1. Résumé / Abstract
L’Échelle du syndrome social du COVID-blues (COVID-blues Social Syndrome Scale), développée par Changhyun Ahn et Ghee Young Noh en 2023, est un instrument psychométrique composé de 25 items conçu pour évaluer le stress lié à la pandémie de COVID-19 aux niveaux individuel et culturel, spécifiquement au sein de sociétés collectivistes. Alors que la majorité des outils initiaux développés durant la crise sanitaire internationale se focalisaient exclusivement sur les symptômes psychopathologiques individuels (anxiété clinique, phobie ou dépression), cette échelle comble une lacune théorique majeure en intégrant l’hypothèse de la prévalence des pathogènes (pathogen prevalence hypothesis). Cette perspective postule que les réactions des individus issus de cultures collectivistes ne se réduisent pas à une détresse personnelle, mais englobent également de vives tensions normatives de groupe, des réactions d’intolérance face aux comportements déviants et une précarisation de l’écosystème socioéconomique.
L’instrument structure le « COVID-blues » autour de quatre dimensions fondamentales : (a) la solitude individuelle (individual loneliness), (b) la peur (fear), (c) la colère sociale (social anger) et (d) les conséquences socioéconomiques (socioeconomic consequences). Administrée par voie électronique auprès d’adultes en Corée du Sud, l’échelle emploie des graduations de type Likert en 7 points. Les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) ont validé la structure tétradimensionnelle, expliquant 77,12 % de la variance totale. Les propriétés psychométriques rapportées démontrent une excellente cohérence interne (alpha de Cronbach global de .93 ; fiabilité composite supérieure à .90 par facteur), une validité convergente robuste (variance moyenne extraite [AVE] > .62) et une stricte invariance de mesure (configurale, métrique, scalaire et résiduelle) à travers plusieurs sous-groupes démographiques.
2. Mots-clés / Keywords
Société collectiviste, COVID-19, Syndrome social du COVID-blues, Stress lié au COVID, Peur, Solitude individuelle, Colère sociale, Conséquences socioéconomiques, Psychométrie, Invariance de mesure, Hypothèse de prévalence des pathogènes, Santé publique coréenne.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs affiliés à l’Université Hallym en République de Corée :
- Changhyun Ahn : Health and New Media Research Institute, Hallym University, Chuncheon-si, Gangwon-do, République de Corée.
- Ghee Young Noh (Auteur correspondant) : Media School, Hallym University, 1, Hallymdaehak-gil, Chuncheon-si, Gangwon-do, 24252, République de Corée. Identifiant ORCID : 0000-0002-4446-4726. Adresse de contact institutionnel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif central de l’Échelle du syndrome social du COVID-blues est de proposer une conceptualisation et une opérationnalisation rigoureuses de la détresse pandémique en tenant compte des caractéristiques psychosociales des contextes culturels collectivistes. La majorité des instruments développés à l’orée de la crise mondiale, tels que la Fear of COVID-19 Scale (FCV-19S ; Ahorsu et al., 2020), abordaient le traumatisme sanitaire sous un prisme essentiellement individualiste et biologique, mesurant des réponses somatiques et affectives directes (palpitations, insomnie, angoisse personnelle de contagion). Or, ces outils ont omis d’incorporer les mécanismes socioculturels de régulation et de friction interpersonnelle qui se déploient au sein de communautés marquées par une forte interdépendance sociale.
Dans les sociétés d’Asie de l’Est, et plus précisément en Corée du Sud, le terme populaire de « COVID-blues » (코로나 블루) a été largement employé par les médias et les autorités sanitaires pour désigner une forme diffuse de léthargie, de dépression, d’irritabilité et d’épuisement collectif. Néanmoins, Ahn et Noh (2023) ont démontré que ce phénomène dépasse la symptomatologie clinique traditionnelle : il constitue un syndrome social. Dans ces cultures, le non-respect des mesures sanitaires (telles que le port du masque ou la distanciation sociale) n’est pas simplement perçu comme une imprudence individuelle, mais comme une transgression morale menaçant l’ordre communautaire, ce qui engendre un niveau aigu de surveillance mutuelle, de réprobation collective et de colère sociale.
L’échelle répond donc à des finalités multiples tant en recherche fondamentale qu’en pratique appliquée :
- En épidémiologie comportementale et communication de santé : Elle offre aux décideurs institutionnels un outil diagnostique pour évaluer l’acceptabilité sociale des politiques sanitaires, prédire l’adhésion aux gestes barrières et détecter les montées d’agressivité intracommunautaire risquant de polariser la population.
- En psychologie sociale et transculturelle : Elle permet d’étudier comment la menace écologique d’un agent pathogène modifie les interactions de groupe, favorise l’ostracisme des contrevenants et affecte les représentations de solidarité.
- En santé mentale communautaire et clinique : L’outil fournit un profil multidimensionnel permettant de distinguer les sujets souffrant d’une détresse phobique ou d’un isolement relationnel de ceux dont la souffrance psychique découle d’un sentiment d’injustice sociétale ou d’une ruine socioéconomique imminente.
5. Construit psychologique / Construct
Le syndrome social du COVID-blues est appréhendé comme un construit latent de second ordre se déclinant en quatre dimensions interdépendantes de premier ordre :
1. Solitude individuelle (Individual Loneliness – IL)
Cette dimension (items IL1 à IL10) évalue le sentiment subjectif d’isolement, de perte d’appartenance et d’inadéquation sociale suscité par les protocoles de confinement, les restrictions d’assemblée et la distanciation physique prolongée. S’inspirant des travaux fondamentaux sur l’évaluation de la solitude en période de crise sanitaire (Luchetti et al., 2020), cette sous-échelle quantifie non seulement le manque de contacts physiques, mais surtout la rupture du sentiment d’intimité, le déficit de figures de soutien disponibles (« lack of people I can turn to ») et la perception de ne plus être en harmonie (« not in tune ») avec autrui. Dans un cadre collectiviste où le bien-être individuel est tributaire du tissage relationnel et du sentiment d’interdépendance, cette privation produit une souffrance psychologique particulièrement invalidante.
2. Peur (Fear – FE)
La dimension de peur (items FE1 à FE4) mesure l’hyperactivation neurovégétative et l’angoisse viscérale face à la menace de mort induite par le virus. Adaptée en partie des indices somatiques de l’échelle d’Ahorsu et al. (2020), elle capte la terreur de décéder des suites de l’infection, les troubles du sommeil associés aux ruminations anxieuses, les palpitations cardiaques à l’évocation de la contamination, ainsi que l’anxiété réactive déclenchée par la surconsommation d’informations anxiogènes circulant sur les réseaux socionumériques.
3. Colère sociale (Social Anger – SA)
Composante distinctive et novatrice de l’échelle (items SA1 à SA9), la colère sociale reflète les affects d’agressivité, d’hostilité morale et les pulsions punitives dirigés contre les membres de la société qui refusent ou négligent de se conformer aux consignes prophylactiques. Elle saisit des attitudes allant de l’irritation face aux personnes ne portant pas de masque ou l’ajustant mal (« below their nose or chin »), au désir de réprimander verbalement voire de maudire les contrevenants, jusqu’à des jugements punitifs sévères qualifiant les transgresseurs des règles de rassemblement de véritables déstabilisateurs de l’ordre public ou de « terroristes » menaçant la collectivité.
4. Conséquences socioéconomiques (Socioeconomic Consequences – SC)
Cette sous-échelle (items SC1 à SC4) capture la détresse prospective générée par la paralysie économique, la cessation d’activité professionnelle et l’incertitude matérielle. Elle évalue la crainte de voir ses revenus s’effondrer avant l’éradication de la crise, l’insécurité quant à la pérennité de son emploi ou de son entreprise, et l’inquiétude de voir sa trajectoire de carrière brutalement compromise lors de transitions professionnelles ou de tentatives de réembauche.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le soubassement théorique de l’instrument s’articule principalement autour de l’hypothèse de la prévalence des pathogènes (pathogen prevalence hypothesis ; Fincher et al., 2008 ; Schaller & Murray, 2008) et des modèles du système immunitaire comportemental (behavioral immune system). Selon cette approche socioécologique et évolutionniste, les maladies infectieuses ont constitué l’une des pressions sélectives les plus redoutables de l’histoire humaine. Pour atténuer le risque d’exposition aux agents pathogènes mortels, les groupes humains ont développé des défenses psychologiques et culturelles collectives complémentaires aux barrières immunitaires physiologiques.
Cette théorie soutient que les sociétés historiquement soumises à une prévalence élevée de parasites et de pathogènes manifestent un collectivisme plus prononcé, caractérisé par une forte cohésion intragroupe, une valorisation extrême du conformisme social, une intolérance marquée à la déviance et une méfiance envers les comportements non conventionnels. Les normes collectivistes fonctionnent ainsi comme des « barrières prophylactiques » coordonnées : le respect strict des rituels, de l’hygiène et des règles d’interaction protège le groupe de la contamination.
Ahn et Noh (2023) étendent ce modèle à la sociodynamique contemporaine de la Corée du Sud face au SARS-CoV-2. Dans un contexte caractérisé par une forte « étroitesse culturelle » (cultural tightness ; Gelfand et al., 2011), où les normes sociales sont rigides et les déviations sévèrement sanctionnées, la survenue de la pandémie active massivement le système immunitaire comportemental. Les individus ne réagissent pas seulement par une anxiété intrapersonnelle (peur de la mort) ; ils interprètent tout écart de conduite d’un concitoyen comme une rupture de l’accord moral garantissant la survie collective. La colère sociale et les pulsions punitives deviennent dès lors des mécanismes fonctionnels visant à restaurer le contrôle normatif et à neutraliser le danger perçu au sein de l’écologie sociale.
7. Validité / Validity
Les qualités métrologiques de l’Échelle du syndrome social du COVID-blues ont été rigoureusement établies sur un échantillon représentatif d’adultes sud-coréens, conformément aux préconisations psychométriques internationales.
Validité convergente
La validité convergente a été examinée à l’aide de la variance moyenne extraite (AVE – Average Variance Extracted) pour chacun des facteurs latents du modèle. L’ensemble des facteurs a présenté des valeurs d’AVE substantiellement supérieures au seuil conservateur de .50 :
- Toutes les sous-échelles ont affiché des valeurs d’AVE rigoureusement supérieures à .62, confirmant que plus de la moitié de la variance des indicateurs observables est attribuable au construit latent sous-jacent plutôt qu’à l’erreur de mesure aléatoire.
- Les saturations factorielles standardisées de chaque item sur son facteur respectif se sont révélées statistiquement significatives ($p < .001$) et de magnitude élevée.
Validité discriminante
La validité discriminante a été confirmée selon le critère strict de Fornell et Larcker. Les analyses ont démontré que la variance moyenne extraite (AVE) pour chaque dimension latente était systématiquement supérieure au carré des coefficients de corrélation inter-facteurs ($AVE > r^2$). Ce résultat atteste que les quatre construits (solitude individuelle, peur, colère sociale et conséquences socioéconomiques), bien que positivement corrélés dans le cadre du syndrome global, mesurent des facettes conceptuellement distinctes et empiriquement dissociables du stress pandémique.
Invariance de mesure
Afin de garantir que l’instrument conserve la même signification psychologique à travers les différentes strates de la population, une analyse factorielle confirmatoire multigroupes (MGCFA) a été menée. Les auteurs ont démontré l’établissement successif de :
- L’invariance configurale : la même structure à 4 facteurs sous-tend les données à travers les groupes démographiques.
- L’invariance métrique (faible) : les charges factorielles sont équivalentes, permettant la comparaison des covariances et régressions.
- L’invariance scalaire (forte) : les seuils d’intersections (intercepts) sont invariants, autorisant la comparaison directe des moyennes latentes entre groupes.
- L’invariance résiduelle (stricte) : les variances d’erreur sont homogènes, confirmant une précision de mesure identique quel que soit le segment analysé.
8. Fidélité / Reliability
La fiabilité de l’instrument a été évaluée à travers des indices d’homogénéité et de cohérence interne particulièrement concluants :
- Cohérence interne globale : L’ensemble de l’échelle de 25 items présente un coefficient alpha de Cronbach d’une valeur remarquable de .93, attestant d’une excellente consistance générale sans redondance excessive des énoncés.
- Fiabilité composite (Composite Reliability – CR) : Afin de pallier les limites intrinsèques de l’alpha de Cronbach face aux postulats de tau-équivalence, les auteurs ont calculé la fiabilité composite pour chaque dimension latente. Les indices de CR dépassent tous .90, démontrant une fidélité de mesure exceptionnellement robuste pour chacune des quatre sous-échelles individuelles.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’élaboration architecturale de l’instrument s’est déroulée en deux étapes méthodologiques majeures :
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Un ensemble initial d’items issus de la littérature et créés de novo a été soumis à une AFE préalable. Quatre items problématiques ont été éliminés en raison de saturations croisées insuffisantes ou instables réparties sur plusieurs facteurs. L’analyse en composantes principales (ACP) avec rotation orthogonale Varimax réalisée sur les 25 items finaux a extrait une solution claire à quatre facteurs (valeur propre de 1.78 pour le dernier facteur retenu), expliquant au total 77,12 % de la variance cumulative, ce qui représente un niveau d’explication de variance exceptionnel en sciences du comportement.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
L’ajustement du modèle tétradimensionnel aux données empiriques a été éprouvé par AFC. Malgré une statistique de chi-carré normée sensible à la grande taille d’échantillon ($\chi^2/df = 10.81, p < .001$), l’ensemble des indices d’adéquation pratiques a démontré un ajustement satisfaisant à excellent du modèle aux données :
- CFI (Comparative Fit Index) : .93
- TLI (Tucker-Lewis Index) : .92
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : .08 (intervalle de confiance acceptable)
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : .06
Ces métriques confirment que la partition théorique en quatre dimensions capture de manière optimale la covariance observée au sein des réponses.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation / Inventaire psychologique original.
- Format d’administration : Plateforme électronique / Passation en ligne assistée par ordinateur.
- Nombre total d’items : 25 items répartis en 4 sous-échelles :
- Solitude individuelle : 10 items (IL1 à IL10)
- Peur : 4 items (FE1 à FE4)
- Colère sociale : 7 items (SA1 à SA5, SA7, SA9)
- Conséquences socioéconomiques : 4 items (SC1 à SC4)
- Format des réponses : Échelle de type Likert en 7 points. Les ancrages varient selon la nature de l’énoncé :
- Graduation allant de 1 (not at all / pas du tout) à 7 (very much / énormément), ou
- Graduation allant de 1 (I do not feel this at all / je ne ressens pas du tout cela) à 7 (I feel this very strongly / je ressens cela très fortement).
- Population cible : Adultes (hommes et femmes) de la population générale, âgés de 18 ans et plus (incluant les jeunes adultes de 18-29 ans, les trentenaires de 30-39 ans, les adultes d’âge moyen de 40-64 ans, les seniors de 65 ans et plus, ainsi que les personnes du grand âge de 85 ans et plus).
- Langue d’origine et de validation : Coréen (items traduits et adaptés à partir de mesures scientifiques anglophones puis contre-traduits et examinés par un comité d’experts bilingues).
- Modalités de cotation : Calcul de scores moyens ou factoriels cumulés pour chaque sous-échelle. Aucun item inversé n’est rapporté dans la version finale ; des scores élevés traduisent un niveau plus intense de détresse psychologique, d’anxiété pandémique, de ressentiment moral et d’insécurité socioéconomique.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication officielle : 2023.
- Droits d’utilisation et permissions : Pour toute utilisation clinique, recherche universitaire ou adaptation transculturelle, il est requis de contacter l’éditeur (Taylor & Francis / Journal of Health Communication) ou directement l’auteur correspondant, le Dr Ghee Young Noh ([email protected]).
- Tarification : Gratuit à des fins de recherche académique et non commerciale, sous réserve de citation adéquate des auteurs d’origine.
12. Références / References
- Ahn, C., & Noh, G. Y. (2023). Development and validation of Korean ‘COVID-blues’ Social Syndrome Scale. Journal of Health Communication, 28(12), 846–855. https://doi.org/10.1080/10810730.2023.2279668
- Ahorsu, D. K., Lin, C. Y., Imani, V., Saffari, M., Griffiths, M. D., & Pakpour, A. H. (2020). The Fear of COVID-19 Scale: Development and initial validation. International Journal of Mental Health and Addiction, 19(5), 1537–1545. https://doi.org/10.1007/s11469-020-00270-8
- Fincher, C. L., Thornhill, R., Murray, D. R., & Schaller, M. (2008). Pathogen prevalence predicts human cross-cultural variability in individualism/collectivism. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, 275(1640), 1279–1285. https://doi.org/10.1098/rspb.2008.0094
- Gelfand, M. J., Raver, J. L., Nishii, L., Leslie, L. M., Lun, J., Lim, B. C., … & Yamaguchi, S. (2011). Differences between tight and loose cultures: A 33-nation study. Science, 332(6033), 1100–1104. https://doi.org/10.1126/science.1197754
- Luchetti, M., Lee, J. H., Aschwanden, D., Sesker, A., Strickhouser, J. E., Terracciano, A., & Sutin, A. R. (2020). The trajectory of loneliness in response to COVID-19. American Psychologist, 75(7), 897–900. https://doi.org/10.1037/amp0000690
- Schaller, M., & Murray, D. R. (2008). Pathogens, personality, and culture: Disease prevalence predicts worldwide variability in sociosexuality, extraversion, and openness to experience. Journal of Personality and Social Psychology, 95(1), 212–221. https://doi.org/10.1037/0022-3514.95.1.212
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items originaux ci-dessous sont présentés dans leur formulation textuelle exacte telle qu’administrée dans les travaux validés par Ahn et Noh (2023) :
Response format: Items are rated on a 7-point Likert-type scale. The anchors vary depending on the item, ranging from 1 (not at all) to 7 (very much), or 1 (I do not feel this at all) to 7 (I feel this very strongly). The administration method is electronic.
Instructions: These are the emotions that most people can feel on a daily basis during the COVID-19 situation. To what extent do you feel? …
Individual Loneliness (IL)
- (IL1) … lack companionship.
- (IL2) … left out.
- (IL3) … isolated from others.
- (IL4) … alone.
- (IL5) … not “in tune” with other people.
- (IL6) … lack of people I can turn to.
- (IL7) … lack of people to talk to.
- (IL8) … lack of people that understand me.
- (IL9) … not being part of a group.
- (IL10) … lack of people who have a lot in common with me.
Fear (FE)
- (FE1) I am afraid of losing my life because of COVID-19.
- (FE2) When hearing news and stories about COVID-19 on SNS or social media, I become nervous or anxious.
- (FE3) I cannot sleep because I’m worrying about COVID-19.
- (FE4) My heart races when I think about getting COVID-19.
Social Anger (SA)
- (SA1) I feel angry when I see people who don’t wear masks.
- (SA2) People who don’t wear mask deserve to be severely punished.
- (SA3) I think people who don’t follow prevention guideline of health authorities are threatening social order.
- (SA4) I feel the urge to correct those who wear their masks below their nose or chin.
- (SA5) I feel angry when I see people who don’t care about social distancing levels.
- (SA7) I feel urge to swear at person who didn’t wear mask in crowded places.
- (SA9) I think people who go out to crowded places when social distancing levels are above 2nd degree are terrorists who threaten our society.
Socioeconomic Consequences (SC)
- (SC1) I feel COVID-19 threaten my economic activity.
- (SC2) I feel insecure about future of my current business or current job because of COVID-19.
- (SC3) I fear that my revenue or business getting cut off before COVID-19 situation ends.
- (SC4) I worry that my career is cut off because of COVID-19 when I get a new job or when I get reemployed.