Échelle d’évaluation du genou de Lysholm

L’Échelle d’évaluation du genou de Lysholm (Lysholm Knee Scoring Scale) est un instrument clinimétrique standardisé mesurant l’instabilité, la douleur et l’incapacité fonctionnelle du genou à travers 8 items pondérés pour un score total de 0 à 100 points.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Échelle d’évaluation du genou de Lysholm (communément désignée dans la littérature internationale sous le nom de Lysholm Knee Scoring Scale) est un instrument de mesure clinimétrique et psychométrique conçu initialement pour quantifier les répercussions fonctionnelles des lésions ligamentaires du genou, et plus particulièrement les atteintes du ligament croisé antérieur (LCA) ainsi que les lésions méniscales et chondrales. Développée au début des années 1980 par Jack Lysholm et Jorma Gillquist à l’Université de Linköping, puis modifiée en 1985 en collaboration avec Yelverton Tegner, cette échelle hétéro- ou auto-administrée comporte huit items évaluant les symptômes articulaires et les restrictions d’activité : la boiterie (limp), le soutien ou recours à une aide à la marche (support), le blocage articulaire (locking), l’instabilité (instability), la douleur (pain), le gonflement ou épanchement (swelling), la montée des escaliers (stair-climbing) et la position accroupie (squatting).

Chaque domaine se voit attribuer une pondération différentielle catégorielle, reflétant l’impact clinique perçu des symptômes sur l’incapacité globale. Le score total s’échelonne de 0 à 100 points, un score élevé témoignant d’un niveau supérieur de fonctionnalité et d’une quasi-absence de symptômes d’instabilité. Sur le plan psychométrique, l’instrument présente une excellente fidélité test-retest (coefficients de corrélation intraclasse généralement situés entre 0,82 et 0,95) et une réactivité clinique reconnue lors du suivi post-opératoire et rééducatif. Sa cohérence interne, mesurée par l’alpha de Cronbach, oscille typiquement entre 0,60 et 0,77, une valeur modérée attendue pour un indice clinimétrique multidimensionnel combinant des symptômes mécaniques indépendants. L’échelle est très fréquemment associée à l’échelle d’activité de Tegner (Tegner Activity Scale) pour contextualiser le score fonctionnel au regard du niveau d’exigence physique et sportive du patient.

2. Mots-clés

Échelle de Lysholm, ligament croisé antérieur, instabilité du genou, mesure des résultats rapportés par le patient, clinimétrie, psychométrie, évaluation fonctionnelle, réadaptation du genou, ménisque, gonalgie.

3. Auteurs

L’instrument a été développé et validé principalement par :

  • Jack Lysholm, MD, PhD : Chirurgien orthopédiste et chercheur, Département de chirurgie orthopédique, Hôpital universitaire de Linköping, Université de Linköping, Suède.
  • Jorma Gillquist, MD, PhD (co-concepteur de la version originale de 1982) : Professeur de chirurgie orthopédique et de traumatologie du sport, Faculté des sciences de la santé, Université de Linköping, Suède.
  • Yelverton Tegner, MD, PhD (co-auteur de la version révisée de 1985) : Professeur émérite en sciences de la santé et médecine du sport, Département des sciences de la santé, Université technologique de Luleå, Suède.
  • T. B. Neeb, PT (adaptation et validation néerlandaise, 1993) : Chercheur et clinicien en physiothérapie musculosquelettique, Pays-Bas.

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Échelle d’évaluation du genou de Lysholm est de mesurer avec précision le degré d’altération fonctionnelle et d’instabilité subjective du genou consécutif à une pathologie traumatique ou dégénérative, en ciblant particulièrement les lésions des ligaments croisés, des ménisques et des surfaces cartilagineuses. L’outil a été spécialement conçu pour traduire des phénomènes pathomécaniques complexes en un score numérique standardisé facilitant le dialogue entre le patient, le chirurgien orthopédiste et le masseur-kinésithérapeute.

Dans la pratique clinique quotidienne, l’échelle remplit une triple fonction :

  • Évaluation diagnostique et phénotypage initial : Identifier la nature prédominante de la plainte du patient, qu’elle soit dominée par des phénomènes de dérobement (instabilité mécanique ou fonctionnelle), des blocages vrais ou des accrochages évocateurs de lésions méniscales en anse de panier, ou encore une intolérance à l’effort physique sous forme de douleur et d’hydarthrose réactionnelle.
  • Suivi longitudinal et monitorage rééducatif : Quantifier l’évolution fonctionnelle au cours des différentes phases de rééducation post-traumatique ou post-opératoire (notamment après ligamentoplastie du LCA, méniscectomie partielle, suture méniscale ou réparation cartilagineuse). Elle permet d’objectiver les paliers de récupération et d’ajuster les protocoles de kinésithérapie.
  • Aide à la décision de reprise sportive : Conjointement à l’échelle de Tegner et aux batteries de tests fonctionnels musculaires (tests de saut unipodal, dynamométrie isocinétique), le score de Lysholm contribue à vérifier que le genou opéré ou rééduqué a atteint un niveau de sécurité et de tolérance fonctionnelle suffisant pour autoriser le retour sur le terrain (Return-to-Play).

Sur le plan de la recherche clinique et translationnelle, l’Échelle de Lysholm demeure l’un des critères de jugement principaux (Primary Outcome Measure) ou secondaires les plus universellement utilisés dans les essais randomisés contrôlés, les méta-analyses et les registres internationaux d’arthroplastie et de chirurgie ligamentaire. Elle sert d’étalon-or comparatif pour analyser l’efficacité de diverses techniques chirurgicales (par exemple, greffes autologues au tendon patellaire versus tendons ischio-jambiers versus tendon quadricipital), l’apport des thérapies biologiques intra-articulaires (plasma riche en plaquettes, cellules stromales mésenchymateuses) ou les programmes de rééducation accélérée.

5. Construit psychologique

Bien qu’initialement conçue comme un outil d’évaluation orthopédique des déficiences physiques, l’Échelle de Lysholm capture un construit complexe situé à l’intersection de la somatisation articulaire, de la perception subjective de la fonction motrice et de la réponse comportementale à l’appréhension du dérobement articulaire. Dans le paradigme contemporain des mesures rapportées par le patient (Patient-Reported Outcome Measures, PROMs), l’instrument quantifie l’expérience vécue de la déficience articulaire et de la limitation d’activité. Les huit domaines opérationnalisent des facettes distinctes mais interconnectées de ce construit :

1. L’instabilité subjective et le dérobement (Instability – 25 points)

Représentant un quart de la note maximale globale, cette sous-dimension constitue le cœur clinimétrique de l’instrument. Elle ne mesure pas la laxité passive que le clinicien objectiverait au moyen d’un arthromètre (comme le KT-1000 ou le test de Lachman), mais plutôt le phénomène de giving way (dérobement). Ce dernier dépend non seulement de l’intégrité biomécanique des structures passives, mais aussi de l’efficacité du contrôle neuromusculaire, de la proprioception articulaire, de la vigilance motrice et du niveau de confiance du sujet envers son membre inférieur.

2. La gonalgie perçue et son interférence (Pain – 25 points)

À égalité pondérale avec l’instabilité, la douleur est évaluée en fonction de son seuil d’apparition et de son impact sur la marche continue. Le construit appréhende la douleur non comme une simple intensité sensorielle brute sur une échelle visuelle analogique, mais sous l’angle de la tolérance à la charge physique et locomotrice (douleur constante, lors d’efforts violents, ou après un kilométrage de marche précis). Cela engage les mécanismes d’évaluation cognitive de l’effort et la tolérance aux stimulations nociceptives articulaires.

3. Les blocages et sensations d’accrochage mécanique (Locking – 15 points)

Cette dimension évalue l’expérience de dysfonctionnement mécanique aigu de l’articulation, allant de la sensation fugitive de ressaut ou d’accrochage sans blocage réel jusqu’au blocage complet et irréductible nécessitant une manœuvre médicale. Cette composante induit fréquemment une réaction émotionnelle d’anxiété aiguë et de perte de contrôle somatique chez le patient.

4. Le gonflement articulaire et l’hydarthrose (Swelling – 10 points)

Ce domaine mesure la perception par le patient de la réaction inflammatoire ou mécanique intra-articulaire, survenant au repos, lors des activités courantes ou uniquement après un effort physique inhabituel. L’épanchement de synovie altère directement le contrôle sensorimoteur par le mécanisme d’inhibition musculaire arthrogénique (inhibition réflexe du muscle quadriceps fémoral médiée par les mécanorécepteurs capsulaires).

5. Les limitations locomotrices spécifiques : Escaliers et Accroupissement (Stair-climbing – 10 points ; Squatting – 5 points)

Ces deux items évaluent la capacité du système extenseur à supporter de fortes contraintes de compression fémoro-patellaire et des moments de force élevés en flexion de genou. L’appréhension, la douleur rétro-patellaire et la faiblesse excentrique du quadriceps se manifestent de manière privilégiée dans la négociation des marches d’escalier et la position accroupie complète.

6. Les répercussions motrices basales : Boiterie et Recours aux aides techniques (Limp – 5 points ; Support – 5 points)

Ces items quantifient le niveau d’altération du schéma de marche à vitesse spontanée et le degré de dépendance vis-à-vis d’une assistance biomécanique externe (cannes, béquilles). Ils reflètent une incapacité motrice fondamentale et traduisent une compensation antalgique ou d’évitement de mise en charge.

6. Cadre théorique

Le développement et l’interprétation de l’Échelle de Lysholm s’enracinent à la convergence de la biomécanique clinique, de la clinimétrie médicale et du modèle biopsychosocial du handicap. Initialement forgée selon une approche fonctionnaliste classique issue de la médecine orthopédique suédoise, l’échelle s’inscrit aujourd’hui de manière rigoureuse dans les concepts de la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF) établie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Dans l’optique de la CIF, l’échelle fait le pont entre :

  • Les déficiences des structures et fonctions anatomiques (Body Functions and Structures) : douleur articulaire (b28016), instabilité de l’articulation du genou (b7150), limitation de l’amplitude de mouvement passif ou blocage (b7100), et épanchement synovial ;
  • Les limitations d’activités (Activity Limitations) : difficulté à marcher sur différentes distances (d4500), monter et descendre les escaliers (d4551), s’accroupir (d4101) et porter le poids du corps sans assistance technique (d465).

Sur le plan psychologique et comportemental, l’échelle mobilise les théories de l’autorégulation de la douleur et le modèle de la peur liée à la douleur (Fear-Avoidance Model) de Vlaeyen et Linton. Chez un patient ayant subi une rupture du ligament croisé antérieur, le phénomène de dérobement articulaire constitue un stimulus aversif majeur, générant une kinésiophobie (peur du mouvement et de la récidive traumatique). Lorsque le patient évalue la fréquence de son instabilité ou sa tolérance aux escaliers sur l’échelle de Lysholm, sa réponse ne découle pas exclusivement de données proprioceptives pures ; elle intègre ses représentations cognitives du danger corporel, ses anticipations de panne motrice et son niveau d’auto-efficacité perçue (concept théorisé par Albert Bandura appliqué à la réadaptation motrice).

De surcroît, l’Échelle de Lysholm adopte une conception épistémologique clinimétrique plutôt que purement psychométrique classique. Comme l’a théorisé Alvan Feinstein, père de la clinimétrie, certains indices cliniques de santé ne sont pas censés mesurer un trait latent unique et homogène (comme le ferait une échelle d’anxiété ou d’intelligence), mais agrègent des signes cliniques hétérogènes dont la co-occurrence possède une valeur pronostique et décisionnelle immédiate pour le praticien. C’est pourquoi les items reçoivent des pondérations catégorielles inégales (25 points pour l’instabilité contre 5 points pour la boiterie), guidées par le jugement d’experts cliniques quant à la gravité relative de chaque manifestation d’incapacité.

7. Validité

L’Échelle de Lysholm a fait l’objet d’un nombre considérable de travaux de validation transcutanée, transculturelle et comparative depuis sa parution originelle en 1982 et sa modification en 1985.

Validité de contenu et d’apparence (Content and Face Validity)

La validité de contenu a été jugée excellente par des panels successifs de chirurgiens orthopédiques, de rééducateurs et de kinésithérapeutes du sport. Les items capturent de manière exhaustive les symptômes prépondérants ressentis par les individus porteurs d’instabilité ligamentaire ou de lésions méniscales. Néanmoins, certaines revues méthodologiques soulignent que l’absence d’items évaluant spécifiquement les mouvements de pivot brutal, les décélérations rapides ou l’impact psychologique direct de la blessure constitue une limite pour les sportifs d’élite, d’où l’impératif de la coupler à l’échelle de Tegner ou à l’IKDC subjectif (International Knee Documentation Committee Subjective Knee Form).

Validité de construit convergente et discriminante (Construct Validity)

La validité convergente a été démontrée à maintes reprises par des corrélations modérées à fortes avec d’autres questionnaires de référence validés :

  • Corrélation avec l’IKDC subjectif : Les coefficients de corrélation de Pearson ou de Spearman se situent généralement entre $r = 0,70$ et $r = 0,85$ ($p < 0,001$), ce qui reflète une convergence étroite sur l'évaluation des symptômes et de la fonction motrice globale du genou.
  • Corrélation avec le KOOS (Knee Injury and Osteoarthritis Outcome Score) : L’échelle de Lysholm corrèle très fortement avec les sous-échelles « Douleur » ($r = 0,65$ à $0,78$), « Symptômes » ($r = 0,60$ à $0,72$) et « Activités de la vie quotidienne » ($r = 0,68$ à $0,80$) du KOOS, tout en affichant des corrélations plus faibles avec la sous-échelle « Qualité de vie » ($r = 0,45$ à $0,55$), confirmant une validité discriminante adéquate vis-à-vis des dimensions purement psychosociales.
  • Corrélation avec les scores de santé générale (SF-36) : Les études rapportent une corrélation élevée avec le score de composante physique (PCS) du SF-36 ($r = 0,55$ à $0,70$) et une corrélation nettement plus faible, voire non significative, avec le score de composante mentale (MCS) ($r = 0,15$ à $0,30$), attestant de la spécificité somatique de la mesure.

Sensibilité au changement et réactivité (Responsiveness)

La réactivité de l’échelle aux changements de l’état de santé du patient au fil du temps (notamment après chirurgie de reconstruction du ligament croisé antérieur ou rééducation active) est l’un de ses atouts majeurs. Les tailles d’effet (Effect Size, ES) calculées entre l’évaluation préopératoire et le suivi post-opératoire à 6 ou 12 mois dépassent couramment 1,0 à 1,5, tandis que la réponse moyenne standardisée (Standardized Response Mean, SRM) se maintient régulièrement au-dessus de 0,90 à 1,30. Ces chiffres démontrent une capacité clinique remarquable à capter le gain fonctionnel réel induit par les interventions thérapeutiques.

8. Fidélité

Les qualités métrologiques relatives à la précision et à la reproductibilité de l’Échelle de Lysholm ont été documentées dans une multitude de populations cliniques et de contextes linguistiques.

Fidélité test-retest (Test-Retest Reliability)

La stabilité temporelle des scores en l’absence de changement clinique avéré est exceptionnellement robuste. Lorsque le questionnaire est réadministré à des intervalles compris entre 48 heures et 2 semaines :

  • Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI, modèle à effets mixtes à deux facteurs pour accord absolu) s’échelonne typiquement entre 0,82 et 0,95 chez les patients présentant des lésions du LCA ou des méniscopathies.
  • Dans l’étude de validation néerlandaise (Neeb et al., 1993) ainsi que dans les réévaluations méthodologiques de Briggs et al. (2009), le CCI d’accord test-retest global était de 0,91 à 0,93, ce qui dépasse largement le seuil standard de 0,70 recommandé pour les comparaisons de groupes et de 0,90 exigé pour la prise de décision clinique individuelle.

Cohérence interne (Internal Consistency)

L’analyse de la cohérence interne par l’alpha de Cronbach ($lpha$) produit des valeurs oscillant habituellement entre 0,60 et 0,77. Bien que ce résultat soit parfois considéré comme modeste selon les canons de la psychométrie traditionnelle (qui vise des alphas $> 0,80$), il s’explique parfaitement par la nature du construit : l’Échelle de Lysholm est un index clinimétrique agrégeant des signes biomécaniques non redondants. Par exemple, la présence d’un blocage méniscal aigu (locking) ne s’accompagne pas obligatoirement d’une instabilité chronique récurrente (instability), et l’hydarthrose (swelling) peut se manifester sans boiterie permanente. Une cohérence interne excessivement haute ($> 0,90$) signalerait une redondance inutile des items, incompatible avec l’économie d’un outil clinique court de 8 questions.

Erreur de mesure et variation minimale détectable

Les investigations psychométriques modernes rapportent une erreur standard de mesure (Standard Error of Measurement, SEM) oscillant entre 3,2 et 5,4 points sur 100. Par conséquent, le changement minimal détectable au niveau individuel (Minimal Detectable Change, MDC à un intervalle de confiance de 95 %) est généralement établi entre 8,9 et 12,0 points. La différence cliniquement importante minimale (Minimal Clinically Important Difference, MCID) rapportée pour les patients subissant une reconstruction du LCA varie entre 8,5 et 10 points de score total.

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle de l’Échelle de Lysholm a fait l’objet de nombreuses analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), souvent complétées par des analyses modernes selon les modèles de la théorie de la réponse aux items (TRI) et de la modélisation de Rasch.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Les études factorielles exploratoires initiales et contemporaines mettent fréquemment en lumière une structure bidimensionnelle ou tridimensionnelle plutôt qu’une stricte unidimensionnalité :

  • Facteur 1 : Symptômes biomécaniques et instabilité dynamique. Ce premier facteur regroupe de manière dominante les items Instability (saturations factorielles couramment comprises entre 0,65 et 0,82), Locking (saturations entre 0,55 et 0,75) et Swelling (saturations entre 0,50 et 0,68). Il explique généralement la plus grande part de variance commune (25 % à 35 %).
  • Facteur 2 : Limitations fonctionnelles et tolérance à l’effort. Ce second facteur rassemble les items Pain (saturations entre 0,60 et 0,78), Stair-climbing (saturations entre 0,68 et 0,84) et Squatting (saturations entre 0,52 et 0,72). Il rend compte d’environ 15 % à 22 % de la variance.
  • Facteur résiduel ou troisième composante : Déficience basale de la marche. Les items Limp et Support saturent fréquemment de façon isolée ou croisée sur une composante de déambulation élémentaire, avec des saturations modérées (0,45 à 0,65).

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Lors de la soumission de l’instrument aux critères rigoureux des modèles d’équations structurelles, le modèle strictement unidimensionnel affiche des indices d’ajustement sous-optimaux (ex. : Comparative Fit Index [CFI] souvent inférieur à 0,90 et Root Mean Square Error of Approximation [RMSEA] supérieur à 0,08). En revanche, un modèle bifactoriel — postulant un facteur général de fonction globale du genou superposé à des facteurs spécifiques de symptômes mécaniques et de tolérance aux tâches en charge — procure d’excellents indices d’ajustement (CFI $> 0,95$, TLI $> 0,93$, RMSEA $< 0,05$). Cela justifie théoriquement et empiriquement le calcul d'un score unique composite sommatif pour l'évaluation clinique globale, tout en incitant le clinicien à examiner les profils de réponses item par item.

Apports de la modélisation de Rasch

Les analyses de Rasch révèlent que l’échelle couvre un large spectre de sévérité de l’incapacité, mais soulignent que les seuils de réponse de certains items pondérés (notamment les catégories intermédiaires de la douleur et des escaliers) ne fonctionnent pas toujours comme des intervalles réguliers. De plus, un effet plafond (ceiling effect) est souvent observé chez les sportifs de haut niveau asymptomatiques au repos, chez qui le score atteint fréquemment 95 à 100 points malgré l’existence d’une appréhension résiduelle lors de gestes explosifs imprévus.

10. Instrument de mesure

L’Échelle d’évaluation du genou de Lysholm se caractérise par une administration simple et rapide. Bien qu’originellement conçue pour être administrée par un clinicien ou un évaluateur interrogeant le patient, elle est très largement employée aujourd’hui sous forme de questionnaire auto-administré (PROM).

  • Type de test : Questionnaire de mesure des résultats fonctionnels rapportés par le patient (PROM) / Index clinimétrique hétéro- ou auto-administré.
  • Format d’administration : Papier-crayon ou interface numérique standardisée.
  • Nombre d’items : 8 questions fermées couvrant des symptômes et activités spécifiques.
  • Format de réponse : Système de cotation catégorielle à pondération différentielle par domaine (score total de 0 à 100 points) :
    • Limp (Boiterie) : 3 options (5, 3, 0 points)
    • Support (Aide à la marche) : 3 options (5, 2, 0 points)
    • Locking (Blocage/Accrochage) : 5 options (15, 10, 6, 2, 0 points)
    • Instability (Instabilité/Dérobement) : 6 options (25, 20, 15, 10, 5, 0 points)
    • Pain (Douleur) : 6 options (25, 20, 15, 10, 5, 0 points)
    • Swelling (Gonflement/Hydarthrose) : 4 options (10, 6, 2, 0 points)
    • Stair-climbing (Montée des escaliers) : 4 options (10, 6, 2, 0 points)
    • Squatting (Position accroupie) : 4 options (5, 4, 2, 0 points)
  • Règles de cotation et calcul du score total :
    • Le score total s’obtient en effectuant la somme arithmétique simple des points assignés à l’option choisie dans chacune des 8 sections.
    • Le score maximal possible est de 100 points, indiquant une fonction optimale et une absence complète de symptômes invalidants. Le score minimal est de 0 point, traduisant une impotence motrice totale.
  • Catégorisation qualitative standard des résultats :
    • Moins de 65 points (< 65) : Mauvais résultat fonctionnel (Poor).
    • 65 à 83 points (65-83) : Résultat fonctionnel passable / moyen (Fair).
    • 84 à 90 points (84-90) : Bon résultat fonctionnel (Good).
    • Plus de 90 points (> 90) : Excellent résultat fonctionnel (Excellent).
  • Durée d’administration : Environ 3 à 5 minutes pour le patient.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’Échelle originale a été publiée par Jack Lysholm et Jorma Gillquist en 1982 dans la revue médicale de référence Acta Orthopaedica Scandinavica, puis modifiée en 1985 par Yelverton Tegner et Jack Lysholm dans Clinical Orthopaedics and Related Research. La version néerlandaise a fait l’objet d’une validation spécifique par Neeb en 1993.

  • Droits d’utilisation et statut légal : L’instrument relève du domaine public pour les applications cliniques courantes, les activités de recherche académique non lucrative et l’enseignement médical. Aucune redevance financière n’est requise pour son utilisation papier ou numérique dans le cadre de la prise en charge des patients ou de protocoles hospitalo-universitaires.
  • Tarification : Accès libre et gratuit (aucun coût d’achat par administration). Pour les essais cliniques parrainés par des firmes industrielles ou l’intégration dans des solutions logicielles commerciales propriétaires à grande échelle, une vérification des licences d’exploitation auprès des sociétés d’édition d’origine ou des titulaires des droits patrimoniaux reste recommandée.
  • Règle de citation : Les utilisateurs ont l’obligation déontologique et scientifique de citer adéquatement les publications princeps de 1982 et 1985 lors de la diffusion ou publication de résultats obtenus à l’aide de cette échelle.

12. Références

Les références bibliographiques suivantes constituent le fondement méthodologique et psychométrique de l’Échelle d’évaluation du genou de Lysholm :

  • Briggs, K. K., Lysholm, J., Tegner, Y., Rodkey, W. G., Steadman, J. R., & Roos, E. M. (2009). The reliability, validity, and responsiveness of the Lysholm score and Tegner activity scale for patients with ACL injuries of the knee. The American Journal of Sports Medicine, 37(5), 890-897. https://doi.org/10.1177/0363546508330143
  • Lysholm, J., & Gillquist, J. (1982). Evaluation of knee ligament surgery results with special emphasis on use of a scoring scale. Acta Orthopaedica Scandinavica, 53(3), 401-408. https://doi.org/10.3109/17453678208992235
  • Neeb, T. B., Aufdemkampe, G., Wagener, J. H., & Miedema, H. S. (1993). De betrouwbaarheid van de Lysholm Knee Scoring Scale en de Tegner Activity Scale bij patiënten na een voorste-kruisbandreconstructie. Nederlands Tijdschrift voor Fysiotherapie, 103(6), 136-142.
  • Smith, H. J., Richardson, J. B., & Tennant, A. (2009). Modification and validation of the Lysholm Knee Score to increase its clinical and psychometric usefulness. The Journal of Bone and Joint Surgery. British Volume, 91(8), 1051-1058. https://doi.org/10.1302/0301-620X.91B8.22384
  • Tegner, Y., & Lysholm, J. (1985). Rating systems in the evaluation of knee ligament injuries. Clinical Orthopaedics and Related Research, (198), 43-49. https://doi.org/10.1097/00003086-198509000-00007
  • Vlaeyen, J. W., & Linton, S. J. (2000). Fear-avoidance and its consequences in chronic musculoskeletal pain: A state of the art. Pain, 85(3), 317-332. https://doi.org/10.1016/S0304-3959(99)00242-0
  • World Health Organization. (2001). International Classification of Functioning, Disability and Health: ICF. World Health Organization. https://apps.who.int/iris/handle/10665/42407

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Please answer the following questions regarding your knee symptoms and function.
Response Scale: Differential weighted categorical scoring per domain (total score 0 to 100 points)
Scoring / Reverse Items: Sum the points assigned to the chosen option in each of the 8 sections (maximum total score = 100 points). Higher scores indicate better function and fewer symptoms (< 65: Poor; 65-83: Fair; 84-90: Good; > 90: Excellent).
1

Limp: None (5) / Slight or periodical (3) / Severe and constant (0)
2

Support: None (5) / Stick or crutch (2) / Weight-bearing impossible (0)
3

Locking: No locking and no catching sensations (15) / Catching sensation but no locking (10) / Locking occasionally (6) / Locking frequently (2) / Locked joint on examination (0)
4

Instability: Never giving way (25) / Rarely during athletics or other severe exertion (20) / Frequently during athletics or other severe exertion (inability to participate) (15) / Occasionally in daily activities (10) / Often in daily activities (5) / Every step (0)
5

Pain: None (25) / Inconstant and slight during severe exertion (20) / Marked during severe exertion (15) / Marked on or after walking more than 2 km (10) / Marked on or after walking less than 2 km (5) / Constant (0)
6

Swelling: None (10) / On severe exertion (6) / On ordinary exertion (2) / Constant (0)
7

Stair-climbing: No problems (10) / Slightly impaired (6) / One step at a time (2) / Impossible (0)
8

Squatting: No problems (5) / Slightly impaired (4) / Not beyond 90 degrees (2) / Impossible (0)
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Looti, M. (2026, octobre 18). Échelle d’évaluation du genou de Lysholm. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-evaluation-genou-lysholm
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation du genou de Lysholm.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-evaluation-genou-lysholm.
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation du genou de Lysholm.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-evaluation-genou-lysholm.