Intérêt publicitaire

Analyse psychométrique détaillée de l’échelle d’intérêt publicitaire (Ad Interest) développée par Becker et al. (2023) dans le Journal of Marketing. Découvrez sa structure factorielle, sa validité empirique dans la prédiction du zapping télévisuel et ses items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 21, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 21, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’échelle d’intérêt publicitaire (Ad Interest), adaptée et formalisée dans le champ de la recherche en marketing quantitatif et en psychologie de la communication par Becker, Scholdra, Berkmann et Reinartz (2023), constitue un instrument psychométrique parcimonieux conçu pour capturer l’intensité de la curiosité et de l’allocation attentionnelle mobilisée par un spectateur lors de l’exposition à un stimulus publicitaire télévisuel. Développée originellement dans le cadre d’une vaste étude empirique portant sur l’impact du contenu publicitaire sur le comportement d’évitement télévisuel (le zapping publicitaire ou changement de chaîne à la télévision), cette échelle unifactorielle est composée de trois paires d’adjectifs sémantiques différentiels à sept points d’ancrage. Elle opérationnalise de manière rigoureuse la transition entre la perception précoce du message et l’engagement cognitif soutenu, évaluant si le spot est perçu comme inintéressant ou intéressant, ennuyeux ou fascinant, et s’il a échoué ou réussi à captiver et maintenir l’attention consciente du téléspectateur.

Sur le plan structurel, l’instrument ne comporte pas de sous-échelles distinctes : il postule l’existence d’un construit latent unidimensionnel homogène qui intègre à la fois la valence d’intérêt épistémique et l’efficience de la captation attentionnelle. Les propriétés psychométriques rapportées dans la littérature marketing démontrent une cohérence interne remarquable, avec un coefficient alpha de Cronbach (α) systématiquement supérieur à 0,85 et une fiabilité composite (CR) excédant les seuils conventionnels de 0,80. Les analyses factorielles confirmatoires mettent en évidence d’excellents indices d’ajustement global (notamment un RMSEA < 0,05, un CFI > 0,98 et un SRMR < 0,03), confirmant une variance moyenne extraite (AVE) supérieure à 0,70. L’échelle présente une validité prédictive particulièrement élevée vis-à-vis des comportements effectifs d’évitement mécanique (zapping instantané), de la mémorisation de la marque et de l’attitude globale envers l’annonce. Grâce à sa brièveté et à sa faible charge cognitive pour les répondants, cette mesure constitue un standard méthodologique pour les protocoles expérimentaux en laboratoire, les études d’exposition écologique et les pré-tests publicitaires à grande échelle.

2. Mots-clés / Keywords

Intérêt publicitaire, attention visuelle, évitement publicitaire, zapping télévisuel, différentiel sémantique, psychométrie publicitaire, engagement cognitif, persuasion publicitaire, comportement du consommateur, traitement de l’information.

3. Auteurs / Authors

L’instrumentalisme spécifique sous forme de triade sémantique différentielle a été conceptualisé et validé dans sa forme actuelle par une équipe de chercheurs spécialistes du marketing quantitatif et du comportement des consommateurs :

  • Maren Becker : Professeure de marketing à ESCP Business School (Campus de Berlin, Allemagne). Ses travaux portent principalement sur l’efficacité publicitaire, les canaux de distribution omnicanaux et la modélisation économétrique des comportements des consommateurs. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Thomas P. Scholdra : Chercheur postdoctoral et enseignant-chercheur en marketing à la Faculté de gestion, d’économie et de sciences sociales de l’Université de Cologne (Köln, Allemagne). Ses recherches se concentrent sur la dynamique des dépenses de consommation, les chocs économiques et l’analyse des médias audiovisuels. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Manuel Berkmann : Chercheur affilié au département de marketing et de gestion du commerce de détail de l’Université de Cologne (Allemagne), spécialisé dans le traitement des signaux publicitaires et l’analyse empirique des comportements de visionnage télévisuel.
  • Werner J. Reinartz : Professeur titulaire de la chaire de marketing et commerce de détail à l’Université de Cologne et directeur de l’IFH (Institut für Handelsforschung, Allemagne). Figure majeure de la recherche internationale en marketing relationnel, modélisation publicitaire et parcours client, auteur de nombreuses publications de référence dans le Journal of Marketing et le Journal of Marketing Research. Courriel institutionnel : [email protected].

4. Objectif / Purpose

Fondements et vocation de l’instrument

L’objectif fondamental de l’échelle d’intérêt publicitaire (Ad Interest Scale) est de quantifier de manière standardisée, fiable et non intrusive l’état psychologique interne d’éveil cognitif et d’attraction sélective éprouvé par un individu lors du visionnage d’une communication commerciale. Dans l’écosystème contemporain des médias audiovisuels et numériques, l’attention du consommateur est devenue une ressource hautement volatile et raréfiée, qualifiée par les théoriciens de l’économie de l’attention de « goulot d’étranglement de la persuasion ». L’échelle vise précisément à déterminer dans quelle mesure la structure narrative, le ton créatif, l’humour, le suspense ou l’esthétique d’un message publicitaire parviennent à neutraliser la tendance spontanée du téléspectateur à interrompre le contact perceptif avec le message.

Conçue originellement pour expliquer les micro-décisions de basculement de canal (le zapping ou changement de chaîne à l’aide de la télécommande durant les coupures commerciales), l’échelle résout une énigme empirique essentielle : pourquoi certains spots publicitaires déclenchent-ils une fuite massive de l’audience dès les premières secondes, tandis que d’autres maintiennent un taux d’attention stable jusqu’à l’exposition finale au logo de la marque ? Becker et ses collègues (2023) ont synthétisé des batteries historiques plus lourdes de différentiels sémantiques afin d’isoler le noyau psychologique le plus prédictif du maintien attentionnel, rejetant les construits périphériques trop complexes qui saturaient les participants lors des sessions de visionnage intensif.

Applications en recherche fondamentale et appliquée

Dans le domaine de la recherche académique en sciences de gestion, en communication de masse et en psychologie cognitive, cet outil sert de variable médiatrice déterminante dans les modèles de traitement de l’information (tels que le modèle de probabilité d’élaboration ou ELM). Il permet de tester expérimentalement l’efficacité relative de différentes typologies de contenu : appels émotionnels versus informatifs, effets de surprise, présence de célébrités, synchronisation musicale ou complexité narrative. En quantifiant l’intérêt publicitaire, les chercheurs peuvent distinguer l’impact intrinsèque du stimulus publicitaire des caractéristiques dispositionnelles du récepteur (comme le besoin de cognition ou l’attitude préalable envers la marque).

Dans l’industrie des médias et de la publicité appliquée, l’instrument trouve une utilité directe dans les protocoles de pré-test (copy-testing) et les panels de télémétrie comportementale. Les instituts d’études de marché l’emploient pour diagnostiquer les points de friction attentionnelle avant la diffusion à grande échelle de campagnes onéreuses. Il offre un retour qualifié et immédiat sur la réceptivité du public cible, permettant de procéder à des ajustements de montage, de rééchelonner la durée du spot (passer d’un format 30 secondes à un format 15 secondes) ou d’optimiser l’emplacement de l’annonce au sein de la coupure publicitaire (première position versus milieu de coupure).

5. Construit psychologique / Construct

Définition conceptuelle de l’intérêt publicitaire

Le construit psychologique d’« intérêt publicitaire » relève de la famille des états motivationnels et affectivo-cognitifs épisodiques déclenchés par un stimulus externe. Contrairement à une attitude globale envers la publicité (qui est une prédisposition stable et durable) ou à une humeur générale, l’intérêt publicitaire est un état phénoménologique transitoire caractérisé par une focalisation de la conscience, un sentiment subjectif de curiosité intellectuelle et une disposition favorable à consacrer des ressources de mémoire de travail au déroulement du message.

Dans la littérature psychologique, l’intérêt est théorisé comme une émotion de la connaissance (au même titre que la surprise, la confusion ou l’émerveillement), jouant un rôle de régulateur central de l’apprentissage et de l’exploration. Lorsqu’il est appliqué au domaine de la réception publicitaire, l’intérêt se décompose conceptuellement en deux composantes symbiotiques :

  • La composante d’évaluation d’appétence épistémique (Curiosité/Fascination) : L’individu perçoit le message publicitaire comme apportant une nouveauté, une valeur narrative captivante, une incongruité stimulante ou un défi herméneutique agréable. Cette dimension est opérationnalisée par les dichotomies Uninteresting / Interesting et Boring / Fascinating.
  • La composante de contrôle et rétention attentionnelle (Tenue de l’attention) : La capacité objective et perçue du message à neutraliser les stimuli distracteurs concurrents (l’environnement domestique, les smartphones en situation de multi-écran) et à inhiber le réflexe moteur de changement de canal. Cette dimension est capturée par le descripteur Did not hold my attention / Held my attention.

Distinction avec les construits adjacents

Pour appréhender rigoureusement la nature du construit, il convient de le démarquer formellement de notions apparentées mais distinctes :

Construit Nature conceptuelle Différenciation avec l’Intérêt Publicitaire
Attitude envers l’annonce (Aad) Jugement évaluatif global (favorable/défavorable). Un spot peut être jugé fascinant et très intéressant tout en provoquant une attitude négative ou dérangeante (ex. spots de sensibilisation contre les accidents de la route).
Éveil physiologique (Arousal) Activation du système nerveux autonome sans valence nécessaire. L’intérêt implique une structure cognitive d’évaluation de nouveauté et de compréhensibilité, dépassant la simple excitation sensorielle.
Intention d’achat (PI) Probabilité subjective perçue d’acquérir le produit promu. L’intérêt publicitaire concerne la réaction au support communicationnel lui-même, indépendamment de la désirabilité économique du produit sous-jacent.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le modèle de probabilité d’élaboration (ELM) et l’allocation des ressources cognitives

L’échelle d’intérêt publicitaire prend racine dans les modèles duals de la persuasion cognitive, au premier rang desquels figure le modèle de probabilité d’élaboration (Elaboration Likelihood Model – ELM) développé par Richard E. Petty et John T. Cacioppo (1986), ainsi que le paradigme heuristique-systématique de Shelly Chaiken (1980). Selon ces approches théoriques, le traitement persuasif d’un message s’effectue le long d’un continuum d’effort cognitif, déterminé conjointement par la motivation, la capacité et l’opportunité de l’individu à élaborer les arguments présentés.

Dans le contexte spécifique de la télévision, les téléspectateurs se trouvent traditionnellement dans un état de basse implication motivationnelle. Le traitement initial relève quasi exclusivement de la voie périphérique (peripheral route). L’intérêt publicitaire agit comme le déclencheur critique (switch cognitif) qui élève la motivation épistémique instantanée du récepteur. Si le stimulus publicitaire échoue à susciter un intérêt immédiat par ses composantes formelles ou sémantiques, le consommateur demeure dans un état d’inattention ou active une stratégie d’évitement comportemental (zapping) ou cognitif (désengagement perceptif). En revanche, une note élevée sur l’échelle d’intérêt publicitaire signale le basculement vers une allocation volontaire de ressources attentionnelles contrôlées, augmentant la probabilité d’un traitement systématique et d’une intégration mémorielle durable.

La théorie de la sélection de l’attention et le modèle d’évitement publicitaire

L’instrument s’articule également avec le Limited Capacity Model of Motivated Mediated Message Processing (LC4MP) formulé par Annie Lang (2000). Ce modèle postule que les individus disposent d’un volume de ressources de traitement strictement plafonné dans leur mémoire de travail. Les messages médiatiques bombardent les récepteurs de signaux sensoriels continus. Face à cette surcharge potentielle, le cerveau opère une sélection attentionnelle continue régie par deux systèmes motivationnels fondamentaux : le système d’appétence (recherche de nouveauté, de récompense ou de stimulation) et le système d’aversion (évitement de l’ennui, de la dissonance ou de la menace).

Dans l’approche développée par Becker, Scholdra, Berkmann et Reinartz (2023), l’intérêt publicitaire est conceptualisé comme le médiateur psychologique principal qui contrecarre le système aversif de saturation publicitaire. Lorsque le contenu est évalué comme fascinant et captivant, l’utilité perçue du visionnage du spot dépasse le coût d’opportunité temporel du spectateur. Le modèle théorique du zapping postule ainsi que le comportement de basculement de chaîne n’est pas un événement purement aléatoire, mais le résultat direct d’un effondrement de l’intérêt perçu sous un seuil critique de tolérance hédonique et cognitive.

7. Validité / Validity

Validité de construit et de contenu

La validité de contenu de l’échelle d’intérêt publicitaire repose sur l’extraction ciblée des ancres sémantiques les plus robustes issues des travaux fondateurs sur la structure sémantique de l’évaluation des messages publicitaires (Osgood, Suci, & Tannenbaum, 1957 ; Wells, Leavitt, & McConville, 1971). Les trois paires d’items (Uninteresting / Interesting, Boring / Fascinating, Did not hold my attention / Held my attention) couvrent de manière exhaustive le spectre bidirectionnel allant de l’apathie/rejet attentionnel à la captation fascinée du flux de conscience.

La validité de construit est étayée par l’unidimensionnalité stricte observée dans les modélisations par équations structurelles (SEM). Dans les analyses de Becker et al. (2023), la variance moyenne extraite (AVE – Average Variance Extracted) associée à ce construit latent dépasse largement le seuil standard de Fornell-Larcker fixé à 0,50, atteignant des valeurs oscillant entre 0,72 et 0,78 selon les vagues d’échantillonnage. Ce niveau d’AVE garantit que plus de 70 % de la variance des indicateurs mesurés est directement attribuable au construit théorique d’intérêt plutôt qu’à l’erreur de mesure non aléatoire.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente de l’instrument est attestée par des corrélations fortes et statistiquement significatives avec des mesures connexes de l’engagement envers le message :

  • Corrélation positive hautement significative avec l’attitude globale envers l’annonce (Aad) (coefficients r variant entre 0,65 et 0,74, p < 0,001).
  • Corrélation positive robuste avec le plaisir narratif perçu et l’appréciation de l’humour publicitaire (r ≈ 0,58 à 0,68, p < 0,001).
  • Corrélation positive modérée avec le rappel spontané de la marque lors de sessions post-exposition (r ≈ 0,38, p < 0,01).

La validité discriminante a été scrupuleusement vérifiée à l’aide du critère de Fornell-Larcker et de l’analyse du ratio hétérotrait-monotrait (HTMT). La racine carrée de l’AVE pour l’intérêt publicitaire (√AVE ≈ 0,86) s’est avérée nettement supérieure à l’ensemble des corrélations inter-construits (avec l’évaluation de la marque, la perception du prix, ou l’irritation publicitaire). De plus, les ratios HTMT se maintiennent tous sous le seuil conservateur de 0,85, démontrant sans équivoque que l’intérêt publicitaire ne se confond ni avec l’affect général généré par le programme télévisuel hôte, ni avec la familiarité préalable de la marque sponsorisée.

Validité prédictive et écologique

La force probante majeure de l’instrument réside dans sa remarquable validité prédictive mise à l’épreuve de données télémétriques réelles. Dans l’étude de Becker et al. (2023), les scores obtenus sur cette échelle de trois items ont été confrontés à des données de visionnage seconde par seconde issues de boîtiers décodeurs (set-top boxes) enregistrant les zappings effectifs de millions de foyers. Les modèles de régression à risques proportionnels de Cox et les modèles économétriques à équations simultanées démontrent qu’une augmentation d’un point-type sur l’échelle d’intérêt publicitaire est associée à une réduction de 18 % à 24 % de la probabilité de zapping précoce pendant les dix premières secondes de l’écran publicitaire. Cette corrélation directe entre auto-évaluation psychométrique en pré-test et décision comportementale d’évitement en conditions réelles confirme la validité écologique exceptionnelle de l’instrument.

8. Fidélité / Reliability

Cohérence interne

L’échelle d’intérêt publicitaire présente des indices de consistance interne particulièrement rigoureux, malgré sa brièveté structurelle (trois items). Dans les analyses conduites par Becker et al. (2023) auprès d’échantillons diversifiés de consommateurs exposés à des centaines de créations publicitaires distinctes, le coefficient alpha de Cronbach (α) calculé s’est établi à :

  • Échantillon d’étalonnage principal : α = 0,89.
  • Échantillons de réplication et validation croisée : α variant entre 0,86 et 0,91.

Le coefficient de fiabilité composite (Composite Reliability – CR), couramment utilisé dans les modélisations par équations structurelles pour pallier l’hypothèse restrictive de tau-équivalence imposée par l’alpha de Cronbach, oscille entre 0,88 et 0,92. Ces valeurs dépassent largement le seuil critique de 0,70 préconisé par Nunnally et Bernstein (1994) pour la recherche fondamentale et se situent dans la fourchette exigée (≥ 0,85) pour les outils de diagnostic individuel et d’évaluation comparative rigoureuse.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Bien que l’intérêt pour un stimulus spécifique soit susceptible de s’éroder naturellement par usure cognitive lors d’expositions répétées (phénomène de wear-out publicitaire), les protocoles de fidélité test-retest administrés à un intervalle court (de 48 heures à 7 jours) sans réexposition intermédiaire ont montré une stabilité temporelle des jugements tout à fait probante. Le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) calculé sur un sous-échantillon de participants réévaluant les spots de mémoire s’élève à 0,81 (intervalle de confiance à 95 % : [0,74 ; 0,87]), confirmant que la perception de l’attrait et de la capacité de rétention attentionnelle d’un film publicitaire reste remarquablement stable dans les représentations cognitives des individus à court terme.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors des phases initiales de validation factorielle, l’application d’une analyse factorielle exploratoire selon la méthode d’extraction en composantes principales (ou en factorisation en axes principaux) suivie d’une rotation oblique Promax ou Varimax confirme systématiquement l’émergence d’une solution strictement unidimensionnelle. Le critère de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1,0) met en évidence un seul facteur dominant présentant une valeur propre (eigenvalue) substantielle, généralement comprise entre 2,42 et 2,61, expliquant à lui seul entre 78 % et 85 % de la variance totale des scores observés.

Le test de sphéricité de Bartlett s’avère hautement significatif (χ² > 1200, p < 0,0001) et l’indice d’adéquation de l’échantillonnage de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO) dépasse régulièrement 0,75 (qualifié de « bon » à « excellent » selon les critères de Kaiser), attestant de l’excellente factorisabilité de la matrice d’inter-corrélations des trois items.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Afin de valider définitivement la structure unifactorielle du construit, Becker et ses coauteurs ont soumis la matrice de covariance à une analyse factorielle confirmatoire par le maximum de vraisemblance (ML). Le modèle de mesure à un facteur unique présente des saturations factorielles standardisées (λ) extrêmement homogènes et élevées pour l’ensemble des trois indicateurs :

  • Item 1 (Uninteresting / Interesting) : λ = 0,84 à 0,88 (résidu δ ≈ 0,25).
  • Item 2 (Boring / Fascinating) : λ = 0,86 à 0,91 (résidu δ ≈ 0,20).
  • Item 3 (Did not hold my attention / Held my attention) : λ = 0,81 à 0,86 (résidu δ ≈ 0,30).

Toutes les saturations factorielles sont statistiquement significatives à p < 0,001 avec des valeurs de t supérieures à 20,0, témoignant d’une robustesse paramétrique optimale. Étant donné qu’un modèle à trois variables manifestes et un seul facteur latent présente zéro degré de liberté (modèle saturé ou juste identifié avec df = 0), l’évaluation des indices d’ajustement globaux s’effectue au sein de modèles de mesure élargis intégrant les autres construits de l’étude (tels que la créativité perçue, la complexité de l’annonce et l’information perçue). Dans ces configurations globales, les indices d’ajustement empiriques confirment l’excellente congruence du modèle :

  • Chi-deux normalisé (χ²/df) : compris entre 1,20 et 2,10.
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : 0,032 (IC 90 % : [0,018 ; 0,045]), inférieur au seuil recommandé de 0,05.
  • Comparative Fit Index (CFI) : 0,991, surpassant largement le standard de 0,95.
  • Tucker-Lewis Index (TLI) : 0,987.
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : 0,022, confirmant la quasi-absence de covariances résiduelles inexpliquées.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom du test : Échelle d’intérêt publicitaire (Ad Interest Scale).
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé de jugement perceptif post-visionnage.
  • Format du test : Échelle de différentiel sémantique (Semantic Differential Scale).
  • Nombre d’items : 3 items bipolaires.
  • Échelle de réponse : Échelle sémantique différentielle en 7 points (1 à 7) délimitée par des adjectifs antinomiques à chaque extrémité.
  • Durée moyenne de passation : Moins de 30 secondes par stimulus publicitaire évalué.
  • Population cible : Consommateurs adultes, panels de téléspectateurs, répondants à des enquêtes en ligne ou participants à des expérimentations en laboratoire sur la communication publicitaire.
  • Modalités de cotation et de calcul du score :
    • Pour chaque paire d’adjectifs, l’ancre sémantique négative est systématiquement cotée à 1 (ex. Uninteresting = 1, Boring = 1, Did not hold my attention = 1).
    • L’ancre sémantique positive est systématiquement cotée à 7 (ex. Interesting = 7, Fascinating = 7, Held my attention = 7).
    • Les points intermédiaires sont numérotés séquentiellement de 2 à 6, représentant des degrés croissants d’intérêt et d’attention.
    • Le score global d’intérêt publicitaire est obtenu en effectuant la moyenne arithmétique simple des réponses fournies sur les 3 items :
      Score global = (Item 1 + Item 2 + Item 3) / 3
    • Le score obtenu varie donc de 1,00 à 7,00 : un score plus élevé traduit un niveau supérieur d’intérêt, de curiosité et d’allocation attentionnelle envers le stimulus publicitaire.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de formalisation du test : 2023.
  • Publication de référence : Publié dans le Journal of Marketing (Volume 87, Numéro 2, pages 275-297) par l’American Marketing Association (AMA).
  • Statut des droits et conditions d’accès : L’échelle est disponible pour la recherche académique, l’enseignement universitaire et les travaux scientifiques sans redevance financière sous réserve de citation bibliographique adéquate du travail princeps de Becker et al. (2023).
  • Utilisation commerciale : L’utilisation commerciale au sein d’outils propriétaires ou de plateformes d’analyse de marché automatisées est soumise aux règles conventionnelles de propriété intellectuelle et aux autorisations de l’éditeur (American Marketing Association / SAGE Publications).
  • Tarif d’acquisition : Gratuit pour un usage expérimental et scientifique (accès libre aux items et instructions dans la littérature publiée).

12. Références / References

Les publications scientifiques suivantes constituent les fondements théoriques, psychométriques et empiriques de l’échelle d’intérêt publicitaire :

  • Becker, M., Scholdra, T. P., Berkmann, M., & Reinartz, W. J. (2023). The effect of content on zapping in TV advertising. Journal of Marketing, 87(2), 275–297. https://doi.org/10.1177/00222429221122941
  • Chaiken, S. (1980). Heuristic versus systematic information processing and the use of source versus message cues in persuasion. Journal of Personality and Social Psychology, 39(5), 752–766. https://doi.org/10.1037/0022-3514.39.5.752
  • Lang, A. (2000). The limited capacity model of mediated message processing. Journal of Communication, 50(1), 46–70. https://doi.org/10.1111/j.1460-2466.2000.tb02833.x
  • Nunnally, J. C., & Bernstein, I. H. (1994). Psychometric theory (3rd ed.). McGraw-Hill.
  • Osgood, C. E., Suci, G. J., & Tannenbaum, P. H. (1957). The measurement of meaning. University of Illinois Press.
  • Petty, R. E., & Cacioppo, J. T. (1986). The elaboration likelihood model of persuasion. Advances in Experimental Social Psychology, 19, 123–205. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60214-2
  • Wells, W. D., Leavitt, C., & McConville, M. (1971). A reaction profile for TV commercials. Journal of Advertising Research, 11(6), 11–17.
  • Wolburg, J. M., & Pokrywczynski, J. (2001). A psychographic analysis of Generation Y college students. Journal of Advertising Research, 41(5), 33–52. https://doi.org/10.2501/JAR-41-5-33-52

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale: 7-point semantic differential scale (1 to 7)

  1. Uninteresting / Interesting
  2. Boring / Fascinating
  3. Did not hold my attention / Held my attention
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Looti, M. (2026, octobre 21). Intérêt publicitaire. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-interet-publicitaire-ad-interest
Looti, Mohammed. “Intérêt publicitaire.” Base de données de psychologie en français, 21 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-interet-publicitaire-ad-interest.
Looti, Mohammed. “Intérêt publicitaire.” Base de données de psychologie en français. octobre 21, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-interet-publicitaire-ad-interest.