Échelle d’évaluation de la dépression de Montgomery-Åsberg

L’Échelle d’évaluation de la dépression de Montgomery-Åsberg (MADRS) est un instrument psychométrique de référence en 10 items mesurant la sévérité de l’épisode dépressif et la réponse thérapeutique aux antidépresseurs.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’évaluation de la dépression de Montgomery-Åsberg (couramment désignée par l’acronyme anglophone MADRS) est un instrument psychométrique d’hétéro-évaluation clinique développé en 1979 par le psychiatre britannique Stuart A. Montgomery et la psychiatre suédoise Marie Åsberg. Conçue initialement pour pallier les insuffisances méthodologiques de l’échelle d’évaluation de la dépression de Hamilton (HAM-D), la MADRS a été spécifiquement élaborée pour offrir une sensibilité diagnostique et temporelle maximale face aux modifications de la sévérité symptomatique induites par les thérapeutiques antidépressives. L’échelle est composée de 10 items méticuleusement sélectionnés parmi les 65 items de la Comprehensive Psychopathology Rating Scale (CPRS), sur la base de leur capacité démontrée à refléter de façon fine et linéaire les variations de l’état thymique du patient.

Chaque item est coté sur une échelle ordinale en 7 points s’étendant de 0 à 6, comportant des ancres descriptives explicites pour les échelons pairs (0, 2, 4 et 6) et permettant l’attribution de notes intermédiaires pour les échelons impairs (1, 3 et 5). Le score total, obtenu par la sommation arithmétique simple des 10 items, s’échelonne de 0 à 60 points. Les seuils d’interprétation clinique conventionnels délimitent l’absence de dépression ou la rémission (0 à 6), la dépression légère (7 à 19), la dépression modérée (20 à 34) et la dépression sévère (35 et plus). Du point de vue psychométrique, la MADRS présente une cohérence interne élevée (coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,80 et 0,92), une fidélité inter-juges exceptionnelle (coefficients de corrélation intraclasse couramment supérieurs à 0,85) et une validité convergente remarquable avec l’échelle de Hamilton et l’impression clinique globale (CGI). Sa structure factorielle, bien que majoritairement dominée par un facteur général de dépression sous-jacent, fait l’objet d’analyses structurelles régulières confirmant sa pertinence globale pour la recherche clinique pharmacologique et la pratique psychiatrique contemporaine.

2. Mots-clés / Keywords

MADRS, dépression majeure, évaluation psychométrique, sensibilité au changement, hétéro-évaluation, essais cliniques, antidépresseurs, sévérité clinique, psychiatrie quantitative, Comprehensive Psychopathology Rating Scale

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et standardisée par deux figures majeures de la recherche psychiatrique et psychopharmacologique européenne :

  • Stuart A. Montgomery, MD, FRCPsych : Professeur émérite de psychiatrie à l’Imperial College de l’Université de Londres (St Mary’s Hospital Medical School), Royaume-Uni. Spécialiste reconnu internationalement pour ses travaux pionniers sur l’évaluation clinique des antidépresseurs, la méthodologie des essais thérapeutiques contrôlés et les troubles de l’humeur.
  • Marie Åsberg, MD, PhD : Professeure émérite de psychiatrie au sein du département des neurosciences cliniques du prestigieux Karolinska Institutet à Stockholm, Suède. Chercheuse pionnière dans la biologie de la dépression, l’étude neurochimique du liquide cérébrospinal (notamment le 5-HIAA), le risque suicidaire et le développement d’outils d’évaluation psychopathologique standardisés, incluant la CPRS.

L’adaptation et la validation en langue néerlandaise ont été réalisées par E. G. T. M. Hartong et J. G. Goekoop en 1985. Les validations francophones ont été coordonnées par plusieurs équipes hospitalo-universitaires (notamment Pellet et al., 1982 ; Boyer et al., 1986) sous l’égide de la Société Médico-Psychologique et de l’Association Française de Psychiatrie Biologique.

4. Objectif / Purpose

La conception de la MADRS répond à une nécessité méthodologique cruciale apparue dans la recherche clinique des années 1970 : disposer d’un instrument de mesure standardisé doté d’une haute réactivité clinique (sensitivity to change), capable de détecter avec précision les fluctuations thymiques induites par les molécules antidépressives au fil du temps. Jusqu’alors, l’instrument dominant était l’échelle de dépression de Hamilton (HAM-D), publiée en 1960. Bien que novatrice pour son époque, la HAM-D présentait des faiblesses structurales majeures : elle accordait une pondération disproportionnée aux symptômes somatiques, neurovégétatifs et anxieux (troubles du sommeil, plaintes gastro-intestinales, symptômes génitaux). En conséquence, l’apparition d’effets indésirables pharmacologiques (sécheresse buccale, nausées, sédation) pouvait artificiellement gonfler le score de la HAM-D et masquer une amélioration réelle de l’humeur dépressive centrale.

Pour surmonter ces écueils, Montgomery et Åsberg ont entrepris de concevoir une échelle focalisée préférentiellement sur le noyau affectif, cognitif et motivationnel du syndrome dépressif. L’objectif clinique est double :

  • Dans le contexte des essais cliniques randomisés : Fournir un critère de jugement principal (primary outcome) standardisé, reproductible et robuste pour mesurer l’efficacité différentielle d’un traitement actif par rapport à un placebo ou à un comparateur de référence. La MADRS permet d’évaluer avec une grande finesse le taux de réponse thérapeutique (traditionnellement défini par une réduction minimale de 50 % du score initial) et le taux de rémission clinique complète (score total ≤ 10 ou ≤ 6 selon les protocoles d’investigation).
  • Dans la pratique psychiatrique ambulatoire et hospitalière : Offrir aux cliniciens un cadre d’entretien semi-structuré d’une durée optimale (15 à 25 minutes) permettant d’objectiver la sévérité initiale de l’épisode dépressif caractérisé, de surveiller les trajectoires de guérison, de dépister les phases de rechute ou de récurrence et d’ajuster les posologies pharmacologiques ou les interventions psychothérapeutiques.

L’instrument s’adresse aux populations d’adultes et de personnes âgées souffrant de troubles dépressifs majeurs, unipolaires ou bipolaires. Par sa fidélité et sa robustesse, la MADRS s’est imposée au fil des décennies comme l’étalon-or international requis par les agences de régulation du médicament, telles que la Food and Drug Administration (FDA) américaine et l’Agence européenne des médicaments (EMA), pour l’autorisation de mise sur le marché de nouvelles molécules psychotropes.

5. Construit psychologique / Construct

La MADRS opérationnalise le construit du trouble dépressif caractérisé à travers dix composantes symptomatiques fondamentales. Ces dimensions ont été isolées parce qu’elles constituent le cœur phénoménologique de l’état dépressif et répondent de manière concordante et prévisible aux agents pharmacologiques thymoanaleptiques :

1. Tristesse apparente (Apparent sadness)

Cette dimension évalue l’expression objective et non verbale de l’affliction, du désespoir et du ralentissement affectif. Le clinicien observe le regard, l’effondrement postural, la mimique figée, l’hypomimie, la prosodie monocorde et l’inaptitude à manifester des signes d’éveil émotionnel face à des stimuli relationnels bienveillants.

2. Tristesse exprimée (Reported sadness)

Complémentaire de la tristesse apparente, ce pôle explore le versant subjectif et verbalisé du vécu dépressif. Le patient rapporte un état de découragement profond, de détresse psychique, d’impuissance et un sentiment d’inconsolabilité (« être au fond du gouffre »), indépendamment de son apparence extérieure.

3. Tension intérieure (Inner tension)

Ce symptôme capte l’angoisse psychique, le sentiment d’appréhension vague, l’inconfort interne diffus, la nervosité ou le tumulte mental pouvant culminer dans des états d’angoisse panique, de terreur intime ou de sensation de décompensation imminente. La cotation intègre la fréquence, l’intensité et le besoin impérieux de réassurance manifesté par l’individu.

4. Sommeil réduit (Reduced sleep)

Contrairement à la décomposition tripartite de la HAM-D (insomnie d’endormissement, de milieu de nuit, du réveil précoce), la MADRS synthétise l’altération du sommeil en une mesure globale de la réduction de sa durée ou de sa profondeur subjective par rapport aux habitudes antérieures de bonne santé du sujet.

5. Appétit réduit (Reduced appetite)

Cet item évalue la diminution ou la disparition complète de l’élan biologique lié à la prise alimentaire. L’analyse différentie la perte modérée de plaisir alimentaire du dégoût complet exigeant un effort volontaire coercitif pour s’alimenter.

6. Difficultés de concentration (Concentration difficulties)

Ce domaine cognitif explore les perturbations de l’attention soutenue, de la mémoire de travail et de la vitesse de traitement de l’information. Dans les formes modérées, le sujet peine à suivre le fil d’un livre ou d’une émission ; dans les formes sévères, l’incapacité cognitive devient invalidante et bloque tout processus de prise de décision quotidienne.

7. Lassitude (Lassitude)

Reflet direct de l’inhibition psychomotrice et du déficit énergétique, la lassitude caractérise la difficulté à initier ou à mener à terme des activités même élémentaires (se lever, faire sa toilette, préparer un repas). Il s’agit d’une inertie physique et volitive fondamentale distincte de la fatigue physique pure.

8. Incapacité à ressentir (Inability to feel)

Correspondant à l’anhédonie morale et affective, cette dimension explore l’anesthésie émotionnelle subjective : le patient se sent incapable d’éprouver de l’affection pour ses proches, de la joie, de l’amusement ou de la tristesse réactive. Cet état d’aliénation affective représente souvent pour le patient l’aspect le plus douloureux et paradoxal de la maladie dépressive.

9. Pensées pessimistes (Pessimistic thoughts)

Ce registre cognitif évalue l’orientation négative des pensées : culpabilité disproportionnée ou délirante, indignité personnelle, auto-reproches constants, sentiment d’avoir commis des fautes irréparables ou anticipation anxieuse d’une ruine matérielle et morale.

10. Idées suicidaires (Suicidal thoughts)

Cet item critique évalue la progression des cognitions suicidaires : depuis le sentiment passif que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue et le souhait d’une mort naturelle, jusqu’à la formation active d’idées suicidaires, l’élaboration de plans précis et la mise en œuvre de préparatifs terminaux.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’assise conceptuelle de la MADRS s’inscrit au carrefour de la psychopathologie descriptive quantitative et du modèle biomédical de la psychopharmacologie clinique moderne. Dans la seconde moitié du XXe siècle, sous l’impulsion de chercheurs nord-européens comme Marie Åsberg et d’éminents psychiatres anglo-saxons, un paradigme pragmatique a émergé : pour valider scientifiquement l’efficacité des molécules agissant sur la neurotransmission cérébrale (inhibiteurs de monoamine oxydase, antidépresseurs tricycliques, puis inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine), il était impératif de disposer d’outils métrologiques purs, débarrassés des artefacts diagnostiques.

La MADRS tire sa filiation directe de la Comprehensive Psychopathology Rating Scale (CPRS), mise au point par Åsberg, Montgomery, Perris, Schalling et Sedvall en 1978. La CPRS comportait 65 items évaluant l’ensemble des symptômes psychiatriques majeurs. Lors d’études cliniques prospectives comparant des patients dépressifs traités par antidépresseurs (tels que la clomipramine, la maprotiline ou l’amitriptyline) à des patients recevant un placebo, Montgomery et Åsberg ont appliqué des analyses statistiques rigoureuses de sensibilité au changement. Ils ont découvert que 17 items de la CPRS montraient une réponse statistiquement significative aux traitements actifs. En éliminant les items redondants ou à faible pouvoir discriminant, ils ont cristallisé une matrice de 10 items d’une exceptionnelle cohérence clinique.

Ce cadre théorique postule l’existence d’un noyau dépressif réversible (core depressive syndrome), principalement modulé par les circuits neurobiologiques fronto-striato-limbiques impliqués dans la régulation thymique, l’affectivité négative et la motivation. Contrairement à la vision psychanalytique structuraliste ou à la nosologie descriptive purement catégorielle de l’époque, Montgomery et Åsberg ont adopté une approche dimensionnelle précoce, anticipant les cadres modernes tels que les Research Domain Criteria (RDoC) du National Institute of Mental Health (NIMH), qui privilégient l’évaluation longitudinale de dimensions neurocomportementales précises et quantifiables.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de la MADRS ont été examinées de façon exhaustive à travers des centaines d’études cliniques publiées depuis 1979 :

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente de la MADRS est étayée par des corrélations très fortes avec les autres instruments validés de la dépression. Les études de validation originales et subséquentes rapportent des coefficients de corrélation de Pearson (r) compris entre 0,80 et 0,95 avec l’échelle de Hamilton (HAM-D 17 et HAM-D 21). Des corrélations substantielles (r = 0,70 à 0,86) ont également été documentées avec les auto-questionnaires validés, notamment l’Inventaire de Dépression de Beck (BDI-II) et la version auto-administrée de la MADRS (MADRS-S). La corrélation avec l’échelle d’Impression Clinique Globale – Sévérité (CGI-S) se situe régulièrement entre 0,75 et 0,85, attestant que le score global reflète fidèlement la gravité clinique perçue par le médecin traitant.

Sensibilité au changement (Sensitivity to Change)

C’est dans ce domaine précis que la MADRS surpasse historiquement ses homologues. Dans des analyses comparatives directes (Montgomery & Åsberg, 1979 ; Carmody et al., 2006), la taille d’effet (effect size, d de Cohen) mesurée par la MADRS lors d’essais cliniques pharmacologiques s’est avérée constamment supérieure ou égale à celle de la HAM-D. Les items de la MADRS ne présentent quasiment aucun phénomène de plancher ou de plafond dans les cohortes dépressives, et les échelons intermédiaires permettent d’enregistrer des modifications infimes mais cliniquement pertinentes de l’humeur au cours des premières semaines d’intervention thérapeutique.

Validité discriminante

L’échelle montre une excellente capacité à distinguer les patients souffrant d’un épisode dépressif majeur caractérisé de ceux présentant des troubles anxieux purs (anxiété généralisée, trouble panique) ou des états de détresse psychologique non psychiatrique. De plus, la MADRS discrimine significativement les répondeurs thérapeutiques des non-répondeurs, offrant aux cliniciens une valeur prédictive robuste quant à la trajectoire d’évolution de la pathologie.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de la MADRS a fait l’objet d’évaluations métrologiques méticuleuses lors de son développement et dans le cadre de grandes études multicentriques internationales :

Cohérence interne (Internal Consistency)

L’homogénéité globale des dix items constituant l’échelle est remarquable. Les études publiées dans des cohortes variées (patients hospitalisés, ambulatoires, gériatriques) rapportent de façon convergente un coefficient alpha de Cronbach variant de 0,80 à 0,92. Le coefficient oméga de McDonald (ω), calculé dans des analyses psychométriques contemporaines, confirme cette excellente cohérence avec des valeurs généralement supérieures à 0,85, attestant que les dix items mesurent de concert une même entité syndromique sous-jacente sans redondance stérile.

Fidélité inter-juges (Inter-Rater Reliability)

Dans l’étude princeps de Montgomery et Åsberg (1979), la fidélité inter-évaluateurs a été évaluée à partir d’entretiens conjoints menés par des psychiatres indépendants. Le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) pour le score total a atteint la valeur impressionnante de 0,89 à 0,95. Le coefficient kappa de Cohen ou kappa pondéré pour chaque item individuel s’échelonne entre 0,65 et 0,88, démontrant que la présence d’ancres comportementales précises aux points 0, 2, 4 et 6 limite considérablement la dérive subjective entre évaluateurs, même lorsque ceux-ci possèdent des niveaux d’expérience clinique contrastés.

Fidélité test-retest

Lorsque la MADRS est administrée à un court intervalle (24 à 48 heures) chez des patients cliniquement stables chez lesquels aucun changement thérapeutique n’a été introduit, le coefficient de fidélité test-retest varie de 0,78 à 0,88, confirmant la stabilité de la mesure en dehors des fluctuations pharmacologiques induites.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de la MADRS a suscité d’abondants débats académiques au sein de la littérature psychométrique, opposant les partisans d’une stricte unidimensionnalité aux défenseurs de modèles multifactoriels hiérarchiques.

Modèle unidimensionnel

Dans leur publication originale, Montgomery et Åsberg ont conçu l’échelle comme une mesure unidimensionnelle de la sévérité du syndrome dépressif. De nombreuses analyses factorielles exploratoires (AFE) menées par la suite soutiennent cette perspective en révélant l’existence d’un premier facteur général dominant qui explique à lui seul entre 45 % et 60 % de la variance totale des scores. Tous les items présentent des saturations factorielles substantielles sur ce facteur principal, la majorité dépassant le seuil de 0,55, avec des charges particulièrement prononcées pour les items Tristesse exprimée, Tristesse apparente, Lassitude et Incapacité à ressentir.

Modèles multidimensionnels et analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Cependant, des études appliquant des analyses factorielles confirmatoires sur de vastes échantillons cliniques (par exemple, Suzuki et al., 2008 ; Roger et al., 2012) ont mis en évidence que des modèles à deux ou trois facteurs corrélés offrent parfois de meilleurs indices d’ajustement (CFI > 0,95 ; TLI > 0,93 ; RMSEA < 0,06) :

  • Facteur 1 : Dépression psychique centrale / Affect dépressif (comprenant la tristesse apparente, la tristesse exprimée, les pensées pessimistes et l’incapacité à ressentir).
  • Facteur 2 : Inhibition psychomotrice / Ralentissement (comprenant la lassitude et les difficultés de concentration).
  • Facteur 3 : Symptômes végétatifs et anxiété (regroupant la tension intérieure, le sommeil réduit et l’appétit réduit).

L’item Idées suicidaires sature fréquemment sur le facteur affectif ou constitue une variable charnière à variance spécifique. Malgré ces subdivisions heuristiques utiles pour la recherche fondamentale sur les sous-types de dépression, le consensus clinique international préconise l’utilisation du score composite univarié total, dont la pertinence pratique pour évaluer l’intensité globale de l’épisode dépressif demeure indétrônable.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Échelle d’évaluation de la dépression de Montgomery-Åsberg (Montgomery Åsberg Depression Rating Scale – MADRS)
  • Type d’évaluation : Entretien clinique semi-structuré d’hétéro-évaluation (passation par un professionnel de santé mentale formé, psychiatre, psychologue ou investigateur clinique)
  • Nombre total d’items : 10 items cliniques
  • Format de réponse : 7-point rating scale ranging from 0 to 6 with defined anchors at 0, 2, 4, and 6, and intermediate scoring points (1, 3, 5)
  • Procédure de cotation : Le clinicien attribue une note de 0 à 6 pour chacun des 10 items. Si l’état du patient se situe précisément entre deux descriptions étalonnées, le clinicien utilise les notes intermédiaires (1, 3 ou 5).
  • Score total : Obtenu par la somme directe des 10 items, s’étendant de 0 à 60 points (aucun item n’est inversé).
  • Seuils d’interprétation clinique :
    • 0 à 6 points : Absence de dépression clinique significative / Stade de rémission complète
    • 7 à 19 points : Épisode dépressif léger
    • 20 à 34 points : Épisode dépressif modéré
    • ≥ 35 points : Épisode dépressif sévère
  • Durée moyenne d’administration : 15 à 25 minutes selon l’accessibilité psychique et le degré de ralentissement du patient.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’échelle a été initialement publiée en 1979 dans le British Journal of Psychiatry. Dans le milieu académique, hospitalier et dans la recherche clinique non subventionnée, la MADRS a traditionnellement été considérée comme faisant partie du domaine public clinique et a été largement utilisée sans redevance directe d’utilisation intellectuelle, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de Montgomery et Åsberg (1979).

Cependant, dans le cadre d’essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique ou de développements technologiques commerciaux (digitalisation, intégration dans des dossiers patients informatisés ou des applications mobiles d’e-santé), la gestion des droits, des traductions officielles certifiées et des licences d’exploitation est supervisée par des entités spécialisées en gestion de la propriété intellectuelle médicale, telles que Mapi Research Trust / ePROVIDE. Les investigateurs conduisant des études industrielles doivent s’assurer de détenir les licences de reproduction appropriées et d’utiliser les livrets d’entretien certifiés.

12. Références / References

Les sources bibliographiques suivantes constituent les publications fondamentales validant la structure, la fidélité et l’application clinique de l’échelle :

  • Åsberg, M., Montgomery, S. A., Perris, C., Schalling, D., & Sedvall, G. (1978). A comprehensive psychopathological rating scale. Acta Psychiatrica Scandinavica, 57(S271), 5–27. https://doi.org/10.1111/j.1600-0447.1978.tb02357.x
  • Boyer, P., Pull, C. B., Dreyfus, J. F., & Pichot, P. (1986). Une nouvelle échelle d’évaluation de la dépression : la Montgomery-Asberg Depression Rating Scale (MADRS). Étalonnage et étude de validation de la version française. Annales Médico-Psychologiques, 144(4), 416–423.
  • Carmody, T. J., Rush, A. J., Bernstein, I., Warden, D., Brannan, S., Husain, M. M., & Trivedi, M. H. (2006). The Montgomery Åsberg and the Hamilton ratings of depression: A comparison of measures. European Neuropsychopharmacology, 16(7), 481–493. https://doi.org/10.1016/j.euroneuro.2006.01.007
  • Hartong, E. G. T. M., & Goekoop, J. G. (1985). Een Nederlandse versie van de Montgomery-Asberg Depression Rating Scale. Acta Neuropsychiatrica, 1, 14–17.
  • Montgomery, S. A., & Åsberg, M. (1979). A new depression scale designed to be sensitive to change. British Journal of Psychiatry, 134(4), 382–389. https://doi.org/10.1192/bjp.134.4.382
  • Pellet, J., Gilles, D. C., & Pommery, J. (1982). Traduction et adaptation française de la Montgomery and Åsberg Depression Rating Scale (MADRS). Psychiatrie Médicale, 14, 155–164.
  • Roger, M., Pouchot, J., & Corruble, E. (2012). Factor structure of the Montgomery-Åsberg Depression Rating Scale: A systematic review. Journal of Affective Disorders, 143(1–3), 1–9. https://doi.org/10.1016/j.jad.2012.04.015
  • Suzuki, A., Aoshima, T., Fukasawa, T., Yoshinao, K., & Otani, K. (2008). Factor structure of the Montgomery-Asberg Depression Rating Scale in Japanese patients with major depressive disorder. Psychiatry and Clinical Neurosciences, 62(3), 310–314. https://doi.org/10.1111/j.1440-1819.2008.01804.x

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale: 7-point rating scale ranging from 0 to 6 with defined anchors at 0, 2, 4, and 6, and intermediate scoring points (1, 3, 5)

  1. Apparent sadness
    Representing despondency, gloom and despair, reflected in speech, facial expression, and posture. Rate by depth and inability to brighten up.
  2. Reported sadness
    Representing reports of depressed mood, regardless of whether it is reflected in appearance or not. Includes low spirits, despondency or the feeling of being beyond help and without hope.
  3. Inner tension
    Representing feelings of ill-defined discomfort, edginess, internal turmoil, mental tension mounting to either panic, dread or anguish. Rate according to intensity, frequency, duration and the extent of reassurance needed.
  4. Reduced sleep
    Representing the experience of reduced duration or depth of sleep compared to the subject’s normal pattern when well.
  5. Reduced appetite
    Representing the feeling of a loss of appetite compared with when-well. Rate by loss of desire for food or the need to force oneself to eat.
  6. Concentration difficulties
    Representing difficulties in collecting one’s thoughts mounting to incapacitating lack of concentration. Rate according to intensity, frequency, and degree of incapacity produced.
  7. Lassitude
    Representing a difficulty getting started, or slowness initiating and performing everyday activities.
  8. Inability to feel
    Representing the subjective experience of reduced interest in the surroundings, or activities that normally give pleasure. The ability to react with adequate emotion to circumstances or people is reduced.
  9. Pessimistic thoughts
    Representing thoughts of guilt, inferiority, self-reproach, sinfulness, remorse and ruin.
  10. Suicidal thoughts
    Representing the feeling that life is not worth living, that a natural death would be welcome, suicidal thoughts, and preparations for suicide. Suicide attempts should not in themselves influence the rating.
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Looti, M. (2026, octobre 18). Échelle d’évaluation de la dépression de Montgomery-Åsberg. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-evaluation-depression-montgomery-asberg-madrs-2
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation de la dépression de Montgomery-Åsberg.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-evaluation-depression-montgomery-asberg-madrs-2.
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation de la dépression de Montgomery-Åsberg.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-evaluation-depression-montgomery-asberg-madrs-2.