1. Résumé
L’Échelle du rôle perçu de l’éthique et de la responsabilité sociale (connue sous l’acronyme anglophone PRESOR, pour Perceived Role of Ethics and Social Responsibility Scale) est un instrument psychométrique conçu par Arun Singhapakdi, Scott J. Vitell, Kolari C. Rao et David L. Kurtz en 1996. Ce questionnaire d’auto-évaluation a été élaboré pour mesurer l’importance relative que les décideurs organisationnels, les professionnels du marketing, les cadres d’entreprise et les étudiants en gestion accordent à l’éthique des affaires et à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) dans l’atteinte de l’efficacité organisationnelle globale.
Dérivée initialement des travaux pionniers de Kraft et Jauch (1992) portant sur le « menu d’efficacité organisationnelle », la PRESOR évalue si les impératifs moraux et sociétaux sont perçus comme des leviers synergiques ou antagonistes vis-à-vis des indicateurs traditionnels de performance économique, tels que la rentabilité, la compétitivité et la pérennité institutionnelle. Sur le plan structural, l’instrumentation originelle comprend 13 items calibrés sur une échelle de réponse en 9 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Disagree) à 9 (« Tout à fait d’accord » / Agree). L’analyse factorielle exploratoire isole classiquement trois dimensions fondamentales : la responsabilité sociale et la rentabilité (Social Responsibility and Profitability), les gains à long terme (Long-Term Gains) et les gains à court terme (Short-Term Gains).
Les propriétés psychométriques initiales, établies sur un échantillon d’étudiants de cycles supérieurs en administration des affaires, démontrent une consistance interne acceptable pour des échelles émergentes (coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,57 et 0,71 selon les sous-dimensions) et une solide validité prédictive confirmée par des régressions multiples incorporant les idéologies éthiques de Forsyth (1980) et l’attitude envers la responsabilité sociale. La PRESOR s’est imposée à l’échelle internationale comme l’étalon de référence pour sonder les représentations morales des acteurs managériaux face aux exigences de rentabilité.
2. Mots-clés
Éthique des affaires, responsabilité sociétale des entreprises, PRESOR, psychométrie, prise de décision éthique, efficacité organisationnelle, rentabilité, idéologies éthiques, validité prédictive, comportement organisationnel, moralité managériale, Singhapakdi.
3. Auteurs
L’instrument a été développé par une équipe de chercheurs éminents en éthique du marketing et comportement organisationnel :
- Arun Singhapakdi, Ph.D. : Professeur émérite de marketing au sein du Strome College of Business, Old Dominion University, Norfolk, Virginie, États-Unis. Spécialiste reconnu mondialement pour ses travaux empiriques sur l’éthique du marketing, la justice organisationnelle et le bien-être des parties prenantes.
- Scott J. Vitell, Ph.D. : Professeur titulaire de la chaire d’éthique des affaires Freebairn au Department of Marketing de l’Université du Mississippi, School of Business Administration, University, Mississippi, États-Unis. Ses recherches couvrent la moralité du consommateur et la modélisation de la prise de décision éthique.
- Kolari C. Rao, Ph.D. : Chercheur et professeur de méthodologie et de marketing, rattaché aux institutions universitaires de l’Illinois et de Virginie au moment de l’élaboration de l’outil.
- David L. Kurtz, Ph.D. : Titulaire de la chaire R.A. and Vivian Young en marketing à la Sam M. Walton College of Business, Université de l’Arkansas, Fayetteville, États-Unis. Auteur prolifique d’ouvrages académiques de référence en gestion stratégique.
4. Objectif
L’objectif fondamental de la PRESOR est d’opérationnaliser et de quantifier l’attitude cognitive des professionnels et des futurs gestionnaires vis-à-vis du statut stratégique de l’éthique et de la responsabilité sociétale au sein de l’architecture corporative. Historiquement, le monde managérial a souvent été influencé par la vision friedmanienne stipulant que l’unique finalité légitime de l’entreprise privée réside dans la maximisation du profit économique pour les actionnaires (shareholder primacy). Face à ce paradigme, le développement de la théorie des parties prenantes (stakeholder theory) formulée par R. Edward Freeman a mis en lumière la nécessité d’intégrer des obligations morales et sociales plus larges. L’échelle PRESOR a été forgée pour mesurer empiriquement où se situent les gestionnaires sur ce spectre idéologique.
Dans le domaine de la recherche empirique, la PRESOR remplit une fonction diagnostique et prédictive majeure. Elle permet d’examiner comment la perception de l’éthique en tant que facteur de succès organisationnel influence la sensibilité éthique (l’aptitude à détecter un dilemme moral dans un scénario d’affaires), le jugement moral (le choix de qualifier un comportement d’inacceptable ou d’acceptable), l’intention comportementale et, ultimement, le comportement éthique réel. Les chercheurs mobilisent cet instrument pour comparer des sous-populations distinctes : dirigeants versus employés, professionnels du marketing versus comptables, ou encore cohortes interculturelles comparant l’Occident, l’Asie et l’Europe continentale.
Sur le plan des applications appliquées et organisationnelles, la PRESOR est employée au sein d’audits éthiques et d’évaluations de climat organisationnel. Les services des ressources humaines et les consultants en gouvernance s’en servent pour identifier d’éventuelles dissonances normatives au sein d’équipes de direction ou pour jauger l’efficacité des séminaires de formation à la conformité réglementaire et éthique. Dans le secteur universitaire, l’échelle est largement administrée dans les écoles de commerce avant et après les cours obligatoires d’éthique des affaires afin de mesurer l’impact pédagogique des programmes sur les représentations de l’efficacité d’entreprise chez les futurs décideurs.
5. Construit psychologique
Le construit psychologique au cœur de la PRESOR est la perception du rôle de l’éthique et de la responsabilité sociale dans l’efficacité organisationnelle. Il s’agit d’une croyance normative et instrumentale sur la nature des interactions entre probité déontologique, engagement social et rentabilité économique. L’instrument appréhende cette attitude par l’intermédiaire de trois sous-dimensions conceptuelles :
Sous-dimension 1 : Responsabilité sociale et rentabilité (Social Responsibility and Profitability)
Cette dimension évalue la croyance selon laquelle l’éthique organisationnelle et la responsabilité sociétale ne sont pas des freins financiers, mais constituent au contraire des vecteurs indispensables de performance économique et d’avantage concurrentiel durable. Les individus obtenant un score élevé sur ce facteur adhèrent au principe voulant qu’une « bonne éthique est souvent synonyme de bonnes affaires » (Good ethics is often good business). À l’inverse, un score faible reflète une vision pragmatique dure selon laquelle les considérations éthiques doivent être sacrifiées dès que la compétitivité ou la survie immédiate de l’entreprise est mise en jeu.
Sous-dimension 2 : Gains à long terme (Long-Term Gains)
Ce construit mesure l’attribution d’une valeur stratégique différée aux conduites responsables. Les items de ce facteur capturent la conviction que la viabilité, l’efficacité holistique, le moral des employés et la pérennité économique d’une entité commerciale reposent intrinsèquement sur sa probité morale. Un gestionnaire affichant un positionnement élevé sur cette sous-échelle conçoit l’entreprise comme une institution insérée dans un écosystème sociétal, dotée de devoirs transcendant la simple extraction immédiate de rentes financières, et perçoit le capital de réputation comme le principal actif à préserver sur le cycle long.
Sous-dimension 3 : Gains à court terme (Short-Term Gains)
Cette composante explore une posture tactique et instrumentaliste centrée sur les impératifs d’efficience immédiate et la primauté absolue de la satisfaction des actionnaires. L’orientation court-termiste valorise la rentabilité rapide au détriment potentiel du respect scrupuleux des normes juridiques ou morales (« faire du profit, même si cela implique de contourner les règles »). Cette dimension permet de cerner la vulnérabilité psychologique du sujet face à des pressions financières brutales, où la réputation morale est considérée comme un luxe accessoire par rapport aux résultats financiers trimestriels.
6. Cadre théorique
L’ancrage théorique de la PRESOR puise dans les théories du comportement organisationnel, de la philosophie morale appliquée et de la psychologie sociocognitive. La filiation directe provient du modèle du « menu d’efficacité organisationnelle » développé par Kraft et Jauch en 1992. Ces théoriciens ont posé que l’efficacité d’une entreprise ne saurait être réduite à des variables comptables univariées ; elle englobe un répertoire complexe d’objectifs concurrents parmi lesquels figurent le climat social, la satisfaction de la clientèle, l’innovation, la conformité légale et la responsabilité citoyenne.
En second lieu, l’instrument s’adosse directement à la taxonomie des idéologies éthiques formalisée par Donelson R. Forsyth (1980). Forsyth postule que les variations individuelles dans le jugement moral s’articulent autour de deux axes orthogonaux majeurs :
- L’idéalisme : Le degré auquel un individu croit que les conséquences désirables peuvent toujours être atteintes sans violer de règles morales fondamentales, refusant de faire du tort à autrui.
- Le relativisme : Le degré auquel un individu rejette les principes moraux universels au profit d’un contextualisme situationnel ou culturel subjectif.
Singhapakdi et ses collègues (1996) ont théorisé que les idéologies éthiques individuelles constituent des antécédents distaux majeurs qui façonnent la PRESOR : les individus fortement idéalistes valorisent systématiquement la responsabilité sociale et les gains à long terme, tandis que les profils hautement relativistes ont tendance à relativiser les transgressions au nom de la rentabilité à court terme.
Enfin, la PRESOR s’inscrit dans les modèles descriptifs de décision éthique en marketing, en particulier le modèle de Hunt et Vitell (1986, 1993) et le modèle contingent de Rest (1986). Selon ces conceptualisations, la perception de l’environnement organisationnel et l’importance conférée aux enjeux sociétaux conditionnent le cadrage cognitif initial par lequel un gestionnaire interprète une situation commerciale comme contenant ou non une composante éthique.
7. Validité
Les propriétés de validité de la PRESOR ont fait l’objet de protocoles de validation méthodologique stricts dès sa création :
Validité de contenu et validité faciale
La validité de contenu a été examinée en soumettant la version préliminaire de l’échelle à un panel d’experts universitaires, comprenant des professeurs de marketing et des étudiants avancés de troisième cycle spécialisés dans la recherche éthique. Ces juges ont évalué chaque énoncé sous l’angle de la clarté linguistique, de l’absence d’ambiguïté conceptuelle, de la non-trivialité et de la pertinence théorique par rapport au construit ciblé. Les experts ont confirmé à l’unanimité que les items représentaient exhaustivement les facettes de l’arbitrage entre profitabilité et responsabilité sociale. Parallèlement, la validité faciale (face validity) a été attestée en interrogeant les experts à l’aveugle sur la nature du construit sous-jacent mesuré ; les réponses recueillies ont spontanément convergé vers les notions de valeurs managériales, de responsabilité sociale d’entreprise et de rôle de l’éthique organisationnelle.
Validité prédictive et de critère
Pour démontrer la validité prédictive de l’échelle, les auteurs ont mené des analyses de corrélations bivariées et des analyses de régression multiple linéaire. Les dimensions de la PRESOR ont été mises en relation avec des variables indépendantes reconnues :
- L’attitude envers la responsabilité sociale (échelle de Hunt, Kiecker et Chonko, 1990).
- L’idéalisme personnel (Forsyth, 1980).
- Le relativisme moral (Forsyth, 1980).
Les résultats statistiques ont confirmé que l’idéalisme prédit positivement et significativement la valorisation de la responsabilité sociale et la rentabilité (
p < 0,001
) ainsi que l’orientation vers les gains à long terme. Inversement, le relativisme s’est révélé corrélé positivement avec la sous-dimension des gains à court terme et le pragmatisme sacrifiant l’éthique en situation de crise organisationnelle. Ces résultats fournissent des preuves empiriques rigoureuses de la validité de construit et prédictive de l’instrument.
8. Fidélité
La consistance interne de la PRESOR a été quantifiée originellement au moyen du coefficient alpha de Cronbach (
α
) sur l’échantillon initial de développement (
N = 153
) :
- Sous-échelle « Responsabilité sociale et rentabilité » (4 items) :
. Ce score démontre une cohérence interne satisfaisante pour une mesure d’attitude organisationnelle.α = 0,71
- Sous-échelle « Gains à long terme » (6 items) :
. Bien que modeste, ce niveau de fidélité a été jugé acceptable par les auteurs conformément aux recommandations de Nunnally (1978), qui soutient qu’un seuil oscillant entre 0,50 et 0,60 est suffisant durant les phases exploratoires d’élaboration d’instruments psychométriques.α = 0,57
- Sous-échelle « Gains à court terme » (3 items) :
.α = 0,64
Dans des investigations ultérieures menées auprès de cohortes professionnelles de cadres en marketing à travers plusieurs pays (Singhapakdi et al., 2001 ; Vitell, Ramos et Nishihara, 2010), des coefficients de consistance interne supérieurs ont fréquemment été observés, atteignant régulièrement des valeurs comprises entre 0,75 et 0,84 après raffinements factoriels ou ajustements contextuels des items.
9. Analyse factorielle
La structure dimensionnelle sous-jacente de la PRESOR a été vérifiée empiriquement par une analyse factorielle exploratoire (AFE) en composantes principales, assortie d’une rotation orthogonale Varimax. Cette modélisation a mis en évidence une extraction en trois facteurs distincts expliquant une part substantielle de la variance totale :
Structure et poids factoriels originaux
- Facteur 1 : Responsabilité sociale et rentabilité. Ce facteur regroupe les propositions articulant l’alignement mutuel entre efficience économique et rectitude éthique. Les items inversés portant sur la nécessité de négliger l’éthique en contexte d’hypercompétitivité ou de menace de faillite y saturent fortement, signalant que le noyau de ce facteur repose sur le refus de considérer l’éthique comme une variable d’ajustement facultative.
- Facteur 2 : Gains à long terme. Les saturations factorielles dominantes concernent les énoncés plaçant le moral des employés, la survie collective pérenne et la finalité extra-financière au sommet des priorités de gouvernance.
- Facteur 3 : Gains à court terme. Ce facteur isole les items centrés sur l’impératif actionnarial exclusif (satisfaction des détenteurs d’actions à tout prix, primauté absolue de l’efficience opérationnelle sur la réputation morale).
Au fil des décennies, des analyses factorielles confirmatoires (AFC) publiées dans la littérature managériale ont parfois proposé des regroupements alternatifs en deux macro-facteurs (« Importance perçue de l’éthique » versus « Subordination de l’éthique à la performance financière »), attestant de la vitalité de l’outil et de sa flexibilité analytique selon les contextes culturels et économiques étudiés.
10. Instrument de mesure
- Type d’instrument : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation / échelle d’attitude organisationnelle.
- Format d’administration : Questionnaire papier-crayon ou version numérisée en ligne ; auto-administré individuellement.
- Nombre d’items : L’architecture complète originelle comporte 13 items distribués sur trois sous-échelles factorielles.
- Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 9 points allant de 1 (Désaccord / Disagree) à 9 (Accord / Agree).
- Procédure de cotation :
- Certains énoncés sont inversés (reverse scored), notamment les items 2 et 4 de la première sous-dimension, où l’accord indique un mépris de l’éthique au profit de la survie financière. Ces items doivent être recodés (
) avant calcul.Score inversé = 10 – Score brut
- Le calcul produit des scores moyens ou cumulés par dimension factorielle. Des scores élevés sur les Facteurs 1 et 2 traduisent une forte adhésion à la primauté de la responsabilité morale dans la pérennité institutionnelle.
- Certains énoncés sont inversés (reverse scored), notamment les items 2 et 4 de la première sous-dimension, où l’accord indique un mépris de l’éthique au profit de la survie financière. Ces items doivent être recodés (
- Durée de passation : Environ 5 à 10 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication initiale : 1996.
- Propriété intellectuelle et droits : Les droits initiaux de publication sont détenus par l’éditeur scientifique Springer Netherlands (anciennement Kluwer Academic Publishers) au sein de la revue Journal of Business Ethics.
- Tarification : L’utilisation de l’instrument est gratuite pour les projets de recherche universitaire à but non lucratif et pour les applications pédagogiques au sein des établissements d’enseignement supérieur. Il convient de citer adéquatement l’article séminal de Singhapakdi et al. (1996).
- Usages commerciaux et consultations : Toute intégration de l’instrument dans des plateformes logicielles commerciales de diagnostic RH, des tests de recrutement payants ou des activités de conseil privé nécessite l’autorisation formelle expresse des titulaires des droits d’auteur ou des éditeurs de la publication d’origine.
12. Références
- Forsyth, D. R. (1980). A taxonomy of ethical ideologies. Journal of Personality and Social Psychology, 39(1), 175–184. https://doi.org/10.1037/0022-3514.39.1.175
- Hunt, S. D., Kiecker, P. L., & Chonko, L. B. (1990). Social responsibility and personal success: A research note. Journal of the Academy of Marketing Science, 18(3), 239–244. https://doi.org/10.1007/BF02726475
- Hunt, S. D., & Vitell, S. J. (1986). A general theory of marketing ethics. Journal of Macromarketing, 6(1), 5–16. https://doi.org/10.1177/027614678600600103
- Kraft, K. L., & Jauch, L. R. (1992). The organizational effectiveness menu: A device for stakeholder assessment. Mid-American Journal of Business, 7(1), 18–23. https://doi.org/10.1108/19355181199200003
- Nunnally, J. C. (1978). Psychometric theory (2nd ed.). McGraw-Hill.
- Rest, J. R. (1986). Moral development: Advances in research and theory. Praeger.
- Singhapakdi, A., Vitell, S. J., Rao, K. C., & Kurtz, D. L. (1996). The perceived role of ethics and social responsibility: A scale development. Journal of Business Ethics, 15(11), 1131–1140. https://doi.org/10.1007/BF00412812
- Singhapakdi, A., Karande, K., Rao, C. P., & Vitell, S. J. (2001). How important are ethics and social responsibility? A multinational study of marketing professionals. European Journal of Marketing, 35(1/2), 133–152. https://doi.org/10.1108/03090560110363382
- Vitell, S. J., Ramos, E., & Nishihara, C. M. (2010). The role of ethics and social responsibility in organizational success: A Spanish perspective. Journal of Business Ethics, 91(4), 467–483. https://doi.org/10.1007/s10551-009-0132-9
13. Questions et items du questionnaire
Response Scale: 9-point disagree-agree scale (Disagree = 1, Agree = 9). (*Reverse scored item)
- Social responsibility and profitability can be compatible.
- To remain competitive in a global environment, business firms will have to disregard ethics and social responsibility.*
- Good Ethics is often good business.
- If survival of business enterprise is at stake, then ethics and social responsibility must be ignored.*
- Business has a social responsibility beyond making a profit.
- Business ethics and social responsibility are critical to the survival of a business enterprise.