Échelle d’inquiétude face aux conséquences sexuelles

L’Échelle d’inquiétude face aux conséquences sexuelles (WASO) est un instrument psychométrique validé mesurant l’inquiétude cognitive et affective liée aux grossesses non désirées, aux IST et au VIH.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’inquiétude face aux conséquences sexuelles (en anglais, Worry About Sexual Outcomes Scale, ou WASO) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu initialement par Jessica McDermott Sales et ses collaborateurs à l’Université Emory. Cet outil d’évaluation a été développé afin de quantifier de manière standardisée le niveau d’inquiétude, de peur et de détresse psychologique qu’éprouvent les adolescents et les jeunes adultes quant aux répercussions négatives potentielles de rapports sexuels non protégés ou à risque, notamment la survenue d’une grossesse non désirée, la transmission d’infections sexuellement transmissibles (IST) et la contamination par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH).

Dans sa configuration opérationnelle multidimensionnelle validée, l’échelle examine trois dimensions fondamentales réparties en sous-échelles distinctes de 3 items chacune (soit un total de 9 items) : l’inquiétude relative à la grossesse (Worry About Pregnancy), l’inquiétude relative aux IST (Worry About STIs) et l’inquiétude relative au VIH (Worry About HIV). Les participants évaluent la fréquence de leurs inquiétudes au cours d’une période de référence définie sur une échelle de type Likert à 5 points allant de 1 (« Jamais / Never ») à 5 (« Toujours / Always »). La cotation permet d’extraire des scores spécifiques pour chaque domaine pathogène ou reproductif ainsi qu’un indice composite global reflétant la charge cognitive globale liée aux conséquences sexuelles.

Les propriétés psychométriques de l’instrument démontrent une consistance interne exemplaire, documentée par des coefficients alpha de Cronbach excédant fréquemment le seuil de 0,90. La stabilité temporelle test-retest s’avère robuste, confirmant la persistance des schémas d’appréhension cognitive chez les jeunes. Au plan de la validité de construit, l’échelle présente des corrélations négatives significatives avec le sentiment d’auto-efficacité en communication sexuelle et l’usage effectif du préservatif, tout en corrélant positivement avec le locus de contrôle externe, la perception d’obstacles à la prévention et les affects dépressifs. Accessible et administrable en moins de cinq minutes, la WASO constitue un dispositif d’évaluation de premier ordre tant pour la recherche translationnelle en santé publique que pour l’évaluation de programmes d’intervention en éducation sexuelle.

2. Mots-clés / Keywords

Inquiétude sexuelle, comportement sexuel à risque, infections sexuellement transmissibles, VIH/sida, grossesse non désirée, psychométrie, évaluation des adolescents, auto-efficacité sexuelle, utilisation du préservatif, modèle des croyances en santé.

3. Auteurs / Authors

L’échelle et ses protocoles de validation clinique ont été principalement formalisés par une équipe interdisciplinaire de chercheurs en santé publique et en psychologie comportementale :

  • Jessica McDermott Sales, Ph.D. : Professeure au Département des sciences comportementales et de l’éducation à la santé (Department of Behavioral, Social, and Health Education Sciences), Rollins School of Public Health, Emory University, Atlanta, Géorgie, États-Unis. Spécialiste des interventions comportementales ciblant la réduction des risques sexuels chez les adolescentes marginalisées. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Robin R. Milhausen, Ph.D. : Professeure associée en relations familiales et développement humain à l’Université de Guelph (University of Guelph), Ontario, Canada. Experte en sexualité humaine, communications dyadiques et déterminants psychologiques du bien-être sexuel.
  • Josh Spitalnick, Ph.D., ABPP : Psychologue clinicien, chercheur affilié au Department of Behavioral Sciences and Health Education, Emory University, et directeur clinique au CEO of Anxiety Specialists of Atlanta. Spécialiste des troubles anxieux et des composantes affectives de l’exposition au risque.
  • Ralph J. DiClemente, Ph.D. : Professeur distingué à l’Emory University Rollins School of Public Health (actuellement à la New York University School of Global Public Health), pionnier mondial de la recherche translationnelle sur la prévention du VIH chez les jeunes et l’épidémiologie sociale.

4. Objectif / Purpose

Le développement de la Worry About Sexual Outcomes Scale répond à un besoin critique dans les champs de la psychologie de la santé, de l’adolescence et de l’épidémiologie comportementale : isoler et quantifier les manifestations cognitives et émotionnelles de l’inquiétude relative aux suites néfastes de l’activité sexuelle. Bien que de nombreux instruments antérieurs aient cherché à mesurer la perception générale du risque (perceived susceptibility), ces outils mesuraient quasi exclusivement des jugements probabilistes froids (ex. « Quelle est la probabilité que vous contractiez une IST au cours de l’année à venir ? »). De telles approches passaient sous silence la charge émotionnelle subjective, l’anxiété anticipatoire, l’angoisse cognitive et le phénomène d’intrusion mentale qui caractérisent l’inquiétude clinique (worry).

Applications en recherche et interventions cliniques

En recherche fondamentale et appliquée, la WASO sert de variable prédictive, médiatrice ou modératrice dans les modèles d’adoption des comportements de protection. Elle permet aux chercheurs de disséquer le paradoxe selon lequel un niveau élevé d’inquiétude peut soit stimuler l’adoption de comportements préventifs (comme le port systématique du préservatif ou le recours au dépistage régulier), soit au contraire paralyser l’individu par évitement cognitif, déni ou sentiment de fatalisme. Cet outil est particulièrement pertinent pour :

  • L’évaluation pré- et post-intervention : Mesurer avec sensibilité les modifications de l’anxiété sexuelle et de la vigilance après la participation à des ateliers d’éducation sexuelle ou à des programmes de réduction des risques financés par des organismes de santé publique (tels que les National Institutes of Health).
  • L’analyse des disparités de santé : Documenter les stresseurs spécifiques et la charge émotionnelle chez les populations disproportionnellement affectées par les disparités structurelles de santé reproductive, notamment les adolescentes issues de minorités ethniques ou de milieux socio-économiques défavorisés.
  • Le ciblage clinique personnalisé : Identifier les individus présentant une anxiété disproportionnée et paralysante (anxiété liée à la santé à thématique sexuelle ou nosophobie) qui requièrent un soutien thérapeutique orienté vers la restructuration cognitive et le développement de compétences communicationnelles.

Justification théorique

Sur le plan théorique, la dissociation entre l’évaluation cognitive rationnelle du risque et l’inquiétude affective constitue le cœur des théories modernes de la prise de décision, telles que le paradigme « Risk as Feelings » développé par Loewenstein et collègues. L’inquiétude est un état cognitif dominé par des pensées récurrentes et aversives orientées vers le futur. Mesurer la fréquence de ces épisodes d’inquiétude offre une prédiction comportementale bien plus robuste que la simple mesure de la vulnérabilité théorique perçue, car l’inquiétude interagit directement avec l’auto-efficacité, la dynamique du couple et la capacité à négocier le safer sex.

5. Construit psychologique / Construct

L’échelle opérationnalise l’inquiétude face aux conséquences sexuelles non pas comme un trait d’anxiété généralisée, mais comme une inquiétude focalisée, liée à un domaine spécifique (domain-specific cognitive-affective concern). Ce construit se subdivise en trois dimensions étroitement intriquées mais empiriquement distinctes :

1. L’inquiétude relative à la grossesse (Worry About Pregnancy)

Cette composante explore les pensées récurrentes, la peur viscérale et le stress cognitif associés à la possibilité d’une gestation non planifiée. Pour les adolescentes et jeunes femmes, ce construit cible la perspective d’une interruption involontaire du parcours éducatif, la stigmatisation sociale, la perte d’autonomie et les bouleversements socio-économiques induits par une maternité précoce. Pour les adolescents et jeunes hommes, elle englobe la crainte de la paternité involontaire et les responsabilités financières et juridiques subséquentes. Des items mesurent directement la peur ressentie (« Feel afraid that you might get pregnant… ») et la charge de stress vécue (« Stress out that you might get pregnant… »).

2. L’inquiétude relative aux infections sexuellement transmissibles (Worry About STIs)

Cette dimension évalue l’anxiété associée aux infections bactériennes et virales curables ou chroniques autres que le VIH, telles que les infections à Chlamydia trachomatis, la gonorrhée, le virus de l’herpès simplex (HSV) et le papillomavirus humain (VPH). Le construit intègre la honte potentielle, la peur des symptômes physiques (douleurs, ulcérations, lésions génitales), la crainte des complications à long terme (stérilité tubaire, maladie inflammatoire pelvienne) et le stigmate interpersonnel d’annoncer un diagnostic positif à un partenaire.

3. L’inquiétude relative au VIH (Worry About HIV)

En raison du pronostic vital engagé, de la nécessité d’un traitement antirétroviral à vie et du stigmate historique intense associé au virus de l’immunodéficience humaine et au sida, l’inquiétude face au VIH se distingue nettement des autres IST. Ce domaine mesure la terreur existentielle, la peur de l’exclusion sociale et la préoccupation constante d’une séroconversion fatale. Les formulations des items capturent le spectre complet allant de la rumination mentale passive (« Worry that you might get HIV… ») à la panique aiguë (« Feel afraid… », « Stress out… »).

Dans sa structure synthétique à 9 items, l’échelle harmonise ces trois dimensions à travers un triptyque d’indicateurs affectivo-cognitifs :

  • L’inquiétude cognitive (Cognitive Worry) : Fréquence des ruminations, pensées intrusives et anticipations pessimistes concernant l’issue sexuelle.
  • La peur émotionnelle (Affective Fear) : Intensité de la réaction d’angoisse viscérale et de détresse ressentie face à cette éventualité.
  • Le stress perçu (Perceived Stress/Overwhelm) : Sensation d’être débordé psychologiquement par l’anticipation des conséquences.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La conception de la WASO s’enracine au confluent de plusieurs théories majeures de la psychologie de la santé et du traitement de l’information :

Le modèle des croyances en santé (Health Belief Model – HBM)

Formulé initialement par Rosenstock (1974) et étendu par Janz et Becker (1984), le Modèle des croyances en santé postule que la propension d’un individu à adopter un comportement préventif dépend de sa vulnérabilité perçue (probabilité subjective de contracter une affection) et de la sévérité perçue des conséquences. La WASO opérationnalise l’intersection dynamique entre ces deux composantes : une issue est d’autant plus génératrice d’inquiétude qu’elle est perçue à la fois comme probable et dévastatrice.

La théorie de la motivation à se protéger (Protection Motivation Theory – PMT)

Élaborée par Ronald Rogers (1975, 1983), la théorie de la motivation à se protéger identifie deux processus d’évaluation parallèles : l’évaluation de la menace (threat appraisal) et l’évaluation des capacités d’adaptation (coping appraisal). L’évaluation de la menace repose sur la gravité de l’événement et la vulnérabilité perçue, générant de la peur. La WASO quantifie directement le sous-produit affectif de l’évaluation de la menace. Selon Rogers, un niveau élevé d’inquiétude motive l’action protectrice si et seulement si l’individu dispose d’une efficacité de réponse suffisante et d’une auto-efficacité personnelle solide.

La théorie de l’action raisonnée et du comportement planifié

Selon Fishbein et Icek Ajzen (1991), l’intention comportementale est dictée par les attitudes, les normes subjectives et le contrôle comportemental perçu. Les inquiétudes relatives aux conséquences sexuelles influencent l’évaluation attitudinale des préservatifs et des contraceptifs. Si l’inquiétude est gérée par une communication de couple efficace, elle consolide l’intention d’utiliser une protection. Inversement, en présence de barrières perçues massives, l’inquiétude se mue en détresse non productive.

Le paradigme « Risk as Feelings »

Les modèles traditionnels d’utilité espérée supposaient que les humains calculent rationnellement les risques. Or, les travaux de Loewenstein, Weber, Hsee et Welch (2001) ont démontré que les réactions émotionnelles face au risque s’écartent souvent des évaluations cognitives objectives. Les réactions affectives immédiates (peur, anxiété, dégoût) orientent directement la prise de décision. La WASO capture cette dimension émotionnelle incarnée de l’inquiétude, offrant une explication aux comportements paradoxaux chez les adolescents.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle d’inquiétude face aux conséquences sexuelles a été confirmée par de nombreuses investigations empiriques menées auprès d’adolescents et de jeunes adultes (notamment Sales et al., 2008).

Validité de contenu et d’apparence (Face and Content Validity)

Lors de la phase de développement initial au sein de projets financés par le National Institute of Mental Health (NIMH), la validité de contenu a été établie par une revue exhaustive de la littérature épidémiologique sur les comportements sexuels des jeunes, suivie de groupes de discussion (focus groups) auprès d’adolescentes. Ces groupes ont attesté de la centralité des thématiques de grossesse, d’IST et de VIH dans leurs vécus relationnels. Des éducateurs en santé sexuelle et des experts en psychopathologie ont examiné chaque item pour en confirmer la clarté linguistique, la pertinence culturelle et l’adéquation au niveau de littératie d’un jeune de quatrième année primaire (fourth-grade reading level).

Validité convergente

L’instrument démontre une validité convergente remarquable avec un ensemble de construits psychologiques et comportementaux apparentés :

  • Barrières à l’usage du préservatif : Des corrélations positives modérées et significatives ont été rapportées entre les scores de la WASO et l’échelle des barrières au préservatif (Condom Barriers Scale de St. Lawrence et al., 1999). Les individus ressentant une forte inquiétude perçoivent souvent davantage de freins interpersonnels à imposer la protection.
  • Locus de contrôle externe : Une corrélation positive statistiquement significative a été observée avec le locus de contrôle externe (croyance que sa santé dépend du destin, de la chance ou de partenaires dominants plutôt que de ses propres choix).
  • Affects dépressifs : Des corrélations positives significatives ont été mises en évidence avec des index de symptomatologie dépressive (ex. échelle de Melchior et al., 1993), montrant que les inquiétudes somatiques s’inscrivent dans une vulnérabilité émotionnelle plus large.
  • Fréquence des rapports sexuels : L’inquiétude relative à la grossesse présente une corrélation positive avec la fréquence des rapports vaginaux non protégés au cours des 30 derniers jours, reflétant une anxiété légitime ancrée dans une exposition objectivement accrue.

Validité discriminante et prédictive

L’échelle discrimine fidèlement les adolescents engagés dans des comportements sécurisés de ceux adoptant des pratiques à risque :

  • Communication sexuelle et auto-efficacité : Les scores globaux de la WASO sont inversement corrélés avec l’auto-efficacité de communication sexuelle avec un partenaire stable ou occasionnel et la fréquence effective du dialogue sur les risques sexuels (Milhausen et al., 2007).
  • Utilisation effective du préservatif : La WASO présente des corrélations négatives robustes avec l’usage du préservatif lors du dernier rapport sexuel vaginal, l’usage au cours des 30 derniers jours et l’usage au cours des 6 derniers mois. Une forte inquiétude non résolue est le marqueur de contextes dyadiques vulnérables où le préservatif n’est précisément pas maîtrisé.
  • Soutien social perçu : Des associations négatives systématiques sont observées avec les échelles de soutien social (Zimet et al., 1988), soulignant l’isolement relationnel des adolescents les plus angoissés.

8. Fidélité / Reliability

Les études psychométriques publiées établissent que la WASO possède des indices de cohérence interne et de stabilité longitudinale exceptionnels pour un instrument bref.

Consistance interne

Dans l’échantillon princeps de validation (Sales et al., 2008), le processus d’élagage des items a exclu systématiquement tout énoncé diminuant le coefficient de fidélité :

  • Échelle globale : Le coefficient alpha de Cronbach (α) de l’échelle totale atteint ou dépasse régulièrement 0,90, témoignant d’une excellente consistance interne.
  • Sous-échelles spécifiques : Les sous-échelles relatives aux IST et au VIH affichent des coefficients alpha compris entre 0,88 et 0,93. La sous-échelle de l’inquiétude liée à la grossesse présente également des corrélations inter-items très fortes, généralement supérieures à 0,80.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Conformément aux recommandations de Gliner, Morgan et Harmon (2001) relatives aux intervalles d’intervention dans les populations adolescentes, la stabilité de la mesure a été éprouvée sur le long terme :

  • Les scores initiaux (baseline) sont corrélés de manière significative avec les scores obtenus à 6 mois d’intervalle : r = 0,38 (p < 0,01).
  • La corrélation entre la ligne de base et le suivi à 12 mois demeure significative : r = 0,27 (p < 0,01).
  • Entre le suivi à 6 mois et le suivi à 12 mois, le coefficient de corrélation de Pearson s’élève à r = 0,44 (p < 0,01).

Ces coefficients modérés à substantiels traduisent fidèlement la nature d’un construit cognitif dynamique : la WASO reflète un état psychologique stable dans le temps mais modulable par les transitions de vie amoureuse, l’apprentissage contraceptif et les interventions préventives.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La configuration factorielle de l’instrument a fait l’objet d’investigations approfondies à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et d’analyses factorielles confirmatoires (AFC).

Analyses exploratoires (AFE)

L’extraction initiale par analyse en composantes principales avec rotation orthogonale (Varimax) ou oblique (Promax) fait émerger clairement une organisation sous-tendue par la nature clinique des événements redoutés. Les solutions factorielles mettent en évidence :

  • Un facteur majeur centré sur les Infections Sexuellement Transmissibles et le VIH, où les items d’inquiétude, de peur et de stress saturent massivement (saturations factorielles oscillant entre 0,72 et 0,89).
  • Un facteur distinct regroupant les items relatifs à la Grossesse (saturations supérieures à 0,80), confirmant que la menace biologique et sociale de la reproduction se distingue conceptuellement du risque nosocomial infectieux.
  • Dans la version triadique à 9 items (Grossesse, IST, VIH), l’analyse extrait trois composantes claires expliquant conjointement plus de 75 % de la variance totale, où les triplets d’items (worry, feel afraid, stress out) se regroupent parfaitement sous leur pathologie respective sans saturation croisée significative (< 0,30 sur les facteurs secondaires).

Analyses confirmatoires (AFC)

Les modélisations en équations structurelles corroborent la supériorité d’un modèle factoriel de premier ordre corrélé (ou hiérarchique de second ordre avec un facteur global d’inquiétude sexuelle) par rapport à un modèle unidimensionnel strict. Les indices d’ajustement respectent les seuils méthodologiques exigeants de Hu et Bentler :

  • Indice de comparaison de Bentler (CFI) > 0,95
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,94
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) < 0,06 (intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,03 et 0,08)
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) < 0,05

Ces paramètres statistiques confirment l’invariance de mesure de l’instrument à travers le temps et justifient pleinement l’utilisation indépendante des trois sous-échelles ou le recours à un score composite cumulé.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé concis, administrable sur support papier ou par voie numérique.

  • Type d’instrument : Échelle d’auto-évaluation comportementale et affective (self-administered behavioral/affective scale).
  • Format d’administration : Auto-passation individuelle, sur questionnaire papier-crayon, tablette numérique ou interface Web sécurisée.
  • Nombre total d’items : 9 items structurés en trois sous-échelles symétriques de 3 items.
  • Structure des sous-échelles :
    • Worry About Pregnancy (Inquiétude liée à la grossesse) : Items 1, 2 et 3.
    • Worry About STIs (Inquiétude liée aux IST) : Items 4, 5 et 6.
    • Worry About HIV (Inquiétude liée au VIH) : Items 7, 8 et 9.
  • Format et ancrage de réponse : Échelle de Likert en 5 points :
    • 1 = Jamais (Never)
    • 2 = Presque jamais (Almost never)
    • 3 = Parfois (Sometimes)
    • 4 = Presque toujours (Almost always)
    • 5 = Toujours (Always)
  • Règles de cotation et de calcul :
    • Aucun item inversé. Tous les énoncés sont orientés positivement vers la présence du construit : un chiffre élevé dénote une inquiétude plus fréquente et intense.
    • Scores des sous-échelles : Somme ou moyenne arithmétique des 3 items constitutifs. En scores sommés, chaque sous-échelle s’étend de 3 à 15 points.
    • Score total : Somme des 9 items, variant de 9 à 45 points (ou moyenne globale de 1 à 5). Plus le score est élevé, plus le niveau d’anxiété et de préoccupation face aux conséquences de l’activité sexuelle est sévère.
  • Durée de passation : Moins de 5 minutes (en moyenne 2 à 3 minutes).
  • Niveau de lecture : Conçu pour un niveau d’alphabétisation élémentaire (accessible dès la classe de CM1 / fourth-grade reading level).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’instrument a été initialement publié en 2008 dans la revue scientifique à comité de lecture Health Education Research (Sales et al., 2008). En tant qu’outil issu de recherches académiques financées par des fonds publics fédéraux américains (National Institute of Mental Health), l’échelle est classée dans le domaine public à des fins scientifiques et pédagogiques.

  • Année de publication princeps : 2008.
  • Tarifs et redevances : L’accès et l’utilisation de l’instrument sont entièrement gratuits pour la recherche académique, les contextes universitaires et les programmes communautaires de santé publique à but non lucratif. Aucun coût de licence n’est exigé.
  • Permissions d’usage : Les chercheurs et cliniciens sont libres d’administrer l’échelle dans leurs protocoles sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de référence (Sales et al., 2008). Les auteurs invitent courtoisement les utilisateurs à leur communiquer les résultats psychométriques obtenus auprès de nouvelles cohortes (contact : Jessica McDermott Sales, Emory University). Tout usage commercial ou intégration dans un produit propriétaire payant nécessite une autorisation formelle préalable des ayants droit.

12. Références / References

Les sources bibliographiques suivantes constituent le fondement méthodologique et théorique de l’instrument (présentées selon les normes de l’APA 7e édition) :

  • Cohen, J. (1988). Statistical power analysis for the behavioral sciences (2nd ed.). Lawrence Erlbaum Associates. https://doi.org/10.4324/9780203771587
  • Gliner, J. A., Morgan, G. A., & Harmon, J. J. (2001). Measurement reliability. Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, 40(4), 486–488. https://doi.org/10.1097/00004583-200104000-00019
  • Loewenstein, G. F., Weber, E. U., Hsee, C. K., & Welch, N. (2001). Risk as feelings. Psychological Bulletin, 127(2), 267–286. https://doi.org/10.1037/0033-2909.127.2.267
  • Melchior, L. A., Huba, G. J., Brown, V. B., & Reback, C. J. (1993). A short depression index for women. Educational and Psychological Measurement, 53(4), 1117–1125. https://doi.org/10.1177/0013164493053004024
  • Milhausen, R. R., Sales, J. M., Wingood, G. M., DiClemente, R. J., Salazar, L. F., & Crosby, R. A. (2007). Validation of a partner communication scale for use in HIV/AIDS prevention interventions. Journal of HIV/AIDS Prevention in Children & Youth, 8(1), 11–33. https://doi.org/10.1300/J499v08n01_02
  • Rogers, R. W. (1983). Cognitive and physiological processes in fear appeals and attitude change: A revised theory of protection motivation. In J. T. Cacioppo & R. E. Petty (Eds.), Social psychophysiology: A sourcebook (pp. 153–176). Guilford Press.
  • Sales, J. M., Spitalnick, J., Milhausen, R. R., Wingood, G. M., DiClemente, R. J., Salazar, L. F., & Crosby, R. A. (2008). Validation of the worry about sexual outcomes scale for use in STI/HIV prevention interventions for adolescent females. Health Education Research, 24(1), 140–152. https://doi.org/10.1093/her/cyn004
  • St. Lawrence, J. S., Chapdelaine, A., Devieux, J., O’Bannon, R., Brasfield, T., & Eldridge, G. (1999). Measuring perceived barriers to condom use: Psychometric evaluation of the Condom Barriers Scale. Assessment, 6(4), 391–404. https://doi.org/10.1177/107319119900600408
  • St. Lawrence, J. S., Reitman, D., Jefferson, K. W., Alleyne, E., Brasfield, T. L., & Shirley, A. (1994). Factor structure and validation of an adolescent version of the Condom Attitude Scale: An instrument for measuring adolescents’ attitudes toward condoms. Psychological Assessment, 6(4), 352–359. https://doi.org/10.1037/1040-3590.6.4.352
  • Zimet, G. D., Dahlem, N. W., Zimet, S. G., & Farley, G. K. (1988). The Multidimensional Scale of Perceived Social Support. Journal of Personality Assessment, 52(1), 30–41. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa5201_2

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: In the past 6 months, how often did you:
Response Scale: 5-point Likert scale: 1 = Never, 2 = Almost never, 3 = Sometimes, 4 = Almost always, 5 = Always
Scoring / Reverse Items: Items are summed or averaged to create an overall score or subscale scores. The scale yields three subscales (3 items each): Worry About Pregnancy (items 1-3), Worry About STIs (items 4-6), and Worry About HIV (items 7-9). Higher scores reflect greater worry about negative sexual outcomes.
1

Worry that you might get pregnant (or get someone pregnant)?
2

Feel afraid that you might get pregnant (or get someone pregnant)?
3

Stress out that you might get pregnant (or get someone pregnant)?
4

Worry that you might get a sexually transmitted disease (like chlamydia, gonorrhea, herpes, or warts)?
5

Feel afraid that you might get a sexually transmitted disease (like chlamydia, gonorrhea, herpes, or warts)?
6

Stress out that you might get a sexually transmitted disease (like chlamydia, gonorrhea, herpes, or warts)?
7

Worry that you might get HIV (the virus that causes AIDS)?
8

Feel afraid that you might get HIV (the virus that causes AIDS)?
9

Stress out that you might get HIV (the virus that causes AIDS)?
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Looti, M. (2026, octobre 18). Échelle d’inquiétude face aux conséquences sexuelles. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-inquietude-consequences-sexuelles-waso
Looti, Mohammed. “Échelle d’inquiétude face aux conséquences sexuelles.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-inquietude-consequences-sexuelles-waso.
Looti, Mohammed. “Échelle d’inquiétude face aux conséquences sexuelles.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-inquietude-consequences-sexuelles-waso.