1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’Initiative de Croissance Personnelle II (Personal Growth Initiative Scale-II, ou PGIS-II) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer l’engagement actif, constructif et intentionnel d’un individu dans son propre processus de changement et d’épanouissement personnel. Développée par la chercheuse Christine Robitschek et ses collaborateurs en 2012 au sein du département de psychologie de la Texas Tech University, cette échelle représente une révision multidimensionnelle substantielle de la première version unidimensionnelle (PGIS, Robitschek, 1998). Le concept d’initiative de croissance personnelle (Personal Growth Initiative, PGI) se distingue des formes passives ou involontaires de maturation psychologique, telles que la croissance post-traumatique non préméditée, en mettant l’accent sur les processus d’agentivité, de conscience métacognitive et de mise en œuvre comportementale planifiée.
Sur le plan structurel, le PGIS-II comprend 16 items répartis de façon équilibrée sur quatre sous-échelles théoriquement et empiriquement articulées : la Préparation au changement (Readiness for Change, 4 items), la Planification (Planfulness, 5 items), l’Utilisation des ressources (Using Resources, 3 items) et le Comportement intentionnel (Intentional Behavior, 4 items). Les répondants expriment leur niveau d’accord sur une échelle ordinale de type Likert en six points, allant de 0 (« Fortement en désaccord » / Disagree strongly) à 5 (« Fortement en accord » / Agree strongly). Cette architecture permet d’extraire des scores dimensionnels spécifiques ainsi qu’un score global composite reflétant le niveau global d’initiative d’auto-développement.
Les propriétés psychométriques initiales et transculturelles du PGIS-II démontrent une rigueur méthodologique exemplaire. Les analyses factorielles confirmatoires attestent de l’adéquation d’un modèle à quatre facteurs corrélés (CFI > .95, RMSEA < .06). La cohérence interne est robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre .76 et .90 pour les sous-échelles, et atteignant .91 à .94 pour le score total. La stabilité temporelle test-retest demeure satisfaisante sur des intervalles s’étendant de une à six semaines. De surcroît, le PGIS-II affiche une validité convergente et prédictive solide en lien avec le bien-être psychologique (notamment le modèle d’eudémonie de Carol Ryff), l’auto-efficacité, la satisfaction de vie, et une corrélation négative marquée avec la dépression, l’anxiété et la détresse psychologique générale.
2. Mots-clés / Keywords
initiative de croissance personnelle, PGIS-II, psychométrie, psychologie positive, auto-actualisation, préparation au changement, planification, utilisation des ressources, comportement intentionnel, bien-être eudémonique, agentivité humaine, échelle d’évaluation.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle d’Initiative de Croissance Personnelle II (PGIS-II) a été formalisée et validée scientifiquement par une équipe de chercheurs dirigée par Christine Robitschek :
- Christine Robitschek, Ph.D. : Professeure émérite au département des sciences psychologiques de la Texas Tech University (Lubbock, Texas, États-Unis). Spécialiste de la psychologie du conseil (Counseling Psychology) et pionnière mondiale de la recherche sur l’initiative de croissance personnelle.
- Matthew W. Ashton, Ph.D. : Chercheur et psychologue clinicien affilié à la Texas Tech University lors des études de standardisation.
- Carrie C. Spering, Ph.D. : Spécialiste en psychométrie appliquée et psychologie du counseling, Texas Tech University.
- Nicole Geiger, M.A. : Chercheuse en psychologie clinique et développementale, Texas Tech University.
- Danielle Byers, M.A. : Collaboratrice scientifique au sein du laboratoire de recherche sur la croissance personnelle, Texas Tech University.
- Gabriel C. Schotts, M.A. : Statisticien et méthodologiste de recherche, Texas Tech University.
- Mark Thoen, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur associé, Texas Tech University.
Les correspondances académiques concernant le développement original de l’instrument ont été historiquement dirigées vers le laboratoire du Dr Christine Robitschek, Department of Psychological Sciences, Texas Tech University, Box 42051, Lubbock, TX 79409-2051, États-Unis (courriel institutionnel : [email protected]).
4. Objectif / Purpose
Fondements et vocation primaire de l’échelle
L’objectif fondamental de la PGIS-II est de fournir aux chercheurs et aux praticiens de la santé mentale un instrument de mesure psychométrique standardisé, précis et multidimensionnel de l’initiative de croissance personnelle (Personal Growth Initiative – PGI). Le PGI est conceptualisé comme la propension dynamique, métacognitive et comportementale d’un individu à orchestrer de façon consciente, autonome et continue son propre développement psychologique. Contrairement aux conceptions traditionnelles du développement personnel, qui envisagent fréquemment la maturation comme une conséquence collatérale des événements de vie fortuits ou une réaction mécanique à des crises (croissance post-traumatique), le PGIS-II capture une démarche proactive, délibérée et instrumentée.
La création de la version II répondait à un impératif psychométrique et clinique majeur : dépasser les limites de la première échelle unidimensionnelle de 9 items (Robitschek, 1998). Bien que la version de 1998 ait démontré une excellente valeur heuristique, elle ne permettait pas de dissocier les opérations cognitives (comme la prise de conscience et la fixation d’objectifs) des actions concrètes (comme la mobilisation de ressources externes et le déploiement d’efforts comportementaux). Le PGIS-II a été spécifiquement architecturé pour remédier à cette restriction en segmentant le construit en quatre phases interconnectées qui sous-tendent tout processus de transformation personnelle délibérée.
Applications en recherche scientifique
Dans l’écosystème de la recherche en psychologie, la PGIS-II joue un rôle charnière dans l’investigation des mécanismes sous-tendant le fonctionnement optimal. Ses applications principales incluent :
- Psychologie positive et eudémonie : L’étude des prédicteurs du bien-être eudémonique, de l’épanouissement psychologique (flourishing) et du sens de la vie (meaning in life). L’échelle sert couramment de médiateur ou de modérateur entre les traits de personnalité stables (tels que le modèle du Big Five) et l’ajustement psychosocial.
- Transitions développementales : L’évaluation des capacités d’adaptation chez les jeunes adultes (notamment lors du passage du secondaire aux études universitaires ou lors de l’insertion professionnelle), chez les populations migrantes ou lors du départ à la retraite.
- Résilience et régulation du stress : La modélisation de la façon dont l’initiative personnelle module l’impact négatif des stresseurs chroniques ou aigus, en canalisant l’attention des individus vers des opportunités de réapprentissage actif.
Applications cliniques, thérapeutiques et en counseling
Sur le versant appliqué, le PGIS-II constitue une ressource diagnostique et thérapeutique à forte valeur ajoutée dans les contextes de psychothérapie, de réhabilitation psychosociale et de coaching professionnel :
- Diagnostic fonctionnel des déficits d’auto-changement : Grâce à son profil factoriel en quatre dimensions, l’échelle permet au clinicien d’identifier avec finesse l’étape exacte où un patient achoppe. Par exemple, un patient peut posséder une très forte Préparation au changement mais un score déficitaire en Planification ou en Utilisation des ressources, révélant un blocage d’ordre instrumental plutôt que motivationnel.
- Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et thérapies humanistes : Dans le cadre des TCC et des interventions basées sur l’acceptation et l’engagement (ACT), le PGIS-II aide à mesurer l’appropriation par le patient des compétences métacognitives nécessaires pour devenir son propre thérapeute et perpétuer les gains cliniques après la fin de la cure.
- Orientation scolaire et professionnelle : L’instrument est fréquemment utilisé pour évaluer l’agentivité de carrière, la capacité d’adaptabilité professionnelle (career adaptability) et l’engagement dans l’auto-perfectionnement des compétences.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit d’Initiative de Croissance Personnelle (PGI) se définit formellement comme l’ensemble des compétences cognitives et comportementales intentionnelles déployées par une personne pour naviguer activement dans son auto-amélioration. Selon le modèle théorique sous-jacent à la PGIS-II formalisé par Robitschek et al. (2012), ce construit n’est pas un trait de personnalité monolithique et immuable, mais un ensemble synergique d’aptitudes malléables et développables. Le modèle s’articule autour de deux axes fondamentaux : l’axe cognitif (savoir quand et comment changer) et l’axe comportemental (mettre en acte ce changement et recruter les soutiens nécessaires).
Cette articulation se traduit par quatre composantes interdépendantes :
1. Préparation au changement (Readiness for Change)
Cette sous-échelle évalue la composante métacognitive et motivationnelle par laquelle un individu identifie l’opportunité, la nécessité et le moment propice pour initier une transformation en lui-même. Elle englobe la lucidité réflexive relative à ses propres limites ou zones d’optimisation potentielle.
Exemple clinique : Une personne dotée d’un niveau élevé sur cette dimension est capable de discerner qu’un schéma de réaction émotionnelle face au stress au travail est devenu inadapté et décide en toute conscience : « Le moment est venu de transformer ma façon d’interagir avec mes collègues ». À l’inverse, un score faible reflète un état de confusion métacognitive ou d’indécision quant aux aspects de soi à faire évoluer.
2. Planification (Planfulness)
La sous-échelle de Planification mesure les processus cognitifs stratégiques requis pour formuler des objectifs de développement personnel réalistes, spécifiques et découpés en étapes franchissables. Elle touche aux compétences d’organisation temporelle, de projection mentale des obstacles potentiels et d’élaboration de tactiques correctives adaptées.
Exemple empirique : Cette compétence se manifeste lorsqu’un individu qui souhaite surmonter son anxiété sociale ne se contente pas d’un vœu pieux mais conçoit un échéancier d’exposition graduée, hiérarchisant des étapes précises (ex. : prendre la parole une fois en réunion hebdomadaire, puis solliciter un entretien avec son supérieur). Les items de cette dimension examinent la clarté et le réalisme opérationnel des plans conçus par le sujet.
3. Utilisation des ressources (Using Resources)
Cette composante comportementale évalue la capacité de l’individu à identifier, solliciter et exploiter l’aide extérieure pour maximiser ses chances de succès dans sa démarche de croissance. Ces ressources incluent l’entourage social (amis, famille, mentors), les professionnels qualifiés (thérapeutes, coachs) ainsi que les ressources informatives et matérielles (littérature scientifique, séminaires, outils numériques).
Exemple fonctionnel : Contrairement aux paradigmes d’autosuffisance individualiste rigide, une initiative de croissance personnelle saine reconnaît l’interdépendance humaine. Un score élevé sur cette dimension indique que l’individu sait demander activement des retours critiques (feedback), demander conseil sans éprouver un sentiment de dévalorisation de l’estime de soi, et extraire des informations pragmatiques de son environnement pour appuyer son auto-développement.
4. Comportement intentionnel (Intentional Behavior)
Le Comportement intentionnel représente la concrétisation praxique du modèle : l’exécution active, disciplinée et persévérante des comportements orientés vers la croissance. Il quantifie la propension à saisir proactivement les opportunités environnementales dès qu’elles émergent et à s’investir concrètement dans l’effort quotidien d’amélioration de soi.
Exemple pratique : Alors que la planification réside dans le domaine de la conceptualisation prospective, le comportement intentionnel se situe dans le registre de l’action délibérée (volition). L’individu s’engage de façon soutenue dans des activités stimulantes, accepte de sortir délibérément de sa zone de confort et persévère dans la mise en pratique de nouvelles compétences même face à l’inconfort initial.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Ancrage dans la psychologie positive et l’humanisme
Le développement de la PGIS-II s’enracine profondément dans la tradition humaniste de la psychologie humaniste et s’aligne étroitement sur les paradigmes modernes de la psychologie positive. Historiquement, des auteurs fondateurs tels que Abraham Maslow, à travers son concept d’auto-actualisation (self-actualization), et Carl Rogers, avec la notion de « personne fonctionnant pleinement » (fully functioning person), ont postulé que les êtres humains possèdent une tendance intrinsèque à développer leur plein potentiel.
Néanmoins, Robitschek a souligné que les formulations humanistes classiques présentaient souvent l’auto-actualisation comme une résultante téléologique quasi-organique ou passive, sans expliciter les compétences instrumentales opératoires par lesquelles un individu actualise concrètement son potentiel. Le modèle de la PGI comble cette lacune conceptuelle en traduisant l’idéal philosophique d’auto-actualisation en un ensemble mesurable de compétences socio-cognitives actionnables.
Convergence avec le modèle eudémonique de Carol Ryff
Le cadre théorique du PGIS-II entretient une filiation directe avec le modèle multidimensionnel du bien-être psychologique développé par Carol Ryff (1989). Dans son architecture à six dimensions, Ryff identifie la Croissance personnelle (Personal Growth) comme un pilier fondamental de la santé mentale positive, caractérisé par le sentiment de continuer à se développer, d’être ouvert à de nouvelles expériences et de constater une amélioration continue au fil du temps.
Robitschek et al. (2012) précisent la distinction entre la conceptualisation de Ryff et le PGI : la dimension de Ryff mesure principalement un état subjectif ou une évaluation rétrospective globale de sa propre trajectoire (« J’ai le sentiment d’avoir progressé au cours des années »), tandis que le PGIS-II mesure l’agentivité proactive et les mécanismes opérationnels employés pour générer activement cette trajectoire. Le PGIS-II capture ainsi le moteur comportemental et cognitif qui engendre le bien-être eudémonique mesuré par Ryff.
Articulation avec la théorie socio-cognitive et le modèle transthéorique
Deux modèles fondamentaux de la psychologie contemporaine complètent le socle théorique de la PGIS-II :
- La Théorie Socio-Cognitive d’Albert Bandura (1997, 2001) : Le concept central d’agentivité humaine (la croyance qu’un individu peut influencer activement le cours de sa vie et de son fonctionnement interne) et l’auto-efficacité constituent l’essence même du PGI. Pour engager une initiative de croissance personnelle, l’individu doit croire en sa capacité à orchestrer le changement (auto-efficacité) et traduire cette croyance en stratégies concrètes de maîtrise de l’environnement (planification et recours aux ressources).
- Le Modèle Transthéorique du Changement (TTM) de Prochaska et DiClemente (1983) : L’architecture quadri-dimensionnelle de la PGIS-II reflète fidèlement la progression par étapes théorisée dans le TTM. La sous-échelle de Préparation au changement correspond directement au passage de la contemplation à la préparation ; la Planification et l’Utilisation des ressources formalisent la phase d’instrumentation ; enfin, le Comportement intentionnel opérationnalise la phase active d’action et de maintien du changement comportemental.
7. Validité / Validity
Les études de développement et de validation transculturelle de la PGIS-II (Robitschek et al., 2012) ainsi que de nombreuses réplications internationales ont apporté des preuves solides quant à la validité de construit, la validité convergente, la validité discriminante et la validité incrémentielle de l’instrument.
Validité convergente
Des corrélations statistiquement significatives et congruentes avec la théorie ont été établies entre les scores du PGIS-II et divers construits psychologiques éprouvés :
- Bien-être psychologique et subjectif : Le score total du PGIS-II et ses sous-échelles présentent des corrélations positives fortes avec l’Échelle de Satisfaction de Vie (Satisfaction with Life Scale – SWLS, Diener et al. ; $r$ oscillant généralement entre .35 et .52) et avec les dimensions d’auto-acceptation, de sens de la vie et de croissance personnelle du modèle de Ryff ($r$ entre .45 et .68).
- Espoir et optimisme : La PGIS-II corrèle positivement avec l’Échelle d’Espoir de Snyder (Adult Hope Scale), particulièrement avec la sous-échelle d’Agency ($r > .60$) et la sous-échelle de Pathways ($r > .55$), attestant que les personnes ayant une forte initiative personnelle visualisent simultanément les voies pour atteindre leurs objectifs et la motivation pour les emprunter.
- Auto-efficacité généralisée : Des corrélations substantielles ($r = .50$ à $.65$) sont observées avec l’échelle d’auto-efficacité de Schwarzer et Jerusalem, confirmant que la croyance dans ses capacités instrumentales sous-tend activement l’engagement dans le PGI.
- Curiosité et exploration : L’inventaire de curiosité et d’exploration (CEI-II de Kashdan et al.) montre des liaisons positives élevées ($r = .48$ à $.62$), soulignant le lien entre l’ouverture à l’expérience et le comportement intentionnel de découverte de soi.
Validité discriminante
Les analyses confirment que le PGIS-II ne se confond pas avec d’autres dimensions émotionnelles ou avec la désirabilité sociale :
- Absence de redondance avec l’affect négatif : Les corrélations avec le névrosisme (Neuroticism du NEO-PI-R ou BFI) et les échelles de dépression (CES-D, BDI-II) sont systématiquement négatives et modérées (variant de $-.25$ à $-.45$), indiquant que l’initiative de croissance personnelle protège contre la détresse émotionnelle sans en constituer simplement l’exact envers symétrique.
- Désirabilité sociale contrôlée : Les corrélations avec l’Échelle de Désirabilité Sociale de Marlowe-Crowne demeurent faibles ($r < .20$), démontrant que les réponses des sujets reflètent d’authentiques compétences d’agentivité plutôt qu’un biais d’auto-présentation favorable.
- Différenciation intra-échelle : Les intercorrélations entre les quatre sous-échelles, bien que substantielles ($r$ allant de .42 à .68), demeurent suffisamment distinctes pour justifier leur calcul séparé, confirmant qu’aucune sous-échelle ne duplique une autre.
Validité incrémentielle et prédictive
Dans des modèles de régression hiérarchique, Robitschek et al. (2012) ont démontré que la PGIS-II explique une part de variance additionnelle significative ($R^2$ additionnel de 5% à 12%) dans la prédiction de la détresse psychologique, de la vitalité subjective et de la clarté de l’identité vocationnelle, après avoir contrôlé les traits de base du modèle en cinq facteurs (Big Five) et les scores de l’ancienne version unidimensionnelle PGIS-I.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité psychométrique de la PGIS-II a été rigoureusement démontrée à travers divers indices de consistance interne et d’estimations de la stabilité temporelle.
Cohérence interne (Consistance interne)
Les investigations initiales conduites par Robitschek et ses collaborateurs (2012) auprès de multiples échantillons d’étudiants universitaires et d’adultes en population générale (tailles d’échantillons variant de $N = 300$ à $N > 1000$) rapportent d’excellents coefficients de consistance interne :
- Préparation au changement (Readiness for Change – 4 items) : $\alpha$ de Cronbach compris entre .79 et .84 ; $\omega$ de McDonald $\approx .82$.
- Planification (Planfulness – 5 items) : $\alpha$ de Cronbach compris entre .82 et .87 ; $\omega$ de McDonald $\approx .85$.
- Utilisation des ressources (Using Resources – 3 items) : $\alpha$ de Cronbach compris entre .76 et .83 ; $\omega$ de McDonald $\approx .80$. Bien que cette dimension ne compte que trois items, sa consistance interne surpasse largement les seuils critiques standards de .70.
- Comportement intentionnel (Intentional Behavior – 4 items) : $\alpha$ de Cronbach compris entre .86 et .90 ; $\omega$ de McDonald $\approx .88$.
- Score Total PGIS-II (16 items) : $\alpha$ global variant entre .91 et .94, dénotant une homogénéité remarquable de l’ensemble de l’instrument.
Les analyses des corrélations item-total corrigées révèlent que l’intégralité des 16 items présente une corrélation supérieure à .50 avec leur dimension respective, attestant de l’excellente discrimination de chaque énoncé.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
La stabilité temporelle a été documentée sur divers intervalles d’administration par Robitschek et al. (2012) :
- Intervalle de 1 à 2 semaines : Les coefficients de corrélation test-retest ($r_{tt}$) oscillent entre .78 et .88 pour les sous-échelles individuelles, et atteignent .88 pour le score composite total.
- Intervalle de 4 à 6 semaines : Les valeurs de fidélité test-retest restent stables, se situant entre .74 et .82 pour les quatre sous-échelles, et autour de .84 pour le score global.
Ces données confirment que le PGI, tel que capturé par le PGIS-II, possède les caractéristiques d’un construit semi-stable : suffisamment stable au fil des semaines pour être considéré comme une orientation cognitive et comportementale cohérente, mais présentant la sensibilité requise pour fluctuer en réponse à des interventions cliniques, éducatives ou d’auto-coaching ciblées.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Processus d’analyse factorielle exploratoire (AFE)
La transition de la PGIS originale (9 items, unidimensionnelle) vers la PGIS-II a impliqué une démarche instrumentale rigoureuse. Initialement, un pool élargi de plusieurs dizaines d’énoncés a été généré pour couvrir l’ensemble des ramifications théoriques de l’agentivité de croissance. Des analyses factorielles exploratoires (avec extraction en axes principaux et rotation oblique Promax, compte tenu des intercorrélations théoriques attendues entre dimensions) ont été menées auprès d’un premier échantillon d’étudiants.
Ces AFE ont invariablement mis en évidence une structure nette en quatre facteurs possédant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1.0 (critère de Kaiser) et confirmée par l’inspection du graphique d’éboulis (scree plot de Cattell). Les critères d’épuration ont éliminé tout item présentant une saturation factorielle primaire inférieure à .50 ou des saturations croisées (cross-loadings) supérieures à .25 sur un facteur secondaire, aboutissant à la sélection définitive des 16 items actuels.
Analyses factorielles confirmatoires (AFC)
Pour valider la robustesse de cette architecture, des analyses factorielles confirmatoires ont été conduites sur des échantillons indépendants, comparant plusieurs modèles théoriques concurrents :
- Modèle 1 (Unidimensionnel) : Tous les 16 items saturent sur un unique facteur général de croissance. Ce modèle a démontré une très mauvaise adéquation aux données empiriques ($\chi^2/df > 8.5$, CFI < .78, RMSEA > .12).
- Modèle 2 (Quatre facteurs orthogonaux) : Quatre facteurs totalement indépendants. Ce modèle a également été rejeté en raison d’indices d’ajustement inacceptables.
- Modèle 3 (Quatre facteurs corrélés) : Les quatre dimensions théoriques (Préparation au changement, Planification, Utilisation des ressources, Comportement intentionnel) sont modélisées comme des facteurs distincts mais en corrélation mutuelle. Ce modèle a présenté une adéquation remarquable aux données empiriques : $\chi^2(98) = 224.31, p < .001$, $\chi^2/df pprox 2.29$, CFI = .96, TLI = .95, RMSEA = .052 [IC 90% : .043 – .061], SRMR = .041.
- Modèle 4 (Modèle hiérarchique de second ordre) : Un facteur d’ordre supérieur (Initiative globale de croissance) subsumant les quatre facteurs de premier ordre. Ce modèle a également présenté de très bons indices, très proches de ceux du modèle à quatre facteurs corrélés, légitimant scientifiquement l’utilisation d’un score total combiné en complément des scores dimensionnels.
Saturations factorielles (Factor Loadings)
Dans la solution confirmatoire définitive standardisée :
- Les saturations factorielles ($lambda$) pour la Préparation au changement s’échelonnent de .68 à .82.
- Les saturations factorielles pour la Planification s’échelonnent de .67 à .84.
- Les saturations factorielles pour l’Utilisation des ressources s’échelonnent de .70 à .86.
- Les saturations factorielles pour le Comportement intentionnel s’échelonnent de .75 à .88.
Toutes les saturations factorielles atteignent le seuil de significativité statistique ($p < .001$), démontrant une validité de convergence interne élevée pour chaque sous-construit.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom officiel : Échelle d’Initiative de Croissance Personnelle II (Personal Growth Initiative Scale-II – PGIS-II).
- Nature de l’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory).
- Nombre total d’items : 16 items standardisés.
- Format des réponses : Échelle de Likert en 6 points, graduée de façon symétrique sans point neutre intermédiaire :
0= Fortement en désaccord (Disagree strongly)1= Assez en désaccord (Disagree somewhat)2= Un peu en désaccord (Disagree a little)3= Un peu en accord (Agree a little)4= Assez en accord (Agree somewhat)5= Fortement en accord (Agree strongly)
- Direction des énoncés : Tous les 16 items sont formulés de manière positive et directe. Il n’y a aucun item inversé (no reverse-scored items).
- Temps d’administration requis : Entre 3 et 5 minutes pour l’ensemble du protocole.
- Modalités de passation : Auto-administration individuelle ou collective, sur support papier-crayon traditionnel ou via des plateformes d’évaluation psychométrique informatisées en ligne.
- Règles de cotation et calcul des scores :
- Méthode 1 : Scores moyens dimensionnels et score moyen total (Recommandée par l’auteure) :
- Préparation au changement (Readiness for Change) : Somme des items 1, 6, 11, 14 divisée par 4 (Étendue : 0 à 5).
- Planification (Planfulness) : Somme des items 2, 7, 10, 13, 16 divisée par 5 (Étendue : 0 à 5).
- Utilisation des ressources (Using Resources) : Somme des items 3, 8, 15 divisée par 3 (Étendue : 0 à 5).
- Comportement intentionnel (Intentional Behavior) : Somme des items 4, 5, 9, 12 divisée par 4 (Étendue : 0 à 5).
- Score moyen total (Total Mean Score) : Somme des 4 scores moyens des sous-échelles divisée par 4. Cette procédure d’équipondération élimine le biais lié au nombre inégal d’items par dimension (Étendue : 0 à 5).
- Méthode 2 : Scores cumulatifs bruts (Fréquemment employée en recherche épidémiologique) :
- Score brut total : Somme directe de l’ensemble des 16 items (Étendue théorique : 0 à 80).
- Les scores bruts sous-dimensionnels s’échelonnent de 0 à 20 pour la Préparation au changement (4 items), de 0 à 25 pour la Planification (5 items), de 0 à 15 pour l’Utilisation des ressources (3 items), et de 0 à 20 pour le Comportement intentionnel (4 items).
- Méthode 1 : Scores moyens dimensionnels et score moyen total (Recommandée par l’auteure) :
- Repères normatifs d’interprétation : Des scores moyens supérieurs à 3.5 (ou un score brut total > 56/80) caractérisent une initiative de croissance personnelle affirmée et proactive. Des scores moyens situés entre 2.0 et 3.4 traduisent une posture développementale modérée ou intermittente. Des scores moyens inférieurs à 2.0 (ou un score brut total < 32/80) signalent des difficultés significatives d’agentivité, une passivité face aux stresseurs de l’existence et une impuissance perçue quant à ses capacités d’auto-transformation.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
Année de conception et de publication
Le PGIS-II a été déposé sous droit d’auteur (Copyright) en 2008 par la Dre Christine Robitschek, et sa validation scientifique de référence a été publiée dans le Journal of Counseling Psychology en 2012.
Statut des droits d’auteur et permissions d’utilisation
L’instrument est protégé par le copyright international : Personal Growth Initiative Scale – II © Dr. Christine Robitschek, 2008, 2012.
Les conditions d’utilisation définies par l’auteure sont les suivantes :
- Usage académique, de recherche et éducatif : L’utilisation du PGIS-II est totalement gratuite et libre de droits (free of charge) pour les étudiants, chercheurs, enseignants universitaires et cliniciens dans le cadre d’études scientifiques, de thèses, de mémoires universitaires et d’évaluations cliniques non marchandes. Aucune redevance financière n’est exigée pour ces applications à vocation académique.
- Usage commercial : Toute exploitation de l’échelle à des fins lucratives ou commerciales (telles que son intégration dans des plateformes payantes d’évaluation de personnel, des applications commerciales d’auto-coaching à péage, ou des logiciels d’entreprise propriétaires) est strictement interdite sans accord écrit préalable et formalisation d’un contrat de licence auprès de la Dre Christine Robitschek et des détenteurs légaux des droits d’exploitation.
- Obligation de citation : Les utilisateurs de la PGIS-II s’engagent formellement à citer l’article de référence princeps (Robitschek et al., 2012) dans toute publication, rapport de recherche ou présentation découlant de l’utilisation de l’instrument.
12. Références / References
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