Échelle Shepherd

L’Échelle Shepherd (Bassett et al., 1981) est un instrument psychométrique de 38 items conçu pour mesurer l’identité chrétienne à travers les croyances doctrinales et la marche chrétienne.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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Résumé

L’Échelle Shepherd (en anglais, The Shepherd Scale), conçue à l’origine par Rodney L. Bassett et ses collaborateurs en 1981, constitue un instrument psychométrique pionnier destiné à évaluer l’identité chrétienne à travers une opérationnalisation explicitement ancrée dans les textes bibliques du Nouveau Testament. Développée dans le cadre des travaux sur l’intégration de la psychologie de la religion et de la théologie chrétienne, cette échelle puise son inspiration métaphorique dans le passage de l’Évangile selon Matthieu (Mt 25, 32), où le berger sépare les brebis des boucs (d’où le sous-titre historique du projet : « Separating the Sheep from the Goats »). L’objectif des concepteurs n’était pas de formuler un jugement théologique dogmatique, mais d’objectiver empiriquement s’il existe une configuration observable et mesurable d’attitudes, de convictions doctrinales et de conduites quotidiennes propre à l’expérience chrétienne orthodoxe et vécue.

L’instrument se compose de 38 items auto-rapportés, structurés selon un format de réponse de type Likert en 4 points (1 = not true / faux, 2 = generally not true / généralement faux, 3 = generally true / généralement vrai, 4 = true / vrai). D’un point de vue conceptuel et structurel, l’échelle se divise en deux sous-échelles fondamentales : la sous-échelle des Croyances (Belief Component), comprenant 13 items évaluant l’adhésion doctrinale relative à la souveraineté divine, la rédemption par Jésus-Christ et l’eschatologie, et la sous-échelle de la Marche chrétienne (Christian Walk Component), articulée autour de 25 items mesurant les comportements éthiques, le style de vie, la charité fraternelle, l’obéissance civile et la vie communautaire ecclésiale. Les scores totaux oscillent de 38 à 152 points, un score élevé traduisant une identification et une pratique chrétiennes marquées.

Sur le plan psychométrique, l’Échelle Shepherd a démontré des qualités remarquables. Les études initiales menées par Bassett et al. (1981) indiquent une cohérence interne satisfaisante avec un coefficient alpha de Cronbach de .86 pour l’ensemble de l’instrument et une fidélité test-retest à deux semaines de r = .82 au sein d’échantillons universitaires chrétiens. La validité de construit a été appuyée par des corrélations positives substantielles avec les instruments classiques de Glock et Stark (1966) (r = .41) et de King et Hunt (1975) (r = .64), ainsi qu’une validité discriminante nette séparant significativement les individus s’auto-identifiant comme chrétiens des non-chrétiens. Devenue un instrument incontournable dans des revues phares telles que le Journal of Psychology and Theology et le Journal of Psychology and Christianity, l’Échelle Shepherd demeure une référence majeure pour explorer les intersections entre maturité spirituelle, personnalité et fonctionnement psychosocial.

Mots-clés

Échelle Shepherd, identité chrétienne, psychologie de la religion, psychométrie, croyances religieuses, marche chrétienne, maturité spirituelle, foi biblique, validité de construit, cohérence interne, évaluation psychologique, comportement pro-social.

Auteurs

L’Échelle Shepherd a été conçue et standardisée en 1981 par une équipe de chercheurs dirigée par Rodney L. Bassett, alors affilié au Département de Psychologie du Roberts Wesleyan College (aujourd’hui Roberts Wesleyan University, Rochester, New York, États-Unis). Les coauteurs ayant contribué au développement initial de la mesure sont :

  • Rodney L. Bassett, Ph.D. — Professeur émérite de psychologie, spécialiste des interactions entre foi religieuse, valeurs éthiques et processus socio-cognitifs. Roberts Wesleyan University, Rochester, NY.
  • Ronald D. Sadler — Chercheur en psychologie et sciences du comportement, Roberts Wesleyan College.
  • Edward E. Kobischen — Chercheur associé aux protocoles d’opérationnalisation scripturaire, Roberts Wesleyan College.
  • David M. Skiff — Spécialiste du travail social et du conseil psychologique chrétien, Roberts Wesleyan College.
  • Ian J. Merrill — Collaborateur de recherche en psychométrie appliquée, Roberts Wesleyan College.
  • Bruce J. Atwater — Chercheur en psychologie du développement religieux, Roberts Wesleyan College.
  • Paul W. Livermore, Ph.D. — Professeur de théologie et d’études bibliques du Nouveau Testament, ayant supervisé le codage scripturaire et la cohérence herméneutique de l’instrument.

Les investigations ultérieures de confirmation factorielle et d’adaptation ont été conduites par des figures de premier plan de la recherche en psychologie clinique et religieuse, notamment J. A. Pecnik et Douglas L. Epperson (Iowa State University), ainsi que Michael J. Boivin (Indiana Wesleyan University / Michigan State University).

Objectif

Le dessein fondamental de l’Échelle Shepherd est de fournir une mesure psychométrique empirique et quantitative de l’identité chrétienne, opérationnalisée à partir de critères textuels et doctrinaux issus directement du Nouveau Testament. Dans le paysage de la psychologie empirique des années 1970 et du début des années 1980, la majorité des outils d’évaluation de la religiosité s’appuyaient soit sur des indices purement sociologiques (fréquence d’assistance aux offices cultuels, affiliation confessionnelle nominale, lecture biblique auto-déclarée), soit sur des dimensions motivationnelles abstraites, telles que l’orientation religieuse intrinsèque versus extrinsèque développée par Gordon Allport et J. Michael Ross. Or, ces approches laissaient de côté le contenu doctrinal spécifique et les exigences éthiques comportementales propres au christianisme historique.

Les auteurs ont identifié la nécessité de déterminer dans quelle mesure une personne s’aligne non seulement sur un corpus de doctrines christocentriques, mais également sur un modèle de conduite quotidienne inspiré des préceptes évangéliques. Conscients du risque d’arrogance spirituelle et des controverses théologiques inhérentes au fait de vouloir « séparer les brebis des boucs » de façon automatisée, Bassett et al. (1981) ont posé pour prémisse épistémologique qu’il existe, au moins à un degré observable et quantifiable, un style de vie distinctement chrétien. L’échelle a donc été bâtie pour répondre à un triple besoin :

  • En recherche fondamentale : Disposer d’un instrument étalonné permettant de tester des hypothèses sur la relation entre engagement chrétien authentique, bien-être psychologique, santé mentale, dogmatisme, préjugés raciaux et mécanismes d’attribution causale face aux événements de vie (ex. hypothèse du « Dieu des lacunes » étudiée par Lupfer, Tolliver & Jackson, 1996).
  • En évaluation clinique et de conseil (counseling chrétien) : Faciliter l’évaluation préliminaire de la religiosité des consultants au sein des services de psychothérapie et de relation d’aide chrétienne, afin d’adapter l’alliance thérapeutique, de clarifier les ressources spirituelles du patient ou de repérer d’éventuels conflits éthiques générateurs de culpabilité pathologique (Godwin, 1986).
  • En psychologie institutionnelle et éducative : Évaluer l’impact des cursus universitaires théologiques et confessionnels sur l’évolution de la maturité religieuse et morale des étudiants (Elzerman & Boivin, 1987 ; Bassett et al., 1991).

L’instrument ne se substitue pas à une évaluation confessionnelle ou ecclésiastique ; il cherche plutôt à capturer la résonance subjective et comportementale de l’expérience de conversion et de discipleship dans la vie ordinaire.

Construit psychologique

L’Échelle Shepherd conceptualise l’identité chrétienne comme une structure bidimensionnelle intégrée, où l’orthodoxie cognitive (les croyances théologiques) et l’orthopraxie expérientielle (la mise en pratique éthique) s’alimentent mutuellement. L’identité chrétienne n’est donc pas appréhendée comme un simple trait de personnalité passif, mais comme un système dynamique articulé autour de deux sous-échelles complémentaires :

1. La composante des croyances (Belief Component – 13 items)

Cette dimension évalue l’adhésion cognitive et confessionnelle aux fondements doctrinaux du christianisme évangélique et historique du Nouveau Testament. Les items de cette section portent sur :

  • La christologie et la résurrection : Reconnaissance de la divinité et de l’œuvre salvifique de Jésus-Christ, incluant la résurrection corporelle historique (item 6 : « I believe that God raised Jesus from the dead »).
  • Le salut par grâce et la justification : Acceptation du fait que la faute morale humaine (le péché) est universelle et ne peut être réparée que par le sacrifice du Christ, dispensant le croyant de la condamnation légaliste (item 10 : « Because of God’s favor to us, through Jesus Christ, we are no longer condemned by God’s laws » ; item 13 : « I believe that everyone’s life has been twisted by sin… »).
  • La théologie relationnelle personnelle : La certitude qu’une relation vivante, directe et intime avec Dieu est accessible au fidèle dans sa vie quotidienne (item 4 : « I believe that it is possible to have a personal relationship with God through Christ »).
  • La souveraineté et le jugement moral divin : Conviction eschatologique que Dieu interviendra pour vaincre le mal et jugera équitablement l’ensemble des conduites humaines (item 1 et item 7).

2. La composante de la marche chrétienne (Christian Walk Component – 25 items)

Cette sous-échelle évalue la traduction concrète, comportementale et relationnelle des convictions internes dans l’existence quotidienne. Elle englobe un vaste répertoire de conduites et de dispositions affectives :

  • L’éthique pro-sociale et la charité inconditionnelle : Répondre avec patience, tempérance et bienveillance envers ceux qui manifestent de l’hostilité, conformément au Sermon sur la montagne (item 15 : « I respond positively (with patience, kindness, self-control) to those people who hold negative feelings toward me »).
  • L’intégrité et le détachement matériel : Dévaluation des biens matériels et du statut social en tant que finalités ultimes de l’existence, couplée à une pratique de la générosité anonyme sans recherche d’éloges (item 16 et item 17).
  • La communion fraternelle et la solidarité ecclésiale : Attitudes envers la communauté des croyants, impliquant le soutien émotionnel mutuel, le partage désintéressé des ressources, la recherche de l’unité et la pratique de la vérité dite avec amour (items 23 à 30).
  • Le civisme et le discernement intellectuel : Respect des lois civiles et des institutions étatiques (item 22), tout en maintenant une attitude de questionnement critique face aux affirmations religieuses avant de les intégrer aveuglément (item 18 : « I do not accept what I hear in regard to religious beliefs without first questioning the validity of it »).
  • La transformation morale continue : Conscience aiguë de la nécessité de reconnaître ses fautes devant Dieu et sentiment d’une maturation vertueuse progressive (items 32, 35 et 38).

Cadre théorique

Le cadre conceptuel de l’Échelle Shepherd se situe au confluent de la théologie biblique néotestamentaire et des théories sociopsychologiques de la religiosité et de l’identité de rôle. Les auteurs ont rejeté l’approche strictement confessionnelle (dénominationnelle) ou réductrice, au profit d’une opérationnalisation textuelle directe. Dans la perspective théologique réformée et évangélique adoptée par Bassett et al. (1981), la foi chrétienne authentique (fides qua creditur et fides quae creditur) est indissociable d’une régénération intérieure se manifestant par des fruits tangibles dans le monde.

Sur le plan psychologique, l’échelle s’inscrit dans le paradigme multidimensionnel de la religion initié par Charles Glock et Rodney Stark (1966), qui distingue la dimension idéologique (croyances), intellectuelle (connaissances), rituelle (pratiques), expérientielle (émotions religieuses) et conséquente (effets moraux et sociaux de la foi dans la vie séculière). L’Échelle Shepherd synthétise ces facettes en deux méta-domaines : cognitif-théologique et comportemental-conatif. Cette approche fait également écho aux travaux de Morton King et Richard Hunt (1975) sur la mesure multifactorielle des attitudes religieuses, affirmant que l’engagement religieux ne peut être compris sous la forme d’un trait unitaire simple sans risquer une perte massive d’information variance.

De plus, l’Échelle Shepherd s’articule avec la théorie de l’identité sociale de Henri Tajfel et John Turner. Elle appréhende le fait d’être chrétien non seulement comme une adhésion privée à un dogme, mais comme l’appartenance intériorisée à un groupe de référence (l’Église au sens théologique large), régie par des normes intragroupes de solidarité, de loyauté et de témoignage public (items évaluant les relations avec les autres chrétiens). Cette conceptualisation évite les dérives sectaires en intégrant formellement des préceptes d’ouverture relationnelle envers les personnes extérieures (item 19) et d’obéissance aux autorités séculières (item 22).

Validité

La validation empirique de l’Échelle Shepherd a fait l’objet de nombreuses vérifications psychométriques indépendantes, attestant d’une excellente validité de construit, convergente et discriminante :

1. Validité convergente

Dans l’étude princeps de Bassett et al. (1981), administrée auprès d’étudiants d’un collège universitaire chrétien (N = 62), le score global à l’Échelle Shepherd a montré une corrélation statistiquement significative de r = .41 avec l’échelle de l’engagement religieux de Glock et Stark (1966), et une corrélation élevée de r = .64 avec l’inventaire multidimensionnel de King et Hunt (1975). Ces associations confirment que l’instrument capture bien le noyau central de la religiosité tout en y apportant une sensibilité accrue aux particularités doctrinales chrétiennes.

Dans une réplication d’envergure menée par Pecnik et Epperson (1985) auprès de 238 étudiants d’une université d’État laïque, le score de l’Échelle Shepherd a présenté des corrélations remarquables avec des critères externes d’engagement religieux :

  • Corrélation de r = .71 avec l’importance auto-déclarée accordée aux croyances religieuses dans l’existence quotidienne.
  • Corrélation de r = .52 avec la préférence confessionnelle (codée de façon dichotomique : chrétien vs non-chrétien).
  • Corrélation de r = .43 avec la fréquence déclarée de participation à des activités ou réunions religieuses.

2. Validité de critère et discriminante

La capacité de l’instrument à différencier des populations contrastées a été établie par Bassett et al. (1981) auprès d’un échantillon d’adultes périurbains (N = 67). Les individus s’auto-identifiant formellement comme chrétiens ont obtenu des scores significativement et massivement plus élevés à l’Échelle Shepherd que les individus s’auto-identifiant comme non-chrétiens, t(28) = 6.29, p < .001. De même, les données normatives révèlent un gradient de moyennes net : 136 points pour les étudiants d’institutions confessionnelles contre 110 points pour les étudiants d’universités d’État publiques (Pecnik & Epperson, 1985) et 116 points dans l’échantillon de Godwin (1986).

Dans des recherches sur le fonctionnement socio-cognitif, Boivin, Donkin et Darling (1990) ainsi que Boivin, Darling et Darling (1987) ont utilisé l’Échelle Shepherd pour clarifier le lien complexe entre religiosité et préjugés raciaux, démontrant que les sujets affichant une foi chrétienne intégrée et mature (scores élevés à la marche chrétienne) présentaient des niveaux d’attitudes discriminatoires significativement réduits, confirmant la validité écologique de l’instrument.

Fidélité

La fidélité de l’Échelle Shepherd a été éprouvée sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle à travers différentes populations :

  • Cohérence interne : Lors de l’étalonnage original (Bassett et al., 1981), l’indice alpha de Cronbach obtenu auprès de l’échantillon d’étudiants confessionnels s’est élevé à α = .86 pour les 38 items réunis, dénotant une excellente homogénéité du construit. Le coefficient de fidélité par bissection (split-half reliability) s’est également établi à des niveaux élevés au sein de cette même cohorte.
  • Stabilité test-retest : Une procédure de test-retest à un intervalle de deux semaines a été administrée par Bassett et al. (1981), révélant un coefficient de corrélation temporelle de r = .82, ce qui démontre la stabilité de la mesure face aux fluctuations de l’humeur ou aux biais transitoires de passation.
  • Versions abrégées : Boivin, Darling et Darling (1987) ont mis au point une version modifiée de l’instrument retenant 29 des 38 items originaux pour des contextes de recherche contraints en temps. Cette forme condensée a affiché un coefficient de Kuder-Richardson 20 (KR-20) de .73, ce qui demeure très satisfaisant pour un instrument réduit.

Les distributions normatives et les écarts-types répertoriés dans la littérature sont récapitulés dans le tableau ci-après :

Étude source Échantillon Taille (N) Moyenne (M) Écart-type (ET) Étendue observée
Bassett et al. (1981) Étudiants collège chrétien 62 136,0 8,7 111 – 152
Bassett et al. (1981) Adultes périurbains 67 — — 63 – 152
Pecnik & Epperson (1985) Étudiants université d’État 238 110,0 18,6 52 – 149
Godwin (1986) Étudiants université d’État 204 116,0 19,4 61 – 149

Analyse factorielle

La structure dimensionnelle interne de l’Échelle Shepherd a été rigoureusement analysée par analyse factorielle exploratoire (AFE). Initialement subdivisée par Bassett et al. (1981) selon une bipartition théorique a priori (Croyances [13 items] et Marche chrétienne [25 items]), la configuration factorielle a trouvé une confirmation empirique approfondie dans les travaux de Pecnik et Epperson (1985).

Pecnik et Epperson (1985) ont soumis les 38 items à une analyse en composantes principales suivie d’une rotation orthogonale Varimax auprès de 238 participants universitaires. Les résultats ont mis en évidence la prédominance d’un facteur général d’engagement chrétien rendant compte d’une large part de la variance totale, ainsi qu’une différenciation nette de plusieurs facteurs de premier ordre sous-jacents aux deux grandes dimensions :

  • Facteur 1 : Croyances fondamentales et salut par grâce (Orthodoxie doctrinale). Ce facteur rassemble l’ensemble des items formulés autour de la médiation salvatrice exclusive de Jésus-Christ, de la rédemption des péchés et de la certitude de la résurrection (saturations factorielles oscillant typiquement entre .55 et .78 pour les items 4, 6, 8, 10, 11 et 12).
  • Facteur 2 : Conduite relationnelle et communion fraternelle (Orthopraxie intra-chrétienne). Ce facteur regroupe les énoncés portant explicitement sur la bienveillance, le partage de biens, l’édification mutuelle et le respect manifesté à l’égard de la communauté chrétienne (items 23, 24, 25, 26, 27, 29 et 30, avec des saturations supérieures à .60).
  • Facteur 3 : Transformation morale et obéissance pratique. Ce facteur capture l’alignement éthique personnel, la recherche de cohérence verbale et comportementale avec les préceptes évangéliques, la repentance et l’obéissance aux autorités séculières (items 14, 20, 22, 33 et 37).

Les analyses factorielles ont également souligné la spécificité de l’item 18 (« I do not accept what I hear in regard to religious beliefs without first questioning the validity of it »). Cet item présente une variance propre significative et des saturations parfois faibles ou négatives sur le facteur d’orthodoxie traditionnel, reflétant le fait qu’une disposition au doute critique peut coexister de façon complexe avec une foi affirmée, un phénomène bien documenté dans la recherche sur la religiosité mature et l’orientation religieuse de quête (Quest orientation de Batson).

Instrument de mesure

Les caractéristiques opérationnelles de l’Échelle Shepherd sont structurées comme suit :

  • Nom officiel de l’instrument : Échelle Shepherd (The Shepherd Scale).
  • Auteurs : Rodney L. Bassett, Ronald D. Sadler, Edward E. Kobischen, David M. Skiff, Ian J. Merrill, Bruce J. Atwater, et Paul W. Livermore (1981).
  • Format d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé sur support papier ou informatisé.
  • Nombre d’items : 38 items au total, scindés en deux sous-échelles :
    • Sous-échelle des Croyances (Belief Component) : 13 items (items 1 à 13).
    • Sous-échelle de la Marche chrétienne (Christian Walk Component) : 25 items (items 14 à 38).
  • Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 4 points d’ancrage sans point neutre central :
    • 1 = not true (faux)
    • 2 = generally not true (généralement faux)
    • 3 = generally true (généralement vrai)
    • 4 = true (vrai)
  • Procédure de cotation : Chaque item est noté de 1 à 4. Le score global de l’échelle est calculé par la sommation directe de l’ensemble des 38 items. L’éventail des scores possibles s’étend de 38 à 152 points. Des sous-scores distincts peuvent être calculés pour la composante Croyances (13 à 52 points) et la composante Marche chrétienne (25 à 100 points).
  • Seuil de coupure (Cut-off score) : Les auteurs ne préconisent aucun score seuil rigide ou dichotomique pour séparer de manière dogmatique les chrétiens des non-chrétiens ; l’instrument mesure un continuum d’intensité d’adhésion et de pratique.
  • Durée approximative de passation : Entre 10 et 15 minutes.

Permissions, Tarifs et Année du test

L’Échelle Shepherd a été publiée en 1981 dans le Journal of Psychology and Theology. Conformément aux usages en vigueur au sein des publications savantes de psychologie religieuse :

  • Année d’introduction : 1981.
  • Droits d’utilisation et accès : L’instrument relève du domaine de la recherche académique non commerciale. Il peut être utilisé librement à des fins scientifiques, d’enseignement ou d’évaluation clinique non lucrative, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de Bassett et al. (1981).
  • Tarification : L’accès au questionnaire et à son utilisation en contexte de recherche est gratuit. Aucun coût de redevance ou licence commerciale n’est prélevé pour la reproduction des items dans le cadre de thèses, mémoires ou articles scientifiques.
  • Administration : Les chercheurs doivent veiller à administrer l’échelle en omettant les références bibliques scripturaires qui accompagnaient le texte dans l’article original, afin d’éviter d’orienter les réponses ou d’induire des biais de conformité théologique.

Références

Les travaux académiques fondateurs et les études de validation de l’Échelle Shepherd sont répertoriés ci-dessous :

  • Bassett, R. L., Sadler, R. D., Kobischen, E. E., Skiff, D. M., Merrill, I. J., Atwater, B. J., & Livermore, P. W. (1981). The Shepherd Scale: Separating the sheep from the goats. Journal of Psychology and Theology, 9(4), 335–351. https://doi.org/10.1177/009164718100900407
  • Bassett, R. L., Camplin, W., Humphrey, D., Dorr, C., Biggs, S., Distaffen, R., Doxtator, I., Flaherty, M., Hunsberger, P. J., Poage, R., & Thompson, H. (1991). Measuring Christian maturity: A comparison of several scales. Journal of Psychology and Theology, 19(1), 84–95. https://doi.org/10.1177/009164719101900109
  • Boivin, M. J., Darling, H. W., & Darling, T. W. (1987). Racial prejudice among Christian and non-Christian college students. Journal of Psychology and Theology, 15(1), 47–56. https://doi.org/10.1177/009164718701500105
  • Boivin, M. J., Donkin, A. J., & Darling, H. W. (1990). Religiosity and prejudice: A case study in evaluating the construct validity of Christian measures. Journal of Psychology and Christianity, 9(2), 41–55.
  • Elzerman, J. H., & Boivin, M. J. (1987). The assessment of Christian maturity, personality, and psychopathology among college students. Journal of Psychology and Christianity, 6(3), 50–64.
  • Glock, C. Y., & Stark, R. (1966). Christian beliefs and anti-Semitism. New York: Harper & Row.
  • Godwin, T. C. (1986). Analogue study of expectations for Christian and traditional counseling: A partial replication and extension (Master’s thesis non publiée). Appalachian State University, Boone, NC.
  • Jones, D. R., Ripley, J. S., Kurusu, T. A., & Worthington, E. L., Jr. (1998). Influential sources in the integration of psychology and theology: A decade summary. Journal of Psychology and Christianity, 17(1), 43–54.
  • King, M. B., & Hunt, R. A. (1975). Measuring the religious variable: National replication. Journal for the Scientific Study of Religion, 14(1), 13–22. https://doi.org/10.2307/1384505
  • Lupfer, M. B., Tolliver, D., & Jackson, M. (1996). Explaining life-altering occurrences: A test of the « God of the gaps » hypothesis. Journal for the Scientific Study of Religion, 35(4), 379–391. https://doi.org/10.2307/1386412
  • Mangis, M. W. (1995). Religious beliefs, dogmatism, and attitudes toward women. Journal of Psychology and Christianity, 14(1), 13–25.
  • Pecnik, J. A., & Epperson, D. L. (1985). A factor analysis and further validation of the Shepherd Scale. Journal of Psychology and Theology, 13(1), 42–49. https://doi.org/10.1177/009164718501300105

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: These questions consider different aspects of Christian experience. Note that some of the items consider how you think about or act toward Christians. These items should not be thought of as exclusive. In other words, having respect for Christians does not mean that you lack respect for non-Christians.
1

I believe that God will bring about certain circumstances that will result in the judg­ment and destruction of evil.
2

I believe I can have the personal presence of God in my life.
3

I believe that there are certain required duties to maintaining a strong Christian life­ style (i.e., prayer, doing good deeds, and helping others).
4

I believe that it is possible to have a personal relationship with God through Christ.
5

I believe that by following the teachings of Jesus Christ and incorporating them into my daily life, I receive such things as peace, confidence, and hope.
6

I believe that God raised Jesus from the dead.
7

I believe that God will judge me for all my actions and behaviors.
8

I believe that by submitting myself to Christ, He frees me to obey him in a way I never could before.
9

I believe in miracles as a result of my confidence in God to perform such things.
10

Because of God's favor to us, through Jesus Christ, we are no longer condemned by God's laws.
11

Because of my personal commitment to Jesus Christ, I have eternal life.
12

The only means by which I may know God is through my personal commitment to Jesus Christ.
13

I believe that everyone's life has been twisted by sin and that the only adequate remedy to this problem is Jesus Christ.
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle Shepherd. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-shepherd
Looti, Mohammed. “Échelle Shepherd.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-shepherd.
Looti, Mohammed. “Échelle Shepherd.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-shepherd.