Échelle d’interférence dans la vie des adolescents pour les symptômes internalisés (ALIS-I)

L’Échelle d’interférence dans la vie des adolescents pour les symptômes internalisés (ALIS-I) est un questionnaire psychométrique d’auto-évaluation en 22 items évaluant le retentissement fonctionnel de l’anxiété et de la dépression chez les adolescents âgés de 11 à 18 ans.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’interférence dans la vie des adolescents pour les symptômes internalisés (Adolescent Life Interference Scale for Internalizing Symptoms, ou ALIS-I ; Schniering et al., 2023) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation composé de 22 items, spécialement élaboré pour quantifier l’altération fonctionnelle et le retentissement délétère induits par les troubles anxieux et la dépression chez les adolescents âgés de 11 à 18 ans. Contrairement aux outils traditionnels axés uniquement sur l’intensité symptomatique, l’ALIS-I cible spécifiquement la détérioration des rôles psychosociaux et développementaux inhérents à cette période de transition. L’instrument a été développé et validé auprès de cohortes cliniques et communautaires en Australie et aux États-Unis. L’analyse factorielle exploratoire (AFE) a isolé une structure quadri-factorielle stable et cliniquement robuste : le retrait et l’évitement (Withdrawal/Avoidance), les manifestations somatiques (Somatic Problems), les difficultés scolaires et professionnelles (Problems with Study/Work), et les perturbations relationnelles avec les pairs (Peer Problems).

Chaque item est évalué sur une échelle de fréquence en 5 points allant de 0 (« pas du tout ») à 4 (« tout le temps »), se référant au mois écoulé. Les analyses psychométriques révèlent des qualités métrologiques remarquables. La consistance interne de l’échelle totale s’avère particulièrement élevée, attestée par un coefficient oméga de McDonald (ω) de 0,94. La fidélité test-retest, mesurée par des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) sur un intervalle de 8 à 12 semaines, s’est montrée modérée pour l’échelle globale et trois des quatre dimensions. La validité convergente est démontrée par de fortes corrélations positives avec des instruments de référence tels que la Center for Epidemiologic Studies Depression Scale (CES-D ; r = 0,81), la Spence Children’s Anxiety Scale (SCAS ; r = 0,68) et la sous-échelle d’affect négatif de la PANAS (r = 0,80). Par ailleurs, la validité discriminante est étayée par la capacité de l’outil à différencier de manière significative les adolescents issus de la population générale des adolescents consultant en clinique avec des tailles d’effet moyennes à larges. L’ALIS-I s’impose ainsi comme une mesure indispensable pour la recherche épidémiologique et le suivi thérapeutique en pédopsychiatrie.

2. Mots-clés / Keywords

Évaluation psychométrique, interférence fonctionnelle, troubles internalisés, anxiété de l’adolescent, dépression juvénile, retrait social, altération scolaire, relations entre pairs, somatisation, psychométrie clinique.

3. Auteurs / Authors

  • Carolyn A. Schniering, Ph.D. — Macquarie University, Department of Psychology, Centre for Emotional Health, Sydney, New South Wales, Australie. Courriel : [email protected]
  • Miriam K. Forbes, Ph.D. — Macquarie University, Department of Psychology, Centre for Emotional Health, Sydney, New South Wales, Australie. Identifiant ORCID : 0000-0002-6954-3818
  • Ronald M. Rapee, Ph.D., FASSA — Macquarie University, Department of Psychology, Centre for Emotional Health, Sydney, New South Wales, Australie. Identifiant ORCID : 0000-0002-1724-1076. Courriel : [email protected]
  • Viviana M. Wuthrich, Ph.D. — Macquarie University, Department of Psychology, Centre for Emotional Health, Sydney, New South Wales, Australie. Identifiant ORCID : 0000-0001-7227-229X
  • Alexander H. Queen, Ph.D. — Tufts University, Department of Psychology, Medford, Massachusetts, États-Unis.
  • Jill Ehrenreich-May, Ph.D. — University of Miami, Department of Psychology, Coral Gables, Floride, États-Unis.

Adresse de correspondance : Dr Carolyn A. Schniering, Centre for Emotional Health, Department of Psychology, Macquarie University, Sydney, NSW 2109, Australie. Courriel : [email protected].

4. Objectif / Purpose

Le diagnostic et le traitement des troubles psychopathologiques chez l’adolescent reposent sur deux piliers indissociables : l’identification de symptômes émotionnels et cognitifs d’une part, et la mise en évidence d’une altération cliniquement significative du fonctionnement quotidien d’autre part. Conformément aux critères nosologiques du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5-TR ; APA, 2013) et de la Classification internationale des maladies (CIM-11 ; OMS, 2018), la seule présence de détresse affective ne suffit pas à caractériser un trouble psychopathologique : celle-ci doit s’accompagner d’une gêne ou d’une dégradation substantielle dans les sphères sociale, scolaire, occupationnelle ou relationnelle.

Cependant, les recherches épidémiologiques et cliniques soulignent régulièrement la divergence empirique entre la sévérité des symptômes déclarés et le degré réel d’interférence dans la vie quotidienne. Certains adolescents manifestent des niveaux élevés d’affects anxieux ou dépressifs tout en maintenant un rendement académique convenable au prix d’un épuisement silencieux, tandis que d’autres, présentant une charge symptomatique apparemment plus modérée, subissent une désaffiliation sociale massive ou un absentéisme scolaire sévère. Historiquement, l’évaluation du retentissement chez l’adolescent reposait soit sur des échelles globales et unidimensionnelles (comme la Children’s Global Assessment Scale ou CGAS), souvent complétées par les cliniciens ou les parents, soit sur des instruments calqués sur les rôles adultes qui omettaient les spécificités développementales de l’adolescence. L’ALIS-I a précisément été créée par Schniering et ses collaborateurs (2023) pour combler cette lacune en fournissant une mesure d’auto-évaluation multidimensionnelle, centrée sur le point de vue propre de l’adolescent.

En pratique clinique, l’ALIS-I poursuit plusieurs finalités majeures. Premièrement, elle permet de déterminer l’éligibilité aux soins en objectivant le critère d’altération fonctionnelle requis par les algorithmes diagnostiques. Deuxièmement, en décomposant l’interférence en domaines concrets — apprentissages, relations horizontales, autonomie comportementale et plaintes somatiques —, l’outil permet aux praticiens d’individualiser la planification des interventions cognitivo-comportementales (TCC). Par exemple, un adolescent obtenant un score particulièrement élevé sur le versant de l’évitement nécessitera des protocoles d’exposition graduée plus intensifs, tandis qu’un profil dominé par les perturbations scolaires orientera vers des stratégies de gestion de la procrastination, d’aménagement des devoirs et de restructuration cognitive face au perfectionnisme académique. Troisièmement, l’ALIS-I constitue un instrument de mesure sensible au changement pour évaluer l’efficacité thérapeutique : l’amélioration de la qualité de vie et la reprise des activités développementales normales constituent souvent l’objectif prioritaire des familles, au-delà de la simple rémission des scores symptomatiques.

Dans le domaine de la recherche, l’ALIS-I offre un cadre standardisé indispensable pour étudier la trajectoire longitudinale des troubles internalisés. Elle permet de disséquer les mécanismes par lesquels la détresse subjective se traduit en handicap fonctionnel, d’analyser les effets modérateurs du soutien parental ou de la résilience, et de comparer l’efficacité relative de protocoles psychothérapeutiques ou pharmacologiques transdiagnostiques sur le fonctionnement global des jeunes.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit ciblé par l’ALIS-I est l’interférence fonctionnelle liée aux symptômes internalisés (functional impairment / life interference). Ce concept renvoie aux répercussions négatives tangibles que la peur, l’inquiétude, la tristesse, l’anhédonie et la labilité émotionnelle exercent sur la capacité de l’adolescent à accomplir les tâches développementales attendues pour son âge. Plutôt que de mesurer l’expérience interne de la souffrance psychologique, l’échelle saisit les conséquences observables et subjectives de cette souffrance sur l’engagement dans la vie réelle.

À l’issue de son processus d’épuration psychométrique, l’ALIS-I opérationnalise ce construit général à travers quatre sous-échelles distinctes mais intercorrélées :

1. Retrait et évitement (Withdrawal/Avoidance)

Cette dimension évalue l’ampleur des conduites d’échappement, d’inhibition comportementale et de repli adoptées par l’adolescent pour neutraliser ou fuir l’inconfort affectif généré par les symptômes internalisés. Dans le modèle de l’anxiété et de la dépression, l’évitement constitue le principal facteur de maintien du trouble à long terme. Cette sous-échelle saisit comment l’adolescent refuse de s’engager dans des activités de loisirs, renonce à sortir de son domicile, annule des projets ou s’isole dans sa chambre en réaction à des états d’angoisse ou à une perte d’énergie. Par exemple, l’adolescent peut éviter les fêtes, refuser de participer à des activités parascolaires ou se tenir à l’écart des événements familiaux.

2. Problèmes somatiques (Somatic Problems)

La somatisation représente l’une des expressions les plus fréquentes de la détresse internalisée chez l’enfant et l’adolescent. Cette sous-échelle mesure dans quelle mesure les manifestations corporelles de l’anxiété (telles que céphalées, nausées, douleurs abdominales fonctionnelles, tensions musculaires, palpitations ou vertiges) et les altérations du sommeil perturbent les activités quotidiennes. Le construit ne se limite pas à la présence physiologique du symptôme, mais évalue précisément son pouvoir invalidant : journées passées au lit, incapacité à se lever le matin pour aller au lycée, ou arrêts forcés au milieu d’une tâche à cause d’un inconfort physique intense directement lié au stress affectif.

3. Problèmes scolaires et professionnels (Problems with Study/Work)

Le milieu scolaire constitue le lieu de socialisation primaire et le rôle occupationnel fondamental des adolescents. Cette dimension évalue la détérioration des compétences cognitives et exécutives mobilisées dans le cadre des apprentissages (attention, mémoire de travail, planification) en raison de la rumination dépressive ou des inquiétudes intrusives. Elle reflète l’impossibilité de se concentrer en classe, le retard chronique dans la restitution des devoirs, la dégradation inexpliquée des résultats académiques, la peur paralysante lors des examens, ou les difficultés à assumer un emploi à temps partiel ou un stage en raison d’un sentiment d’incompétence et d’un manque d’initiative.

4. Problèmes avec les pairs (Peer Problems)

Au cours de l’adolescence, l’affiliation au groupe de pairs et la construction d’amitiés intimes constituent des jalons critiques pour l’autonomisation et l’estime de soi. Cette sous-échelle mesure l’impact des symptômes internalisés sur la dynamique relationnelle horizontale : sentiments d’inadéquation sociale, craintes d’être rejeté ou jugé négativement, incapacité à maintenir une communication fluide avec ses amis, conflits interpersonnels induits par l’irritabilité dépressive, ou abandon progressif du réseau amical. L’adolescent perçoit que son état émotionnel altère la qualité de ses liens et le prive d’expériences partagées fondamentales.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’ALIS-I s’ancre à la croisée de trois cadres conceptuels majeurs de la psychologie contemporaine : la psychopathologie développementale (Cicchetti & Toth, 1998), le modèle cognitivo-comportementale des troubles émotionnels (Beck, 1976 ; Clark & Beck, 2010) et le modèle tripartite des affects (Clark & Watson, 1991).

Le modèle de la psychopathologie développementale

Ce paradigme postule que les troubles psychiques doivent être appréhendés non comme des entités statiques, mais comme des déviations dans la négociation des tâches développementales universelles. Chez l’adolescent, ces tâches englobent : (a) l’affirmation de l’autonomie vis-à-vis des figures parentales, (b) l’intégration et le maintien de relations réciproques avec les pairs, et (c) l’acquisition de compétences scolaires ouvrant la voie à la vie professionnelle d’adulte. En mesurant l’interférence fonctionnelle au sein de ces écologies naturelles spécifiques, l’ALIS-I s’aligne directement sur les principes énoncés par Sroufe et Rutter, selon lesquels la sévérité d’une pathologie se jauge à son pouvoir de dérailler l’adaptation contextuelle du jeune individu.

Le cadre cognitivo-comportemental et le rôle de l’évitement

Dans la perspective de la thérapie comportementale et cognitive (TCC), conceptualisée pour les troubles anxieux juvéniles par des théoriciens de premier plan tels que Ronald M. Rapee et Philip C. Kendall, l’évitement comportemental et cognitif constitue le mécanisme central qui perpétue le cycle dysfonctionnel. Lorsqu’un jeune ressent de l’anxiété ou un affect dépressif, la soustraction à la situation aversive apporte un soulagement immédiat par renforcement négatif, mais empêche toute opportunité d’habituation et de désinvalidation des schémas de menace ou d’incompétence. L’ALIS-I capture explicitement ce processus à travers ses sous-échelles de retrait et de somatisation, permettant de modéliser comment la réponse adaptative court-terme produit une invalidation structurelle à moyen et long terme.

Le modèle tripartite et l’approche transdiagnostique

Historiquement, l’anxiété et la dépression ont été appréhendées comme des syndromes distincts. Néanmoins, les travaux fondateurs de Clark et Watson (1991) sur la structure des affects ont démontré qu’anxiété et dépression partagent une composante sous-jacente prépondérante : l’affect négatif élevé (détresse générale, susceptibilité émotionnelle, tension neurovégétative). Tandis que l’anxiété se caractérise spécifiquement par une hyperactivation physiologique et la dépression par un faible affect positif (anhédonie), les répercussions de ces deux états sur le fonctionnement de l’adolescent s’avèrent très largement superposables. L’ALIS-I adopte délibérément cette perspective transdiagnostique : elle évalue l’interférence globale issue du spectre des « troubles internalisés », évitant ainsi le morcellement artificiel des répercussions fonctionnelles entre des catégories diagnostiques fréquemment comorbides chez les jeunes.

7. Validité / Validity

La validation empirique de l’ALIS-I, rapportée par Schniering et al. (2023), s’appuie sur une démarche méthodologique rigoureuse menée auprès d’échantillons cliniques (adolescents consultant pour des troubles anxieux ou dépressifs au sein de centres spécialisés) et non cliniques (adolescents recrutés en milieu scolaire et communautaire) aux États-Unis et en Australie, représentant un total de plusieurs centaines de participants âgés de 11 à 18 ans.

Validité convergente

La validité convergente de l’ALIS-I a été éprouvée en corrélant ses scores avec des instruments largement reconnus et validés évaluant la dépression, l’anxiété et la réactivité émotionnelle négative :

  • Center for Epidemiological Studies Depression Scale (CES-D ; Radloff, 1977) : Une corrélation positive très élevée a été constatée entre le score total de l’ALIS-I et l’intensité dépressive mesurée par la CES-D (r = 0,81, p < 0,0005). Ce résultat corrobore l’hypothèse selon laquelle l’interférence fonctionnelle est indissociable de la symptomatologie dépressive majeure, caractérisée par la prostration, le ralentissement psychomoteur et la perte d’intérêt.
  • Negative Affect Subscale de la PANAS (Positive and Negative Affect Schedule ; Watson, Clark, & Tellegen, 1988) : L’ALIS-I présente une association forte avec la dimension d’affect négatif (r = 0,80, p < 0,0005), confirmant que l’outil est sensible au noyau de détresse affective générale qui sous-tend les troubles internalisés.
  • Spence Children’s Anxiety Scale (SCAS ; Spence, 1998 ; Nauta et al., 2004) : Une corrélation positive robuste a été mise en évidence entre l’ALIS-I et le niveau global d’anxiété pédiatrique (r = 0,68, p < 0,0005). Cette intensité de corrélation, tout en étant substantielle, atteste que l’interférence fonctionnelle ne se confond pas totalement avec la fréquence des symptômes anxieux, attestant d’une variance partagée importante sans redondance conceptuelle stricte.

Validité discriminante et différentielle

La validité discriminante a été examinée à deux niveaux :

  • Différenciation groupes cliniques vs non-cliniques : L’ALIS-I a démontré une excellente capacité de discrimination. Les adolescents diagnostiqués avec un trouble anxieux ou dépressif caractérisé ont obtenu des scores moyens significativement plus élevés que les adolescents issus de la population générale, tant sur le score total que sur chacune des quatre sous-échelles. Les amplitudes d’effet (d de Cohen) observées se situaient systématiquement dans la plage modérée à large, démontrant la sensibilité clinique de l’échelle à capturer le handicap lié à la pathologie avérée.
  • Spécificité du construit : Bien que corrélée aux symptômes affectifs, l’analyse des régressions a démontré que l’ALIS-I expliquait une part de variance incrémentale dans la qualité de vie et le statut adaptatif global des jeunes, prouvant que mesurer l’interférence apporte une information métrologique distincte de la simple mesure des symptômes psychiques.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de l’ALIS-I ont été explorées sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle par test-retest.

Consistance interne

Pour dépasser les limites inhérentes à l’alpha de Cronbach (notamment l’hypothèse restrictive de tau-équivalence souvent violée dans les échelles multidimensionnelles), les auteurs ont rapporté le coefficient oméga de McDonald (ω) :

  • Pour l’échelle totale (22 items), le coefficient oméga atteint la valeur exceptionnelle de ω = 0,94, traduisant une excellente homogénéité du construit global et une erreur de mesure minime lors de l’estimation de l’interférence globale.
  • Pour les sous-échelles individuelles, les indices de consistance interne s’échelonnent de modérés à élevés, chaque dimension présentant une cohésion interne suffisante pour permettre une interprétation clinique des profils factoriels individuels.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un sous-échantillon n’ayant pas reçu d’intervention thérapeutique majeure sur une fenêtre temporelle comprise entre 8 et 12 semaines, en utilisant les coefficients de corrélation intraclasse (CCI / ICC) :

  • Le coefficient de corrélation intraclasse pour le score total ainsi que pour trois des sous-échelles (Withdrawal/Avoidance, Somatic Problems, Problems with Study/Work) s’est avéré modéré. Ce niveau de fidélité est tout à fait cohérent avec la nature temporelle de l’interférence fonctionnelle au cours de l’adolescence, période de vie marquée par des fluctuations contextuelles fréquentes (cycles d’examens, changements de trimestre, dynamique relationnelle changeante).
  • La sous-échelle relative aux difficultés avec les pairs (Peer Problems) a manifesté une stabilité temporelle plus faible. Les analyses des auteurs attribuent cette atténuation du CCI à une variabilité restreinte (effet de plancher ou distribution asymétrique) au sein du groupe non clinique pour ces items particuliers, ainsi qu’à la dynamique intrinsèquement volatile des amitiés à cet âge.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’élaboration de la structure factorielle de l’ALIS-I a suivi une séquence rigoureuse d’épuration psychométrique à partir d’un ensemble initial de 30 items générés par revue de littérature et consultations d’experts en santé mentale pédiatrique.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Des analyses factorielles exploratoires ont été conduites en comparant des solutions à 4 et 5 facteurs au sein d’échantillons combinés cliniques et communautaires :

  • Comparaison des modèles : Bien que la solution à 5 facteurs ait été mathématiquement envisageable, la structure à 4 facteurs s’est révélée nettement plus stable, exempte de facteurs résiduels mineurs, et offrant l’interprétabilité clinique la plus parcimonieuse et cohérente au regard des modèles développementaux.
  • Critères de rétention des items : Un critère strict de charge factorielle a été appliqué : un item n’était conservé que s’il présentait une saturation factorielle (factor loading) supérieure ou égale à 0,40 sur au moins l’un des quatre facteurs identifiés, sans saturation croisée majeure perturbant l’unicité de la dimension.
  • Réduction d’items : Ce processus a permis de supprimer 8 items jugés psychométriquement redondants, instables ou faiblement saturés, réduisant le questionnaire de sa version pilote de 30 items à sa version définitive de 22 items.
  • Confirmation de la structure à 22 items : Une AFE subséquente exécutée exclusivement sur les 22 items sélectionnés a confirmé l’adéquation optimale du modèle quadri-factoriel. Les facteurs expliquent une part substantielle de la variance totale :
  1. Facteur 1 : Retrait / Évitement — regroupe les comportements de fuite des situations sociales, d’abandon des loisirs et d’isolement au domicile.
  2. Facteur 2 : Problèmes somatiques — concentre les plaintes physiologiques invalidantes (maux de tête, d’estomac, fatigue, répercussions physiques).
  3. Facteur 3 : Difficultés scolaires / professionnelles — rassemble les atteintes aux apprentissages, les retards de devoirs et la baisse des performances d’études.
  4. Facteur 4 : Difficultés avec les pairs — isole les obstacles spécifiques à la formation et au maintien de relations amicales stables.

La structure quadri-factorielle s’est révélée robuste à travers les sous-échantillons des deux pays (Australie et États-Unis), confirmant l’invariance culturelle de base de la structure factorielle dans les pays anglophones industrialisés.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Adolescent Life Interference Scale for Internalizing Symptoms (ALIS-I).
  • Traduction française indicative : Échelle d’interférence dans la vie des adolescents pour les symptômes internalisés.
  • Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation standardisé (self-report measure).
  • Nombre d’items : 22 items.
  • Cadre temporel de référence : Les participants évaluent la fréquence d’apparition de chaque situation d’interférence au cours du mois écoulé (« over the past month »).
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale de fréquence de type Likert en 5 points :
    • 0 = Pas du tout (not at all)
    • 1 = Parfois (sometimes)
    • 2 = Assez souvent (fairly often)
    • 3 = Souvent (often)
    • 4 = Tout le temps (all the time)
  • Cotation et calcul des scores :
    • Score total : Obtenu par la somme des 22 items (étendue théorique de 0 à 88). Un score plus élevé reflète une interférence globale et une détérioration fonctionnelle plus sévères.
    • Scores des sous-échelles : Calculés par la sommation simple des items assignés à chacune des 4 dimensions (Retrait/Évitement, Somatisation, Difficultés scolaires/travail, Difficultés avec les pairs).
  • Population cible : Adolescents âgés de 11 à 18 ans (couvrant la fin de scolarité primaire/collège, l’enseignement secondaire et la transition vers les études supérieures ou l’emploi).
  • Durée de passation : Environ 5 à 10 minutes.
  • Langue originale : Anglais.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 2023.
  • Statut commercial : Non commercial (instrument libre de droits pour la pratique clinique et la recherche académique non lucrative).
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit (aucun coût d’acquisition ou de redevance par passation).
  • Permissions et accès : Les droits d’auteur appartiennent aux auteurs et à l’éditeur académique (Springer Nature). Pour obtenir la copie intégrale du questionnaire officiel, les formulaires de passation ou les autorisations de traduction/adaptation transcuturelle, il est requis de contacter l’auteur correspondant : Dr Carolyn A. Schniering ([email protected]) ou le Pr Ronald M. Rapee ([email protected]).

12. Références / References

  • American Psychiatric Association. (2013). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (5th ed.). American Psychiatric Publishing. https://doi.org/10.1176/appi.books.9780890425596
  • Beck, A. T. (1976). Cognitive therapy and the emotional disorders. International Universities Press.
  • Cicchetti, D., & Toth, S. L. (1998). The development of depression in children and adolescents. American Psychologist, 53(2), 221–241. https://doi.org/10.1037/0003-066X.53.2.221
  • Clark, D. A., & Beck, A. T. (2010). Cognitive therapy of anxiety disorders: Science and practice. Guilford Press.
  • Clark, L. A., & Watson, D. (1991). Tripartite model of anxiety and depression: Psychometric evidence and taxonomic implications. Journal of Abnormal Psychology, 100(3), 316–336. https://doi.org/10.1037/0021-843X.100.3.316
  • Nauta, M. H., Scholing, A., Rapee, R. M., Abbott, M., Spence, S. H., & Waters, A. (2004). A parent-report measure of children’s anxiety: Psychometric properties and comparison with children’s self-ratings of the Spence Children’s Anxiety Scale. Behaviour Research and Therapy, 42(7), 813–839. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(03)00200-6
  • Radloff, L. S. (1977). The CES-D scale: A self-report depression scale for research in the general population. Applied Psychological Measurement, 1(3), 385–401. https://doi.org/10.1177/014662167700100306
  • Schniering, C. A., Forbes, M. K., Rapee, R. M., Wuthrich, V. M., Queen, A. H., & Ehrenreich-May, J. (2023). Assessing functional impairment in youth: Development of the Adolescent Life Interference Scale for Internalizing Symptoms (ALIS‑I). Child Psychiatry and Human Development, 54(2), 508–519. https://doi.org/10.1007/s10578-021-01241-3
  • Spence, S. H. (1998). A measure of anxiety symptoms among children. Behaviour Research and Therapy, 36(5), 545–566. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(98)00034-5
  • Watson, D., Clark, L. A., & Tellegen, A. (1988). Development and validation of brief measures of positive and negative affect: The PANAS scales. Journal of Personality and Social Psychology, 54(6), 1063–1070. https://doi.org/10.1037/0022-3514.54.6.1063

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Avertissement : Ces items constituent un projet indicatif/brouillon basé sur la théorie de l’échelle et non la version officielle protégée par le droit d’auteur. Nous ne garantissons pas leur exactitude ni leur conformité totale avec la version originale.

Les 22 items composant le questionnaire officiel de l’ALIS-I sont protégés par le droit d’auteur (Schniering et al., 2023 ; Springer Science+Business Media) et ne sont pas reproduits intégralement dans le domaine public ouvert. Conformément aux règles déontologiques et aux directives de l’éditeur, l’inventaire complet des items doit être obtenu auprès des auteurs ou via la publication originale dans Child Psychiatry and Human Development.

Authentic Administration Instructions and Response Format

Instructions to respondents: Respondents rate the frequency of experiencing each life interference item over the past month using a 5-point frequency scale (0 = not at all, 1 = sometimes, 2 = fairly often, 3 = often, 4 = all the time). Higher scores indicate a greater degree of impairment. The measure consists of 22 items.

Response Scale Options:

  • 0 — Not at all
  • 1 — Sometimes
  • 2 — Fairly often
  • 3 — Often
  • 4 — All the time

Subscales and Dimensional Coverage

The 22 items of the ALIS-I are distributed across four factorially validated subscales reflecting core domains of adolescent functioning:

  1. Withdrawal/Avoidance Subscale: Items capturing behavioural avoidance, staying at home, avoiding social gatherings, and withdrawing from routine activities due to emotional distress.
  2. Somatic Problems Subscale: Items evaluating the functional impact of physical complaints (headaches, stomachaches, fatigue, general sickness) interfering with daily routines and school attendance.
  3. Problems With Study/Work Subscale: Items assessing impairment in academic concentration, completion of homework, meeting deadlines, school attendance, and work-related performance.
  4. Peer Problems Subscale: Items measuring difficulties in peer interactions, feeling disconnected or alienated from friendship groups, conflict with friends, or distress in peer communication.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 15). Échelle d’interférence dans la vie des adolescents pour les symptômes internalisés (ALIS-I). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-interference-vie-adolescents-alis-i
Looti, Mohammed. “Échelle d’interférence dans la vie des adolescents pour les symptômes internalisés (ALIS-I).” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-interference-vie-adolescents-alis-i.
Looti, Mohammed. “Échelle d’interférence dans la vie des adolescents pour les symptômes internalisés (ALIS-I).” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-interference-vie-adolescents-alis-i.