1. Résumé
Les Échelles circumplexes d’efficacité interpersonnelle (Circumplex Scales of Interpersonal Efficacy, CSIE ; Locke & Sadler, 2007) constituent un instrument psychométrique auto-rapporté de 32 items conçu pour évaluer avec précision le sentiment d’auto-efficacité au sein du domaine des relations humaines. En articulant la théorie sociale-cognitive d’Albert Bandura et le modèle structural du circumplexe interpersonnel (IPC), la CSIE mesure la confiance d’un individu dans sa capacité à adopter un large éventail de comportements interpersonnels. Ces comportements s’organisent géométriquement autour de deux dimensions bipolaires orthogonales fondamentales : l’Agentisme (ou dominance versus soumission) et la Communion (ou chaleur/affiliation versus froideur/désengagement).
L’instrument se divise en huit sous-échelles de 4 items chacune, correspondant rigoureusement aux huit octants géométriques du circumplexe interpersonnel traditionnel : PA (agentique/dominant), BC (agentique et non-communal), DE (non-communal/froid), FG (non-agentique et non-communal/réservé), HI (non-agentique/soumis), JK (non-agentique et communal/accommodant), LM (communal/chaleureux) et NO (agentique et communal/meneur affiliatif). Les participants évaluent leur niveau de certitude comportementale sur une échelle de confiance de type Likert en 11 points (allant de 0 = pas du tout confiant à 10 = absolument confiant).
Sur le plan psychométrique, la CSIE présente une cohérence interne satisfaisante au niveau de chacun de ses octants (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,70 et 0,85). Les analyses structurales confirment l’adéquation au modèle circumplexe au moyen d’indices d’ajustement rigoureux (notamment l’indice de circularité R2 et le test d’égal espacement circulaire). De plus, l’échelle démontre une validité convergente et discriminante robuste avec les échelles de valeurs interpersonnelles (Circumplex Scales of Interpersonal Values, CSIV) et l’inventaire des problèmes interpersonnels (Inventory of Interpersonal Problems, IIP). L’instrument est largement mobilisé dans la recherche sur la dynamique de dyade, la complémentarité comportementale, la psychologie clinique et l’analyse de l’affirmation de soi.
2. Mots-clés
Auto-efficacité interpersonnelle, circumplexe interpersonnel, agentisme, communion, évaluation psychométrique, dynamique dyadique, compétences sociales, affirmation de soi, relations interpersonnelles, modèle structural circulaire.
3. Auteurs
L’instrument a été développé par :
- Kenneth D. Locke, Ph.D. — Professeur titulaire au Département de Psychologie et de Sciences de la Communication de l’Université de l’Idaho (Moscow, Idaho, États-Unis). Spécialiste reconnu internationalement des modèles circumplexes des motivations, valeurs, traits et perceptions interpersonnelles. Courriel académique institutionnel : [email protected].
- Pamela Sadler, Ph.D. — Professeure au Département de Psychologie de l’Université Wilfrid Laurier (Waterloo, Ontario, Canada). Spécialiste de la dynamique de complémentarité interpersonnelle, des processus dyadiques en temps réel et des séries temporelles comportementales.
4. Objectif
L’objectif fondamental des Échelles circumplexes d’efficacité interpersonnelle est de combler un vide méthodologique et théorique majeur à l’intersection de la psychologie sociale-cognitive et de la tradition interpersonnelle. Historiquement, le circumplexe interpersonnel servait à modéliser des traits stables de la personnalité (par exemple via l’IAS de Wiggins), des problèmes ou détresses relationnelles (IIP d’Horowitz) ou encore des valeurs et buts relationnels (CSIV de Locke). Néanmoins, la mesure de ce qu’une personne se sent capable de faire avec succès dans une interaction sociale — distinct de ce qu’elle souhaite faire ou de ce qui lui pose problème — manquait d’une opérationnalisation structurelle rigoureuse.
La CSIE a donc été construite pour fournir une cartographie intégrale, normalisée et géométriquement ordonnée de l’auto-efficacité perçue dans l’ensemble de l’espace comportemental bidimensionnel. Elle permet de répondre à plusieurs interrogations théoriques et cliniques cruciales :
- Différenciation entre motivation, compétence perçue et comportement effectif : Une personne peut accorder une valeur élevée à l’amabilité ou à la domination (valeurs mesurées par la CSIV) tout en éprouvant un profond doute quant à sa capacité opérationnelle à adopter les conduites correspondantes (auto-efficacité mesurée par la CSIE).
- Étude de la complémentarité dyadique : Selon le principe de complémentarité interpersonnelle de Carson et Kiesler, les interactions fluides reposent sur la réciprocité sur l’axe de la communion (la chaleur attire la chaleur, l’hostilité attire l’hostilité) et sur l’antagonisme sur l’axe de l’agentisme (la dominance invite à la soumission et inversement). La CSIE permet de tester dans quelle mesure l’efficacité personnelle prédit l’ajustement comportemental au partenaire lors d’échanges interactifs réels.
- Applications cliniques et psychothérapeutiques : En thérapie cognitive et comportementale (TCC) ou en thérapie interpersonnelle, la CSIE offre un profil graphique individualisé des déficits de confiance. Par exemple, un patient souffrant d’anxiété sociale présentera une efficacité effondrée sur les octants agentiques et directifs (PA, BC, NO), tandis qu’un patient présentant des traits limites ou antisociaux pourra manifester une incapacité perçue à réguler la conciliation ou l’effacement (JK, LM).
- Formation aux compétences relationnelles et leadership : En psychologie du travail et des organisations, la CSIE est un outil diagnostic puissant pour évaluer l’assurance des managers face aux situations conflictuelles (BC, DE) ou aux conduites d’empathie et d’écoute active (JK, LM).
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par la CSIE est l’efficacité interpersonnelle, définie comme la croyance d’un individu en ses aptitudes à exécuter avec succès des schémas d’action interpersonnels spécifiques au cours de transactions sociales. Ce construit intègre deux traditions : l’auto-efficacité de Bandura (qui stipule que les croyances relatives à ses propres capacités régulent l’initiation, l’effort et la persistance des comportements) et la modélisation spatiale en huit octants (secteurs angulaires de 45 degrés) du circumplexe interpersonnel.
Les 32 items de l’échelle sont répartis équitablement en huit sous-échelles d’octant comprenant chacune 4 items :
1. Octant PA (+A) : Agentique / Dominant (90°)
Cet octant évalue la confiance de l’individu à s’imposer, diriger et affirmer son autorité. Les items mesurent la capacité perçue à être assertif, à exprimer son opinion de manière assurée et à prendre le contrôle du groupe lors d’une interaction. Exemples d’énoncés : capacité perçue à s’affirmer (« I can be assertive ») ou à prendre la parole quand on a quelque chose à dire (« I can speak up when I have something to say »).
2. Octant BC (+A -C) : Agentique et Non-communal / Compétitif (135°)
Cet octant mesure la certitude de pouvoir préserver sa position au détriment d’autrui, d’entrer en compétition victorieuse, de conserver l’ascendant et d’exprimer son désaccord ou son agacement sans hésitation. Exemples : garder le dessus (« I can keep the upper hand »), remporter des arguments ou compétitions (« I can win any arguments or competitions »), ou faire preuve d’agressivité si nécessaire (« I can be aggressive if I need to »).
3. Octant DE (-C) : Non-communal / Froid et Distant (180°)
Ce pôle renvoie à la capacité perçue à instaurer une distance émotionnelle étanche, à être dur, inaccessible ou impassible face aux sollicitations d’autrui. Exemples : être capable de se montrer insensible (« I can be tough »), froid et hostile délibérément (« I can be cold and unfriendly when I want to »), ou obtenir des autres qu’ils vous laissent tranquille (« I can get them to leave me alone »).
4. Octant FG (-A -C) : Non-agentique et Non-communal / Retiré et Réservé (225°)
Cet octant appréhende l’efficacité relative à la dissimulation de soi, à l’invisibilité sociale et au retrait émotionnel passif. Exemples : être capable de masquer ses pensées et émotions (« I can hide my thoughts and feelings »), se soumettre (« I can be submissive »), ou s’effacer en arrière-plan à volonté (« I can disappear into the background when I want »).
5. Octant HI (-A) : Non-agentique / Soumis et Déférent (270°)
Ce secteur évalue la certitude quant à la capacité de suivre, d’obéir, d’éviter les confrontations directes et de tolérer l’autorité d’un tiers. Exemples : éviter d’entrer dans des disputes (« I can avoid getting into arguments »), adopter une posture de suiveur (« I can be a follower »), ou laisser les autres diriger (« I can let others take charge »).
6. Octant JK (-A +C) : Non-agentique et Communal / Accommodant et Docile (315°)
L’octant JK évalue l’efficacité à maintenir la paix sociale par l’ajustement passif, la gentillesse, le respect des consignes et la bienveillance inconditionnelle. Exemples : respecter les règles du groupe (« I can follow the rules »), bien s’entendre avec les partenaires (« I can get along with them »), et faire preuve de générosité (« I can be giving »).
7. Octant LM (+C) : Communal / Chaleureux et Affiliatif (0° ou 360°)
Ce pôle mesure la confiance dans ses compétences prosociales et empathiques : apaiser les conflits, manifester de l’empathie, s’intégrer harmonieusement et procurer du soutien. Exemples : s’intégrer aisément (« I can fit in »), comprendre les émotions d’autrui (« I can understand their feelings »), ou calmer les peines (« I can soothe hurt feelings »).
8. Octant NO (+A +C) : Agentique et Communal / Leader Inspirant et Expressif (45°)
Ce dernier octant saisit la capacité perçue à mobiliser le groupe dans un climat positif et engageant, en combinant ascendant social et expressivité chaleureuse. Exemples : s’exprimer ouvertement (« I can express myself openly »), aplanir les différends (« I can smooth over any difficulties »), et agir en leader (« I can be a leader »).
6. Cadre théorique
Le cadre conceptuel de la CSIE repose sur l’intégration délibérée et systématique de deux paradigmes fondamentaux de la psychologie contemporaine :
La théorie sociale-cognitive d’Albert Bandura
Dans la formulation de Bandura (1997), le sentiment d’efficacité personnelle (self-efficacy) ne désigne pas un trait global et abstrait, mais une constellation de jugements situés relatifs aux capacités d’organiser et d’exécuter des séquences d’action requises pour atteindre des performances désignées. L’efficacité perçue détermine les choix d’activité, le niveau d’effort investi, la résilience face aux obstacles et les schémas émotionnels anticipés. Appliquée aux interactions humaines, l’auto-efficacité détermine si un individu osera aborder un interlocuteur intimidant, négocier un compromis, poser des limites fermes ou offrir son soutien. Locke et Sadler ont postulé que l’opérationnalisation de l’auto-efficacité interpersonnelle nécessitait une taxonomie structurelle exhaustive pour éviter l’échantillonnage arbitraire de comportements hétérogènes.
Le modèle du circumplexe interpersonnel (IPC)
Pour fournir cette taxonomie complète, les auteurs se sont adossés à la théorie interpersonnelle issue des travaux pionniers de Harry Stack Sullivan (1953) et formalisée par Timothy Leary (1957), puis développée mathématiquement par Jerry Wiggins, Michael Gurtman et Leonard Horowitz. L’IPC postule que les conduites interpersonnelles peuvent être projetées de façon continue sur une circonférence définie par deux dimensions orthogonales :
- L’Agentisme (axe vertical Y) : Polarité Dominance (PA) vs Soumission (HI). Cet axe renvoie au contrôle, au pouvoir, au statut, à l’indépendance et à la maîtrise de l’interaction.
- La Communion (axe horizontal X) : Polarité Chaleur/Amour (LM) vs Froideur/Rejet (DE). Cet axe renvoie à la connexion, à la solidarité, à l’intimité, à l’altruisme et à l’appartenance relationnelle.
La fusion théorique opérée par Locke et Sadler (2007) stipule que chaque position angulaire dans ce plan circulaire représente une modalité fonctionnelle d’engagement relationnel. Mesurer l’auto-efficacité à travers ces 8 octants permet d’évaluer la flexibilité comportementale : un individu psychologiquement adapté dispose d’un sentiment d’efficacité étendu sur l’ensemble du cercle, lui permettant d’adapter sa conduite aux exigences de la situation (être ferme si agressé, compatissant si soutenu, leader si la tâche l’exige, suiveur discipliné si approprié).
7. Validité
Les propriétés de validité de la CSIE ont été minutieusement documentées dans l’étude princeps de Locke et Sadler (2007) ainsi que dans les travaux ultérieurs de synthèse de Locke (2011) :
Validité de construit et conformité circumplexe
La validité de construit d’un instrument circumplexe s’évalue traditionnellement par la conformité de sa matrice de corrélation inter-échelles aux prédictions géométriques circulaires. Selon la logique du circumplexe, les sous-échelles adjacentes (séparées de 45°) doivent présenter les corrélations positives les plus élevées ; les sous-échelles orthogonales (séparées de 90°) doivent afficher des corrélations proches de zéro ; et les sous-échelles diamétralement opposées (séparées de 180°, ex. PA et HI, ou LM et DE) doivent présenter les corrélations négatives les plus fortes. Les analyses de profils circulaires et le test de circularité de Hubert-Arabie ont confirmé que les matrices de corrélation de la CSIE reproduisent très fidèlement ce modèle quasi-circulaire continu.
Validité convergente
La validité convergente a été démontrée en comparant la CSIE à d’autres mesures de référence du circumplexe interpersonnel :
- Avec les Échelles de valeurs interpersonnelles (CSIV ; Locke, 2000) : Les corrélations entre les octants correspondants de la CSIE et de la CSIV sont fortement positives (généralement r > 0,45 à 0,65). Par exemple, la valeur accordée à l’affirmation de soi (PA de la CSIV) prédit fortement le sentiment d’efficacité à s’affirmer (PA de la CSIE).
- Avec l’Inventaire des problèmes interpersonnels (IIP ; Horowitz et al., 1988) : Des associations négatives théoriquement cohérentes sont observées. Une faible auto-efficacité sur les octants directifs (PA, BC) est hautement corrélée aux plaintes de soumission non désirée et d’anxiété d’affirmation sur l’IIP.
Validité prédictive en interaction dyadique
Dans l’étude dyadique expérimentale menée par Locke et Sadler (2007), 367 étudiants universitaires ont interagi au sein de binômes non familiers dans une tâche de résolution de problème. Les scores d’auto-efficacité agentique et communale de la CSIE ont prédit de manière significative les comportements observés et codés de façon indépendante, ainsi que les perceptions réciproques des partenaires. Les participants ayant une forte efficacité agentique ont manifesté une dominance comportementale accrue, suscitant une soumission complémentaire chez leur partenaire, validant ainsi la théorie de la complémentarité interpersonnelle au niveau dyadique.
8. Fidélité
Les indices de cohérence interne de la CSIE ont été évalués dans plusieurs échantillons normatifs et expérimentaux :
- Cohérence interne des octants : Bien que chaque sous-échelle ne contienne que 4 items (gage de concision pour l’administration en laboratoire ou en clinique), les coefficients d’alpha de Cronbach démontrent une fiabilité interne très satisfaisante. Dans l’échantillon normatif initial de Locke et Sadler (2007 ; N = 367), les alphas des 8 octants s’échelonnent entre 0,68 et 0,84, avec une médiane de 0,76.
- Fiabilité des vecteurs composites : Les dimensions d’ordre supérieur calculées par combinaison trigonométrique pondérée — le vecteur composite Agentisme et le vecteur composite Communion — affichent des coefficients de cohérence interne supérieurs à 0,85, reflétant une stabilité robuste pour les axes fondamentaux.
- Stabilité temporelle (test-retest) : Bien que l’auto-efficacité soit conçue comme un construit sensible au contexte et modifiable par l’apprentissage, les évaluations sur des intervalles de plusieurs semaines sans intervention révèlent des coefficients de corrélation test-retest variant de 0,72 à 0,81 selon les octants, démontrant que la CSIE capture des dispositions stables de confiance en ses capacités sociales.
| Octant CSIE | Position angulaire | Moyenne globale (Écart-type) | Femmes (Écart-type) | Hommes (Écart-type) |
|---|---|---|---|---|
| PA (+A) | 90° | 7,23 (1,68) | 7,14 (1,71) | 7,33 (1,66) |
| BC (+A -C) | 135° | 6,44 (1,66) | 6,24 (1,70) | 6,65 (1,59) |
| DE (-C) | 180° | 6,93 (1,82) | 6,75 (1,89) | 7,14 (1,75) |
| FG (-A -C) | 225° | 7,24 (1,54) | 7,16 (1,57) | 7,35 (1,54) |
| HI (-A) | 270° | 7,31 (1,53) | 7,29 (1,48) | 7,34 (1,62) |
| JK (-A +C) | 315° | 8,51 (1,11) | 8,64 (1,02) | 8,37 (1,20) |
| LM (+C) | 0° / 360° | 7,90 (1,20) | 8,07 (1,10) | 7,65 (1,28) |
| NO (+A +C) | 45° | 7,30 (1,37) | 7,27 (1,39) | 7,33 (1,36) |
9. Analyse factorielle et structure géométrique
L’évaluation de la structure dimensionnelle d’un instrument circumplexe ne se limite pas à une analyse factorielle exploratoire (AFE) standard, mais nécessite de démontrer que les saturations factorielles se distribuent selon une trajectoire circulaire dans un plan à deux facteurs.
Analyse en composantes principales (ACP)
Lors d’une ACP menée sur les 8 octants ou les 32 items de la CSIE, deux facteurs orthogonaux majeurs émergent systématiquement, rendant compte de la majeure partie de la variance commune. Après rotation vers les axes théoriques de référence (Agentisme et Communion) :
- Les octants PA et HI saturent très fortement sur le facteur d’Agentisme (respectivement positivement et négativement), avec des saturations quasi nulles sur l’axe de Communion.
- Les octants LM et DE saturent massivement sur le facteur de Communion (positivement pour LM, négativement pour DE), avec des saturations négligeables sur l’axe d’Agentisme.
- Les octants intermédiaires (NO, BC, FG, JK) présentent des saturations modérées et quasi équivalentes sur les deux axes, conformément à leurs coordonnées trigonométriques théoriques ($\cos(45°) \approx \sin(45°) \approx 0,707$).
Modélisation structurelle circumplexe (Circumplex Goodness-of-Fit)
Pour évaluer rigoureusement la géométrie circulaire, Locke et Sadler appliquent le modèle d’ajustement structurel circulaire (Structural Summary Parameters développé par Gurtman). L’indice d’ajustement circumplexe $R^2$ correspond au rapport entre la variance expliquée par une fonction cosinusinusodale parfaite et la variance totale observée du profil ($R^2 = SS_{\text{prédit}} / SS_{\text{observé}}$). Dans les données empiriques de validation, les valeurs de $R^2$ dépassent couramment 0,80 chez la grande majorité des participants, confirmant que le profil de confiance interpersonnelle suit une trajectoire sinusoïdale ordonnée le long de la circonférence de l’IPC.
10. Instrument de mesure
L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé administrable sur support papier-crayon ou format informatisé :
- Format d’évaluation : Auto-rapporté (self-report).
- Nombre total d’items : 32 énoncés concis et univoques.
- Amorce des items : Chaque énoncé commence par la mention : « When I am with others, … I can [comportement] ».
- Format et échelle de réponse : Échelle de confiance en 11 points (allant de 0 à 10) conforme aux recommandations méthodologiques de Bandura pour l’évaluation de l’auto-efficacité :
- 0 = I am not at all confident that… (Pas du tout confiant)
- 1 = (Niveau intermédiaire 1)
- 2 = I am mildly confident that… (Légèrement confiant)
- 3 = (Niveau intermédiaire 3)
- 4 = (Niveau intermédiaire 4)
- 5 = I am moderately confident that… (Modérément confiant)
- 6 = (Niveau intermédiaire 6)
- 7 = (Niveau intermédiaire 7)
- 8 = I am very confident that… (Très confiant)
- 9 = (Niveau intermédiaire 9)
- 10 = I am absolutely confident that… (Absolument confiant)
- Procédure de calcul des scores d’octants bruts : Moyenne arithmétique simple des 4 items composants chaque octant :
- Octant PA = (item04 + item12 + item20 + item28) / 4
- Octant BC = (item07 + item15 + item23 + item31) / 4
- Octant DE = (item02 + item10 + item18 + item26) / 4
- Octant FG = (item05 + item13 + item21 + item29) / 4
- Octant HI = (item08 + item16 + item24 + item32) / 4
- Octant JK = (item03 + item11 + item19 + item27) / 4
- Octant LM = (item06 + item14 + item22 + item30) / 4
- Octant NO = (item01 + item09 + item17 + item25) / 4
- Calcul des coordonnées vectorielles globales :
- Vecteur Agentisme (Axe Y) :
AGENTIC = 0.25 * (PA - HI + (0.707 * (BC + NO - FG - JK))) - Vecteur Communion (Axe X) :
COMMUNAL = 0.25 * (LM - DE + (0.707 * (NO + JK - FG - BC))) - Paramètres structuraux de synthèse (Structural Summary) :
- Élévation moyenne (ELE) : Moyenne générale des 8 octants, reflétant le niveau global de confiance interpersonnelle indifférenciée.
- Amplitude ou longueur de vecteur (AMP) : $\sqrt{\text{AGENTIC}^2 + \text{COMMUNAL}^2}$, indiquant à quel point le profil est différencié et orienté vers un pôle spécifique.
- Angle ou déplacement angulaire (ANG) : Position angulaire préférentielle sur le cercle (en degrés de 0° à 360°), calculée par trigonométrie ($ ext{arctangente}(text{AGENTIC} / text{COMMUNAL})$ avec ajustement du quadrant).
- Scores ipsatifs : Calculés en soustrayant l’élévation globale (ELE) du score de chaque octant pour neutraliser le biais d’acquiescement généralisé.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
La CSIE a été formalisée et publiée en 2007 par Kenneth D. Locke et Pamela Sadler dans le Personality and Social Psychology Bulletin. Conformément aux pratiques académiques de son auteur principal, l’instrument est dans le domaine public à des fins de recherche non commerciale et d’enseignement universitaire. Les praticiens, chercheurs et étudiants sont autorisés à reproduire et employer l’échelle sans versement de redevances financières, sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources originales (Locke & Sadler, 2007 ; Locke, 2011). Toute exploitation commerciale directe ou intégration dans un logiciel propriétaire requiert l’autorisation explicite de Kenneth D. Locke.
12. Références
- Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman. https://archive.org/details/selfefficacyexer0000band
- Horowitz, L. M., Rosenberg, S. E., Baer, B. A., Ureño, G., & Villaseñor, V. S. (1988). Inventory of interpersonal problems: Psychometric properties and clinical applications. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 56(6), 885–892. https://doi.org/10.1037/0022-006X.56.6.885
- Leary, T. (1957). Interpersonal diagnosis of personality. Ronald Press.
- Locke, K. D. (2000). Circumplex Scales of Interpersonal Values: Reliability, validity, and applicability to interpersonal problems and personality disorders. Journal of Personality Assessment, 75(2), 249–275. https://doi.org/10.1207/S15327752JPA7502_6
- Locke, K. D. (2011). Circumplex measures of interpersonal constructs. In L. M. Horowitz & S. Strack (Eds.), Handbook of Interpersonal Psychology: Theory, Research, Assessment, and Therapeutic Interventions (pp. 313–324). John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1002/9781118001868.ch19
- Locke, K. D., & Sadler, P. (2007). Self-efficacy, values, and complementarity in dyadic interactions: Integrating interpersonal and social-cognitive theory. Personality and Social Psychology Bulletin, 33(1), 94–109. https://doi.org/10.1177/0146167206293375
- Sullivan, H. S. (1953). The interpersonal theory of psychiatry. W. W. Norton & Company.
- Wiggins, J. S. (1979). A psychological taxonomy of trait-descriptive terms: The interpersonal domain. Journal of Personality and Social Psychology, 37(3), 395–412. https://doi.org/10.1037/0022-3514.37.3.395