Échelle de partage du pouvoir dans les couples lesbiens

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle de partage du pouvoir dans les couples lesbiens (PSLPS) créée par Jean M. Lynch et Mary Ellen Reilly. Examen du construit, de la validité, du cadre théorique et questionnaire original.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de partage du pouvoir dans les couples lesbiens (en anglais, Power Sharing in Lesbian Partnerships Scale — PSLPS), conçue et développée par les chercheuses sociologues Jean M. Lynch (Miami University) et Mary Ellen Reilly (University of Rhode Island) au milieu des années 1980, constitue un instrument d’évaluation multidimensionnel novateur destiné à mesurer l’égalitarisme et la dynamique de distribution du pouvoir au sein des couples de femmes homosexuelles. Cet outil a été spécifiquement élaboré pour tester l’applicabilité empirique de la théorie classique des ressources conjugales — initialement formulée par Robert O. Blood et Donald M. Wolfe (1960) dans un cadre hétéronormatif — aux relations lesbiennes, en évaluant si les asymétries de statut socio-économique (différentiels d’âge, de niveau d’instruction, de catégorie socioprofessionnelle, de revenu personnel et d’actifs financiers) déterminent le contrôle décisionnel et l’ascendant relationnel.

L’instrument se distingue par une approche méthodologique rigoureusement dyadique : chaque partenaire remplit de manière indépendante et confidentielle un questionnaire structuré couvrant plusieurs domaines opérationnels et affectifs. Le protocole évalue : (1) les caractéristiques sociodémographiques et les actifs financiers individuels et conjoints ; (2) la répartition des charges économiques et la gestion des comptes bancaires ; (3) la division concrète des corvées domestiques à travers quatorze tâches distinctes ; (4) la réciprocité émotionnelle, l’engagement et l’autorévélation (self-disclosure) ; (5) l’influence dans la résolution des conflits et les décisions de relocalisation professionnelle ; (6) l’égalité dans la sphère sexuelle (initiation, fréquence, satisfaction) ; et (7) la prise de décision finale sur des aspects stratégiques et quotidiens, incluant l’évaluation du pouvoir réel versus le pouvoir idéal inspirée des travaux pionniers de Letitia Anne Peplau et ses collaborateurs.

Sur le plan psychométrique, le questionnaire repose sur une validité de contenu et une validité apparente solidement ancrées dans la littérature sociologique et féministe sur les rôles conjugaux. Bien que les autrices n’aient pas rapporté de coefficient alpha de Cronbach global — l’instrument fonctionnant davantage comme un inventaire structurel et comportemental composite que comme une échelle univariée classique de traits latents —, les recherches empiriques menées auprès d’échantillons diversifiés (étudiantes et cohortes adultes engagées dans des relations stables d’au moins un an) ont démontré une remarquable constance des construits. Les résultats ont systématiquement invalidé la théorie déterministe des ressources dans ce contexte, démontrant que les couples lesbiens maintiennent une norme prescriptive et comportementale d’égalitarisme profond, où les disparités matérielles ne se traduisent pas par une subordination conjugale.

2. Mots-clés / Keywords

Égalitarisme conjugal, dynamique du pouvoir, couples lesbiens, théorie des ressources, prise de décision, division du travail domestique, psychométrie relationnelle, justice distributive, autonomie financière, évaluation dyadique, Jean M. Lynch, Mary Ellen Reilly.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été codéveloppée par deux chercheuses américaines spécialisées dans l’étude des structures familiales non traditionnelles, de la sociologie du genre et des minorités sexuelles :

  • Jean M. Lynch, Ph.D. : Professeure et chercheuse au Département de sociologie et d’anthropologie de la Miami University (Oxford, Ohio, États-Unis). Ses recherches se sont concentrées sur les rôles sociaux, la sociologie de la santé, le vieillissement et l’organisation interne des partenariats de même sexe. Adresse institutionnelle historique : Department of Sociology and Anthropology, Miami University, Oxford, OH 45056 ; courriel de correspondance académique : [email protected].
  • Mary Ellen Reilly, Ph.D. : Professeure de sociologie et ancienne directrice du programme d’études sur les femmes (Women’s Studies Program) à l’University of Rhode Island (Kingston, Rhode Island, États-Unis). Ses travaux académiques majeurs portent sur les théories féministes, les dynamiques de pouvoir interpersonnel, l’équité relationnelle et les études de genre.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Power Sharing in Lesbian Partnerships Scale est de déconstruire, mesurer et analyser les mécanismes par lesquels le pouvoir est négocié, distribué ou concentré au sein des couples lesbiens. Historiquement, la recherche sur le pouvoir conjugal s’est presque exclusivement construite autour de l’institution du mariage hétérosexuel. Dans ces modèles traditionnels, le pouvoir était quasi invariablement conceptualisé comme une conséquence directe de la division genrée des rôles et des disparités d’accès aux ressources du marché du travail capitaliste. Les chercheuses Lynch et Reilly ont identifié une lacune majeure dans la littérature scientifique : le manque d’instruments empiriques permettant d’examiner le fonctionnement du pouvoir relationnel en l’absence de prescriptions de rôles basées sur le genre binaire (homme pourvoyeur / femme au foyer).

L’instrument a été conçu pour répondre à trois interrogations scientifiques centrales :

  • Vérification de la théorie des ressources sociales : L’outil cherche à déterminer si les partenaires qui possèdent un statut socio-économique supérieur (revenus plus élevés, niveau d’études plus avancé, prestige professionnel accru, patrimoine personnel plus vaste) exercent une influence prépondérante dans la prise de décision et l’organisation du couple, ou si l’idéologie égalitaire propre aux cultures lesbiennes neutralise l’impact de ces disparités matérielles.
  • Évaluation dyadique et typologie des couples : Contrairement à de nombreuses recherches antérieures qui n’interrogeaient qu’un seul membre de la dyade (introduisant un biais perceptif unilatéral majeur), l’échelle de Lynch et Reilly recueille les réponses des deux conjointes séparément. Cela permet de classifier empiriquement les couples en trois configurations relationnelles distinctes : (a) les couples strictement égalitaires (accord mutuel sur le partage équitable) ; (b) les couples asymétriques consensuels (les deux partenaires s’accordent sur le fait que l’une d’entre elles détient davantage de pouvoir) ; et (c) les couples discordants (perceptions contradictoires ou conflictuelles quant à l’identité de celle qui domine la relation).
  • Décomposition opérationnelle du pouvoir : Le questionnaire refuse d’aborder le pouvoir comme une entité monolithique. Il analyse séparément le pouvoir manifeste (qui tranche lors des choix financiers ou logistiques), le pouvoir implicite (qui s’adapte lors des disputes ou des réorientations de carrière), le pouvoir domestique (l’allocation des corvées ménagères et de la charge parentale) et le pouvoir intime (la négociation de la sexualité et de l’intimité émotionnelle).

Sur le plan des applications cliniques et de recherche, la PSLPS offre aux thérapeutes de couple et aux conseillers conjugaux spécialisés auprès des populations LGBTQ+ une grille diagnostique fine pour identifier les zones de friction, les déséquilibres cachés, les ressentiments liés à une contribution financière perçue comme inéquitable ou les décalages d’investissement affectif, favorisant ainsi une médiation basée sur des indicateurs comportementaux objectifs.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique et sociologique sous-jacent à la PSLPS est l’égalitarisme relationnel, défini comme une distribution symétrique de l’autorité, de l’autonomie, des responsabilités et de l’influence réciproque au sein du couple. Plutôt que de postuler que le pouvoir réside uniquement dans l’affirmation d’une domination explicite, le modèle de Lynch et Reilly appréhende le pouvoir comme un phénomène multidimensionnel s’exprimant à travers plusieurs sphères interconnectées :

1. Ressources statutaires et autonomie financière

Cette dimension mesure les capitaux matériels et symboliques individuels que chaque partenaire apporte dans la relation : âge chronologique, salaire brut, niveau d’éducation formelle, prestige de la profession et estimation du patrimoine net personnel (comptes d’épargne, investissements, titres de propriété, automobiles). Elle évalue également le degré d’interdépendance financière institutionnalisée, notamment l’existence de comptes bancaires conjoints versus séparés, la désignation testamentaire de la partenaire comme légataire universelle ou partielle, les clauses bénéficiaires des polices d’assurance-vie, et la titularité des baux locatifs ou des actes d’hypothèque.

2. Justice distributive des dépenses du ménage

Cette composante examine les règles de justice économique appliquées à neuf postes de dépenses fondamentaux (loyer, hypothèque, impôts fonciers, assurances, chauffage, électricité, téléphone, alimentation, réparations). L’instrument distingue quatre philosophies de gestion : la prise en charge exclusive par l’une des conjointes, la séparation stricte 50/50 (égalité formelle), la contribution proportionnelle aux capacités contributives respectives (équité au sens de la théorie de la justice sociale), ou l’inclusion forfaitaire.

3. Division opérationnelle du travail domestique

À travers quatorze activités courantes du foyer (cuisine, lessive, vaisselle, réparations, ménage approfondi, garde des enfants, paiement des factures, entretien extérieur, jardinage, entretien automobile, décoration intérieure), cette dimension opérationnalise le pouvoir sous l’angle de la charge logistique et temporelle. Dans les couples hétérosexuels, les corvées ingrates et chronophages sont historiquement dévolues aux femmes ; chez les couples de femmes, l’échelle examine si cette division reproduit une spécialisation de rôles ou si elle s’organise selon une alternance équilibrée et non genrée.

4. Dynamique émotionnelle et interpersonnelle (Pouvoir affectif)

Cette dimension puise dans la psychologie sociale des relations intimes pour mesurer l’asymétrie émotionnelle à travers :

  • L’implication et l’engagement : Le sentiment de savoir laquelle des deux partenaires est la plus dévouée ou attachée à la pérennité du couple.
  • L’autorévélation (Self-disclosure) : Le degré de vulnérabilité et de partage des pensées intimes accordé à l’autre.
  • La soumission lors des désaccords : La tendance récurrente de l’une des partenaires à céder en premier lors des conflits idéologiques, politiques ou personnels.
  • Le sacrifice de carrière : La propension différentielle à déménager pour suivre l’opportunité professionnelle de l’autre conjointe.

5. Autonomie et prise de décision finale

Inspirée par les travaux de Peplau et al. (1978), cette facette mesure le pouvoir décisionnel explicite à travers neuf domaines de choix de vie (achat de véhicule, assurance, budget alimentaire, loisirs, vacances, choix du cercle d’amis, sélection du logement). Elle confronte en outre le pouvoir réel perçu (« Qui a le plus d’influence sur ce que vous faites ensemble ? ») et le pouvoir idéal (« Qui devrait avoir le plus d’influence ? »).

6. Négociation de la sphère sexuelle

Le pouvoir intime est enfin appréhendé via l’initiative des rapports intimes, la régulation de leur fréquence et le niveau de satisfaction érotique subjective, mesurant si l’une des partenaires exerce un contrôle prépondérant sur la vie intime de la dyade.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La conception de la Power Sharing in Lesbian Partnerships Scale s’enracine au confluent de trois courants théoriques majeurs des sciences sociales :

1. La théorie des ressources conjugales de Blood et Wolfe (1960)

Dans leur ouvrage séminal Husbands and Wives, Blood et Wolfe ont avancé la thèse selon laquelle l’équilibre du pouvoir décisionnel au sein du mariage découle directement des ressources comparatives que chaque époux apporte au système conjugal. Selon cette approche d’échange social, la partenaire qui possède le statut d’emploi le plus valorisé, le revenu le plus élevé et le niveau d’éducation le plus prestigieux dispose d’un pouvoir de négociation accru, ce qui lui confère une autorité décisionnelle prépondérante. Lynch et Reilly ont conçu leur instrument pour soumettre cette théorie à une épreuve critique : le modèle des ressources fonctionne-t-il dans les relations exemptes des normes patriarcales de la masculinité pourvoyeuse ?

2. Le principe du moindre intérêt de Willard Waller (1938)

Ce principe stipule que la personne la moins dépendante affectivement et la moins engagée dans la continuité de la relation détient le pouvoir émotionnel effectif, dans la mesure où la menace de rupture constitue un levier d’influence majeur. Lynch et Reilly intègrent cette mécanique en mesurant comparativement le degré d’engagement, d’implication et d’autorévélation au sein de la dyade.

3. Les modèles féministes et les recherches de Peplau sur l’égalitarisme lesbien

Les travaux fondateurs de L. Anne Peplau, Susan Cochran, Karen Rook et Christine Padesky (1978, 1982) ont démontré que les couples lesbiens rejettent très majoritairement le modèle traditionnel complémentaire (dominant/soumis ou actif/passif) au profit d’un idéal normatif d’indépendance mutuelle et de symétrie décisionnelle. Les théoriciennes féministes postulent que les femmes socialisées dans une culture féminine privilégient la coopération, la négociation consensuelle et le partage du pouvoir plutôt que la domination hiérarchique. L’échelle de Lynch et Reilly a été expressément architecturée pour opérationnaliser ces postulats théoriques en confrontant l’idéal égalitaire proclamé aux pratiques domestiques et financières quotidiennes réelles.

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique de la PSLPS repose sur plusieurs dimensions de la validité de mesure dans le champ de la sociologie empirique et de la psychologie des relations interpersonnelles :

Validité de contenu et validité apparente

L’instrument démontre une excellente validité de contenu (content validity) et d’apparence (face validity). Les items couvrent de manière exhaustive l’ensemble des domaines reconnus par la littérature scientifique comme représentatifs du pouvoir interpersonnel : la base matérielle (actifs, revenus), l’infrastructure domestique (division des tâches ménagères), le contrôle décisionnel stratégique, l’autonomie financière institutionnelle et les interactions affectives et sexuelles. Les choix d’items reflètent fidèlement les situations de négociation quotidiennes auxquelles sont confrontés les couples cohabitants.

Validité de construit et cohérence empirique

La validité de construit a été documentée par les études menées par Lynch et Reilly (1985-1986) et Reilly et Lynch (1990) sur des cohortes diversifiées comprenant à la fois des étudiantes universitaires et des femmes adultes insérées professionnellement, engagées dans des relations d’une durée minimale d’un an. Les résultats obtenus soutiennent les hypothèses théoriques féministes :

  • Découplage entre ressources et pouvoir : Contrairement aux prédictions de la théorie de Blood et Wolfe, les analyses statistiques n’ont révélé aucune corrélation significative entre les écarts de statut socio-économique (différentiels de revenu, d’éducation ou de prestige professionnel) et la domination décisionnelle au sein du couple. Les partenaires disposant de revenus nettement inférieurs ne manifestaient pas une propension plus élevée à la soumission lors des prises de décisions ou des conflits.
  • Convergence vers l’égalitarisme : Une très forte majorité des répondantes ont caractérisé leur fonctionnement conjugal comme strictement égalitaire sur les plans décisionnel et sexuel, confirmant la validité du construit de « norme d’égalitarisme lesbien » décrit par Peplau et al. (1978).
  • Validité discriminante des styles contributifs : L’outil discrimine efficacement les couples appliquant une stricte égalité arithmétique (partage 50/50 des factures) de ceux pratiquant une équité proportionnelle (chacune contribuant selon son niveau de salaire), démontrant la sensibilité de l’instrument aux différentes conceptions de la justice distributive intrafamiliale.

8. Fidélité / Reliability

Dans la publication originale de l’instrument, aucun coefficient de consistance interne unifié (tel que l’alpha de Cronbach) n’est rapporté pour l’ensemble du questionnaire. Cette absence s’explique par la nature méthodologique et structurelle de l’outil :

  • Nature d’inventaire multidimensionnel composite : La PSLPS n’a pas été conçue comme une échelle psychométrique unidimensionnelle mesurant un trait de personnalité latent unique, mais plutôt comme une batterie d’indicateurs sociodémographiques, comportementaux, catégoriels et ordinaux. Il est méthodologiquement inapproprié de calculer un alpha de Cronbach global agrégeant des données objectives (présence d’un testament, types de comptes bancaires) et des jugements évaluatifs subjectifs sur échelle de Likert (satisfaction sexuelle, influence dans les disputes).
  • Fidélité inter-juges et concordance dyadique : La fiabilité de la mesure repose avant tout sur le degré de concordance observé entre les réponses indépendantes fournies par les deux membres d’une même dyade. Les études empiriques de Reilly et Lynch (1990) ont mis en évidence un taux élevé de congruence inter-partenaires concernant la description objective des partages financiers et la division des tâches ménagères, attestant de la robustesse de l’instrument.
  • Stabilité et cohérence trans-échantillons : Les patterns de réponses ont fait preuve d’une remarquable constance à travers des échantillons variés, issus d’environnements géographiques et générationnels distincts (populations étudiantes versus adultes établies), ce qui appuie la stabilité externe et la réplicabilité des profils de partage du pouvoir mis en évidence par l’outil.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’instrument n’a pas fait l’objet d’une analyse factorielle confirmatoire (AFC) formelle selon les critères modernes de modélisation par équations structurelles lors de sa parution originale, les autrices ayant adopté une approche sociologique par blocs conceptuels d’indicateurs. Néanmoins, l’organisation structurelle du questionnaire correspond à une factorisation théorique a priori divisée en plusieurs sous-dimensions distinctes :

  • Facteur 1 : Ressources structurelles et institutionnelles : Regroupe les variables démographiques d’actifs personnels, d’épargne, de propriété immobilière et de désignation légale (assurance, testament).
  • Facteur 2 : Partage économique opérationnel : Saturé par les neuf items d’acquittement des charges courantes du logement et des services.
  • Facteur 3 : Spécialisation des tâches domestiques : Structure univariée composée des quatorze items d’entretien, de réparation et de soins aux enfants.
  • Facteur 4 : Autorité décisionnelle générale : Mesurée par la batterie de neuf items d’arbitrage final (choix de vie, dépenses, loisirs) ainsi que par les variables globales de pouvoir réel versus idéal.
  • Facteur 5 : Équilibre relationnel et affectif : Regroupe les items ordinaux d’implication, d’engagement, d’autorévélation, de compromis dans les conflits et de mobilité professionnelle conjointe.
  • Facteur 6 : Contrôle et symétrie sexuelle : Facteur triadique constitué de l’initiation sexuelle, de la régulation de la fréquence et de la satisfaction relative.

Les analyses de corrélations croisées menées par Lynch et Reilly ont montré que ces dimensions fonctionnent de manière relativement indépendante : le fait pour une partenaire d’assumer majoritairement les réparations mécaniques ou le paiement des factures ne prédit pas une autorité prépondérante dans la prise de décision globale ou dans la sphère affective, confirmant la structure multifactorielle et non hiérarchique de l’instrument.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire papier auto-administré, structuré et conçu pour une passation séparée et strictement anonyme par les deux membres du couple.

  • Format d’administration : Chaque conjointe remplit son questionnaire de façon totalement isolée, sans consulter l’autre, et le scelle dans une enveloppe vierge individuelle fournie à cet effet. Les deux enveloppes sont ensuite insérées conjointement dans une enveloppe de retour affranchie adressée aux chercheuses.
  • Temps de passation : Environ 15 à 25 minutes.
  • Composition du test : L’outil comprend plus de 40 questions principales, combinant questions ouvertes (âge, montant exact des revenus), questions à choix multiples (niveau d’études, profession, statut résidentiel), inventaires de vérification (titres financiers, désignation de bénéficiaires) et grilles d’évaluation sur échelles de Likert en 5 et 6 points.
  • Échelles de réponse utilisées :
    • Échelle d’allocation financière (6 modalités) : « I pay » (Je paie), « My partner pays » (Ma partenaire paie), « We split bills based on our ability to pay » (Nous partageons selon notre capacité financière), « We split bills equally » (Nous partageons à parts égales 50/50), « Included in the rent » (Inclus dans le loyer), « Does not apply » (Ne s’applique pas).
    • Échelle de responsabilité domestique (6 modalités) : « Always I » (Toujours moi), « Usually I » (Habituellement moi), « Partner and I exactly equal » (Ma partenaire et moi strictement à égalité), « Usually partner » (Habituellement ma partenaire), « Always partner » (Toujours ma partenaire), « Does not apply or done by hired person » (Non applicable ou effectué par une tierce personne rémunérée).
    • Échelle d’influence relationnelle et décisionnelle (5 à 6 modalités) : Allant d’un pôle de prédominance exclusive de la partenaire (« Partner has much more say » / « Partner always ») à une stricte égalité (« Exactly the same » / « Exactly equal »), jusqu’à la prédominance de la répondante (« I have much more say » / « Always I »).
  • Cotation et classification typologique : La cotation ne génère pas un score total cumulatif linéaire, mais des scores de sous-échelles d’égalitarisme et un classement catégoriel de la dyade :
    • Couple égalitaire : Les deux partenaires s’évaluent mutuellement au point central d’égalité sur la majorité des domaines décisionnels et domestiques.
    • Couple asymétrique consensuel : Les deux partenaires s’accordent pour désigner la même conjointe comme détenant le leadership ou le pouvoir prépondérant.
    • Couple discordant : Désaccord perceptif entre les partenaires sur la localisation du pouvoir (par exemple, les deux partenaires affirment détenir le pouvoir, ou chacune attribue le pouvoir à l’autre).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : Le questionnaire a été élaboré et diffusé dans des revues scientifiques entre 1985 et 1990 (publications de référence : Lynch & Reilly, 1985-1986 ; Reilly & Lynch, 1990).
  • Statut des droits et autorisations : L’instrument relève du domaine de la recherche académique fondamentale. Il n’est assujetti à aucun brevet commercial ni frais de licence payante. Son texte a été publié intégralement dans les rapports de recherche des autrices. Les chercheurs et cliniciens sont libres d’utiliser ou d’adapter le questionnaire pour des travaux scientifiques non commerciaux, sous réserve de citer scrupuleusement les publications originales de Jean M. Lynch et Mary Ellen Reilly.
  • Tarif d’utilisation : Gratuit (accès libre à des fins de recherche universitaire et d’évaluation clinique).

12. Références / References

Les références suivantes documentent le développement de l’échelle, ses fondements théoriques et les recherches empiriques associées :

  • Blood, R. O., & Wolfe, D. M. (1960). Husbands and wives: The dynamics of married living. Free Press.
  • Caldwell, M. A., & Peplau, L. A. (1984). The balance of power in lesbian relationships. Sex Roles, 10(7–8), 587–599. https://doi.org/10.1007/BF00287267
  • Kurdek, L. A. (1993). The allocation of household labor in gay, lesbian, and heterosexual married couples. Journal of Social Issues, 49(3), 127–139. https://doi.org/10.1111/j.1540-4560.1993.tb01172.x
  • Lynch, J. M., & Reilly, M. E. (1985–1986). Role relationships: Lesbian perspectives. Journal of Homosexuality, 12(2), 53–69. https://doi.org/10.1300/J082v12n02_05
  • Peplau, L. A., Cochran, S., Rook, K., & Padesky, C. (1978). Loving women: Attachment and autonomy in lesbian relationships. Journal of Social Issues, 34(3), 7–27. https://doi.org/10.1111/j.1540-4560.1978.tb02540.x
  • Peplau, L. A., Padesky, C., & Hamilton, M. (1982). Satisfaction in lesbian relationships. Journal of Homosexuality, 8(2), 23–35. https://doi.org/10.1300/J082v08n02_04
  • Reilly, M. E., & Lynch, J. M. (1990). Power-sharing in lesbian partnerships. Journal of Homosexuality, 19(3), 1–30. https://doi.org/10.1300/J082v19n03_01
  • Waller, W. (1938). The family: A dynamic interpretation. Cordon Company.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

What is your age as of your last birthday?       years.
2

What is your income (as reported on all W-2 forms)?             
3

Which of the following best describes your highest level of educational attainment? ( ) Completed grammar school
4

( ) Completed high school
5

( ) Some college or technical school ( ) Completed college
6

( ) Master’s degree
7

( ) Ph.D., M.D., Ed.D., J.D.L.
8

( ) Other, please describe                                                
9

What is your occupation?                                           
10

Which of the following would you use to describe your occupation? ( ) Homemaker
11

( ) Professional
12

( ) Manager or Administrator ( ) Sales worker
13

( ) Clerical
14

( ) Craftsworker ( ) Farm worker
15

( ) Machinist or Transportation Worker ( ) Laborer
16

( ) Service worker
17

( ) Private household worker ( ) Other
18

What is the current worth of your personal financial assets? (stocks, bonds, property, cars, savings and checking accounts). Please estimate:
19

( ) $0
20

( ) $1,001–$9,999
21

( ) $10,000–$19,999 ( ) $20,000–$34,999 ( ) $35,000–$49,999 ( ) $50,000–$74,999
22

( ) $75,000–$100,000 or more
23

Which of the following are currently held by you? Check all that apply. A ( ) Savings accounts in my name only
24

( ) Checking accounts in my name only
25

( ) Investments in my name only
26

( ) Joint savings accounts
27

( ) Joint checking accounts
28

( ) Investments in my name and someone else’s
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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle de partage du pouvoir dans les couples lesbiens. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-partage-pouvoir-couples-lesbiens-pslps
Looti, Mohammed. “Échelle de partage du pouvoir dans les couples lesbiens.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-partage-pouvoir-couples-lesbiens-pslps.
Looti, Mohammed. “Échelle de partage du pouvoir dans les couples lesbiens.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-partage-pouvoir-couples-lesbiens-pslps.