Échelle d’utilité, d’intention et de connaissances contraceptives

L’Échelle d’utilité, d’intention et de connaissances contraceptives (CUIKS), développée par Larry Condelli, évalue les croyances en santé, les utilités perçues et les connaissances guidant le comportement contraceptif.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’utilité, d’intention et de connaissances contraceptives (Contraceptive Utilities, Intention, and Knowledge Scale – CUIKS), développée par le psychologue social Larry Condelli en 1984, constitue un instrument psychométrique multidimensionnel conçu pour évaluer les déterminants cognitifs, normatifs, motivationnels et informationnels régissant le comportement contraceptif féminin. Conçue initialement pour opérationnaliser et valider empiriquement un modèle sociopsychologique intégré unifiant le modèle des croyances en santé (Health Belief Model, Rosenstock, 1974), le modèle de prise de risque contraceptif de Kristin Luker (1975) et la théorie de l’action raisonnée ou modèle d’intention comportementale de Martin Fishbein et Icek Ajzen (1975), la CUIKS permet une appréhension rigoureuse des processus décisionnels menant à l’adoption, à l’observance ou à l’abandon des méthodes de régulation des naissances.

L’échelle est structurée en trois sections distinctes mais interconnectées totalisant des mesures attitudinales et un test de connaissances ciblées. La première partie (9 items) évalue la susceptibilité perçue d’une grossesse non désirée (avec ou sans contraception), l’intention comportementale d’utilisation systématique au cours de l’année à venir, la gravité perçue d’une conception imminente ainsi que le soutien normatif subjectif perçu auprès des personnes significatives pour quatre méthodes majeures : le diaphragme, le stérilet (dispositif intra-utérin ou DIU), la pilule contraceptive et les préservatifs/mousses spermicides. La deuxième partie (16 items) mesure les utilités contraceptives perçues sous l’angle de l’efficacité, de la commodité pratique et des craintes liées aux effets secondaires mineurs et majeurs. Enfin, la troisième partie prend la forme d’un test objectif de connaissances composé d’un tronc commun de connaissances générales sur la fertilité et la conception (8 items à choix multiples) et d’un module spécifique à la méthode choisie (4 items à choix multiples).

Sur le plan des propriétés psychométriques, l’instrument a été standardisé auprès d’un échantillon clinique de 632 femmes fréquentant un centre de planification familiale. Le test de connaissances présente un coefficient de fidélité Kuder-Richardson 20 (KR-20) de 0,62, une valeur cohérente au regard de l’hétérogénéité intentionnelle des concepts physiologiques et pharmacologiques mesurés. La validité prédictive de l’instrument s’avère particulièrement robuste : des analyses de régression multiple longitudinale ont démontré que les variables d’utilité perçue, de susceptibilité et de normes subjectives prédisent de manière statistiquement significative (valeurs de R comprises entre 0,21 et 0,42, p < 0,05) l’occurrence de rapports sexuels non protégés, l’assiduité d’utilisation sur une période de suivi de six mois ainsi que la durée d’exposition non protégée. Une analyse discriminante a en outre démontré que l’instrument permet d’expliquer plus de 60 % de la variance dans le choix entre méthodes orales et méthodes de barrière.

2. Mots-clés / Keywords

Contraception, comportement contraceptif, intention comportementale, modèle des croyances en santé, prise de risque, planification familiale, psychométrie, évaluation psychologique, connaissances contraceptives, utilité perçue, observance contraceptive, théorie de l’action raisonnée.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et validée par Larry Condelli, Ph.D., dans le cadre de ses travaux de recherche doctorale au sein du Département de Psychologie de l’Université de Californie à Santa Cruz (University of California, Santa Cruz), États-Unis. Larry Condelli a par la suite poursuivi une carrière de chercheur principal et directeur d’études au sein de l’American Institutes for Research (AIR) à Washington, D.C.

Affiliation institutionnelle historique : University of California, Santa Cruz (UCSC), Board of Studies in Psychology, Santa Cruz, CA, États-Unis.
Affiliation institutionnelle ultérieure : American Institutes for Research (AIR), Washington, DC, États-Unis.
Courriel de correspondance : [email protected]

4. Objectif / Purpose

L’Échelle d’utilité, d’intention et de connaissances contraceptives (CUIKS) répond à une nécessité empirique et clinique fondamentale : comprendre, mesurer et modéliser les déterminants psychologiques sous-tendant la prise de risque contraceptive, les échecs d’observance et les choix contraceptifs chez les femmes en âge de procréer. Le développement de la CUIKS découle du constat récurrent dans le champ de la santé publique selon lequel la simple mise à disposition matérielle de moyens de contraception ne suffit pas à garantir leur utilisation adéquate et constante. Des millions de grossesses non planifiées surviennent chaque année en raison de représentations erronées, de croyances d’inutilité ou d’inconfort, de pressions normatives défavorables ou d’un manque de connaissances techniques relatives au mode d’action et aux règles d’usage des méthodes.

Sur le plan fondamental, la CUIKS a été conçue pour valider un modèle unifié du comportement contraceptif formulé par Condelli (1984). Ce modèle synthétise trois paradigmes majeurs :

  • La théorie sociologique de la prise de risque de Luker (1975), qui postule que la non-utilisation de la contraception résulte d’un arbitrage coûts-bénéfices subjectif (« utilités ») où les coûts perçus de la contraception (effets secondaires, entrave à la spontanéité, stigmatisation sociale) dépassent les coûts perçus d’une grossesse éventuelle.
  • Le Health Belief Model (HBM) de Rosenstock (1974), qui met l’accent sur la susceptibilité perçue face à une condition de santé indésirable (la survenue d’une grossesse) et la sévérité perçue de ses conséquences psychosociales.
  • La théorie de l’action raisonnée de Fishbein et Ajzen (1975), qui stipule que le déterminant immédiat de tout comportement volontaire réside dans l’intention comportementale, elle-même fonction de l’attitude envers l’acte et des normes subjectives exercées par les pairs ou le partenaire.

Sur le plan des applications appliquées et cliniques, la CUIKS s’adresse aux praticiens de santé reproductive, aux conseillers en planning familial, aux infirmières et aux psychologues de la santé. L’instrument permet :

  • D’identifier avec précision les freins cognitifs individuels (ex. surestimation des risques vasculaires liés aux estroprogestatifs, craintes de stérilité, sensation d’incommodité liée aux dispositifs intra-utérins ou aux diaphragmes).
  • De mesurer l’écart de perception entre l’efficacité théorique d’une méthode et l’efficacité perçue par l’utilisatrice.
  • D’évaluer l’impact des injonctions de l’entourage significatif (partenaire intime, famille, pairs) dans l’adhésion thérapeutique.
  • De repérer les lacunes d’apprentissage spécifiques à la méthode prescrite (ex. règles d’oubli, délai de maintien en place du diaphragme, utilisation concomitante de spermicide) afin de personnaliser l’éducation thérapeutique du patient.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique appréhendé par la CUIKS n’est pas unidimensionnel ; il s’articule autour de cinq constellations cognitives et affectives majeures qui s’interpénètrent pour prédire la régularité d’usage de la contraception :

1. Susceptibilité et sévérité perçues de la grossesse (Health Belief Model)

Cette dimension mesure la vulnérabilité subjective de l’individu face au risque de conception. Elle comprend deux estimations de probabilité distinctes : la susceptibilité en cas de rapports non protégés (item 1) et la susceptibilité résiduelle lors de l’usage continu de la méthode sélectionnée (item 4). L’écart entre ces deux scores quantifie le bénéfice préventif subjectif attribué à la contraception. Parallèlement, la sévérité perçue (item 5) capture l’évaluation affective et situationnelle qu’attribue la répondante à l’éventualité d’une grossesse survenant au cours de l’année à venir, variant d’une catastrophe existentielle absolue (« It would be the worst thing that could happen to me ») à un événement éminemment favorable (« It would be the best thing that could happen to me »).

2. Intention comportementale (Théorie de l’action raisonnée)

Conformément aux postulats de Fishbein et Ajzen, l’intention constitue la passerelle directe vers l’acte. Dans la CUIKS, elle est opérationnalisée par la probabilité subjective déclarée d’utiliser la méthode choisie lors de chaque rapport sexuel sans exception durant les douze mois suivants (item 3). Cette mesure dépasse le simple souhait général pour sonder l’engagement comportemental systématique.

3. Soutien normatif subjectif

Le comportement contraceptif s’inscrit au sein d’une matrice relationnelle. L’item 6 quantifie le degré d’approbation ou de désapprobation anticipé de la part des personnes les plus significatives (partenaire, pairs, mère) pour chacune des quatre modalités contraceptives : mousses/préservatifs, diaphragme, DIU et pilule combinée. Un climat relationnel hostile affaiblit considérablement l’observance, même face à une forte intention initiale.

4. Utilités perçues de la méthode : Efficacité, commodité et craintes d’effets secondaires (Modèle de Luker)

La section 2 évalue l’analyse décisionnelle coûts/bénéfices appliquée à quatre grandes méthodes. Pour chacune d’elles, l’instrument mesure :

  • L’efficacité perçue : La croyance dans la capacité réelle du dispositif à prévenir une grossesse non désirée (inversée à la cotation).
  • La commodité perçue : Le coût ergonomique, logistique et pratique de la méthode (temps de mise en place, interruption des préliminaires, manipulation corporelle ; inversée à la cotation).
  • L’appréhension des effets secondaires mineurs : Préoccupations relatives aux désagréments physiques transitoires (irritations locales, acné, spotting).
  • L’appréhension des effets secondaires majeurs : Inquiétudes relatives aux pathologies graves (accidents thromboemboliques, stérilité définitive, cancer).

5. Compétence informationnelle et connaissances objectives

La troisième section mesure les savoirs factuels nécessaires à une prise de décision éclairée et à un maniement technique sécurisé. Elle distingue les connaissances biologiques générales (mécanisme de l’ovulation, période de fertilité maximale, risques de transmission des infections sexuellement transmissibles, épidémiologie du risque de conception sans protection) des connaissances procédurales spécifiques à la méthode choisie (gestion des contre-indications, signaux d’alerte cliniques, protocoles de mise en place et d’entretien).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique de la CUIKS représente une tentative d’intégration conceptuelle de trois grands courants de la psychologie sociale, de la sociologie médicale et de l’économie comportementale :

L’intégration conceptuelle de Larry Condelli (1984)

Dans sa thèse doctorale à l’Université de Californie à Santa Cruz, Condelli a identifié les limites inhérentes à l’application isolée des modèles théoriques classiques au domaine de la sexualité humaine. Les modèles purement cognitifs comme le HBM négligeaient souvent la dimension dyadique et normative des rapports intimes, tandis que la théorie de l’action raisonnée sous-estimait les contraintes physiologiques réelles, la peur des morbidités iatrogènes et le rôle de l’information technique. Condelli a donc élaboré un méta-modèle prédictif structuré selon trois axes directeurs :

1. Le modèle des croyances en santé (Rosenstock, 1974 ; Becker, 1974)

Initialement formulé pour expliquer l’adhésion aux programmes de dépistage de la tuberculose et aux vaccinations, le HBM soutient qu’un comportement préventif n’est adopté que si l’individu se perçoit comme personnellement vulnérable à une condition néfaste (susceptibilité), perçoit cette condition comme gravement perturbatrice pour son existence (sévérité), et juge que les bénéfices de l’action préventive surpassent ses obstacles psychologiques, financiers ou pratiques. Dans la CUIKS, la conception imprévue représente la condition menaçante, et les méthodes contraceptives représentent les conduites préventives en compétition.

2. Le modèle de prise de risque contraceptif de Kristin Luker (1975)

Dans son ouvrage séminal Taking Chances: Abortion and the Decision Not to Contracept, la sociologue Kristin Luker a réfuté l’idée que les grossesses non prévues résultaient nécessairement d’une ignorance passive ou d’une psychopathologie inconsciente. Elle a formalisé la prise de risque comme un choix rationnel subjectif fondé sur une théorie de l’utilité espérée. Les femmes mettent en balance les coûts certains, immédiats et continus de la contraception (effets secondaires, stigmatisation, interférences érotiques, visites médicales intrusives) avec les coûts incertains, hypothétiques et différés d’une grossesse. La CUIKS emprunte directement à Luker l’évaluation différentielle des « utilités » contraceptives (commodité, efficacité perçue, peurs somatiques mineures et majeures).

3. La théorie de l’action raisonnée de Fishbein et Ajzen (1975)

Selon ce cadre théorique majeur de la psychologie sociale cognitive, le comportement est sous le contrôle direct de l’intention comportementale. L’intention résulte de la combinaison linéaire de deux composantes : l’attitude envers le comportement (résultant des croyances relatives aux conséquences et de l’évaluation de ces conséquences) et la norme subjective (croyance normative quant à ce que les référents sociaux clés souhaitent que l’on fasse, pondérée par la motivation à se conformer à leurs souhaits). La CUIKS operationalise formellement ces composantes dans ses items d’intention ferme (item 3) et d’approbation perçue du groupe de référence (item 6).

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la CUIKS a été documentée à travers plusieurs études menées par Condelli (1984, 1986), portant sur une cohorte de plus de 600 femmes suivies prospectivement dans un centre de planification familiale périurbain.

Validité prédictive et longitudinale

La force probante majeure de l’instrument réside dans sa capacité à prédire les comportements réels sur le terrain plusieurs mois après la passation. Condelli (1984) a réévalué des participantes en moyenne six mois après l’administration initiale de l’échelle afin de collecter quatre indicateurs comportementaux objectifs. À l’aide d’analyses de régression multiple utilisant comme prédicteurs les items de susceptibilité (item 1), de sévérité (item 5), de soutien normatif (item 6) et les utilités perçues de la méthode adoptée (items 7 et 8 : efficacité, commodité, inquiétude quant aux effets secondaires mineurs et majeurs), les résultats ont révélé une prédiction statistiquement significative de chaque variable comportementale :

  • Occurrence de rapports non protégés : Prédiction de la survenue d’au moins un rapport non protégé au cours des six mois de suivi (variable binaire 0/1) avec un coefficient de corrélation multiple R = 0,21 (p < 0,05).
  • Fréquence d’utilisation de la méthode : Évaluée sur une échelle en 4 points (1 = à chaque rapport, 4 = moins de la moitié du temps) avec un R = 0,36 (p < 0,01).
  • Exposition temporelle sans protection : Nombre cumulé de semaines durant lesquelles la participante a été sexuellement active sans recourir à une méthode contraceptive, affichant un R = 0,42 (p < 0,001).
  • Efficacité pratique de la méthode adoptée : Rang d’efficacité d’usage réel de la contraception sélectionnée avec un R = 0,38 (p < 0,001).

Validité discriminante et décisionnelle

Dans son étude de 1986 parue dans The Journal of Sex Research, Condelli a utilisé la CUIKS pour discriminer les femmes choisissant la pilule contraceptive de celles optant pour une méthode barrière (le diaphragme). Une analyse par fonction discriminante incorporant les items attitudinaux de l’échelle et le score global du test de connaissances a permis de différencier significativement les deux groupes cliniques :

  • Les utilisatrices de la pilule se distinguaient par une croyance plus forte en la commodité de la pilule et en l’incommodité majeure du diaphragme.
  • Elles rapportaient une inquiétude significativement plus faible face aux effets secondaires systémiques de la contraception orale.
  • Elles manifestaient une susceptibilité perçue plus élevée de conception en cas d’omission contraceptive, mais une certitude plus forte d’être protégées lors d’une prise régulière.
  • Fait saillant, elles présentaient des scores de connaissances contraceptives globales significativement plus bas que les utilisatrices de diaphragme.

La fonction discriminante issue de la CUIKS a expliqué plus de 60 % de la variance intergroupe, attestant d’une excellente validité de construit et de critère.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité de la CUIKS a fait l’objet de calculs métrologiques différenciés selon la nature des sections :

Cohérence interne du test de connaissances

La consistance interne de la section 3 (test de connaissances) a été établie sur un échantillon clinique de N = 632 femmes fréquentant un centre de planning familial. Pour le score total de connaissances (combinant les 8 items généraux et les 4 items spécifiques à la méthode), Condelli (1986) a documenté un coefficient Kuder-Richardson 20 (KR-20) de 0,62.

D’un point de vue de docimologie et de psychométrie théorique, une valeur de KR-20 située à 0,62 est considérée comme modérée mais acceptable pour une épreuve évaluant des domaines de connaissances intentionnellement hétérogènes. Comme le souligne Condelli, le questionnaire couvre un spectre d’informations physiologiques, pharmacologiques et comportementales volontairement diversifié (ex. chronologie de la fenêtre ovulatoire, prévention des IST par le préservatif latex, modalités d’insertion des mousses spermicides, métabolisme thromboembolique). L’hétérogénéité des thématiques pénalise mathématiquement le coefficient d’intercorrélation moyen des items sans pour autant nuire à la validité de contenu du test.

Stabilité temporelle et cohérence des dimensions attitudinales

Les échelles d’attitudes et d’utilités (sections 1 et 2) reposant en grande partie sur des évaluations spécifiques par méthode ou des items uniques théoriquement autonomes (ex. sévérité de la grossesse, intention stricte), leur fidélité découle de leur cohérence externe et de leur pouvoir prédictif stable à 6 mois d’intervalle. Les corrélations test-retest des croyances fondamentales de susceptibilité et de commodité observées sur les sous-échantillons stables ont oscillé entre r = 0,68 et r = 0,79, attestant d’une robustesse temporelle adéquate pour des mesures d’attitudes sociopsychologiques.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La conception de la CUIKS découle d’une approche rationnelle et déductive ancrée dans des modèles théoriques préexistants (HBM, modèle de Fishbein et Ajzen, modèle de Luker). Les analyses factorielles exploratoires (AFE) menées par Condelli sur les 16 items de la section 2 (utilités contraceptives) ont apporté une confirmation empirique robuste de l’architecture multidimensionnelle sous-jacente.

Structure factorielle des utilités contraceptives (Partie 2)

Une analyse en composantes principales avec rotation orthogonale Varimax réalisée sur les évaluations des méthodes contraceptives a mis en évidence une solution factorielle claire reproduisant fidèlement les quatre construits théoriques attendus pour chaque modalité de régulation des naissances :

  • Facteur 1 : Efficacité perçue (Perceived Effectiveness). Ce facteur regroupe les saturations élevées des items évaluant la capacité attribuée à la méthode d’empêcher avec certitude la survenue d’une gestation (saturations factorielles typiquement > 0,70).
  • Facteur 2 : Commodité d’usage (Convenience). Ce facteur s’isole distinctement autour des items mesurant l’absence de contraintes pratiques, de manipulations gênantes ou d’interférences avec l’acte sexuel (saturations factorielles > 0,65).
  • Facteur 3 : Craintes des effets secondaires majeurs (Major Side Effects). Il capture l’anxiété somatique relative aux complications sanitaires lourdes (infertilité irréversible, cardiopathies, néoplasies ; saturations > 0,75).
  • Facteur 4 : Craintes des effets secondaires mineurs (Minor Side Effects). Regroupant les inquiétudes relatives aux troubles bénins mais incommodants (dermatoses, céphalées, inconfort local ; saturations > 0,60).

L’orthogonalité relative observée entre la dimension de commodité et la dimension d’efficacité confirme que dans l’appareil cognitif des usagères, l’appréciation pratique d’un contraceptif ne se confond pas avec son pouvoir préventif biomédical. Cette partition factorielle justifie la cotation séparée de ces sous-échelles dans les protocoles de modélisation prédictive.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Contraceptive Utilities, Intention, and Knowledge Scale (CUIKS).
  • Nom en français : Échelle d’utilité, d’intention et de connaissances contraceptives.
  • Auteur : Larry Condelli, Ph.D. (1984, 1986).
  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation combinant échelles psychométriques d’attitudes (type Likert) et test docimologique de connaissances à choix multiples.
  • Population cible : Femmes en âge de procréer consultant en planification familiale, gynécologie ou santé communautaire ; applicable quel que soit le niveau socioculturel.
  • Durée moyenne de passation : Environ 15 minutes.
  • Format d’administration : Auto-administration individuelle ou en groupe au format papier-crayon ou numérique.
  • Structure globale : L’instrument comprend trois parties distinctes :
    • Partie 1 : Enquête d’attitudes générales (9 items) :
      • Item 1 : Susceptibilité perçue d’une grossesse sans contraception (échelle de Likert en 5 points, de 1 = « Very unlikely » à 5 = « Very likely »).
      • Item 2 : Méthode contraceptive choisie (question ouverte/choix nominal).
      • Item 3 : Intention comportementale d’utilisation systématique à chaque rapport sur l’année à venir (échelle en 5 points, de 1 = « Very unlikely » à 5 = « Very likely »).
      • Item 4 : Susceptibilité perçue d’une grossesse avec la méthode choisie (échelle en 5 points, de 1 = « Very unlikely » à 5 = « Very likely »).
      • Item 5 : Sévérité/attitude face à une éventuelle grossesse dans l’année (échelle ordinale en 7 points inversée, cotée de 7 = « It would be the worst thing that could happen to me » à 1 = « It would be the best thing that could happen to me »).
      • Item 6 (a, b, c, d) : Soutien normatif subjectif perçu pour 4 méthodes (mousse/préservatif, diaphragme, DIU, pilule), coté de 1 = « Very much opposed » à 5 = « Very much in favor ».
    • Partie 2 : Utilités contraceptives perçues (16 items) :
      • Item 7 : Évaluation croisée de l’efficacité et de la commodité pour les 4 méthodes (8 sous-items cotés de 1 à 5, inversés à la cotation pour que 5 indique l’efficacité/commodité maximale).
      • Item 8 : Évaluation des craintes face aux effets secondaires mineurs et majeurs pour les 4 méthodes (8 sous-items cotés de 1 = « Not at all concerned » à 5 = « Very concerned »).
    • Partie 3 : Test de connaissances (12 items au total par participante) :
      • Sous-échelle générale (Items 1 à 8) : Connaissances générales sur l’ovulation, la conception, les préservatifs, la fertilité (items à choix multiples).
      • Sous-échelle spécifique (4 items) : Questions ciblées relatives exclusivement à la méthode adoptée par la répondante (pilule, diaphragme, ou mousse/préservatif ; les items DIU d’origine ayant été omis dans certaines éditions).
  • Cotation et calcul des scores :
    • Parties 1 et 2 : Chaque item attitudinal est conservé comme score dimensionnel individuel ou sommé par méthode. Les items d’efficacité et de commodité de l’item 7 font l’objet d’une inversion de cotation. Pour les analyses prédictives, on utilise préférentiellement les scores correspondant à la méthode effectivement adoptée par la participante.
    • Partie 3 (Connaissances) : Chaque réponse correcte reçoit 1 point, les réponses incorrectes ou omises reçoivent 0 point. On calcule un sous-score général (sur 8), un sous-score spécifique (sur 4) et un score total de connaissances (sur 12 points).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 1984 (thèse de doctorat) ; publication scientifique princeps en 1986.
  • Statut du droit d’auteur : Domaine académique / Open Access pour la recherche et la pratique clinique. Comme stipulé explicitement dans la publication originale de l’instrument : « The CUIKS may be copied and used, with appropriate citation, without cost ».
  • Tarification : Gratuit (0 $ / 0 €). L’instrument ne nécessite l’achat d’aucune licence commerciale ni d’aucun matériel propriétaire.
  • Conditions d’utilisation : Utilisation libre autorisée à des fins de recherche scientifique, de formation universitaire et d’évaluation en milieu clinique, sous réserve de citer formellement les publications de référence de Larry Condelli (1984, 1986).

12. Références / References

  • Becker, M. H. (Ed.). (1974). The health belief model and personal health behavior. Health Education Monographs, 2(4), 324–473. https://doi.org/10.1177/109019817400200401
  • Condelli, L. (1984). A unified social psychological model of contraceptive behavior (Unpublished doctoral dissertation). University of California, Santa Cruz.
  • Condelli, L. (1986). Social and attitudinal determinants of contraceptive choice: Using the health belief model. The Journal of Sex Research, 22(4), 478–491. https://doi.org/10.1080/00224498609551329
  • Fishbein, M., & Ajzen, I. (1975). Belief, attitude, intention, and behavior: An introduction to theory and research. Addison-Wesley.
  • Kirby, D. (1979). An analysis of U.S. sex education programs and evaluation methods. U.S. Department of Health, Education, and Welfare.
  • Luker, K. (1975). Taking chances: Abortion and the decision not to contracept. University of California Press. https://doi.org/10.1525/9780520317581
  • Rosenstock, I. M. (1974). The health belief model and preventive health behavior. Health Education Monographs, 2(4), 354–386. https://doi.org/10.1177/109019817400200405

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

If you were not to use birth control, how likely do you think it is that you would become pregnant during the next year? (Circle one category)
2

1
3

2
4

3
5

4
6

5
7

Very
8

Somewhat
9

Neutral
10

Somewhat
11

Very
12

unlikely
13

unlikely
14

neither likely
15

likely
16

likely
17

or unlikely
18

What form of birth control have you chosen to use?                            
19

How likely do you think it is that you will use the above method every time you have intercourse over the next year?
20

1
21

2
22

3
23

4
24

5
25

Very
26

Somewhat
27

Neutral
28

Somewhat
29

Very
30

unlikely
31

unlikely
32

neither likely
33

likely
34

likely
35

or unlikely
36

If you were to continue using this form of birth control, how likely do you think it is that you would become pregnant during the next year? (Circle one category)
37

1
38

2
39

3
40

4
41

5
42

Very
43

Somewhat
44

Neutral
45

Somewhat
46

Very
47

unlikely
48

unlikely
49

neither likely
50

likely
51

likely
52

or unlikely
53

Below are a number of statements about how you might feel about becoming pregnant within the next year. Please place a check in front of the one that best represents how you feel. (Check one only)
54

If I were to get pregnant within the next year:
55

It would be the worst thing that could happen to me.
56

It would be very bad.
57

It would be sort of bad but not terrible.
58

It would be O.K.
59

It would be sort of good but not terrific.
60

It would be very good.
61

It would be the best thing that could happen to me.
62

People who are important to you may have feelings about the type of birth control you might use. For each birth control method below, please indicate how the people who are most important to you would feel about your using that form of contraception. (Circle the number from 1–5 that best represents their feelings.)
63

They would be:
64

1 = Very much opposed (would discourage use) 2 = Somewhat opposed
65

3 = Neither opposed nor in favor (neutral) 4 = Somewhat in favor
66

5 = Very much in favor (would encourage use)
67

Foam/condoms
68

1
69

2
70

3
71

4
72

5
73

Diaphragm
74

1
75

2
76

3
77

4
78

5
79

IUD
80

1
81

2
82

3
83

4
84

5
85

Birth control pills
86

1
87

2
88

3
89

4
90

5
91

Different birth control methods vary in how effective or ineffective they are in preventing pregnancy. They also vary in how convenient they are to use. For each birth control method listed below, please rate how effective you think they would be in preventing you from becoming pregnant, and how convenient or inconvenient they would be for you to use. (Circle the number from 1–5 that best repre- sents your feelings).
92

1 = Very effective 1 = Very convenient (definitely prevents pregnancy) (no trouble at all)
93

2 = Pretty effective 2 = pretty convenient
94

3 = Unsure 3 = Unsure
95

4 = Pretty ineffective 4 = Pretty inconvenient
96

5 = Ineffective 5 = Very inconvenient
97

(would not prevent pregnancy) (too much trouble to use)
98

Effectiveness Convenience
99

Foams/condoms
100

1
101

2
102

3
103

4
104

5
105

1
106

2
107

3
108

4
109

5
110

Diaphragm
111

1
112

2
113

3
114

4
115

5
116

1
117

2
118

3
119

4
120

5
121

IUD
122

1
123

2
124

3
125

4
126

5
127

1
128

2
129

3
130

4
131

5
132

Birth control pills
133

1
134

2
135

3
136

4
137

5
138

1
139

2
140

3
141

4
142

5
143

Different forms of birth control vary in terms of how likely they are to have side effects. Some side effects may be minor, such as irritation of or skin problems, while others may be major, such as increasing risk of serious illness. For each method of birth control below, please rate how concerned you would be about the occurrence of both minor and major side effects. (Circle the number from 1–5 that best represents your feelings.)
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 18). Échelle d’utilité, d’intention et de connaissances contraceptives. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-utilite-intention-connaissances-contraceptives-cuiks
Looti, Mohammed. “Échelle d’utilité, d’intention et de connaissances contraceptives.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-utilite-intention-connaissances-contraceptives-cuiks.
Looti, Mohammed. “Échelle d’utilité, d’intention et de connaissances contraceptives.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-utilite-intention-connaissances-contraceptives-cuiks.