1. Résumé
L’Échelle d’identité de genre masculine pour femmes (en anglais : Masculine Gender Identity Scale for Females, abrégée MGIS) est un instrument d’évaluation psychométrique développé par Ray Blanchard et Kurt Freund en 1983 au sein de la Clarke Institute of Psychiatry (actuellement rattachée au Centre for Addiction and Mental Health, Toronto, Canada). Conçue à l’origine pour quantifier l’expression de la « masculinité » comportementale et psychologique chez les femmes homosexuelles et pour évaluer les manifestations cliniques de la dysphorie de genre féminine vers masculine, la MGIS conceptualise l’identité de genre masculine chez les personnes assignées femmes à la naissance comme un continuum dimensionnel quantitatif. L’échelle est structurée en deux sous-échelles distinctes : la Partie A (20 items), administrable à toute personne de sexe féminin âgée de plus de 17 ans, qui explore les préférences rétroactives de l’enfance relatives aux pairs, aux jeux, aux tâches ménagères stéréotypées, aux fantasmes de rôles adultes et aux désirs explicites d’appartenir au sexe masculin ; et la Partie B (9 items), administrable spécifiquement aux femmes homosexuelles et aux hommes transgenres, qui investigue les comportements de travestissement (cross-dressing), les ressentis corporels et les préférences érotiques et de rôle sexuel.
D’un point de vue psychométrique, la MGIS présente d’excellentes qualités de fidélité et de validité. L’analyse de cohérence interne rapporte un coefficient alpha de Cronbach de 0,89 pour la Partie A et de 0,92 pour la Partie B. Les analyses factorielles révèlent une structure robuste : la Partie A est dominée par un facteur primaire expliquant 31 % de la variance totale (70 % de la variance commune), tandis que la Partie B présente une solution unifactorielle homogène expliquant 57 % de la variance totale. La validité de construit et la validité discriminante sont étayées par une différenciation significative et hiérarchique entre trois cohortes féminines : femmes hétérosexuelles cisgenres, femmes homosexuelles cisgenres et personnes transmasculines en demande de transition médicale et chirurgicale. Cet article propose une analyse épistémologique et psychométrique exhaustive de l’instrument, de ses fondements théoriques socio-historiques et de ses implications dans la recherche contemporaine en sexologie et en psychologie différentielle.
2. Mots-clés
identité de genre, masculinité féminine, psychométrie, transsexualisme, dysphorie de genre, homosexualité féminine, Ray Blanchard, Kurt Freund, fidélité psychométrique, validité de construit, rôles de genre, sexologie clinique
3. Auteurs
L’échelle a été conçue et standardisée par des chercheurs pionniers de la psychiatrie et de la sexologie clinique nord-américaine :
- Ray Blanchard, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur émérite, affilié durant la majeure partie de sa carrière au Centre for Addiction and Mental Health (CAMH) et au Département de psychiatrie de l’Université de Toronto, Ontario, Canada. Ses contributions scientifiques portent sur les paraphilies, l’étiologie de l’orientation sexuelle et la typologie de l’identité transgenre (e-mail institutionnel d’archive : [email protected]).
- Kurt Freund, M.D., D.Sc. (1914–1996) : Psychiatre et sexologue d’origine tchécoslovaque, figure majeure de la pléthysmographie pénienne et de l’étude quantitative des orientations sexuelles et de l’identité de genre à la Clarke Institute of Psychiatry de Toronto.
4. Objectif
L’objectif fondamental de la Masculine Gender Identity Scale for Females (MGIS) réside dans la quantification standardisée, rétrospective et actuelle de l’identification au rôle masculin chez les personnes assignées femmes à la naissance. Lors de sa publication en 1983, la sexologie clinique et la psychiatrie diagnostique manquaient cruellement d’instruments psychométriquement rigoureux permettant de dissocier les simples variations de l’expression de genre (par exemple, le profil « garçon manqué » ou les comportements non conformes au genre sans altération de l’auto-identification) des formes profondes de dysphorie de genre conduisant à une demande formelle de réassignation sexuelle hormonale et chirurgicale.
Sur le plan étiologique et différentiel, Blanchard et Freund cherchaient à tester l’hypothèse selon laquelle l’homosexualité féminine et le transsexualisme féminin-vers-masculin (terme clinique d’époque désignant les hommes transgenres) s’inscrivent sur un même continuum psychopathologique et comportemental d’inversion du genre. Le développement de la MGIS faisait explicitement écho aux travaux antérieurs conduits par Freund et ses collaborateurs sur les populations masculines avec la Feminine Gender Identity Scale for Males (FGIS; Freund et al., 1974, 1977). L’intention première était d’offrir un outil symétrique permettant d’examiner si les manifestations de l’identité de genre déviant des normes stéréotypiques féminines procédaient d’une structure dimensionnelle unitaire ou multidimensionnelle.
En pratique clinique, l’échelle a été employée dans les bilans d’évaluation préopératoires au sein des cliniques de genre des années 1980 et 1990 afin de documenter l’antériorité développementale des traits masculins depuis la petite enfance. En effet, les critères diagnostiques du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-III, DSM-III-R puis DSM-IV) exigeaient la démonstration d’une non-conformité de genre persistante et précoce pour établir le diagnostic de trouble de l’identité de genre. Dans le champ de la recherche empirique, la MGIS a servi à investiguer les corrélats neurodéveloppementaux, endocriniens et familiaux associés à la non-conformité de genre féminine, en permettant de comparer quantitativement des cohortes de femmes hétérosexuelles, de lesbiennes cisgenres et d’hommes transgenres.
5. Construit psychologique
Le construit psychologique opérationnalisé par la MGIS est l’identité de genre masculine chez la femme (Masculine Gender Identity). Dans le modèle de Blanchard et Freund, ce construit n’est pas réductible à de simples traits de personnalité ou à des intérêts occupationnels superficiels, tels que ceux mesurés par les échelles classiques de masculinité-féminité (par exemple, l’échelle Mf du MMPI ou le Bem Sex-Role Inventory). L’instrument se concentre spécifiquement sur le degré auquel une personne s’écarte des conduites typiques de son sexe assigné pour converger vers les schémas comportementaux, fantasmatiques et relationnels observés chez les personnes transmasculines.
Sous-échelle A : Manifestations développementales et préférences précoces
La Partie A comprend 20 items applicables universellement aux femmes adultes (âgées de 17 ans et plus). Elle capture l’émergence précoce de la non-conformité de genre à travers plusieurs indicateurs phénoménologiques précis :
- Sélection des pairs et ségrégation genrée : Préférence marquée, entre 6 et 12 ans, pour des camarades de jeu masculins plutôt que féminins (Item 1).
- Activités ludiques et jouets stéréotypés : Préférence pour les jouets d’action guerriers, la mécanique ou le football, et rejet concomitant des jouets socialement prescrits aux filles comme les poupées, la dînette ou la couture (Item 2).
- Intérêts techniques et mécaniques : Attrait précoce pour le métier de mécanicien automobile ou les revues de mécanique industrielle (Items 3 et 8).
- Préférences narratives et identification projective : Prédilection pour les récits d’aventures viriles plutôt que pour les récits romantiques, accompagnée d’une identification systématique au héros masculin (cow-boy, explorateur, détective, soldat) plutôt qu’au personnage féminin passif ou sauvé (Items 4 et 7).
- Rôles domestiques et fonctions d’autorité : Inclination pour les corvées et travaux manuels réputés masculins aux périodes de 6 à 12 ans et de 13 à 16 ans (Items 5 et 6), combinée à l’imagination de soi comme leader courageux guidant autrui (Item 9).
- Aspiration explicite au changement de sexe morphologique : Présence récurrente du souhait d’être née garçon, quantifiée de manière développementale : entre 6 et 12 ans (Item 10), entre 13 et 16 ans (Item 11), et au-delà de 17 ans (Item 12).
- Auto-évaluation de l’apparence corporelle : Perception subjective de sa propre expression somatique et stylistique, oscillant de « très féminine » à « tout à fait masculine » (Item 13).
- Fantasmes d’héroïsme, de force motrice et de danger : Désir d’affronter physiquement des monstres ou agresseurs pour protéger autrui (Item 14), fantasmes de chasse au gros gibier (Item 15), ambition de développer une force musculaire supérieure (Item 16), fantasmes de pilotage d’avions (Item 20) ou de voitures de course (Item 18).
- Rejet des vocations féminines traditionnelles : Absence du désir rétrospectif d’exercer les métiers de styliste/couturière ou de danseuse (Items 17 et 19, à cotation inversée).
Sous-échelle B : Érotisme, travestissement et identité somatique adulte
La Partie B se compose de 9 items spécifiquement conçus pour les personnes gynophiles (ayant une attirance érotique envers les femmes), qu’elles se définissent comme lesbiennes cisgenres ou comme transmasculines. Elle mesure :
- Travestissement fétichiste ou identitaire : Fréquence du port de sous-vêtements ou de vêtements masculins au cours de trois tranches de vie distinctes : enfance (6-12 ans), adolescence (13-16 ans) et vie adulte (17 ans et plus) (Items 1 à 3).
- Motivation à l’incorporation corporelle masculine : Détermination des facteurs sous-tendant le désir d’acquérir une anatomie virile (Item 4 : satisfaction intrinsèque versus gratification du partenaire féminin).
- Éprouvé subjectif de masculinité interne : Sentiment d’« être un homme », qu’il soit contingent au port de vêtements masculins ou permanent et indépendant de tout artifice vestimentaire (Item 5).
- Dysphorie vestimentaire féminine : Réactions d’anxiété ou de malaise affectif profond déclenchées par l’obligation de porter des vêtements féminins complets (Item 6).
- Scripts sexuels et interactions érotiques : Modalités de contact érotique préférées, évaluant si le sujet privilégie une posture active/donatrice exclusive (stimuler les organes génitaux de la partenaire) plutôt qu’une posture réceptive (toucher des propres parties génitales du sujet par la partenaire) (Item 7).
- Complémentarité de genre dans le choix d’objet : Attirance préférentielle envers des partenaires féminines hautement féminisées (Item 8) et désir d’assumer la direction relationnelle du couple (Item 9).
6. Cadre théorique
Le cadre théorique au sein duquel la MGIS a été forgée s’articule autour des théories bio-comportementales et psychanalytiques modifiées de la sexologie nord-américaine de la seconde moitié du XXe siècle, portées par des figures telles que John Money, Robert Stoller, Richard Green et Kurt Freund. Ce paradigme repose sur le concept de « rôle de genre » (gender role) et d’« identité de genre » (gender identity), introduits pour distinguer le sexe anatomique de l’expérience vécue de soi comme être masculin ou féminin.
Dans l’approche de Blanchard et Freund (1983), l’identité de genre n’est pas considérée comme une catégorie strictement binaire ou discrète, mais comme un axe dimensionnel continu. Selon leur formulation, l’inversion du genre chez les personnes de sexe féminin s’exprime à des degrés variables d’intensité :
- Le pôle conventionnel, caractérisé par une identité féminine en accord avec les assignations sociales et anatomiques, incarné par la majorité des femmes hétérosexuelles.
- Un degré intermédiaire de déviation ou d’inversion, fréquemment retrouvé chez les femmes homosexuelles non transsexuelles (qualifiées historiquement de « lesbiennes simples »), qui conservent une conscience d’appartenance au sexe féminin tout en adoptant des traits comportementaux ou stylistiques masculins.
- Le pôle extrême de l’inversion de genre, représenté par les personnes transmasculines (hommes transgenres), pour qui la dissonance entre l’anatomie et le sentiment interne d’identité est si aiguë qu’elle suscite un rejet viscéral des caractères sexuels primaires et secondaires et une exigence thérapeutique de transition somatique.
Ce cadre théorique postule également une continuité temporelle remarquable des traits de genre depuis la première enfance jusqu’à l’âge adulte. Les auteurs ont rejeté l’idée que le transsexualisme féminin-vers-masculin puisse apparaître de manière subite à l’âge adulte sans antécédents développementaux profonds. La prépondérance accordée aux souvenirs de la période de 6 à 12 ans dans la Partie A reflète l’hypothèse centrale selon laquelle la phase de latence freudienne et l’entrée dans l’école primaire constituent la fenêtre développementale critique où la différenciation des rôles sexués se cristallise dans les interactions avec les pairs.
Enfin, la conception de la Partie B s’appuie sur les théories de la complémentarité érotique élaborées par Freund dans ses études sur l’homosexualité masculine. Selon cette vision, l’inversion d’identité chez les femmes homosexuelles masculines s’accompagne d’une érotisation spécifique où le sujet n’adopte pas seulement une position psychologique masculine, mais projette également sur sa partenaire féminine une exigence de féminité exacerbée, reproduisant ainsi les schémas de dimorphisme comportemental de l’hétérosexualité traditionnelle dans une dynamique homosexuelle.
7. Validité
Les propriétés de validité de la MGIS ont fait l’objet d’évaluations rigoureuses lors de l’étude princeps de Blanchard et Freund (1983), reposant sur un échantillon clinique et témoin soigneusement sélectionné.
Validité de construit et validité différentielle (Partie A)
La validité de construit de la Partie A a été éprouvée selon la méthode des groupes connus (known-groups validation). L’échelle a été administrée à un groupe total de 330 femmes réparties en trois sous-groupes cliniquement définis :
- 236 femmes hétérosexuelles cisgenres,
- 44 femmes homosexuelles cisgenres ne formulant aucune demande de chirurgie de réassignation sexuelle,
- 50 personnes transmasculines homosexuelles (au sens gynophile du terme selon la typologie de Blanchard) consultant pour une chirurgie de réassignation sexuelle.
Les analyses de variance ont démontré une différenciation statistique hautement significative entre les trois groupes (p < 0,001). Les scores moyens progressaient de façon strictement ordinale : les femmes hétérosexuelles obtenaient les scores de masculinité les plus faibles, les femmes homosexuelles présentaient des scores intermédiaires significativement plus élevés, et les hommes transgenres affichaient les scores les plus élevés de la distribution. Ces résultats confirment l’hypothèse de l’échelle selon laquelle l’identité de genre masculine varie selon un continuum croissant allant de la féminité normative au transsexualisme complet.
Validité différentielle de la Partie B
La Partie B, restreinte aux 94 sujets gynophiles (les 44 femmes homosexuelles et les 50 sujets transmasculins), a mis en évidence un pouvoir de discrimination clinique remarquable. Le groupe transsexuel a obtenu des scores systématiquement et significativement plus élevés que le groupe homosexuel non transsexuel sur l’ensemble des dimensions érotiques et d’incorporation corporelle masculine, attestant que cette sous-échelle isole efficacement les aspects de l’identité qui motivent une transformation corporelle chirurgicale.
Validité divergente et variables sociodémographiques
Les auteurs ont évalué l’influence potentielle de variables parasites telles que l’âge chronologique et le niveau d’instruction :
- Âge : Aucune corrélation statistiquement significative n’a été détectée entre l’âge des participantes et les scores à la Partie A, que ce soit au sein du groupe hétérosexuel, homosexuel ou transsexuel. De même, les scores de la Partie B se sont avérés parfaitement indépendants de l’âge des sujets.
- Niveau d’éducation : Les corrélations entre le niveau d’études et les scores de la Partie A étaient très faibles, fluctuant entre r = 0,12 et r = 0,15 selon les sous-groupes. Le niveau d’instruction n’explique ainsi qu’environ 2 % de la variance totale des scores de la Partie A. Pour la Partie B, aucune corrélation significative n’a été observée avec l’éducation. Ces résultats attestent d’une excellente indépendance de la mesure vis-à-vis des facteurs socioculturels généraux.
8. Fidélité
L’évaluation de la fidélité de la MGIS a porté principalement sur la consistance interne de ses deux sous-échelles, analysée au moyen du coefficient alpha de Cronbach ainsi que des coefficients de corrélation item-total corrigés (part-remainder correlations).
Consistance interne
- Partie A (20 items) : L’analyse de cohérence interne menée sur l’échantillon global de développement a produit un coefficient alpha de Cronbach de 0,89. Cette valeur dénote une très forte homogénéité des items de la sous-échelle consacrée aux préférences développementales et aux comportements d’enfance, largement supérieure au seuil conventionnel de 0,70 ou 0,80 requis pour une utilisation clinique individuelle.
- Partie B (9 items) : Malgré un nombre d’items restreint, la Partie B a démontré une consistance interne exceptionnelle avec un alpha de Cronbach de 0,92 auprès de la population gynophile. Ce résultat illustre l’étroite interdépendance des items mesurant le travestissement identitaire, l’aversion pour les tenues féminines et les scripts sexuels masculins.
Sélection et rétention des items
Durant la phase initiale d’étalonnage, un bassin préliminaire de 25 items avait été généré pour la Partie A. Les auteurs ont fixé un critère d’exclusion psychométrique rigoureux : tout item présentant une corrélation item-total résiduelle inférieure à 0,30 était éliminé. Vingt items ont satisfait ou dépassé ce critère d’admissibilité (r ≥ 0,30) et ont été intégrés dans la version définitive de l’instrument. Pour la Partie B, l’ensemble des 9 items initiaux a démontré des corrélations résiduelles supérieures à 0,30, garantissant qu’aucun item redondant ou inconsistant n’altérait la métrique globale.
9. Analyse factorielle
La structure dimensionnelle de la MGIS a été examinée par Blanchard et Freund (1983) au moyen d’analyses factorielles exploratoires en composantes principales suivies de rotations factorielles.
Structure factorielle de la Partie A
L’analyse factorielle des 20 items de la Partie A a fait émerger une solution dominée par une dimension unitaire majeure :
- Facteur principal : Ce facteur robuste explique à lui seul 31 % de la variance totale et représente 70 % de la variance commune entre les items. Il regroupe des saturations très élevées sur les items mesurant l’identification masculine explicite dans les récits imaginaires, le souhait rétrospectif d’être né garçon à travers les différents âges de la vie et le dégoût des activités traditionnellement assignées aux jeunes filles.
- Facteurs mineurs : L’analyse a identifié trois facteurs additionnels faibles, chacun rendant compte de moins de 6 % de la variance totale. Ces facteurs résiduels reflètent des regroupements idiosyncrasiques mineurs (tels que les activités mécaniques spécifiques ou les fantasmes de protection héroïque), mais ne remettent pas en cause la pertinence de calculer un score global cumulatif pour la Partie A.
Structure factorielle de la Partie B
L’analyse factorielle conduite sur les 9 items de la Partie B a révélé une structure factorielle strictement unidimensionnelle :
- Un unique facteur général a été extrait, expliquant 57 % de la variance totale.
- Tous les items de cette section saturent lourdement sur cette dimension latente sous-jacente, confirmant que le port de vêtements masculins, le sentiment interne d’identité virile, le malaise face aux attributs féminins et le positionnement dominant dans la sexualité lesbienne forment une constellation syndromique remarquablement unifiée chez les femmes homosexuelles très masculinisées et les hommes transgenres.
10. Instrument de mesure
L’Échelle d’identité de genre masculine pour femmes est un auto-questionnaire standardisé à choix multiples conçu pour une administration sur support papier-crayon ou numérique.
- Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique rétrospectif et longitudinal.
- Format d’administration : Auto-administré individuellement sous supervision clinique ou en contexte de recherche.
- Population cible :
- Partie A : Administrable à toute personne de sexe féminin assigné à la naissance âgée de 17 ans et plus (cisgenre hétérosexuelle, cisgenre homosexuelle/bisexuelle, ou personne transmasculine).
- Partie B : Administrable exclusivement aux personnes de sexe féminin gynophiles (femmes homosexuelles et hommes transgenres attirés par les femmes).
- Nombre total d’items : 29 items répartis en deux sections (20 items pour la Partie A ; 9 items pour la Partie B).
- Temps de passation :
- Partie A : Moins de 10 minutes.
- Partie B : Moins de 5 minutes.
- Passation complète : Environ 15 minutes.
- Format de réponse : Choix multiple à réponse unique obligée (les participants doivent cocher une seule modalité par item).
- Cotation et calcul des scores :
- Chaque modalité de réponse est associée à un poids numérique prédéfini compris entre 0 et 2 (indiqué entre parenthèses dans le protocole de cotation).
- La valeur numérique reflète le degré de masculinité du comportement ou de la cognition rapportée (0 = féminin/conforme ; 1 = intermédiaire/neutre ; 2 = masculin/inversé).
- Le score de la Partie A s’obtient en additionnant les points des items 1 à 20 (étendue théorique de 0 à 34 points).
- Le score de la Partie B s’obtient en additionnant les points des items 1 à 9 (étendue théorique de 0 à 18 points).
- Le Score Global de l’Échelle correspond à la somme arithmétique directe des scores des Parties A et B (Partie A + Partie B), réservé aux populations gynophiles. Un score élevé dénote un degré supérieur d’identité de genre masculine.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication princeps : 1983.
- Auteurs et ayant droit d’origine : Ray Blanchard et Kurt Freund, Clarke Institute of Psychiatry / Journal of Consulting and Clinical Psychology (American Psychological Association).
- Statut des droits et conditions d’accès : L’article fondateur et les items ont été publiés dans une revue scientifique de l’APA soumise au droit d’auteur académique conventionnel. L’utilisation de l’instrument dans le cadre de recherches non commerciales, d’études doctorales ou de bilans cliniques est autorisée sous réserve d’une citation bibliographique formelle de la publication de 1983. Toute incorporation dans un logiciel commercial ou un dispositif payant nécessite une autorisation formelle préalable auprès des détenteurs de copyright de l’APA.
- Tarif d’utilisation : Gratuit pour la recherche scientifique et la pratique clinique académique (instruments en libre accès documentaire scientifique).
12. Références
Les références bibliographiques suivantes constituent les fondements théoriques et méthodologiques de la MGIS et des instruments associés :
- Blanchard, R., & Freund, K. (1983). Measuring masculine gender identity in females. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 51(2), 205–214. https://doi.org/10.1037/0022-006X.51.2.205
- Freund, K., Langevin, R., Satterberg, J., & Steiner, B. W. (1977). Extension of the Gender Identity Scale for Males. Archives of Sexual Behavior, 6(6), 507–519. https://doi.org/10.1007/BF01541153
- Freund, K., Nagler, E., Langevin, R., Zajac, A., & Steiner, B. W. (1974). Measuring feminine gender identity in homosexual males. Archives of Sexual Behavior, 3(3), 249–260. https://doi.org/10.1007/BF01541480