1. Résumé / Abstract
L’Échelle des Expériences de Vie Dépressogènes (Depressive Life Experiences Scale, DLES), initialement conçue par William E. Snell Jr., Sharyn S. Belk et Raymond C. Hawkins II (1986, 1990), est un instrument psychométrique auto-rapporté destiné à évaluer la survenue, la résonance affective et l’impact global d’événements de vie spécifiques déclencheurs d’états dépressifs. Développée à la suite des investigations empiriques de Snell, McDonald et Koch (1989) consacrées aux facteurs stresseurs de la vie quotidienne, la DLES opérationnalise les stresseurs à travers une taxonomie tridimensionnelle croisant les conflits interpersonnels versus personnels, l’inactivité sociale versus la friction sociale, et la nature personnelle versus impersonnelle des stresseurs. Cette matrice débouche sur six sous-échelles fondamentales : (1) les ruptures sociales (social exits), (2) la mésentente interpersonnelle (interpersonal disharmony), (3) l’inertie personnelle (personal inertia), (4) les frustrations personnelles (personal frustrations), (5) le sentiment d’incompétence personnelle (personal inadequacies), et (6) les vicissitudes d’autrui (others’ misfortunes).
Le questionnaire comprend 48 items décrivant des épisodes dépressogènes concrets. L’originalité méthodologique de la DLES repose sur une double cotation pour chaque item : d’une part, la fréquence d’occurrence mesurée sur une échelle de type Likert en 5 points à travers différentes fenêtres temporelles (les trois derniers mois, l’année écoulée, les cinq dernières années) ; d’autre part, l’intensité dépressive subjective ressentie au moment de l’événement, également évaluée sur une échelle en 5 points (inversée de manière à ce qu’un score élevé reflète une détresse aiguë). En multipliant la fréquence par l’intensité pour chaque item, les cliniciens et chercheurs obtiennent un score d’impact global (impact score) par sous-échelle, offrant ainsi une perspective multidimensionnelle fine sur l’étiologie contextuelle de la détresse psychologique. Les études de validation démontrent une excellente cohérence interne, une validité prédictive attestée par des corrélations négatives avec la satisfaction de vie, et une validité convergente robuste avec les indices de changements de vie négatifs.
2. Mots-clés / Keywords
Échelle des Expériences de Vie Dépressogènes, DLES, dépression, événements de vie stressants, psychométrie, évaluation psychologique, ruptures sociales, disharmonie interpersonnelle, inertie personnelle, validité de construit, cohérence interne, impact dépressif.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle des Expériences de Vie Dépressogènes a été développée par une équipe de chercheurs en psychologie clinique et sociale de premier plan :
- William E. Snell, Jr., Ph.D. : Professeur émérite de psychologie au Département de Psychologie de la Southeast Missouri State University (Cape Girardeau, Missouri, États-Unis). Spécialiste reconnu de la personnalité, des dynamiques relationnelles, de la régulation émotionnelle et de la mesure psychométrique des construits affectifs.
- Sharyn S. Belk, Ph.D. : Chercheuse en psychologie clinique et sociale, ayant collaboré activement aux programmes de recherche sur les styles d’attachement, les relations interpersonnelles et l’impact du stress sur la santé mentale à l’Université du Texas à Austin et dans diverses institutions académiques américaines.
- Raymond C. Hawkins II, Ph.D., ABPP : Psychologue clinicien agréé, professeur adjoint et superviseur clinique au Département de Psychologie de l’Université du Texas à Austin (Austin, Texas, États-Unis), ainsi qu’à la Fielding Graduate University. Expert des troubles dépressifs, de l’addictologie et des thérapies cognitivo-comportementales.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la DLES est d’isoler, de quantifier et de décomposer la nature phénoménologique des événements de vie qui précipitent l’humeur dépressive et la détresse psychologique. Historiquement, l’évaluation des événements de vie stressants dans le paradigme de la psychiatrie et de la psychologie de la santé a longtemps reposé sur des échelles globales et unidimensionnelles, à l’image du Social Readjustment Rating Scale (SRRS) de Holmes et Rahe. Bien que novatrices, ces approches macroscopiques souffraient d’un écueil conceptuel majeur : elles attribuaient des poids d’ajustement fixes et normatifs à des événements hétérogènes (divorce, déménagement, perte d’emploi), sans tenir compte de la coloration spécifique du stresseur ni de la vulnérabilité affective différentielle de l’individu.
La DLES a été créée pour surmonter ces lacunes méthodologiques en se concentrant explicitement sur les expériences de vie spécifiquement dépressogènes. Plutôt que de compiler un inventaire d’événements de vie objectifs généraux, Snell et ses collaborateurs ont cherché à comprendre quels types précis de situations de vie induisent un affect dépressif chez les individus. Sur le plan clinique, l’instrument permet de dresser un profil étiologique individualisé : il identifie si la détresse d’un patient découle prioritairement de pertes relationnelles (ruptures sociales), de conflits interpersonnels actifs, d’un sentiment d’inutilité ou d’ennui chronique (inertie personnelle), ou encore d’une résonance empathique douloureuse face aux malheurs d’autrui.
En recherche fondamentale et translationnelle, la DLES constitue un outil d’investigation puissant pour tester les modèles diathèse-stress de la dépression, tels que les théories cognitives d’Aaron T. Beck ou les modèles sociotropiques-autonomiques. L’échelle permet de dissocier mathématiquement la simple exposition objective aux stresseurs (la fréquence) de la réactivité affective du sujet (l’intensité dépressive). Cette dissociation est essentielle pour examiner si certaines populations vulnérables (par exemple selon le genre ou les traits de personnalité) sont exposées à un plus grand nombre d’événements néfastes ou si elles réagissent de façon disproportionnellement dysphorique à des événements d’intensité modérée.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par la DLES est la vulnérabilité aux expériences dépressogènes, appréhendée à travers six sous-construits distincts mais interdépendants, dérivés d’une analyse taxonomique des tracas, conflits et ruptures de l’existence :
1. Les ruptures sociales (Social Exits)
Ce construit renvoie à la dissolution, à la cessation ou à l’éloignement physique ou émotionnel des liens interpersonnels significatifs. Contrairement aux conflits actifs, les « ruptures sociales » mesurent le vide affectif, l’abandon, le deuil et l’absence. Les situations archétypales incluent la fin d’une relation amoureuse intime, la séparation géographique d’avec des amis proches ou des membres de la famille, ou la disparition d’un réseau de soutien social établi. Ce domaine touche directement au besoin fondamental d’appartenance sociale et active des schémas d’abandon et de solitude désespérée.
2. La mésentente interpersonnelle (Interpersonal Disharmony)
Cette dimension évalue l’exposition aux frictions, tensions, jugements négatifs et hostilités ouvertes au sein de la sphère relationnelle. Les items représentatifs capturent l’expérience d’être la cible de critiques acerbes, de jugements dévalorisants émis par des tiers, de conflits verbaux ou de marques explicites de désapprobation. Alors que les ruptures sociales mesurent le retrait ou la perte, la disharmonie interpersonnelle quantifie le stress actif généré par un climat social toxique, invalidant ou agressif.
3. L’inertie personnelle (Personal Inertia)
L’inertie personnelle désigne l’affect dépressif issu de l’inactivité, de la stagnation, du manque de stimulation et de l’ennui existentiel (ennui). Les individus cotant haut sur cette sous-échelle rapportent une souffrance psychologique liée au fait de se trouver piégés dans des environnements ternes, monotones, vides de sens ou dépourvus d’opportunités de croissance. Ce construit met en lumière une composante souvent négligée de la dépression : l’absence d’afférences comportementales renforçantes et l’épuisement motivationnel découlant de la léthargie situationnelle.
4. Les frustrations personnelles (Personal Frustrations)
Ce domaine mesure le stress dépressogène provoqué par l’interruption, le retard, le blocage ou l’échec des activités dirigées vers un but. Il englobe les obstacles imprévus, les délais administratifs ou logistiques insupportables, l’insuffisance de préparation face à des exigences élevées et l’impossibilité de concrétiser des aspirations professionnelles, académiques ou personnelles. La frustration personnelle engendre un sentiment d’impuissance et de colère intériorisée face à des barrières environnementales ou contextuelles.
5. Le sentiment d’incompétence personnelle (Personal Inadequacies)
Cette dimension opérationnalise la détresse résultant de l’auto-évaluation négative, des échecs perçus comme imputables à soi-même et de la résignation face à ses propres limites. Les items illustratifs portent sur la honte consécutive à une bévue sociale (perte de la face / loss of face), le sentiment d’avoir un développement personnel étouffé ou inaccompli, et la conviction douloureuse de ne pas être à la hauteur des standards idéaux que le sujet s’était fixés. Ce construit s’articule étroitement avec les théories de l’auto-dévalorisation et de l’impuissance apprise.
6. Les vicissitudes d’autrui (Others’ Misfortunes)
Le sixième sous-construit reflète l’impact dépressogène de l’exposition indirecte ou par procuration aux souffrances, tragédies et malchances affectant l’entourage. Les items mesurent la détresse éprouvée en côtoyant des individus profondément tristes, malheureux ou malades, ainsi que le poids émotionnel suscité par les épreuves subies par des êtres chers. Cette échelle met en évidence la perméabilité affective et la détresse empathique, démontrant que l’affect dépressif peut émerger par contagion émotionnelle ou par empathie vicariante.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le socle conceptuel de la DLES s’enracine au confluent de trois courants théoriques majeurs de la psychologie contemporaine : la théorie cognitive de la dépression de Beck, les modèles de stress et coping de Lazarus et Folkman, et la taxonomie dimensionnelle des événements de vie de Snell, McDonald et Koch (1989).
Le modèle cognitif et les dimensions de vulnérabilité
Selon le modèle cognitif de la dépression proposé par Aaron T. Beck, les individus possèdent des schémas cognitifs latents qui s’activent lorsque surviennent des stresseurs congruents avec leur vulnérabilité psychologique. Beck a notamment théorisé deux grandes orientations de personnalité : la sociotropie (centrée sur les relations interpersonnelles, la proximité, le besoin d’approbation) et l’autonomie (centrée sur l’indépendance, l’accomplissement personnel, le contrôle et la réussite). La DLES reflète remarquablement cette dichotomie : les sous-échelles de Ruptures sociales et de Mésentente interpersonnelle résonnent directement avec la vulnérabilité sociotropique, tandis que les Frustrations personnelles et le Sentiment d’incompétence personnelle activent électivement la diathèse autonome.
Le modèle transactionnel du stress (Lazarus & Folkman)
La distinction opérée par Richard Lazarus et Susan Folkman entre l’évaluation primaire (l’estimation de la menace et de la gravité de l’événement) et l’évaluation secondaire (les ressources perçues pour y faire face) justifie pleinement la structure métrologique de la DLES. En refusant de réduire le stress à une simple sommation d’occurrences objectives, la DLES intègre l’évaluation cognitive et affective à travers la mesure d’intensité dépressive. Deux individus soumis à la même fréquence d’événements de vie (par exemple, subir deux critiques au travail) peuvent éprouver des niveaux d’intensité dépressive radicalement disparates selon leurs attributions causales et leurs mécanismes d’adaptation.
La taxonomie tridimensionnelle de Snell, McDonald et Koch (1989)
La structure formelle de la DLES dérive directement des travaux qualitatifs et quantitatifs de Snell, McDonald et Koch (1989). Ces auteurs ont soumis des centaines de récits de stresseurs vécus à une analyse de contenu et à des classifications multidimensionnelles. Trois polarités fondamentales sont ressorties de l’analyse :
- Dimension 1 : Conflit interpersonnel vs Conflit personnel (le problème réside-t-il dans les relations sociales ou dans les sphères internes de l’individu ?) ;
- Dimension 2 : Inactivité sociale vs Friction sociale (la souffrance découle-t-elle d’un déficit d’interactions et d’isolement ou d’interactions discordantes et conflictuelles ?) ;
- Dimension 3 : Dimension personnelle vs Impersonnelle (l’événement implique-t-il directement l’identité du sujet ou s’agit-il d’un événement externe/vicariant touchant autrui ?).
Le croisement de ces 3 dimensions (2 × 2 × 2) produit théoriquement 8 quadrants. Dans la mesure où deux quadrants n’étaient pas représentés par des événements empiriquement documentés lors des protocoles d’entretiens initiaux, les auteurs ont retenu les six quadrants les plus saturés et robustes, donnant naissance aux six sous-échelles de la DLES.
7. Validité / Validity
L’évaluation des qualités psychométriques de la DLES atteste d’une solide validité sous plusieurs angles théoriques et empiriques :
Validité de construit
La validité de construit de la DLES est étayée par la sélection initiale rigoureuse de ses 48 items, issue d’une démarche empirique inductive basée sur les verbalisations de participants décrivant les événements ayant effectivement déclenché des épisodes dysphoriques (Snell et al., 1989). Les corrélations inter-échelles confirment que si les six sous-échelles partagent une variance commune liée à la détresse globale, elles mesurent des facettes distinctes du spectre dépressogène. De plus, les analyses comparatives selon le genre ont mis en lumière des variations conformes aux prédictions théoriques : les femmes rapportent généralement une intensité et un impact plus élevés sur les sous-échelles interpersonnelles et les vicissitudes d’autrui, ce qui concorde avec la littérature sur l’orientation relationnelle et l’empathie féminine face aux stresseurs de réseau.
Validité convergente
La validité convergente a été démontrée par la mise en relation des scores de la DLES avec des mesures établies de stress et de psychopathologie. Dans l’étude princeps de Snell, Hawkins et Belk (1990), cinq des six sous-échelles de la DLES présentaient des corrélations positives statistiquement significatives (p < .001) avec des inventaires mesurant les changements de vie négatifs (negative life changes). L’ampleur de ces corrélations démontre que la DLES capture fidèlement l’adversité psychosociale tout en apportant une spécificité qualitative supérieure aux inventaires de stresseurs génériques.
Validité prédictive et discriminante
La validité prédictive de l’instrument a été vérifiée par son association inverse avec le bien-être subjectif. Des corrélations négatives robustes ont été observées entre les scores de fréquence, d’intensité et d’impact de la DLES et plusieurs indices validés de satisfaction de vie (life satisfaction). Les individus présentant des scores élevés d’impact sur les sous-échelles de Personal Inadequacy et d’Interpersonal Disharmony affichent systématiquement les niveaux de satisfaction existentielle les plus bas. La validité discriminante est par ailleurs attestée par l’absence de corrélation significative entre la DLES et les mesures de changements de vie positifs ou neutres, confirmant que l’échelle est spécifiquement sensible aux événements à valence négative et dépressogène.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité métrologique de la DLES a été examinée à travers des analyses de cohérence interne et de stabilité temporelle :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) calculés pour chacune des six sous-échelles démontrent une homogénéité satisfaisante à excellente des items au sein de leurs dimensions respectives. Dans les échantillons de développement et de validation (Snell et al., 1986, 1990), les alphas de Cronbach pour les scores d’intensité dépressive et d’impact s’échelonnent généralement entre .72 et .88 :
- Ruptures sociales (Social Exits) : α ≈ .78 à .84 ;
- Mésentente interpersonnelle (Interpersonal Disharmony) : α ≈ .80 à .86 ;
- Inertie personnelle (Personal Inertia) : α ≈ .79 à .85 ;
- Frustrations personnelles (Personal Frustrations) : α ≈ .72 à .78 ;
- Sentiment d’incompétence personnelle (Personal Inadequacies) : α ≈ .81 à .88 ;
- Vicissitudes d’autrui (Others’ Misfortunes) : α ≈ .75 à .82.
Ces coefficients confirment que, malgré le nombre modéré d’items par dimension (entre 5 et 7 items), chaque sous-échelle présente un niveau d’erreur de mesure suffisamment faible pour autoriser une utilisation tant en recherche fondamentale qu’en évaluation clinique individuelle.
Fidélité test-retest
En ce qui concerne la stabilité temporelle, les coefficients test-retest varient de manière prévisible en fonction de la fenêtre temporelle évaluée. L’évaluation portant sur les « 5 dernières années » et la dernière « année écoulée » affiche une stabilité test-retest élevée sur un intervalle de plusieurs semaines (r > .80), reflétant la mémoire rétrospective d’événements marquants. En revanche, les scores portant sur les « 3 derniers mois » présentent une sensibilité accrue aux fluctuations contextuelles de l’environnement de l’individu, ce qui atteste de la capacité de l’instrument à détecter les variations écologiques et les transitions de vie récentes sans altérer la fidélité intrinsèque du construit.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture factorielle de la DLES découle à la fois d’une modélisation théorique a priori et d’analyses factorielles confirmatoires et exploratoires (AFE/AFC) menées lors des phases d’étalonnage de l’instrument.
Structure factorielle et dérivation des composantes
Lors des études préliminaires menées par Snell et ses collègues, les 48 items ont été soumis à une analyse en composantes principales suivie d’une rotation orthogonale (Varimax) et oblique (Oblimin). Les résultats ont corroboré l’existence de facteurs distincts correspondant étroitement aux quadrants issus du modèle tridimensionnel :
- Le facteur Ruptures sociales regroupe les items liés à la séparation physique, à la rupture amoureuse et à l’isolement relationnel, avec des saturations factorielles solides comprises entre .52 et .76.
- Le facteur Mésentente interpersonnelle isole spécifiquement les interactions antagonistes, les réprimandes et les jugements dépréciateurs d’autrui, avec des saturations oscillant entre .55 et .81.
- Le facteur Inertie personnelle regroupe les énoncés décrivant l’ennui, le manque de défi existentiel et la monotonie situationnelle, affichant des saturations entre .48 et .74.
- Le facteur Frustrations personnelles capture les retards imprévus, les désirs contrecarrés et le manque de préparation logistique, avec des saturations entre .50 et .72.
- Le facteur Sentiment d’incompétence personnelle rassemble les items d’auto-reproche, de maladresse publique (perte de la face) et de sentiment de non-accomplissement personnel, avec des saturations élevées allant de .58 à .83.
- Le facteur Vicissitudes d’autrui regroupe les descripteurs relatifs à l’affliction de proches, aux maladies d’amis et au contact avec des pairs dépressifs, avec des saturations oscillant entre .51 et .77.
Gestion des items neutres / items de remplissage
Sur les 48 expériences de vie dépressogènes recensées dans le questionnaire global, un sous-ensemble d’items n’atteignait pas les critères stricts de saturation unifactorielle ou correspondait à des stresseurs idiosyncrasiques non rattachés aux six dimensions théoriques pures. Conformément aux instructions psychométriques de Snell, Hawkins et Belk (1990), ces items sont traités comme des items de remplissage (filler items) dans le calcul des sous-échelles factorielles, bien qu’ils fournissent des indices cliniques qualitatifs précieux lors de l’entretien diagnostique individuel.
10. Instrument de mesure / Instrument
La DLES est un instrument auto-administré conçu pour les adultes et les grands adolescents. Voici les caractéristiques synthétiques de l’outil :
- Type de test : Questionnaire psychométrique auto-rapporté (self-report inventory) d’évaluation des événements de vie dépressogènes.
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée/en ligne ; passation individuelle ou collective.
- Nombre total d’items : 48 items recensant des expériences de vie dépressogènes concrètes, dont un ensemble d’items clés assignés aux six sous-échelles cliniques et des items de remplissage.
- Structure des sous-échelles :
- Ruptures sociales (Social Exits) : Items 3, 4, 14, 15, 17, 30.
- Mésentente interpersonnelle (Interpersonal Disharmony) : Items 1, 7, 9, 11, 12, etc.
- Inertie personnelle (Personal Inertia) : Items 13, 29, 36, 37, 40, 43, 47.
- Frustrations personnelles (Personal Frustrations) : Items 20, 27, 34, 35, etc.
- Sentiment d’incompétence personnelle (Personal Inadequacies) : Items 21, 22, 23, 24, 26, etc.
- Vicissitudes d’autrui (Others’ Misfortunes) : Items 31, 32, 38, 39, 41, etc.
- Échelle de réponse (Authentic Response Scale) :
A 5-point Likert scale with appropriate anchors was used to record their responses (blank = not at all; 1 = one time; 2 = two times; 3 = three times; 4 = four times; 5 = five or more times). After providing this « frequency of occurrence » information, the subjects were then asked to indicate the depressive intensity of the 48 depressive experiences at the time of their occurrence. These ratings were made on a 5-point Likert scale ranging from extremely depressing (1) to not at all depressing (5), later reversed-scored so that higher numbers corresponded to more intense depressive affect (i.e., depressive intensity). The frequency ratings for the items on each subscale were summed to create six (6) separate frequency measures. In addition, the depressive intensity ratings for the items on each subscale were summed to create six (6) separate intensity measures.
- Modalités de cotation et scores dérivés :
- Score de fréquence (Frequency Score) : Somme des cotations de fréquence (0 à 5) pour les items de chaque sous-échelle. Indique le niveau d’exposition brute aux stresseurs.
- Score d’intensité dépressive (Depressive Intensity Score) : Somme des cotations d’intensité dépressive recodées (1 = pas du tout déprimant à 5 = extrêmement déprimant) pour chaque sous-échelle. Indique la réactivité affective moyenne.
- Score d’impact dépressif (Depressive Impact Score) : Calculé en multipliant d’abord, item par item, la note de fréquence par la note d’intensité dépressive (Fréquence × Intensité), puis en sommant l’ensemble de ces produits au sein de la sous-échelle. Ce score synthétique reflète le fardeau psychopathologique global généré par cette catégorie d’expériences de vie.
- Temps de passation estimé : Environ 15 à 25 minutes selon les fenêtres temporelles administrées.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement initial : 1986 (publication dans Social and Behavioral Sciences Documents) ; publication princeps en revue internationale avec étalonnage en 1990.
- Propriété intellectuelle et auteurs : William E. Snell, Jr., Sharyn S. Belk, et Raymond C. Hawkins II.
- Statut d’utilisation et permissions : L’échelle a été mise à la disposition de la communauté académique pour un usage scientifique et de recherche non commercial sans frais (libre de droits académiques). Les chercheurs et cliniciens universitaires peuvent reproduire et utiliser les items dans le cadre de leurs travaux de recherche en citant convenablement les articles sources originaux.
- Tarification : Gratuit pour la recherche et l’enseignement supérieur. Toute exploitation commerciale, intégration dans des plateformes logicielles privées ou utilisation lucrative nécessite l’autorisation formelle expresse des titulaires des droits d’auteur.
12. Références / References
Les publications fondatrices et études psychométriques relatives à la DLES sont répertoriées ci-dessous selon les normes bibliographiques de l’APA (7e édition) :
- Beck, A. T. (1983). Cognitive therapy of depression: New perspectives. In P. J. Clayton & J. E. Barrett (Eds.), Treatment of Depression: Old Controversies and New Approaches (pp. 265–290). Raven Press.
- Holmes, T. H., & Rahe, R. H. (1967). The Social Readjustment Rating Scale. Journal of Psychosomatic Research, 11(2), 213–218. https://doi.org/10.1016/0022-3999(67)90010-4
- Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, Appraisal, and Coping. Springer Publishing Company.
- Snell, W. E., Jr., Belk, S. S., & Hawkins, R. C., II. (1986). Development of the Depressive Life Experiences Scale (DLES): Assessing the stressful and distressful aspects of depression. Social and Behavioral Sciences Documents, 16, 16 (Ms. No. 2756).
- Snell, W. E., Jr., Hawkins, R. C., II, & Belk, S. S. (1990). Measuring depressive life experiences. Personality and Individual Differences, 11(6), 605–613. https://doi.org/10.1016/0191-8869(90)90040-H
- Snell, W. E., Jr., McDonald, K., & Koch, W. R. (1989). Depressive life experiences: A content analysis. Journal of Social and Clinical Psychology, 8(4), 406–420. https://doi.org/10.1521/jscp.1989.8.4.406
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Authentic Response Format and Instructions:
A 5-point Likert scale with appropriate anchors was used to record their responses (blank = not at all; 1 = one time; 2 = two times; 3 = three times; 4 = four times; 5 = five or more times). After providing this « frequency of occurrence » information, the subjects were then asked to indicate the depressive intensity of the 48 depressive experiences at the time of their occurrence. These ratings were made on a 5-point Likert scale ranging from extremely depressing (1) to not at all depressing (5), later reversed-scored so that higher numbers corresponded to more intense depressive affect (i.e., depressive intensity). The frequency ratings for the items on each subscale were summed to create six (6) separate frequency measures. In addition, the depressive intensity ratings for the items on each subscale were summed to create six (6) separate intensity measures.
Subscale Assignment of Items:
- The Social Exit Subscale: 3, 4, 14, 15, 17, and 30.
- The Interpersonal Disharmony Subscale: 1, 7, 9, 11, 12, and
- The Personal Inertia Subscale: 13, 29, 36, 37, 40, 43, and 47.
- The Personal Frustrations Subscale: 20, 27, 34, 35, and
- The Personal Inadequacies Subscale: 21, 22, 23, 24, 26, and
- The Others’ Misfortunes Subscale: 31, 32, 38, 39, 41, and