Échelle du Concept de Soi – Auto-évaluation (SC-SR)

L’Échelle du Concept de Soi – Auto-évaluation (SC-SR), développée par Combs, Soper et Courson (1963), est un instrument psychométrique composé de 18 paires d’items bipolaires évaluant l’auto-perception chez l’enfant et l’adolescent.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle du Concept de Soi – Auto-évaluation (Self Concept-Self Report Scale ou SC-SR) est un instrument psychométrique pionnier conçu en 1963 par les psychologues humanistes et phénoménologues Arthur W. Combs, Daniel W. Soper et Clifford C. Courson au sein de l’Université de Floride. Développé initialement pour évaluer les perceptions de soi chez les enfants et les jeunes adolescents (en particulier les élèves de 6e année aux États-Unis, correspondant à la transition vers le collège), cet outil est composé de 18 paires d’énoncés bipolaires (positifs et négatifs) formulés sous la forme d’un différenciateur sémantique coté sur une échelle en 5 points. L’objectif originel de Combs et ses collègues ne se limitait pas à mesurer un score brut d’estime de soi ; il s’agissait d’étudier scientifiquement la relation complexe entre le concept de soi phénoménologique (la structure interne des croyances qu’un individu entretient sur lui-même) et l’auto-évaluation verbale (ce que l’individu consent à révéler et est capable de communiquer aux observateurs externes).

L’instrument explore plusieurs domaines cardinaux du fonctionnement de l’enfant : l’acceptation sociale par les pairs et les figures d’autorité (enseignants), l’image corporelle et la vitalité physique, la compétence scolaire, le sentiment d’auto-efficacité et de courage face aux difficultés, ainsi que le bien-être émotionnel global et l’acceptation existentielle de son identité (« It’s fun being me »). Si la publication séminale de 1963 insistait sur la divergence méthodologique entre les rapports introspectifs directs et les inférences cliniques d’observateurs entraînés, la SC-SR demeure une étape historique fondamentale dans l’histoire de la psychométrie phénoménologique. Bien que les indices de cohérence interne (tels que l’alpha de Cronbach) et les analyses factorielles confirmatoires contemporaines n’aient pas été formellement intégrés dans le papier princeps de 1963, l’outil a posé les jalons méthodologiques de l’évaluation du soi chez l’enfant et continue d’alimenter les réflexions sur les biais de désirabilité sociale et les limites du rapport à soi en psychologie clinique et scolaire.

2. Mots-clés / Keywords

Concept de soi, Auto-évaluation, Psychométrie, Psychologie phénoménologique, Enfance, Adolescence, Arthur Combs, Différenciateur sémantique, Évaluation scolaire, Estime de soi, Image corporelle, Sentiment d’efficacité, Acceptation sociale, Biais d’auto-évaluation, Psychologie humaniste.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue par un groupe de chercheurs éminents du département des fondements de l’éducation et de psychologie de l’Université de Floride (Gainesville, États-Unis) :

  • Arthur Wright Combs, Ph.D. (1912–1999) : Psychologue clinicien, théoricien de l’éducation et figure centrale du courant de la psychologie humaniste et phénoménologique aux côtés de Carl Rogers et Donald Snygg. Professeur émérite à l’Université de Floride, il a été président de l’Association for Supervision and Curriculum Development (ASCD) et s’est illustré par ses travaux fondateurs sur le champ perceptif de l’apprenant.
  • Daniel W. Soper, Ph.D. : Professeur de psychologie et de sciences de l’éducation à l’Université de Floride, collaborateur régulier de Combs dans l’investigation des méthodes d’inférence clinique du comportement des enfants en milieu scolaire.
  • Clifford C. Courson, Ph.D. : Chercheur associé en psychométrie et éducation à l’Université de Floride, ayant co-dirigé les programmes expérimentaux sur la validité comparée des protocoles projectifs, observationnels et auto-rapportés.

Correspondance historique : Department of Foundations of Education, College of Education, University of Florida, Gainesville, Florida, USA.

4. Objectif / Purpose

L’Échelle du Concept de Soi – Auto-évaluation (SC-SR) a été créée pour répondre à un problème théorique et méthodologique crucial soulevé par Combs et son équipe au début des années 1960 : la confusion récurrente en psychologie expérimentale et éducative entre le concept de soi (en tant qu’organisation intime et phénoménologique du champ perceptif) et le rapport à soi (en tant qu’acte comportemental conscient et public d’auto-description). L’outil a été spécifiquement structuré pour enregistrer les déclarations explicites de l’enfant sur lui-même afin de confronter ces scores aux inférences indépendantes formulées par des spécialistes de la psychologie de l’enfant.

Applications en contexte de recherche

En recherche fondamentale, la SC-SR a été employée pour mesurer l’amplitude du fossé entre l’introspection déclarative de l’enfant et son comportement observé en milieu naturel (notamment dans la cour de récréation et dans la salle de classe). L’objectif est d’étudier comment les mécanismes de défense, la conformité sociale et les capacités métacognitives influencent la manière dont un élève cote sa propre valeur. L’échelle permet ainsi d’explorer si les enfants présentant un concept de soi négatif manifestent des distorsions préférentielles sur les dimensions scolaires, physiques ou affectives.

Applications cliniques et psychoéducatives

Sur le plan psychoéducatif et clinique, la SC-SR permet aux psychologues scolaires et aux conseillers d’orientation :

  • D’identifier rapidement les enfants et préadolescents en situation de vulnérabilité socio-affective ou d’isolement perçu (« People don’t care if I’m there or not »).
  • De repérer les disparités majeures entre les compétences académiques réelles d’un apprenant et son sentiment de compétence perçue (« I don’t think I’m smart » vs « I think I am pretty smart »).
  • D’évaluer l’impact des interventions pédagogiques individualisées sur le sentiment de sécurité et de valeur personnelle de l’élève.
  • De dépister les signaux avant-coureurs de détresse dépressive infantile à travers des items explorant l’affect global (« I feel sad a lot » vs « I feel happy most of the time ») et le rejet de sa propre identité (« I wish I were somebody else »).

5. Construit psychologique / Construct

Le concept de soi (self-concept) évalué par la SC-SR est défini, selon la perspective phénoménologique de Combs, comme la constellation dynamique des perceptions, croyances, sentiments et valeurs qu’un individu entretient à propos de son identité, de ses compétences et de sa position au sein de son environnement social. Bien que l’outil ait été conçu originellement pour fournir un indice global, les 18 paires d’items couvrent de façon équilibrée plusieurs sous-domaines psychologiques interdépendants :

1. Dimension de l’Affiliation et de l’Acceptation Sociale

Cette dimension évalue le sentiment d’appartenance de l’enfant et sa certitude d’être apprécié par son groupe de pairs ainsi que par les adultes significatifs. Elle regroupe :

  • L’acceptation générale par autrui : Item 1 (« People like to have me around » vs « People don’t care if I’m there or not ») et Item 3 (« People don’t like me very well » vs « People usually like me »).
  • L’intégration par les pairs (camarades de classe) : Item 8 (« Kids don’t like me much » vs « Kids like me pretty well »).
  • La relation avec les figures d’autorité éducative : Item 6 (« Teachers like me pretty well » vs « Teachers don’t like me much »).
  • Le statut social perçu : Item 17 (« People think I’m important » vs « People don’t think I’m very important »).

2. Dimension Émotionnelle et Tonus Affectif Global

Cette sous-échelle implicite sonde la stabilité de l’humeur, la résilience émotionnelle face au stress quotidien et le bien-être subjectif de l’enfant :

  • La tonalité affective prédominante : Item 2 (« I feel sad a lot » vs « I feel happy most of the time »).
  • La tolérance à la frustration et la gestion de la surcharge mentale : Item 10 (« Things are often too much for me to deal with » vs « I can handle things pretty well »).
  • Le sentiment de sécurité intérieure et d’assurance : Item 7 (« Mostly I feel sure of myself » vs « I’m not very sure of myself »).

3. Dimension Corporelle, Physique et Vitalité

La perception que l’enfant a de son enveloppe corporelle et de sa vitalité biologique joue un rôle structurant dans le développement de l’estime de soi à la préadolescence :

  • L’attractivité corporelle et l’auto-satisfaction esthétique : Item 4 (« I look pretty good » vs « I don’t like my looks »).
  • Le niveau d’énergie somatique et l’endurance : Item 5 (« I usually feel bad, get tired quickly » vs « I usually feel good have lots of energy »).
  • La motricité et les habiletés sportives : Item 16 (« I’m not much good at sports and games » vs « I’m good at sports and games »).

4. Dimension de la Compétence Scolaire et Intellectuelle

Cette facette reflète l’efficacité personnelle perçue par l’élève dans le champ des apprentissages formels :

  • Le sentiment d’intelligence globale : Item 13 (« I don’t think I’m smart » vs « I think I am pretty smart »).
  • Le rendement scolaire perçu : Item 12 (« I’m doing very badly in school » vs « I’m doing okay in school »).
  • L’attitude et l’intérêt intrinsèque pour les activités scolaires : Item 15 (« Most school work is fun » vs « School work is not much fun »).

5. Dimension Morale, Valeur Personnelle et Acceptation Existentielle

Cette dernière composante sonde l’auto-évaluation morale profonde et la satisfaction existentielle d’habiter sa propre identité :

  • L’auto-jugement moral et la bienveillance envers autrui : Item 14 (« I’m really a nice person » vs « I’m not a nice person »).
  • Le sentiment de bravoure et de courage moral : Item 11 (« I don’t think I’m brave » vs « I think I am pretty brave »).
  • Le sentiment fondamental de dignité et de valeur intrinsèque : Item 9 (« I feel worthwhile » vs « I don’t amount to much »).
  • L’affirmation existentielle de son identité : Item 18 (« It’s fun being me » vs « I wish I were somebody else »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre conceptuel de la SC-SR s’enracine au cœur de la théorie phénoménologique de la personnalité formulée initialement par Donald Snygg et Arthur W. Combs dans leur traité fondamental de 1949, Individual Behavior: A New Frame of Reference for Psychology (réédité et enrichi en 1959). Cette approche postule que tout comportement humain est déterminé exclusivement par le champ phénoménal ou champ perceptif de l’individu à l’instant précis de l’action. Ce champ inclut l’ensemble des expériences conscientes et des perceptions que la personne tient pour vraies sur le monde et sur elle-même.

La dialectique Concept de Soi vs Auto-évaluation (Self-Concept vs Self-Report)

L’apport théorique central de Combs, Soper et Courson (1963) réside dans leur mise en garde contre l’assimilation simpliste entre le concept de soi (l’organisation intime des perceptions qu’un sujet a de lui-même) et l’auto-évaluation (self-report). Selon les auteurs, ce qu’un individu déclare dans un questionnaire d’auto-évaluation ne reflète pas fidèlement son soi phénoménologique, mais constitue un échantillon de comportement d’auto-présentation modulé par :

  • La clarté de sa propre prise de conscience (capacité d’introspection).
  • La possession d’un vocabulaire adéquat pour traduire ses vécus intimes.
  • Le sentiment de sécurité psychologique ou la perception d’une menace dans la situation de test.
  • La volonté de coopérer et l’adhésion aux attentes de l’expérimentateur (désirabilité sociale).
  • Les mécanismes de défense psychologique (refoulement, déni, compensation) qui protègent l’intégrité de l’ego de l’enfant.

Dans ce paradigme, le concept de soi ne peut pas être lu directement à travers les réponses de l’enfant ; il doit être inféré par un observateur clinique qualifié à partir de multiples sources de données comportementales (dessins, entretiens ouverts, comportements en classe). La SC-SR a donc été spécifiquement conçue comme la contrepartie opérationnelle standardisée de l’évaluation du soi, permettant d’objectiver l’écart systématique entre l’auto-évaluation directe du sujet et le concept de soi inféré par autrui (Inferred Self-Concept).

L’influence de la psychologie humaniste rogérienne

Cette approche s’inscrit en résonance directe avec les travaux de Carl Rogers sur le concept de soi congruent vs incongruent. Pour Rogers comme pour Combs, la santé mentale optimale dépend de l’absence de rupture entre le soi idéal, le soi réel perçu et les expériences vécues par l’organisme. Un enfant dont les auto-évaluations sont exagérément positives alors que son comportement manifeste une anxiété aiguë illustre un concept de soi défensif et rigide.

7. Validité / Validity

L’examen des propriétés de validité de la SC-SR s’inscrit dans le cadre de l’étude princeps de Combs, Soper et Courson (1963), complétée par des recherches ultérieures sur l’évaluation des attitudes scolaires et socio-affectives des élèves du primaire et du secondaire.

Validité de construit et étude comparative (Inférence vs Auto-évaluation)

Dans l’investigation empirique fondatrice menée auprès d’un échantillon d’élèves de 6e année aux États-Unis, les auteurs ont cherché à établir dans quelle mesure les scores obtenus à la SC-SR corrélaient avec les évaluations indépendantes du concept de soi inféré (Inferred Self Concept), cotées par des juges experts entraînés ayant observé les enfants de manière prolongée. Les résultats ont révélé une corrélation modérée, comprise généralement entre r = 0,30 et r = 0,45. Cette corrélation positive mais modérée a confirmé l’hypothèse centrale des auteurs : l’auto-évaluation directe et le concept de soi inféré partagent une variance commune mais ne mesurent absolument pas le même phénomène psychologique sous-jacent. L’auto-évaluation capture les défenses conscientes et la projection publique du sujet, tandis que l’inférence clinique accède aux dimensions implicites de la structure de soi.

Validité convergente et concurrente

Des recherches ultérieures en psychométrie scolaire ont comparé la SC-SR à d’autres instruments contemporains du concept de soi infantile, notamment le Piers-Harris Children’s Self-Concept Scale et le Coopersmith Self-Esteem Inventory (SEI) :

  • Les sous-ensembles d’items académiques (items 12, 13, 15) montrent des corrélations significatives (allant de r = 0,38 à r = 0,52) avec les résultats scolaires standardisés et les évaluations du rendement par les enseignants.
  • La dimension d’acceptation sociale (items 1, 3, 8) démontre une convergence robuste (r = 0,42 à r = 0,56) avec les statuts sociométriques déterminés par les choix des pairs dans la classe.

Validité discriminante

La validité discriminante a été documentée en démontrant que l’échelle se distingue des mesures pures d’intelligence générale (Quotient Intellectuel mesuré par le WISC). Les corrélations entre le score global de la SC-SR et le QI se situent généralement à des niveaux faibles à non significatifs (r = 0,12 à r = 0,24), démontrant que l’échelle mesure l’auto-perception affective et phénoménologique de l’enfant et non ses aptitudes cognitives objectives.

8. Fidélité / Reliability

Dans la monographie originale de 1963 publiée dans Educational and Psychological Measurement, les données psychométriques traditionnelles relatives à la cohérence interne n’étaient pas exhaustivement tabulées, les auteurs se focalisant prioritairement sur l’analyse épistémologique et la validité différentielle. Toutefois, les réplications et utilisations ultérieures de l’instrument ont permis de quantifier sa métrique de fidélité :

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle de la SC-SR a été évaluée auprès d’échantillons scolaires sur des intervalles courts et moyens :

  • Sur un intervalle de deux semaines, le coefficient de fidélité test-retest s’établit à r = 0,81, indiquant une remarquable stabilité des auto-descriptions verbales chez les enfants de 11 à 13 ans.
  • Sur un intervalle de trois mois, le coefficient se maintient à r = 0,68, ce qui reflète à la fois une consistance du noyau du soi et une sensibilité développementale normale aux événements de vie et aux fluctuations de l’environnement éducatif.

Cohérence interne

Bien que le coefficient Alpha de Cronbach n’ait pas été rapporté en 1963 (l’alpha ayant été formalisé par Lee Cronbach en 1951 mais n’étant pas encore systématiquement automatisé dans les calculs manuels), les analyses a posteriori de cohérence interne menées sur les 18 paires d’items révèlent un alpha global oscillant entre α = 0,78 et α = 0,84 selon les cohortes d’élèves du primaire supérieur et du premier cycle du secondaire. La méthode du partage par moitié (split-half reliability), corrigée par la formule de Spearman-Brown, a fourni des coefficients de l’ordre de 0,76 à 0,82, attestant d’une homogénéité satisfaisante de l’ensemble des 18 items pour capturer une attitude générale positive versus négative envers soi-même.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture psychométrique originale de la SC-SR a été conçue comme une mesure globale unidimensionnelle organisée le long d’un continuum bipolaire (positivité vs négativité du regard porté sur soi). Néanmoins, l’hétérogénéité thématique délibérée des items a suscité de multiples explorations factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) au sein de la littérature de suivi.

Modèle factoriel exploratoire (AFE)

Les extractions factorielles par composantes principales avec rotation varimax mettent typiquement en évidence une structure à quatre ou cinq facteurs majeurs expliquant environ 52 % à 58 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Acceptation et Compétence Sociale (environ 22 % de la variance expliquée). Ce facteur regroupe avec des saturations fortes (> 0,60) les items 1, 3, 6, 8 et 17, soulignant la centralité du regard des pairs et des enseignants dans l’auto-évaluation infantile.
  • Facteur 2 : Estime de Soi Globale et Bien-être Émotionnel (environ 14 % de la variance). Il sature fortement sur les items 2, 7, 9, 10 et 18, mesurant le sentiment général de bonheur, d’assurance et d’auto-satisfaction existentielle.
  • Facteur 3 : Compétence Académique Perçue (environ 10 % de la variance). Ce facteur isole les items scolaires explicites (items 12, 13 et 15), reflétant l’identification cognitive et le plaisir lié à l’apprentissage.
  • Facteur 4 : Image Corporelle et Vitalité Somato-Sportive (environ 8 % de la variance). Il regroupe les items 4, 5 et 16 portant sur l’apparence physique, l’énergie physique et les aptitudes motrices/ludiques.

Considérations méthodologiques sur le format bipolaire

Les psychométriciens ont noté que l’inversion délibérée de la polarité de certains énoncés (les énoncés positifs apparaissant parfois à gauche, parfois à droite) permet de juguler efficacement le biais d’acquiescement. Cependant, cette alternance peut parfois introduire un léger effet de méthode (facteur résiduel d’inversion d’items) chez les enfants plus jeunes présentant des difficultés de lecture ou un faible niveau d’attention soutenue.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Self Concept-Self Report Scale (SC-SR) / Échelle du Concept de Soi – Auto-évaluation.
  • Nom alternatif : Inferred Self Concept-Self Report Scale.
  • Auteurs : Arthur W. Combs, Daniel W. Soper, Clifford C. Courson (1963).
  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique utilisant la technique du différentiateur sémantique bipolaire.
  • Format de passation : Format papier-crayon classique ; transposable sur support numérique/interactif sans altération de structure.
  • Population cible : Enfants d’âge scolaire (classes de niveau primaire supérieur et début de collège, environ 9 à 14 ans) et adolescents (13 à 17 ans). L’échantillon initial comprenait des élèves de 6e année (6th Grade) aux États-Unis.
  • Nombre d’items : 18 paires d’énoncés bipolaires opposant une formulation positive à une formulation négative (ou inversement).
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert / différentiateur sémantique en 5 points disposée horizontalement entre les deux énoncés antinomiques (points gradués de 1 à 5). L’enfant coche la case qui correspond le mieux à son positionnement personnel entre les deux pôles.
  • Modalités de cotation (Scoring) :
    • Pour chaque paire d’énoncés, une valeur allant de 1 (pôle le plus négatif) à 5 (pôle le plus positif) est attribuée.
    • Attention à l’orientation des items : Dans certains items (ex. 1, 4, 6, 7, 9, 14, 15, 17, 18), l’énoncé positif est situé à gauche ; le point le plus à gauche reçoit alors 5 points et le point le plus à droite 1 point. Dans d’autres items (ex. 2, 3, 5, 8, 10, 11, 12, 13, 16), l’énoncé négatif est situé à gauche ; le point le plus à gauche reçoit alors 1 point et le point le plus à droite 5 points.
    • Le score total brut est la somme des 18 items, variant théoriquement de 18 (concept de soi auto-évalué extrêmement négatif) à 90 (concept de soi auto-évalué hautement positif).
    • Un score médian se situe théoriquement à 54 points.
  • Durée moyenne d’administration : 10 à 15 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception et publication princeps : 1963.
  • Droits d’auteur et statut juridique : L’article fondateur a été publié dans la revue scientifique à comité de lecture Educational and Psychological Measurement (SAGE Publications / Duke University Press). La structure de l’échelle et ses 18 items font partie de la littérature académique du domaine public dans le cadre des usages de recherche non commerciale et d’enseignement (« Fair Use »).
  • Tarifs d’utilisation : Aucun droit pécuniaire n’est requis pour l’utilisation des items dans un cadre académique, doctoral ou de recherche clinique indépendante. Les praticiens et chercheurs sont néanmoins tenus de citer rigoureusement l’article séminal de Combs, Soper et Courson (1963).
  • Conditions d’utilisation : L’administration en milieu clinique ou scolaire requiert une qualification professionnelle reconnue en psychologie ou en sciences de l’éducation (niveau B ou C selon les standards de l’American Psychological Association) pour garantir une passation éthique et une interprétation respectueuse des limites inhérentes à l’auto-évaluation infantile.

12. Références / References

  • Combs, A. W., & Snygg, D. (1949). Individual behavior: A new frame of reference for psychology. Harper & Row.
  • Combs, A. W., & Snygg, D. (1959). Individual behavior: A perceptual approach to behavior (Rev. ed.). Harper & Row.
  • Combs, A. W., Soper, D. W., & Courson, C. C. (1963). The measurement of self concept and self report. Educational and Psychological Measurement, 23(3), 493–500. https://doi.org/10.1177/001316446302300305
  • Coopersmith, S. (1967). The antecedents of self-esteem. W. H. Freeman & Co.
  • Parker, J. (1966). The relationship of self report to inferred self concept. Educational and Psychological Measurement, 26(3), 691–700. https://doi.org/10.1177/001316446602600315
  • Piers, E. V., & Harris, D. B. (1964). Age and other correlates of self-concept in children. Journal of Educational Psychology, 55(2), 91–95. https://doi.org/10.1037/h0044453
  • Rogers, C. R. (1951). Client-centered therapy: Its current practice, implications and theory. Houghton Mifflin.
  • Soper, D. W., & Combs, A. W. (1962). The helping relationship as seen by teachers and students. Journal of Teacher Education, 13(3), 288–290. https://doi.org/10.1177/002248716201300310
  • Wylie, R. C. (1974). The self-concept: A review of methodological considerations and measuring instruments (Vol. 1). University of Nebraska Press.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Note: Responses were arranged on a 5-point scale between each pair of statements.

  1. People like to have me around. . . . People don’t care if I’m there or not.
  2. I feel sad a lot. . . . I feel happy most of the time.
  3. People don’t like me very well. . . . People usually like me.
  4. I look pretty good. . . . I don’t like my looks.
  5. I usually feel bad, get tired quickly. . . . I usually feel good have lots of energy.
  6. Teachers like me pretty well. . . . Teachers don’t like me much.
  7. Mostly I feel sure of myself. . . . I’m not very sure of myself.
  8. Kids don’t like me much. . . . Kids like me pretty well.
  9. I feel worthwhile. . . . I don’t amount to much.
  10. Things are often too much for me to deal with. . . . I can handle things pretty well.
  11. I don’t think I’m brave. . . . I think I am pretty brave person.
  12. I’m doing very badly in school. . . . I’m doing okay in school.
  13. I don’t think I’m smart. . . . I think I am pretty smart.
  14. I’m really a nice person. . . . I’m not a nice person.
  15. Most school work is fun. . . . School work is not much fun.
  16. I’m not much good at sports and games. . . . I’m good at sports and games.
  17. People think I’m important. . . . People don’t think I’m very important.
  18. It’s fun being me. . . . I wish I were somebody else.
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Looti, M. (2026, octobre 15). Échelle du Concept de Soi – Auto-évaluation (SC-SR). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-du-concept-de-soi-auto-evaluation-sc-sr
Looti, Mohammed. “Échelle du Concept de Soi – Auto-évaluation (SC-SR).” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-du-concept-de-soi-auto-evaluation-sc-sr.
Looti, Mohammed. “Échelle du Concept de Soi – Auto-évaluation (SC-SR).” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-du-concept-de-soi-auto-evaluation-sc-sr.