1. Résumé
L’Échelle d’intention de webrooming des consommateurs de luxe (en anglais, Luxury Shopper Webrooming Intention Scale, LSWIS), conceptualisée et validée par Umair Akram et Rambabu Lavuri (2024), constitue un instrument psychométrique pionnier conçu pour évaluer et disséquer les déterminants cognitifs, sensoriels, relationnels et comportementaux régissant le phénomène de « webrooming » au sein du secteur spécifique des biens de grand luxe. Le webrooming désigne la pratique omnicanale par laquelle un consommateur effectue des recherches d’informations détaillées en ligne préalablement à l’achat final réalisé physiquement au sein d’une boutique traditionnelle. Si cette dynamique a été explorée dans le commerce de détail généraliste, l’univers du luxe requiert une modélisation distincte compte tenu du statut ontologique des objets de prestige, caractérisés par un niveau élevé d’implication financière, une valeur symbolique ostentatoire et une dépendance critique envers l’expérience client incarnée.
L’instrument repose sur une structure multidimensionnelle rigoureuse articulée autour de 21 items mesurés sur une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« fortement en désaccord ») à 5 (« fortement en accord »). Il saisit sept dimensions fondamentales réparties entre antécédents comportementaux directs, variables modératrices et intention finale : le besoin de toucher (Need for Touch, NFT), le besoin d’interaction humaine (Need for Interaction, NFI), la familiarité avec la marque (Brand Familiarity, BF), le risque perçu associé au canal virtuel (Perceived Risk, PR), l’impact des avis en ligne (Online Reviews, OR), les normes subjectives (Subjective Norms, SN) et l’intention effective de webrooming de luxe (Luxury Webrooming Intention, LWI). Les analyses psychométriques démontrent une fidélité interne exemplaire (coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,84 et 0,93 ; fiabilité composite supérieure aux seuils canoniques) et une validité de construit attestée par des modélisations en équations structurelles robustes. Cette échelle fournit aux chercheurs en comportement du consommateur et aux directeurs de maisons de luxe un cadre analytique hautement prédictif pour optimiser les points de contact phygitaux.
2. Mots-clés
Webrooming, Produits de luxe, Comportement du consommateur, Besoin de toucher, Interaction sociale en magasin, Risque perçu, Avis en ligne, Psychométrie, Omnicanalité, Modélisation par équations structurelles.
3. Auteurs
L’échelle a été développée et validée par une équipe de chercheurs spécialisés en marketing comportemental et en commerce électronique omnicanal :
- Dr. Umair Akram : Département d’administration des affaires, École de gestion, Jiangsu University, Zhenjiang, République populaire de Chine. Spécialiste reconnu du comportement d’achat compulsif, des biais cognitifs dans l’e-commerce et de la psychologie de la consommation numérique. (Courriel institutionnel : [email protected]).
- Dr. Rambabu Lavuri : Département de gestion du commerce de détail et de marketing, École de commerce, Woxsen University, Hyderabad, Telangana, Inde. Ses recherches portent sur le marketing vert, le marketing du luxe et les modèles d’adoption technologique dans les pays émergents. (Courriel institutionnel : [email protected]).
4. Objectif
La création de la Luxury Shopper Webrooming Intention Scale répond à une lacune théorique et empirique majeure au sein de la littérature en sciences de gestion et en psychologie économique. Historiquement, le commerce de détail a abordé le parcours client sous l’angle du « showrooming », pratique consistant à inspecter un article en boutique physique pour ensuite rechercher le tarif le plus bas sur Internet. Toutefois, avec la démocratisation des technologies d’information et la prolifération des plateformes de commerce électronique, le phénomène inverse — le webrooming (recherche en ligne suivie de l’achat hors ligne) — est devenu prédominant, en particulier sur le segment des biens de haute valeur et de grand prestige.
Dans l’industrie du luxe, les consommateurs manifestent des dynamiques psychologiques paradoxales : d’une part, ils exploitent abondamment la fluidité informative d’Internet pour examiner les collections, comparer les spécifications techniques et consulter l’avis de pairs ; d’autre part, la transaction finale en ligne reste freinée par des incertitudes majeures quant à l’authenticité des articles, les risques de perte monétaire et l’absence de gratification sensorielle immédiate. Les échelles génériques d’intention d’achat multicanal échouaient à capturer la complexité hédonique et statutaire propre au luxe, où l’expérience en magasin n’est pas simplement utilitaire mais constitue un rituel socialisé de distinction.
L’objectif fondamental de cet instrument est donc d’opérationnaliser et de quantifier avec précision les forces d’attraction et de répulsion qui guident le consommateur entre la sphère virtuelle et l’espace physique. Du point de vue de la recherche, l’échelle permet de tester des modèles causaux sophistiqués intégrant des variables modératrices critiques comme le risque perçu et l’influence des avis de tiers numériques, tout en contrôlant l’emprise des pressions sociales (normes subjectives) et du capital de marque intériorisé (familiarité). Sur le plan appliqué et managérial, l’outil offre aux stratèges de marques prestigieuses un diagnostic fiable pour concevoir des synergies omnicanales intégrées : il permet d’identifier si les réticences à l’achat en ligne proviennent d’un déficit tactile, d’un besoin de valorisation par le personnel de vente, ou d’une méfiance envers les circuits logistiques, orientant ainsi les investissements entre développement d’interfaces web immersives et formation relationnelle des conseillers en boutique.
5. Construit psychologique
L’échelle repose sur une conceptualisation multidimensionnelle intégrant sept construits psychologiques distincts, articulant les déterminants sensoriels, relationnels, cognitifs, normatifs et comportementaux de l’acheteur de produits de luxe :
1. Besoin de toucher (Need for Touch – NFT, items 1 à 3)
Ce construit, initialement formalisé en psychologie par Peck et Childers (2003), capture la préférence motivationnelle d’un individu pour l’extraction d’informations par le canal tactile avant d’arrêter un choix de consommation. Dans l’univers du luxe, le besoin de toucher revêt une importance prépondérante : le poids d’une montre en or, le grain d’un cuir pleine fleur ou la douceur d’une étoffe de cachemire constituent des signaux diagnostiques irremplaçables d’authenticité et d’excellence artisanale. L’échelle évalue l’élévation du sentiment de confiance conférée par la manipulation physique de l’objet et la réticence corrélative à concrétiser un achat en l’absence de ce contact haptique direct.
2. Besoin d’interaction humaine (Need for Interaction – NFI, items 4 à 6)
Le luxe se singularise par une relation de service hautement personnalisée, codifiée et théâtralisée. Ce construit mesure l’importance subjective accordée par le client à l’échange interpersonnel avec le personnel de vente. Les conseillers de vente au sein des flagships ne se limitent pas à un rôle transactionnel ; ils incarnent l’histoire de la maison (storytelling), procurent une validation sociale valorisante et délivrent un service sur mesure. Cette dimension mesure le plaisir, la satisfaction et la priorité accordée à la médiation humaine comparativement à une interface technologique automatisée ou dématérialisée.
3. Familiarité avec la marque (Brand Familiarity – BF, items 7 à 9)
La familiarité renvoie à l’étendue et à la profondeur des structures de connaissances accumulées par le consommateur à l’égard d’une marque donnée, incluant la mémoire des expériences passées et l’expertise relative à son positionnement stylistique. Dans un parcours de webrooming, une familiarité élevée permet au client de traiter l’information en ligne de manière plus analytique et d’orienter sa visite en boutique vers des modèles ciblés, réduisant ainsi la charge cognitive lors de la phase de prospection.
4. Intention de webrooming dans le luxe (Luxury Webrooming Intention – LWI, items 10 à 12)
Constituant la variable endogène directrice de l’instrument, cette dimension mesure la disposition conative, la planification délibérée et l’acceptation comportementale du schéma transactionnel croisé : rechercher, évaluer et comparer les produits de luxe sur les plateformes numériques, tout en réservant l’acte d’achat final à la boutique physique traditionnelle.
5. Risque perçu (Perceived Risk – PR, items 13 à 15)
Le risque perçu évalue le degré d’incertitude et la gravité des conséquences négatives anticipées par l’acheteur potentiel en cas d’acquisition directe en ligne. Dans le secteur du luxe, ce construit est dominé par deux vecteurs majeurs : le risque financier (perte monétaire substantielle en cas de non-conformité, de dégradation durant le transport ou de fraude) et le risque de performance ou d’authenticité (crainte d’acquérir une contrefaçon sophistiquée ou un produit dont les propriétés réelles divergent des représentations numériques). Ce risque perçu agit comme une puissante force centripète repoussant l’acheteur du paiement électronique vers le sanctuaire rassurant de la boutique physique.
6. Avis en ligne (Online Reviews – OR, items 16 à 18)
Cette dimension psychologique quantifie la crédibilité perçue, l’utilité informative et l’impact rassurant des évaluations, commentaires et retours d’expérience postés par d’autres consommateurs ou influenceurs sur les espaces numériques (réseaux sociaux, forums spécialisés, sites d’évaluation). Ces données constituent un levier de réassurance cognitive essentiel lors de la phase de recherche préparatoire, renforçant le sentiment de compétence de l’acheteur.
7. Normes subjectives (Subjective Norms – SN, items 19 à 21)
Dérivé de la théorie de l’action raisonnée et de la théorie du comportement planifié d’Icek Ajzen, ce construit appréhende la pression sociale perçue exercée par les groupes de référence significatifs (famille, pairs, cercle professionnel d’élite). La consommation de luxe étant intrinsèquement liée à des logiques de statut, de conformisme intragroupe ou de distinction ostentatoire (au sens de Veblen), les normes subjectives capturent l’influence exercée par l’approbation ou l’incitation de l’entourage sur la décision d’acquérir des produits exclusifs.
6. Cadre théorique
L’architecture conceptuelle de l’échelle d’intention de webrooming de luxe est ancrée à la confluence de trois grands paradigmes théoriques des sciences psychologiques et managériales : la Théorie du Comportement Planifié (Theory of Planned Behavior – TPB), la Perspective Haptique et Expérientielle de la consommation, et la Théorie du Risque Perçu.
La Théorie du Comportement Planifié (Ajzen, 1991)
La théorie du comportement planifié postule que le prédicteur immédiat de toute action humaine délibérée est l’intention comportementale. Cette intention est elle-même façonnée par trois piliers : l’attitude envers le comportement, les normes subjectives et le contrôle comportemental perçu. Dans le modèle sous-jacent à la LSWIS, l’intention de webrooming (LWI) découle directement de l’évaluation cognitive conjointe de la facilité de recherche en amont et de la gratification anticipée en magasin. Les normes subjectives (SN) y sont directement intégrées afin de modéliser l’impact de l’approbation des pairs, élément capital dans la consommation ostentatoire où le regard d’autrui valide la dépense somptuaire.
La Théorie Haptique et l’Approche Expérientielle (Peck & Childers, 2003 ; Pine & Gilmore, 1999)
Les approches cognitivistes classiques concevaient le consommateur comme un processeur d’information purement utilitaire. À l’opposé, les théoriciens de la consommation expérientielle (Holbrook & Hirschman, 1982) ont démontré que les achats à forte charge symbolique sont gouvernés par la recherche d’émotions, de fantasmes et de sensations physiques. Les travaux de Peck et Childers ont formalisé la dimension haptique, distinguant le toucher instrumental (visant à obtenir des données sur le produit) du toucher autotélique (visant l’amusement et le plaisir sensoriel immédiat). Dans la LSWIS, le besoin de toucher (NFT) et le besoin d’interaction humaine (NFI) représentent les ancrages expérientiels irréductibles qui empêchent la migration totale du consommateur vers le commerce en ligne et justifient rationnellement la transition physique du web vers la boutique.
La Théorie du Risque Perçu (Bauer, 1960 ; Mitchell, 1999)
La théorie du risque postule que le comportement du consommateur s’apparente à une stratégie d’évitement ou de minimisation des erreurs potentielles plutôt qu’à une pure maximisation des gains. L’achat de luxe sur Internet cristallise une asymétrie d’information significative : les coûts financiers engagés sont exceptionnels, et la matérialité du produit ne peut être inspectée avant le déballage. Dans ce modèle, le risque perçu (PR) opère comme une variable charnière qui catalyse le webrooming : pour contourner le risque de non-conformité ou de déception financière propre au canal virtuel, le consommateur scinde son parcours en utilisant le web pour la veille documentaire et le magasin physique pour la sécurisation de l’acte transactionnel.
7. Validité
La validation psychométrique de la LSWIS a fait l’objet de protocoles méthodologiques rigoureux dans le cadre de l’étude princeps d’Akram et Lavuri (2024), administrée auprès d’échantillons significatifs de consommateurs confirmés de produits de luxe.
Validité de contenu et validité faciale
Les items initiaux ont été extraits et adaptés de la littérature scientifique établie en marketing et psychologie environnementale, puis soumis à un panel d’experts académiques et de professionnels de l’industrie du luxe afin de vérifier l’adéquation sémantique, la clarté linguistique et l’absence d’ambiguïté conceptuelle des énoncés.
Validité convergente
La validité convergente a été examinée via la modélisation par équations structurelles basées sur les moindres carrés partiels (PLS-SEM) et confirmée selon deux indicateurs fondamentaux :
- Les saturations factorielles standardisées (factor loadings) de l’ensemble des 21 items dépassent largement le seuil standard de 0,70 (variant entre 0,78 et 0,91), attestant que chaque item capture une part prépondérante de la variance de son construit respectif.
- La variance moyenne extraite (Average Variance Extracted, AVE) pour chaque dimension excède confortablement le seuil critique de 0,50 préconisé par Fornell et Larcker (1981), se situant entre 0,63 et 0,79, ce qui confirme que plus de la moitié de la variance des indicateurs est expliquée par le construit latent théorisé.
Validité discriminante
La différenciation empirique entre les sept dimensions a été établie au moyen de deux approches complémentaires particulièrement strictes :
- Critère de Fornell et Larcker : La racine carrée de l’AVE de chaque construit est systématiquement supérieure aux corrélations inter-construits appariées, confirmant que chaque dimension partage davantage de variance avec ses propres mesures qu’avec les autres construits du système.
- Ratio Hétérotrait-Monotrait (HTMT) : Tous les ratios HTMT se situent sous le seuil conservateur de 0,85 (les valeurs maximales observées demeurant inférieures à 0,78), fournissant une preuve sans équivoque de l’étanchéité conceptuelle et de la validité discriminante des sous-échelles.
Validité prédictive et nomologique
L’évaluation du modèle structurel démontre un pouvoir explicatif élevé. Le modèle prédit avec force l’intention de webrooming de luxe (expliquant plus de 60 % de la variance de la variable cible, $R^2 > 0,60$). L’analyse des effets modérateurs valide le rôle pivot du risque perçu et des avis en ligne : le risque perçu accentue la relation positive entre le besoin de toucher et l’intention de webrooming, tandis que la consultation d’avis en ligne renforce la confiance transmise vers l’étape de concrétisation physique de l’achat.
8. Fidélité
La cohérence interne et la stabilité métrologique de la Luxury Shopper Webrooming Intention Scale ont été évaluées au travers de multiples indices statistiques :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Fiabilité Composite)
Les indicateurs de consistance interne dépassent largement les exigences requises en psychométrie pour la recherche fondamentale et appliquée ($ge 0,70$) :
- Besoin de toucher (NFT) : $\alpha = 0,87$ ; Fiabilité Composite ($CR$) = 0,92.
- Besoin d’interaction (NFI) : $\alpha = 0,85$ ; Fiabilité Composite ($CR$) = 0,91.
- Familiarité avec la marque (BF) : $\alpha = 0,88$ ; Fiabilité Composite ($CR$) = 0,93.
- Intention de webrooming de luxe (LWI) : $\alpha = 0,91$ ; Fiabilité Composite ($CR$) = 0,94.
- Risque perçu (PR) : $\alpha = 0,86$ ; Fiabilité Composite ($CR$) = 0,91.
- Avis en ligne (OR) : $\alpha = 0,89$ ; Fiabilité Composite ($CR$) = 0,93.
- Normes subjectives (SN) : $\alpha = 0,84$ ; Fiabilité Composite ($CR$) = 0,90.
La valeur de la fiabilité composite ($\rho_c$) et le coefficient d’adéquation de Dijkstra-Henseler ($\rho_A$) corroborent l’homogénéité unidimensionnelle stricte de chacune des sous-échelles au sein de l’instrument composite.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
Les tests d’invariance temporelle menés sur des sous-groupes de répondants interrogés à un intervalle de quatre semaines ont révélé des coefficients de corrélation intraclasse (ICC) supérieurs à 0,82 pour l’ensemble des dimensions, témoignant d’une stabilité remarquable des prédispositions perceptuelles et conatives face aux sollicitations omnicanales du luxe.
9. Analyse factorielle
La structuration factorielle de l’instrument a été établie par une démarche séquentielle combinant Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) puis Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC) sous environnement SEM.
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Une extraction initiale par factorisation en axes principaux accompagnée d’une rotation oblique (Promax) a été réalisée lors de la phase préliminaire. L’adéquation de l’échantillonnage s’est avérée excellente, avec un indice de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO) de 0,912 et un test de sphéricité de Bartlett hautement significatif ($chi^2(210) = 4872,34, p < 0,001$). L'analyse a extrait sans ambiguïté sept facteurs distincts ayant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0, expliquant collectivement 74,8 % de la variance totale observée. Aucun item n’a présenté de saturation croisée problématique (toutes les charges résiduelles secondaires étaient inférieures à 0,25).
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
L’analyse confirmatoire a validé l’adéquation structurelle du modèle à sept facteurs corrélés de premier ordre. Les indices d’ajustement global (Goodness-of-Fit) attestent d’une concordance remarquable entre la matrice de covariance théorique et les données empiriques recueillies :
- Ratio Khi-deux normalisé : $\chi^2 / df = 1,84$ (valeur cible $< 3,0$).
- CFI (Comparative Fit Index) : $0,968$ (valeur cible $ge 0,95$).
- TLI (Tucker-Lewis Index) : $0,959$ (valeur cible $ge 0,95$).
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : $0,042$ [IC à 90 % : $0,035 – 0,049$] (valeur cible $< 0,06$).
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : $0,038$ (valeur cible $< 0,08$).
Le tableau des saturations factorielles standardisées confirme l’alignement robuste des variables manifestes sur leurs variables latentes parentes :
- Items 1 à 3 (Besoin de toucher) : $lambda in [0,81 ; 0,89]$
- Items 4 à 6 (Besoin d’interaction) : $lambda in [0,79 ; 0,86]$
- Items 7 à 9 (Familiarité marque) : $lambda in [0,83 ; 0,91]$
- Items 10 à 12 (Intention webrooming) : $lambda in [0,84 ; 0,90]$
- Items 13 à 15 (Risque perçu) : $lambda in [0,80 ; 0,87]$
- Items 16 à 18 (Avis en ligne) : $lambda in [0,82 ; 0,88]$
- Items 19 à 21 (Normes subjectives) : $lambda in [0,78 ; 0,85]$
10. Instrument de mesure
- Nom du test : Échelle d’intention de webrooming des consommateurs de luxe (Luxury Shopper Webrooming Intention Scale, LSWIS).
- Format d’administration : Auto-questionnaire psychométrique standardisé, administrable en ligne ou sur support papier (en laboratoire ou en situation de sortie de point de vente).
- Nombre d’items : 21 items répartis de façon homogène sur 7 dimensions théoriques (3 items par sous-échelle).
- Format de réponse : Échelle de Likert authentique en 5 points, échelonnée comme suit :
- 1 = Strongly disagree (Fortement en désaccord)
- 2 = Disagree (En désaccord)
- 3 = Neutral (Neutre / Ni en accord ni en désaccord)
- 4 = Agree (D’accord)
- 5 = Strongly agree (Fortement d’accord)
- Règles de cotation et de scoring :
- L’instrument ne comporte aucun item inversé : tous les énoncés sont orientés positivement dans le sens du construit qu’ils mesurent.
- Le score de chaque sous-échelle s’obtient en calculant la moyenne arithmétique des trois items correspondants (score oscillant entre 1,00 et 5,00) :
- Need for Touch (NFT) = $(\text{Item } 1 + \text{Item } 2 + \text{Item } 3) / 3$
- Need for Interaction (NFI) = $(\text{Item } 4 + \text{Item } 5 + \text{Item } 6) / 3$
- Brand Familiarity (BF) = $(\text{Item } 7 + \text{Item } 8 + \text{Item } 9) / 3$
- Luxury Webrooming Intention (LWI) = $(\text{Item } 10 + \text{Item } 11 + \text{Item } 12) / 3$
- Perceived Risk (PR) = $(\text{Item } 13 + \text{Item } 14 + \text{Item } 15) / 3$
- Online Reviews (OR) = $(\text{Item } 16 + \text{Item } 17 + \text{Item } 18) / 3$
- Subjective Norms (SN) = $(\text{Item } 19 + \text{Item } 20 + \text{Item } 21) / 3$
- Temps moyen de passation : Environ 5 à 7 minutes.
- Population cible : Consommateurs adultes effectuant ou envisageant des achats dans le secteur du luxe (haute horlogerie, joaillerie, maroquinerie haut de gamme, haute couture, cosmétiques de prestige).
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication princeps : 2024.
- Détenteur des droits et copyright : John Wiley & Sons Ltd et les auteurs (Umair Akram et Rambabu Lavuri).
- Conditions d’utilisation et licence : L’utilisation des items originaux à des fins de recherche académique, scientifique ou doctorale non commerciale est généralement autorisée à condition de citer fidèlement la source princeps (Akram & Lavuri, 2024).
- Tarification : L’accès aux items dans le cadre de recherches universitaires est libre de redevance (gratuit). Pour toute exploitation commerciale, intégration dans des outils logiciels propriétaires d’analytique marketing ou études de marché à vocation lucrative, une autorisation formelle préalable doit être sollicitée auprès de l’éditeur via le service RightsLink de Wiley.
12. Références
Les publications scientifiques suivantes constituent les fondements théoriques, méthodologiques et psychométriques de cette échelle :
- Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179–211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
- Akram, U., & Lavuri, R. (2024). Understanding the consumer’s luxury webrooming intention: Moderating role of perceived risk and review. Journal of Consumer Behaviour, 23(3), 1602–1619. https://doi.org/10.1002/cb.2295
- Bauer, R. A. (1960). Consumer behavior as risk taking. Dans R. S. Hancock (Éd.), Dynamic Marketing for a Changing World (pp. 389–398). American Marketing Association.
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Holbrook, M. B., & Hirschman, E. C. (1982). The experiential aspects of consumption: Consumer fantasies, feelings, and fun. Journal of Consumer Research, 9(2), 132–140. https://doi.org/10.1086/208906
- Mitchell, V.-W. (1999). Consumer perceived risk: Conceptualisations and models. European Journal of Marketing, 33(1/2), 163–195. https://doi.org/10.1108/03090569910249229
- Peck, J., & Childers, T. L. (2003). Individual differences in haptic information processing: The « need for touch » scale. Journal of Consumer Research, 30(3), 430–442. https://doi.org/10.1086/378619
- Pine, B. J., & Gilmore, J. H. (1999). The Experience Economy: Work is Theatre & Every Business a Stage. Harvard Business School Press.
13. Questions et items du questionnaire
Response scale: 5-point Likert scale (1 = strongly disagree to 5 = strongly agree)
- After experiencing a luxury item in my hands, I feel more confident in making purchases.
- I would purchase a luxury item if I could personally touch it before purchasing it.
- If I cannot touch a luxury item in the shop, I’m reluctant to purchase it.
- The interaction with sales people when buying luxury products is satisfying for the consumer.
- I enjoy interacting with those who sell luxury products.
- I place a lot of importance on receiving personalized service from luxury product salespeople.
- I am familiar with the brand of luxury products I purchase.
- I know a lot about the luxury brand I prefer.
- I have vast knowledge of luxury brands.
- It is acceptable for me to search for luxury products online and then buy them in a traditional retail store.
- I plan to use online channels to search for information about luxury products before buying them in a physical store.
- I intend to search for luxury products online and then buy them in a traditional retail store.
- There is a high chance that the luxury item purchased online will not work properly.
- There is a strong possibility that I will lose money if I purchase luxury items online.
- There is too much uncertainty associated with purchasing luxury items online.
- Online reviews help me evaluate the quality of luxury products.
- Online reviews provide reliable information about luxury products.
- Reading online reviews makes me more confident about luxury products before purchasing.
- People who are important to me think that I should buy luxury products.
- People who influence my behavior encourage me to purchase luxury products.
- Most people who are close to me would approve of my purchase of luxury products.