1. Résumé
L’Échelle du double standard sexuel (en anglais, Sexual Double Standard Scale ou SDSS), développée par Charlene L. Muehlenhard et Debra M. Quackenbush (1996), constitue l’un des instruments psychométriques les plus rigoureux et influents dédiés à la mesure de l’adhésion au double standard sexuel traditionnel (SDS). Ce construit socio-psychologique renvoie à l’asymétrie normative accordant historiquement aux hommes une plus grande liberté et permissivité sexuelles qu’aux femmes, notamment en ce qui concerne la sexualité prémaritale, la multiplicité des partenaires, la sexualité récréative ou occasionnelle, et l’initiative érotique (Crawford & Popp, 2003 ; Reiss, 1960).
L’instrument comprend un ensemble de 26 énoncés évalués selon une échelle de Likert en quatre points allant de 0 (« Fortement en désaccord » / Disagree Strongly) à 3 (« Fortement d’accord » / Agree Strongly). Son architecture repose sur une méthodologie ingénieuse conçue pour limiter les biais de désirabilité sociale : 6 items individuels comparent directement les comportements masculins et féminins au sein d’une même formulation, tandis que 20 items sont structurés en 10 paires parallèles évaluant de manière symétrique les mêmes conduites sexuelles attribuées soit à une femme, soit à un homme. Le calcul du score global s’effectue sur 16 unités métriques (les 6 items individuels recodés et 10 scores différentiels inter-items), produisant un continuum théorique s’étendant de -30 (double standard inversé, valorisant davantage la liberté sexuelle des femmes) à +48 (double standard traditionnel, accordant davantage de prérogatives aux hommes), le score de 0 reflétant une stricte égalité normative.
Sur le plan métrologique, l’échelle démontre une consistance interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,68 et 0,80 selon les populations et les sous-ensembles d’items. Sa validité de construit, prédictive et convergente a été confirmée par de nombreuses études portant sur les négociations contraceptives, le consentement, la communication érotique, l’orientation corporelle et les idéologies de genre. L’administration du questionnaire requiert impérativement l’anonymisation de son intitulé afin d’éviter l’activation de biais de conformité égalitaire.
2. Mots-clés
Double standard sexuel, SDSS, psychométrie sexologique, attitudes sexuelles, stéréotypes de genre, égalitarisme sexuel, négociation du préservatif, liberté sexuelle, rôles sociaux de genre, sexualité prémaritale.
3. Auteurs
L’échelle a été conçue et standardisée par deux chercheuses de premier plan en psychologie clinique et sexologie :
- Charlene L. Muehlenhard, Ph.D. : Professeure émérite au Département de psychologie et au Département des études sur le genre et les femmes de l’Université du Kansas (University of Kansas, Lawrence, Kansas, États-Unis). Ses recherches pionnières se concentrent sur la violence interpersonnelle, le consentement sexuel, la communication verbale et non verbale relative à la sexualité, ainsi que les représentations normatives du genre. Adresse de correspondance : Department of Psychology, Fraser Hall, University of Kansas, Lawrence, KS 66045-7556 ; courriel institutionnel : [email protected].
- Debra M. Quackenbush, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse affiliée lors de la création de l’outil à la Menninger Clinic et au Baylor College of Medicine (Houston, Texas, États-Unis). Ses travaux portent sur la santé reproductive, les représentations symboliques des protections prophylactiques et les dynamiques relationnelles chez les jeunes adultes.
4. Objectif
L’objectif fondamental de la Sexual Double Standard Scale est de fournir une quantification valide, nuancée et standardisée du degré d’adhésion d’un individu au double standard sexuel traditionnel. Ce dernier postule qu’un comportement sexuel identique (par exemple, avoir de multiples partenaires, initier un rapport dès le premier rendez-vous, avoir des relations sexuelles sans engagement affectif ou avant l’âge adulte) fait l’objet d’évaluations morales, sociales et affectives asymétriques selon le genre de la personne qui le met en œuvre. Les hommes y sont historiquement gratifiés ou légitimés, tandis que les femmes subissent un stigmate social, un mépris moral ou des sanctions réputationnelles.
Sur le plan de la recherche fondamentale et appliquée, la SDSS a été conçue pour surmonter les limitations des instruments antérieurs, qui souffraient souvent d’un biais d’observation direct. En effet, lorsqu’on interroge frontalement des individus modernes sur le principe général de l’égalité des sexes, la quasi-totalité exprime formellement un rejet du sexisme en raison des normes sociétales d’égalitarisme explicite (Komarovsky, 1976). Toutefois, ce rejet affiché masque fréquemment la persistance de jugements moraux différentiels lorsqu’ils sont contextualisés dans des scénarios précis de la vie quotidienne. La SDSS contourne ce piège grâce à ses paires parallèles d’items et ses questions indirectes.
Dans le domaine clinique, préventif et de la santé publique, l’outil éclaire les barrières psychologiques entravant la santé sexuelle. Muehlenhard et Quackenbush (1996) ont initialement conçu cette échelle pour explorer les freins régissant l’utilisation du préservatif chez les femmes. Une femme percevant que son partenaire souscrit au double standard traditionnel peut craindre que le fait de transporter, proposer ou insister sur le port du préservatif ne la fasse paraître « trop expérimentée », « calculatrice » ou « facile », compromettant ainsi sa sécurité sanitaire pour préserver sa réputation morale. Par ailleurs, l’échelle permet de disséquer des phénomènes interactionnels complexes comme la résistance symbolique ou le refus poli (token resistance), où des injonctions contradictoires forcent les femmes à dissimuler leur désir réel pour échapper à la réprobation sociale (Muehlenhard & McCoy, 1991).
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par la SDSS est le double standard sexuel traditionnel, conçu comme une idéologie cognitive et normative qui prescrit des règles différenciées de conduite, de permissivité et de pudeur sexuelles en fonction du genre anatomique et social des individus. Ce construit ne se résume pas à une opposition binaire simpliste entre puritanisme et libéralisme sexuel ; il saisit l’écart spécifique (la divergence différentielle) entre les standards appliqués aux hommes et ceux appliqués aux femmes.
Le construit s’articule autour de plusieurs dimensions comportementales et évaluatives saillantes :
- La permissivité et l’initiation sexuelle précoce : Cette facette explore les âges de la première relation sexuelle et la perte de la virginité à l’adolescence. Elle analyse si le fait pour un jeune homme de perdre sa virginité avant 20 ans est perçu comme une preuve d’accomplissement psychosocial, tandis qu’une conduite symétrique chez une jeune fille susciterait inquiétude, censure ou désapprobation (e.g., items 2 et 24).
- La pluralité des partenaires et la sexualité récréative : Le construit évalue la valorisation sociale versus le discrédit moral associé au cumul des partenaires sexuels et au « vagabondage » érotique (sleeping around). Dans la grille normative traditionnelle, l’homme accumulant les conquêtes est valorisé ou admiré (« Don Juan »), tandis que la femme adoptant le même comportement voit son intégrité morale remise en cause ou se voit affublée du qualificatif dépréciatif de « fille facile » (e.g., items 1, 6, 10, 13, 16, 18, 21).
- La dissociation entre sentiment amoureux et acte sexuel : Cette dimension examine l’acceptabilité morale d’engager des rapports intimes sans investissement émotionnel, sans lien conjugal ou avec plusieurs partenaires simultanés (e.g., items 9, 12, 22). Le standard traditionnel tolère la scission pulsionnelle chez l’homme mais impose aux femmes d’ancrer leur sexualité dans le sentiment, la fidélité exclusive ou le mariage.
- L’initiative du contact et la proactivité érotique : L’affirmation du désir et l’initiative érotique sont scrutées sous l’angle de l’agressivité perçue. Une femme qui prend les devants risque d’être perçue comme excessivement agressive ou déviante par rapport au rôle féminin réceptif traditionnel (items 11 et 26).
- La virginité et l’asymétrie de l’expérience conjugale : L’idéologie traditionnelle valorise la préservation de la virginité matrimoniale chez la femme comme gage de pureté, tout en encourageant ou en exigeant l’expérience préalable de l’époux (items 4, 14, 15, 20, 23, 25).
- Les croyances essentialistes sur la monogamie naturelle : Le construit intègre la naturalisation des comportements, notamment la croyance selon laquelle les femmes seraient biologiquement plus monogames et les hommes intrinsèquement polygames (item 19).
La puissance du modèle réside dans sa capacité à distinguer trois profils conceptuels : (1) les tenants du double standard traditionnel (scores nettement positifs), qui accordent un passe-droit érotique aux hommes tout en contraignant les femmes ; (2) les sujets égalitaires (scores proches de zéro), qu’ils soient strictement conservateurs (exigeant la chasteté pour tous) ou pleinement permissifs (admettant la liberté pour tous) ; et (3) les détenteurs d’un double standard inversé (scores négatifs), favorisant une plus grande autonomie sexuelle pour les femmes.
6. Cadre théorique
La genèse de la Sexual Double Standard Scale s’enracine au confluent de la théorie des rôles sociaux d’Alice Eagly, de la théorie des scripts sexuels de John Gagnon et William Simon (1973), et des sociologies critiques de la famille et du patriarcat développées notamment par Ira Reiss (1960).
Selon la théorie des rôles sociaux, les stéréotypes et les prescriptions normatives de genre émanent de la division sexuelle historique du travail et des asymétries de pouvoir structurel. Dans cette perspective, la sexualité n’est pas une simple décharge physiologique mais une institution sociale régulée. Les hommes y ont traditionnellement occupé une position dominante associée à l’agentivité, à la conquête et au contrôle des ressources, ce qui a légitimé l’expression d’un désir conquérant et autonome. Inversement, le rôle féminin a été historiquement inféodé à la sphère domestique, à la procréation et à la garantie de la certitude de paternité, imposant un contrôle drastique de la disponibilité sexuelle des femmes.
La théorie des scripts sexuels (Gagnon & Simon, 1973) postule que les conduites intimes sont guidées par trois niveaux d’encodage : culturel/scénique, interpersonnel et intrapsychique. Le double standard sexuel constitue un métascript culturel universel dans les sociétés patriarcales. Il prescrit aux hommes d’agir en initiateurs insatiables (« le script de l’étalon » ou du prédateur toléré) et aux femmes d’agir en régulatrices morales (« les gardiennes de la vertu »). Ce script culturel contraint les interactions interpersonnelles : si une femme déroge à ce script en manifestant explicitement son appétit érotique, elle enfreint les attentes de rôle et encourt la dévalorisation statutaire.
Enfin, les travaux d’Ira Reiss (1960) et de Mirra Komarovsky (1976) ont démontré que, malgré les révolutions sexuelles des années 1960 et 1970, le double standard a muté plutôt qu’il n’a disparu. Il est passé d’une forme formelle et absolue (chasteté totale exigée des femmes) à une forme subtile, conditionnelle ou contextuelle (tolérance sous réserve d’engagement amoureux pour les femmes, permissivité totale et sans attaches pour les hommes). Muehlenhard et Quackenbush ont opérationnalisé cette nuance en refusant une échelle binaire simpliste, permettant de capter ces injonctions implicites et leurs contradictions inhérentes.
7. Validité
La validité psychométrique de la SDSS a été étayée par un corpus robuste de recherches démontrant son adéquation conceptuelle, prédictive et convergente dans des contextes expérimentaux et corrélationnels diversifiés.
Validité convergente et discriminante
Les scores à la SDSS corrèlent de manière statistiquement significative avec diverses mesures attestant des croyances socioculturelles associées :
- Idéologie des rôles de genre : Des scores élevés à la SDSS sont significativement associés à des attitudes traditionnelles et conservatrices envers les rôles de genre (Muehlenhard & McCoy, 1991). Les individus adhérant à la domination masculine générale soutiennent davantage le double standard sexuel.
- Conservatisme sexuel général : Boone et Lefkowitz (2004) ont mis en évidence une corrélation positive entre les scores de la SDSS et des attitudes sexuelles globales plus restrictives et conservatrices.
- Identité féministe : Dans une étude menée auprès de 342 étudiantes universitaires, Bay-Cheng et Zucker (2007) ont démontré que les femmes s’auto-identifiant explicitement comme féministes affichaient des scores à la SDSS significativement plus bas que les femmes rejetant l’étiquette féministe, confirmant que la conscience critique des rapports de pouvoir émousse le double standard.
- Image corporelle et surveillance physique : Gillen, Lefkowitz et Shearer (2006) ont constaté chez les hommes et les femmes une corrélation positive entre les scores au double standard et l’orientation vers l’apparence physique (composante de l’objectification corporelle), suggérant que l’adhésion aux stéréotypes de genre lie l’évaluation sexuelle à la conformité corporelle conventionnelle.
Validité prédictive et critères comportementaux
La force cardinale de la SDSS réside dans sa capacité à prédire des comportements et communications sexuelles en situations réelles :
- Négociation du préservatif et asymétrie perceptive : Muehlenhard et Quackenbush (1996) ont demandé à des étudiantes de remplir la SDSS selon leur propre perspective, puis d’estimer les réponses de leur partenaire lors de leur premier rapport intime. Les participantes n’ayant pas osé suggérer, fournir ou utiliser un préservatif pensaient que leur partenaire adhérait significativement plus au double standard traditionnel que celles ayant pris l’initiative du préservatif. Cette relation ne s’appliquait pas aux hommes, prouvant que la crainte du stigmate de « fille expérimentée » paralyse spécifiquement l’agentivité préventive féminine.
- Résistance symbolique (token refusal) : Muehlenhard et McCoy (1991) ont examiné les situations où une femme exprime un refus verbal tout en étant intimement consentante pour se prémunir d’un jugement dépréciatif. Les femmes rapportaient attribuer à leur partenaire un score SDSS beaucoup plus élevé dans les contextes de refus poli que dans les situations d’affirmation ouverte du désir (open acknowledgement). L’adhésion perçue au SDS institutionnalise le double lien contraignant pour les femmes.
8. Fidélité
La fidélité de l’échelle a été examinée principalement sous l’angle de la consistance interne, en tenant compte de la structure mathématique singulière de l’instrument reposant sur des scores différentiels.
Dans l’échantillon initial de validation mené par Muehlenhard et Quackenbush (1996) auprès d’étudiants de premier cycle, les coefficients alpha de Cronbach ont été calculés sur la base des 16 unités de cotation (les 6 items individuels après recodage inversé adéquat et les 10 scores de différence issus des paires parallèles). Les valeurs obtenues étaient de :
- Échantillon féminin (n = 463) : $\alpha = 0{,}73$
- Échantillon masculin (n = 255) : $\alpha = 0{,}76$
Ces coefficients témoignent d’une homogénéité interne tout à fait satisfaisante, d’autant que le calcul sur des scores différentiels a mathématiquement tendance à agréger l’erreur de mesure des deux composantes soustraites, tirant mécaniquement les alphas vers le bas.
Dans les réplications indépendantes ultérieures, les indices de consistance sont demeurés solides :
- Boone et Lefkowitz (2004) ont rapporté un coefficient alpha global de 0,68 au sein d’une cohorte mixte de 154 étudiants.
- Bay-Cheng et Zucker (2007), en analysant les sous-ensembles de l’échelle auprès de 342 participantes, ont obtenu un $\alpha = 0{,}78$ pour les 10 items ciblant la sexualité féminine, un $\alpha = 0{,}80$ pour les 10 items ciblant la sexualité masculine, et un $\alpha = 0{,}57$ pour les 6 items comparatifs individuels.
9. Analyse factorielle
L’analyse structurelle de la Sexual Double Standard Scale présente des spécificités méthodologiques notables en raison de son format combinant items directs et paires différentielles. Contrairement à une échelle unidimensionnelle classique où tous les items partagent un format identique, la matrice de corrélation de la SDSS intègre deux modes d’interrogation.
Les analyses factorielles exploratoires (AFE) menées sur les 26 items bruts révèlent généralement une scission nette en deux méta-facteurs dominants lorsque les paires ne sont pas encore soustraites :
- Facteur 1 : Évaluation de la conduite sexuelle masculine. Ce facteur regroupe les saturations élevées des items décrivant les hommes ayant de multiples partenaires, perdant leur virginité tôt ou initiant le sexe sans attachement amoureux (items 2, 9, 10, 12, 17, 20).
- Facteur 2 : Évaluation de la conduite sexuelle féminine. Ce facteur rassemble les items symétriques décrivant les femmes dans les mêmes scénarios (items 3, 6, 7, 13, 16, 22, 24).
Cette partition factorielle confirme que les répondants traitent cognitivement la sexualité des hommes et celle des femmes à travers deux schémas distincts d’encodage de l’information. Lorsque l’analyse est effectuée sur les 16 scores métriques réels (les 10 scores de différence et les 6 items individuels), l’analyse factorielle révèle une structure multidimensionnelle cohérente, organisée autour de trois axes sous-jacents :
- L’asymétrie de la promiscuité et de la réputation : saturations fortes pour les items évaluant le statut de « fille facile » versus « séducteur admiré » et la déchéance morale associée aux partenaires multiples (différences des paires 16-21, 13-18, 10-6, et item direct 1).
- L’asymétrie de l’initiation et de l’affirmation érotique : saturations dominées par la perception d’agressivité lors de l’initiative sexuelle (différence 11-26) et la dissociation du sentiment amoureux (différence 9-22).
- L’institution matrimoniale et la virginité : saturations marquées sur les items valorisant la présomption de pureté féminine au mariage et l’injonction d’expérience masculine (différences 20-23, 25-14, et items directs 4, 15).
10. Instrument de mesure
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (auto-rapporté).
- Format d’administration : Questionnaire papier-crayon ou administration informatisée en ligne (Web/tablette).
- Durée approximative de passation : Environ 5 minutes (très bref et facile à insérer dans des protocoles de recherche transversaux).
- Nombre d’items : 26 items au total (formant 16 unités de score : 6 items individuels comparatifs directs et 10 paires parallèles donnant des scores différentiels).
- Format de réponse : Échelle de Likert à 4 points sans point neutre, graduée de 0 à 3 :
- 0 = Disagree Strongly (Fortement en désaccord)
- 1 = Disagree Mildly (Plutôt en désaccord)
- 2 = Agree Mildly (Plutôt d’accord)
- 3 = Agree Strongly (Fortement d’accord)
- Règle cruciale d’administration : Ne jamais faire figurer le titre de l’échelle sur le questionnaire remis aux participants. L’affichage de l’intitulé « Sexual Double Standard » active instantanément le biais de désirabilité sociale et une posture d’auto-présentation égalitaire qui neutralise la validité écologique de la mesure.
- Algorithme de calcul du score total :
Le calcul s’effectue en recodant d’abord les items individuels négatifs (inversion : $3 – \text{item}$), puis en calculant les écarts arithmétiques pour chaque paire. Pour les paires désapprouvant/critiquant la sexualité active, on soustrait l’item ciblant l’homme de l’item ciblant la femme ; pour les paires valorisant/approuvant la liberté sexuelle, on soustrait l’item féminin de l’item masculin. L’équation globale standardisée s’établit strictement comme suit :
$$\begin{\aligned}
\text{Score Total} = &a\mp;; \text{Item } 1 + \text{Item } 15 + \text{Item } 19 \
&a\mp;+ (3 – \text{Item } 4) + (3 – \text{Item } 5) + (3 – \text{Item } 8) \
&a\mp;+ (\text{Item } 2 – \text{Item } 24) \
&a\mp;+ (\text{Item } 12 – \text{Item } 3) \
&a\mp;+ (\text{Item } 10 – \text{Item } 6) \
&a\mp;+ (\text{Item } 17 – \text{Item } 7) \
&a\mp;+ (\text{Item } 9 – \text{Item } 22) \
&a\mp;+ (\text{Item } 11 – \text{Item } 26) \
&a\mp;+ (\text{Item } 13 – \text{Item } 18) \
&a\mp;+ (\text{Item } 25 – \text{Item } 14) \
&a\mp;+ (\text{Item } 16 – \text{Item } 21) \
&a\mp;+ (\text{Item } 20 – \text{Item } 23)
\end{\aligned}$$ - Interprétation des scores :
- Score maximal de +48 : Adhésion absolue au double standard sexuel traditionnel (tolérance ou valorisation maximale pour les hommes, restriction et condamnation maximales pour les femmes).
- Score de 0 : Égalitarisme strict. Les critères appliqués aux hommes et aux femmes sont parfaitement identiques (que le sujet soit universellement permissif ou universellement rigoriste).
- Score minimal de -30 : Adhésion à un double standard inversé (liberté sexuelle accordée plus largement aux femmes qu’aux hommes).
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de développement : Conçue et testée empiriquement au début des années 1990 ; formalisée dans les manuscrits de recherche de 1996 (Muehlenhard & Quackenbush, 1996) et révisée pour ajuster le parallélisme parfait des items en 1998.
- Droits d’auteur et permissions : Les droits scientifiques appartiennent à Charlene L. Muehlenhard et Debra M. Quackenbush. L’échelle est disponible pour une utilisation à des fins de recherche académique, de pédagogie ou d’évaluation clinique non commerciale sans frais d’acquisition, à la condition expresse de citer rigoureusement les publications princeps des autrices.
- Tarif d’utilisation : Gratuit pour la recherche scientifique et l’enseignement (Open Access académique conventionnel). Pour tout usage dans un cadre commercial ou institutionnel rémunéré, une demande d’autorisation formelle doit être transmise à Charlene L. Muehlenhard ([email protected]).
12. Références
Les références ci-dessous constituent le corpus théorique et empirique fondant la validation psychométrique de la SDSS :
- Bay-Cheng, L. Y., & Zucker, A. (2007). Feminism between the sheets: Sexual attitudes among feminists, nonfeminists, and egalitarians. Psychology of Women Quarterly, 31(2), 157–163. https://doi.org/10.1111/j.1471-6402.2007.00350.x
- Boone, T. L., & Lefkowitz, E. S. (2004). Safer sex and the health belief model: Considering the contributions of peer norms and socialization factors. Journal of Psychology and Human Sexuality, 16(3), 51–68. https://doi.org/10.1300/J056v16n03_04
- Crawford, M., & Popp, D. (2003). Sexual double standards: A review and methodological critique of two decades of research. The Journal of Sex Research, 40(1), 13–26. https://doi.org/10.1080/00224490309552163
- Gagnon, J. H., & Simon, W. (1973). Sexual conduct: The social sources of human sexuality. Aldine Publishing Company.
- Gillen, M. M., Lefkowitz, E. S., & Shearer, C. L. (2006). Does body image play a role in risky sexual behavior and attitudes? Journal of Youth and Adolescence, 35(2), 243–255. https://doi.org/10.1007/s10964-006-9038-8
- Komarovsky, M. (1976). Dilemmas of masculinity: A study of college youth. W. W. Norton & Company.
- Muehlenhard, C. L., & McCoy, M. L. (1991). Double standard/double bind: The sexual double standard and women’s communication about sex. Psychology of Women Quarterly, 15(3), 447–461. https://doi.org/10.1111/j.1471-6402.1991.tb00420.x
- Muehlenhard, C. L., & Quackenbush, D. M. (1996). The social meaning of women’s condom use: The sexual double standard and women’s beliefs about the meaning ascribed to condom use. Unpublished manuscript, University of Kansas, Lawrence.
- Reiss, I. L. (1960). Premarital sexual standards in America: A sociological analysis of the relative cultural values of the sexual system. Free Press.
13. Questions et items du questionnaire
0 = Disagree Strongly
1 = Disagree Mildly
2 = Agree Mildly
3 = Agree Strongly
- It’s worse for a woman to sleep around than it is for a man.
- It’s best for a guy to lose his virginity before he’s out of his teens.
- It’s okay for a woman to have more than one sexual relationship at the same time.
- It is just as important for a man to be a virgin when he marries as it is for a woman.
- I approve of a 16-year-old girl’s having sex just as much as a 16-year-old boy’s having sex.
- I kind of admire a girl who has had sex with a lot of guys.
- I kind of feel sorry for a 21-year-old woman who is still a virgin.
- A woman’s having casual sex is just as acceptable to me as a man’s having casual sex.
- It’s okay for a man to have sex with a woman he is not in love with.
- I kind of admire a guy who has had sex with a lot of girls.
- A woman who initiates sex is too aggressive.
- It’s okay for a man to have more than one sexual relationship at the same time.
- I question the character of a woman who has had a lot of sexual partners.
- I admire a man who is a virgin when he gets married.
- A man should be more sexually experienced than his wife.
- A girl who has sex on the first date is “easy.”
- I kind of feel sorry for a 21-year-old man who is still a virgin.
- I question the character of a man who has had a lot of sexual partners.
- Women are naturally more monogamous (inclined to stick with one partner) than are men.
- A man should be sexually experienced when he gets married.
- A guy who has sex on the first date is “easy.”
- It’s okay for a woman to have sex with a man she is not in love with.
- A woman should be sexually experienced when she gets married.
- It’s best for a girl to lose her virginity before she’s out of her teens.
- I admire a woman who is a virgin when she gets married.
- A man who initiates sex is too aggressive.