Échelle d’évaluation de la codépendance de Beck (BCAS)

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle d’évaluation de la codépendance de Beck (BCAS) développée par William H. Beck : structure tridimensionnelle (Contrôle, Préoccupation sociale, Conflit familial), fidélité, validité et cotation clinique.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 16, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 16, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’évaluation de la codépendance de Beck (Beck Codependence Assessment Scale, BCAS ; Beck, 1991) constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer la présence et la sévérité des dynamiques de codépendance au sein des relations interpersonnelles et du système familial. Développée initialement par William H. Beck (1991) puis intégrée dans des compendiums majeurs d’évaluation clinique (Corcoran & Fischer, 2000 ; Hawkins & Hawkins, 2014), la BCAS évalue les patterns dysfonctionnels caractérisés par une focalisation excessive sur les besoins d’autrui au détriment de ses propres limites psychologiques et émotionnelles.

L’échelle se compose de 35 items distribués sur une échelle de réponse ordinale de type Likert en 5 points, allant de « Almost never » (Presque jamais) à « Almost always » (Presque toujours). Sur le plan structurel, l’instrument s’articule autour de trois dimensions théoriquement et empiriquement validées :

  • Le Contrôle (Control – C) : composé de 10 items, ce facteur évalue les tentatives manifestes ou sous-jacentes de réguler, modifier ou manipuler les conduites d’autrui dans l’illusion de maîtriser l’environnement relationnel.
  • La Préoccupation sociale (Social concern – S) : composée de 10 items, cette dimension mesure la perméabilité des frontières individuelles, le sentiment exagéré d’obligation et de responsabilité envers les problèmes de tiers, ou à l’inverse l’absence d’hypervigilance relationnelle.
  • Le Conflit familial (Family conflict – F) : structuré autour de 15 items, ce domaine explore l’étiologie développementale en évaluant le climat de détresse, d’invalidation émotionnelle et d’imprévisibilité vécu dans la famille d’origine.

Sur le plan métrologique, l’échelle présente une consistance interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,91 pour l’échelle globale et entre 0,74 et 0,89 pour les sous-échelles selon les populations cliniques et non cliniques étudiées. Douze items font l’objet d’une cotation inversée (items 2, 3, 5, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 26, 28 et 32), garantissant une protection efficace contre les biais d’acquiescement. La BCAS demeure un outil privilégié en addictologie, en psychothérapie systémique et en recherche sur les dépendances affectives.

2. Mots-clés / Keywords

Codépendance, BCAS, William H. Beck, évaluation psychométrique, contrôle interpersonnel, conflit familial, préoccupation sociale, dépendance affective, dynamique systémique, alcoolisme familial, thérapie de couple, frontières relationnelles, validité factorielle, auto-évaluation.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et standardisée par :

  • William H. Beck, M.S.W., Ph.D. : Clinicien et chercheur en travail social et addictologie, affilié à Administrative Services (Chicago, Illinois, États-Unis). Auteur du manuel clinique fondateur : Codependence Assessment Manual (1991).

D’autres chercheurs ont apporté des contributions substantielles à la documentation métrologique, à la diffusion clinique et à l’investigation empirique de l’instrument :

  • Kevin Corcoran, Ph.D., J.D. : Professeur de travail social à l’Université de Pennsylvanie et à l’Université de Houston, co-auteur des volumes de référence Measures for Clinical Practice.
  • Joel Fischer, D.S.W. : Professeur émérite à la School of Social Work de l’Université d’Hawaï à Manoa.
  • Catherine A. Hawkins, Ph.D., LCSW : Professeure à la School of Social Work de la Texas State University (San Marcos, Texas, États-Unis), spécialiste des modèles biopsychosociaux de la codépendance et des addictions.
  • Raymond C. Hawkins II, Ph.D., ABPP : Psychologue clinicien et professeur associé au département de psychologie de l’Université du Texas à Austin et à la Fielding Graduate University.

4. Objectif / Purpose

Finalités cliniques et cibles d’évaluation

L’objectif premier de la Beck Codependence Assessment Scale (BCAS) est d’opérationnaliser et de quantifier le concept clinique de codépendance, historiquement formulé pour décrire les réactions d’adaptation des conjoints de personnes souffrant de troubles liés à l’usage de substances psychoactives (particulièrement l’alcoolisme). La BCAS s’affranchit toutefois d’une vision purement nosographique pour appréhender la codépendance comme une configuration relationnelle caractérisée par l’abandon des besoins personnels, la préoccupation compulsive pour l’équilibre émotionnel d’autrui et un besoin impérieux d’exercer un contrôle sur les interactions interpersonnelles.

L’instrument permet de :

  • Dépister les comportements de facilitation (enabling) et de sacrifice de soi chez les proches de patients dépendants ou souffrant de pathologies psychiatriques sévères.
  • Évaluer les répercussions des traumatismes relationnels précoces et des dysfonctionnements du système familial d’origine sur le fonctionnement adulte.
  • Mesurer la capacité du sujet à maintenir des frontières du soi (boundaries) saines face à la détresse, à la colère ou aux choix destructeurs d’un tiers significatif.
  • Fournir aux thérapeutes une cartographie différentielle identifiant si la codépendance s’exprime prioritairement par une manipulation contrôlante, par une anxiété d’intrusion sociale ou par une réactivation de traumatismes d’enfance.

Applications en recherche et justification théorique

Dans le domaine de la recherche empirique, la BCAS répond à une critique récurrente formulée à l’égard de la littérature sur la codépendance : le manque de standardisation et de rigueur psychométrique des premiers instruments d’évaluation développés dans les années 1980. En proposant une structure multidimensionnelle différenciant les composantes interactionnelles actuelles (contrôle et préoccupation) de la dimension développementale historique (conflits familiaux), l’outil autorise des analyses multivariées fines.

L’échelle est régulièrement mobilisée pour analyser les liens entre traits de personnalité (notamment le névrosisme, l’amabilité pathologique et l’extraversion), les dimensions de stéréotypes de genre, la contradépendance (contradependence) et les conduites d’alcoolisation problématique dans les cohortes universitaires et cliniques (Hawkins & Hawkins, 2014). En thérapie conjugale et familiale, la BCAS sert d’outil d’évaluation pré- et post-intervention pour attester du rétablissement de la différenciation de soi chez les membres du système.

5. Construit psychologique / Construct

La codépendance mesurée par la BCAS est conceptualisée comme un trouble relationnel et développemental complexe, prenant racine dans l’insécurité d’attachement et s’exprimant à travers trois dimensions interdépendantes mais distinctes.

1. Le Contrôle interpersonnel (Control – 10 items)

La dimension du contrôle reflète le besoin compulsif de diriger, superviser, contraindre ou modifier le comportement des personnes significatives de l’entourage. L’individu codépendant entretient la conviction irrationnelle qu’il sait exactement ce qui convient à autrui (item 31 : « I know what’s best for other people » ; item 33 : « I think I know best how people should behave ») et que le bien-être ou la survie des autres dépend de ses conseils et interventions.

Ce construit intègre également le recours à la manipulation affective subtile, notamment l’induction de culpabilité (item 22 : « I have used guilt to make other people do what I wanted ») ou la communication stratégique visant à infléchir les décisions d’autrui (item 12 : « I say what I hope will make people do as I want »). Paradoxalement, ce contrôle compulsif s’accompagne d’une profonde impuissance et d’une détresse intense face à l’incapacité d’enrayer les comportements autodestructeurs d’un partenaire (item 4). Le contrôle s’étend à la sphère de l’intimité, le sujet pouvant se soumettre à des relations sexuelles non désirées pour maintenir le lien ou apaiser l’autre (item 8 : « I have sex when I don’t want to »).

2. La Préoccupation sociale et perméabilité des frontières (Social Concern – 10 items)

Cette dimension évalue le degré d’enchevêtrement (enmeshment) émotionnel face à la détresse d’autrui. La personne présentant un score élevé sur cette dimension s’attribue une responsabilité démesurée quant aux états affectifs, aux comportements déviants ou aux erreurs de ses pairs, au détriment de l’autonomie d’autrui.

Ce construit est massivement évalué à l’aide d’items inversés explorant la capacité à poser des limites psychologiques saines : reconnaître qu’il n’est pas de son devoir de sauver autrui face à ses conduites de consommation d’alcool ou de drogues (item 5 inversé, item 26 inversé), accepter que la colère d’autrui ne relève pas de sa responsabilité directe (item 15 inversé), ou refuser de se substituer aux compétences d’action d’un tiers (item 19 inversé : « I do not like to do for other people what they can do for themselves »). Un score pathologique traduit une absence de différenciation : l’individu s’impose comme tuteur obligatoire (item 30 : « I try to keep my friends and family out of trouble ») et absorbe la maladie physique ou mentale de son partenaire (item 16).

3. Le Conflit familial d’origine (Family Conflict – 15 items)

La troisième dimension évalue les racines développementales de la codépendance au sein du système familial précoce. Ce facteur mesure l’exposition à un climat d’imprévisibilité, de tension chronique, de maltraitance psychologique ou d’inhibition des affects durant l’enfance :

  • Climat émotionnel invalidant et anxiogène : Présence de tension perpétuelle (item 9), attente d’une catastrophe imminente (item 29 : « As a child, I expected something terrible to happen »), hypervigilance face à l’agressivité des parents (item 25, item 34).
  • Déficits de sécurisation et dévalorisation : Sentiment d’être rejeté, abandonné ou considéré comme sans valeur par l’une des figures parentales (item 10 : « One or both of my parents told me I was worthless » ; item 18).
  • Règles de non-expression et tabous systémiques : Interdiction formelle d’extérioriser les émotions authentiques ou de discuter ouvertement des dysfonctionnements du foyer (item 20, item 23, item 27).
  • Parentification et culpabilité rétrospective : Conviction persistante chez l’enfant qu’il était responsable des conflits conjugaux parentaux (item 6 : « If my parents fought, I felt it was my fault »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La théorie des systèmes familiaux et la différenciation de soi

Le socle théorique de la BCAS s’enracine principalement dans la théorie des systèmes familiaux de Murray Bowen (1978). Selon Bowen, l’équilibre psychologique d’un individu repose sur son niveau de différenciation de soi (differentiation of self), c’est-à-dire sa capacité à distinguer ses processus intellectuels de ses réactions émotionnelles automatiques, et à maintenir un sentiment de soi cohérent face à la pression du groupe familial.

Dans un système familial marqué par un faible niveau de différenciation, règne une « masse fusionnelle du moi familial » (undifferentiated family ego mass). Dans ce contexte, l’anxiété chronique circule sans filtre. Pour réduire cette anxiété, les membres recourent à des mécanismes défensifs :

  • La triangulation, où un enfant est attiré dans le conflit parental pour stabiliser le couple (illustré par l’item 6).
  • Le surfonctionnement / sous-fonctionnement relationnel, où un membre assume l’ensemble des responsabilités pratiques et morales de l’autre membre défaillant (sous-tendant les sous-échelles Contrôle et Préoccupation sociale).
  • La rupture émotionnelle (emotional cutoff) ou l’inhibition totale des émotions (items 20 et 27).

L’approche structurelle de Minuchin : perméabilité des frontières

La conceptualisation du sous-construit Social Concern mobilise directement les concepts de Salvador Minuchin (1974) sur l’architecture des systèmes relationnels. Minuchin distingue les familles désengagées (aux frontières trop rigides) des familles enchevêtrées (enmeshed families), caractérisées par des frontières diffuses et excessivement perméables.

Chez le sujet codépendant évalué par la BCAS, les frontières individuelles sont abolies : l’inconfort d’un tiers est vécu immédiatement comme une urgence personnelle intolérable. L’autonomie d’autrui est perçue comme une menace d’abandon, justifiant le recours à des conduites intrusives de sauvetage ou de contrôle comportemental (item 24 : « Because I feel responsible for other people, I try to control what they do »).

La théorie de l’attachement et le conditionnement traumatique

Sur le versant psychopathologique individuel, la BCAS s’accorde avec la théorie de l’attachement (John Bowlby, Mary Ainsworth). Les items de la dimension Family Conflict mettent en évidence un style d’attachement anxieux-préoccupé, généré par des réponses parentales inconsistantes, rejetantes ou menaçantes. Dans de tels contextes familiaux, l’enfant intériorise des modèles opérationnels internes (internal working models) fondés sur l’indignité personnelle (item 10) et la nécessité de surveiller l’état émotionnel des figures d’attachement pour assurer sa propre sécurité physique et psychique.

7. Validité / Validity

Validité de construit et validité factorielle

La validité de construit de la BCAS a été documentée lors de son étalonnage initial par Beck (1991) et corroborée par des études ultérieures portant sur des populations universitaires, des groupes d’entraide (Al-Anon, Adult Children of Alcoholics – ACOA) et des patients consultants en clinique des addictions (Corcoran & Fischer, 2000 ; Hawkins & Hawkins, 2014).

Les analyses factorielles démontrent que le modèle à 3 facteurs (Contrôle, Préoccupation sociale, Conflit familial) explique une part substantielle de la variance totale des scores (généralement supérieure à 45 %). Les items saturent de manière univoque sur leurs dimensions respectives (saturations primaires > 0,40), attestant que les comportements manifestes de contrôle chez l’adulte demeurent distincts des perceptions rétrospectives du climat familial toxique de l’enfance, bien que corrélés positivement avec celui-ci (r inter-facteurs variant entre 0,35 et 0,55).

Validité convergente

La validité convergente de l’instrument a été évaluée en confrontant les scores de la BCAS à d’autres échelles de psychopathologie et d’évaluation relationnelle :

  • Échelles homologues de codépendance : Corrélations positives significatives et élevées avec la Spann-Fischer Codependency Scale (SFCDS ; r = 0,65 à 0,74) et la Codependency Assessment Tool (CODAT ; r > 0,60).
  • Anxiété et dépression : Corrélations modérées à fortes avec l’Inventaire d’anxiété état-trait de Spielberger (STAI-Trait ; r ≈ 0,48 à 0,58) et avec l’Inventaire de dépression de Beck (BDI ; r ≈ 0,42 à 0,52), confirmant que la codépendance s’accompagne d’une charge affective dysphorique majeure.
  • Estime de soi : Corrélation inverse significative avec l’Échelle d’estime de soi de Rosenberg (RSES ; r = -0,50 à -0,62), confirmant l’hypothèse théorique selon laquelle le surinvestissement d’autrui masque un déficit structurel d’auto-évaluation positive.

Validité discriminante et différentielle

La BCAS démontre une excellente capacité à distinguer les populations cliniques des populations tout-venant. Les individus issus de familles d’origine alcooliques ou dysfonctionnelles obtiennent des scores significativement plus élevés sur l’échelle globale et sur la sous-échelle Family Conflict que les participants témoins (p < 0,001).

Dans l’étude empirique de Hawkins et Hawkins (2014), la BCAS a permis de différencier le construit de codépendance de celui de la contradépendance (mesurée comme une évitement contraint de toute dépendance affective) et de mettre en lumière des patterns différentiels selon les traits stéréotypés de genre : la sous-échelle Contrôle s’avère associée positivement à la détresse relationnelle indépendamment du sexe biologique, réfutant l’idée que la codépendance ne constituerait qu’un simple artefact de la socialisation féminine traditionnelle.

8. Fidélité / Reliability

Consistance interne

Les propriétés de cohérence interne de la Beck Codependence Assessment Scale ont été examinées au moyen du coefficient alpha de Cronbach dans diverses recherches cliniques et universitaires :

  • Échelle totale (35 items) : L’alpha de Cronbach se situe constamment entre α = 0,88 et α = 0,92, témoignant d’une excellente homogénéité psychométrique sans redondance excessive entre les items.
  • Sous-échelle Contrôle (10 items) : Les coefficients varient de α = 0,78 à 0,84.
  • Sous-échelle Préoccupation sociale (10 items) : Les valeurs s’échelonnent entre α = 0,74 et 0,81.
  • Sous-échelle Conflit familial (15 items) : Cette dimension présente la plus forte consistance interne avec des coefficients allant de α = 0,85 à 0,89, reflétant la stabilité de la reconstruction mnésique des climats relationnels pathologiques de l’enfance.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La fidélité test-retest a été mesurée auprès d’échantillons non cliniques sur un intervalle de deux à quatre semaines. Le coefficient de corrélation intraclasse global s’établit à r = 0,83 (avec des valeurs de 0,79 pour le Contrôle, 0,76 pour la Préoccupation sociale et 0,88 pour le Conflit familial), attestant d’une grande stabilité des traits mesurés en l’absence d’intervention thérapeutique ciblée.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Les analyses factorielles exploratoires initiales conduites par Beck (1991), confirmées par les synthèses de Corcoran et Fischer (2000), ont été réalisées à l’aide d’extractions en composantes principales suivies de rotations obliques (Promax ou Oblimin), eu égard aux corrélations théoriques attendues entre les différentes facettes de la dynamique relationnelle.

Le test de sphéricité de Bartlett (p < 0,001) et l’indice de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO > 0,85) attestent de l’adéquation de la matrice de données à la factorisation. La règle de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,0) et l’examen du diagramme de sédimentation (scree plot) de Cattell identifient clairement une structure dominante à trois facteurs :

  • Facteur 1 : Conflit familial (valeur propre la plus élevée, expliquant environ 22 à 26 % de la variance). Les saturations les plus fortes concernent les items décrivant l’inhibition émotionnelle (item 27, saturation = 0,71 ; item 20, saturation = 0,68), l’anxiété enfantine (item 29, saturation = 0,65) et la dévalorisation parentale (item 10, saturation = 0,64).
  • Facteur 2 : Contrôle (expliquant environ 12 à 15 % de la variance). Fortes saturations pour les items exprimant la supériorité prescriptive (item 33, saturation = 0,72 ; item 31, saturation = 0,69) et la manipulation émotionnelle (item 22, saturation = 0,60).
  • Facteur 3 : Préoccupation sociale (expliquant environ 8 à 11 % de la variance). Les items inversés évaluant l’étanchéité des frontières et le non-engagement dans les déviances d’autrui présentent des saturations comprises entre 0,45 et 0,65 (notamment item 5, item 15 et item 26).

Analyses confirmatoires et modélisation en équations structurales

Dans les réévaluations méthodologiques modernes (Hawkins & Hawkins, 2014), l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) confirme la supériorité du modèle tridimensionnel corrélé par rapport à un modèle unidimensionnel strict. Les indices d’ajustement couramment rapportés pour le modèle à 3 facteurs présentent des valeurs acceptables :

  • Comparative Fit Index (CFI) ≈ 0,91
  • Tucker-Lewis Index (TLI) ≈ 0,90
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) ≈ 0,058 [IC 90 % : 0,051 – 0,065]
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) ≈ 0,062

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé sur support papier-crayon ou informatique.

  • Type d’évaluation : Auto-évaluation psychométrique (self-report inventory).
  • Nombre total d’items : 35 items rédigés sous forme d’affirmations à la première personne du singulier.
  • Modalités de réponse : Échelle de Likert ordinale à 5 degrés d’accord/fréquence :
    • 1 = Almost never (Presque jamais)
    • 2 = Rarely (Rarement)
    • 3 = Sometimes (Parfois)
    • 4 = Frequently (Fréquemment)
    • 5 = Almost always (Presque toujours)
  • Items inversés (Reverse scored) : 12 items doivent faire l’objet d’une inversion de cotation préalable au calcul des scores (transformation : 1=5, 2=4, 3=3, 4=2, 5=1). Il s’agit des items : 2, 3, 5, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 26, 28 et 32.
  • Calcul des scores par sous-échelles :
    • Contrôle (Control – C) : Somme des items 1, 4, 8, 12, 17 (inversé), 22, 24, 31, 33, 35 (Étendue : 10 à 50).
    • Préoccupation sociale (Social concern – S) : Somme des items 2 (inversé), 5 (inversé), 11 (inversé), 15 (inversé), 16, 19 (inversé), 21 (inversé), 26 (inversé), 28 (inversé), 30 (Étendue : 10 à 50).
    • Conflit familial (Family conflict – F) : Somme des items 3 (inversé), 6, 7, 9, 10, 13 (inversé), 14, 18, 20, 23, 25, 27, 29, 32 (inversé), 34 (Étendue : 15 à 75).
  • Score total : Somme cumulée des 35 items (étendue totale de 35 à 175 points). Plus le score total est élevé, plus le niveau global de codépendance et de dysfonctionnement relationnel est marqué.
  • Temps de passation moyen : Entre 8 et 12 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : 1991 (publication du manuel original chez Administrative Services, Chicago).
  • Statut des droits d’auteur : William H. Beck détient le copyright initial de l’instrument. La publication de l’échelle complète dans le répertoire clinique de Kevin Corcoran et Joel Fischer (Measures for Clinical Practice, 2000) et dans le Healthy Marriages Compendium en a démocratisé l’accès pour l’usage académique et clinique non lucratif.
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit pour la recherche scientifique, l’enseignement universitaire et les bilans cliniques individuels dans le cadre de thérapies privées ou publiques, sous réserve de citer scrupuleusement la paternité de William H. Beck (1991) et les compilations de Corcoran et Fischer (2000). Les adaptations commerciales, traductions publiées ou intégrations logicielles propriétaires requièrent l’obtention formelle des autorisations auprès des ayants droit.

12. Références / References

Les références suivantes documentent la conception, les fondements conceptuels et les validations empiriques de l’échelle selon les normes APA 7e édition :

  • Beck, W. H. (1991). Codependence assessment manual. Administrative Services.
  • Bowen, M. (1978). Family therapy in clinical practice. Jason Aronson.
  • Corcoran, K., & Fischer, J. (2000). Measures for clinical practice: A sourcebook (3e éd., Vol. 2 : Adults). The Free Press. WorldCat Link
  • Hawkins, C. A., & Hawkins, R. C. (2014). Codependence, contradependence, gender-stereotyped traits, personality dimensions and problem drinking. Universal Journal of Psychology, 2(1), 5-15. https://doi.org/10.13189/ujp.2014.020102
  • Minuchin, S. (1974). Families and family therapy. Harvard University Press. https://doi.org/10.4159/9780674041127
  • Spann, L., & Fischer, J. L. (1990). Identifying co-dependency. The Counselor, 8(6), 27-32.
  • U.S. Department of Health and Human Services. (2008). Healthy marriages compendium, Part 2: Measurement instruments. Administration for Children and Families.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

I feel that my significant other does not understand me.
2

I let others make their own choices even when I think they are wrong.
3

As a child‚ I was encouraged to express myself.
4

I feel frustrated because I cannot keep my significant other from beha‎ving self destructively.
5

If my friend or significant other wants to get drunk or take drugs‚ it’s not my problem.
6

If my parents fought‚ I felt it was my fault.
7

When growing up‚ I felt no one really understood me.
8

I have sex when I don’t want to.
9

There was a lot of tension in my family when I was growing up.
10

One or both of my parents told me I was worthless.
11

It’s not my responsibility to take care of other people.
12

I say what I hope will make people do as I want.
13

I feel loved and accepted by my family.
14

As a child‚ I was anxious.
15

If other people get mad‚ it’s not my problem.
16

My significant other is sick.
17

I let everyone make their own choices.
18

My parents let me down as a child.
19

I do not like to do for other people what they can do for themselves.
20

In my family‚ I had to learn not to show my emotions.
21

I can’t control other people.
22

I have used guilt to make other people do what I wanted.
23

It was not OK to talk about problems in my family.
24

Because I feel responsible for other people‚ I try to control what they do.
25

My parents were angry.
26

If my friend drinks too much‚ I don’t worry about it.
27

In my family‚ it was not acceptable to express my feelings.
28

If two friends don’t like each other‚ it’s not my problem.
29

As a child‚ I expected something terrible to happen.
30

I try to keep my friends and family out of trouble.
31

I know what’s best for other people.
32

When I have been in trouble‚ I knew I could go to my parents for help.
33

I think I know best how people should behave.
34

I had to be careful to avoid making my parents angry.
35

I don’t know how I do it‚ but I find myself involved in other people’s business.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 16). Échelle d’évaluation de la codépendance de Beck (BCAS). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-evaluation-codependance-beck-bcas
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation de la codépendance de Beck (BCAS).” Base de données de psychologie en français, 16 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-evaluation-codependance-beck-bcas.
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation de la codépendance de Beck (BCAS).” Base de données de psychologie en français. octobre 16, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-evaluation-codependance-beck-bcas.