociale ou de réactance anticléricale.
  • Format des réponses : Échelle de Likert ordinale en 5 points :
    • 1 = Fully agree (Tout à fait d’accord)
    • 2 = Partly agree (Plutôt d’accord)
    • 3 = Uncertain (Incertain / Indécis)
    • 4 = Partly disagree (Plutôt en désaccord)
    • 5 = Fully disagree (Tout à fait en désaccord)
  • Cotation et scoring (Version 1969) : Yinger a classé les réponses selon une dichotomie conceptuelle (« réponse religieuse » versus « réponse non religieuse ») en fonction du sens de l’énoncé :
    • Pour les items 1, 3 et 5 : Une réponse de désaccord (scores 4 ou 5) est comptabilisée comme une réponse religieuse (inversion du score pour les analyses quantitatives).
    • Pour les items 2, 4, 6 et 7 : Une réponse d’accord (scores 1 ou 2) est comptabilisée comme une réponse religieuse.
    • Yinger déconseillait le calcul d’un score total sommatif brut, recommandant la présentation des fréquences d’accord/désaccord item par item. Si des chercheurs souhaitent employer une métrique continue, les items 1, 3 et 5 doivent être inversés de telle sorte qu’un score élevé reflète une religiosité fonctionnelle plus forte.
  • Cotation et clusters (Version 1977) : Yinger n’a pas fourni de classification binaire explicite religieux/non-religieux pour la version 20 items. Les énoncés sont regroupés par grappes théoriques :
    • Items 1 à 4 : Grappe Non-sens / Signification (Meaninglessness)
    • Items 5 à 8 : Grappe Souffrance (Suffering)
    • Items 9 à 12 : Grappe Injustice (Injustice)
    • Items 13 à 18 : Grappe Religion (Religion)
    • Items 19 et 20 : Grappe Politique (Politics)

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de création originale : 1969 (version à 7 items).
  • Année de révision transculturelle : 1977 (NDRS-77, version à 20 items).
  • Statut du droit d’auteur : Les articles princeps ont été publiés dans le Journal for the Scientific Study of Religion, sous copyright de la Society for the Scientific Study of Religion (SSSR). Les items originaux font partie intégrante du domaine public académique à des fins de recherche non commerciale et d’enseignement, sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources.
  • Tarifs d’utilisation : Instrument en accès libre (open access academic instrument). Aucune redevance financière ni redevance de licence n’est exigée pour son utilisation scientifique.
  • Modalités d’accès : Les énoncés intégraux sont reproduits ci-dessous dans leur libellé d’origine. Les chercheurs souhaitant intégrer l’échelle dans des protocoles d’investigation contemporains peuvent le faire librement en mentionnant la paternité théorique de J. Milton Yinger.

12. Références / References

Les publications fondatrices et les études critiques examinant les Échelles de religion non doctrinale incluent :

  • Brown, L. B. (1981). Another test of Yinger’s measure of nondoctrinal religion. The Journal of Psychology, 107(1), 3–5. https://doi.org/10.1080/00223980.1981.9915197
  • Geertz, C. (1966). Religion as a cultural system. In M. Banton (Ed.), Anthropological Approaches to the Study of Religion (pp. 1–46). Tavistock Publications.
  • Luckmann, T. (1967). The Invisible Religion: The Problem of Religion in Modern Society. Macmillan.
  • Nelsen, H. M., Everett, R. F., Mader, P. D., & Hamby, W. C. (1976). A test of Yinger’s measure of nondoctrinal religion: Implications for « invisible religion » as a belief system. Journal for the Scientific Study of Religion, 15(3), 263–267. https://doi.org/10.2307/1384075
  • Roof, W. C., Hadaway, C. K., Hewitt, D., McGaw, R., & Morse, R. (1977). Yinger’s measure of non-doctrinal religion: A Northeastern test. Journal for the Scientific Study of Religion, 16(4), 403–408. https://doi.org/10.2307/1385433
  • Tillich, P. (1952). The Courage to Be. Yale University Press.
  • Yinger, J. M. (1969). A structural examination of religion. Journal for the Scientific Study of Religion, 8(1), 88–99. https://doi.org/10.2307/1384358
  • Yinger, J. M. (1977). A comparative study of the substructures of religion. Journal for the Scientific Study of Religion, 16(1), 67–86. https://doi.org/10.2307/1385816

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Efforts to deal with the human situation by religious means, whatever the content of the beliefs and practices, seem to me to be misplaced, a waste of time and resources. (higher score is religious response)
2

Suffering, injustice, and finally death are the lot of man; but they need not be negative experiences; their significance and effects can be shaped by our beliefs. (lower score is religious response)
3

In face of the almost continuous conflict and violence in life, I cannot see how men are going to learn to live in mutual respect and peace with one another. (higher score is reli­gious response)
4

There are many aspects of the beliefs and practices of the world's religions with which I do not agree; nevertheless, I consider them to be valuable efforts to deal with man's sit­uation. (lower score is religious response)
5

Somehow, I cannot get very interested in the talk about "the basic human condition" and "man's ultimate problems." (higher score is religious response)
6

Man's most difficult and destructive experiences are often the source of increased un­derstanding and powers of endurance. (lower score is religious response)
7

Despite the often chaotic conditions of human life, I believe that there is order and pat­ tern to existence that someday we'll come to understand. (lower score is religious re­sponse)
★

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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelles de religion non doctrinale. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelles-de-religion-non-doctrinale
Looti, Mohammed. “Échelles de religion non doctrinale.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelles-de-religion-non-doctrinale.
Looti, Mohammed. “Échelles de religion non doctrinale.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelles-de-religion-non-doctrinale.