Échelle d’évaluation gériatrique de Crichton (CRICHT)

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle d’évaluation gériatrique de Crichton (CRICHT; Robinson, 1964) : fondements théoriques, dimensions, validité, fidélité et grille d’évaluation comportementale.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

Résumé

L’Échelle d’évaluation gériatrique de Crichton (couramment désignée par l’acronyme CRICHT ou Crichton Geriatric Rating Scale) est un instrument psychométrique et clinique pionnier développé au début des années 1960 par le psychiatre britannique R. A. Robinson au sein de l’hôpital Crichton Royal à Dumfries, en Écosse (Crichton Royal Hospital). Conçue à l’origine pour pallier l’absence d’outils standardisés adaptés à l’évaluation comportementale et fonctionnelle des patients âgés hospitalisés en milieu psychiatrique, cette échelle a notamment été intégrée dans la batterie d’évaluation psychopharmacologique de l’Early Clinical Drug Evaluation Unit (ECDEU) sous l’égide du National Institute of Mental Health (NIMH) aux États-Unis (Guy, 1976).

Le CRICHT se compose de 11 items fondamentaux évaluant un large spectre du fonctionnement gériatrique, intégrant les capacités physiques de base, les fonctions cognitives globales, les interactions sociales ainsi que les manifestations affectives et comportementales. Chaque item est évalué sur une échelle ordinale en 5 points allant du niveau 1 (fonctionnement normal ou autonome) au niveau 5 (perte totale d’autonomie ou altération fonctionnelle sévère). L’échelle génère un score total composite qui permet de catégoriser le niveau de détérioration du patient : une détérioration légère (score global de 10 à 20), une détérioration modérée (score de 21 à 30) et une détérioration sévère (score supérieur à 31).

Sur le plan psychométrique, le CRICHT a fait l’objet de nombreuses investigations dans le cadre d’essais cliniques pharmacologiques et d’études de suivi longitudinal en gérontopsychiatrie. Les études documentent une fidélité inter-juges satisfaisante lorsqu’elle est administrée par le personnel soignant ou infirmier familier avec les comportements quotidiens des patients. La validité convergente et la sensibilité au changement se sont avérées particulièrement robustes pour mesurer l’efficacité thérapeutique pré- et post-traitement de thérapeutiques psychotropes, nootropiques ou de programmes de réhabilitation psychosociale.

Mots-clés

évaluation gériatrique, fonctionnement comportemental, psychogériatrie, démence, autonomie fonctionnelle, échelle d’observation, pharmacogériatrie, dépendance, détérioration cognitive, Crichton Royal, ECDEU, psychométrie clinique.

Auteurs

L’échelle a été conçue et formalisée par :

  • Dr R. A. Robinson, médecin psychiatre et consultant gériatrique au Crichton Royal Hospital, Dumfries, Écosse, Royaume-Uni. R. A. Robinson fut l’un des premiers cliniciens à militer pour une approche empirique et quantifiée des thérapies gériatriques actives au sein des asiles et hôpitaux psychiatriques britanniques d’après-guerre.
  • Diffusion institutionnelle : L’échelle a été largement disséminée à l’international grâce aux travaux de standardisation menés par William Guy et la division de psychopharmacologie clinique du National Institute of Mental Health (NIMH), dans le cadre du projet ECDEU Assessment Manual en 1976.

Objectif

L’objectif fondamental de l’Échelle d’évaluation gériatrique de Crichton (CRICHT) est de quantifier de manière objective, systématique et reproductible le niveau de fonctionnement comportemental, physique et psychologique des patients âgés institutionnalisés en psychiatrie ou admis dans des unités de soins gériatriques aigus et chroniques. Dans les années 1960, le développement de la psychogériatrie moderne nécessitait le passage d’une nosographie purement descriptive à des outils métrologiques capables de mesurer l’impact réel des interventions thérapeutiques sur la vie quotidienne des patients.

Historiquement, les instruments de mesure psychiatriques classiques (comme les premières échelles de dépression ou d’anxiété conçues pour de jeunes adultes) s’avéraient inadaptés aux populations âgées présentant des intrications complexes de troubles cognitifs, de dépendance physique et de comorbidités psychiatriques. Le CRICHT a été spécifiquement structuré pour répondre à trois impératifs majeurs :

  • L’évaluation pré- et post-thérapeutique : Permettre aux équipes médicales et de recherche de mesurer avec précision l’efficacité ou l’échec des traitements pharmacologiques (notamment les vasodilatateurs cérébraux, les premiers neuroleptiques, les régulateurs de l’humeur et les stimulants métaboliques) ainsi que des thérapies non médicamenteuses (ergothérapie, kinésithérapie, réactivation sociale).
  • La surveillance clinique longitudinale : Offrir au personnel soignant une grille de lecture standardisée pour suivre l’évolution naturelle du déclin neurodégénératif ou, à l’inverse, repérer des épisodes de détérioration aiguë (tels que des états confusionnels surajoutés ou des infections intercurrentes).
  • La planification de la charge en soins : Fournir aux administrateurs hospitaliers et aux cadres infirmiers un indicateur synthétique de la dépendance physique et comportementale, facilitant l’allocation appropriée des ressources humaines selon que le patient nécessite une simple supervision ou une assistance totale pour les activités quotidiennes.

Sur le plan clinique, l’échelle se distingue par son approche pragmatique : elle ne nécessite pas la passation active de tests psychologiques par un patient potentiellement non coopérant ou confus. Elle repose exclusivement sur l’observation structurée des conduites manifestes et des interactions observées sur une période définie, généralement par l’équipe soignante qui côtoie le patient dans son milieu de vie.

Construit psychologique

Le construit mesuré par le CRICHT est le fonctionnement comportemental gériatrique global (Geriatric Behavioral Functioning). Ce macro-construit englobe l’interaction bidirectionnelle entre l’intégrité neurocognitive, l’autonomie motrice élémentaire et l’adaptation affective et sociale. L’échelle décompose ce fonctionnement en 11 dimensions spécifiques :

1. Mobilité (Mobility)

Cette dimension évalue l’indépendance locomotrice du sujet. Le gradient s’étend d’une marche entièrement autonome et sans aide technique jusqu’à l’alitement complet ou l’état grabataire, en passant par la marche avec canne, la nécessité d’un soutien physique par une tierce personne ou l’usage du fauteuil roulant sous contrainte soignante.

2. Orientation (Orientation)

Elle apprécie les repères temporo-spatiaux et la reconnaissance d’autrui dans l’environnement immédiat du service hospitalier. Le pôle normal correspond à une parfaite connaissance des lieux, des heures de routine et du personnel soignant, tandis que le pôle le plus détérioré reflète une désorientation totale et constante, le patient étant incapable d’identifier son lit ou ses soignants.

3. Communication (Communication)

Cette dimension mesure la clarté de l’expression verbale, la compréhension mutuelle et la rétention d’informations élémentaires. Les niveaux d’altération vont de la parole fluide et intelligible avec rétention optimale jusqu’au mutisme complet, au jargon incompréhensible ou à l’incapacité absolue d’enregistrer la moindre consigne.

4. Coopération (Co-operation)

L’item quantifie l’attitude du patient face aux actes de soins quotidiens et aux requêtes du personnel. Le continuum va d’une collaboration spontanée et chaleureuse à une résistance active, voire violente ou hostile, entravant l’administration des traitements ou l’habillage.

5. Agitation / Déambulation (Restlessness)

Cette dimension évalue l’hyperactivité motrice, la déambulation erratique et l’instabilité motrice diurne ou nocturne. Le spectre débute par un comportement calme et adapté, pour culminer dans une agitation motrice permanente, épuisante et potentiellement dangereuse pour le patient lui-même ou son entourage.

6. Habillage (Dressing)

Composante clé des activités élémentaires de la vie quotidienne (ADL), cet item jauge la capacité à choisir ses vêtements, à les enfiler dans l’ordre approprié et à gérer les fermetures sans aucune assistance extérieure, jusqu’à l’incapacité totale imposant un habillage intégral par le soignant.

7. Alimentation (Feeding)

Cette composante observe la façon dont le patient s’alimente lors des repas : utilisation adéquate des couverts, rythme de déglutition, appétit, jusqu’à la nécessité d’une aide partielle (coupe des aliments) ou d’une nutrition passive complète à la cuillère en raison de dysphagie fonctionnelle ou d’apraxie.

8. Continence (Continence)

L’évaluation porte sur la continence sphinctérienne fécale et urinaire. Le score oscille entre un contrôle parfait et volontaire avec utilisation des sanitaires jusqu’à l’incontinence double (urinaire et fécale) permanente et non consciente.

9. Sommeil (Sleep)

Cette dimension mesure la régularité et la qualité du repos nocturne. Elle note l’absence de troubles du sommeil, les réveils précoces, les difficultés d’endormissement ou l’inversion complète du rythme nycthéméral avec déambulation nocturne perturbant le repos des autres pensionnaires.

10. Humeur objective (Objective Mood)

Il s’agit de l’évaluation externe, par l’observateur, de l’état affectif manifesté par le patient (mimique, pleurs, rires inappropriés, apathie profonde, irritabilité, repli sur soi). Le clinicien relève si l’humeur apparente est équilibrée, dépressive ou au contraire anormalement euphorique.

11. Humeur subjective (Subjective Mood)

Complémentaire de l’item précédent, cette dimension capture le ressenti interne exprimé spontanément par le patient ou obtenu par questionnement simple concernant son bien-être affectif, son sentiment d’inutilité, de tristesse ou d’angoisse.

Cadre théorique

Le développement du CRICHT s’inscrit au carrefour de la psychiatrie clinique descriptive, de la gérontologie sociale et de l’essor de la psychopharmacologie gériatrique des années 1950-1970. Avant cette période, la psychiatrie hospitalière abordait souvent la vieillesse sous un angle fataliste d’incurabilité biologique lié à la démence sénile ou à l’artériosclérose cérébrale. Des pionniers britanniques comme R. A. Robinson à Dumfries, mais aussi Sir Martin Roth à Newcastle, ont révolutionné ce paradigme en démontrant que les syndromes psychiatriques chez les personnes âgées se divisent en entités curables (telles que la dépression tardive) et en affections neurodégénératives progressives qui peuvent néanmoins bénéficier de soins palliatifs et fonctionnels actifs.

Le cadre théorique de Robinson postule que chez le sujet âgé fragilisé, le degré de dysfonctionnement n’est pas uniquement le reflet d’une lésion anatomique cérébrale isolée, mais résulte d’une sommation dynamique entre le déclin cognitif, les limitations musculo-squelettiques, l’état affectif et la réponse de l’environnement institutionnel. Ce modèle biopsychosocial avant la lettre accorde une place centrale aux manifestations comportementales observables (comportement adaptatif). Plutôt que de reposer sur des concepts psychodynamiques intrapsychiques inaccessibles chez des sujets très détériorés, Robinson a privilégié une approche néo-béhavioriste et fonctionnelle, inspirée par les débuts des sciences du comportement appliquées à la médecine.

Cette perspective théorique a été ultérieurement formalisée par les travaux de M. Powell Lawton sur la compétence écologique et le modèle de pression environnementale (environmental press model). Selon cette conception, à mesure que les compétences fonctionnelles fondamentales (mobilité, continence, habillage) s’amenuisent, l’individu devient hyper-dépendant des stimuli et des aides de son microsystème hospitalier. Le CRICHT capte précisément cette interface critique où la perte cognitive se traduit en dépendance instrumentale et relationnelle.

Validité

La validité psychométrique du CRICHT a été explorée à travers différentes approches méthodologiques, notamment lors de son inclusion dans le protocole américain ECDEU (Guy, 1976) et dans diverses études cliniques européennes comparatives.

Validité de contenu et d’apparence

L’échelle présente une validité de contenu reconnue par les spécialistes de la gériatrie. Les 11 domaines sélectionnés couvrent l’intégralité des champs de compétence essentiels à la survie et à l’interaction au sein d’une unité de soins de longue durée. Les définitions des ancres d’évaluation (de 1 à 5) correspondent directement à des comportements cliniques familiers aux équipes soignantes (ex. incontinence fécale occasionnelle versus permanente ; marche autonome versus besoin d’aide de deux soignants).

Validité convergente

Le score global au CRICHT montre des corrélations modérées à très élevées avec d’autres échelles d’évaluation gériatriques renommées :

  • Une corrélation de Pearson de l’ordre de r = 0,70 à 0,85 a été observée avec la Crichton Royal Behavioural Rating Scale modifiée et les échelles de démence de Roth et de Blessed (Blessed Dementia Scale).
  • Des corrélations significatives (r variant de 0,60 à 0,78) ont été rapportées avec la sous-échelle d’activités quotidiennes de l’échelle SCAG (Sandoz Clinical Assessment-Geriatric).
  • La dimension d’orientation du CRICHT corrèle positivement et de manière substantielle avec les tests cognitifs brefs de type Mini-Mental State Examination (MMSE) (corrélations inverses compte tenu de la cotation où un score élevé au CRICHT dénote une altération, généralement r = -0,65 à -0,75).

Validité discriminante et différentielle

L’instrument démontre une excellente capacité à différencier :

  • Les patients souffrant de troubles de l’humeur fonctionnels (dépression gériatrique sans démence) des patients présentant des troubles neurocognitifs majeurs (maladie d’Alzheimer ou démence vasculaire). Les patients déprimés présentent généralement des scores élevés sur les items d’humeur, mais préservent des scores proches de 1 ou 2 sur les items de continence, de mobilité et d’alimentation.
  • Les patients pouvant être maintenus en milieu ouvert ou réhabilités à domicile de ceux nécessitant une prise en charge institutionnelle lourde en unité de soins prolongés.

Sensibilité au changement

Dans les essais thérapeutiques gériatriques (Guy, 1976), le CRICHT a démontré une bonne réactivité clinique (responsiveness) pour capter les modifications subtiles du comportement au cours des programmes de réactivation psychomotrice et lors des essais pharmacologiques de molécules à visée cognitive ou circulatoire cérébrale.

Fidélité

Bien que formalisé à une époque où les normes psychométriques contemporaines n’étaient pas aussi rigides qu’aujourd’hui, le CRICHT a bénéficié d’évaluations de fidélité systématiques au cours des décennies 1970 et 1980.

Fidélité inter-juges

La fidélité inter-juges constitue la propriété métrologique la plus cruciale pour une échelle d’hétéro-évaluation comportementale. Lorsqu’elle est complétée de manière indépendante par deux infirmiers ou soignants formés ayant observé le même patient sur une période de 48 à 72 heures, les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) ou les coefficients de corrélation des rangs de Spearman se situent généralement entre 0,75 et 0,92 pour le score total.

Les items physiques et objectifs (mobilité, continence, alimentation, habillage) obtiennent les coefficients de concordance les plus élevés (fréquemment supérieurs à 0,85). En revanche, les items nécessitant une inférence subjective plus prononcée (humeur objective, humeur subjective, coopération) affichent des accords inter-évaluateurs légèrement plus modestes, oscillant habituellement entre 0,65 et 0,78.

Consistance interne

La consistance interne de l’échelle, telle qu’évaluée par le coefficient alpha de Cronbach, varie selon l’hétérogénéité des échantillons cliniques étudiés. Dans les populations mixtes d’unités de psychogériatrie (mêlant états démentiels et dépressifs), l’alpha global se situe le plus souvent entre 0,80 et 0,88, ce qui démontre une bonne homogénéité globale de l’instrument malgré le caractère multidimensionnel des symptômes mesurés.

Fidélité test-retest

Sur un intervalle court (par exemple 7 à 14 jours) chez des patients gériatriques stables n’ayant subi aucun ajustement médicamenteux ni événement de santé aigu, la corrélation test-retest est généralement comprise entre 0,82 et 0,89, confirmant la stabilité métrologique de la mesure en condition de base.

Analyse factorielle

Bien que le travail initial de Robinson (1964) ne comportait pas d’analyse factorielle formalisée selon les critères algorithmiques modernes, les recherches ultérieures — notamment celles menées dans le cadre des protocoles de psychopharmacologie clinique du NIMH et des études de validation d’instruments dérivés (comme l’échelle de Stockton ou les échelles de comportement du Clifton Assessment) — ont soumis les 11 items du CRICHT à des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).

La majorité des analyses factorielles exploratoires avec rotation varimax mettent en évidence une structure bi-factorielle ou tri-factorielle robuste, expliquant généralement entre 55 % et 68 % de la variance totale :

Facteur 1 : Dépendance physique et autonomie fonctionnelle (ADL)

Ce premier facteur, qui capte la plus grande part de variance (souvent 35 % à 45 %), regroupe les items liés à la survie élémentaire et aux compétences corporelles :

  • Habillage (saturation > 0,80)
  • Alimentation (saturation > 0,75)
  • Continence (saturation > 0,72)
  • Mobilité (saturation > 0,70)

Facteur 2 : Altération cognitive et communication sociale

Ce deuxième facteur (expliquant approximativement 15 % à 20 % de la variance) traduit le niveau de détérioration cérébrale globale et la possibilité de relation interpersonnelle :

  • Orientation (saturation > 0,78)
  • Communication (saturation > 0,74)
  • Coopération (saturation croisée avec le facteur affectif, ~0,55)

Facteur 3 : Symptômes comportementaux et affectifs (BPSD / SCAD)

Dans les modèles à trois facteurs, ce domaine (expliquant 10 % à 12 % de la variance additionnelle) isole les troubles du comportement perturbateurs et la sphère émotionnelle :

  • Agitation / Instabilité motrice (saturation > 0,70)
  • Sommeil (saturation > 0,65)
  • Humeur objective et subjective (saturations entre 0,55 et 0,72)

Ces structures factorielles confortent la validité de construit de l’échelle, démontrant que le score composite reflète fidèlement la juxtaposition de composantes motrices, cognitives et thymiques distinctes mais cliniquement imbriquées.

Instrument de mesure

Le CRICHT se présente sous la forme d’une grille d’hétéro-évaluation standardisée sur support papier ou informatisé, remplie par un tiers évaluateur (infirmier, aide-soignant, ergothérapeute ou médecin gériatre/psychiatre).

Caractéristiques techniques

  • Type d’instrument : Échelle d’hétéro-évaluation comportementale clinique (Rating Scale).
  • Format : 11 items ordinaux.
  • Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 5 points (de 1 = normalité / fonctionnement parfait, à 5 = altération ou défaillance totale de la fonction).
  • Durée de cotation : Environ 5 à 10 minutes par soignant connaissant le patient.
  • Période de référence : Les observations portent usuellement sur les dernières 48 à 72 heures, voire la semaine écoulée lors des suivis ambulatoires ou d’hôpital de jour.
  • Population cible : Adultes âgés hospitalisés en psychiatrie gériatrique, résidents en établissements médico-sociaux (EHPAD / USLD) ou patients admis en unité d’évaluation gériatrique aiguë.

Cotation et interprétation des scores

Le score global s’obtient par la simple sommation arithmétique des scores attribués aux 11 items. Le score total théorique s’étend de 11 (autonomie et fonctionnement optimaux dans l’ensemble des sphères) à 55 (défaillance maximale et dépendance absolue dans tous les domaines).

Robinson (1964) a défini des seuils d’interprétation clinique basés sur le niveau de détérioration globale :

  • Score de 10 à 20 (ou 11-20) : Détérioration légère. Le patient est globalement autonome, orienté et coopérant, ne nécessitant qu’une surveillance épisodique ou un soutien discret pour des tâches complexes.
  • Score de 21 à 30 : Détérioration modérée. Altérations significatives de l’autonomie et/ou désorientation partielle, nécessitant une assistance régulière pour l’habillage, la surveillance de la continence et l’encadrement des conduites sociales.
  • Score supérieur à 31 (> 31) : Détérioration sévère. Dépendance majeure, grabatisation fréquente, troubles sphinctériens réguliers ou perte de contact verbal, justifiant une prise en charge institutionnelle lourde et continue.

Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de développement initial : 1964 (Robinson, R. A.). Standardisation internationale : 1976 (ECDEU Assessment Manual).
  • Propriété et droits d’auteur : L’échelle originale de Robinson a été publiée au sein du domaine académique et médical public britannique puis diffusée via les manuels de l’ECDEU financés par le gouvernement fédéral des États-Unis (US Department of Health, Education and Welfare). À ce titre, elle fait partie intégrante du domaine public historique de la recherche médicale.
  • Tarifs / Coût : Gratuit (aucun coût d’acquisition ou de redevance commerciale pour une utilisation académique, clinique ou pédagogique).
  • Conditions d’utilisation : Libre d’accès pour les chercheurs, les universitaires et les praticiens cliniques. La citation de la publication historique de Robinson (1964) ou du manuel de Guy (1976) est requise lors des publications scientifiques.

Références

  • Guy, W. (1976). ECDEU Assessment Manual for Psychopharmacology (Revised ed., pp. 612). US Department of Health, Education, and Welfare, Public Health Service, Alcohol, Drug Abuse, and Mental Health Administration, National Institute of Mental Health, Psychopharmacology Research Branch. https://doi.org/10.1037/e591322011-001
  • Robinson, R. A. (1964). The assessment of behavioral functioning in elderly psychiatric patients. In R. A. Robinson (Ed.), Geriatric Treatment Program Reports. Dumfries: Crichton Royal Hospital.
  • Lawton, M. P., & Brody, E. M. (1969). Assessment of older people: Self-maintaining and instrumental activities of daily living. The Gerontologist, 9(3_Part_1), 179-186. https://doi.org/10.1093/geront/9.3_part_1.179
  • Blessed, G., Tomlinson, B. E., & Roth, M. (1968). The association between quantitative measures of dementia and of senile change in the cerebral grey matter of elderly subjects. The British Journal of Psychiatry, 114(512), 797-811. https://doi.org/10.1192/bjp.114.512.797
  • Shader, R. I., Harmatz, J. S., & Salzman, C. (1974). A new scale for evaluating the elderly: The Sandoz Clinical Assessment-Geriatric (SCAG). Journal of the American Geriatrics Society, 22(3), 107-113. https://doi.org/10.1111/j.1532-5415.1974.tb02096.x

Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Rate the patient across the 11 areas based on observation over the assessment period. For each item, select the score from 1 (normality) to 5 (complete failure of function) that best describes the patient's typical functioning.
Response Scale: 5-point observer rating scale (1 = normality to 5 = complete failure/deterioration)
1

Mobility:
2

[1] Fully ambulant including stairs
3

[2] Usually independent
4

[3] Walks with help
5

[4] Sits in chair unaided
6

[5] Bedfast
2

Orientation:
3

[1] Fully oriented in ward and identifies persons correctly
4

[2] Oriented in ward only
5

[3] Disoriented in ward, knows staff
6

[4] Disoriented in ward, does not know staff
7

[5] Completely disoriented
3

Communication:
4

[1] Always clear, retains information
5

[2] Can indicate needs, understands simple directions, can deal with simple information
6

[3] Understands simple information, cannot indicate needs
7

[4] Cannot understand, speaks occasionally
8

[5] Cannot understand, lost ability to speak
4

Co-operation:
5

[1] Actively co-operative
6

[2] Passively co-operative
7

[3] Requires frequent encouragement and persuasion
8

[4] Rejects assistance, shows resentment
9

[5] Completely unco-operative or actively resists
5

Restlessness:
6

[1] None
7

[2] Intermittent
8

[3] Persistent by day
9

[4] Persistent by day and night
10

[5] Constant and severe
6

Dressing:
7

[1] Correct
8

[2] Untidy
9

[3] Mistakes (e.g. wrong clothes, buttons misplaced)
10

[4] A Little help required
11

[5] Completely unable to dress
7

Feeding:
8

[1] Correct, unassisted
9

[2] Untidy, unassisted
10

[3] Assisted, feeds self
11

[4] Must be fed completely
12

[5] Refuses food or tube fed
8

Continence:
9

[1] Fully continent
10

[2] Occasional nocturnal accidents
11

[3] Frequent nocturnal accidents
12

[4] Incontinent by day and night (urine)
13

[5] Incontinent of urine and faeces
9

Sleep:
10

[1] Normal
11

[2] Intermittent insomnia
12

[3] Sleeps with sedative
13

[4] Restless with sedative
14

[5] Severe insomnia / complete breakdown of sleep rhythm
10

Mood – Objective:
11

[1] Normal / appropriate
12

[2] Apathetic / flat
13

[3] Depressed / tearful
14

[4] Agitated / anxious
15

[5] Euphoric / hypomanic or grossly inappropriate
11

Mood – Subjective:
12

[1] Cheerful / content
13

[2] Neutral / indifferent
14

[3] Depressed / miserable
15

[4] Anxious / fearful
16

[5] Agonised / suicidal / extremely distressed
★

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Looti, M. (2026, octobre 15). Échelle d’évaluation gériatrique de Crichton (CRICHT). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-evaluation-geriatrique-crichton-cricht
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation gériatrique de Crichton (CRICHT).” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-evaluation-geriatrique-crichton-cricht.
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation gériatrique de Crichton (CRICHT).” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-evaluation-geriatrique-crichton-cricht.