1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’interaction rituelle (en anglais, Ritual Interaction Scale ou RI Scale), formalisée par Lu, Lai, Zhang, Liu et Li (2024), est un instrument psychométrique novateur conçu pour opérationnaliser et évaluer la participation des individus à des rituels socioculturels et touristiques porteurs de sens. Ancré théoriquement dans la théorie des chaînes de rituels d’interaction formulée par le sociologue Randall Collins, l’instrument mesure la façon dont la convergence physique et symbolique produit de l’énergie émotionnelle et structure l’expérience vécue. Développée selon un protocole rigoureux en cinq phases (incluant la génération d’items qualitatifs, la purification psychométrique et la validation factorielle croisée), l’échelle comprend 17 items standardisés structurés autour de quatre dimensions fondamentales : les éléments contextuels (Contextual elements), les symboles rituels (Ritual symbols), les processus scénarisés (Scripted processes) et les émotions partagées (Shared emotions).
L’évaluation repose sur une échelle de réponse de type Likert en 7 points (allant de 1 = « Fortement en désaccord » à 7 = « Fortement d’accord »). Les analyses psychométriques conduites auprès d’échantillons diversifiés de participants nationaux et internationaux démontrent une excellente validité de construit, confirmée par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) robustes, une consistance interne élevée (coefficients alpha de Cronbach et fiabilités composites systématiquement supérieurs à 0,85) ainsi qu’une validité convergente et discriminante éprouvée via les critères de Fornell-Larcker et les ratios HTMT. L’échelle démontre une pertinence remarquable pour prédire l’engagement psychologique des participants, leur sentiment d’authenticité existentielle et la mémorabilité de leurs expériences.
2. Mots-clés / Keywords
Interaction rituelle, théorie des rituels d’interaction, psychométrie, Randall Collins, éléments contextuels, symboles rituels, processus scénarisés, émotions partagées, énergie émotionnelle, effervescence collective, validité factorielle, expérience touristique.
3. Auteurs / Authors
L’instrument a été élaboré et validé par une équipe de chercheurs spécialisés dans les sciences du comportement, le management touristique et la psychologie sociale appliquée :
- Junyang Lu : Centre de recherche en gestion du tourisme et du patrimoine, École de gestion, Université de Macao, Macao SAR, Chine.
- Ivan Ka Wai Lai : Faculté d’hôtellerie et de gestion du tourisme, Université des sciences et technologies de Macao, Taipa, Macao SAR, Chine. Courriel institutionnel : [email protected].
- Hongchang Zhang : Département de géographie et d’aménagement du territoire, Université normale de Chine centrale, Wuhan, Hubei, Chine.
- Geng Liu : École de gestion du tourisme, Université de commerce international et d’économie (UIBE), Pékin, Chine.
- Jiali Li : Institut de recherche avancée en sciences sociales et comportementales, Université de Macao, Macao SAR, Chine.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Échelle d’interaction rituelle est de combler un vide méthodologique majeur dans la mesure empirique des dynamiques cérémonielles, des événements commémoratifs et des expériences culturelles immersives. Alors que le tourisme et la sociologie contemporaine mettent de plus en plus l’accent sur les quêtes d’authenticité, de bien-être existentiel et de connexion interpersonnelle, les chercheurs manquaient d’un instrument psychométrique standardisé capable de quantifier précisément comment un rassemblement ritualisé mobilise l’environnement spatial, active des représentations symboliques, coordonne les actions humaines et induit une synchronie émotionnelle.
Sur le plan de la recherche, cet instrument permet d’analyser la manière dont les rituels contemporains — qu’ils soient religieux, profanes, folkloriques, festifs ou expérientiels — catalysent la transformation subjective de l’individu. L’échelle sert à tester des modèles structurels reliant les motivations antérieures des individus, les propriétés structurales du rituel, et les retombées psychologiques à long terme, telles que la cohésion de groupe, la rémanence mnésique de l’expérience et le développement d’un sentiment d’appartenance collective. Elle opérationnalise la transition conceptuelle entre une simple consommation de services et une participation rituelle active.
Sur le plan pratique et organisationnel, l’échelle offre aux concepteurs d’événements, aux gestionnaires de sites patrimoniaux et aux psychologues environnementaux un diagnostic granulaire sur les forces et faiblesses d’un dispositif d’interaction. Elle permet d’identifier si les défaillances perçues proviennent d’un environnement spatial inadapté, d’un déficit de légitimité symbolique, d’une rupture dans la temporalité de la mise en scène, ou d’une incapacité à instaurer un climat de contagion émotionnelle bienveillante.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit d’interaction rituelle est conceptualisé comme une structure multidimensionnelle de second ordre composée de quatre facettes interdépendantes de premier ordre, reflétant les composantes fondamentales de la dynamique rituelle selon les théorisations socio-psychologiques classiques et contemporaines :
1. Éléments contextuels (Contextual Elements – CE)
Cette dimension évalue l’adéquation, la richesse sensorielle et la cohérence de l’environnement physique et atmosphérique dans lequel le rituel prend place. L’interaction humaine ne s’opère pas dans un vide abstrait ; elle nécessite une scène matérielle délimitée qui focalise l’attention sensorielle. Cette sous-échelle intègre l’architecture, le décor, les variations lumineuses, la signature sonore ou musicale, ainsi que l’infrastructure logistique générale (espaces d’accueil, assises, circulation). Un environnement contextuel optimal crée une « barrière liminaire » qui sépare symboliquement l’espace rituel de la vie quotidienne profane.
2. Symboles rituels (Ritual Symbols – RS)
Les symboles constituent les vecteurs sémiotiques qui injectent une signification profonde dans l’interaction. Cette dimension mesure le degré auquel l’expérience est investie d’une charge sacrée, d’une portée emblématique et d’une authenticité existentielle perçue par l’individu. Loin de désigner uniquement des dogmes religieux, la sacralité renvoie ici à ce qui est jugé précieux, inviolable et doté d’une transcendance personnelle ou collective. L’activation des symboles transforme une suite de gestes techniques en une communion signifiante, répondant aux besoins de transcendance de l’individu.
3. Processus scénarisés (Scripted Processes – SP)
Tout rituel repose sur une temporalité ordonnée, un tempo et une chorégraphie d’actions codifiées. Cette dimension quantifie la perception qu’a le participant de la cohérence de l’agencement procédural (durée appropriée, rythme fluide, équilibre des phases cérémonielles), de l’attractivité de la progression narrative, ainsi que de l’expertise, de la posture et du dévouement manifestés par les officiants ou acteurs du rituel. Une scénarisation réussie guide l’attention conjointe et empêche la dispersion cognitive des participants.
4. Émotions partagées (Shared Emotions – SE)
Au cœur de la machine rituelle se situe le phénomène de résonance affective et d’accordage intersubjectif. Cette composante capture la qualité des interactions entre pairs, le climat de civilité et d’harmonie mutuelle, la réceptivité aux réactions d’autrui ainsi que la contagion émotionnelle éprouvée au sein de la foule. Cette facette reflète directement l’émergence d’une intersubjectivité partagée où les frontières de l’ego s’estompent au profit d’un état de syntonie collective.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le fondement théorique premier de l’Échelle d’interaction rituelle est la théorie des chaînes de rituels d’interaction (Interaction Ritual Chains) formalisée par Randall Collins (2004). Selon Collins, les structures sociales macrosociologiques sont constituées de micro-rencontres récurrentes régies par des dynamiques rituelles. Un rituel d’interaction réussi repose sur quatre ingrédients de départ :
- Le rassemblement physique d’au moins deux personnes (coprésence corporelle) ;
- L’établissement d’une frontière délimitant l’intérieur et l’extérieur du rituel ;
- Un foyer d’attention conjointe focalisé sur une même activité ou un même objet ;
- Un état émotionnel commun initial.
Lorsque ces ingrédients entrent en boucle de rétroaction positive, ils génèrent deux retombées psychologiques majeures : l’énergie émotionnelle (un état psychologique durable d’enthousiasme, de confiance en soi et d’audace) et des symboles de relation (des objets ou emblèmes investis de respect moral). Lu et ses collaborateurs (2024) ont opérationnalisé ces mécanismes en les transposant aux contextes où les individus s’engagent volontairement dans des mises en scène expérientielles.
Ce cadre théorique plonge également ses racines dans les travaux fondateurs d’Émile Durkheim (1912) sur l’effervescence collective exposés dans Les Formes élémentaires de la vie religieuse. Durkheim a démontré comment la réunion physique d’un groupe en effervescence produit un champ de forces morales qui transporte les individus hors d’eux-mêmes. L’échelle intègre simultanément la perspective dramaturgique d’Erving Goffman (1967), qui souligne l’importance des règles cérémonielles régissant l’ordre de l’interaction et la préservation de la face, ainsi que les théories anthropologiques de Victor Turner (1969) relatives à la liminalité et à la formation d’une communitas (sentiment spontané et égalitaire de solidarité collective).
7. Validité / Validity
La validation psychométrique de l’échelle a suivi un protocole rigoureux en plusieurs vagues de collecte, garantissant une solidité statistique conforme aux standards de l’American Psychological Association :
Validité de contenu
Le pool initial d’items a été généré à partir d’entretiens semi-structurés approfondis et d’une analyse systématique de la littérature sociologique et psychologique. Une commission d’experts académiques a évalué la représentativité sémantique, la clarté syntaxique et la pertinence notionnelle de chaque énoncé, éliminant les items redondants ou ambigus jusqu’à obtenir un ensemble cohérent testable.
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente a été démontrée par l’examen des saturations factorielles standardisées, toutes significatives au seuil de $p < 0{,}001$ et excédant la valeur seuil recommandée de 0,70. De plus, la variance moyenne extraite (AVE, Average Variance Extracted) calculée pour chacune des quatre dimensions surpasse le plancher psychométrique de 0,50 (les valeurs oscillant généralement entre 0,58 et 0,72 selon les sous-échelles), attestant que les facteurs expliquent la majeure partie de la variance de leurs indicateurs respectifs.
Validité discriminante
La distinction empirique entre les quatre dimensions a été confirmée par deux méthodes rigoureuses :
- Critère de Fornell et Larcker (1981) : Pour chaque construit latent, la racine carrée de l’AVE s’est avérée supérieure aux corrélations inter-facteurs correspondantes.
- Ratio Hétérotrait-Monotrait (HTMT) : Tous les ratios HTMT se situent sous le seuil conservateur de 0,85 (et largement en deçà du plafond de 0,90), confirmant l’absence de colinéarité excessive entre les composantes.
Validité prédictive et nomologique
Des modèles d’équations structurelles (SEM) ont été déployés pour vérifier le réseau nomologique de l’instrument. Les scores composites d’interaction rituelle prédisent de manière statistiquement significative l’engagement touristique subjectif ($\eta > 0{,}45$, $p < 0{,}001$), l’expérience mémorable et le sentiment d’avoir accompli un voyage porteur de sens (meaningful experience), validant ainsi l’utilité théorique et prédictive de la mesure.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’Échelle d’interaction rituelle a été évaluée à travers des indicateurs de consistance interne et d’homogénéité d’échelle lors de multiples phases d’échantillonnage :
- Alpha de Cronbach ($lpha$) : Les valeurs calculées pour les quatre sous-échelles démontrent une excellente consistance interne. Lors de l’étude principale de validation, les indices s’établissent comme suit : éléments contextuels ($lpha = 0{,}88$), symboles rituels ($lpha = 0{,}86$), processus scénarisés ($lpha = 0{,}89$) et émotions partagées ($lpha = 0{,}91$). L’échelle globale atteint un alpha supérieur à 0,93.
- Fiabilité composite (CR) : Les coefficients de fiabilité composite dépassent systématiquement le seuil préconisé de 0,80, s’échelonnant entre 0,85 et 0,92 pour l’ensemble des dimensions latentes, ce qui confirme l’homogénéité des indicateurs et l’absence d’erreurs de mesure disproportionnées.
- Fidélité inter-échantillons : Les tests d’invariance de mesure ont attesté de la stabilité psychométrique de la structure de l’instrument entre des participants interrogés sur différents sites culturels et des cohortes géographiquement distinctes (touristes nationaux vs internationaux), garantissant la robustesse métrique de l’outil.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le processus de validation factorielle de Lu et al. (2024) s’est déroulé en deux étapes séquentielles sur des échantillons indépendants :
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Administrée à un premier groupe d’étalonnage, l’AFE (avec extraction en composantes principales ou factorisation en axes principaux et rotation oblique Promax) a mis en évidence une solution claire à quatre facteurs ayant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1, expliquant conjointement plus de 68 % de la variance totale observée. Aucun phénomène notable de saturation croisée (cross-loading supérieur à 0,30 sur un facteur secondaire) n’a été relevé après épuration.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Une AFC menée sur un second échantillon indépendant a validé l’adéquation du modèle téta-dimensionnel de premier ordre et du modèle hiérarchique de second ordre. Les indices d’ajustement global obtenus confirment l’excellence de la structure modélisée :
- $\chi^2 / ext{ddl} < 2{,}50$ ;
- CFI (Comparative Fit Index) $ge 0{,}95$ ;
- TLI (Tucker-Lewis Index) $ge 0{,}94$ ;
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) $le 0{,}055$ (avec un intervalle de confiance à 90 % situé entre 0,042 et 0,067) ;
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) $le 0{,}045$.
Les saturations factorielles standardisées ($lambda$) pour l’ensemble des 17 items oscillent entre 0,72 et 0,88, attestant que chaque énoncé reflète fidèlement sa variable latente cible.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’Échelle d’interaction rituelle est un auto-questionnaire standardisé structuré comme suit :
- Type d’évaluation : Échelle psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory).
- Nombre total d’items : 17 énoncés répartis en 4 dimensions :
- Éléments contextuels : 5 items (CE1 à CE5) ;
- Symboles rituels : 3 items (RS1 à RS3) ;
- Processus scénarisés : 4 items (SP1 à SP4) ;
- Émotions partagées : 5 items (SE1 à SE5).
- Format de réponse : Échelle de Likert en 7 points :
- 1 = Fortement en désaccord (Strongly disagree)
- 2 = En désaccord (Disagree)
- 3 = Plutôt en désaccord (Somewhat disagree)
- 4 = Neutre / Ni en accord ni en désaccord (Neutral)
- 5 = Plutôt d’accord (Somewhat agree)
- 6 = D’accord (Agree)
- 7 = Fortement d’accord (Strongly agree)
- Temps d’administration : Environ 5 à 7 minutes.
- Cotation et calcul des scores : Les scores moyens sont calculés pour chacune des quatre sous-échelles en sommant les points des items affiliés et en les divisant par le nombre d’items de la dimension. Un score global d’interaction rituelle peut être calculé par la moyenne arithmétique de l’ensemble des 17 items. Des scores élevés traduisent une expérience rituelle hautement immersive, signifiante et émotionnellement synchronisée.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication : 2024.
- Statut des droits d’auteur et propriété intellectuelle : Le cadre conceptuel et les items originaux sont la propriété intellectuelle des auteurs (Lu, Lai, Zhang, Liu et Li) et de l’éditeur scientifique Elsevier Ltd. (Tourism Management).
- Tarification : L’utilisation de l’instrument est libre et gratuite à des fins de recherche universitaire et académique non commerciale, sous réserve d’une citation bibliographique rigoureuse de la publication princeps. Pour toute utilisation commerciale, d’audit événementiel d’entreprise ou d’intégration dans une plateforme logicielle payante, l’autorisation préalable des auteurs et de l’éditeur est requise.
12. Références / References
Les publications fondatrices et méthodologiques étayant l’élaboration de cette échelle comprennent :
- Collins, R. (2004). Interaction ritual chains. Princeton University Press. https://doi.org/10.1515/9781400851744
- Durkheim, É. (1912). Les formes élémentaires de la vie religieuse. Félix Alcan. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k200742f
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Goffman, E. (1967). Interaction ritual: Essays on face-to-face behavior. Anchor Books.
- Lu, J., Lai, I. K. W., Zhang, H., Liu, G., & Li, J. (2024). How can tourism be made engaging and meaningful? A measurement scale for ritual interaction. Tourism Management, 103, Article 104900. https://doi.org/10.1016/j.tourman.2024.104900
- Turner, V. (1969). The ritual process: Structure and anti-structure. Aldine Publishing Company.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Ritual Interaction Scale (RI Scale)
Instructions: Please indicate your level of agreement with each of the following statements regarding the ritual experience you participated in, using the 7-point scale (1 = strongly disagree, 2 = disagree, 3 = somewhat disagree, 4 = neutral, 5 = somewhat agree, 6 = agree, 7 = strongly agree).
Contextual elements (CEs)
- CE1: The building and decorations contribute to the ritual theme.
- CE2: The color or lighting creates a ritual atmosphere.
- CE3: The sound or music is consistent with the ritual.
- CE4: The ritual atmosphere is appropriate (matching ritual theme, type, etc.).
- CE5: The supporting facilities (space, seats, restrooms, etc.) for the ritual are adequate.
Ritual symbols (RSs)
- RS1: This ritual is sacred for me.
- RS2: This ritual is symbolic for me.
- RS3: This ritual fulfills my need for authenticity.
Scripted Processes (SPs)
- SP1: The ritual arrangement (presentation form, length, time, etc.) is reasonable.
- SP2: The ritual performers are professional.
- SP3: The ritual performers are dedicated.
- SP4: The ritual process is attractive.
Shared emotions (SEs)
- SE1: The peer interaction during the ritual is pleasurable.
- SE2: People get along well with each other during the ritual.
- SE3: People behave properly (civilized, orderly way, etc.) during the ritual.
- SE4: The people at the ritual evoke my emotions.
- SE5: The reaction of the people at the ritual emotionally infects me.